Elle s'appelait Adrienne - Page 5

  • L comme long et loin

     

    - Et pour retourner à Bologne, comment fait-on? demande l'Adrienne à la dame qui renouvelle les rouleaux de papier toilette pendant que tout un car de Japonaises fait la queue. 

    - Vous prenez la prochaine sortie, dans une dizaine de kilomètres, répond-elle en riant. 

    L'Adrienne aime bien faire rire les gens alors à chaque arrêt c'est le pompiste, le barista, la caissière, tous ceux à qui elle demande la route qui rigolent et qui ne peuvent que conclure qu'elle est en effet drôlement "fuori strada" cool 

    Le plus comique, c'est qu'Antoinette avait dit: 

    - Oh pour trouver le chemin du retour, tu n'auras pas besoin de carte ni de GPS! Partout il sera marqué "Gottardo! Gottardo!" 

    Et bien vous savez quoi? La première fois que l'Adrienne l'a vu mentionner, c'était à la frontière suisse. 

    Entre-temps, il y avait déjà eu de franches rigolades avec une dame des toilettes, un barista, une caissière, un pompiste et trois jeunes gens dont l'un voulait l'envoyer en Ligurie et les deux autres "toujours tout droit" tongue-out 

    voyage,italie

    première mention du Gottardo

  • K comme Krapu

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    Eva-Lena a trente-neuf ans, un mari, trois enfants, et sa vie se trouve à un point mort au moment où, par un malheureux concours de circonstances, elle se retrouve enfermée dans le cagibi de la photocopieuse, un vendredi soir. 

    Elle n'en sera "sauvée" que le lundi matin, de sorte qu'elle a eu de très nombreuses heures pour réfléchir à son passé, son présent et son avenir. 

    Voilà pour le pitch

    info et photo sur le site de l'éditeur 

    lire, lecture, lecteur, nordique

    deuxième lecture pour le challenge chez Margotte. 

    Au début, ça m'a très fort fait penser au Lièvre de Vatanen, peut-être à cause des oreilles sur la photo de couverture, ou parce que l'auteur est née en Finlande, mais il me semblait retrouver des similitudes dans la situation burlesque d'Eva-Lena et celle de Vatanen ainsi que des ressemblances de ton, d'atmosphère. 

    J'ai juste failli arrêter de lire en me rendant compte que le portrait d'Eva-Lena comme prof ressemblait un peu trop au mien: celle qui vient déjà pendant les vacances préparer sa classe, celle pour qui aucun manuel n'est assez bon et qui préfère fabriquer tout son matériel elle-même, celle qui pense tout le temps à l'école, à ses élèves, à ses cours, s'interroge tout le temps sur ses méthodes, ses évaluations, le bien-être de ses élèves. Et qui a tout le temps le nez dans ses copies, méritant ainsi les sarcasmes de son mari: pourquoi faire toutes ces heures supplémentaires sans être payée? 

    Or, je ne voulais surtout pas lui ressembler! 

    Heureusement, les ressemblances n'allaient pas plus loin tongue-out et j'ai suivi avec attention (et espoir tongue-out) l'introspection forcée de l'héroïne qui arrive aux bonnes conclusions: "J'ai fait partie des personnes les plus prétentieuses qui soient" (p.239) cherchant la perfection dans un tas de domaines - elle est par exemple un as du planning, de l'organisation, du ménage et de la traque anti-poussière - et en a oublié ce qui compte réellement.  

    "Quand je sortirai d'ici, j'aurai à nouveau le choix. D'innombrables options s'offriront à moi. 
    Maintenant, il faut que je note les choses que je ne veux pas rater à l'avenir. Et les choses dont je peux me passer." (p.256) 

    Elle ne gardera qu'un seul principe, finalement: l'amour. De soi et des autres. Le plaisir. 

  • J comme jubilé, jubilons!

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    C'est Antoinette qui s'en souvenait, il y a exactement 10 ans qu'on s'est rencontrées pour la première fois, à ce festival en pays siennois. 

    Nous avons donc levé notre verre à dix ans d'amitié. 

    Enfin, elle buvait de l'eau, avec son groupe elle était allée à Montepulciano où elle avait dégusté cinq vins différents pendant le repas, et elle avait l'estomac en compote. 

    Ce qu'il y a de bizarre à ce festival dans des villages toscans, c'est qu'on n'y voit et entend quasiment que des Flamands. Un ou deux francophones et presque aucun Italien. 

    On y fait donc salle comble, ou plutôt "église comble", rien qu'avec des gens venus spécialement de Belgique. 

    voyage,italie,musique,amitié

    Mais quels gens cool Que du beau monde élégant et bien coiffé, bien chaussé. Qui vient chaque année et qui porte le badge "abonné" ou "mécène" autour du cou, se connaît et se retrouve bien serré au coude à coude autour des amuse-gueule d'avant concert. 

