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  • H comme Hajar

    Fin août, à l'accueil des nouveaux inscrits, Madame a eu l'occasion de faire étalage de ses rudiments d'italien: Hajar et sa maman, en plus de l'arabe, maîtrisent le mieux cette langue. 

    Hajar est née au Maroc mais à cause du travail de son papa, elle a été scolarisée en Italie. D'où la famille est venue pour s'installer en Belgique, il y a trois ans, toujours pour les mêmes raisons. Côté flamand, ce qui veut dire que pour la poursuite de sa scolarité, Hajar a dû apprendre vite, vite le néerlandais. Pas évident de réussir de bonnes études dans ces conditions. 

    Sa prof de néerlandais a demandé à chacun de préparer quinze questions d'interview, des questions ouvertes permettant d'apprendre des choses nouvelles sur les condisciples. Puis-je vous demander d'y jeter un rapide coup d’œil (1), demande-t-elle à Madame, qui travaille dur du dictionnaire pour lui répondre cool 

    Pour ses questions, elle n'a eu qu'une seule source d'inspiration, l'enfance, la petite enfance. Voilà, se dit Madame, une jeune fille bien nostalgique de son paradis perdu... 

    Ton enfance a-t-elle été heureuse? Quels ont été les bons côtés? Tu as passé ton enfance dans cette ville-ci ou ailleurs? Selon toi, quels sont les aspects positifs ou négatifs, d'avoir grandi ici (ou là où tu as grandi) ? 

    Quels seraient les trois mots clés pour définir ton enfance? Pourquoi ces trois mots-là? 

    Quel était ton jeu préféré? 

    Est-ce que tu as parfois eu envie de revenir en arrière? ou de ne jamais grandir? Pourquoi?

    Quel était le métier de tes rêves, quand tu étais petit(e)? Pourquoi? 

    Tu vois des différences entre ton enfance et celle des enfants d'aujourd'hui? Si oui, lesquelles? 

    etc. 

    Madame se demande comment ses questions auront été reçues par les camarades de classe et devine, ici et là, ce que Hajar y aurait répondu elle-même... 

    *** 

    (1) "volevo chiederle se fosse possibile darci una leggera occhiata", faudra que Madame retienne l'expression, "un léger coup d’œil" cool  

  • H comme hortensia

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    Une douzaine de grands hortensias, voilà ce qui est condamné à disparaître, si l'Adrienne ne se décide pas à les replanter ailleurs. 

    Quatre ans déjà qu'elle habite dans cette maison et qu'elle sait qu'un jour il y aura des travaux dans la rue, que le jardinet de ce côté-là de la maison est condamné à disparaître, à devenir trottoir et piste cyclable. 

    En octobre, une lettre est arrivée pour dire que les travaux commencent en 2018 et que toutes les plantations qui n'auront pas été récupérées seront irrémédiablement perdues. 

    Par bonheur, l'Adrienne a pu compter sur des bras et des muscles masculins pour déterrer cinq hortensias, qu'elle a aussitôt replantés. 

    Et les sept autres? 

    (soupir) 

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  • H comme heure

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    Ce soir l'Adrienne retourne en pays wallon pour y assister une deuxième fois à un atelier d'écriture. 

    Il y a quinze jours, chacun devait piocher une question dans le sachet qui faisait le tour de la table: "De quoi tu as peur?", "Qu'est-ce que tu attends?", "A quoi tu penses?", "Qu'est-ce qu'il y a?"... et avait trois minutes pour y répondre. 

    Pour l'Adrienne, c'était "Quelle heure est-il?" 

    C'est une question que je me pose rarement parce que je vis sans montre. La question que je me pose plutôt, c'est: quelle heure serait-il? J'aime deviner et vérifier que mon "horloge interne" fonctionne bien. Il y a toujours un clocher d'église, une enseigne de pharmacien, un fronton de gare ou tout autre moyen de le savoir. Alors on est puérilement content d'avoir visé juste. 

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    Sauf parfois la nuit, quand on n'a pas envie d'ouvrir les yeux et qu'on se demande: Quelle heure serait-il? qu'on soulève péniblement les paupières pour vérifier le réveil et qu'on aimerait s'être trompé. 

    ***

    photo 1: été 2017, une montre suisse cool 

    photo 2: mai 2017, une canicule belge (et la tour de la gare de Gand)

     

  • H comme helkiase

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    Dans les couvents aussi l'argent était le nerf de la guerre et si des religieuses ont pu y avoir une "carrière" - chose inaccessible aux autres femmes de leur époque - c'était généralement à condition d'être "bien nées" et d'apporter une dot.

    C'est ainsi que certaines ont pu devenir femmes de pouvoir ou femmes de sciences, à une époque où une jeune fille pouvait s'estimer privilégiée si on lui permettait d'apprendre une langue, un instrument jugé "féminin" comme la harpe ou le piano et la peinture de fleurs à l'aquarelle. 

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    Sœur Marie-Rose (née Zélie Carouy) est une de ces femmes intelligentes et avisées. Vers 1898, elle crée un remède appelé helkiase dont l'efficacité antiseptique semble faire l'unanimité: le musée a conservé toute une collection de lettres de remerciements reçues de patients du monde entier. 

