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  • L comme long et loin

     

    - Et pour retourner à Bologne, comment fait-on? demande l'Adrienne à la dame qui renouvelle les rouleaux de papier toilette pendant que tout un car de Japonaises fait la queue. 

    - Vous prenez la prochaine sortie, dans une dizaine de kilomètres, répond-elle en riant. 

    L'Adrienne aime bien faire rire les gens alors à chaque arrêt c'est le pompiste, le barista, la caissière, tous ceux à qui elle demande la route qui rigolent et qui ne peuvent que conclure qu'elle est en effet drôlement "fuori strada" cool 

    Le plus comique, c'est qu'Antoinette avait dit: 

    - Oh pour trouver le chemin du retour, tu n'auras pas besoin de carte ni de GPS! Partout il sera marqué "Gottardo! Gottardo!" 

    Et bien vous savez quoi? La première fois que l'Adrienne l'a vu mentionner, c'était à la frontière suisse. 

    Entre-temps, il y avait déjà eu de franches rigolades avec une dame des toilettes, un barista, une caissière, un pompiste et trois jeunes gens dont l'un voulait l'envoyer en Ligurie et les deux autres "toujours tout droit" tongue-out 

    voyage,italie

    première mention du Gottardo

  • L comme laatbloeier

    C'était fin juin chez Colo, à propos d'un livre qu'on lui avait offert, Lost in translation, dans lequel l'auteur avait réuni des mots d'un peu partout dans le monde et qui, en traduction, n'avaient pas d'équivalent parfait, ce qui fait qu'on a besoin d'en donner la définition. 

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    source et info ici 

    Ce genre de chose m'arrive souvent, entre le français et le néerlandais. Prenez par exemple le mot "laatbloeier". Au départ, il s'utilise en botanique: il désigne une plante, un arbuste, à floraison tardive. 

    Mais on l'emploie aussi pour des humains. "Een laatbloeier", c'est quelqu'un qui, dans le domaine qui est le sien, n'a donné sa pleine mesure qu'à son âge mûr. Ou tout au moins une fois passé trente ans. 

    La presse flamande a utilisé ce terme pour notre roi Philippe, een laatbloeier: lui qu'on avait toujours trouvé un peu gauche, effacé, discret, mal à l'aise, se montrait tout à coup excellent dans son nouveau rôle. 

     

  • L comme Lydia Flem

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    Je me souviens, à la manière de Lydia Flem... 

    des interminables séances d'essayage, debout sur la table chez grand-mère Adrienne, avec l'interdiction de bouger 

    des épingles restées dans les vêtements 

    du petit maillot à rayures de mon gros nounours, et de sa petite culotte assortie 

    de l'importance des matières, du respect pour la pure laine, la soie et laine, du mépris pour la rayonne 

    de ces petites choses que je cousais pour ma poupée avec les chutes de tissu 

    de ces vêtements de ma mère recyclés pour moi à l'adolescence et dans lesquels je me sentais si mal 

    de la première fois où on m'a acheté un vêtement tout fait: c'était un pantalon en velours côtelé bleu marine et j'avais 16 ans 

    des tricots qui grattaient et que j'étais seule à devoir porter 

    des tabliers en nylon bleu foncé qui étaient un très inconfortable "reliquat" d'uniforme imposé dans mon école secondaire 

    de ma première paire de bottes: j'avais 17 ans, elles étaient brunes, lacées, et je les ai portées jusqu'à l'usure totale 

    que mon petit frère, à 12 ans, avait exigé que je mette une robe et des bas nylon pour sa fête 

    que j'étais très embêtée quand j'ai dû passer mes oraux à l'université, je n'avais qu'une robe mettable et je devais la laver entre deux examens 

    que ma mère trouvait l'achat d'une robe de fiançailles une dépense inutile 

     *** 

    source de l'image et info sur le livre de Lydia Flem ici

  • L comme lalaland

    C'est la pleine saison des examens de fin d'année à l'académie de musique, ce qu'on appelle chez nous "toonmomenten", du verbe 'tonen', montrer.

    Madame a plein d'élèves ou d'anciens élèves qui ces jours-ci doivent montrer leur jolie voix ou leur virtuosité à l'instrument de leur choix.

    Elle a donc mal aux mains à force d'applaudir cool 

    Vendredi soir, une gamine de 16 ans a chanté le "cuius animam gementem" du Stabat Mater de Pergolesi et Madame fera bien de retenir son nom parce que cette petite fera parler d'elle kiss 

    Ici une version avec Jaroussky:

     

  • L comme Léon

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    La vie de Léon Spilliaert, né en 1881, donc 21 ans après James Ensor, présente tout de même pas mal de similitudes avec celle du grand maître qui le précède. Lui aussi naît à Ostende dans une famille de commerçants. Son père crée et vend des parfums pour lesquels dès l'enfance le petit Léon crée et dessine de jolies étiquettes et publicités. 

