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  • G comme Greensleeves

    Un des euphémismes qui fait le plus rire l'Adrienne, c'est un mot qu'on utilise à l'académie de musique. Les examens n'existent plus, ils sont remplacés par un "toonmoment". 

    Cependant, vu que la définition de "toonmoment" est: un moment où tu vas montrer au public ce que tu sais faire... 

    Et vu que ce "toonmoment" est indispensable si on veut passer dans l'année supérieure... 

    Vous comprendrez que l'Adrienne continue à l'appeler examen

    Voilà donc pourquoi voisine Casque d'Or entend quotidiennement Greensleeves depuis déjà une bonne quinzaine de jours, entre le moment où elle lève ses volets le matin et celui où elle les redescend le soir. Se pourrait-il que pour cette raison elle les lève de plus en plus tard et les redescend de plus en plus tôt cool 

    le jour où l'Adrienne doit choisir un deuxième instrument, c'est sûr que ce sera de nouveau un instrument à cordes... mais d'une taille peu encombrante cool 

    et de préférence pour jouer de la musique ancienne... 

     

  • G comme Géricault

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    Le petit séjour de catsitting ostendais a permis de découvrir l'expo Het Vlot/The Raft qui s'est ouverte le 22 octobre et durera jusqu'au 15 avril. 

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    Tant mieux, d'ailleurs, qu'il me reste cinq mois pour tout voir, parce que des œuvres sont exposées en divers endroits de la ville - dont certains ne sont normalement pas accessibles au public - et je suis loin d'avoir tout vu en une journée. 

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    Surtout qu'une journée muséale ne commence qu'à dix heures et se termine à dix-sept heures... 

    Bref. 

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    Géricault, donc, et son célèbre tableau Le Radeau de la Méduse, voilà le point de départ. Le radeau comme métaphore de la condition humaine, le radeau dans l'actualité, le radeau comme rêve d'enfant... Beaucoup de choses touchantes, intéressantes ou amusantes. 

    Oui, j'ai même ri: je trouve Messieurs Delmotte hilarant tongue-out 

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    photo 1: Jan Fabre, Kunst is (niet) eenzaam (1985), L'art (n')est (pas) solitaire - sur son propre radeau, Jan Fabre prévoit un terrain de foot... et de nombreux ballons tongue-out 

    photo 2: Katie O'Hagan, Life Raft (2011) 

    photo 3: Oda Jaune, Sans titre (2017)

    photo 4: Fabien Mérelle, Le Radeau de Fortune (2016) 

    photo 5: Pedro Valdez Cardoso, Sans titre, d'après Géricault (2007)

  • G comme geitenwollensokken

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    Geitenwollensokken (1) c'est le mot par lequel on désigne - pour les dénigrer ou s'en moquer - ces gens qui ont été jeunes à l'époque du flower power et qui en ont gardé quelque chose d'écolo et de non conformiste. Même quand on les désigne par "wereldverbeteraars" (2) c'est aussi à connotation négative. 

    La petite chorale où l'Adrienne pousse la chansonnette, une fois par mois, se compose presque exclusivement de "geitenwollensokken". 

    Ils sont retraités pour la plupart et s'habillent comme à l'époque où ils étaient étudiants. Les T-shirts "save the planet" ou "save the Arctic" ont succédé aux "Atoomenergie? nee, bedankt!" (3) ou "Geen kernraketten!" (4) causes pour lesquelles beau-frère et belle-sœur numéro 4 sont si souvent descendus dans la rue, un peu partout dans le pays, fin des années 70. 

    Aussi l'Adrienne ne s'y sent-elle pas dépaysée, avec son vieux jean élimé et ses sandales en simili-plastique tongue-out

     ***

    (1) ceux-qui-portent-des chaussettes-en-poil-de-chèvre 

    (2) ceux-qui-veulent-rendre-ce-monde-meilleur 

    (3) énergie atomique? non merci!

    (4) pas de missiles nucléaires

    *** 

    on peut cliquer sur l'image pour l'ouvrir en grand 
    source ici 

    La blogueuse hollandaise définit trois types de 'geitenwollensokken', le militant, toujours donneur de leçons, toujours sur les barricades, et qui se fâche facilement; le suiveur, qui ne sait pas trop pourquoi il est là et qui est toujours d'accord avec tout le monde; le gentil idéaliste, qui marche au consensus et à la bonne humeur, et qui apporte des idées ou des solutions pratiques.

