K

  • K comme Kapellestraat

    C'est en retournant vers le parking que j'ai remarqué cette oeuvre du Porto-ricain Alexis Diaz, devant laquelle des tas de gens passaient sans la regarder, la Kapellestraat étant une rue piétonnière à vocation uniquement commerçante.

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    Ce curieux mélange de terre et de ciel, de vie et de mort, de références bibliques et de symboles, est pourtant placé à hauteur des yeux. 

    En face du casino, dans le bassin, le duo Schellekens et Peleman a installé son "inflatable refugee", qui a déjà pas mal voyagé, comme on peut le voir ici

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    A côté d'oeuvres en rapport avec les problèmes de notre temps - et de tous les temps - il y a celles qui se veulent purement esthétiques, comme celle-ci, qui n'était toujours pas achevée lundi, deux jours après l'ouverture 

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    Son concepteur est le Brugeois Stefaan De Croock, designer de formation. L'oeuvre est constituée de bois de récupération, vieilles planches, portes, parties de meubles mis au rebut. 

    Bref, entre les peintures de l'an dernier et celles de 2017, il y a encore de quoi remplir quelques séjours ostendais cool

    Et l'inachevé de l'autre jour? Lundi il était bel et bien terminé: 

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  • K comme Kodiak

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    Lui, c'est mon frère Kodiak. Moi c'est Kirkouk. Parce que 2011, c'est l'année du K

    En nous voyant, tout le monde s'exclame: Oh! comme ils sont mignons! Et comme ils ont l'air de bien s'entendre! 

    L'air, oui, mais l'air ne fait pas la chanson. 

    Si les gens nous observaient un peu plus attentivement, ils verraient bien qui prend toute la place. Et qui risque de tomber à côté du coussin. Qui garde l'os sous le menton. Et qui n'a rien. Qui dort comme un bienheureux. Et qui sert d'oreiller sans réussir à fermer l’œil. Qui a le ventre rond, et qui les os saillants. 

    Oh! comme c'est trop chou! gazouillait encore la visiteuse de cet après-midi. Quel dommage de les séparer! 

    Et bien moi je vous le dis franchement: séparez-nous, ne vous gênez surtout pas! Le plus tôt sera le mieux! 

    Sinon je vais finir par faire un malheur... 

    *** 

     photo et consignes chez Lakévio

  • K comme Knocke ou Knokke

    D'abord, il y a eu ce tableau, au Petit Palais: 

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    Il est de la main de Camille Pissarro et s'intitule Le village de Knocke. 

    - Tiens, se dit l'Adrienne, Pissarro est allé à Knokke en 1894? Et sur quelle hauteur s'est-il perché pour avoir ce point de vue sur le village? Écrivait-on réellement "Knocke" avec un c à l'époque ou est-ce une erreur? 

    Bref, un tas d'interrogations devant ce joli tableau qui sent si peu la mer et les mondanités d'aujourd'hui. 

    La réponse à la première question est oui: en juillet 1894, Théo Van Rysselberghe est à Knokke et Pissarro vient l'y rejoindre. On peut lire dans sa biographie qu'une maladie des yeux l'empêchait de peindre en extérieur: c'est pourquoi, il le faisait de la fenêtre de sa chambre. 

    La troisième question a trouvé sa réponse dès le lendemain, à l'expo Hergé: 

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    Sur cette affiche publicitaire réalisée par Georges Remi entre les deux guerres on remarque la même graphie avec le c au lieu du k actuel. 

    C'est l'époque où le père de l'Adrienne, d'abord dans le ventre de sa mère, puis tout bébé et petit enfant, découvrait les plaisirs de la plage. 

    Il y a même dans les archives familiales une photo unique de la petite Ivonne dans ce genre de maillot de bain tongue-out

    De la grand-mère Adrienne aussi, d'ailleurs... 

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    Sur la plage de Knokke, entre la petite Ivonne et son mari, leur premier-né; 
    le père de l'Adrienne est encore au stade préparatif... 

     

  • K comme Khnopff

    - Les photos sans flash sont permises? demande ingénument l'Adrienne au charmant jeune homme chargé de surveiller les trois premières salles. 

    - Hélas non! dit-il. Les collectionneurs privés ne le veulent pas... 

    - C'est bien dommage! 

    Elle lui montre le tableau d'Adrien-Joseph HeymansBrugje in Houffalize (un petit pont à Houffalize), qui vient en effet d'une collection privée. 

    - Je ne l'avais encore jamais vu, celui-là. La photo, ça aide à se souvenir... 

    - C'est vrai, répond-il, mais vous pouvez la chercher sur internet. 

    Puis il se ravise: 

    - Ou acheter le catalogue! 

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    le voilà, le petit pont, trouvé sur la page fb du musée, un comble tongue-out 

    Interdiction, donc, de sortir l'appareil photo pendant la visite des dix salles consacrées à l'exposition sur Emile Verhaeren et les artistes de son temps.  

    Interdiction de photographier ce KhnopffL'Encens, mais le jeune homme avait raison, on le trouve sans problème sur le net. 

