I

  • I comme imaginons...

    jeu,parodie,pastiche,poème,poésie

    Imaginons, imaginons 

     

    Imaginons, imaginons 

    Que je verrais de ma fenêtre 

    Mûrir des fraises et du Chinon 

    Pour la santé et le bien-être. 

     

    Je verrais des tartes à la crème 

    Qui pousseraient au bord des routes; 

    Les rois écriraient des poèmes 

    Pour la paix à Homs, à Beyrouth. 

     

    Les parents seraient un peu fous 

    Et feraient de jolies bêtises, 

    Les enfants un peu casse-cou 

    Iraient aux pommes et aux cerises. 

     

    jeu,parodie,pastiche,poème,poésie

    La pluie tomberait en flocons 

    Sous un tiède soleil de cuivre, 

    Je m'install'rais sur mon balcon, 

    Partout il y aurait des livres. 

     

    Mon jardin serait plein de roses, 

    Je ne verrais pas de mendiants, 

    Finies les fins de mois moroses, 

    Aucun ne vivrait d'expédients. 

     

    Les animaux seraient en paix 

    Et les hommes peut-être aussi. 

    Je verrais partout du respect 

    Au lieu de ces mal dégrossis. 

    jeu,parodie,pastiche,poème,poésie

     

    Imaginons, imaginons, 

    De ma fenêtre je verrais 

    Tout un univers bien mignon 

    Que le soleil éclairerait. 

     

    Les hommes sans plus de problèmes 

    Voyageraient par-ci, par-là; 

    Les rois écriraient des poèmes, 

    L'hiver neigeraient des lilas. 

    *** 

    consigne de La petite fabrique d'écriture et pastiche d'un poème de Pierre Gamarra 

    malheureusement refusé à la petite fabrique parce que la consigne était "par la fenêtre je vois" et non pas "je verrais

    tongue-out

  • I comme incipit impudique

    "Mathilde vient de filer, j'en suis certaine. Ses flacons, ses huiles, ses poudres, son parfum, tout s'est évaporé à l'instant. Les volets sont baissés. Sur les murs, le plafond, la vasque de l'évier et la baignoire immense creusée à même le sol pour lui donner encore plus d'ampleur, les tesselles de mosaïque turquoise scintillent comme poudrées d'or. 

    - Vous êtes au courant bien sûr, glisse Charles de Ripsens. Vous savez de qui votre grand-mère était la maîtresse..." 

    isabelle spaak.jpg

    source de la photo et article Le Monde 

    Suis-je la seule à voir un déballage impudique dans cette investigation familiale et dans cet étalage du passé d'une grand-mère et d'une mère? Passé que l'auteur a fouillé par le menu, au travers de lettres, de photos et de retours sur les lieux d'origine. Impudique et déplacé, surtout si la mère et la grand-mère ont tout fait pour garder intime ce qui devait l'être? 

    Outre celle du Monde, la critique du Figaro et de Télérama vont dans le même sens, et je serais d'accord s'il s'agissait d'une oeuvre purement littéraire, de personnages de fiction. 

    Mais ce n'est pas le cas

    Première partie, la vie et les amours de la grand-mère Mathilde: 

    "Depuis des mois, j'épluche son courrier et les photographies en vrac dans une cassette à bijoux en métal blindé. 

    Je me suis acheté une loupe pour scruter ses traits, le détail de ses toilettes, le visage des amis qui posaient avec elle." (p.20) 

    Puis on passe aux amours d'Anny, la mère: 

    "Bouclé dans un attaché-case de cuir roux, le courrier envoyé par Guillaume à ma mère empeste le moisi. 

    Plusieurs mois m'ont été nécessaires pour en venir à bout. Ouvrir les enveloppes, lire leur contenu, fustiger mon impudeur, ranger l'ensemble, me promettre de ne plus y toucher, retomber." (p.110) 

    Si l'auteure s'accorde à dire que lire les lettres d'amour de sa mère est impudique, il me semble qu'en faire la base d'un roman et en faire des citations l'est encore beaucoup plus. 

    "Après trente années de vie commune, un foyer plein de tendresse, de rires, de charme, de romans pris pour la réalité, de jardins multicolores, d'arias de Mozart, de vacances en Corse et d'une tentative de nouveau départ en Amérique, leur belle histoire d'amour s'achevait en mauvais fait divers." (p.166) 

     

     

  • I comme incipit

    streuvels.jpg

    La grange au double portail largement ouvert ressemble à un théâtre où, dans la profondeur béante, à un rythme accéléré, une pièce est jouée par des miséreux. Le bâtiment se dresse tout seul dans des plaines désertes; un théâtre sans spectateurs et des comédiens s'activant derrière un voile de buée qui embrume tout. Chaque homme remplit son rôle, - actions qui se fondent comme un outil bien huilé tournant à vide - un spectacle qui se déroule en dehors du temps et de l'espace. 

