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  • B comme brumes matinales

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    Quand on se lève, la lune veille et le cheval dort. 

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    Le talus, la prairie, tout est bleu au petit matin. 

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    La photographe a dérangé le sommeil du petit cheval. 

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    Puis le soleil s'est levé derrière un rideau de brume 

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    et l'attirance des arbres et des sentiers est devenue de plus en plus forte 

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    l'automne a commencé à mettre des couleurs 

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    le temps s'est éclairci 

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    et l'Adrienne a vu des arbres 

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    autant qu'elle en voulait cool 

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    C'était bien. 

    C'était allokataplictique tongue-out

     

     

  • B comme Bottes suédoises

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    Pour parler de ce livre, par quel bout commencer? 

    Faire le lien avec le précédent, Les Chaussures italiennes? C'est inutile, ils peuvent se lire indépendamment l'un de l'autre. 

    Faire le lien avec la biographie de l'auteur, dont c'est l'ultime ouvrage? (1) Peut-être n'est-ce pas pertinent de se demander dans quelle mesure auteur et narrateur se confondent quand ils parlent de l'éventualité de leur mort prochaine et de la peur qu'ils en éprouvent. 

    Faire le lien avec l'environnement naturel décrit dans le roman? Le climat nordique, ces rochers où rien ne pousse, cette petite ville portuaire de plus en plus déserte et désolée ajoutent évidemment à l'ambiance générale. 

    Chacun y souffre du même problème, la solitude: l'ancien facteur, qui se mêle de la vie des autres, la femme du restaurant, qui rêve d'un ailleurs, la vieille sur son rocher, dernière survivante de quelques familles de pêcheurs, la veuve de Nordin, mort subitement d'un arrêt cardiaque, la réfugiée polonaise, qui travaille depuis des années à la remise en état d'une vieille bagnole, la jeune journaliste... et le narrateur, même si c'est par choix qu'il vit en reclus sur son île. 

    Lui aussi aimerait revivre un amour, avoir une présence aimante à ses côtés. A 70 ans, il a peur qu'il ne lui reste que peu de temps, même s'il est encore en parfaite santé. 

    Vieillir, c'est s'aventurer sur une glace de moins en moins solide. (p. 255)

    Et puis... et puis, après l'incendie criminel de sa maison, les événements vont s'enchaîner pour nous mener, nous lecteurs, vers une fin beaucoup plus positive qu'on ne l'aurait imaginé. 

    Ce qui me fait conclure que peut-être, s'il en avait eu le temps, Henning Mankell aurait poursuivi par un troisième tome. 

    Moi en tout cas je sais quel titre je lui aurais donné tongue-out  

    *** 

    (1) l'original a paru en 2015 et l'auteur est décédé en octobre cette année-là 

    source de l'image et info ici, sur le site de l'éditeur et les 25 premières pages en lecture ici 

    merci à Margotte et à son challenge nordique 

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  • B comme bonne idée!

    Chaque année, nous explique-t-on dans la vidéo, de grands et coûteux travaux sont nécessaires pour remettre "à niveau" le sable le long de notre côte belge. Surtout à cause des tempêtes hivernales, qui emportent au large des tonnes de sable. 

    On pourrait peut-être régler le problème de manière moins coûteuse et tout à fait écologique, en créant une sorte de récifs artificiels constitués de plantes marines, de coquillages et bien sûr de moules tongue-out 

    Ces récifs formeraient une sorte de filtre et empêcheraient l'érosion des plages. 

    Ce mois-ci, un projet pilote sera installé sur un bout de côte, à hauteur de La Panne. S'il est concluant, dans trois ans il sera réalisé à grande échelle. 

    mer,actualité,belge,belgique

    source de la photo (Jimmy Kets) et article ici

     

  • B comme bon voyage

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    Elle passe et repasse dans le couloir, la taille cambrée, ses jolies fesses bien moulées dans une robe blanche. Elle se penche légèrement à une fenêtre ouverte pour faire voleter son foulard rose sur ses épaules nues. Ses élégantes chaussures, blanches aussi, évidemment, la grandissent de douze centimètres: c'est peut-être peu pratique pour voyager, mais c'est absolument indispensable, pense-t-elle, tout comme la blondeur qu'elle a mise dans ses cheveux et l'échancrure de son corsage. 