    Dans leur ville natale, tous deux ont fréquenté la même école, qui s'en enorgueillit aujourd'hui par une belle plaque de cuivre apposée à côté de l'entrée principale. Non, je ne l'ai pas photographiée tongue-out 

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    Parmi les documents écrits, cette lettre de nouvel an permet d'admirer sa belle calligraphie. On comprend que le papa lui confie la rédaction de ses étiquettes de parfums cool 

    En 1900, le jeune homme de 19 ans peut accompagner son père à l'Exposition universelle, à Paris. Il y reçoit sa première belle grande boîte de pastels. 

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    J'y ai surtout admiré cette oeuvre que je n'avais pas encore vue, oeuvre fragile - de l'encre sur du papier - représentant une "Dame avec voile" (1903).

    Avis aux amateurs: beaucoup de ses oeuvres se trouvent en photo sur wikipedia commons.  

  • L comme lieu

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    Le Champ-du-Prince; une rue sinueuse bordée de maisons à un étage; des briques rouges et des toits de tuiles, une seule fenêtre en bas, deux à l'étage; des jardins potagers dans les espaces non bâtis; peu de garages, de nombreuses voitures garées dans la rue; des enfants à vélo, des ménagères à cabas, un chien qui aboie; deux commerces, un boucher au coin de la rue et un boulanger plus bas vers le centre ville; l'odeur du pain sorti du four, tous les jours sauf le lundi; deux salons de coiffure aux effluves suaves et les marbres froids d'un entrepreneur de pompes funèbres; les voisines sur le pas de la porte, le balai ou le torchon à la main, les vieux qui fument la pipe; le poissonnier du vendredi, le laitier du matin, le facteur, les éboueurs; le rémouleur deux fois par an; le marchand de crème glacée, de Pâques à septembre; chacun sa musique, sa sonnette, son heure, ses habitudes, ses odeurs. 

    *** 

    atelier d'écriture de François Bon 
    hiver 2016-2017 
    consigne 1

  • L comme Lagaffe

    C'était un grand bonus de trouver à Beaubourg, après la visite de l'expo Magritte, un espace consacré à Franquin, l'autre grand monsieur de la BD belge, et à une de ses créations que j'affectionne tout particulièrement, Gaston Lagaffe. 

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    Le voici, dans toute l'innocence de sa jeunesse, en 1957: il s'est fait tout beau pour venir se présenter à la rédaction du journal Spirou  

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    Ses mèches sont moins longues et il fume encore des cigarettes, 
    comme de nombreux autres héros de BD à l'époque. 
    Et comme Franquin lui-même. 

    Je n'ai pas compris comment faisaient les autres visiteurs pour garder leur sérieux: en relisant des planches que pourtant je connais par cœur, je ne pouvais m'empêcher de rire. 

    D'ailleurs, c'est simple, chez Gaston tout me fait rire et tout m'attendrit: ses inventions à la fois géniales et débiles, qui suscitent l'énervement et l'exaspération de ses collègues, de ses supérieurs, de l'agent Longtarin, et font rater toute tentative de signature de contrat avec monsieur De Mesmaeker...   

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    ici encore une planche des débuts, avec Fantasio comme chef de bureau 

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    à qui succédera Léon Prunelle et ses merveilleux Rogntudjuuu!!! 

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    Jidéhem (Jean De Mesmaeker), collaborateur de Franquin, trouvait que le personnage ressemblait à son père, alors on l'a appelé monsieur De Mesmaeker... Une photo de famille prise au mariage de Jidéhem est là pour témoigner de cette ressemblance physique tongue-out 

    J'allais presque oublier une autre source inépuisable de comique, en tout cas pour mon frère et moi, les combinaisons culinaires très hardies. Il me semble que tout a commencé avec une tartine de confiture restée coincée dans une machine à écrire et qu'au lieu de s'excuser pour sa maladresse ou d'expliquer pourquoi il mettait de la confiture avec des sardines, il a dit: 

    - Meuh non, c'est de la gelée de groseilles!

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     ah! génial Gaston! je ris encore en écrivant ce billet! 
    je crois que je vais vous en garder un peu pour le mois prochain cool 

    Petite expo visible jusqu'au 10 avril!

  • L comme lumière

    Je disais hier dans un commentaire mon admiration pour le peintre impressionniste belge Emile Claus (1849-1924), voici les trois tableaux vus samedi dernier à Gand: 

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    Meisjes in het veld - 1892 (Petites filles au champ) 
    pastel sur papier - photo sur le site du musée 

    Elles ont enlevé leurs sabots pour marcher dans l'herbe en bord du champ prêt à être moissonné 

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    Zonnige dag - 1899 (une journée ensoleillée)
    on en profite pour faire une lessive dehors
    et vérifier la blancheur des cols de chemise cool 

    à l'ombre légère de grands arbres
    qui laissent passer des taches de soleil 

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    De ijsvogels - 1891 

    'ijsvogel' signifie 'martin-pêcheur' 
    en néerlandais cela permet le jeu de mots sur 'ijs' (glace) et 'vogel' (oiseau) pour désigner les gens qui s'amusent sur la glace avec leur petite luge 

    Les photos sur Wikipedia Commons sont bien meilleures que les miennes: 

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    Le titre en français est 'les patineurs' alors qu'ils n'ont pas de patins, ils sont en sabots, leurs deux bâtons servent à avancer plus vite avec la luge sur la surface gelée  

    peinture,belge,belgique,flandre,flamand,expo

     ces trois-là et des tas d'autres ici

  • L comme Lakevio

    Roger. Il s'appelait Roger. Quel âge avait-il? La quarantaine, peut-être. Difficile à évaluer quand on est une gamine de 16 ans. 