  • G comme grand amour

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    En voyant la consigne du Défi du samedi, je me suis demandé pourquoi on avait qualifié l'envahisseur allemand de "doryphore". 

    C'est un terme que mon grand-père n'utilisait pas, peut-être que la vue de l'Allemagne dévastée avait eu sur lui l'effet thérapeutique nécessaire au pardon. 

    Par contre, je constate que le terme est réutilisé de nos jours: 

    Parigots, doryphores et têtes de veau 

    Selon un sondage publié par Marianne (mars 2011), les Français trouvent les Parisiens pas sympas (57%), pas accueillants, pas souriants (71%), snobs (71%), arrogants (66%), pas respectueux de l'environnement, pas drôles (81%), pas épanouis (61%), toujours stressés (91%), pressés (93%). (...) 

    Aujourd'hui, en Centre Bretagne, le doryphore, c'est le Parisien. En région marseillaise aussi où il est vécu en envahisseur. "Il se la pète et il est ladre, il n'a pas l'esprit du sud", entend-on souvent. (...) 

    Encore une preuve que le locuteur natif ne cesse de recycler son vocabulaire... 

    Pour ce qui est des autres conclusions à en tirer, je vous laisse juger par vous-mêmes tongue-out

     

     

     

  • G comme GPS

    voyage, italie

    Faites demi-tour aussi vite que possible! a répété deux ou trois fois Madame GPS, alors que l'Adrienne roulait dans un tunnel. Probablement parce qu'il n'était pas encore construit quand Madame GPS est née. 

    En fait, entendre sa voix lors de ce premier trajet, vendredi dernier, tenait du miracle: elle est restée muette pendant des heures, de sorte que l'Adrienne avait déjà raté une entrée d'autoroute, à une trentaine de kilomètres de chez elle, et qu'elle s'est dirigée au pif en direction du Luxembourg.  

    Puis à force de l'éteindre et de la rallumer - à déconseiller quand on est au volant, mais que voulez-vous - elle a tout à coup déclaré: 

    Veuillez faire attention à la limitation de vitesse! 

    Jamais l'Adrienne n'a été aussi heureuse de s'entendre sermonner. 

    Bref, vendredi Madame GPS a plus ou moins fait son boulot, même si de temps en temps il faut rectifier le tir et surtout ne pas la prendre trop au sérieux. 

    Mais samedi matin, Madame GPS a refusé tout service: l'Italie? Elle ne connaissait plus ce pays. 

    Obligeant l'Adrienne à aller de Kempten à Asciano sans carte et sans G(uide) P(eu) S(ûr). 

    Une carte d'Italie, elle en a une pourtant, achetée en 2012, un bon gros volume Michelin. Malheureusement elle l'a prêté à quelqu'un. 

    voyage, italie

    photos prises à divers endroits entre Arbia et Asciano: Che bellezza! che bellezza! 

    voyage, italie

  • G comme gourmandise

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    C'est seulement en arrivant à quelques mètres de son bateau qu'il a aperçu les coquelicots peints tout le long du bastingage. 

    Décidément, Laura exagérait! Après avoir "amélioré" le conditionnement des marchandises – non, ce n'était pas du sucre en poudre, comme il le lui avait fait croire – installé des plantes naines sur le pont arrière, remplacé sa vieille timbale par des tasses de porcelaine rose pastel – dans lesquelles elle ne servait que des tisanes insipides – défendu qu'il garde ses souliers aux pieds dès qu'il montait sur le bateau – son propre bateau! - elle prétendait maintenant lui faire traverser les trois cent dix-huit kilomètres de Marseille à Ajaccio dans un bateau peinturluré comme une camionnette VW de hippies?

    - Il n'y avait plus de sucre dans ton armoire, dit-elle  en l'accueillant de son air le plus câlin, alors comme je voulais te faire la surprise d'une mousse au chocolat, j'ai ouvert un des paquets qui sont dans la cale... 

    *** 

    écrit pour la proposition 149 d'Ecriture créative 
    avec les mots imposés suivants: 

    bastingage - coquelicot - poudre - conditionnement - gourmandise - nain(e) - timbale - huit - soulier - insipide

     

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    ceci n'est pas une camionnette VW de hippies mais le véhicule d'un fournisseur de châteaux en Espagne tongue-out 

  • G comme gym

    Il faisait 30° à l'ombre et ils avaient cours de gym. C'était le moment où le prof avait décidé de les faire courir: quatre fois le tour du domaine et du parc. Une course qui serait évaluée pour le dernier carnet de notes de l'année. 