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    C'est en admirant une dame particulièrement soignée, collier de perles, sac Delvaux, vertigineuses sandalettes dorées, que je me suis rendu compte que je portais la même robe qu'il y a dix ans tongue-out 

  • I comme illogique

    voyage,italie

    Antoinette est venue en voyage organisé. Elle loge avec le groupe dans un hôtel très étoilé, situé à une dizaine de kilomètres de la petite ville. La vue sur les collines siennoises est merveilleuse. Il y a une piscine et tout l'hôtel est parfaitement climatisé. 

    L'Adrienne est venue toute seule et loge comme vous savez cool. Elle n'a vue sur rien, sauf sur une porte qu'elle doit garder bien fermée et protégée du soleil. Il n'y a évidemment pas de piscine ni de climatisation. 

    Antoinette a un buffet de petit déjeuner avec œufs, fromages, charcuteries, viennoiseries toutes plus délicieuses les unes que les autres. Mais vu qu'elle a déjà des repas gastronomiques avec force vins, tous les jours, elle a l'estomac dérangé et se contente d'une pomme. 

    L'Adrienne déjeune comme vous savez. Le cake maison qui a suivi celui des trois premiers jours est jaune, en forme de couronne, et brûlé par en-dessous. Vous préférez celui-ci ou celui d'avant, a demandé la dame, et l'Adrienne a longuement hésité avant d'être capable de trancher... 

    Antoinette dès le matin tôt n'a pas de temps à perdre: se préparer, déjeuner, retrouver le groupe pour le départ en excursion avec le minibus. Elle ne rentre que très tard le soir. La nuit est tombée depuis longtemps. 

    L'Adrienne en journée reste dans sa chambre: même sans clim', il y fait plus frais que dehors. Elle sort juste un peu le matin, pour une balade, un musée, et le soir, pour un concert. Elle passe son temps à lire-au-lit. 

    Au bout de cinq jours, Antoinette n'a toujours pas eu l'occasion de profiter de la piscine.  

    voyage,italie

    Eglise de Sant'Agata, le soir. 
    Sant'Agata est la sainte patronne de la ville. 

  • H comme hôtes et hôte

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    - Je vous conseille, me dit-elle, de garder la porte-fenêtre bien fermée, à cause de la chaleur. Mais ouvrez-la cette nuit, pour avoir un peu de fraîcheur. (1) 

    Ouvrir la porte la nuit, pour la fraîcheur, je veux bien, mais les moustiques? 

    - Oh! des moustiques? il n'y en a pas la nuit! Et puis il y a ça: 

    voyage,italie

    Le lendemain, je me lève avec de grosses cocardes rouges sur les bras, les jambes et la joue: oui, les moustiques siennois dorment la nuit... avec moi tongue-out 

    - Il y a un frigo, me dit-elle, si vous voulez mettre des choses au frais... 

    Ah super, me dis-je. 

    Quand je l'ouvre, je vois qu'il est rempli de petites bouteilles. Il n'y a même pas la place d'y entreposer un œuf dur. Il y a aussi cette affichette dedans: 

    voyage,italie

    Sans doute puis-je y mettre au frais mes sous-vêtements, comme Marylin dans The Seven Year Itch 

     La chambre est au rez-de-chaussée, les hôtes logent au premier. Je les entends faire des va-et-vient, l'un fait slof slof, probablement en savates, l'autre fait kloiiing kloiiing avec une sorte de sabots. Je les entends aussi discuter, faire pipi, tirer à la chasse. 

    Alors une pompe se met en marche à côté de ma chambre. C'est pratique pour savoir qu'il est quatre heures du matin wink 

    Régulièrement, ça fait slof slof ou kloiiing kloiiing dans le couloir derrière ma porte ou dans la pièce à côté. Je finis par me demander s'il n'y a pas un œilleton pour surveiller l'hôte undecided 

    (1) Fraîcheur toute relative, au plus frais de la nuit il fait encore 24° - sur la photo il est six heures du matin et il fait encore un brin plus frais dehors que dedans tongue-out 

  • G comme GPS

    voyage, italie

    Faites demi-tour aussi vite que possible! a répété deux ou trois fois Madame GPS, alors que l'Adrienne roulait dans un tunnel. Probablement parce qu'il n'était pas encore construit quand Madame GPS est née. 

    En fait, entendre sa voix lors de ce premier trajet, vendredi dernier, tenait du miracle: elle est restée muette pendant des heures, de sorte que l'Adrienne avait déjà raté une entrée d'autoroute, à une trentaine de kilomètres de chez elle, et qu'elle s'est dirigée au pif en direction du Luxembourg.  

    Puis à force de l'éteindre et de la rallumer - à déconseiller quand on est au volant, mais que voulez-vous - elle a tout à coup déclaré: 

    Veuillez faire attention à la limitation de vitesse! 

    Jamais l'Adrienne n'a été aussi heureuse de s'entendre sermonner. 

    Bref, vendredi Madame GPS a plus ou moins fait son boulot, même si de temps en temps il faut rectifier le tir et surtout ne pas la prendre trop au sérieux. 

