Elle s'appelait Adrienne - Page 3

  • N comme notaire

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    Arrêtée au passage piétonnier devant le feu rouge, elle voit qu'elle a un message de sa mère: 

    je te donne mon emploi du temps aujourd'hui visite à ghislaine en bus demain matin coiffeuse samedi matin banque alimentaire au delhaize après midi chez denise et dimanche katty si tu veux me voir avant mon départ il faudra prendre rendez-vous comme chez le notaire 

    La seule différence entre sa mère et le notaire, se dit-elle en déchiffrant, c'est que lui met des points et des virgules quand il écrit... 

    ***  

    tableau et consignes chez Lakévio
    que je remercie!

  • M comme montagne

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    source photo BELGAIMAGE et article ici 

    Il s'éclaire à la bougie ou à la lampe à huile, n'a pas de douche ni d'eau chaude, son "ermitage" est un cagibi humide qui ne fait que 25 m². 

    Mais il est heureux. 

    J'en parlais ici, juste après sa sélection parmi une cinquantaine de candidats. Cet automne, il termine son premier semestre d'ermite (relatif) dans les Alpes autrichiennes et est fermement décidé à poursuivre l'expérience dès le printemps prochain. 

    Tout en apportant quelques améliorations à son logement: cuisinière au gaz, panneau solaire pour pouvoir s'éclairer avec des lampes LED, douche. 

    "Ma prière ne sera pas meilleure", argumente-t-il, "si je vis comme il y a 350 ans." Je trouve l'argumentation intéressante tongue-out

    Son ermitage finira par avoir cinq étoiles, en plus de toutes celles qu'il peut admirer dans le ciel, une fois que touristes, pèlerins et randonneurs sont repartis cool

  • L comme Livre des Baltimore

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    La canicule italienne a eu pour effet, en août dernier, que je n'ai eu aucun scrupule à passer mon temps "enfermée à lire un livre" (1) 

    J'avais emporté une dizaine de gros pavés, parmi lesquels Le livre des Baltimore. J'avais tellement aimé La vérité sur l'Affaire Harry Quebert que j'avais envie de lire d'autres œuvres de Joël Dicker. 

    On retrouve le même narrateur, Marcus Goldman. On retrouve donc aussi les Etats-Unis et sa société à la fois hypocrite et violente (2). Les deux livres sont découpés en flash-back et maintiennent un fort suspense jusqu'à la fin: enquête policière pour l'affaire Quebert, enquête sur le passé familial des Baltimore. 

    J'ai beaucoup aimé ces deux livres et ce n'est certes pas parce que l'auteur est "beau gosse" (3) vu qu'aucun des deux livres n'a mis sa photo en quatrième de couverture. 

    Je ne savais donc ni qu'il était jeune ni qu'il était suisse tongue-out Je savais juste qu'il a le talent d'écrire, de décrire finement divers milieux et de maintenir ses lecteurs en haleine, page après page.  

     *** 

    (1) quoi? rouler tous ces kilomètres pour faire ce qu'on peut faire chez soi? 

    (2) violences policières, violences dans les rapports humains en général, et en même temps un puritanisme qui fait nier ces violences...  

    (3) comme le lui reproche Télérama

    *** 

    source de la photo et lecture des premières pages ici

  • K comme Kristof

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    Un autre grand classique de tout atelier d'écriture: s'inspirer du Grand cahier d'Agota Kristof pour rédiger un texte d'où on ôte soigneusement tout ce qui ressemble à de l'affect, tout ce qui est expression d'un jugement, d'une appréciation, d'un sentiment. Des critiques du Grand cahier sont à lire ici.

    *** 

    Il marche face au vent qui s'engouffre sous son duffle-coat devenu beaucoup trop large. Il ne sait pas combien de temps il tiendra le coup. Arrivera-t-il jusqu'à la brasserie pour s'y réchauffer le cœur et le corps d'une gaufre et d'un café noir? Ou devrait-il faire demi-tour et rentrer chez lui? 

