N

  • N comme nationalités

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    - Tous ces Africains qui débarquent par milliers en Italie, dit Monsieur, c'est un vrai problème! Un grand problème! 

    Quelques-uns d'entre eux sont arrivés à Asciano. Le matin, ils vous accueillent tout sourire lorsque vous allez faire vos courses au supermercato COOP. Ils vous disent buongiorno à votre arrivée et à votre départ. Quelques gentilles vieilles dames se laissent attendrir et leur offrent une piécette en échange d'un peu d'aide pour charger le contenu du chariot dans le coffre de la voiture. Elles se disent sans doute que là-bas en Afrique ils ont une mère, une grand-mère, qui s'inquiètent pour eux. 

    Je me demande ce qu'ils font le reste de la journée. Et quelles perspectives ils ont. 

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    - Vous avez sûrement déjà remarqué nos Chinois? dit Monsieur. 

    En effet, j'avais déjà rencontré des Asiatiques, toujours entre eux par petits groupes, parlant fort une langue comprise par eux seuls. Ils ont de beaux vêtements, des sacs griffés, leur Ipod et leurs oreillettes. 

    - Ils sont ici pour apprendre l'italien, dit Monsieur. Ils suivent des cours pendant quelques mois, ensuite ils poursuivent une formation ailleurs en Italie, dans la mode par exemple. 

    J'en ai vu quatre dans le train pour Sienne. En sortant de la gare, ils n'avaient que l'esplanade à traverser pour entrer dans leur école de langue. Apparemment le cours ne commençait qu'à onze heures. 

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    Les Belges d'Asciano se filment et se photographient, boivent du vin, mangent des spécialités locales, puis un soir ont tout à coup une envie de frites, même s'il fait encore 36° à la terrasse de la trattoria

    voyage,italie,italien,belge,belgique

    Assis toute la journée jusqu'à minuit passé à leur coin de rue, les Italiens d'Asciano contemplent tout ça en donnant des commentaires.
    Ne vous méprenez pas en voyant ces bancs vides, ils sont bien là, ils ont placé leurs sièges en plastique de l'autre côté des buissons, à l'ombre. 

    Je me demande quand ils mangent ou dorment tongue-out 

  • N comme Nathalie

    Il y avait bien eu ce faire-part affiché à la vitrine, il y avait bien eu ces jours où personne ne décrochait le téléphone. 

    Pourtant en voyant ses yeux tristes, l'Adrienne n'avait pas encore deviné. Ça ne va pas? a-t-elle demandé. Non, ça n'allait pas, elle venait de perdre sa maman, une quinzaine de jours auparavant. 

    Alors tout lui pesait, la chaleur des jours et des nuits, l'ambiance festive des soirs d'été où elle entendait de sa terrasse l'animation du centre, la musique, les chants. 

    Et puis, dit-elle, avec les clients, il faut chaque fois répondre à la question et raconter la même histoire. C'est pour ça, dit l'Adrienne, que je ne demande rien. Vous me racontez juste si vous en avez envie... 

    Et cette simple phrase a déclenché tout le flot, banal et triste, d'une maman qui meurt trop vite, trop inopinément, trop jeune, trop indispensable, avec trop de choses à vivre et à faire encore. 

    Vous voyez bien, dit l'Adrienne en sortant de là avec quelques centimètres de cheveux en moins, qu'il faut profiter de chaque instant. Oui, a répondu Nathalie, et elle a souri. 

    coiffeur

     

  • N comme non, non et non

    Le ministre flamand de la mobilité a décrété que désormais, le long des routes, on ne planterait plus que des arbres poussant lentement et qu'on recouperait dès que leur tronc atteint un diamètre de 10 cm. 

    Pour éviter les accidents. 

    Pourtant, on sait très bien que s'il y a un accident, ce n'est pas la faute de l'arbre. C'est la faute de l'alcool. Ou de la vitesse. Ou des deux. Depuis quelques années, il faut aussi y ajouter le téléphone portable. 

    Mais ce n'est pas la faute de l'arbre. Ni de la façade d'une maison. 

    Tout comme ce n'était pas la faute du ravin, si ma belle-sœur et sa fille sont mortes en route pour l'Espagne, un 17 avril. Elles avaient quitté la maison dans un tel état de fatigue qu'elles se sont endormies, vers trois heures de l'après-midi. 

    Mais ce n'était pas la faute du ravin. 

    L'autre jour dans ma rue, une auto est rentrée dans un poteau indiquant que la vitesse maximale autorisée est 30 km/h. Le conducteur faisait à peu près du 80. Le poteau se trouve juste à hauteur d'une petite école maternelle et primaire. Et d'un passage zébré. Trois raisons de rouler lentement. 