    Il aimait qu'elle passe dans sa chambre, le matin. Il prétendait ne pas trouver la prise pour son rasoir. Il voulait lui soumettre les vêtements choisis pour la journée: en tâtant l'étoffe du polo, il disait: c'est le bleu, je vais le mettre avec ce pantalon-là, d'accord? 

    Elle était toujours d'accord. Le lendemain pour le polo bordeaux à rayures ou le beige uni du surlendemain. Jamais il ne se trompait dans les couleurs. 

    - C'est ma soeur, disait-il, qui m'explique comment tout combiner. 

    Quand il arrivait dans la salle du petit déjeuner, il aimait qu'elle le remarque, vienne vers lui, l'accompagne jusqu'à sa place, lui serve son café. D'un doigt, il vérifiait si les tartines étaient bien beurrées sur les deux faces intérieures. 

    L'après-midi, chaque bénévole emmenait un ou deux de ses protégés en promenade. Généralement pas bien loin, dans la pinède. Le temps était très beau en août cette année-là. 

    Vous pourriez prendre le bus jusqu'à Bruges et longer le canal qui va à Damme, avait proposé le responsable. 

    C'est là, sur le chemin du retour, à cause d'un merveilleux soleil couchant, qu'elle a dit la phrase. Cette phrase. 

    Hoe mooi, die ondergaande zon! 

    Elle s'est tue, subitement honteuse. 

    - Pardon, Roger! J'oublie que tu ne le vois pas, ce beau soleil... 

    - Ce n'est rien! Ne t'inquiète pas! Le soleil, je le sens. Et je sens bien que c'est magnifique. Tu as raison de le dire. 

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    Ce tableau d'Ian Ledward chez Lakevio 
    qui représente le canal de Bruges à Damme 
    m'a rappelé cet épisode que je n'oublierai jamais

  • L comme Lali

    Les arbres timides et forts
    La nuit parlent à voix haute
    Mais si simple est leur langage
    Qu'il n'effraie pas les oiseaux

    Marcel Béalu, Voix des arbres, in Poèmes 1936-1980, éd. Le Pont traversé, 1981

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    image trouvée chez Lali mais la source et l'artiste sont ici:  

    http://shihonakaza.blogspot.be/2010/10/illustration-friday-beneath.html 

    L’écureuil et la feuille

    Un écureuil, sur la bruyère,
    Se lave avec de la lumière.
    Une feuille morte descend,
    Doucement portée par le vent.
    Et le vent balance la feuille
    Juste au-dessus de l’écureuil ;
    Le vent attend, pour la poser
    Légèrement sur la bruyère,
    Que l’écureuil soit remonté
    Sur le chêne de la clairière
    Où il aime à se balancer
    Comme une feuille de lumière.

    Maurice Carême (1899-1978)La Lanterne magique, 1947 

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    octobre 2016 

  • L comme lieu public

    Depuis que la fille aînée de Paula lui a annoncé qu'elle attend un bébé, Paula ne décolère plus. Elle qui, ces derniers mois, s'ingéniait à peaufiner une histoire crédible pour son entourage, une belle histoire de beau mariage avec un beau parti, voilà que cette grossesse risquait de la ridiculiser définitivement: de quoi elle aurait l'air si les amis et la famille découvraient la vérité? Fallait espérer que sa fille reste à Bruxelles avec son nègre et n'aurait pas l'idée de venir montrer ce petit bâtard! Cette idée la révulsait et tout en scannant mécaniquement les livres qu'on rapportait à la bibliothèque, elle réfléchissait à un nouveau plan d'action... 

    Dans le rayon des guides touristiques, Sohaib hésitait en se passant rêveusement les doigts dans sa jeune barbe: fallait-il prendre ce Routard Finlande de 2010, déjà fort daté, ou ce Lonely Planet de 2015? 

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    Assise au niveau de la lettre B, Marie-Jeanne vérifiait s'il n'y avait pas un volume de Janine Boissard qu'elle n'avait pas encore lu. Celui-ci, peut-être, dans lequel ses petits-enfants l'appellent au secours? 

    Dans le coin des ordinateurs, Simon grattait machinalement les croûtes qu'il avait au front et sur la joue droite. Il aurait encore quelques cicatrices de plus mais rien ne l'empêcherait de continuer le skate avec son copain Roy. Le skate et le groupe de rock, sa seule liberté: sa copine décidait de son look - vêtements, coupe de cheveux - et ses parents de son avenir. Ils venaient de l'inscrire en droit, lui qui rêvait d'être instituteur et avait un don réel avec les enfants. 

    C'est à ce moment-là que le portable de Sohaib a sonné. Les mains encombrées par les guides touristiques qu'il était en train de comparer, il a mis quelques secondes de trop à le sortir de sa poche. Toutes les têtes s'étaient déjà tournées vers lui. Tout le monde a entendu cette musique psalmodique et tout le monde l'entend s'énerver à mi-voix en arabe. 

