B

  • B comme Bruxelles ma belle

    Quelle chance que Monsieur Neveu ait exprimé le désir d'aller au musée Magritte, ça nous a permis de nous promener dans notre capitale bien-aimée tongue-out 

    Détour par la grand-place, Albertine, parc de Bruxelles, palais royal, partout Monsieur Neveu tenait à être immortalisé. Il fait du théâtre aussi dans la vie courante cool  

     

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    Ne regarde pas l'appareil, dit-il à ma mère, regarde vers le haut. 

    Alors tous les deux regardent le ciel de Bruxelles tongue-out

  • B comme balade en ville

    Le café et la confiture avalés, on emmène l’Homme et l’Adrienne pour une première balade en ville. Seul le chien est déjà parfaitement à l’aise avec tout le monde et tire la gamine au bout de sa laisse. 

    - On va vous montrer le marché, dit Violeta. 

    On arrive en effet à des étals surmontés d’une grande verrière. Des vitres sont cassées, la peinture écaillée, tout est sale, la rouille attaque le métal mais l’ensemble a dû être fort beau, quelques décennies plus tôt. 

    La verrière est complètement vide, à l’exception d’une vieille femme avec un fichu sur la tête, assise sur le sol devant une cagette contenant une carotte et un oignon. 

    Une carotte et un oignon. 

    L’Adrienne n’a pas osé prendre de photo mais ça ne fait rien : l’image est gravée en elle. 

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    13 juillet 1990

  • B comme brumes du Nord

    Il y a eu de ces jours, fin décembre, où l'Adrienne n'avait pas envie de sortir de chez elle. 

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    Pourtant la beauté se trouve aussi dans les brumes 

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    et les glaces. 

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  • B comme buenas tardes!

    Le car qui devait amener la joyeuse équipe d'érudits du "Siglo de Oro español" avait du retard. A deux heures, un coup de fil en avertit le jeune doctorant en costume-cravate qui sortait justement de chez son coiffeur. 

    - Ils sont en route, annonce-t-il à son collègue, et ils vont encore passer à leur hôtel pour y déposer les bagages avant de venir ici. 

    Deux rangs plus haut, l'Adrienne pouffe de rire. On sera donc à l'heure espagnole, se dit-elle. 

    Quand les conférenciers arrivent et entrent à la queue-leu-leu dans l'amphi, on entend quelques: 

    - Buenas tardes!

    Puis le premier se retourne brusquement vers les autres et annonce: 

    - Vamos a tomar un café! 

    Alors l'Adrienne s'est levée et s'est jointe à la queue pour aller prendre un café, elle aussi: on serait décidément à l'heure espagnole cool

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    à chaque porte d'amphi, une affichette rappelle qu'il est interdit d'y boire ou d'y manger 

     

  • B comme balade bruxelloise

    Sur le chemin du retour, entre le Cinquantenaire et la gare du Nord: 

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    La maison de Paul et Caroline Cauchie, architecte et décorateurs, rue des Francs 

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    Paul Cauchie est le grand spécialiste des sgraffites

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    La maison du peintre Georges Saint-Cyr, conçue par l'architecte Gustave Strauven, square Ambiorix,  

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    fait à peine 4 mètres de large 

    (un bijou de ferronnerie d'art devant lequel cette personne tenait à rester tongue-out)

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    L'hôtel Van Eetvelde, oeuvre de Victor Horta, avenue Palmerston 

    *** 

    Pour ceux qui voudraient tout voir, la liste complète est des bâtiments bruxellois art nouveau est ici et cinq belles balades (une par quartier concerné) sont proposées ici 

    Je me demande bien pourquoi les photos sont interdites à la maison Cauchie, on les trouve par centaines sur internet... 

    *** 

    Merci à Tania, grâce à qui j'ai découvert la maison Cauchie!

  • B comme beau temps pour une balade!

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    - Pour finir les vacances en beauté, avait dit papa, on va passer le dernier week-end dans les Cornouailles. 

    - Nous irons visiter le château de Tintagel, avait ajouté maman, comme si on avait besoin d'un argument supplémentaire pour être d'accord de partir en week-end. 

    On est partis vendredi soir tous les cinq, avec la caravane. Papa dit que c'est bien, la caravane, qu'on est plus libre et qu'on a tout le confort comme chez soi. Alors il regarde maman et maman regarde ailleurs. 

    - Vous voyez cet endroit magnifique? a dit papa en se garant sur une aire de pique-nique. Voilà ce qu'on n'a pas, quand on est à l'hôtel! 

    Il a de nouveau regardé maman qui a regardé ailleurs. 