    Juste à côté, il y a un magnifique platane. Malheureusement pour lui, son tronc fait beaucoup plus que dix centimètres de diamètre. 

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    photo prise le 1er novembre 2014 
    ces liens pour ceux qui lisent le néerlandais: 
    http://deredactie.be/cm/vrtnieuws/binnenland/1.3001202 
    http://www.nieuwsblad.be/cnt/dmf20170531_02906877

  • N comme Northern Army

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    A chaque fois, c'était un tel plaisir, cette ambiance de bivouac, ces uniformes, ces feux de camp, et cette émulation entre les participants, perceptible jusque dans les moindres détails de l'équipement.

    Lui, il était particulièrement fier du sien, de cette veste aux poignets qui s'effilochent, de ce pantalon à la couleur passée, de cette médaille épinglée là où bat son cœur. Seule la casquette à visière était un peu trop neuve et luisante.

    Mais le reste, tout le reste, avait appartenu à cet ancêtre irlandais dont, il en était sûr, il avait hérité le regard bleu gris. Qu'importe si nulle photo ne pouvait en témoigner. Il y a de ces choses qui sont une évidence, il n'en démordait pas.

    Il sirotait son café tiède en regardant au loin les deux simili-bataillons se livrer leur fausse guerre, avec de vrais coups de canon, des tirs au fusil, des cris de commandement, des clairons qui sonnent, des nuages de fumée planant sur la pente herbeuse.  

    Si seulement ça pouvait l'aider à oublier les cauchemars de sa vraie guerre...

    Est-ce que dans cent ans un de ses descendants s'amuserait à rejouer la guerre du Vietnam? 

    ***

    photo et consignes chez Leiloona

     

  • N comme Nel

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    Quand il la voit pour la première fois, il a vingt ans. C'est un grand Flamand blond aux yeux bleus, un solide gaillard, à peine sorti de l'atelier de menuiserie de son père pour perfectionner son art à Bruxelles. 

    Elle est une petite brune de 16 ans, une francophone de Schaarbeek. Hélène, qu'il appellera Nel et qui sera la femme de sa vie. Ils se marient trois ans plus tard, en 1905, et seule la guerre les séparera. La guerre, puis la mort de Rik, en 1916. 

    Ils ont donc droit à une dizaine d'années ensemble, comme mon grand-père et la petite Yvonne. Pour Rik et Nel, ce sont dix intenses années de production artistique et de vie de couple fusionnelle. 

    C'est Nel qu'il peint, dessine, sculpte. Nel avec sa "plus jolie robe" - celle qui est à rayures rouges et blanches - ou Nel nue. Nel en pleine activité ménagère - à son repassage, par exemple - ou au repos, lisant le journal. Nel en souriante santé ou alitée et malade. 

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    fusain de 1912, Nu au fauteuil d'osier 

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    aquarelle et encre de Chine, 1915, Le mouillage du linge 

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    Nel au chapeau rouge (1909)  

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    Nel en blouse blanche (La femme en blanc) 

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    Femme en noir lisant le journal (1912) 

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    La malade au châle blanc (1912) 

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    Malade au lit (aquarelle sans date) 

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    trois fois Nel en sculpture 

    vous avez jusqu'au 2 juillet pour y aller cool

     

  • N comme numéro 17

    jeu,souvenir d'enfance,françois bon

    Au numéro 1 on ne reconnaît plus rien: la maison d'angle a été démolie et remplacée par des appartements. 

    Le 3, le 5, le 7, la brique plus sombre qu'avant, peu de changement, parfois une nouvelle porte d'entrée au lieu de celle d'autrefois, avec sa petite grille de fer forgé tarabiscoté. 

    Le 9, le 11, le 13, partout on a investi dans du double vitrage de qualité récente. Le choix des rideaux est révélateur: les longs voilages colorés et ornés de motifs dorés ou argentés indiquent plus sûrement que le nom au-dessus de la sonnette les origines maghrébines. 

    Le 15, la maison d'Albert et Julia, morts depuis quarante ans mais on voit comme hier Albert qui fait briller son Opel noire chaque samedi, Julia qui se rend à la messe avec son chapeau à voilette, leur téléphone dans le couloir, celui qui servait à toute la rue pour les urgences médicales ou autres. 

    Enfin, le numéro 17.

    On se demande qui dort aujourd'hui dans la chambre de derrière avec vue sur les toits où on croyait dur comme fer voir caracoler saint Nicolas la veille du 6 décembre. 