    La commercialisation de sa découverte lui permet de remettre à flot les caisses de l'hôpital. Ci-dessous, une des plaques publicitaires vantant le produit: 

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    C'est un produit désinfectant et cicatrisant qui sera utilisé de la fin du 19e siècle jusque vers le milieu du 20e. 

    Aujourd'hui, Belgique oblige, la buvette du musée sert une bière de ce nom, produite spécialement par la brasserie Dupont tongue-out 

  • H comme hôtes et hôte

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    - Je vous conseille, me dit-elle, de garder la porte-fenêtre bien fermée, à cause de la chaleur. Mais ouvrez-la cette nuit, pour avoir un peu de fraîcheur. (1) 

    Ouvrir la porte la nuit, pour la fraîcheur, je veux bien, mais les moustiques? 

    - Oh! des moustiques? il n'y en a pas la nuit! Et puis il y a ça: 

    voyage,italie

    Le lendemain, je me lève avec de grosses cocardes rouges sur les bras, les jambes et la joue: oui, les moustiques siennois dorment la nuit... avec moi tongue-out 

    - Il y a un frigo, me dit-elle, si vous voulez mettre des choses au frais... 

    Ah super, me dis-je. 

    Quand je l'ouvre, je vois qu'il est rempli de petites bouteilles. Il n'y a même pas la place d'y entreposer un œuf dur. Il y a aussi cette affichette dedans: 

    voyage,italie

    Sans doute puis-je y mettre au frais mes sous-vêtements, comme Marylin dans The Seven Year Itch 

     La chambre est au rez-de-chaussée, les hôtes logent au premier. Je les entends faire des va-et-vient, l'un fait slof slof, probablement en savates, l'autre fait kloiiing kloiiing avec une sorte de sabots. Je les entends aussi discuter, faire pipi, tirer à la chasse. 

    Alors une pompe se met en marche à côté de ma chambre. C'est pratique pour savoir qu'il est quatre heures du matin wink 

    Régulièrement, ça fait slof slof ou kloiiing kloiiing dans le couloir derrière ma porte ou dans la pièce à côté. Je finis par me demander s'il n'y a pas un œilleton pour surveiller l'hôte undecided 

    (1) Fraîcheur toute relative, au plus frais de la nuit il fait encore 24° - sur la photo il est six heures du matin et il fait encore un brin plus frais dehors que dedans tongue-out 

  • H comme histoire

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    - Plus vite, plus vite, crie Gaius, nous allons arriver trop tard!

    Là-bas, sur la plage de Neapolis, des gens sont massés et attendent ils ne savent trop quoi, dans l'anxiété.

    - Mais rame! rame! éructe Gaius dans une dernière quinte de toux qui lui sera fatale.

    Quelle idée aussi de s'aventurer sous ce nuage de poussières quand on est asthmatique...

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    Dix-sept siècles plus tard, c'est au tour de François-René d'aller faire du journalisme d'investigation scientifique en Italie. Ou appelez ça autrement, c'est comme vous voulez.

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    Il y accompagne un certain Joseph Fesch, qui, croyez-le ou non, est le tonton à Napoléon. Selon que vous soyez auteur ou victime, vous adopterez à son propos une des deux phrases suivantes: 

    "En 1793, Joseph Fesch fuit les partisans de Pascal Paoli et se réfugie en Provence. Sous la Terreur, ayant abandonné l'habit, il devient d'abord garde-magasin d'une division de l'armée des Alpes avant de se voir confier par son neveu Napoléon Bonaparte la charge, en 1795, de commis aux marchés de fournitures pour l'armée d'Italie. Durant cette campagne, il commence une collection de tableaux appelée à devenir l'une des plus riches de France voire d'Europe." 

    ou 

    "En 1793, Joseph Fesch fuit les partisans de Pascal Paoli et se réfugie en Provence. Sous la Terreur, ayant abandonné l'habit, il devient d'abord garde-magasin d'une division de l'armée des Alpes avant de se voir confier par son neveu Napoléon Bonaparte la charge, en 1795, de commis aux marchés de fournitures pour l'armée d'Italie. Durant cette campagne, il commence à voler tous les tableaux qui lui semblent avoir quelque valeur, de sorte qu'aujourd'hui la France a une des plus riches collections qui soient."

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    Ce tableau-ci, par contre, n'a pas été volé, vu qu'il était accroché dans une église française, fut-elle à Rome. Pour le voir, il suffit de glisser quelques pièces de monnaie dans le dispositif qui vous donnera un instant d'éclairage. Ou si vous n'avez pas de monnaie, d'attendre qu'un autre touriste le fasse.

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    Finalement, François-René n'est pas resté plus de six mois à Rome, le Cardinal ayant demandé son renvoi. Il y revient en 1828 comme ambassadeur de France.

    - San Stefano di Sessanio, dit-il d'un air songeur, appuyé à la monumentale cheminée de marbre gris, ça ne serait pas ce village de Calabre où cet imbécile de Paul-Louis a cru vivre ses dernières heures?

    - Je ne crois pas, Votre Excellence, c'est dans les Abruzzes, il me semble...

    - Calabre, Abruzzes, c'est chou vert et vert chou, déclare l'ambassadeur, qui n'aime pas être pris en défaut.

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    Et pour couper court à de nouvelles remarques de son secrétaire, il s'exclame:

    - Bientôt sept heures et demie! Je n'ai que juste le temps de me préparer pour la réception de ce soir!