    Ces promenades sur la plage ne sont plus pour lui. Il devrait se rendre à l'évidence et ne plus sortir de chez lui sans son déambulateur. 

    *** 

    L'incipit était imposé (il marche face au vent). 

    D'autres avaient pioché "Le parc était désert", "Cette femme est un monstre d'égoïsme", "Un cri retentit dans la chaleur du matin", "Assise au milieu du bruit incessant" etc.

  • J comme japonaiseries

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    Je me demande si la notoriété de dame Sei Shonagon aurait atteint un tel retentissement sans les ateliers d'écriture. 

    Pas un, qu'il soit virtuel ou en présence réelle, qui ne fasse appel à ses Notes de chevet... 

    Vous savez bien, ces:

    • Choses désolantes
    • Choses dont on néglige souvent la fin
    • Choses que l'on méprise
    • Choses détestables
    • Choses qui font battre le cœur
    • Choses qui font naître un doux souvenir du passé
    • Choses qui égayent le cœur
    • Choses peu rassurantes
    • Choses que l'on ne peut comparer
    • Choses rares
    • Choses qu'il ne valait pas la peine de faire
    • Choses dont on n'a aucun regret
    • Choses qui paraissent agréables
    • Choses qui semblent éveiller la mélancolie
    • Choses splendides
    • Choses qui ont une grâce raffinée
    • Choses gênantes
    • Choses qui frappent de stupeur
    • Choses pénibles
    • Choses qui sont loin du terme
    • Choses qui perdent à être peintes
    • Choses qui gagnent à être peintes
    • Choses qui émeuvent profondément
    • Choses qui paraissent pitoyables
    • Choses qui donnent une impression de chaleur
    • Choses qui font honte
    • Choses sans valeur
    • Choses embarrassantes
    • Choses qui emplissent l'âme de tristesse
    • Choses qui distraient dans les moments d'ennui
    • Choses qui ne sont bonnes à rien
    • Choses qui sont les plus belles du monde
    • Choses effrayantes
    • Choses qui semblent pures
    • Choses qui paraissent malpropres
    • Choses qui semblent vulgaires
    • Choses qui remplissent d'angoisse
    • Choses ravissantes
    • Choses sans retenue
    • Choses dont le nom est effrayant

    etc, etc. 

    Bref, mardi soir on n'y a pas échappé. 

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    *** 

    les deux illustrations représentent dame Sei Shonagon et sont du domaine public
    source wikipédia 

    *** 

    Choses qu'il ne valait pas la peine de faire 

    repasser un pantalon en lin 

    se priver de chocolat sous prétexte que c'est le carême et qu'on veut se prouver qu'on est capable de faire pénitence 

    cultiver un potager à côté d'une prairie d'où les vaches affamées s'échappent régulièrement 

    donner 100 € pour un GPS qui ne sait pas où se trouve l'Italie 

  • I comme inspiration chez...

    Si vous donnez à l'Adrienne cet incipit à continuer:

    "Je n'ai peur de rien, sauf...

    Que croyez-vous qu'elle écrive? 

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    source des images ici 
    (mais on les trouve aussi ailleurs tongue-out)

    *** 

    Malheureusement, dans l'histoire il fallait utiliser une orange, un cintre ou une horloge cassée. 

    Tant pis, s'est dit l'Adrienne, je reste avec mes amis les Gaulois... 

    *** 

    Parce que franchement, vous avez envie, vous, de dévoiler vos vraies peurs? 

     

  • H comme heure

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    Ce soir l'Adrienne retourne en pays wallon pour y assister une deuxième fois à un atelier d'écriture. 

    Il y a quinze jours, chacun devait piocher une question dans le sachet qui faisait le tour de la table: "De quoi tu as peur?", "Qu'est-ce que tu attends?", "A quoi tu penses?", "Qu'est-ce qu'il y a?"... et avait trois minutes pour y répondre. 

    Pour l'Adrienne, c'était "Quelle heure est-il?" 