    *** 

    texte écrit suivant le consigne de l'atelier de l'hiver 2016-17 chez François Bon

  • N comme naïve

    Elle s'affale dans le fauteuil où il est installé depuis qu'il est rentré du travail. 

    - Je suis fourbue! dit-elle dans un souffle. 

    Il pose une main sur ses cuisses, sans lever les yeux de sa lecture. 

    - Je me demande bien de quoi, répond-il. 

    Alors elle se tait. 

    C'est ce qu'elle a toujours le mieux su faire. 

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     tableau et consigne chez Lakévio que je remercie

  • N comme NDD

    Le manque de contact avec la nature fait du tort aux enfants, ça fait des années qu'on nous le dit et qu'on le constate. Il semblerait même que ça porte un nom: NDD, nature deficit disorder. 

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    Sur le chemin de l'école, je regarde le ciel et j'essaie de ne pas penser au nombre de "particules fines" que j'inhale. Chaque enfant de l'école primaire est amené individuellement en voiture jusqu'à la porte et sur le grand "drive-in" les papas et les mamans sont à l'arrêt dès huit heures. Les moteurs tournent. Dans l'habitacle, père, mère, fils, fille, chacun a les yeux rivés sur son smartphone en attendant la sonnerie du début des cours. La cour de récré, le préau, c'est trop froid, je suppose. Je longe la file de voitures en retenant ma respiration devant l'alignement de pots d'échappement. 

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    Même scénario l'après-midi: dès 14.00 h., les premiers grands-parents investissent les places de parking pour créer le grand chaos quotidien de la sortie des classes, deux heures plus tard. Pendant tout ce temps, leur moteur tournera. L'été pour la clim' et l'hiver pour le chauffage. Je crois que l'essence et le diesel sont encore trop bon marché. 

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    Le vélo, me disent-ils, c'est trop dangereux à cause de toutes ces voitures... 

    *** 

    photos prises en décembre sur le chemin de l'école (avec une pie dans l'arbre numéro 2 et la déco de Noël dans l'arbre numéro 3)

  • N comme Nelly et Lisette

    - Mon Dieu! comme je suis contente de te voir! s'exclame Lisette. 

    Elle serre les mains de Nelly qui serre les siennes, elles se touchent les épaules, les joues, s'embrassent. Deux petites vieilles dames en pantoufles et robe à fleurs. 

    - Ça fait si longtemps qu'on ne s'était pas vues! ajoute Nelly sans lui lâcher les mains. 

    Non mais tu entends ça, bougonne Roger. M'est d'avis qu'il y a toute une vie qu'elles ne se sont pas vues! Et elles risquent pas de se voir un jour, godverdomme! 

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    Quand l'Adrienne avait 16 ans, elle pensait que le pire malheur serait de perdre la vue. 

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    photos prises à Ostende le 11 novembre 2016 

     

     

  • N comme Notules dominicales

    Lire les "Notules dominicales de culture domestique" de Philippe Didion, c'est s'assurer de passer un bon moment, dimanche après dimanche. Un moment d'autant meilleur que nous avons de nombreux points communs, ce qui a toujours quelque chose de rassurant, même si on assume ses petites particularités tongue-out 

    Dans ses notules 724, il apprécie qu'Agnès Castiglione parle de Pierre Michon "en utilisant les ingrédients qui, à [ses] yeux, forment l’écrivain de calibre supérieur : la géographie, l’enfance, le dialogue avec les morts."

    Hem, hem, se dit l'Adrienne, en sentant augmenter son tour de tête de quelques centimètres, voilà exactement les ingrédients de base de ce blog, depuis ses débuts. 

    Et Philippe Didion ajoute: "Ailleurs, point de salut, et ce n’est pas Bergounioux, qui déclarait dès 1994 écrire “pour les morts”, qui me contredira là-dessus." 

    Ce n'est qu'une demi-minute plus tard que l'ego de l'Adrienne s'est calmé. 

    Elle avait confondu "écrivain" avec "blogueuse". 

    Ou vice versa. 

    Mais peu importe: son tour de tête s'est immédiatement dégonflé cool

    vive internet,littérature

    trois titres de Michon sur la bannière 
    et un billet ici 
    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2016/01/15/m-comme-michon-8554679.html

     

     

  • N comme Novarina

    S'inspirer de Novarina et parler des noms de lieux en rapport avec l'autobiographie, voilà le deuxième exercice que proposait François Bon cet été: 

    A Villenoise, je vivais ma vie petite de n’importe qui, je vivais, je vécus n’importe quoi parmi moi : polypier aux Stigmates, muteur de tombe à Grosse-la-Neuve, répéteur aux Nadirs, échangeur aux Grés, mangeur d’action à la Croix-de-Vache, champion d’aise aux Jointeaux, cadavrier à La Vergue, parleur aux Corps-Creux : j’ai beaucoup vécu, j’ai pas été déçu... 

