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  • M comme Mère Michel

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    Ce week-end, l'Adrienne est à Ostende. 
    Le titre de ce billet et la musique vous permettront de deviner tout de suite pourquoi... 

    Des photos de la fugueuse sont imprimées - en couleur, s.v.p.! - et on espère qu'un Compère Lustucru nous répondra - traderidera 

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    Siska! 

    Rentre chez toi, nom d'un chat! 

    *** 

    photo du dessus, la plage d'Ostende en novembre 2017

    photo du dessous, ma ville le 12 décembre 2017

     

  • M comme maison de poupée

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    Allez savoir pourquoi, ce titre m'a toujours induite en erreur, m'ôtant l'envie de lire la pièce. Maison de poupée, pourtant, est bien choisi, je dois l'avouer maintenant que je l'ai enfin lue tongue-out 

    [Papa] m'appelait sa petite poupée et il jouait avec moi comme je jouais avec mes poupées. Et puis je suis entrée dans ta maison... [...] Je veux dire que j'ai quitté les mains de papa pour passer dans les tiennes. - LdP p.136, traduction de Marc Auchet. 

    La pièce date de la fin du 19e siècle et bien sûr, ça se remarque à chaque page. La position de Nora comme femme, épouse, mère, n'est plus tout à fait celle d'aujourd'hui. Fort heureusement, les lois ont fini par accorder aux femmes un statut d'être humain responsable à part entière. 

    Je viens d'apprendre que les lois ne sont pas ce que je croyais. Mais je n'arrive pas à me persuader que ces lois-là puissent être justes. (id., p.149) 

    Pourtant, même si la société a évolué, la pièce garde une certaine actualité: si on considère la place de la femme, son rôle, son statut, aujourd'hui encore elle est placée devant les mêmes choix. Je le vois par exemple à mes grandes élèves, qui choisissent à 17 ou 18 ans une carrière qui leur permettra de s'occuper de leurs enfants... aucun garçon de 18 ans n'a ce souci. 

    Pour une belle analyse éthique de la pièce, voyez ici

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    lu pour le challenge nordique chez Margotte

  • M comme montagne

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    source photo BELGAIMAGE et article ici 

    Il s'éclaire à la bougie ou à la lampe à huile, n'a pas de douche ni d'eau chaude, son "ermitage" est un cagibi humide qui ne fait que 25 m². 

    Mais il est heureux. 

    J'en parlais ici, juste après sa sélection parmi une cinquantaine de candidats. Cet automne, il termine son premier semestre d'ermite (relatif) dans les Alpes autrichiennes et est fermement décidé à poursuivre l'expérience dès le printemps prochain. 

    Tout en apportant quelques améliorations à son logement: cuisinière au gaz, panneau solaire pour pouvoir s'éclairer avec des lampes LED, douche. 

    "Ma prière ne sera pas meilleure", argumente-t-il, "si je vis comme il y a 350 ans." Je trouve l'argumentation intéressante tongue-out

    Son ermitage finira par avoir cinq étoiles, en plus de toutes celles qu'il peut admirer dans le ciel, une fois que touristes, pèlerins et randonneurs sont repartis cool

  • M comme mille euros

    Chaque année à la fin du mois de septembre, tous les élèves - qu'ils le veuillent ou non - participent au cross de l'école. Chaque année, on se bagarre dur pour les places du podium et on souffre beaucoup à l'arrière du peloton. 
    Chaque année, Madame recueille un plein sac de "choses précieuses" dont elle prend soin pendant que ses élèves galopent leurs kilomètres: des clés de moto, des portefeuilles, des smartphone. 
    Il y a quelques années déjà, des élèves s'étaient écriés, à la vue de certains de ces petits objets: 
    - Mais quelle idée d'apporter à l'école un portable de 500 €! 
    D'ici peu, on s'écriera: 
    - Mais quelle idée d'apporter à l'école un Iphone de plus de mille euros! 

  • M comme monts et merveilles

    La Suisse, ça se mérite 

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    de quelque côté que vous vouliez entrer 

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    il y a des files et des formalités 

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    et même des feux rouges le long de l'autoroute... 