    (traduction de l'Adrienne) 

    *** 

    Het leven en de dood in den ast (1926)

    De schuur met de dubbele poortluiken breed open, gelijkt een tooneel waar, in de gapende diepte, door havelooze mannen, in haastig tempo, een spel wordt opgevoerd. Het gebouw staat er eenzaam op de verlatene vlakten; het tooneel zonder toeschouwers, en de spelers doende achter een sluier van watermist, die 't al omdoezeld houdt. De mannen vervullen elk zijne aangewezen rol, - handeling welke ineensluit als een geordend werktuig dat in 't ijle draait - een schouwspel dat in 't tijd- en ruimtelooze afspint. 

    (incipit de l'oeuvre de Stijn Streuvels, rééditée chez Lannoo au printemps de 2016 et gardant l'orthographe ancienne, un choix qui ne serait pas le mien mais on ne m'a pas demandé mon avis tongue-out

    Pour ceux qui lisent le néerlandais, les 20 premières pages de cette réédition ici et source de la photo avec info sur l'ouvrage ici 

    Stijn_Streuvels_en_achterkleinkinderen.jpg

    l'auteur (1871-1969) en vénérable grand-père, entouré de sa femme, de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants 

    source de la photo ici

  • I comme incroyable

    Le matin du 9 novembre, j'apprends en même temps que le gagnant des élections américaines n'est (évidemment) pas une femme et que le site canadien dédié à l'immigration a crashé. 

    La nouvelle incroyable n'est pas le résultat des élections, d'ailleurs moi non plus je n'aurais pas su choisir entre la Peste et le Choléra. 

    L'incroyable est que dans la nuit même, en voyant venir ce résultat, des tas d'Américains ont tout de suite voulu se renseigner sur les conditions d'une immigration au Canada. 

    immigration canada.jpg

    source et article (en néerlandais) 

    et la même info en français...  
    source et article dont voici un extrait: 
    "Les tendances de Google montrent la même chose. En quelques minutes, les Américains ont demandé frénétiquement au moteur de recherche comment "déménager au Canada", comme le révèle cette courbe affolante." 

    actualité

    Yes, great! 

  • I comme Ivo

    Ivo Pogorelich joue Mozart 

    Sonate pour piano n°11 en fa majeur, KV 331 

    Morceau choisi pour illustrer le thème de la semaine 41 chez le Hibou 

    légèreté 

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    légèreté des graminées et de la lumière automnale 

    jeu,hibou,musique,mozart,photo

    légèreté de la promenade et des nuages 
    légèreté au cœur pour l'amie sur la photo
    qui ces dernières semaines 
    a subi de derniers tests 
    et termine sa cure de chimio 

  • I comme incipit

    "L'aventure que je vais vous raconter par le menu ne ressemble pas mal au rêve d'un homme éveillé. J'en suis encore ébloui et étourdi tout ensemble, et la légère trépidation du wagon-lit vibrera très probablement jusqu'à demain matin dans ma colonne vertébrale. Il y a exactement treize jours que je quittais les bords de l'Oise pour aller prendre le train rapide de l'Orient à la gare de Strasbourg; et dans ces treize jours, c'est-à-dire en moins de temps qu'il n'en fallait à Mme de Sévigné pour aller de Paris à Grignan, je suis allé à Constantinople, je m'y suis promené, instruit et diverti, et j'en suis revenu sans fatigue, prêt à repartir demain si l'on veut, par la même voiture, pour Madrid ou Saint-Pétersbourg. Et notez que nous avons fait une halte de vingt-quatre heures dans cette France orientale qui s'appelle la Roumanie, assisté à l'inauguration d'un palais d'été dans les Carpathes, pris le thé avec un roi et une reine et banqueté somptueusement chez le Pignon de Bucarest. On dit avec raison que notre temps est fertile en miracles; je n'ai rien vu de plus étonnant que cette odyssée dont la poussière estompe encore mon chapeau."

    Edmond About, De Pontoise à Stamboul, éd. Hachette, 1884 

    Quel bonheur de lecture que cette plongée dans l'Europe de la fin du 19e siècle et ce voyage de rêve - voyage dont je rêve - prendre l'Orient-Express pour faire le trajet jusqu'à Istanbul... 

    Dans ces quelques lignes de l'incipit, il y a déjà (presque) tous les éléments du récit: l'émerveillement devant la rapidité et le confort du voyage, la découverte d'Istanbul et une foule de choses aussi sur les contrées traversées, à la fois si différentes et si pareilles à aujourd'hui. 