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    il est sur wikipedia commons... 

    Par contre, dans la riche collection permanente, on peut photographier autant qu'on veut. Là aussi, quelques Khnopff, comme cet inhabituel portrait masculin, celui qu'il a fait de son père Edmond: 

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    Et dans la même salle, quel bonheur de retrouver l'ami Spilliaert, dans ce bel autoportrait tout en transparences: 

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    Silhouette du peintre (1907) 

    Le prendre de côté n'a pas empêché qu'on y voie tout de même la photographe: de transparence en transparence, voilà la photo toute trouvée pour le projet du Hibou 

    semaine 50 - transparence

  • K comme Krapoverie

    La journée avance et le bus avec les grands-parents n'est toujours pas en vue. Ernest n'a plus un radis et il ne reste quasiment rien du petit pécule de Bernadette. Vont-ils pouvoir planter leur tente quelque part dans les environs? C'est douteux! Ils ont déjà eu l'occasion de remarquer que rien - ou presque - n'est gratuit à Lourdes. 

    - On pourrait essayer les maisons religieuses, propose Bernadette, jamais à court de bonnes idées. Séparément, bien sûr! parce que ça m'étonnerait que les bonnes sœurs acceptent de nous loger ensemble. 

    Où trouve-t-elle encore la force de rire, se demande Ernest, qui devient plus sombre d'heure en heure, lui qui n'était déjà pas franchement gai pendant le voyage. 

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    Ils finissent par trouver une congrégation posant pour la photo souvenir comme un jeu de quilles, en quinconce et d'une symétrie tirée au cordeau. 

    - On dirait ma grand-tante Gudule et ses copines, s'esclaffe Bernadette. Celle qui est chez les bonnes sœurs à Lokeren. Attends-moi là, je vais me renseigner. 

    Malheureusement, ce n'étaient pas des Flamandes, mais des Polonaises. 

    - Tant pis, dit Bernadette, retournons dans le centre... 

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     C'est là qu'ils tombent enfin sur le groupe de touristes belges avec le grand-père, la grand-mère, le chauffeur du bus et un tas d'inconnus: tout le monde pose gravement devant un des autels extérieurs. 

    - Qu'est-ce que je suis contente de vous voir, tous les deux! s'écrie Bernadette en se jetant au cou de son grand-père et de sa grand-mère. Venez que je vous présente Ernest.  

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    C'est ainsi qu'Ernest, en prenant congé des grands-parents de Bernadette trois jours plus tard, a appris une petite phrase essentielle pour la suite des événements le concernant: 

    - Il faut vraiment que j'y aille, dit-il en remerciant une dernière fois le grand-père. Mes affaires m'attendent! 

    - Ah! s'exclame le grand-père, vous avez bien raison, mon garçon: les affaires, c'est comme les brouettes! Quand on ne les pousse pas, elles s'arrêtent! 

    - Merci, je m'en souviendrai, dit Ernest. 

    ***

    c'est avec cette photo chez Joe Krapov que tout a commencé 

    cool 

    le premier épisode est ici 

    toutes les autres photos proviennent des archives de mes grands-parents

  • K comme Krapoverie

    Ernest et Bernadette ont vainement fait deux fois le tour des lieux de dévotion à pied, le vélo à la main, scrutant la foule pour essayer d'y retrouver deux visages connus. 

    - C'est bien joli tout ça, soupire Bernadette, mais j'aimerais enfin tomber sur mes grands-parents et rentrer en bus avec eux! Je n'ai pas envie de refaire tout le voyage du retour à bicyclette! 

    - Ni moi, dit Ernest. J'ai les fesses en charpie. Et mes affaires m'attendent... 

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    Pendant qu'Ernest et Bernadette tournicotaient entre la grotte et l'esplanade de la cathédrale, les grands-parents posaient tranquillement devant le bus qui avait amené sa petite colonie de Belges à une des étapes obligées du voyage à Lourdes, le cirque de Gavarnie. Le grand-père tenait fièrement sa toute nouvelle canne de randonneur, munie d'une pointe en fer. Elle ne lui servirait qu'à monter les trois marches du café des Pèlerins, où il avait repéré qu'on servait de la Stella. 

    Mais n'anticipons pas... 

     

    ***

    tout a commencé avec cette photo:

    ernest et bernadette.jpg

    photo, consigne et texte chez Joe Krapov, que je remercie! 

    les autres photos proviennent des archives de mes grands-parents

  • K comme kaiyûshiki

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    A Ostende, le jardin japonais est "un jardin de promenade à la manière kaiyûshiki", dit le petit dépliant offert sous l'azumaya, la "maison d'été" où on peut s'asseoir et profiter de la beauté du jardin. 

    Kaiyû veut dire promenade: le parcours dessiné dans le jardin offre une belle variété sur un petit espace, comme ce sentier à côté des bambous, 

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    une allée de planches en zigzag dans l'étang, qui permet d'admirer une carpe koï et beaucoup de menu fretin 

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    vous les voyez, les mini-poissons? 