    On s'est installés pour la nuit. La table et les bancs étaient en bois et un peu verts de mousse mais ce n'est pas grave, on a mis nos cirés, on a mangé nos sandwiches et on s'est couchés. 

    Il faisait encore noir quand papa nous a réveillés. 

    - On va faire un jeu de nuit comme chez les scouts? j'ai demandé, mais il n'a pas répondu. 
    - Mettez vos bottes et vos cirés, a dit maman. 

    Papa nous a portés jusque sur la table de pique-nique, il a même porté maman. On était là tous les cinq, debout sur la table, papa regardait le ciel sur sa gauche, maman sur sa droite, mon frère ne savait pas où regarder et s'agrippait à la ceinture de papa. Moi je regardais ma petite soeur, qui continuait à bâiller et à dormir, avec le foulard de maman qui glissait de ses cheveux. 

    Derrière nous, les roues de la voiture et de la caravane étaient déjà sous l'eau. 

    - C'est vrai, a dit maman, que tout ça, à l'hôtel, on ne l'aurait pas eu. 

    Mais je n'ai pas bien compris si en disant ça, elle donnait raison à papa. 

    ***

    écrit pour le tableau chez Lakévio 

  • B comme bleu

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    Elle est d'un bleu si modeste que certains l'appellent grise 

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    Je la vois d'un bleu différent à chaque heure du jour 

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    J'aime son odeur, sa musique, son écume, son sable fin 

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     J'aime quand au petit matin on distingue à peine où finit l'eau et où commence le ciel 

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    J'aime quand le soir passent les nuages  

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    et qu'elle est toute d'argent

  • B comme belle et beau

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    De beaux paysages dès qu'on quitte Antalya pour l'intérieur du pays 

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    Une belle vue de la chambre de l'hôtel 

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    Un beau ciel nuageux 

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    De belles jambes cool 

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    De beaux chapeaux tongue-out 

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    Une belle ruine au soir tombant 

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    Un beau coup de soleil 

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    De belles pièces de puzzle géant 

    *** 

    photos prises sur divers sites archéologiques de l'antique Pisidie

    Termessos - Ariassos - Kremna - Kapıkaya - Adada 

    et bien sûr Sagalassos... 

    un beau voyage 

    smile

     

  • B comme bureau

    Il y a beaucoup d'objets sur ma table de travail. Le plus ancien est sans doute un dictionnaire français-roumain de 1967 et non pas mon petit Robert comme je le croyais d'abord, vu qu'il date de 1976. Le plus récent est un kalanchoé rouge sombre apporté par une chère collègue-amie pour mon anniversaire. Je l'ai mis dans un pot de céramique blanche.

    Je passe plusieurs heures par jour à ma table de travail. Parfois je souhaiterais qu'elle soit la plus vide possible. En fait, je trouve tellement pratique d'avoir un tas de choses à portée de mains qu'elle s'en trouve tout encombrée.

    Elle est formée d'un contre-plaqué imitant le bois mais sa couleur est d'un beige trop jaunâtre pour faire illusion. Sur le bord, les fausses nervures imitant la nature sont complètement usées.

    Je ne range pas assez souvent ma table de travail. Généralement, ça consiste à refaire de jolis tas bien droits et à tout déplacer-replacer pour pouvoir passer un chiffon humide sur sa surface. Cet aménagement de mon territoire se fait rarement au hasard. Il correspond à un des moments clés du calendrier: fêtes de fin d'année, début des vacances ou de l'année scolaire, période d'examens. Il suffit que je range quelque chose pour que je ne le retrouve plus, ce qui est la meilleure des excuses pour ne rien ranger. 

    pastiche,littérature,perec,françois bon

    ***

    à la manière de Perec 

    qui continue ainsi pendant des pages 

    comme on peut le voir ici: 

    Notes brèves concernant les objets qui sont sur ma table de travail

    http://www.tierslivre.net/WIPagcb/FICHES_IMPRIM/PEREC_TableTravail_2.pdf

     

  • B comme bébés

    Hier pendant la pause

    Madame et sa collègue

    ont regardé avec une émotion
    mêlée d'un tas d'autres sentiments

    les premières images de la naissance d'un bébé panda

    entre des grillages et sous l'œil des caméras.

    ***

    Espérons que ce bruyant limaçon rose

    s'en tirera

    sur cette drôle de planète

    où un congélateur thaïlandais

    est rempli de bébés tigres

    et où des bébés humains

    meurent noyés en Méditerranée

     

  • B comme bilingue

    La journaliste demande à Jorge Semprun:

    - Vous parvenez à être à la fois dans l'écriture et dans la pensée, parfois en espagnol puis en français?

