les premiers

  • Premier agenda ironique

    Je suis le ténébreux miroir inconsolé 
    Ma batterie est morte et je suis constellé 

    de taches de café et d'autres petits reliefs de nourriture: c'est assise devant moi qu'elle boit et qu'elle mange. Car 

    Elle a pris ce pli depuis des temps très lointains 
    De venir m'allumer très tôt chaque matin 

    et de prendre tranquillement son petit déjeuner tout en me tapotant le clavier. Quand c'est l'heure de partir au travail, je sens bien qu'elle me quitte à regret. Elle me rallume dès son retour, nous voilà repartis pour des heures, 

    Voici des O, des I, des E, des U, des A, 
    Qu'elle a usés avec ses ongles et ses doigts 

    Elle m'emporte partout où elle va, j'ai vu l'Irlande et l'Italie, la mer du Nord aussi. 

    Ainsi, toujours poussé vers de nouveaux rivages, 
    Je suis très heureux d'avoir fait de beaux voyages. 

    Depuis quelque temps, je montre des signes de fatigue, nous luttons ensemble contre mon inexorable obsolescence programmée et je crains qu'elle ne pense bientôt à me remplacer. Même si 

    Il le faut avouer, l'amour est un grand maître. 
    Ce qu'on ne fut jamais, il vous enseigne à l'être. 

    C'est ainsi qu'elle a réussi à me tirer d'affaire, déjà une fois ou deux, et je lui suis reconnaissante d'avoir pu prolonger mon temps de vie, notre temps de vie commune, bien que nous ayons parfois nos nuages... 

    Mon plus grand ennemi se rencontre en moi-même 
    Je vis, je meurs, je me sens l'âme plus qu'humaine. 

    *** 

    merci à Gérard de Nerval, Victor Hugo, Rimbaud, Verlaine, Molière, Racine, Louise Labé, Lamartine, Du Bellay, à mon ordinateur bien-aimé et à l'Agenda ironique de juin 

    jeu,parodie,pastiche,poésie

     

  • Première et dernière fois

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    Souviens-toi! se disait-elle, généralement quand elle était au volant de sa voiture, arrêtée par un tracteur garé sur le chemin étroit ou par des hordes de motards prenant sa sinueuse ruelle pour un circuit automobile. Il faudra que tu t'en souviennes, le jour où tu auras la nostalgie de ta campagne. 

    Te souvenir du fermier qui te coupait tes arbres ou t'aspergeait la haie de désherbant, te souvenir de ses moqueries quand il venait récupérer ses vaches mangeant tes jeunes haricots, piétinant tes précieux semis. 

    Te rappeler les matins noirs de l'hiver où tu pataugeais deux kilomètres dans la neige en espérant trouver un bus au village, ou ces fois-là où tu as marché 14 km pour aller à l'école, et qu'il fallait revenir de même le soir, avec aux pieds des bottes en caoutchouc. 

    Oui, la neige y était plus féerique qu'en ville, les bois plus beaux qu'ailleurs, l'air plus pur, le silence plus profond, les oiseaux plus colorés. Mais quand tu penseras avec regret aux jacinthes sauvages, aux mûres juteuses, aux fleurs de sureau et aux noisettes, quand tes chats te manqueront, ta famille de hérissons ou le chant de la grive, c'est alors qu'il faudra te souvenir de tout le reste. 

    De ton dos cassé sur des travaux trop lourds, des promeneurs du dimanche qui arrachaient tes fleurs, des cyclotouristes qui jetaient leurs détritus dans ton talus. 

    Et des chasseurs qui ont tué ton chien.  

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    *** 

    tableau et consigne chez Lakévio, que je remercie!

  • Premier septembre

    Il peut paraître bizarre de parler du premier septembre un premier avril, mais voilà, le mois dernier nos responsables flamands se sont émus et un peu énervés à propos de la question suivante: 

    - si l'on sait que le premier septembre sera la fête de la fin du ramadan 

    - si l'on tient compte du fait que ce jour-là, les enfants musulmans ont le droit de prendre congé 

    - si l'on sait que dans de nombreuses écoles le pourcentage de musulmans est assez élevé 

    - si l'on veut que tous les enfants prennent un bon départ pour la nouvelle année scolaire et soient bien au courant de toute l'info qui est généralement largement dispensée ce jour-là 

    alors ne vaudrait-il pas mieux commencer l'année scolaire le lundi 4 septembre au lieu du vendredi premier? 