    Oui, elle a de grands projets. 

    Dans sa main gauche, elle serre le livre qui lui a donné l'idée de ce voyage en Russie: La madone des sleepings

    *** 

    tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie!

  • B comme Bösendorfer

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    Madame ne comprend pas les nombreux collègues qui tiennent à tout prix à mettre beaucoup de kilomètres entre l'école et leur lieu d'habitation. Ou ceux qui vont expressément faire leurs courses dans la ville d'à côté, pour ne pas rencontrer d'élèves ou de parents d'élèves entre les rayons du supermarché. 

    Pour sa part, ce genre de rencontre lui fait toujours plaisir. 

    Ainsi, dernièrement, au secrétariat de l'académie de musique: 

    - Bonjour! je pourrais avoir la clé du local 217? 
    - Prenez plutôt celle du 219, dit Nora (qui détestait le français, la pauvre, les langues, ce n'était vraiment pas son truc), il y a un Bösendorfer! 

    Voilà comment Madame se la pète à tapoter les touches d'un instrument de luxe, alors qu'elle est tout juste capable de pianoter Boerendans (Rustic Dance) 

    Merci Nora cool

     

  • B comme blocs

    Chaque fois qu'elle passait devant ces gros blocs de béton, elle se demandait ce qu'ils faisaient là. 

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    Le dimanche matin, elle l'a compris, en voyant un homme arc-bouté, tirant de toutes ses forces, sous le regard goguenard d'un ami, des deux épouses et de leurs enfants. 

    Il prétendait soulever 400 kilos. 

    - Hij gaat al van de grond, haletait-il en direction de son copain qui se moquait de lui. 

    Chacun voyait bien que contrairement à ce qu'il prétendait, ce bloc ne s'écartait pas d'un millimètre du sol, mais on a fait comme si, juste pour qu'il s'arrête et qu'on puisse continuer la promenade. 

    *** 

    photo prise à Ostende le lendemain, lundi 10 avril 

    *** 

    "van de grond gaan" au sens littéral signifie se soulever du sol et au sens figuré c'est une expression à connotation sexuelle, ce qui n'a fait que redoubler l'hilarité du copain, ainsi que de la promeneuse témoin de ce joli tableau, évidemment cool

     

  • B comme borderline

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    Quand elle est venue s'installer dans la maison d'à côté, elle a tout de suite entrepris de grands travaux. La grange a été transformée en immense séjour avec atelier à l'étage et dans la fermette basse où le vieil Oscar avait vécu jusqu'à ses 96 ans elle a aménagé une cuisine et une salle de bains. 

    Dans le grand jardin déjà fort touffu depuis que le vieil Oscar ne l'entretenait plus, elle a planté des sapins pour qu'ils fassent vite un écran total l'hiver comme l'été: ses voisins, même depuis leur étage, ne verraient bientôt plus du tout sa maison. Du côté de la rue, elle a fait ériger un mur de parpaings en béton gris, haut de plus de deux mètres. 

    De son atelier, elle avait une vue sur toute la campagne et les quelques maisons environnantes. Mais de la sienne on ne voyait rien. Rien qu'un mur et une masse de conifères. Pourtant, elle se sentait toujours épiée et avait avec sa plus proche voisine des relations en dents de scie. 

    - Moi, disait-elle à chaque fois qu'elles se voyaient, je suis une artiste. J'ai une âme d'artiste! 

    La voisine ne savait pas trop ce que ça voulait dire, mais opinait de la tête. Elle supposait que l'âme d'artiste expliquait les accoutrements bizarres, les cheveux longs mal peignés retenus par des foulards multicolores, les tas de bijoux et bagues de pacotille, les sautes d'humeur et la douzaine de chats. 

    - Il faudra venir prendre le café chez moi, dit-elle un jour, comme ça vous verrez la maison, comme elle a changé! 

    La voisine n'aimait ni "l'âme d'artiste", ni ses chats, ni ses travaux entrepris sans le moindre permis de bâtir. Mais elle y est allée, la curiosité a été la plus forte. 

    Et elle a vu ce qu'elle voulait voir.

    Elle a vu les rénovations, les beaux espaces, les chats qui entrent et sortent, celle qui allaite ses petits au creux d'un fauteuil où elle avait apparemment mis bas, ceux qui sautent sur la table et lapent le lait prévu pour le café, reniflent les tasses.