    Par la fenêtre de son bureau des coordinatrices, Madame les regarde courir sous ce soleil de plomb. Parmi les meilleurs, en tête de course, il y a Nabil, Omar, Amine. Nabil est dans la classe de Madame et il est le meilleur en tout. 

    La dernière fois qu'ils ont mangé, c'était hier soir, vers 22.00 h. Ils ne se lèvent pas la nuit pour remanger avant l'aube, ça leur ferait une nuit trop courte et des journées d'école trop pénibles. 

    Ils courent sous le soleil. Ils sont toujours les meilleurs, à la course. Pas question de se laisser battre cette fois. 

    - Je me suis rincé la bouche au robinet, dit Nabil à Madame qui s'inquiète parce que malgré cette température et ces efforts, il n'a pas le droit de boire une goutte d'eau. 

    Combien de temps encore pourrons-nous faire comme si nous n'avions pas de musulmans dans nos écoles? 

    prof,école,élève

    photo prise en septembre 2013

     

  • G comme garofani

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    Il faut pourtant achever cette lettre, me dis-je en voyant arriver le jardinier.

    Il avait enlevé ses sabots sur la terrasse et tenait un pot de fleurs à la main. En contre-jour, son grand tablier bleu semblait transparent. Avec son air furibond et son pot sous le bras, il me faisait penser au personnage d'Antonio, le jardinier du comte Almaviva, qui vient apporter la preuve de la fuite de Chérubin: I garofani! Sauf qu'ici, il ne s'agissait pas d'oeillets, mais de bégonias.

    Une mince ligne de lumière filtrait entre les tentures entrouvertes et je rêvassais, jouant avec un long coupe-papier, au lieu de continuer ma lettre qui aurait dû être un chef-d'oeuvre de demi-vérités et de sous-entendus. Allons, considérons l'intrusion de notre jardinier comme une évasion bienvenue.

    Il n'avait pas son chapeau et avait frotté la terre de ses mains à son tablier. Ses cheveux avaient besoin d'une coupe, ils lui cachaient les oreilles. Ce n'est que quand il est entré dans la maison que j'ai vu son regard, trouble, comme sauvage, plein d'une colère ou d'une rancoeur que je ne lui avais jamais vue auparavant.

    ***

    tableau d'Emile Claus, Le vieux jardinier (1886)

  • G comme grand, grand, grand

    Hier matin, certains artistes mettaient encore la dernière main à leur fresque murale.  

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    ici, un des membres du trio Hell'O Collective 

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    Pourtant, à 13.00 h. le bourgmestre était déjà présent, Achturenplein, pour l'ouverture officielle. 

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    j'aime bien les petits personnages de Jaune 

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    l'oeuvre de l'Argentin Francisco Bosoletti me paraît condamnée à une courte vie, vu son emplacement sur un immeuble en construction... 

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    le Mercator est tout beau sous le soleil 

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    le parc est tout beau sous les jets d'eau 

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    et à neuf heures du matin, la plage s'apprêtait pour les touristes

  • G comme gros lot

    Chapitre 1: G comme Gino 

    Gino a un passe-temps qu'il partage avec de nombreux Belges, aussi bien du côté flamand que wallon. Il est colombophile. Ça veut dire que dans son jardin il a un kot à pigeons qu'il entraîne à la course. Le dimanche matin, ces petites bêtes acheminées par paniers entiers vers un lieu éloigné de leur domicile, sont relâchées dans un ciel plus ou moins clair et supposées rentrer dare-dare chez elles, retrouver leur duivenkot, leur partenaire, leur nid. Gino et ses copains colombophiles les attendent de pied ferme pour les attraper dès leur arrivée et pouvoir enregistrer leur temps de vol grâce à la bague à faire passer dans la petite machine. (1)

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    Chapitre 2: G comme Golden Prince 

    Gino est un pro dans son hobby et ses pigeons sont des "coulons futés" (2) qui gagnent tous les concours. Comme son Golden Prince, par exemple, qui a battu tous les records de palmarès en 2014. Alors Gino s'est dit que c'était le moment de rentabiliser son hobby et de passer à autre chose. On peut supposer que madame Gino a envie de prendre des vacances. 

    Chapitre 3: G comme gros lot 

    C'est ainsi qu'une vedette internationale comme Golden Prince s'est retrouvée à une vente aux enchères - tout se vend aux enchères, même les œufs à couver - et qu'il vient de faire remporter l'ultime gros lot à son propriétaire, 316 000 €, le meilleur prix jamais donné pour un pigeon. Non pas, comme c'est généralement le cas ces dernières années, par un acheteur chinois, mais par un Sud-Africain. 

