O

  • O comme Oremus

    défi, souvenir

    Ils étaient trois amis qui à seize et dix-sept ans, possédaient déjà une vaste expérience d’enfant de chœur. Ils savaient exactement jusqu’où ils pouvaient aller « trop loin » et ne s’en privaient pas : c’était même une limite qu’ils s’amusaient à transgresser de temps en temps un brin de plus. Sans rien forcer, bien sûr, pour ne pas s’aliéner la sympathie de monsieur le curé. 

    La semaine pascale offrait les occasions les plus intéressantes de se divertir, en particulier la messe du samedi soir, celle où on renouvelle ses vœux de baptême. 

    Parmi les préparatifs à la sacristie – le bénitier et son goupillon, la grande croix d’argent et l’encensoir – il y avait aussi ce moment où ils procédaient à un discret tirage au sort pour décider lequel des trois aurait l’immense joie – et la grande responsabilité – de tenir le seau d’eau bénite. 

    Le goupillon, une énorme brosse à longs poils noirs, même trempée légèrement dans le seau, déversait une belle ondée sur les fidèles qui restaient stoïques, tête baissée. Il suffisait de peu de choses, enfoncer un peu plus le goupillon, rehausser légèrement le seau au moment du trempage, et c’était la grosse averse. 

    Le plus dur alors pour nos enfants de chœur, c’était de garder leur sérieux pendant toute la promenade dans la travée centrale, quand monsieur le curé aspergeait abondamment à gauche et à droite, et que les gens lui présentaient spontanément leur dos en rentrant la tête dans les épaules. 

    Après leur passage, il y avait de belles flaques par terre et les porteurs de lunettes sortaient un grand mouchoir pour essuyer leurs verres. 

    Seul celui qui marchait devant avec la lourde croix d’argent ratait ce beau spectacle et se promettait que l’an prochain, ce serait son tour de rigoler. 

    *** 

    écrit pour le Défi du samedi 

    E comme écouvillon 

    photo prise à Abbeville en novembre 2016

  • O comme Ostende

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    Quand ses copains de comptoir lui demandent pourquoi il arpente la plage de si bon matin, jour après jour, avec son détecteur à métaux qui ne détecte jamais que quelques détritus rouillés, il répond que c'est l'humeur acariâtre de son épouse qui le chasse de chez lui. 

    Eux, ça les fait bien rire. Pas lui. D'ailleurs son propre fils lui répète assez souvent qu'il ne pourrait dire, entre son père et sa mère, lequel est le plus grincheux. Il y a des gens comme ça, qui ne se sentent bien que quand ils peuvent bougonner. 

    Ce ne sont d'ailleurs pas les causes d'acrimonie qui manquent, se dit-il ce matin-là au moment où son appareil se met à sérieusement disjoncter. 

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    - Rogntudjû! s'écrie-t-il. Qui c'est qui est venu mettre ce bordel sur MA plage? 

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    photos prises à Ostende en février 2018 

    texte pour le défi du samedi: A comme atrabilaire

  • O comme Ovomaltine

     

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    Je ne sais pas comment les Suisses se sont débrouillés, pendant la guerre de 40-45, pour vendre de l'Ovomaltine à la Belgique occupée et la faire arriver jusque dans nos régions... mais si mon père, qui n'avait que douze ans en mai 40, a tout de même pris quelques centimètres entre le début et la fin de la guerre, c'est grâce au pain noir, aux rutabagas et à l'Ovomaltine. 

    Trois choses auxquelles il n'a plus jamais voulu toucher le reste de sa vie, même quand le pain gris ou bis est revenu à la mode, le sien devait être blanc blanc. 

    Or donc, le Dictionnaire amoureux de la Suisse m'apprend que l'Ovomaltine est un produit et une invention suisses. 

    Comme disait mon logeur italien l'été dernier, ce sont des malins, les Suisses cool 

    (...) la poudre à base d'orge et de malt que l'on boit dissoute dans un verre de lait. La boisson a été créée il y a plus de cent cinquante ans par un chimiste bernois, Georg Wander, dont le nom a longtemps eu des allures de sainteté. 

    Metin Arditi, Dictionnaire amoureux de la Suisse, Plon 2017, page 406. 

  • O comme Ostende

    ostende

    Décadent! voilà ce que l'Adrienne s'est dit samedi matin, en prenant deux portions de saumon fumé au buffet du petit déjeuner. 