    Mais notre ministre ne veut pas faire d'exception à la règle sacro-sainte: en Flandre, l'année scolaire commence le premier septembre. Point final. 

    Ou pas? 

    Elle suggère l'entourloupe suivante: que l'école qui le désire, prévoie sa journée de formation pédagogique le premier septembre, de sorte que les cours ne commencent de facto pour les élèves que le lundi 4. 

    C'est ce qui s'appelle trouver une solution créative... 

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    source de la photo et article ici

     

     

  • Premiers signes

    Faire le tour du jardinet et être contente de voir que la clématite n'est pas morte, 

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    que la première anémone fleurit 

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    et qu'il y aura bientôt des jonquilles. 

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    La plus belle récompense à la fin de l'hiver, c'est qu'il y a de nouveau des fleurs. Mais comme on est trop impatiente, on en a acheté un bouquet 

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  • Première expérience

    Les présentations faites, l’Homme et l’Adrienne continuent de sentir peser sur eux les quatre regards observateurs. L’obstacle de la langue installe un certain silence. L’émotion fait perdre à Violeta le peu de français qu’elle connaît. Son mari ne parle que le roumain, son fils un peu d’anglais et la petite est trop intimidée pour ouvrir la bouche. 

    L’Adrienne est dans le même cas : ses rudiments de roumain semblent s’être presque tous évaporés et il est encore un peu tôt dans la journée pour sortir un « noapte bună », seule formule dont elle se souvienne avec précision

    Violeta disparaît dans sa cuisine suivie de sa fille et revient avec deux tasses de café et deux soucoupes dans lesquelles elle a déposé un peu de confiture maison.

    On n’est pas dans un pays où la ménagère qui reçoit une visite n’a qu’à ouvrir son placard à provisions pour en sortir un paquet de chocolat ou de biscuits. Ici, on le verra dès le premier jour, ici il n’y a rien. Rien que la débrouille. 

    - Vous aimez ? s’enquiert Violeta. C’est du café turc. 

    L’Homme et l’Adrienne le trouvent horrible. 

    - C’est très différent de ce qu’on connaît, dit l’Adrienne, qui à l’époque ne buvait jamais de café. 

    Le café turc de Violeta, c’est du café moulu qu’on fait bouillir plusieurs minutes dans un poêlon, puis on le verse dans les tasses en essayant de ne pas transvaser trop de marc. Mission impossible et breuvage très amer. Dans le pays de l’Adrienne, la température de l’eau pour le café est une chose à tenir bien à l’œil : « café bouillu, café foutu ! » 

    - On fera notre café nous-mêmes, glisse l’Homme à l’Adrienne. 

  • Premiers conseils

    Quand on sonne chez l'Adrienne le matin du 26 décembre - et on sonne fort, très fort! mais c'est de sa propre faute, elle n'avait qu'à ne pas écrire "hard bellen" à côté du bouton de la sonnette - elle hésite un moment avant d'ouvrir. 

    - Bonjour, dit le beau pompier en lui tendant un calendrier. 

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    Dans lequel il y a quelques pages de conseils et douze photos 

    de camions de pompiers 

    d'échelles de pompiers 

    de casques de pompiers 

    de caserne de pompiers 

    de vestes de pompiers 

    de lances de pompiers 

    ... 

    et aucune photo du beau spécimen de pompier qu'on a devant soi et à qui, sûrement, personne n'ose refuser les quatre euros que coûte son affreux calendrier 

    tongue-out 

    Bonne année!

  • Première fois

    Première fois depuis très longtemps que l'Adrienne est retournée sur les bancs de son université préférée. Celle où elle a passé quatre merveilleuses et bien trop courtes années. 