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     La promenade est circulaire et traverse la cascade, ce qui faisait la joie des petits et des grands en ces chaudes journées d'août, où on se plaisait à se mouiller 'exprès' 

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    Bref, on sort de là requinqué cool 

    ***

    pour le projet du Hibou semaine 37 - bois 

    le jardin japonais d'Ostende 

    architecte: Takashi Sawano 

    Jardin ouvert au public le samedi et le dimanche de 10.00 à 18.00 h. et tous les jours pendant les vacances scolaires.

     

  • K comme Kremna

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    Kremna, ce sont des ruines sur un pic où ne mène pas de route asphaltée. 

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    Située au sommet, elle offre une vue incroyable 

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    et n'était accessible autrefois que par cette seule double porte. 

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    Quelques "beaux restes" 

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    où toutes les inscriptions sont en grec, 

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    et un champ de ruines où les archéologues du futur trouveront encore amplement de quoi faire!

  • K comme Klarafy

    Elle s'appelle Klara, ce qui est à la fois un prénom féminin et l'abréviation de 'klassieke radio': la chaîne de radio flamande spécialisée en musique dite 'classique'.

    Dans le but de trouver toujours de nouveaux publics et de toucher les jeunes adultes (je suppose), Klara a inventé Klarafy, un programme en ligne qui vous permet de trouver des morceaux 'classiques' correspondant à vos goûts.

    J'ai testé.

    D'abord, j'ai dû ouvrir un compte spotify.

    Puis j'ai eu accès à Klarafy... qui me propose de sélectionner mes goûts musicaux en fonction des diverses chaînes de radios flamandes, dont bien sûr je n'écoute aucune, puisque je n'écoute que Klara tongue-out.

    J'en ai testé deux ou trois, c'est bien fait et on peut affiner sa sélection - vous voulez plus happy ou sad? relaxing ou cheerful? etc.

    Enfin, vous téléchargez et Klara vous offre quelques minutes d'une dizaine de morceaux allant du baroque au moderne.

    Evidemment, et ceux qui connaissent spotify se moqueront bien de moi, si vous ne prenez que la version gratuite, vous n'échapperez pas aux pub qui viennent s'intercaler entre votre dégustation de la Toccata de l'Orfeo de Monteverdi et Skulkalsbrura de Grieg.

    Il faut que le commerce marche, disait mon père.

     

    ici avec Jordi Savall

  • K comme krak

    L'Adrienne était tranquillement occupée à son bureau

    quand tout à coup

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    Krak! Dzinng!

     

    La corde qui retenait

    le cadre des ancêtres

    accroché à son clou

    venait de céder

    dans la pièce d'à côté...

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    La famille tout entière

    s'est retrouvée par terre

    dans mille bris de verre...

    ***

    Comme l'Adrienne n'est pas superstitieuse, elle ne croit pas que cela aura des conséquences négatives pour les deux personnes encore vivantes figurant sur la photo parmi les arrière-grands-parents, les grands-oncles et les petits-cousins cool

     

  • K comme Kjell Westö

    "Je parle le finnois couramment et je suis tout à fait bilingue depuis l'âge de 10-12 ans. Je suis un funambule culturel et linguistique. Parler ces deux langues a toujours fait partie de mon identité."

    Kjell Westö, en conversation avec Geert van Istendael à Passa Porta, le 7 août 2008, in Les présents de l'écriture, éd. Passa Porta, 2015, p.231.

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    source de la photo

    et pour en savoir autant sur lui que Wikipedia 

    cool 

    funambule culturel et linguistique?

    l'image me plaît!

  • K comme kopeck

    L'Adrienne n'ira sans doute jamais en Russie parce qu'elle est persuadée qu'il faut connaître la langue pour apprécier le pays et rencontrer ses habitants. Or, elle ne connaît que trois ou quatre mots de russe, grâce à la comtesse de Ségur: dourak, kopeck, isba, moujik. Autrement dit, des mots en réponse desquels on risque plus l'insulte que les félicitations tongue-out 

    « Je la remerciai, et je pris de toute la vitesse de mes jambes le chemin que cette bonne fille m’avait indiqué. Je courus pendant plusieurs heures, me croyant toujours poursuivi. Mon voyage devint de plus en plus périlleux à mesure que j’approchais du centre de la Russie. J’osais à peine acheter du pain pour soutenir ma misérable existence, quand me trouvai près de Smolensk, dans les bois de votre excellent oncle, dont j’ignorais le séjour dans le pays ; je n’avais rien pris depuis deux jours et je n’avais plus un kopeck pour acheter un morceau de pain. Il y avait près d’un an que j’avais quitté Ékatérininski-Zavod, un an que j’errais inquiet et tremblant, un an que je priais Dieu de terminer mes souffrances. Elles ont trouvé une heureuse fin, grâce à la généreuse hospitalité de votre bon oncle, grâce à votre bonté à tous, dont je garderai un souvenir reconnaissant jusqu’au dernier jour de mon existence."