    Le voyage inaugural de l'Orient-Express a lieu en octobre 1883: la Turquie est encore l'empire ottoman, en Roumanie règne le roi Carol Ier, qui fête l'inauguration de son château de Sinaïa lors du passage du train dans la région, la Hongrie fait partie de l'empire austro-hongrois, la Bulgarie se libère difficilement de cinq siècles d'emprise turque...

    Edmond About semble bien informé sur tout ce qu'il nous relate et il ne manque pas d'humour. 

    Bref, je crois bien que j'en reparlerai cool 

    wagons-lits.jpg

    source et info ici 

    La Compagnie des Wagons-Lits est fondée par le Belge Georges Nagelmackers (né à Liège en 1845) qui en a eu l'idée et a tout mis en oeuvre pour la réaliser.

  • I comme incipit

    La maison est petite, il y a trop peu de place pour les livres, ils sont entassés dans des boites - ça permet d'en mettre plus sur moins d'espace - et la mort dans l'âme j'en ai donné quelques-uns, par-ci, par-là... 

    Puis, avec ce qu'on me connaît comme "suite dans les idées", j'arrive dans une ville nouvelle - Lyon, par exemple - et dès le premier jour il y a la visite obligatoire d'une librairie. 

    Le second jour aussi, d'ailleurs. 

    Pas pour acheter, me dis-je en entrant, vu que (etc. voir plus haut) mais pour le simple plaisir de voir et de manipuler des bouquins, de découvrir les nouveautés, de lire des incipits, des excipits et des pages 99 tongue-out

    Après évidemment on sort de là avec un ou deux livres qui ont été tellement irrésistibles que les bonnes résolutions n'ont pas été tenues. 

    Ce qui est le sort de la plupart des bonnes résolutions. 

    "Madera était lourd. Je l'ai saisi sous les aisselles, j'ai descendu à reculons les escaliers qui conduisaient au laboratoire. Ses pieds sautaient d'une marche à l'autre, et ces rebondissements saccadés, qui suivaient le rythme inégal de ma descente, résonnaient sèchement sous la voûte étroite. Nos ombres dansaient sur les murs. Le sang coulait encore, visqueux, qui suintait de la serviette-éponge saturée, glissait en traînées rapides sur les revers de soie, se perdait dans les plis de la veste, filets glaireux, très légèrement brillants, qu'arrêtait la moindre rugosité de l'étoffe, et qui perlaient parfois jusqu'au sol, où les gouttes explosaient en tachetures étoilées. Je l'ai déposé au bas de l'escalier, tout près de la porte du laboratoire, et je suis remonté pour prendre le rasoir et éponger les taches de sang avant qu'Otto ne revienne. Mais Otto est rentré presque en même temps que moi, par l'autre porte." 

    Georges Perec, Le Condottière, coll. Points, 2013 (incipit) 

    Une oeuvre de jeunesse de Perec qui avait été refusée à l'époque par les maisons d'édition et dont la publication est largement posthume; une histoire de faussaire écrite en 1960, il avait 24 ans. Perec est mort en 1982, le livre a été publié 30 ans plus tard. 

    condottiere.jpg

    source de l'image, info et extrait ici: 
    http://www.seuil.com/ouvrage/le-condottiere-georges-perec/9782021030532

  • I comme indiscrétion

    Il suffit d'un affichage de ce genre

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    pourtant clair, net et à hauteur du regard

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    photos prises au château d'Annevoie le 8 juillet

    et film de 1958, Stanley Donen, Indiscreet

     

  • I comme (in)justice

    Il y aura bientôt dix ans que l'Adrienne a été appelée à siéger dans un jury d'assises.

    Comme le meurtrier était un homme de "sa" ville, vous devinez la suite: elle avait eu sa plus jeune fille en classe.

    L'Adrienne comptait bien sur cet argument pour être dispensée de corvée: comment juger avec équité si on connait de si près une des personnes intéressées? Voilà l'argument qu'elle a utilisé face aux juges et aux avocats.

    Mais c'est le contraire qui a eu lieu: ayant apprécié sa franchise et ses scrupules, c'est précisément elle que le "comité de sélection" voulait voir figurer parmi les membres du jury.

    L'Adrienne a donc dû sécher les cours pendant une semaine et décider si cet homme qui avait tué sa femme était coupable d'avoir agi avec préméditation.

    Aujourd'hui encore elle se demande si elle a bien fait...

    ***

    Dernièrement, ses deux filles ont mis une petite annonce dans le journal pour annoncer le décès de celui qui a tué leur mère.