    C'est une question que je me pose rarement parce que je vis sans montre. La question que je me pose plutôt, c'est: quelle heure serait-il? J'aime deviner et vérifier que mon "horloge interne" fonctionne bien. Il y a toujours un clocher d'église, une enseigne de pharmacien, un fronton de gare ou tout autre moyen de le savoir. Alors on est puérilement content d'avoir visé juste. 

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    Sauf parfois la nuit, quand on n'a pas envie d'ouvrir les yeux et qu'on se demande: Quelle heure serait-il? qu'on soulève péniblement les paupières pour vérifier le réveil et qu'on aimerait s'être trompé. 

    ***

    photo 1: été 2017, une montre suisse cool 

    photo 2: mai 2017, une canicule belge (et la tour de la gare de Gand)

     

  • G comme geitenwollensokken

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    Geitenwollensokken (1) c'est le mot par lequel on désigne - pour les dénigrer ou s'en moquer - ces gens qui ont été jeunes à l'époque du flower power et qui en ont gardé quelque chose d'écolo et de non conformiste. Même quand on les désigne par "wereldverbeteraars" (2) c'est aussi à connotation négative. 

    La petite chorale où l'Adrienne pousse la chansonnette, une fois par mois, se compose presque exclusivement de "geitenwollensokken". 

    Ils sont retraités pour la plupart et s'habillent comme à l'époque où ils étaient étudiants. Les T-shirts "save the planet" ou "save the Arctic" ont succédé aux "Atoomenergie? nee, bedankt!" (3) ou "Geen kernraketten!" (4) causes pour lesquelles beau-frère et belle-sœur numéro 4 sont si souvent descendus dans la rue, un peu partout dans le pays, fin des années 70. 

    Aussi l'Adrienne ne s'y sent-elle pas dépaysée, avec son vieux jean élimé et ses sandales en simili-plastique tongue-out

     ***

    (1) ceux-qui-portent-des chaussettes-en-poil-de-chèvre 

    (2) ceux-qui-veulent-rendre-ce-monde-meilleur 

    (3) énergie atomique? non merci!

    (4) pas de missiles nucléaires

    *** 

    on peut cliquer sur l'image pour l'ouvrir en grand 
    source ici 

    La blogueuse hollandaise définit trois types de 'geitenwollensokken', le militant, toujours donneur de leçons, toujours sur les barricades, et qui se fâche facilement; le suiveur, qui ne sait pas trop pourquoi il est là et qui est toujours d'accord avec tout le monde; le gentil idéaliste, qui marche au consensus et à la bonne humeur, et qui apporte des idées ou des solutions pratiques.

  • F comme fête

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    Il paraît que le 5 octobre, c'est la fête des profs. Ou plutôt World Teachers' Day

    Cette année, le magazine flamand Klasse incite les profs à afficher leur bonheur d'enseignant via leur photo de profil sur fb. 

    Aussi, dès l'avant-veille du Jour J a-t-on pu voir fleurir de plus en plus de "Ik geef blij les" (1) 

    Madame n'a pas suivi le mouvement.
    Parce qu'elle n'aime pas ce qui est grégaire.
    Qu'elle pense qu'il n'est pas nécessaire de le prétendre mais de le vivre.
    Et que son grand-père avait le plus grand mépris pour tous ceux qui affichaient leurs opinions sur leur bagnole.(2) 

    Que ce soit leur amour des chiens ou des chats, de la chasse ou de la pêche, des déclarations nationalistes ou d'ordre intime. 

    ***

    (1) "Ik geef blij les" joue sur un double sens, j'enseigne dans la joie et je suis content(e) d'enseigner 

    (2) fb n'existait pas et on n'ose imaginer ce que le grand-père en aurait pensé, lui qui trouvait ces auto-collants déjà tout à fait inconvenants tongue-out

  • Reviens vite, ils sont 7!

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    On peut être propriétaire d'une maison de vacances en pleine nature et avoir envie parfois de se promener au lieu d'attendre le client. Surtout si celui-ci n'a pas su dire s'il arrivait à quatorze heures ou en soirée. 

    En pleine forêt, le téléphone de l'ami émet sa chansonnette incongrue. C'est le vigilant voisin qui l'appelle. 