    Cette musique, cette langue, sa jeune barbe, toutes les apparences sont contre lui. 

    *** 

    texte de fiction 

    la consigne était: choisissez un lieu public et mettez-y trois ou quatre personnages - il doit s'y passer quelque chose d'anodin

  • L comme Levé

    Ecrire à la manière d'Edouard Levé, Autoportrait, est un exercice proposé ce mois-ci par François Bon dans son atelier d'été.  

    Adolescent, je croyais que La Vie mode d'emploi m'aiderait à vivre, et Suicide mode d'emploi à mourir. J'ai passé trois ans et trois mois à l'étranger. Je préfère regarder sur ma gauche. Un de mes amis jouit dans la trahison. La fin d'un voyage me laisse le même goût triste que la fin d'un roman. J'oublie ce qui me déplaît. J'ai peut-être parlé sans le savoir avec quelqu'un qui a tué quelqu'un. Je vais regarder dans les impasses. Ce qu'il y a au bout de la vie ne me fait pas peur. Je n'écoute pas vraiment ce qu'on me dit. Je m'étonne qu'on me donne un surnom alors qu'on me connaît à peine. Je suis lent à comprendre que quelqu'un se comporte mal avec moi, tant je suis surpris que cela m'arrive : le mal est en quelque sorte irréel. J'archive. J'ai parlé à Salvador Dali à l'âge de deux ans. La compétition ne me stimule pas. Décrire précisément ma vie me prendrait plus de temps que la vivre. Je me demande si, en vieillissant, je deviendrai réactionnaire. Assis jambes nues sur du skaï, ma peau ne glisse pas, elle crisse. J'ai trompé deux femmes, je leur ai dit, l'une y fut indifférente, l'autre pas. Je plaisante avec la mort. Je ne m'aime pas. Je ne me déteste pas. Je n'oublie pas d'oublier. Je ne crois pas que Satan existe. Mon casier judiciaire est vierge. J'aimerais que les saisons durent une semaine. Je préfère m'ennuyer seul qu'à deux. J'arpente les lieux vides et je déjeune dans des restaurants désolés. En matière de nourriture, je préfère le salé au sucré, le cru au cuit, le dur au mou, le froid au chaud, le parfumé à l'inodore. Je ne peux pas écrire tranquillement s'il n'y a rien à manger dans mon frigidaire. Je me passe facilement d'alcool et de tabac. Dans un pays étranger, j'hésite à rire lorsque mon interlocuteur rote pendant la conversation.

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    source de la photo, info et extraits ici: 
    http://www.gallimard.fr/Catalogue/P.O.L/formatpoche/Autoportrait

    Adolescente, je découvrais dans les livres que d'autres avaient vécu ce que je vivais. J'ai passé des mois à peaufiner les détails d'une fugue définitive que je n'ai finalement pas entreprise pour ne pas faire de peine à ma grand-mère. Je préfère regarder sur ma gauche. Une de mes collègues a un emphysème pulmonaire mais continue à fumer. La fin d'un voyage arrive généralement au bon moment. J'oublie presque tout. J'ai peut-être parlé sans le savoir avec quelqu'un qui a tué quelqu'un. J'ai failli acheter une maison ouvrière dans une impasse. Ce qu'il y a au bout de la vie ne me fait pas peur certains jours et d'autres jours oui. Je suis le plus souvent celle qui écoute. Je déteste qu'on me colle des étiquettes. Je suis surprise quand quelqu'un se comporte grossièrement avec moi vu que je reste toujours polie. J'archive. Je n'ai jamais osé approcher une célébrité. La compétition ne me stimule pas. Décrire précisément ma vie serait fastidieux. Je me demande si, en vieillissant, je deviendrai grabataire ou démente. Assise jambes nues sur du skaï, je déteste ça. Je ne m'aime pas. Je ne me déteste pas. Je n'oublie pas d'oublier. Je ne crois pas que Satan existe. Mon casier judiciaire est vierge. J'aime toutes les saisons du climat belge. Je ne m'ennuie jamais. J'arpente ma ville et je déjeune devant mon ordi. En matière de nourriture, je préfère les fruits, les légumes, les laitages et le pain. J'aime que mon frigidaire soit bien garni mais c'est uniquement le cas quand j'ai des invités. Je me passe facilement d'alcool et je n'aime pas la fumée des cigarettes. Dans un pays étranger, je voudrais toujours être capable de parler aux gens dans leur langue. 

    Voilà, voilà smile 

    Et maintenant, c'est à vous!

  • L comme Lyon

    Lyon ne s'est pas encore bien remise de l'Euro de foot

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    et la place Bellecour, qui est la préférée de monsieur neveu,

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    en est à son troisième jour de " démontage et nettoyage"...

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    Beaucoup de fraîcheur et de temps en temps une averse:

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    tout va bien cool

  • L comme le lendemain

    - Et toi, comment tu vas gérer ce problème? demande Madame à un de ses élèves fan de foot.

    - Je vais regarder tous les matches des Diables rouges, répond-il après deux secondes d'hésitation.