    Comment vit-on après un tel drame?

  • I comme ineffable affabilité

    Quand on voyage en Finlande, on a l'impression d'être dans un pays véritablement bilingue: l'étiquetage dans les supermarchés, par exemple, est en finnois et en suédois. Le nom des rues aussi et si vous écrivez à vos amis finlandais, votre lettre arrivera sans encombres, que vous ayez opté pour l'adresse en finnois (katu) ou en suédois (gatan).

    Vous ne manquez pas de trouver ça admirable.

    Puis vous apprenez que les "suédophones" de Finlande ne forment qu'une toute petite minorité d'à peine 6% et vous admirez encore plus, que pour une tranche aussi infime de la population, on fasse de tels coûts et de tels efforts d'affabilité.

    Enfin, votre admiration devient émerveillement quand vous lisez l'histoire de ce pays: quoi, nul ressentiment envers celui qui a toujours été l'envahisseur? le "colonisateur"? nul rejet de la langue "de l'ennemi"?

    Finland Lempisaari Naantali.jpg

    source wikipedia 

    merci à Ralf et Pirkko
    qui m'ont fait découvrir leur pays aux mille lacs
    "et aux millions de moustiques"

    cool

     

  • I comme inspiration chez Tania

    On lui avait certifié qu'il y avait des sirènes. 

    Qu'on connaissait l'endroit. 

    Qu'on pourrait l'y amener. 

    Bien sûr, ça coûterait de l'argent. 

    Il faut bien vivre, n'est-ce pas? 

    Bien sûr, il faudrait l'attacher au mât. 

    A cause du chant des sirènes, n'est-ce pas? 

    Bien sûr, eux, les marins, se mettraient de bons bouchons d'oreilles. 

    Pour la même raison, n'est-ce pas? 

    Tania1.jpg

    Sur un tableau d'Albert Droesbeke (1896-1929)

    toute l'info chez Tania que je remercie

  • I comme inspiration chez Lali

    A une certaine époque, ceux qui voulaient taquiner l'Adrienne lui posaient cette question:

    - Mais dis-moi, tu as combien de chats?

    Comme elle maîtrise très mal l'art du mensonge - sauf peut-être celui par omission - elle rougissait et balbutiait:

    - Euh... quatorze... je pense...

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    Elle ajoutait "je pense" au cas où l'une de ses chattes aurait donné naissance, entre-temps, à une nouvelle nichée.

    La réponse - pour une raison inconnue d'elle jusqu'à ce jour - faisait toujours beaucoup rire son auditoire:

    - Quatorze chats! hahahahahahaha!

    On s'esclaffait, on se tordait, on en avait des larmes aux yeux et des crampes dans les muscles abdominaux... 

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    probablement parce qu'on s'imaginait ce tableau-ci... 

    Lali 464 

    La seule fois où on n'a pas ri, c'est quand elle a répondu "Vingt!" d'un air de défi. Personne n'a voulu le croire tongue-out.

    C'était pourtant l'exacte vérité: quatre matous castrés et trois chattes lubriques qui avaient chacune une nombreuse progéniture.

    La blague n'a pris fin que le jour où l'Adrienne a répondu:

    - Des chats? J'en ai deux.

    Deux chats, ça ne faisait plus rire personne et tout le monde était très déçu.

    C'était pourtant un duo très comique.

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    Pipo et Moussa lisant le journal

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    Pipo et Moussa dormant comme des bûches 

     

  • I comme Icare

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    © Ada

    http://www.bricabook.fr/2016/01/atelier-decriture-204e/

    Quand il lui a dit qu'il logeait au Harbour Hotel, elle a compris qu'elle touchait enfin au but.

    Le Harbour Hotel, le lieu de rendez-vous des armateurs et des agents maritimes: tout le gratin du port s'y retrouvait, c'était bien connu.

    C'est avec joie et ivresse qu'elle est montée avec lui jusqu'à sa suite à l'étage supérieur. Qu'elle s'est grisée au champagne et à la vue de l'estuaire et du bras de mer au coucher du soleil. Qu'elle s'est donnée à lui.

    Le lendemain matin, l'estuaire et le bras de mer baignaient dans une douce lumière bleutée. Elle était seule dans le lit défait.

    Il ne lui avait laissé que la note à payer.

     

     

  • I comme imitateur

    En allant chez ma mère, l'autre jour, je tombe sur un artiste en plein travail.

    On était pourtant dimanche tongue-out.

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    - Vous permettez que je prenne une photo? lui dis-je alors que lui prenait du recul pour admirer son oeuvre.

    - Allez-y, répond-il, mais ce n'est pas terminé...

    - Oh! ça, je le vois bien! Je repasserai et j'en ferai une autre quand vous aurez fini!