    Article et photos ici... 

    cette folie colombophile est à l'origine de quelques chansons narquoises, comme ik zie zo geiren mijn duivenkot, j'aime tant mon pigeonnier, ou cette ode ironique en patois anversois au "blauwe geschelpte", le pigeon aux taches bleutées 

     

     (1) comme je l'ai vu faire par de vieux colombophiles quand j'avais huit ans, je ne sais pas dans quelle mesure ça a évolué cool 

    (2) les Wallons d'à côté de là où j'habite disent 'coulon' pour pigeon

  • G comme grisaille grandiose

    Tout amoureux de Paname le sait, il ne faut pas s'attendre à y trouver des petits moutons et des petites fleurs, surtout si on y va début janvier cool

    On attend le bus place de la République. L'homme qui sort du métro allume fébrilement une cigarette.  

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    On descend à l'Hôtel de Ville, où le manège finit d'être briqué. 

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    On est heureuse d'apercevoir les tours de Notre-Dame, au loin. On se demande si les joggeurs prennent le temps d'admirer ou s'ils regardent juste leurs pieds, les passants, les obstacles et la circulation.   

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    On passe à côté de la Tour Saint-Jacques, un de nos monuments préférés à Paris. On aimerait que les "révolutionnaires" aient été un peu plus respectueux des beautés de leur ville.  

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    On traverse le Louvre, où la mode des selfies semble plus vivace que jamais. On aimerait photographier ce jeune homme qui se filme sur 360° d'un air béat. Ou cette jeune fille qui ramène sans cesse ses longs cheveux noirs sur sa droite alors que le vent les souffle à gauche...  

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    Sur l'esplanade, les queues pour l'entrée du musée s'allongent rapidement, comme le constate l'homme en anorak bleu. 

    voyage, paris, hiver

    A la Concorde, l'obélisque est bien dressé, la grande roue tourne doucement et seuls les touristes ne sont pas pressés. 

    voyage, paris, hiver

    On traverse le village de Noël en plein démontage et on arrive au but de la promenade, le Petit Palais. 

    voyage,paris,hiver

  • G comme Grande Roumanie

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    Demain, dit Violeta, on va se lever tôt parce qu'on a une longue route à faire. 

    Nous on est d'accord. Ceux qu'il faut attendre, c'est Violeta et Traian, toujours à se précipiter dans une queue, dès qu'ils en repèrent une, pour acheter un paquet de cigarettes. 

    Ce matin, dit Violeta, il faut beaucoup manger, parce qu'on ne va pas s'arrêter en route et on ne va arriver en Bucovine que ce soir. 

    Là on n'est pas d'accord. Prendre un bon petit déjeuner ne nous empêchera pas d'avoir faim à midi et l'Homme, la faim le rend de très mauvaise humeur. 

    Pas question! dit-il fermement. 

    C'est que, tente d'expliquer Violeta, on va traverser un territoire magyar et là, on ne nous aime pas. Si on s'arrête, ils vont voir à notre voiture qu'on vient du Dolj et on va sûrement avoir des problèmes! 

    Parce que Violeta, depuis la chute du mur de Berlin puis celle toute récente de leur Conducător, s'attend à tout moment à une guerre civile: elle ne peut pas croire que les minorités allemandes ou hongroises accepteront de rester roumaines. 

    Pas question! répète l'homme. A midi, on s'arrête pour manger. 

    C'est ainsi qu'on a traversé les Carpates, Violeta avec la peur au ventre, Traian espérant que sa voiture ne retombe pas en panne comme elle l'avait déjà fait le matin même. Qu'on s'est arrêtés à Tîrgu Mures (70 000 magyarophones) et qu'au grand étonnement de Violeta les gens étaient comme elle. Gentils et accueillants. 

    Mănâncă frumos, dit-elle à son mari qui ouvrait juste tout grand la bouche, că te fotografiază Peter! 

    *** 

    L'Adrienne a laissé un gros bout de son cœur en Roumanie 

    alors merci pour cet atelier 248, Leiloona!

  • G comme Gotlib

    Dimanche dernier, j'étais tranquillement chez moi à tapoter l'ordi quand la nouvelle est arrivée sur le blog de Pierre Maury. Il titrait: "Gotlib, fini de rire." 