    Elle n'a pas vu la dame qui avait tellement besoin qu'on l'aime et la rassure.  

     *** 

    aquarelle et consigne ici, chez Lakévio, que je remercie!

  • B comme Bruxelles ma belle

    Quelle chance que Monsieur Neveu ait exprimé le désir d'aller au musée Magritte, ça nous a permis de nous promener dans notre capitale bien-aimée tongue-out 

    Détour par la grand-place, Albertine, parc de Bruxelles, palais royal, partout Monsieur Neveu tenait à être immortalisé. Il fait du théâtre aussi dans la vie courante cool  

     

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    Ne regarde pas l'appareil, dit-il à ma mère, regarde vers le haut. 

    Alors tous les deux regardent le ciel de Bruxelles tongue-out

  • B comme balade en ville

    Le café et la confiture avalés, on emmène l’Homme et l’Adrienne pour une première balade en ville. Seul le chien est déjà parfaitement à l’aise avec tout le monde et tire la gamine au bout de sa laisse. 

    - On va vous montrer le marché, dit Violeta. 

    On arrive en effet à des étals surmontés d’une grande verrière. Des vitres sont cassées, la peinture écaillée, tout est sale, la rouille attaque le métal mais l’ensemble a dû être fort beau, quelques décennies plus tôt. 

    La verrière est complètement vide, à l’exception d’une vieille femme avec un fichu sur la tête, assise sur le sol devant une cagette contenant une carotte et un oignon. 

    Une carotte et un oignon. 

    L’Adrienne n’a pas osé prendre de photo mais ça ne fait rien : l’image est gravée en elle. 

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    13 juillet 1990

  • B comme brumes du Nord

    Il y a eu de ces jours, fin décembre, où l'Adrienne n'avait pas envie de sortir de chez elle. 

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    Pourtant la beauté se trouve aussi dans les brumes 

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    et les glaces. 

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  • B comme buenas tardes!

    Le car qui devait amener la joyeuse équipe d'érudits du "Siglo de Oro español" avait du retard. A deux heures, un coup de fil en avertit le jeune doctorant en costume-cravate qui sortait justement de chez son coiffeur. 

    - Ils sont en route, annonce-t-il à son collègue, et ils vont encore passer à leur hôtel pour y déposer les bagages avant de venir ici. 

    Deux rangs plus haut, l'Adrienne pouffe de rire. On sera donc à l'heure espagnole, se dit-elle. 

    Quand les conférenciers arrivent et entrent à la queue-leu-leu dans l'amphi, on entend quelques: 

    - Buenas tardes!

    Puis le premier se retourne brusquement vers les autres et annonce: 

    - Vamos a tomar un café! 

    Alors l'Adrienne s'est levée et s'est jointe à la queue pour aller prendre un café, elle aussi: on serait décidément à l'heure espagnole cool

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    à chaque porte d'amphi, une affichette rappelle qu'il est interdit d'y boire ou d'y manger 

     

  • B comme balade bruxelloise

    Sur le chemin du retour, entre le Cinquantenaire et la gare du Nord: 

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    La maison de Paul et Caroline Cauchie, architecte et décorateurs, rue des Francs 

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    Paul Cauchie est le grand spécialiste des sgraffites

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    La maison du peintre Georges Saint-Cyr, conçue par l'architecte Gustave Strauven, square Ambiorix,  

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    fait à peine 4 mètres de large 

    (un bijou de ferronnerie d'art devant lequel cette personne tenait à rester tongue-out)

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    L'hôtel Van Eetvelde, oeuvre de Victor Horta, avenue Palmerston 

    *** 

    Pour ceux qui voudraient tout voir, la liste complète est des bâtiments bruxellois art nouveau est ici et cinq belles balades (une par quartier concerné) sont proposées ici 

    Je me demande bien pourquoi les photos sont interdites à la maison Cauchie, on les trouve par centaines sur internet... 

    *** 

    Merci à Tania, grâce à qui j'ai découvert la maison Cauchie!

  • B comme beau temps pour une balade!

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    - Pour finir les vacances en beauté, avait dit papa, on va passer le dernier week-end dans les Cornouailles. 