    Mais samedi matin, Madame GPS a refusé tout service: l'Italie? Elle ne connaissait plus ce pays. 

    Obligeant l'Adrienne à aller de Kempten à Asciano sans carte et sans G(uide) P(eu) S(ûr). 

    Une carte d'Italie, elle en a une pourtant, achetée en 2012, un bon gros volume Michelin. Malheureusement elle l'a prêté à quelqu'un. 

    voyage, italie

    photos prises à divers endroits entre Arbia et Asciano: Che bellezza! che bellezza! 

    voyage, italie

  • F comme faim

    voyage,italie

    - Le petit déjeuner entre huit et neuf heures, dit la dame. 

    L'Adrienne, qui a passé la nuit à écouter aboyer les chiens des environs, et a très peu mangé pendant les douze heures passées au volant la veille et l'avant-veille, meurt de faim dès six heures et décompte patiemment les minutes. 

    A huit heures tapantes, elle se pointe à la cuisine de ses hôtes (1) 

    - Café ou thé? ou un cappuccino? demande le monsieur. 

    Vous connaissez la réponse de l'Adrienne smile 

    - Un morceau de gâteau? demande la dame en montrant un reste de cake sous une cloche de plastique. 

    L'Adrienne hésite. Est-ce tout ce qui est prévu? 

    - Il y a aussi des biscottes, dit la dame en posant sur la table quatre de ces petits carrés sur lesquels on pourrait se casser les dents. 

    Sûrement que l'Adrienne a eu sa tête d'ahurie, car la dame a ajouté: 

    - Ou vous voulez peut-être une brioche? 

    Elle montre un emballage du supermarché dans lequel sont serrés deux ou trois croissants qui sont la honte de la boulangerie. 

    - Je crois que je vais prendre un morceau de gâteau, dit l'Adrienne. 

    La dame lui en coupe une tranche et remet le reste sous la cloche. On se rend compte en le mangeant qu'il a dû survivre aux 40° des derniers jours. 

    Quand le morceau de cake et le cappuccino ont été avalés, la dame débarrasse. 

    Et l'Adrienne est sortie de là en se demandant comment elle tiendra le coup jusqu'à midi. (2)

    voyage,italie

    photo 1: six heures du matin
    photo 2: huit heures, le soleil apparaît derrière l'arbre 

    *** 

    (1) c'est un B&B dans un appartement, la chambre était un garage, les propriétaires sont au premier étage. 

    (2) je sais ce que vous allez me dire, "Paese che vai, usanze che trovi", mais c'est quand même la première fois que c'est à ce point-là "à l'italienne", juste un café et un petit truc sucré tongue-out

  • 7 fois!

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    Oui, vous voyez bien: ceci est une petite Renault transportant deux énormes pylônes. 

    Vous trouvez ça bizarre? Vous n'êtes pas le seul: un riverain a alerté la police. 

    Celle-ci a arrêté le conducteur et fait les constats suivants: 

    1.cette façon de transporter des pylônes n'est pas réglementaire. 

    2.la voiture n'est pas assurée. 

    3.le permis de conduire du chauffeur n'est pas valable. 

    4.le chauffeur pue l'alcool. 

    5.il est déjà fiché pour divers délits.

    6.par exemple, il s'est servi à une station-service sans payer. 

    7.on vérifie la provenance des pylônes: tout porte à croire qu'ils ont été volés.

    C'est une histoire hollandaise tout à fait vraie et elle m'a beaucoup fait rire. Vous aussi, peut-être, ça vous a rappelé ce cher Fernand: 


    Fernand Raynaud "la prévention routière" sketch par marmiton93 

    source de la photo (politie Lelystad) et article ici

     

  • E comme Encore est vive la souris!

    voyage,italie

    Maintenant elle peut l'avouer: l'Adrienne a eu peur. 

    Elle sait que c'est un peu fou de vouloir faire le trajet Belgique-Italie (Sienne) avec sa vieille petite bagnole, toute seule, sans carte et avec un vieux GPS de m... (comme disait Cambronne). 

    En plus un week-end comme celui-ci, que tous les visons butés d'Europe déconseillaient fortement. Files et encombrements à gogo. 

    Et en effet, ça s'est vérifié. Par exemple il a fallu quatre heures rien que pour traverser ce petit bout d'Autriche par Innsbruck et le Brenner. 

    On comprend pourquoi tous ceux à qui on avait demandé conseil: Gottardo? ou Brennero? n'avaient su quoi dire tongue-out 

    Bref. C'était fou, long et dur, mais ça en valait la peine. 

    La dernière centaine de kilomètres, l'Adrienne s'est mise à répéter sans arrêt: Che bellezza! che bellezza! 

    Ça doit être ça, le syndrome de Stendhal tongue-out 

    voyage,italie

    12 heures séparent les deux photos: files le matin, bellezza le soir, mieux vaut ça que le contraire cool 

    Et d'un bout à l'autre, la vaillante petite Mazda!