    - Reviens vite! il y a sept types sur ton parking. Des types un peu louches... basanés! 

    Alors il rentre le plus vite qu'il peut, courant presque. Sept types? Il en attendait deux. Basanés, ça le fait rigoler: ce sont des Portugais. Donc oui, plus petits et plus sombres que le germano-belge moyen du coin. 

    Sur le parking de sa maison de vacances, des types attendent en fumant. Un seul parle un peu de français. Il revient d'un chantier en Suède, est en Belgique pour un autre travail qui prendra une quinzaine de jours, et ainsi de suite. Ses collègues et lui seront logés deux à deux dans diverses locations. 

    Et le vigilant voisin? Il devait être tellement ému qu'il a mal compté: ils étaient huit tongue-out

     

  • E comme Eupen

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    C'est long, le train jusqu'à Eupen. Surtout si le livre est lu, le casse-croûte avalé, la nuit tombée. On ne peut même plus admirer le paysage. 

    Le jeune homme à côté de l'Adrienne lit Tiens ferme ta couronne pendant que son ami, assis en face, feuillette le Guide bleu Belgique et en lit des passages à haute voix. On comprend qu'ils ont visité Bruges mais on ne voit pas l'intérêt de cette lecture après coup: pour chacune des "curiosités" recommandées, ils se demandent s'ils l'ont vue ou pas... 

    Ils descendent à Liège en emportant soigneusement tous les restes de leur repas, deux pommes, deux poires, du pain bio, un bloc de fromage de Bruges. 

    Eupen. Terminus. Depuis Verviers, il ne reste plus qu'un groupe d'hommes dans le wagon. Ils se quittent en se donnant de viriles accolades accompagnées de fortes tapes dans le dos. 

    Le rituel est amusant à voir mais on se dit qu'il faut être de construction solide, quand on a des amis germano-belges tongue-out

  • D comme détournements de dentelles

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    La dentelle aux fuseaux, si vous croyiez comme moi que ça servait surtout à faire de jolies fraises et de mignons mouchoirs, 

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    des voiles de mariées et des robes de baptême, 

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    vous vous trompiez... et moi aussi tongue-out

  • C comme champignons

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    L'ami-qui-l'a-vue-naître n'est pas un adepte du champignon. Sur l'autoroute, il roule tranquillement sur la bande de droite: par principe, il ne va jamais au-delà du 110 à l'heure. 

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    Par principe aussi, il se maintient à 65 quand on peut faire du 70 et à 45 quand la limitation est à 50 km/h. Aussi peut-on aisément imaginer que le chauffeur derrière lui ait des envies de meurtre. L'Adrienne en tout cas en aurait. Lui, ça le fait rigoler, et il baisse encore la vitesse dès que quelqu'un "lui colle au cul". 

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    On annonce des travaux ou un virage? L'ami relève déjà le pied (et le type derrière bouffe son volant) 

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    - On va aller jusqu'à Clervaux, dit-il, on y trouvera bien un restaurant. 

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    Mais comme avec lui le temps passe plus vite que les kilomètres, il change d'avis à mi-chemin: 

    - On ira plutôt à Troisvierges, fait-il. 

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    On traverse deux fois le patelin sans découvrir le moindre endroit où se restaurer (l'Adrienne avait déjà faim à onze heures, comme d'hab tongue-out

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    - On trouvera bien quelque chose en route, dit-il. 

    Les deux restaurants rencontrés "en route" affichent COMPLET, et ça étonne l'ami que tant de gens aient des envies de resto le dimanche midi tongue-out 

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    - On va aller du côté allemand, dit-il, c'est plus rural, on y trouvera sûrement quelque chose. 

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    C'est ainsi qu'en une heure et à l'allure pépère, l'Adrienne a visité trois pays cool 

    *** 

    toutes les photos de champignons ont été prises le premier octobre 
    sur un tout petit tronçon du GR
    entre Saint-Vith et la frontière allemande

  • B comme brumes matinales

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    Quand on se lève, la lune veille et le cheval dort. 