    - Nous irons visiter le château de Tintagel, avait ajouté maman, comme si on avait besoin d'un argument supplémentaire pour être d'accord de partir en week-end. 

    On est partis vendredi soir tous les cinq, avec la caravane. Papa dit que c'est bien, la caravane, qu'on est plus libre et qu'on a tout le confort comme chez soi. Alors il regarde maman et maman regarde ailleurs. 

    - Vous voyez cet endroit magnifique? a dit papa en se garant sur une aire de pique-nique. Voilà ce qu'on n'a pas, quand on est à l'hôtel! 

    Il a de nouveau regardé maman qui a regardé ailleurs. 

    On s'est installés pour la nuit. La table et les bancs étaient en bois et un peu verts de mousse mais ce n'est pas grave, on a mis nos cirés, on a mangé nos sandwiches et on s'est couchés. 

    Il faisait encore noir quand papa nous a réveillés. 

    - On va faire un jeu de nuit comme chez les scouts? j'ai demandé, mais il n'a pas répondu. 
    - Mettez vos bottes et vos cirés, a dit maman. 

    Papa nous a portés jusque sur la table de pique-nique, il a même porté maman. On était là tous les cinq, debout sur la table, papa regardait le ciel sur sa gauche, maman sur sa droite, mon frère ne savait pas où regarder et s'agrippait à la ceinture de papa. Moi je regardais ma petite soeur, qui continuait à bâiller et à dormir, avec le foulard de maman qui glissait de ses cheveux. 

    Derrière nous, les roues de la voiture et de la caravane étaient déjà sous l'eau. 

    - C'est vrai, a dit maman, que tout ça, à l'hôtel, on ne l'aurait pas eu. 

    Mais je n'ai pas bien compris si en disant ça, elle donnait raison à papa. 

    ***

    écrit pour le tableau chez Lakévio 

  • B comme bleu

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    Elle est d'un bleu si modeste que certains l'appellent grise 

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    Je la vois d'un bleu différent à chaque heure du jour 

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    J'aime son odeur, sa musique, son écume, son sable fin 

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     J'aime quand au petit matin on distingue à peine où finit l'eau et où commence le ciel 

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    J'aime quand le soir passent les nuages  

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    et qu'elle est toute d'argent

  • B comme belle et beau

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    De beaux paysages dès qu'on quitte Antalya pour l'intérieur du pays 

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    Une belle vue de la chambre de l'hôtel 

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    Un beau ciel nuageux 

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    De belles jambes cool 

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    De beaux chapeaux tongue-out 

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    Une belle ruine au soir tombant 

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    Un beau coup de soleil 

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    De belles pièces de puzzle géant 

    *** 

    photos prises sur divers sites archéologiques de l'antique Pisidie

    Termessos - Ariassos - Kremna - Kapıkaya - Adada 

    et bien sûr Sagalassos... 

    un beau voyage 

    smile

     

  • B comme bureau

    Il y a beaucoup d'objets sur ma table de travail. Le plus ancien est sans doute un dictionnaire français-roumain de 1967 et non pas mon petit Robert comme je le croyais d'abord, vu qu'il date de 1976. Le plus récent est un kalanchoé rouge sombre apporté par une chère collègue-amie pour mon anniversaire. Je l'ai mis dans un pot de céramique blanche.

    Je passe plusieurs heures par jour à ma table de travail. Parfois je souhaiterais qu'elle soit la plus vide possible. En fait, je trouve tellement pratique d'avoir un tas de choses à portée de mains qu'elle s'en trouve tout encombrée.

    Elle est formée d'un contre-plaqué imitant le bois mais sa couleur est d'un beige trop jaunâtre pour faire illusion. Sur le bord, les fausses nervures imitant la nature sont complètement usées.

    Je ne range pas assez souvent ma table de travail. Généralement, ça consiste à refaire de jolis tas bien droits et à tout déplacer-replacer pour pouvoir passer un chiffon humide sur sa surface. Cet aménagement de mon territoire se fait rarement au hasard. Il correspond à un des moments clés du calendrier: fêtes de fin d'année, début des vacances ou de l'année scolaire, période d'examens. Il suffit que je range quelque chose pour que je ne le retrouve plus, ce qui est la meilleure des excuses pour ne rien ranger. 

    pastiche,littérature,perec,françois bon

    ***

    à la manière de Perec 

    qui continue ainsi pendant des pages 

    comme on peut le voir ici: 

    Notes brèves concernant les objets qui sont sur ma table de travail

    http://www.tierslivre.net/WIPagcb/FICHES_IMPRIM/PEREC_TableTravail_2.pdf

     

  • B comme bébés

    Hier pendant la pause

    Madame et sa collègue

    ont regardé avec une émotion
    mêlée d'un tas d'autres sentiments

    les premières images de la naissance d'un bébé panda

    entre des grillages et sous l'œil des caméras.