  • D comme dernier défi

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    Il a ajusté la partie supérieure d'une roulotte de romanichels à la barge qu'il utilise le plus souvent pour aller sur la rivière. A cause de cette roulotte, il est impossible de voir ce qu'il trafique à l'intérieur, et ça intrigue beaucoup les paysans, les pêcheurs et les gens du village. On le soupçonne d'y emmener des dames, une ou même deux à la fois, pourquoi pas, et qu'on imagine très peu vêtues, puisqu'il a toujours le prétexte de sa peinture, de son art. 

    Ce en quoi on ne se trompe pas. 

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    Ce jour-là précisément Aline est à bord, vêtue cependant, de sa plus jolie robe et de son chapeau neuf. Il l'emmène déjeuner à Chatou, chez le père Fournaise avec ses amis les canotiers. Aline a tenu à emporter son chien et fait des mines que l'ami Gustave semble trouver à son goût. 

    On l'aime bien, Gustave, c'est lui qui règle la note... 

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    L'a-t-il peinte, son Aline! Aline en lectrice, assise en tailleur dans l'ombre bleue du salon, Aline au bain, soulevant légèrement sa jambe de statue, Aline au jardin, moment de farniente parmi les papillons, les mésanges et les fleurs, Aline dans le champ de blé, avec le village en arrière-plan, Aline lui faisant un baiser d'au revoir, la bouche en coeur au bout de ses jolis doigts... 

    Il se dit qu'il finira sans doute par l'épouser. Il a cinquante ans passés et leur petit Pierre bientôt cinq. 

    *** 

    Dernier défi des Plumes d'ici et d'ailleurs
    jours 18 (Claude Monet, La barque atelier, 1874), 19 (Renoir, Le déjeuner des canotiers, 1871) et 31 (logorallye avec les mots des objets présents sur la photo: lectrice, statue, mésange, bleue, tirelire, au revoir, village, tailleur, farniente)

  • C comme casque d'or

    Voisine Casque d'Or est une pimpante petite vieille dame qui fait ses courses et son ménage en souliers vernis, balaie devant sa porte en élégant tailleur rose bonbon et semble toujours sortir de chez son coiffeur. 

    Le contraste ne peut pas être plus grand avec l'Adrienne, son vieux jean noir qui s'effiloche, ses sandales plates et ce peigne qu'elle a encore oublié de se passer dans les cheveux le matin. 

    Chaque fois qu'elles se voient, elles se font le même genre de conversation, à commencer par la météo et l'état de plus en plus lamentable du trottoir et de la rue, avec la date sans cesse remise pour les travaux annoncés - aujourd'hui il est question de janvier prochain. 

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    - Mais cette chose-là, que vous avez fait mettre dans votre jardin, c'est quoi, au juste? 

    - ... ? 

    - J'en parlais avec ma voisine, elle ne savait pas non plus à quoi ça pouvait servir... 

    - Ah! vous voulez parler du carport

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    le carport, en cours de construction 

    elle m'a bien fait rire avec sa question smile 

    je lui avais pourtant annoncé ce projet, mais bon, il y a plusieurs mois déjà, elle l'aura oublié

     

     

  • B comme bonne idée!

    Chaque année, nous explique-t-on dans la vidéo, de grands et coûteux travaux sont nécessaires pour remettre "à niveau" le sable le long de notre côte belge. Surtout à cause des tempêtes hivernales, qui emportent au large des tonnes de sable. 

    On pourrait peut-être régler le problème de manière moins coûteuse et tout à fait écologique, en créant une sorte de récifs artificiels constitués de plantes marines, de coquillages et bien sûr de moules tongue-out 

    Ces récifs formeraient une sorte de filtre et empêcheraient l'érosion des plages. 

    Ce mois-ci, un projet pilote sera installé sur un bout de côte, à hauteur de La Panne. S'il est concluant, dans trois ans il sera réalisé à grande échelle. 

    mer,actualité,belge,belgique

    source de la photo (Jimmy Kets) et article ici

     

  • Adrienne à Amsterdam

    Vous le savez déjà, l'Adrienne a passé une semaine à Amsterdam. 

    Elle y a dépensé plus d'argent en musées qu'en nourriture: le billet d'entrée coûte plus cher qu'un plat du jour. 

    Un musée par jour donc, pas d'overdose, et chaque fois un endroit qui puisse intéresser également Monsieur Neveu. 

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    Découverte d'un peintre que je ne connaissais pas, le Bruxellois Colijn de Coter (né entre 1450/55 et décédé entre 1522/32), huile sur panneau, Bewening van Christus.   

    Monsieur Neveu n'a été que fort peu impressionné par les Rembrandt, Vermeer, Van Dijck, Jordaens. Par contre, en bon petit Français, il s'est extasié devant cette toile-ci tongue-out. De même qu'il trouvait nulles les sculptures dans le jardin du musée et qu'il a complètement changé d'avis quand je lui ai dit qu'elles étaient de Dubuffet. 