    Le général Dourakine, en ligne ici

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    merci à l'ancienne collègue de ma mère qui m'a offert sa collection de livres de la comtesse dans cette édition Hachette des années 1930 illustrée par A. Pécoud. 

    Pour ceux qui voudraient s'initier aux insultes russes, le mot "dourak" et quelques autres ici.

  • K comme Koers

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    Là où l'Adrienne habitait autrefois, la petite rue qui donnait sur son cul-de-sac était le lieu, au moins deux ou trois fois par an, du passage d'importantes courses cyclistes. Ce qui obligeait l'Adrienne soit à rester chez elle avec des provisions suffisantes pour tout le week-end, soit à prévoir un séjour ailleurs, où sa mobilité ne serait pas réduite et son ciel moins encombré d'hélicoptères. 

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    Là où l'Adrienne habite aujourd'hui, la rue en béton est le lieu de passage obligé de toutes les courses cyclistes du pays flamand. Ce qui n'est pas peu dire. 

    La première de la saison était le premier week-end de mars. L'Adrienne s'est postée à la fenêtre du premier étage et a enclenché son appareil à chaque fois qu'un coureur se montrait. 

    Malheureusement, entre le moment où on enclenche et celui où la photo est prise, il se passe la seconde nécessaire pour que le cycliste soit déjà hors-champ. 

     La seule preuve du passage d'une course cycliste, c'est l'absence totale de circulation et de voitures garées. 

    tongue-out

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 10 - par la fenêtre 

  • K comme Köln

    Les statistiques officielles nous apprennent qu'en 2013, en Belgique, huit plaintes pour viol ont été déposées chaque jour. 

    Ces chiffres sont en hausse, selon toute probabilité parce que de plus en plus de femmes osent porter plainte. 

    Il est vrai que ce n'est pas une chose simple, en premier lieu parce que dans la majorité des cas, l'agresseur fait partie de l'entourage de la victime. Et aussi parce que la première réaction de la victime est d'essayer d'effacer toute trace... (1) 

    La situation est à peu près la même dans les pays qui nous entourent. (2) 

    Alors j'aimerais bien qu'on ne mélange pas tout. 

    Car il me semble que ceux qui aujourd'hui crient haut et fort qu'il faut renvoyer chez eux tous ces violeurs barbus, sont exactement les mêmes que ceux qui, en mars dernier, se gaussaient des jeunes femmes qui osaient dire qu'elles en avaient assez de subir des remarques sexistes et attouchements divers. 

    C'est qu'en mars dernier, il ne s'agissait pas de barbus. 

    Ceux qui nous traitaient de "juffrouw truttenbol" en nous disant, dans ces mêmes journaux et réseaux sociaux où ils s'insurgent aujourd'hui, plus blancs que neige, qu'il fallait prendre ça pour des compliments et qu'on se plaignait vraiment pour pas grand-chose. 

    Et qu'on l'avait bien cherché, en se promenant seule habillée comme ça. 

    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2015/03/23/stupeur-et-tremblements-8406779.html

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    ***

    (1) Voir par exemple ceci http://www.courrierinternational.com/article/belgique-victime-de-viol-tu-porteras-plainte-tout-de-suite-ou-pas-du-tout

    (2) Chiffres pour la France: http://www.planetoscope.com/Criminalite/1497-viols-en-france.html  et rapport d'une enquête de l'Union européenne http://fra.europa.eu/sites/default/files/fra-2014-vaw-survey-main-results-apr14_en.pdf

  • K comme Kerststukje

    En ces temps de Noël, les petits réalisent des travaux de saison avec des maîtres et des maîtresses obligés de réinventer l'eau chaude, année après année.

    La maîtresse de Wannes avait une belle idée: une petite chose tout à fait réalisable pour les doigts malhabiles et en même temps très jolie. Une petite chose qui ne coûterait pas trop cher en fournitures - c'est un aspect de plus en plus important - et qui trouverait sûrement sa place dans tous les foyers, même chez ceux qui croient en d'autres paradis... ou en aucun.

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    Et puis allez savoir ce qui s'est passé...

    Wannes a-t-il déposé son trésor pour récupérer un ballon? ramasser un dernier marron? sortir de sa poche un vieux bonbon?

     

  • K comme Konrad

    - Je m'appelle Konrad, nous dit-il. Avec un K.

    Et il ajoute, comme s'il fallait s'en excuser:

    - Je suis Suisse allemand.

    Personne ne sait quoi lui répondre. Faut-il le consoler ou le congratuler?

    C'est lui qui fournit la réponse, en répétant un certain nombre de fois, au cours de la semaine:

    - Faut m'excuser, je suis Suisse allemand.

    De quoi, ce n'est pas clair, mais la Belge comprend tongue-out.

    Il est prof, comme moi. De langues germaniques (faut l'excuser).

    ***

    A la fin de la semaine, au moment des adieux, je dis à Konrad:

    - Toi, tu restes, tu as quinze jours de congés scolaires, en Suisse?

    Il a eu dans le regard cette ombre reconnaissable entre profs fatigués:

    - Je reste six mois, dit-il. J'ai pris un congé sans solde.