    Ça a tout de suite jeté un froid et j'aurais bien aimé me réchauffer aux vieux albums Pilote, avec sa Rubrique-à-brac, sa coccinelle, ce bon vieux Newton, et tous les autres délirants personnages. 

    Malheureusement, mon frère habite à 850 kilomètres.

     

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    source Télérama 13-03-2014 

    site officiel

  • G comme guerre

    Chaque fois que mon père remontait de la cave de mes grands-parents, il ne manquait pas de dire: 

    - Il y a là de quoi soutenir un siège! 

    Sur les étagères, grand-mère Adrienne avait des bocaux de haricots verts, des bouteilles de sauce tomate, des petits pois en conserves, des sardines à l'huile, des pilchards... et j'oublie sûrement des tas de choses. 

    Il est vrai qu'elle ne cessait de nous l'annoncer, la guerre, chaque fois qu'au journal télévisé elle voyait des politiciens se chamailler, chaque fois qu'ils élevaient la voix, c'est-à-dire à peu près tous les jours: 

    - 't Gaat nog oorlog worden! (1) 

    Alors les autres adultes se moquaient d'elle, de ses kilos de café et de sucre planqués dans une grande armoire à l'étage. Et quand elle leur rappelait l'aveuglement de Chamberlain et de Daladier, en 1938, ils riaient de plus belle. 

    Ma chère petite grand-mère... 

    Aussi ai-je bien pensé à elle en voyant ceci, chez ma nipotina

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    la table, côté gauche  

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    la table, côté droit 

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    le salon 

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    la cuisine 

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    et tout ça pour un chat qui ne veut plus se nourrir... 

    *** 

    pour le projet du Hibou 

    semaine 45 - guerre 

    ***

    (1) on va encore avoir une guerre!

     

  • G comme grand-mère

    Elle est assise sur une chaise basse. Elle est un peu courbée. Elle a ses filles debout à ses côtés, celle qui lui ressemble et celle qui ne lui ressemble pas. Une brune aux yeux sombres et une blonde aux yeux clairs, comme son père. 

    Voilà cinq jours qu'elle dort à peine, qu'elle ne réussit plus à se nourrir comme il faut, qu'il faut la soutenir pour marcher. Cinq jours qu'elle ne sait plus que penser ni que faire ni à quoi ont servi les tonnes de bougies qu'elle a fait brûler devant Marie et Jésus et tous les saints, depuis deux ans. 

    Une Mère Courage aujourd'hui largement octogénaire qui doit subir le énième malheur de sa vie. L'enterrement de son petit-fils. 

    Si ce n'était pas une formule toute faite, on pourrait dire que jusqu'au bout, rien ne lui aura été épargné. 

    Et c'est sur elle que je pleure, plus que sur l'admirable jeune veuve ou le petit garçon orphelin à trois ans et demi. Pour eux, j'espère qu'il leur reste du temps de bonheur devant eux. 

    C'est sur elle que je pleure, sur son grand cœur de maman et de grand-maman, si grand que même moi parfois j'ai pu m'y réchauffer. 

     

  • G comme grand nettoyage

    traduction,espagnol,littérature,poésie,poème

    On va faire un grand nettoyage - Amalia Bautista 

    On va faire un grand nettoyage
    et on va jeter toutes les choses
    qui ne nous servent à rien, ces
    choses que nous n'employons plus, ces
    autres qui ne font que prendre la poussière,
    celles que nous évitons de trouver car
    elles nous plongent dans les plus amers souvenirs,
    celles qui nous font mal, occupent de la place
    ou que nous n'avons jamais voulues proches.

     
    On va faire un grand nettoyage
    ou, mieux encore, un déménagement
    qui nous permette d'abandonner les choses
    sans même les toucher, sans nous salir,
    les laissant là où elles ont toujours été;
    c'est nous qui allons partir, mon cœur,
    pour recommencer à accumuler.
    Ou bien nous allons mettre le feu à tout
    et rester tranquilles, avec cette image
    des braises du monde devant les yeux
    et le cœur déshabité.
     
    Trad: Colo
     traduction,espagnol,littérature,poésie,poème

    Vamos a hacer limpieza general - Amalia Bautista

     
    Vamos a hacer limpieza general
    y vamos a tirar todas las cosas
    que no nos sirven para nada, esas
    cosas que ya no utilizamos, esas
    otras que no hacen más que coger polvo,
    las que evitamos encontrarnos porque
    nos traen los recuerdos más amargos,
    las que nos hacen daño, ocupan sitio
    o no quisimos nunca tener cerca.