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    Comprenne qui pourra, au Rijksmuseum on peut photographier toutes les œuvres grandioses exposées, mais le lendemain, au musée Van Gogh, les photos sont interdites. Je le déplore. La photo ci-dessus a été prise au Rijksmuseum, c'est un "jeune" Van Gogh qui, à peine arrivé à Paris, peint la butte de Montmartre dans un style encore très classique, naturaliste. 

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    Le troisième jour, nous l'avons passé entièrement au Tropenmuseum et nous en sommes partis à regret. La riche collection permanente, les expos temporaires, tout nous a intéressés. La photo ci-dessus représente un "tablier de danse" porté par les femmes du nord de la Papouasie, autour du lac Sentani. Ces motifs peints sur les écorces d'arbre ont inspiré des artistes européens comme Henri Matisse et Joan Miró. En voici un autre exemple: 

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    Par contre, le lendemain au musée de l'Hermitage, nous nous sommes juste contentés d'y prendre un repas. Payer 17,50 € par personne et par expo nous semblait prohibitif, surtout que Monsieur Neveu ne montrait que peu d'intérêt pour le dernier des Romanov ou pour les Hollandais du 17e siècle. 

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    Que peut-on conclure en voyant cette photo d'un plat principal au café-restaurant du musée de l'Hermitage? 
    1.qu'il est normal que le billet d'entrée coûte plus cher que le plat, vu la taille du saumon et les quantités de légumes qui l'accompagnent 
    2.qu'on peut facilement passer huit jours en Hollande sans prendre un gramme 

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    Par contre, la visite des établissements du diamantaire Gassan sont gratuites (sur réservation) et dans la langue de votre choix. 

    La visite se termine évidemment par d'alléchantes vitrines devant lesquelles Monsieur Neveu a eu bien du mal à résister à l'achat d'une montre. 

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    Touchante visite - en tout cas pour l'Adrienne - de la maison où a vécu Rembrandt de 1639 à 1658. Ce coin de cuisine a rappelé des souvenirs à l'Adrienne, dont la chère grand-mère a eu le même genre de "pompsteen" avant que le grand-père ne décide qu'il était temps d'avoir une cuisine "moderne", c'est-à-dire un affreux évier en inox au lieu du vaste bac en pierre naturelle... 

     *** 

    petite note pour ceux qui ont compté jusqu'à sept: oui, il en manque deux: le musée des sciences NEMO et le petit musée archéologique Allard Pierson

    cool

     

     

  • Première participation

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    Un des gros problèmes de l'Adrienne, c'est de se lancer dans des tas de trucs et d'avoir du mal à les mener à bien. 

    Faut qu'elle apprenne à se limiter. 

    Faudrait... 

    Mais bon, elle s'est engagée dans un challenge chez Margotte

    Il y avait le choix entre Poucette (un à trois livres), Petite sirène (trois à cinq livres) et Reine des neiges (plus de cinq livres). Je vous laisse deviner à quoi l'Adrienne s'est engagée tongue-out 

    Bref, ceci explique pourquoi aujourd'hui elle va vous parler d'un livre qui l'a barbée. 

    Oui, barbée. 

    Et pourtant - une fois de plus - elle s'était laissé embobiner par l'alléchante quatrième de couverture, qui promettait un voyage en Italie, la découverte d’œuvres d'art (Giotto, Brunelleschi, Raphaël...) et de l'amour. 

    Est-ce que tout ça ne s'y trouverait donc pas, vous demandez-vous. 

    Si, si. Quatre cent quinze pages. 415. Pour seulement deux personnages, une jeune fille de 17 ans, un jeune homme à peine plus âgé, féru d'art et préparant une série d'articles sur le thème de la crucifixion en peinture. 

    Elle tombe amoureuse de lui et pour avoir une bonne raison de s'attacher à ses pas de musée en église, se fait expliquer - en long et en large - la grosse trentaine d’œuvres qui formeront l'objet de ses articles.

    Comme il s'agit de crucifixions et qu'on suppose que les (jeunes) lecteurs d'aujourd'hui ne connaissent pas l'histoire sainte, on reçoit au fil des pages de longs cours de catéchisme. David, Salomon, Jésus, Marie, les apôtres, l'Ancien et le Nouveau Testament, les fêtes chrétiennes, tout est aussi minutieusement expliqué que les trente quatre peintures et sculptures. 

    Ouf! Même l'Adrienne - qui pourtant on le sait aime l'Italie, ses peintres, ses musées - n'est pas arrivée à lire jusqu'au bout. 

    Peut-être parce qu'elle connaît son catéchisme. 

    Ou peut-être parce que l'intrigue amoureuse est quasi nulle. Nul le suspense. Nulle l'évolution des personnages. 

    Bref, n'en parlons plus. 