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    Le talus, la prairie, tout est bleu au petit matin. 

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    La photographe a dérangé le sommeil du petit cheval. 

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    Puis le soleil s'est levé derrière un rideau de brume 

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    et l'attirance des arbres et des sentiers est devenue de plus en plus forte 

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    l'automne a commencé à mettre des couleurs 

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    le temps s'est éclairci 

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    et l'Adrienne a vu des arbres 

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    autant qu'elle en voulait cool 

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    C'était bien. 

    C'était allokataplictique tongue-out

     

     

  • A comme allokataplixis

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    Ça a débuté comme ça. Hector Vanderheiden, coiffé de sa casquette neuve et chaussé des souliers de cuir réservés aux grandes occasions, la moustache peignée et retaillée, un mouchoir propre en poche, s'était rendu dans la capitale à l'invitation d'un notaire. 

    Chez qui il n'est jamais arrivé. 

    Mais ça, la famille ne l'a su que quand il était trop tard. 

    Hector Vanderheiden, les mains derrière le dos, a pris tout son temps pour flâner. Il était largement en avance pour le rendez-vous et en a profité pour admirer les étalages. Il y avait là des choses inouïes, des choses dont il ne soupçonnait même pas l'existence et qui le faisaient tomber d'émerveillement en émerveillement. 

    C'est ainsi qu'il s'est retrouvé, sans qu'il ait bien compris comment la chose s'était faite, sur les moelleux fauteuils de la Maison Polant. Où sa naïveté lui a valu un traitement de faveur. C'est bien normal. 

    C'est bien normal aussi que son cœur ait lâché. 

    Bien normal que son fils et sa belle-fille n'aient pas jugé utile de faire des frais pour le rapatriement du corps.  

    En fait, madame Polant, déléguée par la famille, avait seule suivi le corbillard. 

    *** 

    Allokataplixis, le mot vient d'être inventé par un professeur américain pour désigner l'émerveillement, la fascination du touriste devant ce qui est différent de chez lui (donc une notion fort différente du syndrome de Stendhal) - merci à Lakévio pour le tableau, l'incipit et l'expicit imposés!

  • Première fois

    Un hameau de cent vingt habitants. Un environnement rural qui colle à la frontière allemande. Une petite communauté germanophone. 

    Voilà où l'Adrienne passe le week-end pour fêter l'anniversaire de l'ami-qui-l'a-vue-naître. 

    Il faudra attendre le retour pour avoir des photos et des réponses aux commentaires: il se pourrait que l'Adrienne, pour une fois, laisse l'ordi à la maison cool 

    Bon dimanche à tous!

    et ce dimanche soir 

    la photo smile 

    belgique,belge,nature,amitié

    là-bas dans le fond, c'est l'Allemagne

  • Z comme zéro sugar

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    - Et ce matin, s'inquiète Madame, tu as mangé quelque chose? 

    - Oui, du pain avec du choco... Enfin, beaucoup de choco avec un peu de pain, ajoute-t-elle en riant. 

    Madame dans ces cas-là ne manque jamais de jouer à la mère d'Amélie Nothomb dans La métaphysique des tubes et de rappeler que le sucre est ce poison blanc... Bla bla bla...

    En même temps elle se dit que si la jeune fille soigne son mal-être à la pâte à tartiner, c'est moins grave que si elle se mettait à s'enivrer, à fumer des joints, à sniffer de la coke... Evidemment.

    source et infos ici 

    Photo du pyjama prise à l'expo, où malheureusement Madame n'a pas eu l'idée de photographier l'origine arabe des mots zéro et sucre, qui auraient mieux convenu à ce billet que le pyjama  

    prof,école,élève,expo,langue

    ou la guitare  tongue-out

  • Y comme Y a des fous partout...

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    Dans ma ville, on ne peut imaginer faire une expo 

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    sans y ajouter un grain de folie 

    cool 

     Y a des fous partout et ici c'est un sujet de fierté 

    ***

    (par contre ce clip n'en est pas un tongue-out

  • X c'est l'inconnu

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    On ne sait pas combien on sera. On ne sait pas qui seront les autres. On ne sait pas comment sera le meneur de jeu. 