    La première série de conférences est annoncée pour quatorze heures et l'Adrienne est déjà installée dans l'amphi. Largement avant tout le monde, comme d'habitude tongue-out

    A 14.01 h. entre un étudiant, jeune homme à trois poils de barbe et bonnet de laine, l'air égaré: 

    - C'est ici, la conférence? 

    - Quelle conférence? demande un tout frais doctorant à la coiffure et au costume-cravate impeccables. 

    - Je ne sais pas... c'est notre prof qui nous oblige de venir... 

    Eclat de rire, oh oui grand éclat de rire de l'Adrienne, devant cette merveilleuse preuve de motivation. 

    Regard courroucé du gamin qui marmonne: 

    - Ben au moins, je suis venu! 

    histoire,ça se passe comme ça,prof

    photo prise le 25 novembre 2016 

  • Premier novembre

    Premières couleurs automnales 

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    douceur des fleurs de saison 

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    cyclamens du parc et anémones de mon jardin 

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    pour le projet du Hibou

    semaine 44 - douceur

     

     

  • Le premier de la rentrée

    Un tas de "premières fois", ce matin: première fois que je m'adonne au rituel des livres de la rentrée littéraire, première participation à un marathon de lecture (ce que c'est, tout de même, de travailler à mi-temps tongue-out) et première fois qu'un livre correspond aussi mal à ce qui est promis en quatrième de couverture. 

    Et ça, c'est vraiment plus fort que tout, vu la terrible concurrence dans ce domaine! 

    "Jean-Louis Fournier nous offre avec ce livre à l'humour aussi corrosif que tendre le meilleur des remontants. Un livre salutaire sur le marché du livre du bonheur." 

    Humour corrosif? Humour tendre? Livre salutaire? 

    Allez, je vous donne l'incipit: 

    "Elle a gloussé et elle a dit: "Que du bonheur."
    J'ai raccroché.
    Qu'elle aille se faire foutre, la pintade.
    Depuis que tout va mal, jamais expression n'a été aussi "tendance".
    On est obligé d'être heureux.
    Le bonheur à perpète...
    Aucune excuse.
    Si on est malheureux, c'est vraiment qu'on le cherche.
    Les malheureux sont mal vus, ils doivent raser les murs, se cacher.
    Avoir honte." 

    Voilà. C'était le chapitre un. Entier et complet. Il vous a arraché un sourire? 

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    source ici (éd. Payot)

    « Les livres sur le bonheur se vendent comme des petits pains », écrit très justement  Jean-Louis Fournier, et je le soupçonne fort d'avoir voulu attraper un peu de cette manne-là. Lui qui prétend «dénoncer l’arnaque» en crée une autre: les gogos du titre, j'en fais partie, puisque j'ai acquis ce bouquin... 

    Arnaque aussi, le nombre de pages: 220 à peu près. Vous voulez voir de quoi elles ont l'air? 

     livre,lecteur,lecture,humour

    livre,lecteur,lecture,humour

    livre,lecteur,lecture,humour

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    Conclusion: 220 pages lues en moins d'un vingt minutes. Un nouveau record établi et je me demande si je réussirai un jour à le battre tongue-out 

    livre,lecteur,lecture,humour

    Ah! que cela fait du bien de rire !
    Merci Jean-Louis Fournier! Merci Schopenhauer!

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    pour le bonheur de lecture, c'est ici cool

  • Premier septembre

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    C'est étonnant comme jusqu'aux abords du premier septembre, les visages sont souriants. 

    Les parents sont heureux d'être enfin débarrassés de leurs enfants - nombreux sont ceux qui me l'ont confié sans la moindre gêne: on ne sait plus à quoi les occuper, ils sont embêtants, bref un tas de problèmes que ma mère n'a jamais eus avec moi, elle trouvait toujours des façons de me mettre au travail, des poussières à faire, des fruits à cueillir, des armoires à vider, du marbre ou des cuivres à faire briller. 

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    A l'école, la direction, le secrétariat, les profs, les femmes de ménage, on est tous contents de se revoir, curieux des nouvelles têtes. Les locaux et les couloirs sont plus propres que jamais, notre bureau repeint à neuf est si pimpant que chacun croit que nous avons reçu de nouveaux meubles, les pelouses sont rasées de près, rien ne traîne sur la cour de récré. 