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    BjØrn Sortland, La minute de vérité, roman d'art et d'amour, traduit du norvégien par Françoise, Marina et Tom Heide, Bayard, 2015 

     

     

  • Dernières volontés

    Quand tu seras morte, demande Monsieur Neveu, tu veux être enterrée ou incinérée? Incinérée, répond l'Adrienne. M'enfin! quelle drôle de question, dit Madame Mère. Mais c'est pour savoir quoi faire, dit Monsieur Neveu. Bien sûr, dit l'Adrienne, donc maintenant tu sais, prends-en bonne note pour le jour où. 

    C'est bien, le train, ça laisse le temps à d'intéressantes conversations. 

    A l'aller il s'était déjà enquis d'un autre aspect de la chose: 

    Quand tu seras morte, qui c'est qui hérite? 

    Ma mère, a répondu l'Adrienne. 

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    pluie à hauteur de Rotterdam, 23 juillet

  • Z comme Zakaria

    Madame a une paire de collègues pour qui la radicalisation n'est pas un vain mot. 

    Aussi, quand Zakaria a décidé de se laisser pousser la barbe, n'ont-ils pas manqué de tirer à la sonnette d'alarme! 

    Ce qu'ils n'ont pas trouvé inquiétant, c'est que Joris et Hendrik, les meilleurs copains de Zakaria, arboraient fièrement le même genre de pilosité faciale. 

    *** 

    Madame a revu Zakaria la première semaine de juillet, dans la cour de l'école, en train d'aider à décharger un camion. 

    Il a terminé avec succès une deuxième année de formation comme prof d'anglais. Il est moniteur à la plaine de jeux et installait le matériel pour les enfants. 

    Sacré barbu! 

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    pas de barbu sur cette photo de juin dernier mais un autre "radicalisé", qui n'avait pas apprécié qu'un prof dise du mal de l'islam... à la rentrée prochaine, il entame des études de droit, comme sa grande sœur, dont il est très fier.

  • Y comme IJ

    L'IJ, dans son orthographe ancienne Ye ou même Y, est une grande flaque à traverser pour se rendre à Amsterdam Noord. Le ferry est gratuit et se prend juste derrière la gare centrale. 

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    la passerelle qui relie le musée des sciences (NEMO) et la gare centrale 

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    L'accès par l'Oosterdok 

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    donne des envies de bateau tongue-out 

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    Du toit du musée des sciences NEMO, vue sur le voilier et le bâtiment du musée de la marine 

    voyage, Amsterdam

    Sur la passerelle de la photo 1; le bâtiment en face est le Conservatoire

     

  • X c'est l'inconnu

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    Quand il a fermé la porte de l'appartement et du magasin, il a mis le trousseau de clés dans sa poche. 

    C'était à Alep, il y a trois ans. 

    Il ne pensait pas qu'il ne reverrait plus ni l'appartement, ni le magasin. 

    Avant lui, son père un jour avait aussi rangé un trousseau de clés en attendant le retour. 

    Lui non plus ne pensait pas qu'il ne reverrait jamais sa maison. 

    C'était en Palestine, il y a 69 ans. 

    *** 

    photo prise à l'expo Aleppo au Tropenmuseum d'Amsterdam

     

  • W comme wagon de train

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    A l'aller comme au retour, nous avons pris des tas de trains et le voyage a duré quatre heures et demie. Deux heures de plus que si nous y étions allés en voiture. 

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    Mais que voulez-vous, nous aimons les gares et chacune offre ses petits plaisirs. Monsieur Neveu a profité d'une correspondance pour se photographier dans un photomaton. 

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    A Anvers nous avons admiré la verrière en prenant un cappuccino (voir aussi la première photo) 

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    Et dans la gare centrale d'Amsterdam, nous vous conseillons les toilettes du Grand Café

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    On y aime les perroquets... 

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  • V comme vandale

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    Nous logions dans Amsterdam Noord. On pouvait lire toutes sortes d'affichettes collées ici et là, portant la signature Huisstijl Noord

    Celle de la photo dit: On m'appelle un vandale, mais sait-on ce que c'est que d'habiter au Noord

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    A notre arrivée, toute une équipe était à l'ouvrage sur un énorme mur pas loin de l'embarcadère pour le ferry qui traverse l'IJ entre la gare centrale et les entrepôts NDSM

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    En repartant dimanche matin, nous avons pu admirer l'oeuvre terminée. 

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    On voit que c'est un travail de groupe, où chacun a son propre style 

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    certains ont même pignon sur rue, si j'ose dire tongue-out 

    voyage,amsterdam,art,peinture

    Les musées sont très chers à Amsterdam, mais l'art de rue est provisoirement gratuit: merci les vandales cool

     

     

  • U comme une semaine

    Une semaine à Amsterdam 

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    avec le gros chat du B&B 

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    des canaux de toutes les tailles 

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    des musées pour tous les goûts 

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    des maisons qui ont poussé de travers 

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    et des vélos rois (ce n'est pas un vain mot) 

     

     

     

  • T comme traduction

    C'est chez Nuages que j'ai trouvé ce poème accompagné d'une photo que je n'ai pas osé lui demander undecided

    Laat er een tuin zijn

    Laat er een tuin zijn
    waar de bladeren heel traag
    vallen, menig maal
    hun laatste landingsplaats
    bepalen, alvorens
    de aarde juist te raken
    waar ze in het verlengde
    van hun vrije val ligt.