    Ponçon, Ivraie, Ifaux, Verdy-le-Grand, Verdit-Petit, Nussy-Villages, Monceau-Ponteau, Lubien-Serrien, Rives-du-Trou-Vrai : j’ai tout fait, j’ai fait tout, j'arrivais à rien, partout j’allais nulle part : cancre à Globeval, méritoire aux Itrans, déformiste à Jardigny, auscultier à Blangien, perdeur à Vieux-Villy, tangible aux Hauts-de-Lucey, réformiste aux Bas-de-Civry, ructeur au Gros-Verpeau, laxiste à Clair-Vigant, poncier à Loi... 

    Autobiographie aux noms propres – Adrienne à la manière de Novarina (mais alors de loin, de très, très, très loin tongue-out

    Elle a fait ses débuts dans une rue au nom de prince hollandais. Jusqu'à ses cinq ans, sa vie a été partagée entre une rue au nom d'alcool et une autre au nom très chrétien. Le vin va bien à la foi catholique, comme chacun sait.

    Elle a suivi ses parents à la campagne dans une rue qui gardait la trace des marécages d'autrefois et est allée à l'école à une place de jeu de balle, alors qu'on n'y faisait que très peu de sports, sauf la natation et la gymnastique.

    Elle est partie faire des études supérieures et a habité dans une rue au nom d'impératrice autrichienne. On peut comprendre qu'elle y était infiniment mieux que chez le prince hollandais. Tellement mieux qu'elle aurait voulu y rester. 

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    photo prise à Louvain en 2010

  • N comme NO fruit!

    Un fruit, des fruits, voilà ce qui m'a le plus manqué hier à Waterloo, aucun magasin ouvert en ce jour férié et même pas de fruits en dessert au Lunch Garden du coin. 

    A part des magasins fermés, j'ai vu quelques beaux spécimens de (very british) rugbymen - culotte courte noire et maillot noir, c'est dans cette tenue qu'ils se promènent à l'hôtel, dans le parc et en ville. 

    Why not? 

    Donc, pour le jeu du Hibou, que pouvais-je montrer? Mon unique figue se porte bien, merci, mais vous vous connaissez déjà. Alors... 

    What else? 

    Le fruit de mon labeur, j'en ai parlé hier. 

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    Dans le jardin de l'hôtel, j'ai finalement trouvé un châtaignier 

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    avec une belle promesse de fruits! 

    ***

    Pour le jeu du Hibou 

    semaine 33 - fruit

     

  • N comme Napoléon

    "Les édiles veulent relancer le commerce des manufactures lyonnaises (...) Grand consommateur, l'Etat comprend aussitôt les enjeux et envoie à Lyon - fait unique en province - quelque 110 tableaux entre 1803 et 1811."

    Voilà ce qu'on peut lire dans le guide du Routard (Lyon).

    Et en effet, tous les Rubens, Jordaens, Jan Breugel l'Ancien... sont des "envois de l'Etat", les uns de 1805, les autres de 1811.

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    Rubens, Saint Dominique et saint François préservant le monde de la colère divine, "envoi de l'Etat" en provenance directe de l'église des Dominicains d'Anvers...

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    Jordaens, Visitation, "envoi de l'Etat" en provenance directe de l'église Notre-Dame de la Visitation à Rupelmonde...

    deux exemples parmi des dizaines d'autres

    ***

    http://portal.unesco.org/culture/es/files/32653/117249653415LeMonde.pdf/LeMonde.pdf

    http://www.humanite.fr/culture/faut-il-rendre-les-oeuvres-d%E2%80%99art-leurs-pays-d%E2%80%99origine%3F-487651

    "Napoléon a été un des plus grands acteurs de pillage d’œuvres d’art. Il a pillé à travers l’Europe partout ou il est allé combattre : l’Egypte, la Russie, la Prusse, l’Italie, etc.. et a dépouillé de nombreux musées de leurs trésors pour rapporter ces œuvres au musée du Louvre. (...) Le Congrès de Vienne en 1815 a mis un terme à ce pillage généralisé des spoliations napoléoniennes, considérées comme les plus importantes dans l’histoire de l’Humanité (...)"

    in http://doc.sciencespo-lyon.fr/Ressources/Documents/Etudiants/Memoires/Cyberdocs/MFE2013/gay_a/pdf/gay_a.pdf

     

  • N comme nouvelles perles

    Les premiers oraux d'hier ont donné quelques moments d'hilarité - fort bien contenue, rassurez-vous.