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    Alors vous êtes d'autant plus content 

    d'avoir atteint le but! 

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  • M comme mec

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    - Qu'est-ce que tu en penses? m'a demandé Jenny. 

    Elle tenait dans sa paume ouverte un bijou en forme d'ananas qu'elle avait épinglé sur son manteau. 

    - Tu crois que ça a de la valeur? 

    Sa question m'embêtait. Que pouvait bien avoir coûté cette petite mosaïque de fausses pierres précieuses? Et quelle valeur sentimentale y attachait-elle? 

    - C'est ton amoureux qui te l'a offert? j'ai dit, pour éluder prudemment sa question. 

    Ses quarante-huit ans ne l'ont pas empêchée de devenir toute rose. 

    - Oui, hier soir... Tu penses que c'est sérieux? Que c'est bon signe? 

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     - Ecoute, j'ai dit, c'est difficile de se faire une idée, comme ça... D'abord, je ne l'ai jamais vu... 

    J'ai tout de suite regretté cette parole imprudente. Et si elle allait vouloir me le présenter? Non, non! Il ne pouvait en être question. 

    - Qu'est-ce qu'il aime, dans la vie? j'ai rapidement enchaîné, me disant qu'elle allait se mettre à parler de lui et oublier ma sotte remarque. 

    - Les Romains! Enfin, la Rome antique, tu vois ce que je veux dire? Il collectionne tout ce qui s'y rapporte, en miniature, évidemment, les empereurs, les monuments, les soldats, tout, quoi! 

    - Ah! j'ai fait. 

    Et c'est tout ce que j'ai réussi à dire. Pas de doute possible, c'était bien lui. 

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    On était attablées à la Casa del Güey (1), à attendre notre pastel de elote. Heureusement, l'amour ne coupait pas l'appétit de Jenny et on pouvait continuer à aller se gaver de pâtisseries mexicaines chaque samedi après-midi. 

    - Et tu le revois quand? je lui ai demandé. 

    C'est là que j'ai senti le problème. Elle a hésité, a baissé la tête. 

    - Tu crois que la broche est un cadeau d'adieu? 

    Comment lui dire sans me trahir que c'est exactement ce qu'il faisait à chaque fois? 

    (1) https://www.youtube.com/watch?v=awCZRIepB8M güey, ce sont les quatre lettres visibles à l'enseigne sur le tableau de Hopper c'est de l'argot mexicain pour mec 

    Les trois photos sont les consignes d'écriture des Plumes d'ici et d'ailleurs, que je remercie!

  • M comme Monniksgier

    Il s'appelle Sirius et il est né le 23 mai au Parc des Oiseaux de Villars-les-Dombes, dans l'Ain. Il est arrivé au zoo d'Anvers cinq jours plus tard pour y être adopté et élevé par le couple de vautours moines Sir et Snowflake. Ses parents biologiques ayant cessé de couver leur oeuf, il avait été mis en couveuse et on lui avait cherché des parents adoptifs parce qu'il est primordial pour leur comportement futur que les bébés vautours moines soient élevés par leurs congénères au lieu d'être nourris par des humains.

    Adoption pleinement réussie, sa nouvelle maman s'est tout de suite mise à régurgiter de la nourriture pour la lui donner.

    Voici une photo du bébé 

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    © ZOO Antwerpen
    source photo et article ici

    et sur la page fb de l'événement, des Français s'indignent qu'on ait enlevé le petit à ses vrais parents et aimeraient savoir quand on le leur rendra 

    tongue-out

  • M comme mort à Venise

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    Elle le savait, que ce n'était pas une bonne idée de revenir sur les lieux des amours mortes, et même si elle ne l'avait pas su, tant de gens le lui avaient dit et répété...

    Mais c'était sa façon à elle d'enterrer le passé, de tourner la page.

    Alors elle a choisi la même ville, le même bar sous les arcades, le même siège.

    La seule chose différente, c'est qu'à l'époque elle ne buvait pas de café, alors qu'aujourd'hui elle dégustait avec plaisir un cappuccino. Ou même deux.

    N'était-ce pas la meilleure preuve de sa guérison?

    ***

    tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie!