    Mais ce que j'aurais vraiment voulu lui dire, c'est ceci:

    - Tiens! vous êtes fan de Pénélope Bagieu?

    http://www.penelope-jolicoeur.com/page/5/

  • I comme illuminations

    Un beau projet ayant comme nom "Luci d'artista", Lumières d'artiste, rendait les artères principales de la ville particulièrement agréables dès le coucher du soleil, c'est-à-dire déjà à 17.30 h.

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    via Roma, Planetario

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    piazza San Carlo, Regno dei fiori: nido cosmico de tutte le anime

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    Galleria Subalpina, Migrazione

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    via Accademia delle Scienze, Ancora una volta

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    via Pietro Micca et via Cernaia, Volo su...

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    via Garibaldi, Lui e l'arte di andare nel bosco

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    une longue histoire que je n'ai pas lue jusqu'au bout

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    parce qu'elle m'aurait valu un torticolis

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    piazza Palazzo di Città, My noon

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    via San Francesco d'Assisi, Il Mito

    ***

    Les illuminations seront encore visibles jusqu'au 10 janvier

    Toute l'info ici:

    http://www.contemporarytorinopiemonte.it/

  • I comme impressions d'automne

    Ce n'est pas "Un dimanche à la campagne".

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    Mais on a tout de même de grands projets jardiniers Cool

    ***

    Ce n'est pas encore le grand flamboiement de l'automne.

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    Mais c'est tout de même une fort jolie saison.

     

  • I comme illogisme

    Surtout, disait-elle, ne jamais rien accepter d’un homme qui t’offre quelque chose, même s’il a l’air gentil, et surtout, surtout ne jamais le suivre, jamais jamais il ne faut suivre un inconnu ! et puis voilà qu’elle se tourne vers la petite, qu’elle lui désigne Bob, ou Robert, d’abord on avait dit « c’est Robert » et maintenant tout le monde l’appelait Bob, elle lui montre Bob et elle lui dit : Bob doit aller en ville acheter des cigarettes mais il ne connaît pas bien le chemin, va donc avec lui ! et là elle n’avait pas compris, suivre un homme qu’elle ne connaissait pas ? où donc grand-mère avait-elle la tête ! et l’envoyer en ville, elle qui n’est jamais allée à pied plus loin que l’école qui se trouve en bas de la rue et l’autre grand-mère une rue plus loin ? Mais je ne veux pas ! dit-elle à grand-mère tout en ayant peur de faire de la peine à ce Bob qu’elle ne connaît pas et qui est là à écouter sans comprendre, forcément il ne parle que l’anglais – comment prendra-t-il ce refus ? Mais non, c’est la peur qui est la plus forte, la peur inoculée et plus forte que toute son habituelle obéissance de petite fille de sept ans.

    ***

    inspiré par l'atelier d'été de François Bon, consigne n°3

    http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4197

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    photo prise dans ma ville, 1er novembre 2014

  • I comme impressions ostendaises

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    c'est l'aurore aux doigts de rose dont parlait Homère
    (le plus beau moment de la journée)

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    c'est avoir la salle du petit déjeuner pour soi seule à huit heures du matin
    (alors que l'hôtel est complet)

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     ce sont des commerçants qui ne savent plus en quelle langue s'adresser au touriste
    (mais pas en français)

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    ce sont les rares villas 1900 échappées aux promoteurs
    (et qui maintenant valent des fortunes)

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    ce sont des promoteurs jamais en peine d'investir de nouveaux terrains
    (Visserijdok - quai de la pêche - Vuurtorenwijk - quartier du phare)

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    c'est partout la preuve que nous sommes au pays d'Ensor et des surréalistes
    (il suffit de lever les yeux)

    Oostende 2015 066 - kopie.JPG

    c'est le détail qui fait tout
    (et qui fait que j'aime)

    ***

    photos prises à Ostende du 5 au 7 août 

  • I comme inventaire

    - Il vous reste de la place pour ce soir, pour une personne?

    La dame semble réfléchir et vous jauger, l'air sévère:

    - On va voir si on peut vous arranger ça...

    Vous traversez un restaurant vide et arrivez sur une terrasse vide. On vous montre à quelle table vous installer. Sans un mot. Comme une faveur accordée à contre-coeur. Quand vous sortez de là une heure plus tard, le restaurant est toujours aussi vide et il n'y a que trois autres personnes en terrasse.

    ***

    - Ce petit menu, il est aussi servi le soir? demande l'Adrienne, qui a l'habitude de voir que les menus meilleur marché ne sont servis qu'à déjeuner.