    Laat het mijn tuin zijn
    waar de wereld eeuwig blijft
    haperen tussen zomer en herfst
    tussen vallen en opstaan.

    Peter TheunynckCalendar

    Faites qu'il y ait un jardin

    Faites qu'il y ait un jardin
    où les feuilles très lentement
    tombent, et décident
    de leur point de chute
    à plusieurs reprises, avant
    de toucher la terre
    en ce point de prolongement
    de leur chute libre.

     

    Faites que ce soit mon jardin
    où le monde éternellement
    oscille entre été et automne
    entre la chute et le relèvement.

    (traduction de l'Adrienne)

    Le poème se trouve repris sur un site brugeois dans le cadre de la défense du Lappersfortbos.

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    vue sur ma ville dans son "trou de verdure", le 23 avril dernier 
    ici les Verts participent à la gestion et je m'en trouve fort heureuse pour la nature environnante, où de nombreux projets ont vu le jour et sont bien suivis. 

  • Stupeur et tremblements

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    Ça faisait bien quatre ans que l'Adrienne n'était plus retournée dans son vert paradis, alors quand des amis le lui ont proposé comme but de promenade, un bel après-midi de juillet, elle a d'abord eu un peu d'appréhension. 

    L'émotion, vous comprenez? 

    Mais ô stupeur, les retrouvailles se sont bien passées cool 

    C'est juste que l'endroit a beaucoup changé: c'est fou ce qu'en quatre ans, les arbres ont grandi. 

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    Les Exmore avaient choisi de se cacher à l'ombre d'un sous-bois qui n'existait pas encore il y a quatre ans - saules, aulnes, frênes... ont bien poussé! 

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    ce ne sont pas les mêmes qu'il y a quatre ans, ceux-là venaient lécher la main de l'Adrienne (ou sa caméra, quand elle voulait les photographier) 

    *** 

    Et la maison d'autrefois? 

    Elle est maintenant bien cachée derrière un haut portail complètement fermé, avec caméra de surveillance et alarme... alors que l'Adrienne, à l'époque, laissait même la porte du garage grande ouverte, et oubliait souvent de la fermer la nuit. 

     

  • 22 rencontres (22)

    Il était venu pour inscrire sa fille et visiblement il n'avait pas envie d'être là. Un grand mec dans la quarantaine sportive, menton carré, regard au loin et moue dédaigneuse: 

    - Quoi? ça va vraiment durer si longtemps que ça? 

    Il pensait qu'une inscription se faisait à la minute, juste un papier à signer. 

    - Vous voulez bien me suivre? sourit Madame. 

    Sa femme, sa gamine et lui s'installent autour d'une table où des tas de paperasses sont préparées: brochures informatives, feuilles diverses pour les formalités et autres dépliants. 

    Madame a reconnu le récalcitrant et voit que lui aussi commence à se rendre compte de quelque chose: 

    - Est-ce qu'il se pourrait, demande-t-il tout à coup au milieu des explications, que j'aie eu cours avec vous? 

    - Mais oui, ça se pourrait. 

    Il étale ses deux paumes bien à plat sur la table et dit: 

    - Ici, ici même j'ai passé des examens! 

    Et un grand sourire illumine enfin son visage, les souvenirs affluent d'un seul coup et il change radicalement d'attitude. 

    Ouf, se dit Madame, on va pouvoir inscrire cette petite dans la bonne humeur. 

    prof,école,élève

    il faisait partie de la fine équipe qui avait réussi à faire une exploration des sous-sols et des greniers

    tongue-out 

    mais ça, on n'en a pas parlé 

    cool

     

     

     

  • R comme Redwane

    "Le bonheur," dit Redwane, "c'est les oignons dans mon durum." 

    Je vous laisse méditer sur cette petite phrase et souhaite à tous mes compatriotes une excellente fête nationale! 

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    oui, on les aime et on les respecte, mais ça ne nous empêche pas de rigoler cool

  • 20 miracles de la nature (8)

    La bière des étoiles, c'est la trappist. 

    Pourquoi? 

    Parce que le télescope est belge et tant qu'à lui fabriquer un nom qui est un acronyme, pourquoi pas un acronyme qui fait sens ... et qui a une forte connotation belge? TRAnsiting Planets and PlanetesImals Small Telescope, vous voyez quelles lettres ont été choisies dans ce tas? Vous voyez où il a fallu pêcher un I? 

    Parce que c'est l'équipe belge qui a découvert les exoplanètes, avec leur télescope trappist (LOL), on les a appelées Trappist-1. De 1-a à 1-g. 