     

  • M comme Masereel

    A travers toute son oeuvre, Frans Masereel a fait preuve d'un regard critique sur son époque et d'un indéfectible pacifisme. Son engagement est aussi celui d'un homme qui a toujours voulu rester positif: il montre de la confiance en l'avenir du genre humain, malgré tout. 

    Le Mu.ZEE d'Ostende lui consacre une expo qui a comme titre "la résistance en images"

    art, peinture, belge, belgique, ostende

    Je vous montre d'abord cette gravure sur bois, "Le voyageur" (1922) parce qu'elle symbolise bien ce qu'il a beaucoup fait dans sa vie, voyager pour aller voir ailleurs par lui-même comment les choses s'y passent ou pour se mettre en sécurité, vu ses activités antinazies. 

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    "Amerika" (1922)
    Il fait deux voyages en URSS  

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    Char et église, 1935-36

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    Moscou, maisons anciennes et nouveaux buildings, 1935 

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    Ouvriers de chemin de fer en Russie, 1935-36, qui me font penser aux 'moujiks' dans le Général Dourakine, de la comtesse de Ségur wink 

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    Le Front populaire, 1936 

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    illustration pour le texte de Jules Laforgue (cliquer pour voir en grand) 

    L'expo se termine sur la grande fresque qu'il a réalisée pour l'Exposition universelle à Paris (1937) dans laquelle il exprime - un peu à la manière des affiches russes - sa foi en l'avenir: "La famille en lecture" le fait entrer dans la compagnie de ceux qui croient que l'art, la culture, la connaissance sont indispensables au genre humain, donc aussi à l'ouvrier. 

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    partie centrale du tableau

     

  • M comme moi, Rudy, 7 ans

    souvenirs d'enfance,françois bon

    Pas de vent entre les haies épaisses jusqu'à la grand-route; le bruit des pas, du babillage et des chants d'oiseaux; la grand-route, le vacarme, la circulation, un passage zébré, des camions lancés à toute vitesse dans la descente; un enfant mort, de guingois dans le caniveau, anorak ensanglanté, cartable dix mètres plus bas, au milieu de la chaussée; ne pas regarder, ne pas regarder et tout voir quand même; remonter la rue, le magasin de bonbons, le boulanger, les maisons si pareilles, des autos, des autos, des autos, des enfants qui rentrent de l'école et une maman qui hurle sa peine; la semaine suivante, un adulte pour aider à traverser au passage zébré. Une tache de sang qu'on verra longtemps. 

    *** 

    souvenir remonté de la petite enfance 
    suite à la consigne 2
    de l'atelier hiver 2016-17 
    chez François Bon

  • M comme Made in Belgium

    Chaque mardi après la classe, elle vient chez Madame pour s'entraîner un peu à parler le français, qui pour elle n'est pas une langue seconde, mais la cinquième ou la sixième: elle connaît mieux l'ingouche, le russe, le néerlandais, l'anglais et l'allemand.  

    Moi, dit-elle, je suis Russe. Mais mon pays, c'est la Belgique. 

    Voilà qui fait réfléchir Madame. 

    Elle est née en Ingouchie, que ses parents ont dû fuir peu après sa naissance. Les Ingouches, surtout depuis Staline, n'ont que des problèmes avec leur "mère patrie" et avec leurs voisins tchétchènes ou ossètes. 

    Je me sens Russe mais je ne veux pas retourner en Russie, dit-elle. Mon pays c'est la Belgique. 

    Si tu devais faire un clip promotionnel pour la Belgique, lui demande Madame, qu'est-ce que tu montrerais? 

    Elle aura la réponse mardi prochain. 

    Ce ne sera sûrement pas M comme Magritte - car oui, il était prévu qu'aujourd'hui elle vous parle enfin de l'expo Magritte qu'elle a vue à Beaubourg - ni les moules, le Manneken Pis, Merckx ou la mer du Nord. 

    Elle est impatiente d'avoir la réponse... 

    Made in Belgium from Global Movie Production on Vimeo.

  • M comme medèn ágan

    Quand l'été dernier l'Adrienne a annoncé à l'amie Lutgart qu'elle passerait à un mi-temps dès la rentrée, celle-ci a applaudi en helléniste: 

    - Μηδὲν ἄγαν! 