    Haussement d'épaules:

    - Bin évidemment! sinon ça serait pas affiché hein!!!

    ***

    Placardé à la porte du restaurant:

    "Vu la chaleur, le restaurant ouvrira une demi-heure plus tard." 

    ***

    A la billetterie du château de Grignan:

    - La visite libre est à cinq euro et la visite guidée à six euro. Avec la visite libre il y a trois pièces que vous ne pouvez pas voir. Vous sortez ici sur la droite puis vous [... brouhaha énorme sous la salle voûtée, l'Adrienne ne capte plus rien de ce que la dame marmonne...]

    - Pardon? Je n'ai pas bien compris...

    - Quoi? coupe la dame, excédée, vous ne voulez quand même pas que je recommence depuis le début?

    ***

    - Bonsoir! Il vous reste une table pour une personne?

    - Dehors ou dedans?

    - Je préfère dedans, si c'est possible...

    - Là? près de la porte? mais ne venez pas me dire après que vous n'êtes pas bien!

    ***

     on s'arrête là
    l'exhaustivité serait lassante

     voyage,france

     et ici, on était bien
    chez une gentille dame
    belge
    Cool

  • I comme inspiration

    L'excuse que Madame déteste, quand ils sont à mordiller leur stylo devant la page blanche, c'est: "Je n'ai pas d'inspiration."

    Parce que jamais il n'est nécessaire d'en avoir: les consignes d'écriture ne demandent jamais d'inventer, d'imaginer, de créer à partir de rien.

    Mais lundi dernier, le tout récent orphelin de père (1) rêvassait et n'avançait pas dans son travail.

    Madame est allée prendre son stylo noir et a commencé à écrire à sa place:

    Ma mère aime raconter que quand j'étais petit, dès que j'ai su lire, je dévorais des livres très sérieux sur l'Egypte ancienne et qu'après ma lecture j'étais capable de raconter de mémoire ce que j'avais lu, tellement ça me passionnait...

    Ce déclencheur a suffi pour lui faire écrire deux pages.

    Après le cours, il vient voir Madame:

    - Mais comment vous le saviez? Des tas de souvenirs me sont revenus! C'est super!

    Et il se met à entretenir Madame de la hauteur de la pyramide de Gizeh et des moeurs des Aztèques, ces autres bâtisseurs de pyramides.

    Ils sauront de quoi parler à l'examen oral, la semaine prochaine, ces deux là Cool

    (1) http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2015/06/06/e-comme-enumeration-8451200.html

  • I comme Iris

    Par un heureux hasard, le week-end de la fête des Mères coïncidait avec la fête de l'Iris, de sorte que certains lieux bruxellois étaient exceptionnellement accessibles au public.

    A condition de s'inscrire à l'avance, évidemment.

    C'est ainsi que l'Adrienne et sa mère se sont promenées dans les luxueux salons du Cercle Gaulois, bien caché dans le parc de Bruxelles, derrière le théâtre du Parc.

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    et ça, vous savez ce que c'est?

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  • I comme Indridason

    C'est sur le conseil de quelques blogs spécialisés en lecture que je me suis décidée à emprunter deux ou trois volumes de la série du commissaire Erlandur, le personnage créé par l'auteur islandais Arnaldur Indridason.

    Dépaysement garanti, ne serait-ce que par l'étrangeté des noms et prénoms parmi lesquels il n'est pas toujours évident de savoir immédiatement s'il s'agit d'un homme ou d'une femme. Ösp, par exemple. Ou Sindri. Et quand on croit avoir trouvé une "règle", Arnaldur, Erlandur, Sigurdur, Gudlaugur sont des hommes donc Valgerdur doit en être un aussi? On constate qu'on se trompe. Il n'y a pas de règles.

    J'ai ressenti ce que la plupart de mes élèves éprouvent quand je leur fais lire un livre en français: la difficulté de retenir ces noms aux sonorités inconnues, au point d'avoir complètement oublié, deux chapitres plus loin, qui était cette Valgerdur. Et même oublié qu'il s'agissait d'une femme. Mais peut-être étais-je trop fatiguée Langue tirée

    En effet, le tort que j'ai eu, c'est de lire ces histoires chapitre par chapitre avant de m'endormir. Résultat: j'ai eu des nuits peuplées d'enfants qui se perdent et meurent ensevelis dans la neige, de femmes battues par leur mari, de jeunes toxicomanes prêts à tout pour leur shoot, y compris la plus vile prostitution. 

    Qu'Erlandur enquête dans un hôtel, se promène dans les rues de Reykjavik ou fasse un tour en province, on a l'impression que l'Islande n'est peuplée que de couples qui se déchirent, de parents cruels, de fratries qui se haïssent, d'ivrognes et d'héroïnomanes qui abandonnent leurs enfants. Qu'ils sont prisonniers de leur île.