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    ce sont pourtant les mêmes meubles qu'avant, on les a simplement placés différemment 

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    Depuis lundi, on fait la queue à la photocopieuse, on peaufine son entrée en scène, on rassure les nouveaux, on fixe les premiers rendez-vous pour des entretiens avec tous ceux dont on pense, pour des raisons diverses, qu'il faudra les suivre de très près. 

    Bref, on est prête. 

    prof,école,élève

    et les deux tableaux d'affichage sont encore tout blancs cool

  • Première!

    C'est Mathilde (Le monde de Mathilde) qui m'en a donné l'idée, en annonçant sur son blog que le petit figuier en pot qu'elle cultive à la terrasse de son appartement portait fièrement huit figues!

    Alors je me suis dit que le mien, qui a sans doute un an ou deux de plus et connaît l'opulence gastronomique de la pleine terre, pourrait me faire la même surprise...

    C'est en cherchant longuement et en soulevant feuille après feuille que j'ai fini par la découvrir: ma première figue tongue-out 

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    L'événement est d'une importance si considérable que pour une fois, je vous permets de cliquer sur la photo pour qu'elle s'affiche en format géant

    cool

  • Premier soir

    Pour son premier soir en Belgique, monsieur neveu portait un bermuda bleu vif et une marinière rouge et blanc.

    - C'est pour mieux ressembler au drapeau français? lui demande l'Adrienne.

    - Tout à fait! répond monsieur neveu, qui semble jouer constamment au jeu du "ni oui ni non".

    Et il ajoute:

    - Je suis content que tu l'aies remarqué! Parce que vous ici en Belgique, vous avez mis plein de drapeaux, mais nous en France, on est beaucoup moins chauvins!

    ***

    Ce qu'il peut être comique, ce gamin tongue-out 

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    Il passe une semaine de vacances chez ma mère, qui est fervente supporter des Diables rouges: ça risque de faire quelques étincelles.

    C'est ce soir qu'il faudrait être une mouche - ou placer un micro dans l'appartement: sûrement que ça en vaudra la peine...

  • Première impression

    "Il était une fois une léproserie en Jamaïque. Si vous vouliez aujourd'hui vous y rendre, il vous faudrait trouver un homme répondant au nom d'Ernie McIntyre mais que vous appelleriez simplement Mr Mac parce que - comme lui-même, sa propre mère et tous les autres le précisent avec insistance - c'est sous ce seul nom qu'il est connu." 

    C'est ainsi que commence L'authentique Pearline Portious, du Jamaïcain Kei Miller, dans une excellente traduction de Nathalie Carré aux éditions Zulma (2016) 

    C'est ainsi que ça commence, un peu comme un conte, où l'oralité d'une narratrice se mêle à la voix de l'écrivain, pour ajuster, rectifier, commenter. 

    Et vous êtes définitivement pris par l'histoire. 

    On en reparlera, c'est sûr smile 

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    http://www.zulma.fr/livre-lauthentique-pearline-portious-572131.html

  • Premier mai

    - Il y en a, dit la directrice adjointe, qui ont vraiment de la chance!

    On la regarde en se demandant où elle veut en venir.

    - Tout de même, il y en a, répète-t-elle, qui ont de la chance! Ils reçoivent toujours un jour de congé en l'honneur de leur anniversaire!

    - Pas cette année, répond le directeur en souriant dans sa moustache. Cette année, ça tombe un dimanche.

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    Il est né un premier mai...

    cette année le muguet du jardin - trois brins plantés l'an dernier - n'est pas encore éclos.

  • Première fois

    La première fois que j'ai entendu un poème de Victor Hugo, je ne savais pas que c'était de lui. Je ne savais même pas qui était Victor Hugo. 

    Pourquoi je raconte ça? Parce que dernièrement, trois éléments d'origines diverses m'ont ramenée à ce souvenir. 