    "Rien de trop", traduction littérale, ou "Point trop n'en faut", comme dit le proverbe en français, et "Qui trop embrasse mal étreint" (la mère de l'Adrienne ADORE ce proverbe). Bref: garder la juste mesure en toute chose. 

    Car s'il est une étiquette qui colle fâcheusement à l'Adrienne, c'est qu'elle "en fait trop". 

    Or, que lit-elle hier soir dans son magazine préféré? Exactement le même message, mais délivré comme une nouveauté made in Sweden, une panacée scandinave, une sagesse suédoise appelée lagom et qui dit exactement ce que disaient les Anciens: cherchez le juste milieu en toute chose. 

    Point trop n'en faut. 

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    Ce n'est pas cette buveuse d'absinthe qui dira le contraire 

    tongue-out 

    tableau de Léon Spilliaert 
    photographié au MSK de Gand
    samedi dernier

     

     

  • M comme maison

    C'est au début de 2015 que l'Adrienne a disposé de la somme nécessaire pour s'offrir quelques armoires supplémentaires dans la cuisine. 

    Parce que là à gauche 

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    et là à droite 

    2016-11-10 cuisine (1).JPG

     et là devant les portes 

    maison,photo,hibou

    il y a de la place pour quelques rangements supplémentaires. 

    La sélection du cuisiniste n'est pas chose aisée mais finalement ça se décante tout seul: la plupart refusent de se déranger pour "seulement trois armoires". 

    Reste une maison de confiance qui accepte le travail et au fil des rendez-vous avec la responsable, l'Adrienne se sent de plus en plus enthousiaste. 

    Les semaines, les mois passent. On est déjà en septembre 2015 quand elle reçoit enfin le premier projet. Il y a quelques modifications à y apporter. 

    Les semaines, les mois passent. En mars 2016, l'offre envoyée est tout de suite signée et l'acompte payé. Les meubles seront installés dans un délai de six à huit semaines.

    Les semaines, les mois passent. En septembre 2016, l'Adrienne reçoit un message annonçant l'arrivée des armoires pour le jeudi 10 novembre. Elle sera au travail à ce moment-là, mais qu'importe! Elle n'ose imaginer quels nouveaux délais lui seraient imposés si elle voulait changer la date... 

    Le jeudi 10 novembre, au retour de l'école, là à gauche 

    maison,photo,hibou

    et là à droite 

    maison,photo,hibou

    et là devant les deux portes 

    maison,photo,hibou

    il y a enfin toutes les armoires demandées. 

    *** 

    photos choisies pour illustrer à contre-sens 

    le thème du Hibou 

    semaine 46 - uniforme 

    car, vu que l'ennui naquit un jour de l'uniformité 

    les nouvelles armoires ont une couleur totalement différente des anciennes 

    cool

     

  • M comme Muanza

    Quand l'ascenseur s'est arrêté pour Muanza au premier étage, il y avait déjà trois autres personnes dans la cabine, un vieux monsieur et une dame tenant un petit garçon par la main. 

    - Regarde, maman! Il est tout noir, le monsieur! 
    - Chut, a dit la mère en lançant un regard gêné vers Muanza, qui s'est placé dans un coin après avoir appuyé sur le bouton du 8e. 

    Son téléphone a sonné. C'était Rosemund, évidemment.

    - Il parle une drôle de langue, le monsieur tout noir, a dit le petit garçon. C'est de l'anglais, ça, maman? 
    - Chut, a répété sa mère. Ne dis pas ça, non ce n'est pas de l'anglais. 

    Dans l'autre coin, le vieux monsieur rigolait doucement en regardant Muanza, quand tout à coup, après quelques hoquets, l'ascenseur s'est arrêté entre deux étages. 

    - Ça y est! s'est exclamé le vieux monsieur. C'est la panne! 
    - C'est la faute du monsieur tout noir? a demandé le petit. 
    - Chut, non, ne dis pas ça, a soufflé la mère en regardant Muanza avec inquiétude pour la troisième fois. 