    Mais les récits sont denses, forts, bien menés, bien construits. Enquête et histoire personnelle se croisent sans cesse. Le commissaire se débat dans les complexités de sa propre existence tout comme les autres personnages. Tous sont poursuivis par leur passé, par des événements de leur enfance et ses blessures. 

    On est ému.

    On en redemande.

    Et on espère que parmi les 300 000 Islandais il s'en trouve quelques-uns à vivre en harmonie Cool

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  • I comme il y a bien longtemps...

     

    jeu,fiction,incipit

    Il y a bien longtemps, dans la bonne ville de Stanhill, vivaient une femme osseuse prénommée Hilda et son chat qu’elle appelait « le chat ».

    - Stanhill ? Pourquoi Stanhill ? Pourquoi pas un nom de chez nous, bien reconnaissable, bien flamand ? Tiens, Damme, par exemple !
    - Damme ? Non, pas possible, c’est déjà pris par Charles De Coster.
    - Bruges, alors ? Dans la bonne ville de Bruges ?

    Il y a bien longtemps, dans la bonne ville de Bruges, vivaient une femme osseuse prénommée Hilda et son chat qu’elle appelait « le chat ».

    - Osseuse ? Pourquoi osseuse ? Elle m’est tout de suite antipathique, ton Hilda. D’ailleurs, toutes les Hilda que j’ai connues étaient plutôt bien en chair.
    - Tu n’en as connu qu’une seule, non ?
    - C’est possible, mais en tout cas elle pesait plus de quatre-vingts kilos !

    Il y a bien longtemps, dans la bonne ville de Bruges, vivaient une femme grassouillette prénommée Hilda et son chat qu’elle appelait « le chat ».

    - Quelle idée d’appeler son chat le chat ! Personne n’aurait cette idée-là ! Ce n’est pas crédible !
    - C’est pourtant ce qu’on fait, quand on l’appelle Pussycat ou Poes ou Minou…
    - Et bien alors appelle-le Minou. Ou prends un chien, tiens ! Hilda avait un caniche, tu te souviens ?

    Il y a bien longtemps, dans la bonne ville de Bruges, vivaient une femme grassouillette prénommée Hilda et son chien qu’elle appelait César.

    - Voilà qui est beaucoup mieux ! Ça au moins, c’est vraisemblable.

    ***

    Jeux d'écriture basés sur des incipits connus: 
    http://fr.calameo.com/read/00088815863c655c3af1e

    ***

    la photo n'a pas été prise à Bruges
    mais à Louvain
    Langue tirée

  • I comme illuminations

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    - Ah! tu as oublié d'enlever ta guirlande lumineuse! me dit ma Tantine.

    On était à la mi-janvier et cela suppose que la déco de Noël ait disparu de la maison.

    - Euh..., dis-je, en fait je comptais la laisser encore tout le mois, j'aime cette lumière douce, je l'allume tous les matins...

    Elle n'a pas insisté, pas commenté, mais il y a des silences qui en disent long Langue tirée

    ***

    Bientôt nous serons la mi-février. Et vous savez quoi?

    Ma guirlande lumineuse est toujours là.

    Je l'enlèverai za Pâques... ou za la Trinité!

    https://www.youtube.com/watch?v=5Bi_V9z6H7Y

  • I comme inventaire

    Inventaire de tous les vieux habits qui m'envahissent
    - les miens et d'autres -

    avec les souvenirs qui s'y rattachent

    Hubert Haddad, Le nouveau magasin d'écriture, Zulma, 2006, page 94

    ***

    Quatre ou cinq tenues de jogging (veste et pantalon), bleues pour la plupart, héritées de mon frère quand il avait entre 14 et 16 ans et qu'il en a voulu de plus seyantes.

    Une demi-douzaine de T-shirts rouges hérités du même et au même âge, soi-disant devenus trop petits pour sa carrure de footballeur.

    Les tabliers de ma mère et de ma grand-mère. Lors du déménagement, j'en ai rempli une boîte.

    Deux manteaux de ma mère. Selon elle, indémodables. C'est sans doute pourquoi elle s'en est acheté des neufs.

    Une écharpe de laine blanc cassé, tricotée et portée par ma grand-mère, il y a environ soixante-cinq ans. Portée par moi pendant plus de trente ans. Aujourd'hui trouée, à la grande joie de ma mère qui n'a jamais cessé de me dire que cette écharpe était une horreur et que je devais cesser de la mettre.