    On acquiesce. On comprend.

    - Je ne gagne pas un sou, mais ce break, j'en ai vraiment besoin.

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    photo prise à Turin au musée du cinéma

  • K comme kilomètres

    - Pour lundi prochain, dit Mieke, il faudra prévoir du papier à musique.

    Nous venions de faire notre première dictée. Il fallait distinguer le sol du mi. C'était tellement facile qu'à peu près toute la classe avait 10 sur 10.

    La classe, ce sont deux hommes et une poignée de femmes, aux motivations les plus diverses: des mères de famille qui veulent pouvoir 'suivre' leur enfant et ses cours de musique, un jeune qui rêve de devenir compositeur mais qui refuse de chanter les notes qu'on apprend, un monsieur qui, comme l'Adrienne, se voit déjà au clavier de son piano Langue tirée

    - Mais où est-ce qu'on peut trouver un cahier de musique? a demandé une des mères.

    Il paraît que ça se vend même en grande surface. Mais l'Adrienne a préféré marcher des kilomètres dans sa ville pour aller dans une grande papeterie.

    - Vous avez des cahiers de musique? a-t-elle demandé à la jeune fille, après avoir vainement cherché dans quatre ou cinq rayons.

    - Suivez-moi.

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    et voilà le machin

  • K comme Kundera

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     face à l'insoutenable légèreté de l'être, la lourdeur du sac à dos, avec cet ordi qu'on tient à emporter partout où on va...

    Dans le train, lire enfin ce roman de Kundera dont tant de gens disent du bien.

    Avoir besoin d'une heure pour arriver à la page 88.

    Laisser tomber la lecture. Ne pas réussir à se passionner pour Tomas, pour Tereza, pour le récit recommencé des rêves récurrents de Tereza.

    Pourtant, c'est vrai, y trouver de temps en temps de jolies phrases:

    "Si la Révolution française devait éternellement se répéter, l'historiographie française serait moins fière de Robespierre."

    Milan Kundera, L'inbsoutenable légèreté de l'être, Folio, 1990, page 13.

    ***

    L'incipit, page 13:

    "L'éternel retour est une idée mystérieuse et, avec elle, Nietzsche a mis bien des philosophes dans l'embarras: penser qu'un jour tout se répétera comme nous l'avons déjà vécu et que même cette répétition se répétera encore indéfiniment! Que veut dire ce mythe loufoque?"

  • K comme kilomètres

    - Vous avez combien de kilomètres, au compteur? 
    - Aucune idée! 
    Vous voulez que j'aille voir?

    J'étais déjà toute contente, en parlant dans la borne de secours, le long de l'A7, de savoir par coeur les trois chiffres de ma plaque. J'hésite toujours sur le dernier: est-ce 3 ou 6?

    On était dans le camion de dépannage, il y avait des papiers à remplir pour la facture.

    - Cent mille?
    - Oh moins, je pense...
    - Soixante-dix mille?
    - Je vais vérifier, si vous voulez...

    Non, ce n'était pas la peine. Il voulait sans doute en finir et aller dépanner une autre malheureuse pas capable de dévisser elle-même une roue de sa bagnole.

    Et il faisait horriblement chaud dans sa cabine.

    Après, bien sûr, j'ai regardé combien de kilomètres j'avais au compteur.

    Mais vous savez quoi?

    Je l'ai déjà de nouveau oublié Langue tirée

     memoire,voyage,france,vie quotidienne,ça se passe comme ça,expert

    Il a fallu un deuxième miracle pour qu'aucun véhicule ne pulvérise ma petite bagnole.
    - Mettez-vous bien derrière la barrière, avait insisté la voix de la borne de secours.

  • K comme KNT

    Avais-je 12 ans? Je ne le pense pas. Ce qui est sûr, c'est que mon frère en avait cinq de moins que moi et le petit Michel sept de moins. Seul Philippe, probablement, avait l'âge requis.

    Et nos parents, ces inconscients, nous ont emmenés au cinéma, un beau dimanche, pour voir Gone with the wind.

    Cool

    Qu'on passera demain sur la première chaîne flamande et qui a reçu la mention KNT, kinderen niet toegelaten, enfants non admis.

    Film > Romantische komedie

    Verenigde Staten - 1939
    Duurtijd: 210 min
    Déconseillé aux moins de 12 ans Déconseillé aux moins de 12 ans  

     

     

     

     

    Ce film ne m'a pourtant pas traumatisée, ni mon petit frère. 

    Personnellement, comme je l'ai déjà raconté ici, je me souviens surtout des rideaux de velours vert transformés en robe. De la nounou qui remonte le décolleté de Scarlett parce qu'elle le trouve inconvenant. Et de la scène dramatique où l'héroïne tombe de l'escalier.

    la première moitié du film en mode "reader's digest"
    c'est-à-dire réduite à dix minutes

    ***

    Aux Etats-Unis, ce film a le "rating G"
    ce qui veut dire "all audiences"

    Bizarre, cette divergence d'opinion, non?