    Celui-ci tapotait sereinement son clavier pour appeler Atuahene, qu'il les tire de là, quand la lampe s'est éteinte dans la cabine. 

    - Je ne veux pas rester dans le noir avec ce monsieur tout noir! a gémi l'enfant. J'ai peur! 
    - Ce n'est rien, a dit la mère, tu verras, ça ne va pas durer longtemps. 
    - C'est l'affaire de quelques minutes, a renchéri le vieux monsieur. 

    L'enfant s'est mis à hurler: 
    - C'est la faute au monsieur tout noir! 

    L'ascenseur s'est ébranlé, la lampe s'est rallumée. 
    - Ouf! a dit Muanza. La dernière fois, on est restés bloqués plus d'un quart d'heure! 

    C'est alors que la mère a donné une taloche à son gamin. 
    Il n'a jamais compris pourquoi. 

    ***

    écrit pour la consigne 402 des Kaléïdoplumes 

    "Panne d'ascenseur" 

  • M comme marronnier

    Dimanche dernier, un papa d'anciens élèves vient vers moi, smartphone en main. 

    - Je sais, me dit-il, que ça vous intéresse d'avoir des nouvelles de vos anciens élèves, alors je vais vous montrer quelques photos! 

    Et nous voilà partis pour l'équivalent de la soirée diapos d'autrefois: son fils est ingénieur et travaille pour une entreprise belge qui mène de grands chantiers de par le monde, ponts, plateformes de forage, tout ce qui est gigantesque et demande une présence de plusieurs mois, de l'Amérique du Sud jusqu'en Orient; sa fille a terminé sa médecine et enfile les stages à l'étranger, de préférence sur d'autres continents. Il s'estime heureux s'il les voit quelques jours par an. 

    - On a deux enfants, me dit une maman, mais on ne les voit jamais. 

    Elle aussi a une fille médecin (spécialiste aux Etats-Unis) et un fils ingénieur civil (toujours à l'étranger). 

    Alors quand l'autre jour, installée avec une amie à la terrasse surplombant son jardin, j'admirais les beaux arbres et remarquais un jeune marronnier, je me suis tue quand elle m'a dit avec un bel optimisme: 

    - Mon mari a planté ce marronnier parce qu'il veut que plus tard, nos petits-enfants puissent venir ramasser des marrons... 

     

  • M comme Mateiu

    Le temps des vacances, on se sent toujours obligée de faire un peu de rangement mais cette année-ci une sorte de miracle a eu lieu: on s'est attaquée à trois grandes boites de "souvenirs" qui traînaient depuis trois ans dans le salon et on a réussi à en jeter la majeure partie. 

    Evidemment, on est de nouveau tombée sur quelques trucs qu'on ne peut ni jeter, ni donner, comme cet énorme livre de Mateiu Caragiale

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    Il s'agit d'une édition bilingue roumain-français de poèmes de Mateiu Caragiale, reçue en cadeau de mes amis roumains lors de notre première rencontre, l'été qui a suivi la chute du conducator. 
    Comme cet épais bouquin fait 34 cm sur 24, il n'entre dans aucune des boîtes de la bibliothèque... 

    ***

    Bref, les trois grandes boîtes se trouvent réduites à un demi-carton, c'est une véritable prouesse, du jamais vu sur la planète Adrienne.

     

  • M comme miroirs

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    Les jardins du château d'Annevoie

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    sont traversés par des canaux

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    et les dénivellations naturelles

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    alimentent les nombreux jets d'eau,

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    les cascades de formes diverses

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    et de grands miroirs...

    http://www.annevoie.be/ 

    photos prises le 8 juillet

  • M comme Miller

    Vous êtes tombé sur une photographie d'Adamine dans le Jamaica Star et vous l'avez découpée. C'est une photo en noir et blanc, au grain prononcé, d'une jeune femme de vingt-cinq ans. Le visage est flou, on dirait que le flash a déformé ses traits plutôt qu'il ne les a fait ressortir. Elle est debout derrière une table, on ne la voit donc qu'à partir de la taille. [...]

    Vous avez épinglé cette photo sur la porte, espérant que lorsqu'elle passerait devant, Adamine saisirait soudain un reflet d'elle-même, que le passé lui reviendrait au galop et la submergerait. Ça fait un bail que vous avez commencé ce petit jeu: essayer de lui rendre la mémoire. [...]