    Vamos a hacer limpieza general
    o, mejor todavía, una mudanza
    que nos permita abandonar las cosas
    sin tocarlas siquiera, sin mancharnos,
    dejándolas donde han estado siempre;
    vamos a irnos nosotros, vida mía,
    para empezar a acumular de nuevo.
    O vamos a prenderle fuego a todo
    y a quedarnos en paz, con esa imagen
    de las brasas del mundo ante los ojos
    y con el corazón deshabitado.

    traduction,espagnol,littérature,poésie,poème

    We houden een grote schoonmaak - Amalia Bautista

     
    We houden een grote schoonmaak
    en gaan alles weggooien
    wat tot niets dient, 
    dingen die we niet meer gebruiken, 
    andere die alleen maar stof vangen,
    die we liever niet tegenkomen omdat
    ze onze bitterste herinneringen meebrengen,
    die ons pijn doen, plaats innemen
    of die we nooit dicht bij ons wilden hebben.

    We houden een grote schoonmaak
    of beter nog, een verhuis
    die ons toelaat zaken achter te laten
    zonder ze aan te raken, zonder ons vuil te maken,
    ze laten waar ze altijd gestaan hebben;
    wij zullen weggaan, mijn leven,
    om opnieuw te beginnen op te stapelen.
    Of we steken alles in brand
    en blijven in vrede achter, 
    met dat beeld in de ogen
    van de gloeiende kolen van de wereld 
    en met een leeg hart.
     
    traduction de l'Adrienne 
    traduction,espagnol,littérature,poésie,poème

     toutes les photos, on l'aura compris, datent de l'emménagement 
    et les petits pieds nus pointure 34 sont ceux de ma nipotina cool

  • G comme grimpe!

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    Dès qu'on quitte la côte et sa végétation méditerranéenne,

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    on voit les rochers, la montagne,

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    où poussent quantité d'arbres

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    jusqu'au milieu des ruines,

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    offrant leur ombre au visiteur,

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    rendant les sites encore plus photogéniques,

    voyage,pisidie,nature

    encore plus grandioses,

    voyage,pisidie,nature

    encore plus sauvages

    voyage,pisidie,nature

    et encore plus fragiles...

    voyage,pisidie,nature

    pour le projet du Hibou

    semaine 32 - arbres

     

     

     

  • G comme Gymnopédie

    L'Adrienne ne sait pas combien d'années il faudra 

    mais voilà un morceau qu'elle aimerait savoir jouer un jour...

    Trois minutes de bonheur avec Aldo Ciccolini: 

    La Gymnopédie numéro 1 d'Eric Satie (1888) 

    "lent et douloureux" 

    sans doute aussi lent et douloureux à apprendre pour quelqu'un qui a le niveau zéro tongue-out 

    http://www.pianofacile.com/partie-pratique/satie-gymnop%C3%A9die-n-1/

  • G comme glace

    Dehors, il fait une chaleur moite. On espère trouver un peu de fraîcheur dans la pénombre du salon, mais c'est tout le contraire. Il y fait étouffant.

    L'Adrienne est un peu en avance, comme d'habitude. Elle a largement le temps d'admirer la vitrine abondamment ornée de tous les attributs rouge-jaune-noir des supporters des Diables rouges.

    La coiffeuse termine le brushing d'une dame et son collègue vient d'accueillir un homme dans la trentaine florissante. Toute leur conversation roulera sur ce qu'on appelle chez nous "l'enterrement de sa vie de garçon".

    Les trois femmes du salon se taisent. Le coiffeur fait subir à son client un véritable interrogatoire pour connaître tous les détails de l'événement. Puis ces messieurs évoquent les "bachelor party" auxquelles ils ont assisté ou, plus fort encore, dont ils ont entendu parler. Par moments le sèche-cheveux fait tant de bruit qu'un détail échappe à l'auditoire féminin. On ne sait pas s'il faut s'en réjouir ou le regretter.

    Heureusement, au moment où entre une jeune femme avec sa petite fille qui n'a pas trois ans, ces messieurs sont juste passés au sujet suivant.

    - Vous allez faire couper ces jolies bouclettes? demande l'Adrienne à la maman, au moment de passer à la caisse.

    - Oh non! juste un peu raccourcir! on veut des cheveux longs!

    Parce que même si on n'a pas trois ans, on se doit d'être belle et féminine.

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    voilà pour gballand
    à défaut d'un avant/après
    une vue sur un des miroirs du salon
    où cette fois-ci on a délaissé la philosophie...