    - Nous disons que nous sommes des crétins mais nous n'agissons pas en crétins.

    Madame se pince les lèvres devant ce beau commentaire d'un passage de Montesquieu et n'ose même pas dire à R* qu'il a un problème de prononciation:

    Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.

    Montesquieu, De l'esprit des lois, XV, 5

    perles, prof, école, élève

    tous les chéris de Madame font partie de son programme cool 

     

  • N comme nourricière

    J'ai retrouvé dernièrement une recette de "crème de semoule aux raisins de Corinthe" qui ne pouvait évidemment que me rappeler ma grand-mère Adrienne et une de ses fameuses tartes réservées aux festivités de la kermesse d'été.

    Grand-mère Adrienne n'avait pas de balance fort précise et de toute façon, ses recettes étaient ajustées au goût (je rajouterais bien un peu de sucre? est-ce qu'il ne faudrait pas mettre un peu plus de sel?), à la vue (la sauce est un peu liquide? ou au contraire pas assez fluide? on rajoute ce qu'il faut pour atteindre la consistance souhaitée) et au toucher (la pâte est-elle assez souple? la cuisson est-elle parfaite?).

    Bref, au pif cool 

    Même les recettes que je lui ai vu faire, que j'ai réalisées avec elle, il m'est impossible de les recréer parfaitement: je n'ai plus la même bière pour cuire le lapin, je n'ai pas sa grande casserole en fer blanc légèrement cabossé, il y a toujours un je-ne-sais-quoi pour rendre le résultat final différent. Même sans nostalgie ni paradis perdu.

    Alors en lisant cette petite phrase chez Erri De Luca, je ne pouvais qu'être totalement d'accord: "il lutto si sconta a tavola, invece che al cimitero": le deuil se ressent beaucoup plus à table qu'au cimetière.

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    source: Feltrinelli 
    il existe une version traduite chez Gallimard:
    'Le plus et le moins'

  • N comme neveu

    Qu'est-ce qui fait le bonheur de l'Adrienne? 

    Les enfants des autres. 

    Ses élèves. 

    Ses neveux, ses nièces. 

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    Le cadet de la famille, 16 ans, qui fait semblant de jouer du piano 

    cool

  • N comme nature

    Dimanche, l'Adrienne a emmené sa mère visiter un projet écologique... 

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    un chauffeur en voiturette électrique les y conduit 

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    il y a la rivière, il y a la forêt... 

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    et après une belle rangée de hêtres 

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    le paysage s'ouvre sur des étangs 

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    dont le plus grand a des allures de petit lac 

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    d'une eau parfaitement limpide. 

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    Vous qui connaissez l'Adrienne 

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    vous imaginez sa frénésie à photographier des arbres 

    et à se réjouir le cœur de chants d'oiseaux.

  • N comme nonante-neuf

    Depuis que l'Adrienne a déménagé en ville, elle ne va plus à la piscine. Ne cherchez pas le rapport, il n'y en a pas.

    Elle ne va plus non plus courir dans les bois. Là, le rapport est évident.

    Son seul sport consiste à tout faire à pied et à porter ses sacs de courses. Ce n'est déjà pas mal.

    Son activité sportive principale a lieu entre les murs de l'école: entre cinq et six fois par jour, elle monte un tas d'escaliers jusqu'au dernier étage, là où est sa classe. C'est sûr que ça maintient en forme et qu'elle a souvent plus de souffle, en arrivant en haut, que la plupart des élèves moins bien entraînés.

    Et quand ce sont les vacances?

    Il faut trouver d'autres escaliers pour ne pas perdre la main (ou le pied? ou le souffle?)

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    à Ostende, le musée de la ville

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    est la maison où est décédée notre première reine des Belges

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    Louise-Marie à la santé si fragile qu'il lui fallait le bon air de la mer

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    et qu'on hissait dans une nacelle tout en haut du belvédère pour qu'elle puisse mieux le respirer

    ***

    monter les marches, voilà pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 7 - sport

    ***

    pour ceux que l'histoire intéresse:

    hibou,photo,ostende,prof,école,élève

    La maison (1) achetée par Théodore van Moorsel en 1789 a été quartier général de Napoléon, revendue en 1815 à Eduard Serruys qui l'a louée dès 1835 comme résidence d'été au roi Léopold Ier et à la reine Louise-Marie. On peut y voir la chambre où celle-ci est décédée en 1850 (2). En 1867, Léopold II a acheté la maison où il venait souvent en hiver. Elle est propriété de l'Etat depuis 1908 et a eu diverses fonctions. Elle est devenue musée en 2000.