    Vous espérez que les souvenirs lui reviennent. Mais surtout, vous voudriez qu'un jour, elle se souvienne de vous.

    Kei Miller, L'authentique Pearline Portious, éd. Zulma 2016, p. 110-111 (traduction de Nathalie Carré)

    littérature, traduction

    J'en avais déjà parlé ici il y a une dizaine de jours...

    Magistral roman à deux voix: il y a d'abord celle du narrateur, qui avance peu à peu à la fois dans l'écriture de son livre et dans son enquête sur son personnage principal, Adamine Bustamante.

    A la voix du narrateur se mêle celle d'Adamine, clairement reconnaissable à son langage mêlé de mots et d'accent antillais.

    Coup de chapeau au travail de la traductrice!

    Les fils se nouent, les pièces s'assemblent, le tout est une construction parfaite qui tient en haleine jusqu'au bout.

    Et non, je n'en dis pas plus, de peur de dévoiler l'intrigue ou le dénouement cool 

    Un coup de coeur!

     

  • M comme merci!

    De retour en classe, jeudi dernier, après un voyage de quatre jours à Paris, les élèves de Première font le bilan.

    Ceux qui ont - comme Madame les y avait encouragés - osé s'adresser en français à quelques autochtones, que ce soit lors d'un trajet en métro, dans un bar ou un resto, ont reçu trop souvent la réaction suivante:

    - Vous êtes Belges? Vous êtes de Molenbeek?

    Ainsi que quelques rires gras.

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  • M comme musique

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    Le grand escalier de l'académie est aussi le lieu où se donnent les concerts: 

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    soit les marches servent de siège au public et les musiciens sont au niveau du sol - les pianistes, par exemple - soit chœur et orchestre sont disposés sur les marches et le public est au niveau du sol. 

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    Pour l'Adrienne, ce sera bientôt l'heure des examens de solfège: clé de sol et clé de fa...

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 15 - sol 

    il y a le sol de l'académie

    et la clé de sol 

  • M comme merveille

    Samedi matin 

    il fait -1°C 

    et au moment d'aller à la gare 

    tu vois ton pot de fleurs 

    qui commence à devenir bien bleu 

    alors tu sors l'appareil 

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    Samedi soir 

    il fait 10°C 

    quand tu reviens de la gare 

    et tu vois ton pot de fleurs 

    devenu tout à fait bleu 

    alors tu reprends ton appareil 

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    et tu remercies 

    tes crocus et tes jacinthes 

    pour leur vélocité: 

    grâce à elles

    tu as enfin trouvé 

    comment illustrer 

    le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 11 - rapidité

  • M comme mer

    A l'hôtel simple mais confortable, la vue sur la mer était comprise dans le prix - fort modique - de la chambre. 

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    Malheureusement, on avait dû construire un immeuble devant, juste après que l'Adrienne avait réservé.

    Des bâtisseurs polonais, très probablement, puisque à peine trois semaines s'étaient écoulées depuis la réservation 

    tongue-out

     

     

  • M comme Michon

    L'Adrienne s'est fait avoir. Complètement. Jusqu'à la dernière page. A tel point que ce billet a failli s'intituler G comme gefopt (bien attrapée). 

    Dès l'incipit, on apprend que Tiepolo a fait son portrait. Au chapitre deux, on reçoit sa biographie et celle de ses ascendants. Au chapitre trois est décrit le tableau. Les Onze. On se dit qu'il est urgent de retourner visiter le Louvre et qu'on a raté quelque chose d'important, la dernière fois qu'on est entrée au Pavillon de Flore. Il faut dire que c'était il y a longtemps. On est dans un train et pour la toute première fois on regrette de ne pas avoir ce merveilleux joujou qui permettrait de vérifier tout ça en ligne.

    Alors on fait confiance à l'auteur et aux "mille biographes dont [il s]'inspire librement" (p.45) et on poursuit avidement sa lecture. La deuxième partie du livre raconte avec une foule de détails dans quelles circonstances le tableau a été commandé. 