    - Oui, mais quand on est bilingue, on est schizophrène - quand on est vraiment bilingue.

    Entretien avec Françoise Wolff à Passa Porta, le 17 mai 2010, in Les présents de l'écriture, éd. Les impressions nouvelles/Passa Porta, 2015, p.219

    Bon, on comprend qu'il utilise "schizophrénie" dans le sens "double personnalité", ce qui est un cliché fort répandu à propos du bilinguisme.

    Mais on comprend ce qu'il veut dire: chacune de nos deux langues appartient à une culture, qui a ses codes, ses références, ses champs sémantiques qui ne se recoupent pas parfaitement... et comme bilingue on passe aisément de l'un à l'autre.

    Par exemple, un collègue qui a épousé une Italienne me racontait que sa fille, parfaite bilingue néerlandais-italien, utilise automatiquement toute la "gestuelle italienne" quand elle parle italien, ce qu'elle ne fait évidemment pas quand elle parle le néerlandais.

    Et oui, on pense dans les deux langues, tantôt l'une, tantôt l'autre... ça dépend à qui ou à quoi on pense tongue-out 

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    source de l'image:
    http://www.bilinguisme-conseil.com/actualit%C3%A9s/

     

  • B comme beau

    C'est beau, la mer 

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    C'est beau, les anémones de mer 

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    C'est beau, la mer de Spilliaert 

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    C'est beau, les baigneuses de Van Rysselberghe 

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    C'est beau, la mer, la plage, les enfants, les bateaux 

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    ***

    Anémones de mer, photo prise au Noordzeeaquarium, Visserskaai 

    Léon Spilliaert, photo prise au Stadsmuseum, Langestraat 69 

    Théo Van Rysselberghe, photo prise au Mu.Zee, Romestraat 11 

  • B comme Ballykissangel

    Le vent ne suffisait pas à chasser les nuages. Il semblait au contraire à Marie que malgré les promesses répétées du guide, il les poussait tous vers ce coin de l'Irlande où elle avait décidé de passer la journée. 

    On était encore tôt le matin et l'ombre des quelques arbres s'allongeait sur l'herbe rase. La lumière basse et blanche, les cahots de la route, sa sinuosité surtout, qui la jetait sans cesse à droite et à gauche de son siège dans le minibus, lui faisaient rater toutes ses photos. Seul ce cliché d'une lande assez désolée était de bonne qualité.  

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    Elle ne comprenait pas comme elle avait réussi à prendre une photo sur laquelle n’apparaissait aucun mouton, alors qu'ils étaient des centaines, peut-être des milliers, éparpillés dans le paysage. 

    Et quand le minibus a enfin atteint le but de son voyage, elle a constaté que la pile de sa caméra était à plat et qu'elle n'en avait pas en réserve. 

    Pourtant, c'était à sa demande que le guide avait proposé un arrêt devant le fameux "Fitzgerald's" de Ballykissangel 

    texte écrit pour https://amillemains.wordpress.com/2016/03/01/atelier-n2/

  • B comme BRAFA

    Quatre possibilités s'offraient à l'Adrienne: 

    1.ne pas y aller (semaine fatigante, besoin du week-end pour se reposer et faire tout ce qui reste en rade) 

    2.y aller seule (viva la libertà, on va et on vient comme on veut, on mange où et quand on veut, on rentre à l'heure qu'on veut) 

    3.y aller avec une amie (c'est toujours agréable d'avoir quelqu'un avec qui échanger ses impressions) 

    4.y aller avec sa mère (en espérant lui faire plaisir) 

    ***

    vous avez deviné? 

    ***

    - Tu es libre, samedi prochain? lui demande-t-elle au téléphone.

    - Mais oui!

    - Alors je t'emmène à Bruxelles, à la foire aux antiquaires, à Tour et Taxis.

    - D'accord! mais je dois être rentrée pour sept heures!

    - Pas de problème! On rentrera par le train de cinq heures, ça nous laisse largement le temps.

    ***

    Finalement, on a dû quitter la foire vers deux heures, parce qu'il fallait attraper le train de trois heures, parce qu'elle voulait être à la maison à six heures et demie, et qu'il n'y a qu'un train toutes les deux heures, et qu'au lieu de pouvoir visiter la foire à l'aise jusqu'à cinq heures... - sans compter le temps passé au restaurant à déguster du canard, et à boire un café, et la queue au vestiaire (deux fois) et les quatre passages aux toilettes - vous suivez toujours?

    Bref, la visite à la BRAFA a été une véritable course contre la montre.