    Langue tirée

     

  • K comme KWIS

    Quand Madame explique le système scolaire français ou fait lire en classe un article sur le sujet, il y a toujours un tas d'acronymes à expliquer: le CAP, le CDI, le CPE, le DS, l'EPS, une ZEP, la liste est infinie (http://www.ac-grenoble.fr/sitegm/spip.php?article46)

    Mais là où ça devient vraiment réjouissant, c'est quand Madame s'informe sur les programmes de ses collègues de France. Elle avait déjà beaucoup ri à l'époque des "instruments scripteurs" de Ségolène Royal: 

    Dites : « Depuis de nombreuses années,
    dès le cycle des approfondissements de
    l'école primaire et plus encore dans les
    classes de collège, on peut constater
    que de très nombreux enfants,
    droitiers ou gauchers,
    ont de réelles difficultés à tenir
    un instrument scripteur. »
    Ségolène Royal
    (B.O. N°24 du 17/06/99,
    NOR : SCOE9900890C,
    RLR : 554-9, CIRCULAIRE N° 99-082 DU 10-6-1999,
    MEN DESCO A1)
    http://www.education.gouv.fr/bo/1999/24/ensel.htm

    Et ne dites plus :

    « ça fait un bail que les instits et les profs ont remarqué que pas mal d'élèves savent même plus tenir un stylo »

    Mais ces jours-ci, on a atteint des sommets dont toute la presse se gausse à qui mieux mieux.

    On peut même faire un petit test de novlangue jargonesque: http://www.liberation.fr/societe/2015/04/24/education-parlez-vous-le-nouveau-programme_1261738#go-quiz

    Tout ça, très probablement, réjouit beaucoup moins les collègues français. Madame les plaint de tout son coeur et prie pour que son Educ'Nat' à elle continue de s'abstenir de telles dérives.

    Amen.

  • K comme Kilkenny

    On pourrait croire que l'Adrienne a choisi sa destination du jour en fonction de son Abécédaire: c'est aujourd'hui qu'elle est supposée arriver à Kilkenny pour y passer trois nuits.

    Trois nuits, quatre jours pour découvrir ce coin du sud de l'Irlande.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Kilkenny

     

    kilkenny.jpg

    « Kilkenny View from Round Tower to St Mary Cathedral 2007 08 28 » par Andreas F. Borchert. Sous licence CC BY-SA 3.0 de via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Kilkenny_View_from_Round_Tower_to_St_Mary_Cathedral_2007_08_28.jpg#/media/File:Kilkenny_View_from_Round_Tower_to_St_Mary_Cathedral_2007_08_28.jpg

    Mais quoi qu'on fasse avec le calendrier, comme l'a prédit Daninos, on arrive toujours trop tôt ou trop tard pour les choses vraiment intéressantes Langue tirée

    http://www.visitkilkenny.ie/

  • K comme kwade dagen

    De temps à autre je range une boite, je trie, je jette.

    Sur un vieux classeur de plastique bleu, un de ceux que j'ai encore utilisés comme élève, puis comme jeune prof, je retrouve un auto-collant: "Kwade dagen gaan ook voorbij", les mauvaises journées passent aussi.

    C'est vrai, bien sûr.

    Mais je ne crois pas que ça consolera la maman à qui on annonce que son fils vient d'avoir un grave accident de voiture.

  • K comme krapoverie

    L’aïeule accroupie sous l’aubépine chantait ses alléluias d’une voix assourdie. C’est à peine si elle bougeait les lèvres. Dans les buissons épineux, un oiseau savourait les dernières baies. La boulangerie d’Edouard répandait ses arômes de petits pains au chocolat.

    krap2.jpg

    Pendant que nous nous aventurions sur la plage à la recherche de coquillages, petits baroudeurs barbouillés de confiture de framboises, Marie-Louise la sauvageonne ne quittait pas sa chambrette.

    krap3.jpg

    Aujourd’hui on trouverait l’info sur notre ordinateur et on découvrirait que cette petite était anorexique. Mais grand-mère ne pouvait que se lamenter quand elle ne touchait ni à sa fameuse bouillabaisse, ni à ses succulentes ratatouilles.

    ***

    Choisir deux photos parmi celles qui illustrent un calendrier collaboratif de 2011 et un autre de 2012, écrire un texte pour illustrer une des deux ou les deux photos choisies et y insérer au moins dix mots comprenant 4 ou 5 voyelles différentes.

    J'en ai utilisé 20. Merci à Joe Krapov!

    accroupie - accueillons - aïeul - alleluia - andouillette - anorexique - assourdie - aubépine - autonomiste - aventurerions - Bakounine - barbouillé - baroudeur - bijouterie - bitumage - boisseau - bougeait - bouillabaisse - boulangerie - brouillage - carabistouilles - coquillage - cueillera - Edouard - élucubrations - embrouillamini - épanouissement - Essaouira - évanouissement - gargouille - giratoire - glaïeul - guignolade - incontournable - innovateur - kaléidoscopique - Marie-Louise - Marioupol - naturologie - oiseau - oiseleur - ordinateur - palindrome - Papouasie - papouille - pointeuse - protubérance - pirouettant - purgatoire - Raspoutine - ratatouille - roucoulerai - saucière - saucissonner - sauvageonne - savourait - soupesait - tambouille - toupie - tyrannosaure - yaourtière 

     

     

  • K comme kermesse

    Dans les années 80, Madame était un tout jeune prof qui donnait encore des dissertations classiques. Un jour, elle a fait cogiter ses élèves d'alors sur l'américanisation de notre mode de vie.