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    ces images sont proposées à l'écriture sur le site des Plumes d'ici et d'ailleurs (première semaine)

  • H comme horions (verbaux)

    Rivées à leur mini-clavier, à leur écran miniature, elles échangent des horions. De bonnes grosses baffes verbales qui font très mal. Qui laissent des traces. Qu'on peut photographier, envoyer à d'autres, conserver, montrer. Au petit ami, à d'autres copines: non mais tu as vu comment elle me traite? tu as vu ce qu'elle ose me dire? 

    Et chacun se jette dans la mêlée et donne à son tour quelques coups plus ou moins bas.  

    C'est un engrenage dont elles ne réussissent plus à sortir et qui dure depuis des semaines. 

    Alors que voulez-vous, Madame a fini par s'en mêler, au risque de se prendre quelques baffes elle aussi. 

    Pourtant la solution est simple: vous voulez vraiment que ça cesse? vous voulez vraiment vous réconcilier? alors éteignez vos smartphones et parlez-vous autour d'une table. Je veux même jouer les arbitres. 

    *** 

    le comble, c'est qu'au plus fort de la bataille elles avaient cours chez une collègue de psychologie: "comment régler les conflits? comment vivre ensemble dans la paix?"

  • H comme histoire de ...

    C'est l'histoire d'un élève qui a une forme d'autisme.

    Il est convoqué chez le directeur après un conflit avec sa prof de biologie.

    Les voilà assis face à face dans le bureau du directeur.

    Celui-ci est assez énervé - l'école idéale, c'est une école sans élèves et sans parents d'élèves - alors il sermonne durement le garçon tout en cliquant sans arrêt son stylo à bille.

    - Vous voulez bien arrêter avec ce stylo? demande l'élève.

    ***

    Je vous laisse deviner la suite de l'histoire...

  • H comme Hannon

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    Théo Hannon et son copain James Ensor s'amusent autour d'un même thème... 

    (photos prises au Mu.Zee d'Ostende)

    ici, on peut voir un des portraits de Théo Hannon par James Ensor  

  • H comme heureux!

    Le Journal d'un homme heureux débute le mardi 6 septembre 1988 et d'emblée on voit de quelle sorte de bonheur il s'agit: celui qui consiste à ne pas se lamenter pour ce qui va mal (par exemple avoir complètement oublié qu'on a invité des tas de gens à passer à la maison pour cette veille de rentrée) mais à se réjouir de tout ce qui est beau et bon dans l'existence (chacun a apporté quelque chose à manger et la soirée a été belle et conviviale).

    Au fil des pages, on découvre un Philippe Delerm plus intime que d'habitude - évidemment, c'est un journal, il l'a tenu pendant environ un an et demi - son amour pour sa femme et pour son fils, pour son métier de prof, qu'il exerce avec enthousiasme et respect, pour les livres et la littérature. 

    On y découvre la vie dans un village normand, une vieille maison, un grand jardin, et le choix d'une carrière à mi-temps, malgré la précarité financière, pour avoir le temps d'écrire. L'auteur, à ce moment-là, n'est pas encore une célébrité. Il aime cette vie loin de Paris, dans la lenteur des jours ordinaires, comme il les appelle. 

    Ici et là, c'est le Delerm d'aujourd'hui qui a ajouté une ou deux pages de réflexion de 2015 pour éclairer ou commenter ce qu'il a écrit vingt-sept ans plus tôt. C'est un plus. 

    En 1988, il en train d'écrire un premier roman, Autumn (sur les peintres préraphaélites), il n'a pas encore écrit La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, mais c'est déjà ce style-là, ces petites touches et descriptions précises des petits bonheurs quotidiens, de ceux qu'on trouve généralement si évidents qu'on ne s'y arrête pas, comme le signale Victor Hugo après la mort de Léopoldine: avoir une maison, une famille, des amis, des conversations près d'un bon feu, "j'appelais cette vie être content de peu". 

    J'aime les gens qui, comme Philippe Delerm, se rendent compte que c'est beaucoup, au contraire, et qui réussissent à jouir de l'instant. 

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    photo, info, texte, critiques etc sur le site de l'éditeur Seuil 

    "Ecrire, dessiner, travailler au jardin, faire l'amour, allumer un feu, lire, goûter avec Vincent quand il revient du collège. Tout cela dans la lenteur d'un temps qui nous ressemble, dans un silence chaud, patient, habité. Il n'y a pas de vie meilleure à boire que la mienne, ces jours-là. Ce sont les jours ordinaires. J'aime moins les jours extraordinaires." (p.11-12) 

     

  • H comme Hutsebolle

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    Un jour que le père revenait du marché – par une fenêtre ouverte il avait dû regarder à l'intérieur d'une maison bourgeoise et y voir un fauteuil – ce meuble lui avait frappé l'imagination. - "Les enfants, dit-il, le jour où on le pourra, on s'achètera un fauteuil!" La mère a haussé les épaules parce qu'elle savait, la pauvre, que même à force d'épargne et d'économies on ne réussissait jamais à joindre les deux bouts, - dès qu'on avait mis un sou de côté, on aurait pu l'utiliser dix fois pour acheter l'essentiel; - les vêtements des enfants tombaient en loques, le père avait les souliers percés aux orteils, ou il fallait payer le fermage; et le fauteuil était de nouveau remis à l'année suivante. 