    ***

    (1) appelée pompeusement "oud koninklijk paleis" sur cette plaque, "ancien palais royal", alors qu'elle n'a rien d'un palais, c'est une grande maison bourgeoise

    (2) Son royal époux lui a survécu encore 15 ans, malgré leur énorme différence d'âge. Il avait 22 ans de plus qu'elle...

     

  • N comme nocturne

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    Pour supporter les soirs d'hiver 

    il suffit de deux bougies 

    et d'un miroir 

    smile

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma'

    Projet 52 - 2016

    semaine 2 - soir

     

  • N comme Noël 1970

    Dans la salle à manger d’apparat, qu’on n’ouvre qu’aux toutes grandes occasions, on allumera le poêle à charbon dès la veille. Il fume toujours un peu.
    On mettra toutes les rallonges à la table et on la couvrira de la belle nappe blanche damassée, aux plis raides d’amidon. On aura peur d'y faire une tache.
    On sortira le beau service, l’argenterie, les verres à pied. Tout devra briller.

    On ne mettra qu'une ou deux bougies, qu'on devra promettre de bien surveiller parce que grand-mère a peur du feu.

    Le grand-père présidera en bout de table et le menu ne variera pas: il y aura des huîtres, des bouchées à la Reine, de la dinde avec des croquettes et des airelles, de la bûche à la crème au beurre. On boira du champagne et des vins de Bordeaux. Le rouge sera un Saint-Estèphe parce qu'on n'a plus de château La Pointe.
    On ira à la messe de minuit où les enfants auront beaucoup de mal à ne pas s’endormir.
    Heureusement, les chaises de paille sont si inconfortables et l’odeur de l’encens si entêtant qu’on ne s’endormira pas.

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     la photo est de 2003
    la dinde est remplacée par le chapon
    Sourire
    mais c'est le beau service blanc à bord doré
    de la grand-mère Adrienne

  • N comme nouveau projet

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    © Vincent Héquet

    http://www.bricabook.fr/2015/11/une-photo-quelques-mots-196-atelierecriture/

    Chaque fois qu'il revenait voir le local qu'il avait loué pour son nouveau projet, Jasper se félicitait.

    Tout y était exactement comme il le voulait. La peinture qui s'écaille, les moisissures au bas des murs.

    Il y avait même ce qu'il n'avait jamais espéré trouver. Comme cette touche finale, cette perfection ultime: il y poussait de merveilleuses petites touffes de mousse bien verte, bien douce.

    C'était tout simplement parfait.

    Un dernier point restait à résoudre: il gelait à l'intérieur. Comment allait-il chauffer la pièce sans nuire à ce merveilleux décor?

    Il se rendait bien compte qu'il ne pouvait demander à ses modèles de poser nus par moins cinq degrés.

     ***

    Le début est ici: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2015/10/19/question-existentielle-8515796.html

  • N comme Nys-Masure

    LISEUSE

    Lezeres

    Elle fréquente les chants des poètes, sa demeure essentielle. Se laisse envahir par ces mots issus d’ailleurs. Multipliée. Comme l’étreinte du soleil, la palpitation aigüe de la mer.

    Vaak verblijft ze in de gezangen van de dichters, haar voornaamste leefplek. Ze laat zich innemen door woorden van elders. Vermenigvuldigd. Zoals de omhelzing van de zon, de hevige deining van de zee.

    Vie dans la vie. Osmose. Une plénitude sans vergogne, sans confins. Détachées de toute entrave, les images resplendissent à leur juste place, les sons se hèlent et rebondissent.

    Leven in het leven. Versmelting. Een grenzenloze, onbeschaamde volheid. Los van elke rem: de beelden schitteren op hun juiste plaats, de klanken aanroepen elkaar en stuiten terug.

    Une musique de naissance, d’origine, retrouvée en larmes et en joie. Feux de fête brandis aux carrefours. Souterraine alchimie.

    Een melodie van geboorte en oorsprong, teruggevonden in tranen en vreugde. Feestvuur als een vuist op de kruispunten. Ondergrondse alchemie.

    © Colette Nys-Mazure, Singulières et plurielles, Desclée de Brouwer,  2002.