    On ne sait pas où c'est. On ne sait pas si on trouvera une place de parking. On ne connaît ni la ville, ni l'endroit, on ne sait rien. 

    On espère qu'on échappera au traditionnel tour de table des présentations. On espère qu'on échappera aux premières consignes du genre "Je me souviens". 

    C'est raté. 

    Il a fallu se présenter. 

    Il a fallu compléter dix fois "Je me souviens..." 

     

  • W comme welkom

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    - Tu imagines, dit Madame à Gentille Collègue, tu imagines qu'on nous ait accueillis comme ça, à l'époque où on avait huit ou dix ans? 

    Aujourd'hui, les premiers jours de septembre, les enfants de l'école primaire aperçoivent ce message de loin: WELKOM, bienvenue. 

    Madame se demande quel effet ça lui aurait fait, si elle avait été accueillie de manière aussi chaleureuse quand elle était enfant. 

    Mais elle se demande surtout si ça fait (encore) de l'effet sur les enfants d'aujourd'hui... 

  • V comme vertige

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    Si elle s'était dispensée de prendre une mauvaise photo de la pancarte prévenant pour les dangers de l'escalade  

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    si elle avait continué à grimper au lieu d'essayer de faire le meilleur cliché de l'escalier à vis 

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    si elle ne s'était pas amusée à photographier une vitre sale sous prétexte qu'on peut y voir le parc et les bâtiments de son école,  

    il y aurait ici même une quatrième photo 

    prouvant que l'Adrienne 

    a vaincu son vertige légendaire 

    et est arrivée tout en haut de la tour. 

    Oui mais voilà 

    arrivée en haut 

    il y a eu deux problèmes: 

    d'abord l'appareil photo 

    a indiqué laconiquement: 

    "changer les piles" 

    Or, de piles en réserve, 

    l'Adrienne n'en a point. 

    Ensuite 

    il lui a été complètement 

    absolument 

    impossible d'admirer le panorama 

    et c'est les jambes flageolantes 

    qu'elle a redescendu 

    toutes les marches. 

    La pancarte disait donc vrai: 

    "is niet aangeraden voor personen met hoogtevrees

    ce qui veut dire: 

    "n'est pas conseillé aux personnes ayant le vertige"

     

  • U comme un arbre, un lieu

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    - Tu ne peux pas te tromper, avait-il dit, il n'y en a qu'un! 

    C'est donc là qu'il l'attendait, à l'entrée du parc, au soleil de cette belle matinée de fin avril. 

    Sous l'arbre dans toute la splendeur de sa floraison blanche. 

    Cet arbre-là, dont le parc ne possédait qu'un seul exemplaire. 

    Voilà pourquoi il lui avait bien dit: Tu ne peux pas te tromper! 

    Et elle, que faisait-elle pendant tout ce temps? Pourquoi n'arrivait-elle pas? Avait-elle changé d'avis au dernier moment? 

    Il n'avait pourtant pas menti, sur sa page de profil: ni sur son âge, ni sur sa taille, ni sur sa profession. Ni évidemment sur le lien principal qui s'était tout de suite créé entre eux deux: sa passion pour la botanique, qu'elle partageait. 

    Alors au fait, oui: et elle, que faisait-elle pendant tout ce temps? 

    D'abord, elle avait dû faire une recherche, le davidia involucratafranchement ça ne lui évoquait rien de connu. Elle avait peut-être un peu exagéré, lors de leurs échanges, sur sa connaissance des arbres, mais tout le monde ne le faisait-il pas, pour amorcer le poisson? 

    Finalement, cette histoire s'était terminée à son avantage. 

    - Il n'y en a qu'un, vraiment? Oui, si tu veux, un au parc Monceau, un au Luxembourg et un au Jardin des plantes.

    Et tout en marchant d'un bon pas vers le jardin du Luxembourg, elle se demandait ce qui serait le mieux: avouer rapidement ses lacunes en botanique ou essayer de les combler avant qu'il ne s'en rende compte...  