  • G comme génome

    C'est le gros titre d'un article du Daily Mail de lundi dernier:

    "The founding fathers of Europe: DNA reveals all Europeans are related to a group that lived around Belgium 35 000 years ago."

    On croirait à un "poisson d'avril belge" mais voici le résumé de l'article de Nature, tout ce qu'il y a de plus sérieux:

    L'humain moderne est arrivé en Europe il y a environ 45000 ans mais on sait peu de choses sur lui, génétiquement, avant qu'il devienne cultivateur, il y a 8500 ans. Ici nous analysons le génome de 51 Eurasiens d'il y a entre 45000 et 7000 ans. 

    Tous les individus d'il y a 37000 à 14000 ans sont issus d'une même population du nord-ouest de l'Europe qui est à l'origine des Européens d'aujourd'hui.

    Etc.

    Et plus loin (p.4) on peut lire que ce nord-ouest de l'Europe, c'est nous: "Among the newly reported individuals, GoyetQ116-1 from present-day Belgium is the oldest at ~35,000 years ago. This individual is  similar to the ~37,000-year-old Kostenki14 and all later individuals in that it shares more alleles with present-day Europeans (for example, French) than with east Asians (for example, Han)." 

    Je suis perplexe...

    Voilà qui m'apporte plus de questions que de réponses.

    histoire,belge,belgique,actualite

    merci à Rafaël pour ce dessin

  • G comme guilleret

    Tout guilleret ce début d'avril, entre deux giboulées, coups de grêle, coups de vent et coups de soleil blanc et frais. 

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    Les canards du jardin japonais sont en couple 

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    Tranquilles, les portes de leur domaine sont encore fermées 

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    "Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout" et "ne sont là pour personne" 

    2016-04-03 (2) - kopie.JPG

    Les cuistax rutilent sur la digue... 

    C'est le printemps à Ostende! 

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 14 - printemps 

     

  • G comme Galère

    G pas tué G pas volé
    Mais G pas cru ma mère

    Chante le Galérien

    G pas le temps
    G pas le temps

    Chante l'Adrienne

    ce qui est - vous en conviendrez - moins triste mais beaucoup plus monotone

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Gal%C3%A9rien

     

  • G comme Guillaume

    TourEiffel.gif

    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Guillaume_Apollinaire_Calligramme.JPG

    - Un calligramme, explique-t-elle à ses élèves, est un poème qui a la forme typographique de la chose dont il parle. 

    Alors elle leur montre cette tour Eiffel de l'ami Guillaume: 

    - Vous voyez? Les lettres sont disposées de façon à former une tour Eiffel. 

    Ils voient. 

    006 (3) - kopie.JPG

    Et un objet qui a la forme de la chose pour laquelle on est venu, comment ça s'appelle?

    ***

    question que je pose dans le cadre du projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 6 - forme

  • G comme gageure

    Sur la table du réveillon de nouvel an sont rassemblés les livres en cours de lecture. A gauche, celui de Barrico qui m'a inspirée pour illustrer des photos de Bricabook. Puis un 'giallo' dont l'action est située à Torino et que je n'ai pas réussi à terminer pendant le voyage en avion. Eva dorme, que je projette de lire depuis sa parution. Deux livres de Lucette Desvignes que je lis simultanément - je sais, ce n'est pas très malin - et qui évoquent toute une vie, tout un monde aujourd'hui disparus. Enfin, trois livres de Pierre Michon achetés lors de mon dernier passage à Bruxelles. J'ai commencé par les Onze, puis j'ai lu son Rimbaud, maintenant j'en suis donc aux Vies minuscules. Encore une belle découverte! 

    lire - kopie.JPG

    Parce que ce projet est une gageure 

    et que trouver le temps de lire en est une autre

    tongue-out

    Pour le Projet 52 de Ma'

    Projet 52 - 2016

    semaine 1 - livre

    ***

    comment? c'était au singulier?

    oups

    tongue-out

  • G comme gloria

    Pour son deuxième hiver dans la maison de tante Fé 

    l'Adrienne dispose enfin d'eau chaude 

    même quand il n'y a pas de soleil 

    cool

    Alors depuis mardi 

    ici 

    c'est 

    The English Concert, Choir of The English Concert (direction Trevor Pinnock)
    Santa Maria Maggiore, Rome, décembre 1992
    Archiv Produktion, Deutsche Grammophon

  • G comme génie

    bricabook195.jpg

    © Romaric Cazaux

    http://www.bricabook.fr/2015/11/atelier-ecriture-195-une-photo-quelques-mots/

    A peine âgée de trois ans, Carla F. fait déjà des pointes.