    Les autres footeux de la classe acquiescent d'un sourire et d'un signe de tête: ce ne sont pas des événements qui supportent le différé, seul le "live" vaut la peine d'être vécu. Qu'on soit en pleine période d'examens ne change rien à l'affaire.

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    source de la photo

    Dans son coin, au premier rang devant à droite de Madame, Z* rigole doucement. Lui, son truc, c'est le vélo. Mais il regardera tout de même les matches, "pendant mes pauses", dit-il. Z*, c'est celui qui n'a qu'à peine 40% en français:

    - Je me tue à étudier du français et j'ai encore de mauvais résultats! 

    Mais sur le planning que Madame lui a demandé de faire, il a noté qu'il a travaillé dix minutes à son test de grammaire et trois heures à nettoyer son vélo de course.

    Comment résisterait-il, alors, à la folie du foot qui règne depuis des semaines dans tous les étalages, que ce soit un salon de coiffure, une pâtisserie ou un magasin de sous-vêtements?

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    Tout feu tout flamme aussi, les enfants de l'école primaire, lundi matin, jour du premier match des Diables: dès sept heures trente, les premiers arrivés dans la cour donnaient des concerts de vuvuzelas, enveloppés dans des capes tricolores et coiffés de tout l'assortiment de couvre-chefs offerts avec les bacs de bière, les saucissons, la mayonaise, les friandises, les sodas...

    En rentrant chez elle à midi, Madame voit les écrans géants que la ville et les commerçants installent sur les placettes pour que personne n'échappe à Belgique-Italie.

    Madame se dit que si les Diables gagnent, elle l'entendra aux coups de claxon et aux cris de joie sous ses fenêtres...

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    pour le projet du Hibou

    semaine 24: feu

  • L comme Lakévio

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    chaque semaine, un tableau chez Lakévio

  • L comme Laurent-Perrier

    - A quoi bon être riche si ce n'est pour boire d'excellents champagnes? Vous qui êtes obsédé par l'or, ne savez-vous pas que le champagne en est la version fluide?

    Amélie Nothomb, Barbe bleue, Albin-Michel 2012, p.50

    - L'inventeur du champagne rosé a réussi le contraire de la quête des alchimistes: il a transformé l'or en grenadine.

    idem, p.59

    - Du Laurent-Perrier cuvée Grand Siècle! Vous avez bien fait les choses! Je débouche!

    idem, p.66

    - C'est du velours, ce champagne. Du velours doré. Incroyable, dit-elle.

    idem, p.78, en parlant du Dom Pérignon 1976

    - Il y a un réconfort que seul le grand champagne procure, soupira-t-elle.

    idem, p.135, un Krug grande cuvée brut

    - C'est la plus belle des bouteilles de champagne. Elle a incroyablement réussi l'osmose du cristal et de l'or.

    idem, p.151, le Cristal-Roederer

     

    - Le bon champagne aide à penser, dit-elle.

    idem, p.156

    C'est ainsi qu'au fil de l'histoire, on entend à intervalles réguliers "le plus beau bruit du monde:" (p.152) une bouteille de champagne qui perd son bouchon. 

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    source de la photo  

    http://www.albin-michel.fr/Barbe-bleue-EAN=9782226242969

     

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  • L comme lignes

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    Samedi dernier, j'ai eu l'occasion de visiter l'expo de Daniel Buren, accompagnée des commentaires (plus que nécessaires) d'une charmante guide. 

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    Comme vous pouvez le voir, la "touche" Buren est bien présente dès le hall d'entrée. 

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    Après, c'est "le parcours du combattant" ou le "jeu de piste" ou le puzzle géant ou la carte qui vous guide vers diverses îles aux trésors: chaque salle comporte des œuvres d'artistes - principalement des 20e et 21e siècles - qui ont eu une influence sur son propre travail ou sur son parcours de vie. 

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    J'y ai passé plus de deux heures debout à écouter notre guide, ça m'a cassé le dos, mais je suis tout de même bien contente de l'avoir vue pour ce que ça m'a appris sur une part importante de l'art dit "moderne". 

    J'en reparlerai probablement... on avait le droit de prendre des photos cool 

    Toute l'info sur cette expo

    Daniel Buren à Bozar

  • L comme Lakévio

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    tableau d'Edward Hopper chez Lakévio

    Voilà bien longtemps que John ne se posait plus la question de savoir s'il avait fait le bon choix, vingt ans auparavant, d'épouser Selma. 

    D'abord, parce que les moments de calme propices à la réflexion étaient fort rares. Selma détestait le voir inactif et lui n'aimait pas la contrarier. 

    Ensuite, parce qu'il était un mari modèle et qu'il fallait que ce soit bien clair pour tout le monde.

    Enfin, parce qu'une question d'un tout autre ordre le préoccupait beaucoup plus, ces derniers temps. 

    Depuis trois mois, en fait.

    Trois mois qu'il se demandait si dans le café du plateau déjeuner qu'il montait chaque matin à Selma, il ne fallait pas augmenter la dose d'arsenic.