    ***

    Espérons que ce bruyant limaçon rose

    s'en tirera

    sur cette drôle de planète

    où un congélateur thaïlandais

    est rempli de bébés tigres

    et où des bébés humains

    meurent noyés en Méditerranée

     

  • B comme bilingue

    La journaliste demande à Jorge Semprun:

    - Vous parvenez à être à la fois dans l'écriture et dans la pensée, parfois en espagnol puis en français?

    - Oui, mais quand on est bilingue, on est schizophrène - quand on est vraiment bilingue.

    Entretien avec Françoise Wolff à Passa Porta, le 17 mai 2010, in Les présents de l'écriture, éd. Les impressions nouvelles/Passa Porta, 2015, p.219

    Bon, on comprend qu'il utilise "schizophrénie" dans le sens "double personnalité", ce qui est un cliché fort répandu à propos du bilinguisme.

    Mais on comprend ce qu'il veut dire: chacune de nos deux langues appartient à une culture, qui a ses codes, ses références, ses champs sémantiques qui ne se recoupent pas parfaitement... et comme bilingue on passe aisément de l'un à l'autre.

    Par exemple, un collègue qui a épousé une Italienne me racontait que sa fille, parfaite bilingue néerlandais-italien, utilise automatiquement toute la "gestuelle italienne" quand elle parle italien, ce qu'elle ne fait évidemment pas quand elle parle le néerlandais.

    Et oui, on pense dans les deux langues, tantôt l'une, tantôt l'autre... ça dépend à qui ou à quoi on pense tongue-out 

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    source de l'image:
    http://www.bilinguisme-conseil.com/actualit%C3%A9s/

     

  • B comme beau

    C'est beau, la mer 

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    C'est beau, les anémones de mer 

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    C'est beau, la mer de Spilliaert 

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    C'est beau, les baigneuses de Van Rysselberghe 

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    C'est beau, la mer, la plage, les enfants, les bateaux 

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    ***

    Anémones de mer, photo prise au Noordzeeaquarium, Visserskaai 

    Léon Spilliaert, photo prise au Stadsmuseum, Langestraat 69 

    Théo Van Rysselberghe, photo prise au Mu.Zee, Romestraat 11 

  • B comme Ballykissangel

    Le vent ne suffisait pas à chasser les nuages. Il semblait au contraire à Marie que malgré les promesses répétées du guide, il les poussait tous vers ce coin de l'Irlande où elle avait décidé de passer la journée. 

    On était encore tôt le matin et l'ombre des quelques arbres s'allongeait sur l'herbe rase. La lumière basse et blanche, les cahots de la route, sa sinuosité surtout, qui la jetait sans cesse à droite et à gauche de son siège dans le minibus, lui faisaient rater toutes ses photos. Seul ce cliché d'une lande assez désolée était de bonne qualité.  

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    Elle ne comprenait pas comme elle avait réussi à prendre une photo sur laquelle n’apparaissait aucun mouton, alors qu'ils étaient des centaines, peut-être des milliers, éparpillés dans le paysage. 

    Et quand le minibus a enfin atteint le but de son voyage, elle a constaté que la pile de sa caméra était à plat et qu'elle n'en avait pas en réserve. 

    Pourtant, c'était à sa demande que le guide avait proposé un arrêt devant le fameux "Fitzgerald's" de Ballykissangel 

    texte écrit pour https://amillemains.wordpress.com/2016/03/01/atelier-n2/

  • B comme BRAFA

    Quatre possibilités s'offraient à l'Adrienne: 

    1.ne pas y aller (semaine fatigante, besoin du week-end pour se reposer et faire tout ce qui reste en rade) 

    2.y aller seule (viva la libertà, on va et on vient comme on veut, on mange où et quand on veut, on rentre à l'heure qu'on veut) 

    3.y aller avec une amie (c'est toujours agréable d'avoir quelqu'un avec qui échanger ses impressions) 

    4.y aller avec sa mère (en espérant lui faire plaisir) 

    ***

    vous avez deviné? 