    Vader kwam ne keer terug van de markt - door een open venster moet hij in een rijk huis naar binnen gekeken hebben, en daar een zetel zien staan - dat meubel stak hem alevel de oogen uit. - ‘Jongens, zei hij, als we 't ne keer kunnen doen, koopen we 'n en zetel!’ Moeder trok de schouders op, want ze wist, de sloore, dat we met sparen en krebbebijten, toch nooit de einden 't hoope kregen, - als er een stuiver weglag, kon hij al tien kanten gebruikt worden om 't hoognoodige te koopen; - de jongens hun kleeren hingen van 't lijf, vader liep met de teenen door zijn schoenen, of de pacht moest betaald worden; zoo wierd de zetel weer een jaar in 't dak gestoken. 

    Mais les soirs d'hiver, quand on était tous assis autour de l'âtre, on en revenait à ce fauteuil: le père en a parlé si longtemps qu'on a fini par y croire. Dans notre imagination, ce fauteuil représentait le bonheur suprême; on se forçait à y croire et à l'espérer aussi fort que lui. Quand on parlait du fauteuil, c'était le signe que tout allait bien, sinon – en temps de misère et de manque – il aurait été stupide de mentionner cet objet. Le père et la mère ont vieilli avec cette idée; toute la vie j'ai entendu parler de ce fauteuil, comme d'une merveille qui nous était promise et apporterait l'abondance. 

    Maar bij winteravonde, als we allen rond den heerd zaten, kwam de zetel opnieuw te berde: vader praatte er zoolang over tot we er aan geloofden als aan iets dat komen moest. Die zetel verbeeldde in ons gedacht het hoogste geluk; we drongen het malkaar op, zoodanig dat we er al zoo fel aan geloofden en naar verlangden als vader zelf. Wanneer er van den zetel gesproken werd, was 't teeken dat 't goed zat, anders - in tijden van krot en meserie - ware 't te gek geweest dat ding te vernoemen. Vader en moeder zijn met dit gedacht en verlangen, oude menschen geworden; heel mijn leven heb ik thuis van dien zetel hooren spreken, als van een wonder dat ons voorbeschikt was en de weelde zou meebrengen... [...]  

    - ... Ça a continué comme ça jusqu'à ce que les enfants aient grandi et que les aînés commencent à gagner un peu d'argent, - alors on aurait pu se le permettre, mais ni le père ni la mère ne le mentionnaient plus. 

    - ...Dat bleef alzoo aanhouden tot de jongens al grootgekweekt waren en de oudsten begonnen geld in te brengen, - toen mocht het er af, maar vader noch moeder repten geen woord meer van den zetel. [...]  

    - ... Et pourtant il a fini par arriver. On s'était mis d'accord et un dimanche on est allés à pied en ville, tous ensemble. On est passés par toutes les rues, on a regardé tous les magasins, et on a fini par trouver notre affaire. On a acheté un fauteuil de cinquante-huit francs. Comme j'étais l’aîné, je pouvais le porter. Je l'ai posé sur la tête et le tenais par les pieds. Ma nuque en devenait raide et mes bras douloureux, mais pour rien au monde je ne l'aurais lâché: on a porté notre trésor en triomphe jusque chez nous. On était tous heureux et fiers de cet achat. 

    - ...En toch is 't er van gekomen. Onder ons wierd het besloten, en op een Zondag trokken wij te voet naar stad, heel de bende. We liepen al de straten af, keken aan al de winkels, en eindelijk ontdekten we ons affaire. We kochten een zetel van acht en vijftig franken. Omdat ik de oudste was, mocht ik hem dragen. Ik plaatste hem met de zate op mijn hoofd en hield hem bij de pikkels. Mijn nek wierd stijf en mijn armen blamot van 't dragen, maar voor geen geld ter wereld had ik hem willen lossen: we brachten onzen schat triomfantelijk naar huis. We waren allen om 't even welgezind en preusch met den koop. 

    Le premier soir c'était la fête: le père, la mère, s'y asseyaient à tour de rôle comme sur un trône. Avec leurs plus beaux habits, ça allait, mais le lendemain le vent a tourné: la mère a fait la première remarque, que ça ne convenait pas à une maison de pauvres gens. Le père pensait pareil sans oser le dire, - lui aussi trouvait que ce n'était pas pour nous. Ce fauteuil était un élément "étranger" qui "jurait" dans le ménage; c'est ce que nous voyions aussi et nous avions peur que les voisins s'en moquent; il devait disparaître, plus personne n'était à l'aise avec ce fauteuil près de l'âtre; plus personne n'osait ni ne voulait s'y asseoir, il gênait partout où il se trouvait, et un beau matin il avait disparu: avant qu'on se lève, le père l'avait fendu à la hache et déposé comme bois à brûler à côté de l'âtre – plus jamais personne n'en a parlé – on se sentait de nouveau à l'aise.  