    Des chapeaux. Un chapeau noir et plat de ma grand-mère. Des chapeaux melons de mon grand-père. Un beau feutre noir de mon père. Un "chapeau boule" de mon arrière-grand-père.

    Une jupe, une blouse et un pull de belle-soeur aînée, morte dans un accident de voiture à 43 ans.

    Des mouchoirs de mon père. Je conserve même ceux qui sont troués.

    Ma robe de mariée. No comment. Ainsi que les sandales blanches portées à la même occasion et que je n'ai pas usées, vu qu'elles me faisaient horriblement mal aux pieds.

    Ma robe de fiançailles. Une petite robe en coton fleuri qui ne m'avait pas coûté 300 francs belges de l'époque et que ma future belle-mère avait trouvée franchement minable. Ce qu'elle était, d'ailleurs Langue tirée. Elle en blâmait ma mère. Ses trois filles à elle avaient eu droit à une jolie robe en soie pour leurs fiançailles, me disait-elle.

    Une robe-tunique en gros coton, cousue par Rosemund, l'épouse de Muanza-qui-ne-s'appelle-pas-Muanza, à rayures verticales bleues, blanches et noires et à motif brodé à la machine autour de l'encolure.

     

    vive la famille,souvenir d'enfance

     

     photo de la marque Derby Sport

     

     

  • I comme immortalisé

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     Sur le monument aux morts
    de ma ville
    un tas de noms gravés
    sur les trois faces

    Et sur celle-ci
    le nom de mon grand-oncle
    décédé fin octobre
    1918

    Par bonheur mes deux grands-pères
    n'avaient pas encore l'âge
    de porter les armes

    Par bonheur l'autre grand-oncle
    en est revenu

    Mais quelle connerie
    la guerre

    http://www.forumdesimages.fr/les-films/les-programmes/quelle-connerie-la-guerre/exposition-quelle-connerie-la-guerre

     

  • I comme inspiration photographique

    - C’est une enfant si sage ! dit le grand-père du bas de la ville. Si sage ! Mais à table, quelle affaire pour qu’elle finisse son assiette !

    - On n’a jamais aucun problème avec cette petite, dit la grand-mère du haut de la ville. Elle est si obéissante ! Sauf à l’heure de la soupe. Quelle misère pour la lui faire avaler !

    Le dimanche, quand toute la famille est réunie autour de la table, que la petite soupire devant son assiette déjà froide, on la saisit rudement d’une main, on prend la soupe et la cuillère dans l’autre, on la pousse vivement dans la cave, on pose l’assiette au sol et on met le verrou à la porte.

    - Tu ne sortiras d’ici que lorsque tu auras tout mangé, c’est compris ?

    Parfois la petite pleure. Elle n’a que cinq ans, après tout. Parfois elle frappe la lourde porte de ses deux poings. Ça fait mal.

    Elle se jure solennellement que quand elle sera grande, plus jamais elle ne mangera de soupe.

    ***

    écrit pour les Impromptus littéraires
    qui proposaient cette photo

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    http://www.impromptuslitteraires.fr/dotclear/index.php

  • I comme inspiration chez Joe Krapov

    Petit dictionnaire des principaux saints bretons

    Saint Calvaire : ami de saint Pardon. Grands organisateurs de rassemblements dominicaux de coiffes et de chapeaux ronds.

    Saint Cancale : père adoptif de saint Olivier Roellinger. Collectionne des épices, des étoiles et des millionnaires.

    Saint Couesnon : frère de saint Michel pour qui il fit une folie. Sa sainteté est fortement contestée en pays breton.

    Saint Dolmen : contemporain de Saint Menhir. Inventeurs du jeu de dominos géants.

    Saints Douaniers : les patrons du Sentier.

    Saint Homard : mort en martyr sur le grill et dévoré par des barbares venus du Nord (principalement des Belges)

    Sainte Hortensia : fille d’une Nordiste (sainte Crambe Maritime) et d’un Sudiste (saint Panicault), ce qui explique qu’elle soit parfois bleue de froid et parfois rose coup de soleil.

  • I comme imitation

    Don't imitate!

    Just be you

    dit un T-shirt blanc imprimé de noir

    tout comme la cinquantaine d'autres

    qui pendent à côté

    et les quelques milliers

    répartis sur les diverses succursales

    de par le monde.

    ***

    Alors je conclus

    que même s'il ne coûte que 10 €

    pour être moi

    et n'imiter personne

    je ne l'achèterai pas.

     vie quotidienne,ça se passe comme ça

     "Don't imitate!

    Just be you"

    s'est dit Michaël Borremans

    et il a décidé

    de mettre le képi dans la cage

    et de boutonner sa vareuse

    dans le dos

    (photo prise au Palais Royal de Bruxelles)