    ***

    - Tu es libre, samedi prochain? lui demande-t-elle au téléphone.

    - Mais oui!

    - Alors je t'emmène à Bruxelles, à la foire aux antiquaires, à Tour et Taxis.

    - D'accord! mais je dois être rentrée pour sept heures!

    - Pas de problème! On rentrera par le train de cinq heures, ça nous laisse largement le temps.

    ***

    Finalement, on a dû quitter la foire vers deux heures, parce qu'il fallait attraper le train de trois heures, parce qu'elle voulait être à la maison à six heures et demie, et qu'il n'y a qu'un train toutes les deux heures, et qu'au lieu de pouvoir visiter la foire à l'aise jusqu'à cinq heures... - sans compter le temps passé au restaurant à déguster du canard, et à boire un café, et la queue au vestiaire (deux fois) et les quatre passages aux toilettes - vous suivez toujours?

    Bref, la visite à la BRAFA a été une véritable course contre la montre.

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    pas question de se poser un instant sur un banc, comme le monsieur de Folon 

    cool

    merci aux responsables de m'avoir permis de prendre cette photo

     

  • B comme Bruxelles

    J'ai eu la chance d'arriver à Bruxelles précisément le jour où on passait pour la dernière fois le film de Maria Tarantino, Our City. Dans la vidéo ci-dessous, la réalisatrice s'explique sur ses choix et ses méthodes de travail. On peut également y voir quelques extraits significatifs. 

    J'ai beaucoup aimé cette réflexion sur la ville et sur la question identitaire.

    Et le lendemain, comme une suite logique au précédent, je suis allée voir le Tout nouveau testament de Jaco Van Dormael cool  

    Sorte de conte philosophique avec une bonne tranche d'humour, d'autodérision et d'absurde à la belge - ce qui n'a pas plu à de nombreux critiques français, allez comprendre tongue-out - je me retrouve bien dans l'analyse de la RTBF et de La Libre

    http://www.rtbf.be/video/detail_la-critique-d-hugues-dayez-2-septembre-2015?id=2040163

    http://www.lalibre.be/culture/cinema/le-tout-nouveau-testament-decouvrez-la-critique-de-la-libre-55e54db535709767896a6a83

    Bref, j'ai passé de très bons moments au cinéma et j'en suis sortie deux fois d'excellente humeur laughing.

  • B comme boulette

    Madame ne vaut guère mieux que l'Adrienne: malgré tous ses efforts pour être un prof sérieux et efficace, elle fait des boulettes.

    Vous avez pu lire ici ce qui lui est arrivé avec la maman de Lisa (1). A ce même entretien, Madame a également réussi l'exploit suivant:

    - Bonsoir! Vous êtes la maman de Lisa? Je ne vous aurais pas reconnue, ça fait si longtemps!

    - C'est vrai, répond la maman, ça fait longtemps.

    Alors on parle de Lisa. Très gentille fille, dit Madame, qui commence à expliquer les mesures prises pour sa dyslexie et voit la stupeur croissante sur le visage des parents.

    - Vous n'êtes pas les parents de Lisa J***?

    - Non, nous sommes les parents de Lisa D***.

    - J'espère qu'elle aussi est une gentille fille, ajoute le père avec humour.

     ***

    Des 374 Lisa nées en Flandre en 1999, trois sont dans la même classe et pour toutes les trois, les parents sont venus à l'entretien avec le prof de FLE.

    C'est la seule excuse de Madame...

    http://statbel.fgov.be/nl/modules/publications/statistiques/bevolking/bevolking_-_voornamen_van_de_pasgeborenen_1995-2014.jsp 

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    dans cette fine équipe de professionnels aguerris ou débutants, il y a Madame qui se cache au dernier rang

    (1) http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2015/11/22/22-rencontres-4-8531222.html#comments

  • B comme bellissimo!

    "Bellissimo!" s'exclament jeunes et vieux qui se pressent en ce dimanche après-midi dans le palazzo reale, dont tous les salons sont plus rouge et or les uns que les autres.