    *** 

    tableau et consignes chez Lakévio
    que je remercie!

  • T comme Trois jours chez ma tante

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    C'est cet article-ci qui m'a décidée à lire Trois jours chez ma tante, d'Yves Ravey. 

    Ne dit-il pas la vérité? Si, mais de manière beaucoup plus positive que je ne le ferais, lecture faite. 

    C'est vrai, l'auteur s'attarde "sur les petits détails anodins" qui "ne font pas avancer l'intrigue. Ils posent un décor, une ambiance." C'est vrai que l'ambiance est "pesante, oppressante" et que le suspense monte peu à peu. Enfin, dans les trois dernières pages... 

    Et "la pincée d'humour noir"? On la trouve, en cherchant bien tongue-out  

    Bref, j'ajouterais: par bonheur, ça se lit en une heure trente...

     

  • Stupeur et tremblements

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    Stupeur de l'Adrienne, en découvrant en juillet dernier, la carte (enfin visible pour tous) des zones de chasse. 

    Voyez donc cette Flandre toute colorée de vert, à l'exception des centres villes: tout ce vert est - selon les chasseurs - zone de chasse. 

    L'Adrienne est en guerre avec les chasseurs depuis toujours, et ça n'a pas trop amélioré son opinion sur eux de constater que pour arriver aux 40 hectares requis, ils se sont appropriés sans vergogne chaque parcelle de terrain, y compris de nombreux jardins privés et des zones protégées. 

    Dans la province du Limbourg, par exemple, huit parcelles sur dix de celles colorées en vert - donc que des chasseurs se sont attribuées - le sont à l'insu de leur propriétaire... qui peut donc continuer à trembler pour son chat, son chien ou tout autre être vivant qui mettrait le nez dehors un jour d'ouverture de la chasse.  

     

  • 22 rencontres (2bis)

    - Le cash, ce n'est pas un problème! 

    Bizarre, pense Madame, qu'il me dise ça pour la deuxième fois, d'autant plus qu'il ne travaille pas - sauf qu'il fait parfois le laveur de vitres - et qu'il est endetté jusqu'au cou. 

    Il parle de ses diverses dépendances - il a arrêté l'alcool il y a quelques mois et il remplace le speed par du valium

    Il parle de sa solitude. 

    - Mes sœurs, dit-il, ne me téléphonent jamais. Ma mère est froide comme un frigo. Avec mon père tout va bien, on ne se parle plus. 

    Pourtant je suis sûre qu'ils t'aiment, dit Madame. 

    - Vingt ans à faire le con, c'est normal qu'on se méfie de moi, dit-il. Mes sœurs ont peur que je me pointe aux fêtes de famille rond comme un boulon. Mais jamais mes neveux et nièces ne m'ont vu saoul! 

    Son truc, c'est la musique. Il compose, chante, enregistre sur SoundCloud, envoie les liens et Madame se fait un devoir de tout écouter jusqu'au bout. Ce n'est pas du Mozart, bien qu'il ait le même prénom, dans sa forme germanique. 

    - C'est vous qui m'avez appris le français, dit-il à chaque fois. 

    Alors Madame rit: s'il l'a appris, c'était drôlement à contrecœur. Elle a encore en sa possession une petite latte au dos de laquelle il avait noté les verbes et conjonctions qui demandent le subjonctif. 

    - Hier j'ai sauvé un pigeon, raconte-t-il avec fierté, et je lui parle en français. 

    Voilà qui serait intéressant à entendre kiss surtout que ce pigeon vient de Geel tongue-out 

    Début août, il invite Madame à chanter ceci avec lui: 

     

    Il fait à Madame de drôles de compliments, mais elle s'en accommode: 

    - Vous, je vous aime bien, vous êtes un peu folle. 

     

     

  • R comme regrets

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    Mardi soir, une journaliste du Standaard lançait sa question d'enquête et invitait les internautes à y répondre: "Qu'est-ce que vous regrettez?