    Aujourd'hui, elle pourrait organiser un débat autour de l'américanisation de nos kermesses flamandes.

    Voici les photos prises lors de la dernière kermesse d'automne:

    kermis 2014 (1) - kopie.JPG

    kermis 2014 (2) - kopie.JPG

    kermis 2014 (6) - kopie.JPG

    kermis 2014 (7) - kopie.JPG

    kermis 2014 (8) - kopie.JPG

    kermis 2014 (9) - kopie.JPG

    kermis 2014 (3) - kopie.JPG

    oui, vous avez bien vu:
    même la chenille de l'enfance de Madame

    (et du père de Madame)
    est repeinte aux couleurs de Hawai et de Malibu

    http://www.jukebox.fr/la-bande-a-basile/clip,la-chenille,5zmrl.html

    la seule attraction à ne pas porter de nom américain
    c'est le vendeur de gaufres et "oliebollen"
    (sorte de croustillons)
    qui s'appelle Pauwels

    http://www.nieuwsblad.be/article/detail.aspx?articleid=BLGHE_20091005_003
    comme autrefois

     pauwels.jpg

    cette dernière photo n'est pas de moi
    (source: http://websta.me/tag/pauwels)

  • K comme krapoveries

    Bref, je sais pas dire non
    (titre de l'épisode 32 de Bref)

    Bref, je sais pas dire non. C'est surtout dangereux quand je vais voir ma mère. Comme samedi dernier. 

    J'arrive à neuf heures et demie (elle se lève tard) après avoir fait toutes mes courses et être rentrée chez moi les déposer. J'ai encore une longue liste de choses à faire, la semaine a été très chargée en conseils de classes, et demain j'ai de la visite.

    - Ah! tu es enfin là, qu'elle me dit. 

    Ce qui est sa plus belle façon de me montrer son contentement de me voir. Surtout que 5 minutes plus tôt, j'aurais été à sa porte. Comme d'habitude, elle ajoute:

    - Mais tu n'as de nouveau pas le temps de rester longtemps, je suppose?

    Pas le temps d'enlever mon manteau ni de boire un verre d'eau, il faut que j'allume l'ordi pour voir si le four à micro-ondes qu'elle a décidé de s'acheter (sur les conseils de sa voisine) n'est pas moins cher ailleurs. Malheureusement, elle n'a pas noté le nom du modèle. Je cherche une aiguille dans une botte de foin et miracle, je finis par la trouver. Après je dois encore téléphoner au magasin, emballer le four défectueux, le porter jusqu'à la voiture, la conduire au magasin, rapporter le nouvel achat. Qui pèse 17 kilos, sans son emballage. Une boîte énorme, que j'arrive à peine à soulever. Comme c'est samedi et jour de marché, la voiture est deux rues plus loin.

    Bref.

    Quand nous sommes de retour à l'appartement, deux heures plus tard, elle me dit la phrase pour la deuxième fois:

    - Mais tu n'as de nouveau pas le temps de rester longtemps, sans doute?

    A quoi je lui réponds gentiment que ça fait tout de même déjà deux heures que je suis avec elle.

    Parce qu'au magasin, elle a vu des télés. Sa voisine lui a fait peur que sa vieille télé cathodique va lui "imploser" au visage et incendier son appartement alors elle veut s'en acheter une à écran plat.

    Je rallume l'ordi, introduis les données: dimensions maximales (l'appareil doit pouvoir entrer dans la même armoire que le précédent mais avoir un écran de 32 inch), LED, 100 Hertz... Encore un coup de fil au magasin pour divers renseignements complémentaires. A midi dix, tout était réglé.

    - Tu m'accompagnes au magasin?

    Je mourais de faim, six heures déjà que je n'avais plus rien mangé. Mais elle voulait sa télé tout de suite.

    Bref, je sais pas dire non.

    ***

    merci à Joe Krapov
    http://krapoveries.canalblog.com/archives/2014/10/12/30751236.html

     

     

    photo prise à Rome en mars 2014
    le téléviseur de ma mère date des années 2000

    krapoverie,jeu,mère,vive la famille

    "La télévision a influencé le comportement linguistique des Italiens à tous les niveaux du système linguistique, a profondément modifié, plus que tout autre 'mass media', la façon dont depuis des siècles étaient utilisés les nombreux dialectes et la langue nationale du pays." Tullio De Mauro, linguiste et homme d'Etat.

  • K comme Karel de Grote

     bricabook137.jpg

     © Romaric Cazaux

    http://www.bricabook.fr/2014/10/atelier-decriture-137e-une-photo-quelques-mots/

    Au détour de l’allée, un homme solidement campé sur ses deux jambes semblait nous attendre.