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    A l'entrée de la salle de bal, il y a la foule: on fait la queue pour s'offrir un selfie. Des couples se proposent gentiment de se prendre en photo les uns les autres.

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    Ce qui attire le plus l'Adrienne, dans ce sombre palais où l’œil ne peut se reposer nulle part tant chaque centimètre carré est surchargé de décoration, c'est la vue sur les jardins.

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    Le parc aussi est "bellissimo" sous ses couleurs automnales et de chaque fenêtre la vue est différente:

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    Dans la suite du parcours, c'est au tour des enfants d'être émerveillés par les chevaux, les armures et le panache de la scuderia.

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    "Non toccare!" répètent les gardiens d'un ton sévère dès qu'une main enfantine se tend pour toucher la patte d'un cheval.

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    je crois qu'il faut être Italien pour oser se promener avec des plumes roses

    Et c'est vrai que c'est bien tentant. Voyez celui-ci, et dites si vous n'auriez pas eu envie de vérifier la douceur de son poil:

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    toutes les photos ont été prises à Turin le 1er novembre 2015

  • B comme belge

    - Ah! vous parlez le belge?

    nous demandait-on de temps en temps, en France, en nous entendant parler le néerlandais entre nous, l'homme-de-ma-vie (1) et moi.

    J'avais toujours sur moi papier et stylo pour dessiner rapidement une carte de la Belgique, y tracer la frontière linguistique, y situer Bruxelles ainsi que la région où nous habitions. En moins d'une minute au chrono, j'avais fini d'expliquer la situation linguistique, les lois du même nom et leurs conséquences. A la demande, je pouvais aussi en expliquer les origines. (2)

    La routine, quoi.

    - Alors, le belge, ça n'existe pas?

    - Et bien non, ça n'existe pas.

    Par contre, chaque région se fabrique un peu de lexique propre. Si on vit proche d'une frontière linguistique, on emprunte des mots à ceux d'à-côté. Blinquer, c'est briller (en néerlandais blinken) et la dringuelle, c'est l'argent de poche ou le pourboire (en néerlandais drinkgeld).

    Le kot, je ne vous explique plus Langue tirée

    On se fabrique quelques mots "utiles", soit qu'ils manquent à la langue qu'on parle, soit qu'on adopte une belle image, une expression... bien expressive. On va dire qu'il drache quand il tombe beaucoup d'eau d'un seul coup et on va appeler mêle-tout celui (ou celle) qui aime mettre le nez dans nos affaires. Avec le savon on fait une savonnée et avec le torchon (qui est une serpillière) on torchonne.

    Parfois, on bat le beurre: si votre tradition culinaire est différente, vous direz pour la même chose que vous pédalez dans la choucroute, dans la semoule ou dans le yaourt.

     belg.jpg

    en rouge, la frontière linguistique

     marien.jpg

    la Belgique vue par Marcel Mariën
    http://www.ferraton.be/fr/lot/archive/1645855/detail/58/

    Alors j'ai essayé
    de faire un joli petit texte

    dans lequel grand-père Maurice et grand-oncle Emile
    (deux noms masculins se terminant par -e)
    échangeraient quelques vocables belges
    avec grand-tante Elisa et madame Edith
    (deux prénoms féminins ne se terminant pas par -e)
    mais je n'y suis pas parvenue...
    La fiction, ce n'est véritablement pas mon point fort...
    (understatement)

    Grand-oncle Emile ne parlait jamais le français
    Grand-tante Elisa était Wallonne...

    Merci à Joe Krapov
    qui ne manque jamais d'imagination
    ni de verve
    et pardon d'avoir failli à la tâche

    http://krapoveries.canalblog.com/archives/2015/09/27/32689787.html

    ***

    (1) hahaha! ça faisait longtemps, hein?

    (2) en toute partialité impartiale et neutre, bien entendu Langue tirée

  • B comme bleu

    C'est "le chaud tout bleu d'un beau matin", le tablier bleu du père, la "magnifique soie bleu ciel" de sa lavallière qu'on lui noue artistiquement avant de l'emmener à l'école, ce sont les ailes bleues de la mouche et du taon que le père offre à son rossignol encagé... Le bleu est partout dès les premières pages dans Jean le Bleu.