    Il y a d'abord eu la lettre d'Umberto Eco à son plus jeune petit-fils, parue dans l'Espresso et que j'ai relue à l'occasion de son décès en février dernier. "Impara a memoria", lui écrit-il. Apprends par cœur, fais travailler ta mémoire. Même message dans une interview récente de Michel Onfray, où il évoque son père qui, malgré le peu d'années passées sur les bancs d'une école, connaissait par cœur quelques beaux textes littéraires.  

    Puis il y a eu ce billet-souvenir de Bonheur du Jour, dans lequel elle parle des récitations qu'il fallait apprendre à l'école primaire et débiter le soir pour montrer qu'on connaissait sa leçon: "Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne..." 

    Enfin, le livre dont je parlais hier, à la gloire du jeune Hugo. 

    Tout ça devait concourir à me rappeler mon grand-père et sa récitation préférée, Après la bataille. Il nous faisait le grand jeu, roulait des yeux terribles sur les passages les plus poignants, 

    Et vise au front mon père en criant: "Caramba! "
    Le coup passa si près que le chapeau tomba 

    accélérait puis ralentissait le rythme pour s'apaiser dans le dernier vers et déclamer d'un air modestement héroïque:

    "Donne-lui tout de même à boire", dit mon père.  

    Mon petit frère et moi étions sidérés et impressionnés comme si notre grand-père avait été lui-même l'auteur de ce poème. 

    Lui non plus, comme le père de Michel Onfray, n'avait pas usé fort longtemps ses fonds de culotte sur les bancs d'une école. D'abord parce que les Allemands avaient fermé la sienne, en pays flamand. Toute sa vie il en a gardé une sorte de "manque" et il se plaisait à railler ce qu'il appelait "ses universités", ce temps passé dans une petite école wallonne où son père l'avait finalement envoyé, parce qu'il n'aimait pas voir son gamin de dix ans traîner dans les rues et faire les quatre cents coups à une époque aussi dangereuse que l'occupation allemande entre 1914 et 1918. 

    poème,poésie,hugo,souvenir,école,litterature

    1939

     

  • Première fois

    La première fois que l'Adrienne lit ceci: 

    En novembre 1949, Oskar Serti et Catherine de Sélys marchaient dans la Romestraat quand, surpris par un violent orage, ils se précipitèrent dans ce bâtiment pour se mettre à l'abri de la pluie et du vent. Malheureusement, lorsqu'ils se rendirent compte de leur irruption dans un musée, tous deux se sentirent profondément troublés par cette situation inopinée." 

    elle se trouve précisément au premier étage de ce musée de la rue de Rome, en train d'essayer de comprendre quelque chose aux œuvres exposées. 

    Croyant qu'il s'agit de textes explicatifs à associer aux dessins, elle met un certain temps / un temps certain à se rendre compte que c'est une oeuvre de fiction d'un artiste qui lui est inconnu, Patrick Corillon.

     ***

    La lecture, c'est ce qui manque le moins quand on se promène en ville.

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    A se demander ce que font les analphabètes 

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    et les touristes étrangers 

    tongue-out

     

    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 9 - lit

     

  • Première fois

    C'est une fille de la campagne et ça fait partie de son charme. C'est une créature de soleil qui vit à l'ombre de sa province, de son clocher. 

    Elle rentre par les champs quand un jeune homme vêtu de noir s'approche d'elle avec sur le dos l'attirail d'un peintre. Elle ressent tout de suite pour lui une si vive attirance qu'elle se met en colère contre elle-même. Elle voudrait le fuir et n'y arrive pas. 

    Il la regarde marcher depuis un long moment. Peu lui importe qu'elle soit belle ou laide, qu’elle ait la main large et les doigts rougis! Elle a encore les joues rondes de l'âge tendre et ses pas sont au rythme de l'enfance. Elle ne marche pas, elle sautille, elle court, elle virevolte. C’est elle qu’il veut peindre. 

    Trop bouleversée par la demande, elle bredouille des remerciements et des refus en cachant ses mains dans son tablier. Pour la première fois de sa vie, elle commence à comprendre le sens de certaines questions que l'abbé Roland lui pose dans le confessionnal. Elle ne contrôle plus rien. 