    On a évidemment droit aux réponses classiques, je regrette d'être trop comme ceci, pas assez comme cela, d'avoir fait ou pas fait... et toutes les autres philosophies de comptoir, jusqu'au "je regrette d'avoir des regrets". 

    Voilà, tout est dit: n'en ayons pas cool 

    *** 

    photo prise à la Journée du Patrimoine 
    et qui reviendra peut-être à la lettre V 
    V comme vertige 
    tongue-out

  • 20 miracles de la nature (10)

    En rentrant de voyage à la mi-août, j'ai trouvé certaines plantes complètement noyées et puis celle-ci, qui n'avait pas reçu une seule goutte d'eau: l'orchidée à laquelle je tiens le plus, évidemment, celle qui me parle tous les jours de François. 

    Ses racines n'étaient plus que de la paille sèche, ses feuilles molles et brunes, sauf une minuscule au cœur de la plante. 

    L'Opération Sauvetage d'Urgence a été mise en branle... 

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    Couper tout ce qui est mort, rempoter, baigner quotidiennement, bien égoutter: le premier septembre elle remontre un premier signe de vie... 

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    Le dix septembre, elle bourgeonne de partout 

    kiss 

    Ce dix-huit septembre, François aurait eu 30 ans. J'aurais préféré que la science ait pu faire pour lui ce que moi j'ai fait pour son orchidée... 

  • P comme parapluie

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    Ellen avait certains principes dont elle n'aimait pas se départir: y rester fidèle l'aidait à traverser les jours. Il suffit de si peu de choses pour que la vie s'effiloche... 

    Ainsi par exemple, le 18 septembre on est encore l'été, il ne peut donc être question de sortir les bas, les pulls, les écharpes et les vestes. Tant pis s'il fait frisquet le matin, on marchera un peu plus vite. 

    Le parapluie, on peut le prendre: il arrive qu'il pleuve aussi l'été, n'est-ce pas? 

    C'est pour cela que dans sa petite robe sans manches, elle marchait à grands pas sous l'averse, heureusement munie de son parapluie. Klara a eu du mal à la rejoindre et s'est glissée à ses côtés, hors d'haleine, pour profiter de l'abri. 

    Un quart d'heure plus tard, en arrivant au bureau, Klara a le côté droit détrempé: pendant le chemin, Ellen a bien pris soin de positionner le parapluie de façon à évacuer toute l'eau dans le dos et le sac de sa collègue. 

    Alors Klara comprend enfin pourquoi ce jour-là, pour une fois, elle a eu droit au regard attentif d'Ellen pendant qu'elle lui parlait. 

    *** 

    tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie!

  • O comme ordre du monde

    Je ne connaissais pas Metin Arditi. La quatrième de couverture le présente comme "un auteur francophone d'origine turque". Une petite recherche internet me dit qu'il est Suisse, Genevois. 

    On peut s'interroger sur cette différence de qualification. Sans doute que "francophone d'origine turque" est plus vendeur que Suisse. C'est comme ça, la francophonie, mais soit... 

    L'enfant qui mesurait le monde : cliquez sur le lien pour lire l'article, je ne pourrais pas mieux dire. Aussi n'en dirai-je rien cool 

    On peut lire les premières pages du livre ici

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    Je vous le conseille vivement

  • M comme mille euros

    Chaque année à la fin du mois de septembre, tous les élèves - qu'ils le veuillent ou non - participent au cross de l'école. Chaque année, on se bagarre dur pour les places du podium et on souffre beaucoup à l'arrière du peloton. 
    Chaque année, Madame recueille un plein sac de "choses précieuses" dont elle prend soin pendant que ses élèves galopent leurs kilomètres: des clés de moto, des portefeuilles, des smartphone. 
    Il y a quelques années déjà, des élèves s'étaient écriés, à la vue de certains de ces petits objets: 
    - Mais quelle idée d'apporter à l'école un portable de 500 €! 
    D'ici peu, on s'écriera: 
    - Mais quelle idée d'apporter à l'école un Iphone de plus de mille euros!