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    Léon Spilliaert
    De zeedijk van Oostende vanop het staketsel gezien (1)
    aquarelle, vers 1910
    photo prise au musée d'Ostende en février 2015 

    Poème lu chez Asphodèle: https://leslecturesdasphodele.wordpress.com/2015/10/01/le-jeudi-en-poesie-avec-colette-nys-mazure/ et pour lequel j'ai eu l'irrépressible envie de le traduire en néerlandais Sourire

    Je suppose que Colette Nys-Masure a déjà un traducteur pour le néerlandais mais j'aime faire ce genre d'exercice, qui permet d'aller vraiment au fond d'un texte et de sa polysémie.

    http://www.colettenysmazure.be/

  • N comme nationalisme

    D'abord, il y a mon père. Qui s'est trouvé une épouse à sa convenance dans un de ces milieux typiques de ma petite ville pendant les années cinquante: éducation familiale flamande, éducation scolaire francophone. 

    Puis il y a ma tante. Qui à peine âgée de seize ans a rencontré l'homme de sa vie dans cette même petite ville, mais dans un milieu familial et culturel à cent pour cent flamand, alors qu'elle-même poursuivait sa scolarité en français.

    Enfin, il y a mon oncle. Qui à l'âge de trente-cinq ans s'est enfin décidé pour le mariage, après avoir écumé les endroits huppés de la côte d'Azur et de Knokke-le-Zoute. Où il a fini par trouver une Wallonne fraîchement rentrée de dix ans de Congo.

    1962 (1) - kopie.JPG

    Je n'avais pas quatre ans quand elle est entrée dans ma vie et je l'ai tout de suite adorée. Je crois qu'elle s'ennuyait beaucoup et que s'occuper de moi la distrayait.

    Tout dans sa maison respirait l'exotisme. Tout me fascinait. Le tigre en peluche presque aussi grand que moi, la selle de chameau au coussin de cuir rouge, les tables basses en forme de plateau, les tissus africains aux couleurs vives.

    Alors que voulez-vous que je réponde, quand depuis mes douze ans on me demande si je suis Flamande?

    C'est quoi, être Flamande?

  • N comme nymphe

    Il a arrêté sa moto sur le trottoir devant la maison à la porte verte et elle en descend avec grâce. On voit ses jambes nues, le pied fin dans des ballerines, la cheville fragile, le joli mollet.

    Elle ôte son casque et il en jaillit une salve de cheveux rose tendre. Sous le blouson de cuir noir, ouvert, on voit sa mini-robe à paillettes. Une petite robe violette et festive à laquelle on ne s'attend pas, dans cette rue, à dix heures du matin.

    Je la regarde. Elle me regarde. Elle sait que j'ai vu.

    Autour de la fine cheville, elle porte un bracelet électronique.

    Je lui souris.

    enkelband.jpg

    source de la photo, un article de 2010:
    http://www.hln.be/hln/nl/4833/Gevangenissen/article/detail/1113540/2010/06/03/Enkelbanden-krijgen-gps-en-stemherkenning.dhtml

    l'info sur la surveillance électronique en Belgique:

    http://justice.belgium.be/fr/themes_et_dossiers/maisons_de_justice/soupconne_d_infractions/vous_etes_juge/peine_de_prison/surveillance_electronique/

  • N comme nuages

    Des semaines que je scrute le ciel à la recherche de nuages. Que j'attends l'orage salvateur de jeunes haricots et de semis de radis. La petite pluie bienfaisante, les grosses gouttes qui font les ruisseaux et redonnent à tout le paysage une bonne odeur de frais, de lavé.

    Drôme 2015 (6) - kopie.JPG

    Quelques nuages d'espoir dans le rose du matin, au-dessus de la maison aux volets toujours fermés. Est-ce que Suzanne aussi attend la pluie ou n'a-t-elle pas de jardin?

    Dans les mails échangés avec ma mère, une seule question quotidienne: est-ce qu'il a plu, "chez nous"? Et toujours la même réponse négative. Pas une goutte n'est tombée. Les orages annoncés sont allés faire des heureux ailleurs.

    Pareil depuis mon retour. Jamais je n'ai autant vérifié la météo. Les feuilles des hortensias pendouillent, l'herbe ne pousse pas (ça, c'est bien Cool) et les radis non plus.

    Jeudi 16 juillet: "Les températures atteindront 25 à 30 degrés. Une petite averse isolée n'est cependant pas exclue en fin de journée."

    Vous ne pouvez pas savoir comme j'ai mis tous mes espoirs dans cette phrase: "Une petite averse isolée n'est cependant pas exclue en fin de journée."

    J'attends les nuages. J'espère qu'ils viendront s'isoler au-dessus de mon quartier Cool

  • N comme neurologue

    - Je ne pourrai pas faire l'examen de chimie, jeudi, dit-il à Madame la coordinatrice. Je dois passer un IRM ce jour-là.

    L'IRM, c'est dans un grand hôpital à une heure de route, à peu près.