    Den eersten avond was 't feest: vader, moeder, gingen er beurtelings in zitten, lijk op een troon. Met hun beste kleeren aan ging dat nog, maar 's anderen daags keerde 't blad: moeder miek 't eerst de opmerking, dat 't niet ‘stond’ in een huis van arme werkmenschen. Heur uitspraak was 't geen vader uit eerlijke schaamte niet had durven zeggen, - hij ook vond dat het geen ding was voor ons. Die zetel deed daar ‘vreemd’, hij ‘vloekte’ in 't huishouden; wij zagen het evengoed en wierden beschaamd dat de geburen er zouden mee lachen; hij moest uit onze oogen, we waren geen van allen op ons gemak met dien zetel bij den heerd; niemand dorst of wilde er nog in gaan zitten, hij stond overal in den weg, en op een schoonen uchtend was hij verdwenen: eer we opstonden had vader hem gekloven en als brandhout aan den heerd gelegd - nooit heeft er nog iemand naar gevraagd, - we voelden ons weer gemakkelijk. 

    *** 

    traduction de l'Adrienne des pages 52 à 55 (éd. Lannoo 2016)

    première parution en 1926 

    le narrateur - Hutsebolle - parle de sa jeunesse, donc du tournant du siècle, dans un coin de la Flandre Occidentale

  • H comme Hergé

    L'expo Hergé au Grand Palais était une des trois raisons qui ont poussé l'Adrienne à réserver une place dans le TGV pour Paris en ce début de janvier. 

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    Et franchement, elle valait le déplacement. 

    D'abord, parce qu'on y découvre un aspect peu connu de Georges Remi: sa carrière de graphiste et de concepteur d'affiches ou de logos publicitaires. 

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    voyage,paris,belge,belgique,bd,peinture,art

    Ensuite, parce que de nombreuses esquisses permettent d'admirer ses talents de dessinateur. C'est tout à fait impressionnant! 

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    esquisses pour le "mauvais" de Tintin au pays de l'or noir 

    voyage,paris,belge,belgique,bd,peinture,art

    mauvaise photo d'un crayonné où Milou résiste à la tentation 

    Bien sûr, elle permet aussi de retracer toute sa carrière, la naissance et l'évolution de tous ses personnages de bandes dessinées, sa rencontre décisive avec Tchang et son souci croissant de perfectionnisme jusque dans les moindres détails. 

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    Hergé et Tchang à Bruxelles en 1931 

    voyage,paris,belge,belgique,bd,peinture,art

    Enfin, parce qu'on y découvre encore un autre aspect méconnu de Georges Remi: son intérêt pour l'art moderne et sa pratique de la peinture à l'huile. Sa modestie seule faisait qu'il se considérait comme "un peintre du dimanche". 

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    Bref, vous avez encore jusqu'au 15 janvier pour y courir, si vous êtes dans le coin cool

  • H comme harmonium hollandais

    musique,humour,vie quotidienne

    Ils ont bien du mérite, se dit l'Adrienne, les organisateurs de concerts classiques dans ma petite ville. 

    Ils ont bien du mérite aussi les musiciens qui donnent le meilleur d'eux-mêmes et un brin d'humour en plus, devant une cinquantaine de personnes. 

    - L'harmonium, dit-il avant de se mettre à jouer les petites pièces de Leoš Janáček, est un instrument dont on se moque beaucoup chez nous, on l'appelle hallelujah-commode (une commode à alléluia), psalmenpomp (une pompe à psaumes), gereformeerde hometrainer (home trainer réformé) ou cirkelzaag des geloofs (scie circulaire de la foi).  

    A cause, bien sûr, de son utilisation principale dans les églises réformées des Pays-Bas et du fait qu'il faut "pédaler" pour faire sortir du son. 

    Bref, de l'humour hollandais. 

    Si, si, ça existe cool

    C'est même là-bas que l'Adrienne va emmener sa mère et son neveu, l'été prochain. 

  • H comme heureux hasard

    Pour son cours de mardi où manquait la moitié des effectifs, les économistes étant en sortie scolaire, Madame avait prévu de faire écouter un petit reportage sur un "job de rêve": testeur

    - Vous êtes peut-être encore un peu jeunes, commence Madame, vous n'avez que 16 ans, mais sans doute certains d'entre vous ont déjà fait un job de vacances? 

    Tous les doigts se lèvent, sauf deux. Mais leur premier job est déjà réglé pour les vacances de Noël. On dirait bien que les jeunes n'ont plus le droit de ne rien faire... 

    Pauline est d'accord pour s'exprimer la première et raconter quel genre de job elle a fait: 

    - C'était pour le Lotto, dit-elle, la loterie nationale cherchait des jeunes de moins de 18 ans. On devait aller acheter des billets de loterie, pour voir si les vendeurs respectaient la loi. 

    - Incroyable! s'exclame Madame. Tu as donc fait un job de testeur! C'est exactement le sujet du reportage que je vais vous montrer! 

    Quel prof peut rêver d'une meilleure introduction au sujet choisi pour son cours? 

    - Pour ce job, continue Pauline, il fallait avoir l'air jeune, moi on me trouvait un peu trop grande. Mais mon visage, ça allait, on voyait que je n'ai pas 18 ans. 

    - Je suis bien contente d'entendre que la loterie nationale s'inquiète de savoir si la loi est respectée et fait ce genre de tests, conclut Madame après avoir écouté les commentaires et les témoignages des uns et des autres.

    On peut donc passer au reportage: une jeune fille a testé des appartements et une autre des maillots de bain... aux Caraïbes. 

    - Vous aimeriez faire un de ces jobs? demande Madame. 

    Hélas oui: pour 1000 €, les filles sont prêtes à s'exhiber en bikini et à se faire photographier sous toutes les faces. Surtout aux Caraïbes. 