    L'article de l'université de Liège ici 

    Comme les Belges sont des petits comiques, leur projet suivant est baptisé Spéculoos. 

    Et oui, c'est aussi un acronyme. Ça vient de Search for habitable Planets ECLipsing ULtra-cOOl Stars

    La conférence donnée à Liège en avril dernier est ici, la page de l'astronome liégeois, Michaël Gillon, est ici et son parcours ici 

    actualité,belge,belgique,nature

    source de la photo (ULg)

     

     

  • Qui a perdu sa balle?

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    Vous allez rire: c'est une histoire belge. 

    Prenez un bus transportant des jeunes d'une quinzaine d'années qui rentrent d'un séjour en Espagne.

    Prenez une autoroute française, à hauteur de Tours. Il est environ cinq heures du matin, les gamins dorment. 

    Ils sont brutalement réveillés: une balle est entrée par la vitre arrière, qui a éclaté sous l'impact, et est ressortie par une vitre latérale. 

    Le chauffeur s'arrête, la police est alertée. 

    Et c'est là que vous allez rire: dès le lendemain, la gendarmerie française a rassuré tout le monde en disant mais non, on ne vous a pas tiré dessus! ce n'était qu'une balle perdue! 

    ... 

    J'aimerais bien savoir qui a perdu sa balle sur l'autoroute, le dimanche 9 juillet à 5 heures du matin. 

    source de la photo et article ici

     

  • P comme patrimoine

    Nos villes ont tout un patrimoine industriel datant de la seconde moitié du 19e siècle. Dans le cas de la mienne, il s'agit surtout d'anciennes usines textiles et de cheminées, patrimoine auquel on essaie de trouver une seconde vie. On y installe un musée, un entrepôt, des lofts, un centre culturel, une académie de musique. 

    Notre académie "recycle" ainsi une ancienne teinturerie. On a conservé les bassins, les structures métalliques de bâtiments abattus, tout un ensemble où la nature a commencé à s'installer. 

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    une poule d'eau aménage son nid 

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    le ruisseau est plein de grenouilles 

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    des nénuphars poussent dans une des cuves 

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    un saule dans une autre 

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    et les poissons sont bien mignons 

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    encore une belle découverte!

  • O comme Odette

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    Odette riait. On ne savait pas toujours pourquoi. Elle semblait heureuse alors on l'était aussi. Elle riait, et même elle minaudait. Elle prenait ses airs de petite fille candide, clignait des paupières, souriait. 

    Elle jouait avec son écharpe rose. Son chapeau rose, sa robe rose, elle ne voulait plus porter que du rose. Elle avait dû porter du noir trop longtemps, trop souvent. Elle avait bien le droit, maintenant, de porter ce qui lui plaisait. Pourquoi pas du rose, comme ses petites-filles de dix et douze ans. 

    Odette pleurait aussi, parfois. Un chagrin tout à coup l'accablait. Elle était incapable d'expliquer pourquoi. On se sentait si impuissants et malheureux pour elle. Que pouvait-on faire pour chasser les idées noires? Pour lui rendre son sourire? 

    On regardait de vieux albums. Elle tournait les pages, sans rien dire. Parfois elle regardait ailleurs. Les choses l'ennuyaient vite. Alors on allait se promener au jardin. Avec son chapeau rose et son écharpe rose. Elle marchait à petits pas.  

    Puis tout à coup elle disait: il faut vous en aller maintenant. 

    Ou d'autres fois, c'est elle qui voulait partir. Il faut que je rentre, disait-elle. Elle devenait nerveuse, fébrile. 

    Et elle répétait: Il faut que je rentre! mon papa va s'inquiéter. 

    *** 

    tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie!

  • N comme Nathalie

    Il y avait bien eu ce faire-part affiché à la vitrine, il y avait bien eu ces jours où personne ne décrochait le téléphone. 

    Pourtant en voyant ses yeux tristes, l'Adrienne n'avait pas encore deviné. Ça ne va pas? a-t-elle demandé. Non, ça n'allait pas, elle venait de perdre sa maman, une quinzaine de jours auparavant. 

    Alors tout lui pesait, la chaleur des jours et des nuits, l'ambiance festive des soirs d'été où elle entendait de sa terrasse l'animation du centre, la musique, les chants. 

    Et puis, dit-elle, avec les clients, il faut chaque fois répondre à la question et raconter la même histoire. C'est pour ça, dit l'Adrienne, que je ne demande rien. Vous me racontez juste si vous en avez envie... 

    Et cette simple phrase a déclenché tout le flot, banal et triste, d'une maman qui meurt trop vite, trop inopinément, trop jeune, trop indispensable, avec trop de choses à vivre et à faire encore. 

    Vous voyez bien, dit l'Adrienne en sortant de là avec quelques centimètres de cheveux en moins, qu'il faut profiter de chaque instant. Oui, a répondu Nathalie, et elle a souri. 

    coiffeur