    C'est à la fin seulement qu'on reçoit l'explication du titre. Le narrateur est obligé de quitter le lycée pour aller travailler. On lui a trouvé un emploi dans une banque:

    J'avais un beau costume, tout bleu clair. Oui, malgré tout; le distributeur de hasard m'avait choisi le comptoir d'escompte où la livrée était bleue. Il y a des lois que le hasard même est obligé de suivre.

    Jean Giono, Jean le Bleu, Grasset, 1972, p. 302

    Dans sa tête, le gamin fait "deux parts": une petite part s'occupe de bien faire son travail, de faire devant les clients les courbettes exigées par le directeur ("ça gagnait 30 francs par mois et ça servait à acheter des pommes de terre") et une autre part, plus grande:

    La grande part, nul n'y touchait. Elle s'appelait Jean le Bleu. On aurait bien voulu l'atteindre et l'enfermer dans la livrée qui saluait les mesdames. Mais, c'était trop tard.

    Jean Giono, Jean le Bleu, Grasset, 1972, p. 303

    La grande part, comme il l'appelle, est tirée "au large des beaux prés", avec des "éperons en ailes d'hirondelles" et est "en selle sur le cheval" dans un "monde amer et exalté".

    J'ai beaucoup aimé ce récit autobiographique de Giono, pour ses personnages, ses anecdotes, son humanité, son style imagé, original et très sensuel, ses souvenirs d'enfance, l'image de ses parents et de sa Provence.

     jean le bleu.jpg

    les couvertures des rééditions récentes montrent toutes d'idylliques images de montagnes avec moutons et berger mais celle de la bibliothèque est sobrement... verte

    Langue tirée

     

  • B comme Bretagne

    Pour ceux qui aiment les clichés bretons

    (dans les deux sens du mot)

    07-27 sentier des douaniers (20) - kopie.JPG

    07-27 sentier des douaniers (21) - kopie.JPG

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    07-27 sentier des douaniers (23) - kopie.JPG

     

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    photos prises le 27 juillet au matin

    à marée basse

    sur le sentier des douaniers

    entre Ploumanach et Perros-Guirec

  • B comme Bruxelles bucolique

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    Bucolique Bruxelles en mai dernier

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    où je ne peux m'empêcher de photographier toujours les mêmes arbres
    Cool

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    les mêmes plans d'eau

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    les mêmes chevaux

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    et où toujours un ou deux pigeons

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    apportent leur clin d'oeil...

    Merci aux amis qui me servent de guide!

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' - thème: végétal

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

     

  • B comme bac

    - Je ne dois plus aller à l'école que pour répéter une dernière fois ma pièce. Pour le reste, je suis déjà en vacances tout le mois de juin!

    Voilà ce que me dit Arthur depuis sa Haute-Loire natale. S'il n'avait pas choisi l'option théâtre, il en serait même déjà tout à fait quitte, de l'école.

    C'est un des grands "avantages" du bac, parmi tant d'autres: les lycéens qui ne sont pas encore en âge de le passer ont un mois de congé en plus, vu que leurs profs sont réquisitionnés pour les épreuves.

    Et dire que chez nous il y a des voix qui s'élèvent contre le fait que nos élèves du secondaire sont libres pendant les trois ou quatre jours de nos délibérations des examens de fin d'année!

  • B comme beaux arbres

    A la demande de Mme Chapeau
    les beaux arbres
    de Woodstock Gardens
    (Irlande)

    Ierland4 024 - kopie.JPG

    j'aurais dû demander à ma carissima nipotina
    de se placer devant
    pour qu'on voie mieux la taille de ces géants

    Ierland4 027 - kopie.JPG

    mais elle fuit la photographe
    et il faut donc être extrêmement rapide
    et discret

    Ierland4 029 - kopie.JPG

    la même allée
    vue de l'autre côté

    Ierland4 031 - kopie.JPG

    des arbres, des arbres...

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    beaucoup de séquoias géants
    (sorte de pléonasme,
    même si le séquoia aussi commence probablement par être petit Langue tirée)

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    un des rhododendrons géants, vraiment impressionnant

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    ma carissima nipotina, toujours pressée, ne semble regarder que ses pieds

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    pendant que l'Adrienne tombe en arrêt (et en pâmoison) devant chaque tronc

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    même pas le temps de noter les noms

    Ierland4 042 - kopie.JPG

    et nous revoilà à la sortie!