    - Vous vous rendez compte, dit Madame en jouant l'effarement, où ce raisonnement peut vous mener? Que seriez-vous prêts à faire pour 10 000 €? 50 000 €? 

    La classe rigole en prenant des airs choqués. 

    Tout va bien, ils ont compris. 

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    Et pour terminer, le rêve de nombreux élèves...  
    source de la photo et article: 
    testeur de jeux vidéo

     

     

     

  • H comme heure bleue

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    Une table minuscule, un petit cendrier de verre, une couchette dans le coin de l'unique pièce. 

    Deux croûtes de fromage, un verre vide, la bouteille d'un litre soigneusement rebouchée, une carafe d'eau. 

    Une fenêtre sur cour et le froid qui s'infiltre par tous les interstices. Le froid, le bruit et les odeurs. 

    Sauf en cet instant magique. C'est l'heure bleue.

    *** 

    fiction écrite pour le jeu et le tableau de Lakévio

  • H comme héros

    - Moi, dit-il, je serais Dédé-la-Terreur. Aujourd'hui, je vais organiser l'attaque du wagon postal. Et toi, tu serais le machiniste, d'accord? 

    - D'accord. 

    - Alors avec mon colt je vais t'obliger à arrêter ta locomotive et puis je vais t'attacher les pieds et les mains avec mon lasso. 

    - Bon... Mais avant que tu me ficelles comme un saucisson, si on mangeait une petite mousse au chocolat? 

    Elle n'attend pas la réponse pour ouvrir son frigo et retourne au jardin avec deux coupes. Ce gamin va la rendre gaga avec ses jeux mais elle le trouve attendrissant, dans ce vieux veston de son défunt mari, avec son revolver en plastique jaune et son chapeau mou qui lui tombe sur les yeux. Il chevauche la tondeuse à gazon en tenant des rênes imaginaires et en donnant de fougueux coups d'éperons. 

    - Là! s'écrie-t-elle. Là! une coulée de boue! Le train va dérailler! 

    C'est plus fort qu'elle; elle ne peut s'empêcher, chaque mercredi après-midi, d'apporter son grain de sel au scénario qu'il a imaginé. 

    *** 

    texte de fiction 

    la consigne était

    - de créer deux personnages dont le nom serait Dédé-la-Terreur et Joséphine Delacour 

    - d'utiliser les mots saucisson, chapeau et tondeuse à gazon 

    fiction,jeu

  • H comme Histoire et hüzün

    "Dans un Istanbul écartelé entre culture traditionnelle et culture occidentale, entre une petite poignée de personnes extrêmement riches et des quartiers périphériques où vivent des millions de pauvres, dans une ville perpétuellement exposée aux vagues migratoires et structurellement divisée, personne, en cent cinquante ans, n'a vraiment pu se sentir pleinement chez lui." 

    Orhan Pamuk, Istanbul, Folio 4798, 2007, p.170 
    traduit par S. Demirel, V. Gay-Aksoy et JF Pérouse 

    Pamuk parle de la période pendant laquelle le pays est passé de la culture ottomane à la république mais il me semble que celui qui a dit "l'histoire se répète" en trouve ici un nouvel exemple. (1) 

    "Dans mon enfance et ma jeunesse (2), les riches Stambouliotes ayant gagné de l'argent grâce à leur créativité ou leurs trouvailles commerciales, et continuant à s'enrichir selon la même logique, donnaient moins l'impression d'avoir confiance en eux que de chercher à cacher(...), à protéger cette fortune qu'ils avaient acquise d'un seul coup par le passé, grâce à une opportunité bien exploitée et à leurs relations avec l'Etat et la bureaucratie entretenues à coups de pots-de-vin."

    idem, p.287

    histoire,littérature

    source de l'image et info
    http://www.folio-lesite.fr/Catalogue/Folio/Folio/Istanbul2

    (1) il y en a une qui est attestée de Paul Morand et une autre de Marx. 

    (2) Pamuk est né en 1952

  • H comme horizons wallons

    L'Adrienne a emmené sa mère et monsieur neveu à la découverte du parc et du château de Beloeil, domaine des princes de Ligne.

    Beloeil 2016-07-07 (1) copie.JPG

    dans le bâtiment à droite, un resto-tea room-snack

    Beloeil 2016-07-07 (4).JPG

    et sa fenêtre des toilettes avec vue tongue-out 

    Beloeil 2016-07-07 (6).JPG

    et voilà deux personnes que vous allez commencer à bien connaître cool 

    Beloeil 2016-07-07 (7).JPG

    des horizons formés de beaucoup d'arbres et de plans d'eau, on ne s'en lasse pas...

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    bref, l'Adrienne y a pris une cinquantaine de photos...

    wink

     

     

  • H comme Hong Kong

    Quand il a dit à ses parents qu'il voulait étudier la sinologie, ils ont manqué d'enthousiasme. A quoi pourrait mener ce genre d'études? se demandait sa mère. D'où lui vient cette idée bizarre? s'interrogeait le père.

    Mais ils ont laissé faire...

    Quand il a été question, deux ans plus tard, d'effectuer un stage de longue durée en Chine, les parents ont manqué d'enthousiasme. C'est tout de même très loin, la Chine, a dit sa mère. Je me demande comment tu vas te débrouiller, là-bas, a dit le père.

    Mais ils ont dû s'incliner et ont installé skype...