     

  • L comme Lucette Desvignes

    On dit bien LIBRA pour la Balance, et SAGITTARIUS, et VIRGO, et SCORPIO. On devrait pour moi fabriquer un nouveau signe du zodiaque qui symboliserait l'influence dominante de l'Ecole sur mes jeunes années - et la suite. SCHOLA, me fournissant l'hérédité, le cadre. Me situant dans un univers dont ni mon enfance ni mon adolescence ne purent jamais se libérer - le voulaient-elles d'ailleurs? Conditionnant mes réflexes et ma vision du monde. Sans aucun doute me faisant ce que je suis, et planant sur le cours de ma vie comme les autorités sidérales, dit-on, sur les humeurs ou les actions des individus, avec cette différence que pour ma part l'influence est patente, indiscutable. Logique.

    Lucette Desvignes, Le miel de l'aube, Editions de l'Armançon, 2000, p.19 (incipit)

    Voilà, le ton est donné, le cadre installé. On est parti pour presque deux cents pages de souvenirs d'enfance, "une enfance en Bourgogne sous l'Occupation", comme le précise le sous-titre. Vous qui venez de temps en temps chez l'Adrienne, vous devinez que ça ne peut que lui plaire.

    Chapitre 1, Schola, chapitre 2, Musica: l'enfance studieuse dans un foyer aimant où le père et la mère sont instituteurs. Ce sont les années trente. On trempe la plume dans un encrier, chacun le sien, assis autour de la table éclairée par l'unique lampe au plafond. Le jeudi, on joue de la musique. Française: Lali, Gounod, Massenet...

    Peu à peu, on quitte le cadre strictement scolaire. Au chapitre 3, on commence à faire du tourisme. Il y a beaucoup de beaux passages humoristiques sur la voiture du père, les trajets, le mal de voiture, le triste état des routes. Lucette Desvignes possède l'art de raconter, de recréer une époque, une ambiance. Tout y participe, les personnages, les objets, les vêtements, les couleurs, les parfums, les sons et on ne peut qu'admirer le prodigieux travail de mémoire. (1)

    Sept chapitres en tout dont les deux derniers, un peu plus longs, relatent la période de la guerre et de l'occupation annoncée dans le sous-titre. Ajoutant ainsi un intérêt purement historique à ce livre de souvenirs, pour la qualité et la précision du témoignage.

    Avec en plus, chers au cœur de l'Adrienne, ici et là quelques détails qui lui ont rappelé son père, jeune ado lui aussi sous l'occupation, et son grand-père, qui a quelques traits en commun avec le papa de Lucette Desvignes.

    incipit,litterature,lire,lecteur,lecture,souvenir d'enfance

     le voilà, parmi les autres lectures en cours

     

     (1) L'auteur s'explique sur son travail et sur le choix du titre dans les quatre dernières pages, qui commencent ainsi: "Je n'ai pas tout dit, bien sûr. Il y a ce que j'ai oublié - peu de chose - et puis ce que j'ai écarté crainte de ne jamais finir. J'ai trié, non selon l'importance peut-être mais selon l'intensité de la couleur telle qu'elle s'est gravée en moi." Voilà une belle illustration du pacte autobiographique smile.

  • L comme Lille

    Elles étaient à Lille en touristes, l'amie espagnole et l'Adrienne.

    - Et maintenant, on va où? demande l'amie.

    - J'aimerais aller au Furet du Nord, dit l'Adrienne, si ça ne te dérange pas.

    - Tu ferais mieux, dit l'amie espagnole, de t'acheter de jolis dessous, au lieu de t'acheter des livres.

    Elles étaient justement devant une boutique de lingerie féminine.

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    photo prise à Lille en juin 2009

    qui a été rappelée à mon souvenir par celle-ci

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    © Romaric Cazaux

    http://www.bricabook.fr/2015/12/une-photo-quelques-mots-200e-atelier-ecriture/

  • L comme longtemps je me suis...

    Longtemps, je me suis baladée dans le centre de la ville.

    Torino 2015-1 012 - kopie.JPG

    l'ombre de l'église San Lorenzo se profile sur la façade du Palazzo reale, 
    dimanche 1er novembre 

    Longtemps, je me suis demandé quelle photo prendre pour illustrer le thème de "l'ombre".

    Et ce n'est que rentrée chez moi que j'ai aperçu que celle-ci en comportait une qui faisait sens cool.

    Pour les fans de Guarino Guarini, voici le lien vers le site de l'église San Lorenzo, son oeuvre: http://www.sanlorenzo.torino.it/

    ***

    Et le titre?

    C'était juste pour faire peur à Walrus

    tongue-out

    ***

    pour le projet 52 de Ma' - thème: ombre

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

  • L comme lecture

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     http://lalitoutsimplement.com/en-vos-mots-443/

    Ce jour-là, elle découvrit enfin le passage qui menait à la crypte sous l'immense basilique. Elle contenait des rayonnages remplis de livres. 

    Tous ceux qui avaient été mis à l'index au fil des siècles y étaient bien rangés dans l'ordre alphabétique: d'Alembert, Balzac, Baudelaire, Pierre Bayle, Simone de Beauvoir, Henri Bergson, Condorcet, René Descartes, Diderot, Alexandre Dumas (le père, et le fils), Fénelon, Flaubert, Fontenelle, Gide, Victor Hugo, Lamartine, Lamennais, Maurice Maeterlinck, Michelet, Montaigne, Montesquieu, Blaise Pascal, Rabelais, Rousseau, Sainte-Beuve, George Sand, Stendhal, Voltaire, Zola.