    A dix ans, elle entre à la Scala de Milan.

    A vingt ans, elle est prima ballerina.

    A trente ans, elle connaît une renommée mondiale.

    ***

    Et alors?

    Et alors?

    ***

    Alors, alors, que voulez-vous?

    Alors c'est tout.

  • G comme gare aux gorilles

    C'est à travers de larges vitres
    Qu'hommes et femmes du canton
    Contemplent en faisant les pitres
    Sans souci du qu'en-dira-t'on...

    herfst (vervolg 2) (3) - kopie.JPG

    ... une expo sur la lingerie au fil des siècles

    (comme ce slip et ce soutien-gorge vieux de 600 ans) 

  • G comme genèse

    Elle n’a peur de rien et c’est ce qui fait peur à sa grand-mère. Elle tend sa petite main à tous les chiens qui passent. Elle regarde avec confiance tous les humains qu’elle rencontre, même les plus grands, les plus sombres, les plus barbus.

    Alors on lui raconte des histoires terrifiantes. On lui apprend la méfiance. Des chiens, des hommes. Et dans sa petite tête d’enfant de trois ans, tout se mélange.

    Elle voit maintenant des voleurs de petites filles dans les plis des rideaux, dans l’ombre des cheminées. Pourquoi ne seraient-ils pas cachés dans la cave, la garde-robe ou le grenier, puisqu’on les dit si malins ?

    Couchée dans son petit lit, elle n’ose plus fermer les yeux. Tous les bruits lui semblent bizarres. Le vent qui siffle, la pluie qui gratte la vitre, le plancher qui craque, des pas sur le trottoir.

    La peur lui a été inoculée, elle ne peut plus s’en défaire. 

     souvenir d'enfance,françois bon,fiction

    texte inspiré par la consigne 1 de l'atelier d'été de François Bon

    http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4188

     

  • G comme gazon

    On peut partir une semaine en Bretagne, puis quelques jours à la côte, la seule chose dont on ne doive pas s'inquiéter ces temps-ci, c'est la pelouse. On la retrouve comme on l'a quittée, courte et sèche.

    Quelle économie de tondeuse!

    Bien sûr, les radis et les haricots ne poussent pas non plus. Il n'y a pas de miracle. Les bacs de fleurs ont besoin de litres d'eau, tous les jours. Même la lavande tourne de l'oeil.

    On continue d'espérer voir un nuage ou avoir un bel orage. On continue de nous en promettre. Mais pour d'obscures raisons, ils vont toujours cracher leur pluie bienfaisante ailleurs qu'ici.

    Hier, un article de journal sur le sujet. G comme grave: il s'agit de notre patate nationale, qui ne grossit pas. Il faudrait, a-t-on calculé en haut lieu spécialisé, qu'il tombe 180 litres d'eau par mètre carré pour que nos terres agricoles retrouvent leur bonne humeur fertile. (1)

    180 litres d'eau par mètre carré, c'est ce qu'elles reçoivent normalement en trois mois. Là, il le faudrait tout de suite.

    http://www.knack.be/nieuws/uitzonderlijke-droogte-is-ramp-voor-aardappeloogst/video-iwatch-592591.html?utm_source=Newsletter-08/08/2015&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-RNBDAGKN&M_BT=265941086196

    Quand on voit, dans la vidéo, ce brave agriculteur prendre entre les doigts les tiges desséchées de ses plants de pommes de terre qui s'effritent (2) et tombent en poussière, on a des réminiscences de paysan africain dans un spot pour une ONG: la terre ressemble à du sable et la végétation est quasi nulle.

     jardin,actualité

     à l'arrière-plan, le maïs souffreteux 

    vidéo: http://nieuws.vtm.be/binnenland/153357-droogte-ramp-voor-oogst

     

    (1) D'autres sources (puis-je encore utiliser ce mot?) parlent de 220 litres.

    (2) Encore un mot sensible... la patate de cette année est trop petite pour en faire des frites, dit-il.

  • G comme ...

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    le festival n'est sans doute pas le meilleur moment pour admirer la belle façade du château
    et il est interdit de monter sur les gradins

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    c'est fort dommage parce que sa façade renaissance est son principal attrait

    DSCI2134 - kopie.JPG

    on nous propose donc d'aller l'admirer depuis la terrasse 

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    où on peut enfin la voir en entier