    Quand il est revenu de Chine, il avait une fiancée là-bas qui n'attendait que son retour, et des projets plein la tête pour une vie de l'autre côté de la Grande Muraille. Les parents n'ont plus rien dit.

    Ils ont pris l'avion pour aller voir les lieux, les gens, l'appartement, la famille.

    - Ce n'est pas si loin que ça, la Chine, a dit la mère.

    - Il se débrouille bien, là-bas, a dit le père.

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     pour A 1000 mains 

  • H comme horrible

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    De l'horrible danger de la lecture...

    ***

    jeu 17 chez La Licorne

    (le texte illustrant une photo choisie
    doit comporter un titre célèbre)

    et

    semaine 19 chez Le Hibou

    (thème doublement illustré:
    monument de pierre et monument littéraire)

    ***

    et pour ceux qui voudraient relire ce toujours fringant Voltaire...

  • H comme hippocampe

    Un jour que mini-Adrienne devait faire un exposé à l'école primaire, elle a choisi de parler de l'hippocampe. Son titre était: "L'hippocampe ou cheval marin". 

    Voilà un épisode que j'avais complètement oublié et qui m'est revenu en mémoire en visitant l'Aquarium d'Ostende.

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    Où je suis tombée en arrêt, fascinée par ce petit hippocampe qui se déplaçait du haut en bas, par légers frétillements. 

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    Il fait à peine quelques centimètres. Pourtant, à l'époque de mon exposé, ce sont les mots "cheval marin" qui m'avaient attirée. Le cheval occupait une des premières places dans mon cœur de petite fille. En rentrant de l'école, je ne manquais jamais de caresser le museau de celui qui était dans une prairie non loin de chez moi. Un jour que son propriétaire m'a vue, il m'a soupçonnée de lui donner des friandises, ce qui était faux. 

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    Ces drôles de sachets, c'est la nursery où les petits sont à l'abri des prédateurs.

     

     

  • H comme humanité

    Il y a un tas d'arguments pour les rejeter à la mer. 

    Les arguments économiques, d'abord. 

    Les arguments plus ou moins ouvertement racistes, ensuite.  

    Et toutes ces peurs qui nous sont inoculées... 

    ***

    Il n'y a qu'un seul argument 

    pour les accueillir, 

    c'est l'humanité. 

     

    http://www.amnesty.be/je-veux-agir/agir-en-ligne/signer-en-ligne/article/forteresse-europe-changeons-de-cap-en-2016

  • H comme homochronie

    Quand voisine Casque d'Or remonte ses volets, l'Adrienne ouvre son piano

    c'est l'homochronie de huit heures

    Quand sa mère l'appelle au téléphone juste au moment où les pâtes sont al dente 

    c'est l'homochronie habituelle

    Quand deux élèves sont "malades" précisément pendant cette demi-journée où ils ont un grand test de français

    c'est l'homochronie honni-soit-qui-mal-y-pense  

    Quand l'amie Anne l'appelle au téléphone à l'instant où l'Adrienne se demande comment elle va

    c'est l'homochronie heureux hasard

    Quand 40 000 personnes s'inscrivent pour participer ensemble à la journée du végétarisme

    c'est l'homochronie herbivore

    Quand le soleil se couche et l'Adrienne aussi

    c'est l'homochronie horizontale

    ***

    jeu, prof, école, élève, vie quotidienne
     

    si après ces exemples

    le mot homochronie

    n'entre pas encore dans les dictionnaires

    c'est qu'ils sont mal faits

    tongue-out

     

  • H comme hédonisme

    "L'hédonisme, c'est le pur plaisir d'exister". 

    Voilà. 

    Fan de Michel Onfray, depuis de nombreuses années.

    pour ceux qui auraient 50 minutes de disponibilité 

    wink 

    (on peut aussi aller vers la 37e minute pour entendre la définition ci-dessus)

  • H comme Herman

    Voilà deux ans que l'Adrienne habite la maison de tante Fé.

    Voilà deux ans qu'elle reçoit dans sa boite aux lettres toute sorte de courrier pour Herman, pour Filip, pour Frederik et pour Caroline.

    Il y a plus de trois ans que Caroline et Frederik n'y habitent plus.

    Il y a plus de cinq ans que Filip n'y habite plus.

    Herman en a été propriétaire mais n'y a jamais habité.

    ***

    Voilà deux ans que l'Adrienne transmet scrupuleusement tout ce courrier.

    Les invitations à des réceptions, à des vernissages, à des défilés de mode sont transmises à Herman et à son épouse.

    Les promotions pour les propriétaires de garage, pour les vols de Brussels Airlines, pour une grande marque de vêtements sont transmises à Frederik et Caroline.

    Le courrier de la Croix-Bleue de Belgique est transmis à Filip.

    ***

    Ne vous semble-t-il pas qu'à partir du premier janvier 

    l'Adrienne peut jeter tout ce courrier 

    au panier?

     

  • H comme hyperbole

    Tout est grand, tout est immense, tout se doit d'être à la hauteur du passé royal de la ville.

    La plupart des cages d'escaliers - même celles d'un "simple" condominio comme celui où était situé mon B&B - respirent cet air de faste et de grandeur et montrent bien que l'espace, rare et cher dans une ville aussi surpeuplée, est un véritable luxe depuis des siècles.