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    pas question de se poser un instant sur un banc, comme le monsieur de Folon 

    cool

    merci aux responsables de m'avoir permis de prendre cette photo

     

  • B comme Bruxelles

    J'ai eu la chance d'arriver à Bruxelles précisément le jour où on passait pour la dernière fois le film de Maria Tarantino, Our City. Dans la vidéo ci-dessous, la réalisatrice s'explique sur ses choix et ses méthodes de travail. On peut également y voir quelques extraits significatifs. 

    J'ai beaucoup aimé cette réflexion sur la ville et sur la question identitaire.

    Et le lendemain, comme une suite logique au précédent, je suis allée voir le Tout nouveau testament de Jaco Van Dormael cool  

    Sorte de conte philosophique avec une bonne tranche d'humour, d'autodérision et d'absurde à la belge - ce qui n'a pas plu à de nombreux critiques français, allez comprendre tongue-out - je me retrouve bien dans l'analyse de la RTBF et de La Libre

    http://www.rtbf.be/video/detail_la-critique-d-hugues-dayez-2-septembre-2015?id=2040163

    http://www.lalibre.be/culture/cinema/le-tout-nouveau-testament-decouvrez-la-critique-de-la-libre-55e54db535709767896a6a83

    Bref, j'ai passé de très bons moments au cinéma et j'en suis sortie deux fois d'excellente humeur laughing.

  • B comme boulette

    Madame ne vaut guère mieux que l'Adrienne: malgré tous ses efforts pour être un prof sérieux et efficace, elle fait des boulettes.

    Vous avez pu lire ici ce qui lui est arrivé avec la maman de Lisa (1). A ce même entretien, Madame a également réussi l'exploit suivant:

    - Bonsoir! Vous êtes la maman de Lisa? Je ne vous aurais pas reconnue, ça fait si longtemps!

    - C'est vrai, répond la maman, ça fait longtemps.

    Alors on parle de Lisa. Très gentille fille, dit Madame, qui commence à expliquer les mesures prises pour sa dyslexie et voit la stupeur croissante sur le visage des parents.

    - Vous n'êtes pas les parents de Lisa J***?

    - Non, nous sommes les parents de Lisa D***.

    - J'espère qu'elle aussi est une gentille fille, ajoute le père avec humour.

     ***

    Des 374 Lisa nées en Flandre en 1999, trois sont dans la même classe et pour toutes les trois, les parents sont venus à l'entretien avec le prof de FLE.

    C'est la seule excuse de Madame...

    http://statbel.fgov.be/nl/modules/publications/statistiques/bevolking/bevolking_-_voornamen_van_de_pasgeborenen_1995-2014.jsp 

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    dans cette fine équipe de professionnels aguerris ou débutants, il y a Madame qui se cache au dernier rang

    (1) http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2015/11/22/22-rencontres-4-8531222.html#comments

  • B comme bellissimo!

    "Bellissimo!" s'exclament jeunes et vieux qui se pressent en ce dimanche après-midi dans le palazzo reale, dont tous les salons sont plus rouge et or les uns que les autres.

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    A l'entrée de la salle de bal, il y a la foule: on fait la queue pour s'offrir un selfie. Des couples se proposent gentiment de se prendre en photo les uns les autres.

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    Ce qui attire le plus l'Adrienne, dans ce sombre palais où l’œil ne peut se reposer nulle part tant chaque centimètre carré est surchargé de décoration, c'est la vue sur les jardins.

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    Le parc aussi est "bellissimo" sous ses couleurs automnales et de chaque fenêtre la vue est différente:

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    Dans la suite du parcours, c'est au tour des enfants d'être émerveillés par les chevaux, les armures et le panache de la scuderia.

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    "Non toccare!" répètent les gardiens d'un ton sévère dès qu'une main enfantine se tend pour toucher la patte d'un cheval.

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    je crois qu'il faut être Italien pour oser se promener avec des plumes roses

    Et c'est vrai que c'est bien tentant. Voyez celui-ci, et dites si vous n'auriez pas eu envie de vérifier la douceur de son poil:

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    toutes les photos ont été prises à Turin le 1er novembre 2015

  • B comme belge

    - Ah! vous parlez le belge?

    nous demandait-on de temps en temps, en France, en nous entendant parler le néerlandais entre nous, l'homme-de-ma-vie (1) et moi.

    J'avais toujours sur moi papier et stylo pour dessiner rapidement une carte de la Belgique, y tracer la frontière linguistique, y situer Bruxelles ainsi que la région où nous habitions. En moins d'une minute au chrono, j'avais fini d'expliquer la situation linguistique, les lois du même nom et leurs conséquences. A la demande, je pouvais aussi en expliquer les origines. (2)

    La routine, quoi.