    Quand ils arrivent au village en longeant le ruisseau, elle s'imagine qu'un grand nombre de regards sont posés sur elle et ça ne fait qu'ajouter à son trouble. Du côté de la fontaine, les femmes s'arrêtent de battre le linge des vivants et des morts. 

    Etre une enfant douée et avoir le désir d'apprendre, cela n'a pas suffi. Depuis l'âge de douze ans, elle n'a plus eu d’autre livre en mains que son missel des dimanches. Elle n'a rien en commun avec ce beau monsieur vêtu de noir qui la regarde, la palette à la main.

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    © Julien Ribot 

    écrit pour l'atelier 207 de Leiloona 

    http://www.bricabook.fr/2016/01/atelier-decriture-207e-une-photo-quelques-mots/

  • Les premiers

    Les premiers à sortir le matin 

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    Les derniers à faire un tour le soir 

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    Le chien et son maître...

    ***

    Bonne année à tous!

     

  • Première neige

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    Elle est arrivée le 21 novembre 

    et repartie tout aussitôt... 

    Chaque année le premier flocon 

    cause le même émerveillement 

    smile  

    Chaque année le premier flocon 

    me rappelle ma grand-mère Adrienne 

    qui se hâtait de saisir 

    brosse et balai 

    pour dégager le trottoir. 

    smile 

    Ce n'était pas devant sa porte 

    qu'une veille dame glisserait 

    et se casserait la cheville

    ou la hanche. 

    smile

  • Première fois

    S'il n'y a pas de grèves

    pas d'accidents

    pas de défaillances techniques de quelque ordre que ce soit

    l'Adrienne cet avant-midi est en route pour Turin

    pour sa toute première découverte de la capitale du Piémont et du slow-food.

    Les cinq jours qu'elle y passera seront trop courts pour en voir toutes les beautés et y déguster toutes les spécialités

    mais ce sera une raison d'y retourner.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Turin

    Un ticket est déjà pris pour mercredi:

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    « Museo Egizio di Torino-631 o » par Tim Adams — worldisround.com. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Museo_Egizio_di_Torino-631_o.jpg#/media/File:Museo_Egizio_di_Torino-631_o.jpg

     

  • Première chose à faire...

    Le 14 septembre, l'Adrienne a eu son premier cours de piano. C'est-à-dire un quart d'heure de temps pour essayer d'expliquer pourquoi il s'est passé presque cinquante ans entre le moment où elle a eu envie d'apprendre la musique et la réalisation de ce désir.

    Un quart d'heure à rester assise sur un tabouret de piano sans oser poser un doigt sur le clavier, comme si l'instrument tout à coup faisait peur. Car il faisait véritablement peur.

    Un quart d'heure à se sentir pas du tout à sa place.

    La prof à la fin du "cours" s'est écriée: "Ohlala! va falloir couper ça!"

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    Elle parlait des ongles de l'Adrienne. S'il y a une chose qu'elle a de qualité, ce sont ses ongles. Solides, longs et très utiles. Pour arracher les mauvaises herbes entre les dalles, peler les oranges, enfiler une aiguille, ramasser un bout de papier tombé par terre.

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    La première chose que l'Adrienne a faite en rentrant chez elle, c'est "couper tout ça". Le réduire de plus de la moitié. Puis elle a joué do-ré-mi-fa-sol à cinq doigts, d'avant en arrière et d'arrière en avant. Tous les jours de la semaine. Et la première ligne d'Au clair de la lune.

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    Le 21 septembre, au second "cours" de piano, la première chose que la prof a dite, c'est: "Ohlala! mais c'est beaucoup trop long!"
    Il a donc fallu recouper.
    Jusqu'à ce que, dans l'idée de l'Adrienne, il soit devenu totalement impossible de faire plus court
    encore.
    A moins de les ronger.

    Il est aussi devenu totalement impossible d'arracher les mauvaises herbes entre les dalles, de peler une orange, d'enfiler une aiguille ou de ramasser un papier à terre sans le froisser (1).