     Torino 2015-4 006 - kopie.JPG

      une des volées d'escaliers du Museo Egizio

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    une de celles du palazzo Madama

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    escaliers qui ne mènent à "rien", si ce n'est à un balcon donnant sur la place et à la grande salle dite "du Sénat"
    (qui ne l'a été que pendant 3 ans, de 1861 à 1864)

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    bref, un bel endroit pour y boire un cappuccino
    (même pas plus cher qu'ailleurs)

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    et on y est tout seul!

    (ils sont fous ces Turinois Langue tirée)

  • H comme Henning

    Jusqu'à présent, je n'avais lu de lui que Les Chaussures italiennes. Le livre m'avait énormément plu mais j'avais peur de me lancer dans ses romans policiers que je croyais très noirs. Du genre à me filer des cauchemars pour un demi-siècle Langue tirée.

    Mercredi dernier, j'ai rapporté ceci de la bibliothèque:

    Henning - kopie.JPG

    trois d'un coup!

     (si jamais je réussis à les lire, j'en reparlerai...)

    ***

    pour le projet 52 de Ma' - thème: art

    et en hommage à l'art d'écrire de Henning Mankell (1948-2015)

     http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

     

  • H comme heures intimes

    Quand on vient de l’extérieur, il y a une marche à monter. Le plus souvent, on vient de l’intérieur et il faut en descendre une. Les marches sont hautes, en pierre bleue légèrement veinée de blanc, polie par les ans – la maison date de 1912 – et par le savon noir.

    On pourrait dire que c’est un réduit : ferait-il deux mètres carrés ? Probablement pas. Le plafond est élevé. Il y a une petite fenêtre trop haut placée pour qu’on puisse voir de l’extérieur ou de l’intérieur et la moitié supérieure de la porte est à claires-voies. Les lattes sont posées de façon que le jour puisse entrer, pas les regards.

    Tout est peint en gris clair, les murs, le cadre de la petite fenêtre et la porte. Le sol est en ciment auquel sont mélangées toutes sortes de petites pierres de différentes couleurs.

    Il y règne été comme hiver – cette pièce n’est pas chauffée – une odeur plus ou moins insupportable de fosse d’aisances. C’est en effet là-dessus qu’une cuvette « moderne » a été installée en remplacement de la simple banquette en bois percée d’un trou rond, qu’il y avait autrefois.

    Mais il n’y a toujours pas de chasse d’eau.

     ***

    billet inspiré par la consigne 2 de François Bon

    http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4194

     

    souvenir d'enfance,françois bon,fiction

    https://www.google.be/search?q=%22how+are+you+writing+today%22&espv=2&biw=1280&bih=666&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0CAYQ_AUoAWoVChMIyaCjrZ_ixwIVyFsUCh2bRga8

  • H comme hécatombe

    Ce qui faisait la une de l'indignation des journaux régionaux, papier et télévisé, fin juillet en Bretagne, c'était ceci:

    http://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/vendee/lucon-31-arbres-abattus-pour-laisser-passer-un-convoi-exceptionnel-779121.html

    Deux semaines ont passé et ça m'énerve toujours autant.

    Vous allez me dire qu'il y a des choses pires, que des enfants meurent de malaria et que des jeunes privés d'avenir se noient dans la Méditerranée.

    C'est vrai. Mais pour moi, tout ça entre dans le même sac.

    ***

    Il parait qu'"on" va replanter.

    Qui vivra, verra.

    Comme disait ce septuagénaire habitant le coin, lui ne le verra plus.

    http://www.franceinfo.fr/vie-quotidienne/environnement/article/vendee-31-arbres-abattus-illegalement-pour-laisser-passer-un-convoi-exceptionnel-711017

  • H comme histoire drôle

    Elle trempe son fin pinceau dans la peinture rouge et trace de mignons petits pois sur le pourtour de la feuille. D'abord un premier rang, puis un deuxième, en quinconce.

    Elle prend plaisir à le faire avec un soin minutieux, sans penser à rien d'autre qu'au dosage parfait de la gouttelette de peinture d’un beau rouge translucide.

    A côté d'elle, le bébé dort, mains ouvertes. Ses quelques cheveux lui collent au front. Ses paupières fines, presque transparentes, augmentent encore l'impression de fragilité qui se dégage de lui.

    La famille a fait toute une histoire au sujet de son prénom.

    - Ils finiront par s'habituer et l'accepter, se dit-elle, en rajoutant un troisième rang de pointillés carmin.

    Depuis qu'elle l'allaite, elle ne cesse de maigrir. Sa belle-mère s'en inquiète pour l'enfant, sa mère pour son ménage. Son mari la trouvera-t-il encore séduisante, quand il reviendra et la trouvera réduite à un sac d'os?

    Elle seule n'a aucune inquiétude pour sa santé ni pour celle de son fils.

    Les jours passent, s'étirent à l'infini, les nuits aussi, rien ne vient rompre la monotonie des levers et des courtes siestes, des bains, des couches et des tétées. Ses quelques visiteuses s'accordent à dire qu'elle fait tout cela avec grand naturel, alors que c'est son premier né.

    Feuille après feuille, elle décore ce qui deviendra un bel album de photos pour le bébé.

    Personne n’a jamais remarqué qu’en séchant, la peinture rouge perd toute sa clarté et sa brillance.

    Personne n’a jamais remarqué les traces laissées au pli du coude par la seringue.