    Bref, on y était en excellente compagnie.

     

    Et il suffisait d'ouvrir un de ces volumes au hasard - Voltaire, par exemple - pour faire fuir immédiatement le spectre de l'horrible danger de la lecture.

  • L comme loin, très loin

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    http://www.bricabook.fr/2015/09/atelier-decriture-187/

    - Moi, quand je serai grand, j'aurai un bateau, et j'irai loin, loin!

    - Tu m'emmèneras?

    - Ah non, ça ne va pas être possible...

    - Pourquoi pas?

    - Ben, c'est évident!

    Ils avaient regardé des films avec de beaux corsaires et de valeureux capitaines de vaisseaux et ils avaient compris que c'était très mal vu d'avoir une femme à bord.

    - Je te ferai la cuisine. Des crèmes au chocolat et des crêpes.

    - On verra, conclut-il.

    Elle sourit. C'était déjà à moitié gagné.

     

     

  • L comme l'homme qui ment

    Cumuler deux ou trois talents, il semblerait que ce soit tout à fait possible. C'est ce que je me suis dit au fil des pages de "L'homme qui ment", écrit par Marc Lavoine, que j'attendais au tournant.

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    Mais réellement, quelle bonne surprise que ce livre-là. Où jamais la vedette ne joue les vedettes. Où l'enfance et le milieu familial sont décrits avec une sorte de pudeur tendre, tout en dévoilant l'intimité des secrets de famille.

    L'auteur-narrateur s'adresse à son père décédé et remonte le cours de leur vie, dans la petite maison près d'Orly.

    " [...] nous étions quatre, mon père, ma mère, mon frère et moi, plus la chatte Mistouflette, et nous avons eu de bons moments. C'était le temps de l'idéal, la banlieue, les années soixante.

    Communistes par notre père qui est aux cieux et catholiques par notre mère qui l'est depuis, nous avons bénéficié, Francis et moi, d'une éducation plutôt contrastée."

    Marc Lavoine, L'homme qui ment, Fayard, 2015, p.14

    Je me rends compte, en feuilletant le livre à la recherche d'extraits à vous faire lire, que j'aurais envie de tout retranscrire, de tout relire. C'est prenant. Sans doute parce que ça a un tel air d'authenticité et d'honnêteté intellectuelle. Sans doute aussi parce que les enfances, les familles, les grands-parents, les copains, l'école, les vacances, ont quelque chose d'universel. 

    "Nous avons donc vécu là, dans cette couronne de banlieue, la grande, près des champs de pommes de terre et des avions qui décollent. Encore la campagne et déjà la ville et ses grues synonymes de grands ensembles qui avaient pris la mesure des choses, cette ville grandissante et moderne aux portes de ce petit village agricole vacillant qui va mourir avec le progrès."

    Marc Lavoine, L'homme qui ment, Fayard, 2015, p.15

    Le récit s'ouvre et se ferme sur le cimetière sans être triste pour autant. Il commence le jour de l'enterrement du père et se termine par ce paragraphe:

    "Vous êtes séparés pour toujours dans deux tombes différentes, vous faites cimetière à part, mais dans la même banlieue, à un kilomètre à vol d'oiseau l'un de l'autre, bercés par le souffle des avions d'Orly. Maman est dans le vieux Wissous derrière la mairie, proche de l'église, pas très loin de l'épicerie de ses parents, et toi, papa, près des pistes et des terrains de foot, là où tout a commencé, là où tout se termine, en banlieue, à Wissous, l'origine du monde."

    Marc Lavoine, L'homme qui ment, Fayard, 2015, p.190

    ***

    et puis en cherchant un peu, j'ai trouvé ceci, qui résume exactement mon sentiment

     

  • L comme Lali

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     http://lalitoutsimplement.com/en-vos-mots-431/

    On les avait envoyés en colonie de vacances sur la côte. On espérait qu’ils s’y adonneraient aux plaisirs de leur âge. Qu’ils construiraient des châteaux de sable, joueraient dans les vagues, feraient des jeux de ballon.

    Mais si Jules remplissait son petit seau d’eau de mer, c’était pour faire des analyses chimiques. Petit Tom herborisait et Robert cherchait des pierres intéressantes. Joséphine apprenait la faune maritime (spécialité : ornithologie). Samuel traçait des équations dans le sable humide et bébé Jaco ses premières additions et soustractions. Seul Arthur se baladait, mais c’était avec le curé du village pour de longues conversations théologico-philosophiques.

    Pour les surdoués il n'y a pas de plus grand plaisir: apprendre.

  • L comme Lumières

    - C'est un texte du 20e siècle, c'est le siècle des Lumières!

    Madame lève un sourcil - sans doute même les deux - toujours cet étonnement, surtout dans ce cas-ci: une bonne élève peut-elle dire une "énormité" pareille?

    - Non? ce n'est pas le siècle des Lumières? C'est pourtant ce que j'avais noté sur ma feuille.