    Mais c'est sans doute à ce prix qu'on devient artiste

    Langue tirée

     

     c'est vrai qu'avec les longs ongles, ça faisait "tic tic", comme dans le film "The piano", après que le doigt tranché par le mari jaloux avait été remplacé par une pointe de métal.

    ***

    (1) enlever la fine petite peau des noix fraîches, ôter l'étiquette qui colle aux kiwis, attraper un spaghetti pour vérifier sa cuisson...

  • Premières impressions

    - Et tu comprends le polonais? je lui demande, avec les yeux qui brillent à l'avance, persuadée que la réponse sera positive.

    Elle a un mouvement fier pour redresser le buste et le menton:

    - Ma famille est ici depuis Waterloo!

    - Formidable! dis-je, la tête pleine de la biographie de Talleyrand, dans laquelle je suis précisément arrivée avec Napoléon à l'île d'Elbe (quel suspense intolérable, les biographies Langue tirée) pendant que Talleyrand discute du sort de la Pologne au congrès de Vienne. 

    Nouvelle collègue préfère apparemment ne pas connaître le polonais de ses ancêtres et passer pour une Flamande de longue date, "bien intégrée", donc.

    - J'ai déjà eu des élèves d'origine polonaise, lui dis-je, et leur connaissance du polonais leur permettait de comprendre aussi le russe, le bulgare, le tchèque... c'est formidable, non? Pouvoir lire Tolstoi dans le texte?

    Elle ne semble pas convaincue et poursuit:

    - Nous sommes des Polonais restés ici en 1815. On a retrouvé les papiers de l'époque, des parchemins...

    - Formidable!

    Avec nouvelle collègue, j'ai décidé de tout trouver formidable.

    - Heureusement, dit-elle, notre nom s'éteint. Les derniers W***K sont tous des filles.

    ***

    voilà, chers lecteurs,

    je vous laisse ici

    avec de la belle matière à réflexion

    Cool

     prof,école,langue,flandre

    samedi et dimanche, on a encore bien fêté la musique,

    et dans toutes les langues...

    des mornes plaines, ça n'existe pas, en Belgique

    Cool

  • Premiers bretons

    07-27 sentier des douaniers (12) - kopie.JPG

    Premiers arbres photographiés sur le sol breton

    au départ du sentier des douaniers

    à Ploumanach

    à marée basse

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    pour le projet 52 de Ma' - thème: arbres

     http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

     

  • Premières

    juni - kopie.JPG

    Du groseillier planté l'an dernier
    l'Adrienne a dégusté les premières groseilles
    vers la mi-juin.

    Celles tout au moins que lui ont laissées
    les oiseaux, l'oïdium, les pucerons et les fourmis

    Langue tirée

     

    Comme vous pouvez le constater
    ce n'est pas le but de faire des confitures.

  • Première

    C'est elle qui a remporté le concours Reine Elisabeth samedi soir - et pas sa compatriote qui porte presque le même nom: Lee Ji Yoon est montée sur le podium alors que le président du jury appelait Lim Ji Young, il faudra que je retienne l'exemple pour démontrer à mes élèves l'importance d'une bonne articulation.

    Bref, Lim est première lauréate, et c'est mon père qui aurait été content, ce concerto de Brahms était son préféré: il adorait entendre pleurer les violons et j'ai pensé à lui tout le temps.

  • Première porte

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    © Marion Pluss

    merci à Leiloona

    http://www.bricabook.fr/2015/05/une-photo-quelques-mots-178e/

    En haut de l'escalier, un petit couloir. La porte au bout, à droite. Les deux autres, en face, ce sont les toilettes.

    Il est étrange comme on se souvient de tout.

    De la lueur bleuâtre qui passait par les vitres épaisses entourées de métal noir et sur lesquelles on avait badigeonné des voeux pour l'année 2013.

    Des bougies qui avaient mis le feu au sapin, aux nappes en papier, aux cotillons, à la décoration envahissante...

    Des cris, de la panique.

    Et de cette unique porte, si étroite, si lourde, et qu'il fallait tirer pour ouvrir.