    - Mais alors tu ne pourras pas non plus faire l'examen de FLE du lendemain?

    - Si! si! J'espère être rentré en début d'après-midi, donc j'aurai encore le temps d'étudier!

    Madame a des doutes. Lui, non.

    - Et puis, comme ça, ça me changera les idées.

    Madame comprend. Il n'aura les résultats de l'IRM que le vendredi soir, chez le neurologue. Etudier son français et venir à l'examen, ça lui permettra de penser un peu à autre chose. Il est courageux, ce gamin.

    ***

    Vendredi, il fait son examen avec les autres. Vers deux heures, il passe à l'oral. 

    - L'IRM, raconte-t-il en riant, ça a duré trois quarts d'heure! Je me suis même endormi.

    Puis il ajoute:

    - Vous savez que c'est une tumeur qu'on cherche?

    Bien sûr que Madame sait. Elle n'en dort plus. Les élèves et le cancer, elle a déjà donné, elle ne veut plus le revivre encore une fois.

    ***

    Vendredi soir, 21.31 h., enfin un message.

    Ik heb nu net de resultaten van mijn mri. Er was niks te zien op de scan wat wel een opluchting was.

    "Opluchting", soulagement! On n'a pas trouvé de tumeur.

    Il ne devra donc pas se faire charcuter le cerveau et pourra devenir prof de maths, comme il en rêve depuis un an.

    - J'adore expliquer des choses, dit-il.

     

     

  • N comme nom?

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    photo prise à Bruxelles le 10 mai dernier

    Projet 52 - semaine 20 - thème: chemin

     http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/312277...

    ***

    Qui devinera le nom de ce chemin... de fer qu'on était en train d'installer pour la fête de l'Iris, dimanche matin à Bruxelles sur la place Royale?

    Langue tirée

  • N comme No time to waste

    Se lever à six heures et demie, prendre le petit déjeuner dès l'ouverture de la salle, à sept heures et demie. Il est un peu plus de huit heures quand la Nipotina est prête à partir à l'assaut des hauts lieux touristiques.

    L'Adrienne lui a pourtant expliqué que les châteaux, églises et musées sont rarement ouverts et accessibles avant neuf heures et demie du matin... no time to waste!

    Tours dans la ville, tour du parc (énorme!), l'Adrienne est déjà à moitié morte de fatigue quand s'ouvrent les portes du château. Vers une heure, elle reçoit un quart d'heure pour manger et hop, il y a encore une maison-musée et deux églises à voir.

    Heureusement, elle peut prétexter que la fabrication de la bière locale l'intéresse moins et elle pourra en profiter pour se reposer une petite heure à l'hôtel. De la bière irlandaise, elle en a bu une hier - il faut ce qu'il faut - et cela lui a suffi pour se faire une idée.

    Ierland1 (56) - kopie.JPG

     ça lui apprendra, à l'Adrienne, à voyager avec une jeunesse
    Langue tirée

  • N comme navire

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     © Diane

    merci Leiloona!

    http://www.bricabook.fr/2015/03/atelier-decriture-une-photo-quelques-mots-168e/

     

    A l’avant comme à l’arrière, de grosses stalactites de glace pendent aux amarres et aux filins.

    C’est à pied que les pêcheurs flamands se sont rendus à Dunkerque ou à Gravelines pour y monter à bord de goélettes françaises en partance pour six mois de pêche au cabillaud dans les mers islandaises.

    Dix-huit hommes à bord d’un bateau de bois, souvent sans sextant ni baromètre. La météo à venir, on la devine en observant le ciel, la mer et les oiseaux.

    Dix-huit hommes dont deux enfants, petits mousses dans un monde de violence, celle des hommes et celle de la nature. Parfois de terribles tempêtes durent plus de soixante heures, parfois une goélette est écrasée entre deux icebergs, parfois des vagues plus hautes que des maisons engloutissent le bateau et les hommes.

    Sur mille marins qui partent en mars, cent trente ne reviennent jamais.

  • N comme neveu

    Hier l'Adrienne a dû faire le guide à Bruxelles pour sa mère et son neveu. Ils voulaient voir le musée de l'automobile, au Cinquantenaire.

    Monsieur Neveu a pris le métro pour la première fois de sa vie, non sans appréhension Langue tirée

    Pendant que sa mère et son neveu discutaient comme des pro - ils sont tous les deux fous d'automobiles - l'Adrienne prenait des photos.

    Le seul problème c'est que, comme elle n'y connaît rien, si elle n'a pas noté les noms des marques, elle ne s'en souvient pas.

    Voici donc quelques belles inconnues

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