    - Alors, le belge, ça n'existe pas?

    - Et bien non, ça n'existe pas.

    Par contre, chaque région se fabrique un peu de lexique propre. Si on vit proche d'une frontière linguistique, on emprunte des mots à ceux d'à-côté. Blinquer, c'est briller (en néerlandais blinken) et la dringuelle, c'est l'argent de poche ou le pourboire (en néerlandais drinkgeld).

    Le kot, je ne vous explique plus Langue tirée

    On se fabrique quelques mots "utiles", soit qu'ils manquent à la langue qu'on parle, soit qu'on adopte une belle image, une expression... bien expressive. On va dire qu'il drache quand il tombe beaucoup d'eau d'un seul coup et on va appeler mêle-tout celui (ou celle) qui aime mettre le nez dans nos affaires. Avec le savon on fait une savonnée et avec le torchon (qui est une serpillière) on torchonne.

    Parfois, on bat le beurre: si votre tradition culinaire est différente, vous direz pour la même chose que vous pédalez dans la choucroute, dans la semoule ou dans le yaourt.

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    en rouge, la frontière linguistique

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    la Belgique vue par Marcel Mariën
    http://www.ferraton.be/fr/lot/archive/1645855/detail/58/

    Alors j'ai essayé
    de faire un joli petit texte

    dans lequel grand-père Maurice et grand-oncle Emile
    (deux noms masculins se terminant par -e)
    échangeraient quelques vocables belges
    avec grand-tante Elisa et madame Edith
    (deux prénoms féminins ne se terminant pas par -e)
    mais je n'y suis pas parvenue...
    La fiction, ce n'est véritablement pas mon point fort...
    (understatement)

    Grand-oncle Emile ne parlait jamais le français
    Grand-tante Elisa était Wallonne...

    Merci à Joe Krapov
    qui ne manque jamais d'imagination
    ni de verve
    et pardon d'avoir failli à la tâche

    http://krapoveries.canalblog.com/archives/2015/09/27/32689787.html

    ***

    (1) hahaha! ça faisait longtemps, hein?

    (2) en toute partialité impartiale et neutre, bien entendu Langue tirée

  • B comme bleu

    C'est "le chaud tout bleu d'un beau matin", le tablier bleu du père, la "magnifique soie bleu ciel" de sa lavallière qu'on lui noue artistiquement avant de l'emmener à l'école, ce sont les ailes bleues de la mouche et du taon que le père offre à son rossignol encagé... Le bleu est partout dès les premières pages dans Jean le Bleu.

    C'est à la fin seulement qu'on reçoit l'explication du titre. Le narrateur est obligé de quitter le lycée pour aller travailler. On lui a trouvé un emploi dans une banque:

    J'avais un beau costume, tout bleu clair. Oui, malgré tout; le distributeur de hasard m'avait choisi le comptoir d'escompte où la livrée était bleue. Il y a des lois que le hasard même est obligé de suivre.

    Jean Giono, Jean le Bleu, Grasset, 1972, p. 302

    Dans sa tête, le gamin fait "deux parts": une petite part s'occupe de bien faire son travail, de faire devant les clients les courbettes exigées par le directeur ("ça gagnait 30 francs par mois et ça servait à acheter des pommes de terre") et une autre part, plus grande:

    La grande part, nul n'y touchait. Elle s'appelait Jean le Bleu. On aurait bien voulu l'atteindre et l'enfermer dans la livrée qui saluait les mesdames. Mais, c'était trop tard.

    Jean Giono, Jean le Bleu, Grasset, 1972, p. 303

    La grande part, comme il l'appelle, est tirée "au large des beaux prés", avec des "éperons en ailes d'hirondelles" et est "en selle sur le cheval" dans un "monde amer et exalté".

    J'ai beaucoup aimé ce récit autobiographique de Giono, pour ses personnages, ses anecdotes, son humanité, son style imagé, original et très sensuel, ses souvenirs d'enfance, l'image de ses parents et de sa Provence.

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    les couvertures des rééditions récentes montrent toutes d'idylliques images de montagnes avec moutons et berger mais celle de la bibliothèque est sobrement... verte

    Langue tirée

     

  • B comme Bretagne

    Pour ceux qui aiment les clichés bretons

    (dans les deux sens du mot)

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    photos prises le 27 juillet au matin

    à marée basse

    sur le sentier des douaniers

    entre Ploumanach et Perros-Guirec

  • B comme Bruxelles bucolique

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    Bucolique Bruxelles en mai dernier

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    où je ne peux m'empêcher de photographier toujours les mêmes arbres
    Cool

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    les mêmes plans d'eau

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    les mêmes chevaux

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    et où toujours un ou deux pigeons

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    apportent leur clin d'oeil...