  • Première fois

    C'est une classe de cinquième technique (= la Première en France) à laquelle Madame ne donne pas cours mais dont elle connaît chacun individuellement pour avoir eu à s'en occuper une ou plusieurs fois dans sa fonction de coordinatrice.

    C'est la classe où en début d'année, une jeune fille avait brusquement disparu pour un mystérieux aller-retour au Pakistan, fiançailles comprises.
    C'est la classe qui a donné beaucoup de fil à retordre à une jeune collègue parce que son français, à l'oral, était moins bon que celui de la moitié des élèves.
    C'est la classe où, pendant des semaines, tout le monde était en dispute avec tout le monde. Ou presque.
    C'est la classe-concentré de tous les problèmes qui peuvent se poser. Absolument tous.

    ***

    Mardi soir, pour la première fois, cette classe a présenté au public son projet de "mini-entreprise" pour l'an prochain. Mardi soir avait lieu la "réunion des actionnaires".

    Mardi soir, pour la première fois, Madame a été vraiment très contente de cette classe.

    Les Yasser, Meher, Alexander,
    les Sarah, Sofia, Davina,
    et tous les autres
    ont montré que leur classe

    a de la classe!

     prof,école,élève

    « Coeur floppys » par Laure — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Coeur_floppys.jpg#/media/File:Coeur_floppys.jpg

     

     

  • Première fois, deuxième fois

    Un tout nouveau magasin d'alimentation vient d'ouvrir ses portes. Il propose d'alléchants plats préparés, des charcuteries et des fromages, tout est italien et la boutique sent bon la truffe noire.

    Irrésistible.

    L'Adrienne a admiré le rayon, humé, réfléchi, décidé. Elle est ressortie avec une caponata et des raviolis à la truffe. Que ça lui ait coûté autant que si elle l'avait dégusté dans un restau n'est qu'un détail auquel elle ne s'est pas arrêtée.

    Deux ou trois jours plus tard, l'Adrienne y retourne, le coeur gonflé par la joie de se sentir déjà "une bonne cliente", une "habituée".

    C'était compter sans l'apparition d'un couple qui avait une commande longue comme le bras, a été reçu avec mille courbettes par les trois vendeuses en même temps et gratifié d'un petit cadeau en prime.

    On avait complètement oublié l'Adrienne. 

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    photo prise à l'ouverture

  • Premier rire du matin

    Pour le thème du rire, j'ai longuement réfléchi, beaucoup cherché, mais je n'ai rien trouvé de mieux que mon duo comique (mijn komisch duo) qui était mon premier rire du matin, le dernier du soir et aussi celui d'entre les heures Langue tirée

    Je les ai surtout photographiés imbriqués l'un dans l'autre comme le yin et le yang et auto-empaquetés dans les emballages les plus divers. Ils ont toujours dédaigné le panier qu'on leur proposait et élu les boites, caisses, sacs, de préférence un brin trop étroits.

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    ce qui s'apprend dès la plus petite enfance

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    même si la sieste est impossible

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    parce qu'on est drôlement serrés

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    la cagette est pratique, on peut sortir une patte

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    on dort comme des bûches

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     on dort toujours comme des bûches

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     on partage le paillasson en famille

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    on teste la boite du nouvel appareil ménager

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    on teste le voilage

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     on teste les caisses de vin

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    on teste l'étage supérieur

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    on teste un sac en papier

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    ou celui des courses, c'est mieux, il y a la place pour deux

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     on teste le sac de l'ordinateur

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    on pose pour la postérité

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     et on finit par se faire embarquer en direction d'Ostende 
    (on n'avait pas vu qu'il y avait un couvercle, des fermoirs et des roulettes)

     ***

    Projet 52 - semaine 9 - thème: rire

    http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/31227714.html

  • Première chaleur

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    soleil d'hiver, premiers rayons 

    un peu de chaleur pour le projet 52 de Ma

    photo souvenir

    cinq ans déjà

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    aujourd'hui ils vivent comme ça:

    projet 52,chat,hiver

    l'Adrienne réveillonne avec sa nipotina et ses chats Langue tirée

    http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/31227714.html