    ***

    Vendredi soir, gros coup de blues chez Madame, qui a fait passer un ultime examen de FLE à sa classe "maths fortes". Elle s'interroge avec anxiété. Qu'auront-ils finalement appris avec elle?

    ***

    - Voltaire? Ah! c'est justement ce texte-là que je ne connais pas bien! Mais vous pouvez m'interroger sur n'importe quel autre, vous verrez!

    - Montesquieu? Je n'ai jamais de chance avec les questions! C'est le texte le plus difficile!

    Et deux autres ont confondu Colette avec Amélie Nothomb. Ou le contraire.

    - Elle a appris à boire à l'âge de trois ans!

    - Qui? Amélie Nothomb?

    - Ben oui, son père lui donnait de la liqueur!

     

    prof,école,élève,perles

    ici, ils avaient confondu l'Egypte ancienne avec les Contes des Mille et une nuits et les petits royaumes aux pétrodollars, c'était sans doute déjà un signe

    Langue tirée

     

  • L comme logorallye

    Ils sont installés dans le petit salon avec un couple d’amis, trempés comme des naufragés. Un orage les a surpris pendant la promenade et ils se réchauffent aux saveurs d’un thé, d’un café et de scones aux mûres. Paul a mis l’ambiance en colportant les dernières histoires comiques de son cabinet de médecine. Avec lui, il semble bien établi que son métier est le plus drôle au monde.

    Pourtant, la seule idée qui continue de tarauder Marie, la seule chose qu’elle ne comprend pas et qu’elle tourne et retourne dans sa tête, c’est comment des preuves aussi évidentes que les cicatrices que Muanza porte à la tête et son iris gauche amoché par les coups, n’ont pas suffi à lui offrir le sésame qui s’appelle permis de séjour.

    - Mon fils veut savoir s’il y a des éléphants dans ton pays, traduit Liesbeth en s’adressant à Muanza.

    - Oui, bien sûr ! Dans les parcs nationaux…

    - Tu en as vu en vrai ?

    Muanza rit et Pierre profite de cette hilarité pour lui tirer le portrait – il aime bien prendre des photos « sur le vif ».

    - En vrai ? ceux que j’ai vus en vrai portaient des maillots jaune et vert…

    - … ?

    - Muanza a joué dans l’équipe nationale de foot, explique Marie pendant que Muanza se tord de rire. Leurs adversaires de la Côte d’Ivoire s’appellent « les Eléphants »…

    ***

    écrit pour Ecriture créative 126 avec les mots imposés suivants: Idée - tarauder - éléphant - cicatrice - iris - portrait - établi - naufragé - colporter - saveur 

     fiction,muanza,écrire

     http://cotedivoire-lavraie.over-blog.fr/

  • L comme langue

    En prévision du voyage en Irlande, l'Adrienne et sa Nipotina se sont mises à l'anglais. Fini l'italien. Pas question, dit la Nipotina, de regarder une série italienne la veille du départ: elle a enregistré tout spécialement des films en anglais.

    Pareil dans la voiture qui nous emmène d'Ostende à Cherbourg: pas de Laura Pausini ni de Toto Cotugno, mais une douzaine de CD empruntés à la bibliothèque, rien que du folklore et des ballades irlandaises.

    Arrivées sur le bateau, nous étions à point.

    Pour constater que le bateau bat pavillon italien,

     langue,anglais,italien,voyage,irlande

    est originaire de Bari et que toutes les inscriptions y sont en italien...

     langue,anglais,italien,voyage,irlande

     et en anglais aussi, bien sûr Cool

  • L comme luxe

    Le luxe, c'est avoir de l'eau potable qui coule quand on ouvre un robinet. C'est avoir de l'air parfaitement respirable. C'est avoir le droit au travail et des droits au travail.

    http://weekend.knack.be/lifestyle/mode/werk-harder-of-je-wordt-ontslagen-nieuw-rapport-vernietigend-voor-cambodjaanse-textielsector/article-normal-540731.html?utm_source=Newsletter-13/03/2015&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-RNBWEEKNL

    Raison pour laquelle, pas plus tard qu'hier, en voyant une étiquette "made in Cambodia" au joli pull rose bonbon que j'étais sur le point de m'offrir, je l'ai raccroché et suis sortie sans rien acheter.

    Le luxe, c'est avoir un père et une mère qui t'aiment et de pouvoir grandir en paix. C'est de ne pas être une de ces neuf femmes par heure qui se font violer (chiffres pour la France, qu'on peut supposer être représentatifs pour l'Europe)

    http://towardgrace.blogspot.be/2015/03/le-viol-linde-et-nous.html 

    Excellent billet lu hier chez le Clavier Cannibale (Claro).

    Le luxe, c'est avoir de temps à autre un moment à soi et pouvoir faire ce qu'on aime. Lire et écrire, par exemple Sourire. Et s'acheter un bouquet de tulipes roses au marché.

     

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  • L comme lieu

    Un lieu chargé de tout un passé:

    autrefois église

    ensuite garage

    et bientôt "passage" 

    avec boutiques et restaurants.

    Le passé remis à neuf...

    OMD (11) - kopie.JPG

     Voilà ma participation au jeu de Ma'

    Projet 52 - semaine 7 - thème: le passé

    http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/31227714.html