    Merci aux amis qui me servent de guide!

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' - thème: végétal

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

     

  • B comme bac

    - Je ne dois plus aller à l'école que pour répéter une dernière fois ma pièce. Pour le reste, je suis déjà en vacances tout le mois de juin!

    Voilà ce que me dit Arthur depuis sa Haute-Loire natale. S'il n'avait pas choisi l'option théâtre, il en serait même déjà tout à fait quitte, de l'école.

    C'est un des grands "avantages" du bac, parmi tant d'autres: les lycéens qui ne sont pas encore en âge de le passer ont un mois de congé en plus, vu que leurs profs sont réquisitionnés pour les épreuves.

    Et dire que chez nous il y a des voix qui s'élèvent contre le fait que nos élèves du secondaire sont libres pendant les trois ou quatre jours de nos délibérations des examens de fin d'année!

  • B comme beaux arbres

    A la demande de Mme Chapeau
    les beaux arbres
    de Woodstock Gardens
    (Irlande)

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    j'aurais dû demander à ma carissima nipotina
    de se placer devant
    pour qu'on voie mieux la taille de ces géants

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    mais elle fuit la photographe
    et il faut donc être extrêmement rapide
    et discret

    Ierland4 029 - kopie.JPG

    la même allée
    vue de l'autre côté

    Ierland4 031 - kopie.JPG

    des arbres, des arbres...

    Ierland4 034 - kopie.JPG

    beaucoup de séquoias géants
    (sorte de pléonasme,
    même si le séquoia aussi commence probablement par être petit Langue tirée)

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    un des rhododendrons géants, vraiment impressionnant

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    ma carissima nipotina, toujours pressée, ne semble regarder que ses pieds

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    pendant que l'Adrienne tombe en arrêt (et en pâmoison) devant chaque tronc

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    même pas le temps de noter les noms

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    et nous revoilà à la sortie!

     

  • B comme bazar bizarre

    Au Bazar du bizarre
    On vous vend des falzards

    Qu'ont portés des housards (1)
    De l'époque des Tsars.

    Au quartier des Beaux-Arts
    Le gros pouce à César
    Doré comme un lézard
    Ce n'est pas un hasard.

     

    pouce.JPG

    « Pouce-derdaumen » par cesar — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Pouce-derdaumen.JPG#/media/File:Pouce-derdaumen.JPG

    Derrière l'Alcazar
    Julos le Balbuzard
    Versatile bousard
    Vainc toujours le blizzard.

    Chez l'oncle Balthazar
    Repère de maquisards
    On chante les Quat'z'Arts
    A réveiller Lazare.

    Les trains de banlieusards
    Les antidreyfusards
    Tout se trouve au Bazar
    De plus en plus bizarre

    Même mon cher Mozart

     mozart.jpg

     (1) réminiscence d'un poème de Victor Hugo, Mon père, ce héros au sourire si doux...

    ***

    des vers de 6 pieds
    sur une idée du Défi du samedi
    "au bazar du bizarre"

     

  • B comme bourgeons

    Voilà une dizaine de jours que l'Adrienne a vu ça en passant son portillon:

    013 - kopie.JPG

    Alors elle s'est dit que tant qu'il y a des bourgeons, il y a de l'espoir! Espoir de clématites ou d'amaryllis...

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    Espoir que les arbres reverdiront et que les orchidées refleuriront

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  • B comme blog à Lysette

     

    blog,les joies d'internet

    C'est Lysette qui m'offre de participer à ce tag, alors jouons Cool car je pense que mes fidèles connaissent déjà toutes les réponses... ou presque Langue tirée

    http://lysette.canalblog.com/archives/2015/01/28/31418783.html 

    1 - Le livre qui t'inspire le plus ?

    C'est toujours celui (ou plutôt ceux) que je suis en train de lire, plus deux ou trois immortels, comme le Petit prince, l'Etranger ou les Identités meurtrières.

    2 - Ta citation favorite ?

    Carpe diem!

    3 - Chien ou chat ?

    Je ne choisis pas: j'ai eu un superchien et des superchats, j'adopte même les araignées

    4 - Ton plat préféré ?

    J'aime toutes les bonnes cuisines mais pour me faire déguster du chou rouge cuit, il faut avoir de l'envergure aux fourneaux ;-)

    5 - La chose dont tu ne pourrais pas te passer ?