    Tout cela vous l'avez lu aussi, dans les encadrés de l'antichambre. Vous vous êtes même arrêté devant la reproduction de l'esquisse à l'huile de Géricault qui n'est pas ici au Louvre, qui dort parmi les Girodet dans le musée de Montargis: Corentin en ventôse reçoit l'ordre de peindre les Onze.

    Pierre Michon, Les Onze, Folio 5193, p.117

    C'est là qu'on se dit encore une fois que l'acquisition d'un Smartphone devient inéluctable. Voir! On veut voir, ces tableaux, ces musées, ces références. Surtout quand arrive celle qu'on croit vraiment solide, Michelet. Lui aussi a vu ce tableau du Louvre et en parle "dans les célèbres douze pages" (p.124) "dans le chapitre III du seizième livre de l'Histoire de la Révolution française." (p.119)

    On ajoute mentalement Michelet à la liste des livres à lire.

    Bref, on est gefopt jusqu'à la dernière ligne, où après un dernier conseil (1) l'auteur termine sur cet excipit:

    Et les puissances dans la langue de Michelet s'appellent l'Histoire.

    Pierre Michon, Les Onze, Folio 5193, p.132

    On peut en dire autant de Michon. Magistral Michon!

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    le 3e à partir de la droite: ce n'est qu'après le retour à la maison et après vérification sur internet qu'on comprend pourquoi en couverture se trouve un extrait d'un tableau de Goya, et non Les Onze.

    ***

    (1) (...) si comme je vous le conseille vous vous écartez du tableau, si vous lui tournez résolument le dos, si vous revenez carrément sur vos pas, si vous sortez de la pièce et faites quelques pas dans la galerie du Bord-de-l'Eau, et de nouveau faites volte-face, de nouveau par artifice pénétrez dans la grande salle où à l'exclusion de tout autre tableau se tient Les Onze; si vous vous arrêtez alors sur le seuil et regardez Les Onze comme si vous les voyiez pour la première fois - alors oui, vous savez presque à quoi cela vous fait penser. (p.130)

  • M comme musique

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    Bon, ça y est! 

    L'Adrienne sait enfin jouer Au clair de la lune... 

    OK, pas encore sans partition: 

    ce n'est pas demain qu'elle jouera Allegri par cœur  

    après l'avoir entendu juste une fois 

    comme l'ami Mozart.

    Si vous écoutez deux minutes, vous entendrez la soprano 

    cool 

    et si un jour l'Adrienne joue Mozart 

    vous serez les premiers avertis 

    bien sûr!

    tongue-out

  • M comme Magritte

    Ceci n'est pas un chapeau boule

    Torino 2015-5 020 - kopie.JPG

    C'est un lampadaire...

    ***

    Bon, je sais quoi faire avec les chapeaux
    de mon arrière-grand-père...

    Langue tirée

  • M comme Magritte

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    http://miletune.over-blog.com/2015/10/sujet-semaine-42.html

    Oeuf d'acacia

    Chaussure mal lunée

    Chapeau boule de neige

    Lumière au plafond

    Verre de jus d'orage

    Marteau du désert

    http://www.dailymotion.com/video/x2avazo_arma-3-coop-tfr-mcc-marteau-du-desert-annulee_videogames

    Acacia ovoïde

    Lune mal chaussée

    Neige en deuil

    Plafond qui brûle

    Orage de verre

    Le désert rend marteau

     http://www.lefigaro.fr/livres/2015/09/15/03005-20150915ARTFIG00254-eric-emmanuel-schmitt-une-drole-de-nuit-dans-le-desert.php 

    En hommage à Magritte

    Roi de la flibuste 

    Des mots et des images

     

  • M comme milieu

    Ce jour-là, les flots bleus de l’Adriatique étaient cachés par la grisaille de l’automne qui s’annonçait mais le ciel au-dessus du Gargano était joliment illuminé par des nuages étincelants de blancheur. De doux rayons éclairaient la terrasse où Alberto poursuivait sa lecture, sans se rendre compte que la femme à côté de lui n’était plus au diapason avec lui depuis longtemps. Elle redevenait cette belle inconnue rencontrée deux mois plus tôt.