    - Je m’appelle Karel De Grote, nous lance-t-il, et vous ?
    - Moi pas, répond Ludovic, qui malgré ses quarante ans passés reste un fervent adepte de l’humour potache.
    - Et ici, vous êtes chez moi, vous le savez, ça ?
    - Comment ça, chez vous ? fait Ludovic en prenant l’air bête.

    Evidemment, il a vu les pancartes « Propriété privée » et « Défense d’entrer », mais ce n’est pas le genre de choses qui l’arrêtent.

    Avec son béret et son imperméable défraîchi, sa longue barbe grisonnante et ses grosses bottines, « Charlemagne » (1) ne payait pas de mine. Ça ne l’empêchait pas de faire un ample geste et de déclarer avec emphase, en détachant bien les syllabes :

    - Tout ceci m’appartient. Vous êtes ici chez moi et je ne vous ai pas invité. Je vais donc noter le numéro de votre voiture et vous signaler à la police.
    - Bravo ! Ça manque, des gens comme vous !

    Et après lui avoir fortement serré la main, Ludovic se retourne pour s’en aller par où il est venu. Dix pas plus loin, il lui crie :

    - Croyez-moi, ça me fait vraiment plaisir ! J’ai hâte d’être à lundi et de trouver votre plainte.
    - …
    - C’est moi le commissaire principal!

     ***

    (1) Karel de Grote 

  • K comme Kodak

    C'était l'époque des films kodak. Trente-six expositions. Enlever le rouleau, en mettre un autre, recharger l'appareil. La caméra était lourde, surtout avec le téléobjectif.On l'emportait à toutes les réunions de famille, on la trimbalait en voyage, du Chili jusqu'en Nouvelle-Zélande et jusqu'en haut des montagnes. C'était elle qu'on protégeait d'abord dès qu'il se mettait à pleuvoir.

    Il fallait faire développer les rouleaux. L'impatience de voir le résultat était forte.

    - Surtout, tu n'ouvres pas le paquet avant moi! me disait-il.

    Comme les enveloppes étaient scellées, il était difficile de tricher. Alors j'attendais.

    Aux vacances suivantes, je classais tout dans de grands albums. Je notais les lieux et les dates, pour ne rien oublier.

    On a fini par remplir une armoire d'une quinzaine d'albums qu'on ne regardait plus jamais. 

    Aujourd'hui, je ne peux me décider ni à les jeter, ni à les feuilleter et je ne sais pas où les mettre dans ma trop petite maison.

     maart-april (16).JPG

     même le grenier est déjà plein 

  • K comme krapoverie (fin)

    Dans le silence qui suit, Dominique a le tort de souffler à l'oreille de sa femme: "Je t'en prie, pas de déballage!".

    - Je crois, dit celle-ci, que tout le monde a entendu? Ce que mon mari veut dire, c'est que notre couple ne va pas très bien et que nous considérons cet atelier comme une ultime planche de salut. Une sorte de test. Ce sera notre seule activité commune depuis de nombreuses années. Depuis toujours, en fait.

    Elle a son air dur et sec. Dominique a tout à coup très chaud et regrette de s'être embarqué dans cette histoire d'atelier.

    - Merci de votre franchise, Dominique, dit Alicia en regardant ce couple mal assorti auquel elle remet deux badges identiques: Dominique et Dominique. 

    - Ma femme et moi, dit Henri pour détendre l'atmosphère, nous sommes Belges, nous sommes Flamands. Nous venons d'Ostende.

    Disant cela, il laisse comme toujours planer un petit silence. Il est convaincu qu'être Ostendais est un privilège que le monde entier lui envie.

    - Nous avons l'intention de passer les mois d'été dans le Velay et nous nous sommes inscrits à ce stage dans l'espoir de mieux connaître la cuisine locale et aussi de rencontrer des gens du coin, bien sûr. Parce que notre plus jeune fils s'est marié ici...
    - Et nous voulons être près de notre petit-fils pour le voir un peu grandir, ajoute Arlette, qui a déjà la main sur son sac d'où elle s'empresse de retirer quelques photos du bébé.

    A voir la stature d'Henry, nul ne s'étonne qu'il aime la bonne cuisine.

    - Et vous deux? fait Alicia en se tournant vers Marie-France et Anne-Françoise, pendant que chacun jette un regard plus ou moins intéressé au bébé blond photographié par des mains inexpertes.

    - Nous, dit Anne-Françoise, nous sommes deux amies d'enfance. C'est moi qui ai insisté auprès de Marie-France pour qu'elle m'accompagne à cet atelier.

    Pourvu, pense Marie-France, qu'elle n'aille pas raconter qu'elle m'y a poussée de peur que je fasse une dépression...

    ***

    Le soir, Alicia est couchée dans les bras de son Vincent qui lui demande comment ça s'est passé, avec ses nouvelles recrues.

    - Je pense, dit-elle en soupirant, que je ferais mieux de mettre "thérapeute" sur mon badge...