    Mon ordi, il me semble. Un ordi et une connexion internet, c'est lire, écrire, visiter des musées, écouter de la musique, regarder des films, tchater...

    6 - Ta saison préférée ?

    Tout me va, sauf une grisaille qui s'incruste, un "ciel si bas qu'un clocher s'est pendu"

    7 - Quel genre de musique écoutes- tu ?

     

    Je ne connais pas grand-chose en dehors de la musique dite "classique" mais je me cultive, en ce moment j'écoute Dire Straits et Queen (ne me félicitez pas, on me les a conseillés ;-))

     

    8 - Si tu pouvais vivre à une autre époque, laquelle choisirais-tu ?

    Je ne voudrais pas changer d'époque, pour un tas de bonnes raisons ;-) mais j'aimerais aller en visiteuse/exploratrice/ethnologue dans toutes les époques de l'humanité.

    9 - Quel blog t'a donné envie d'en avoir un ?

    Je crois que c'est celui de notre célibattante nationale, Anaïs Valente, Le célibat ne passera pas par moi.

    10 - Où te vois-tu dans dix ans ?

    J'espère que je serai à la retraite et assez en forme pour voyager :-)

    11 - Tu préfères la ville ou la campagne ?

    Les deux ont leurs avantages, même si je regrette souvent le calme, les arbres, les chants d'oiseaux de mon paradis perdu, je m'adapte aussi à ma vie en ville.


    ***

    Pour lire les réponses, il suffit de passer le curseur sur les "blancs"

    et pour y jouer aussi, il suffit de se servir

    Cool

     

    blog,les joies d'internet

  • Bruxelles ma belle

    Bruxelles ma belle, fin décembre, c'était voir la première neige tomber 

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     pendant qu'on prend un repas dans un restau qu'on a pour soi seul

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     parce que tout le monde faisait la queue juste à côté, à la rue Neuve

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     puis avoir tout seul pour soi un ascenseur pour 45 personnes

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     parce que tout le monde faisait la queue pour des frites, des gaufres, des merveilleux...

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     ou devant la crèche (où il y a pourtant moins à voir que derrière Langue tirée)

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     ou pour la patinoire 

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    Bruxelles ma belle, fin décembre, c'était refaire les mêmes photos prises dix fois déjà

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    ne pas pouvoir en prendre à l'expo Meunier alors en faire une au musée Fin de siècle, où c'est encore permis

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    Constantin Meunier, Les Travailleurs de la mer/Werkers aan de zeewering, 1898

    marcher le nez en l'air

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    et voir des façades belles comme des peintures

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    Bruxelles ma belle, enfin, c'est attraper le vertige à la Monnaie, pour 35 euros

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    Bruxelles ma belle
    ça faisait trop longtemps que je n'y étais plus allée

    Bisou

  • B comme B***, paradis perdu

    L’hiver, l’horizon n’est pas caché par le feuillage du petit bois de peupliers. En ouvrant les rideaux, Marie découvre avec ravissement une nature parfaitement blanche dans un ciel bleu lumineux. Même l’abri de jardin a des airs de cabane en montagne. Oui, vivre ici, c’est l’Éden. D’ailleurs elle le dit à tout le monde, c’est son paradis.

     winter 004 - kopie.JPG

    Pour Pierre, la nouvelle année commence mal : fatigue accumulée ou vilain virus, le rythme épuisant au travail avant les fêtes a toujours raison de sa santé. Mais il ne s’en plaint que pour la forme : ça lui permet d’installer un créneau horaire marqué « repos total » et de transcender la maladie à l’aide des remèdes « de cheval » hérités de son père. Chez eux, la fièvre se soigne avec de petits remontants genre lait de poule dont on bannit très vite les œufs et le lait pour ne plus garder que le whisky.  Ou les grogs dans lesquels la proportion de rhum et d’eau chaude s’inverse rapidement au profit du rhum. 

    Muanza, heureusement, ne connaît jamais la moindre panne de santé. Ce jour-là, sans doute pour compenser l’inertie de Pierre, il a décidé de se rendre utile. Epousseter les étagères de livres, grimper l’échelle du grenier en tenant à bout de bras l’immense saumonnière  qui ne sert qu’une fois par an, brosser la neige accumulée devant la porte… il est d’autant plus infatigable qu’il sait que ses jours sont comptés, au B***.