    Balançant mollement une jambe, elle rêvassait. Non, ils n’étaient décidément pas du même milieu, ne partageaient aucun intérêt, et les violons de l’amour s’étaient tus depuis longtemps. Elle se dit qu’il était temps de passer à autre chose.

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    http://lalitoutsimplement.com/en-vos-mots-439/

    la photo publiée chez Lali
    combinée avec les mots imposés de Filamots:
    flot, inconnue, poursuivre, grisaille, violon, illuminé, milieu.

     

  • M comme mobile

    Par groupes de quatre, les plaisanciers quittent le bassin intérieur. 

    Il faut d'abord passer sous le pont mobile.

    De la chambre d'hôtel, on entend la sonnerie et on ne voit passer que les mâts des voiliers.

    Oostende 2015 030 - kopie.JPG

    Piétons et automobilistes ont à peine deux minutes d'attente. 

    Après, il y a encore une écluse. Les quatre voiliers patientent jusqu'à ce que l'eau soit au bon niveau et que les portes de l'écluse s'ouvrent.

    Oostende 2015 031 - kopie.JPG

    De l'autre côté du "vaargeul" (chenal?) il y a un autre port pour le yachting. Sans pont mobile, sans écluses, accès direct à la mer. Mais beaucoup semblent préférer celui qui est au coeur de la ville.

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    une partie de l'autre port de plaisance, le 6 août en début de soirée

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     et les ombres sur le pont

    ***

    pour le projet 52 de Ma' - thème: pont

     http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

  • M comme Muanza

    Chère Adrienne

    Voilà déjà une paire d'années que tu as créé mon personnage, que tu composes mon histoire par bribes et par morceaux, au gré de jeux d'écriture et de mots imposés, de sorte que je me demande comment tu t'y retrouves et surtout: comment tu veux que tes lecteurs s'y retrouvent?

    Par conséquent, je me permets de te donner deux conseils:

    1.tout d'abord, tu devrais rassembler tous les éléments de ce puzzle et bien les poser à plat sur la table. Je sais, il t'en faudra une grande pour pouvoir tout disposer dans un ordre à peu près chronologique. Cette première étape te semblera fastidieuse (je te connais) mais elle est indispensable: elle te permettra de voir les redites, les trous, les incohérences. Car je peux te l'affirmer: il y en a. Ainsi par exemple, au bout de quelques mois tu as décidé de faire de moi un Ghanéen. Je suis désolé de devoir te le dire: dans ce cas, il faudra changer mon nom, qui n'appartient pas à la langue ashanti, supposée être celle de mes ancêtres.

    2.ensuite, tu choisiras le bon angle d'attaque pour faire un bel incipit. Et tu dérouleras le fil de l'histoire. Libre à toi d'y mettre quelques retours en arrière, mais dans l'état actuel des choses, on passe du territoire ashanti à Anvers, Bruxelles, Accra ou ta verte campagne, et il me semble que c'est un peu trop demander à tes lecteurs - même de très bonne volonté - de s'y retrouver entre l'avant/après de mon arrestation à Accra, de mon évasion de prison, de mon arrivée en Belgique, de ma demande d'asile et de son refus.

    Je te le dis sans détour: je ne m'y retrouve plus moi-même alors que c'est ma propre histoire!

    J'espère que tu prendras la peine de réfléchir un peu à tout ça.

    Bien amicalement

    Muanza

  • M comme matin

    Il est 07.08 h.

    Trois camions passent (pas le temps de noter), deux entreprises de construction, transport de farines, Maxi Cleaning, camion de déménagement, entreprise de plomberie, Allgro (transport de pommes de terre), De Keyzer (transport d'automobiles), camion luxembourgeois, entreprise de construction, installateur de climatisation, installateur de vérandas, de panneaux solaires, tracteur bleu avec remorque jaune, Servibox (cartonnages), Waterbouwwerken (http://www.dmvh.be/index.html), Stortbeton, Vuylsteke (transport), Interieur meubelen op maat...

    Il est 07.18 h.

    On atteint le sentier qui longe le couvent et on laisse les camions derrière soi.

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     Projet 52 de Ma' - thème: matin

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052