    ***

    écrit pour Les plumes d'Asphodèle n°39

    http://leslecturesdasphodele.wordpress.com/2014/12/29/les-plumes-39-resultats-de-la-collecte-pour-monter-calendrier-refait-jusqua-fin-avril/

    asphodèle.jpg

     Horizon, nature, ciel, échelle, fatigue, grimper, cabane, rideau, créneau, Éden, montagne, étagère, fièvre, transcender, panne, épuiser, œufs, cheval, ravissement, remontant, rythme.

     

  • B comme bouts rimés

    Sizains zinzins

    Jonas
    - Faut mouiller sa chemise !
    - Dans l’eau de la Tamise ?
    Crie-t-il à perdre haleine
    En voyant la baleine.

    Robinson
    - Tout ce que je convoite
    C’est un bon ouvre-boîtes,
    Pour les pâtés et mousses
    Et le pot de houmous.

    Perle Lama
    - Fondante, la bécasse !
    - Je te la dédicace ?
    - Tu es bien trop gentille !
    - On l’est tous, aux Antilles.

    Jef de Bruxelles
    - Arrête ! ça chatouille !
    - C’est des carabistouilles…
    - Mets-y un peu la forme !
    - Moi ? Non ! je suis hors normes.

    Steve Waring
    - Où sont vos azalées ?
    - Tout le long des allées !
    Il faut bien qu’ils se mouillent
    Au milieu des grenouilles.

    Georges
    - Entre dans la cabine.
    - Oh ! le chien ! ces babines !!!
    - C’est pas demain la veille
    qu’j’aurai cette merveille…

    Gaston
    - L’est fichu, le delco !
    - C’est un très vieux tacot…
    - Ya un truc qui l’entrave…
    - L’est tout à fait pourrave !

    Jacques
    - Bar des Sports : le pastis
    Aujourd’hui est gratis !
    V’nez là ma p’tite dame
    J’vous f’rai voir Amsterdan !

    Odette
    - Où va cette nacelle ?
    - A Illiers, chez Marcel.
    Celle de la vitrine
    Sera pour Catherine.
     

    Renaud
    - Les vagues océanes
    émeuvent Jos et Anne.
    Même sans rien fumer
    Ils sont tout allumés.

    ***

    « bouts rimés » à la manière des « Papous dans la tête »

    1)  trouver un mot qui rime avec  chacun des mots suivants  : chemise, convoite, bécasse, chatouilles, azalée, cabine, delco, pastis, nacelle, océane. Ecrire un texte avec les 20 mots obtenus.

    2) on recommence avec : Haleine, mousse, gentille, forme, mouille, vitrine, entrave, fumer, dame, veille. Et le texte avec les 20 mots.

    Le seul problème, c'est que je ne sais pas du tout comment c'est, à la manière des « Papous dans la tête »...

    C'est donc à la manière de l'Adrienne Langue tirée

  • B comme Bobonne

    - C’est tout de même la moindre des choses, avait dit belle-maman, que vous alliez lui montrer le petit, au moins une fois ! C’est tout de même grâce à elle que vous avez la maison !

    Toujours ce même argument : la maison, la maison que la vieille leur a laissée.

    Dix-huit mois que Jonas était né et chaque fois qu’il avait été question d’aller le montrer à son arrière-grand-mère, elle avait réussi à esquiver : le petit toussait, il faisait ses dents, il avait un rhume, la saison ne s’y prêtait pas, ils étaient attendus ailleurs, ne pouvaient pas se décommander, étaient en vacances à l’étranger.

    Cette fois-ci, elle n’y échapperait pas. Le personnel soignant organisait une petite fête pour les cent ans de la bobonne.

    - Tu sais comment est Jonas en ce moment, avait-elle encore essayé. Dès qu’il voit des inconnus, il se met à brailler. Ça va être infernal. Surtout que ce sera l’heure de sa sieste !

    Son mari ne s’était pas laissé fléchir.

    La bobonne, dans une de ses affreuses robes à imprimé fleuri, était installée dans un fauteuil de skaï marron. Malgré les deux coussins dans le dos, elle se tassait déjà. Ses mains posées sur les accoudoirs tremblaient légèrement. Ses cheveux rares et blancs portaient encore la trace des bigoudis qu’une stagiaire lui avait mis l’avant-midi.

    Dès que la famille est entrée, elle n’a eu d’yeux que pour Jonas.

    Porté par son papa, il a tendu la main vers elle.

    Tout le monde s'est tu, le regard fixé sur les doigts du petit bonhomme dans la main de l'aïeule.

    Elle ne tremble plus. bricabook140.jpg

     © Maman Baobab

     http://www.bricabook.fr/2014/10/atelier-decriture-une-photo-quelques-mots-140e/

     Merci Leiloona!