    Décadent! c'est le mot que ses copines et elles utilisaient, quand elles avaient seize ou dix-sept ans, pour tout ce qui leur semblait luxe exagéré. Et comme elles vivaient en vieux jeans et T-shirts élimés, beaucoup de choses leur semblaient "décadentes". 

    Or l'Adrienne vit toujours en vieux jeans et T-shirts élimés et son petit déjeuner se compose normalement de cinquante grammes de flocons d'avoine, d'un yaourt et d'un fruit de saison. 

    Samedi matin, elle s'est resservie deux fois de melon et d'ananas. 

    Décadent. 

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    Décadentes aussi les orgies de lumière partout dans la ville, même en plein jour. Avec la rue Adolf Buyl comme top of the bill

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    la nuit quand tout s'allume on peut y installer un bloc opératoire

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  • O comme océan

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    Couchée sur mon canapé, elle pleure. 

    Je suis si fatiguée... m'avait-elle dit. Alors je lui ai proposé de faire une petite sieste. Mais je vais vraiment dormir, a-t-elle répondu. Et bien tant mieux, j'ai dit, ça te fera du bien de dormir un peu, et ça fera disparaître ton mal de tête en même temps. 

    Couchée sur mon canapé, elle pleure. 

    J'en ai assez, dit-elle. Je n'en peux plus. 

    C'est vrai qu'elle est à bout. La dépression, on ne sait pas quand on va en sortir. Pour le rhume ou la grippe, on sait. 

    Un câlin fait redoubler le torrent et les hoquets. Elle s'en veut "d'être comme ça". Elle s'en veut de paraître "ingrate", après les bonnes heures passées ensemble, le repas partagé. 

    Je dis des choses qui se veulent rassurantes, apaisantes... que dire? "C'est tellement mystérieux, le pays des larmes". 

    La semaine passée, quand je lui avais montré et expliqué la peinture de Katie O'Hagan, elle avait dit "C'est exactement comme moi." 

    Quelle sorte de radeau lui faudra-t-il pour se maintenir à flot sur l'océan qui l'engloutit?

  • O comme or

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    Il faudra que les Suisses trouvent rapidement une solution, sinon l'actualité va donner tort à Monsieur B&B (1) 

    De quoi s'agit-il? Des eaux usées suisses: elles contiennent chaque année pour 3 millions de FS (ou 2,6 millions d'euro) d'or et d'argent. Ou si ça vous parle plus: 43 kilos d'or et 3 tonnes d'argent. 

    Il y a des endroits, dit l'article, où la concentration dans les boues d'épuration est si élevée que ça vaudrait la peine de les recycler pour récupérer cet or. 

    Pour ceux que ça intéresse, tout ça est bel et bien confirmé par les Suisses eux-mêmes: voyez ici

     *** 

    (1) qui m'a entretenue, pendant plus d'une heure, dès qu'il a su que ma prochaine destination était la Suisse, de toutes les rancœurs qu'il a mis une vie à accumuler contre ce pays... 

    *** 

    source article et photo ici

  • O comme ordre du monde

    Je ne connaissais pas Metin Arditi. La quatrième de couverture le présente comme "un auteur francophone d'origine turque". Une petite recherche internet me dit qu'il est Suisse, Genevois. 

    On peut s'interroger sur cette différence de qualification. Sans doute que "francophone d'origine turque" est plus vendeur que Suisse. C'est comme ça, la francophonie, mais soit... 

    L'enfant qui mesurait le monde : cliquez sur le lien pour lire l'article, je ne pourrais pas mieux dire. Aussi n'en dirai-je rien cool 

    On peut lire les premières pages du livre ici

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    Je vous le conseille vivement

  • O comme onze

    jeu,fiction,françois bon

    (1) Depuis ses 15 ans, il connaît The Matrix par cœur. Depuis ses 15 ans, il ne s'habille plus qu'en noir, avec le manteau très long et les lunettes sombres. Malheureusement, depuis ses 20 ans une calvitie sévère l'empêche de jouer pleinement les Keanu. 

    (2) A 60 ans, elle a eu envie de faire le trajet Belgique-Compostelle à vélo. Elle s'est un peu entraînée, quelques samedis, et puis elle est partie. Personne n'ose lui demander si elle n'a pas triché et pris le train, ici et là, pour alléger le parcours. 

    (3) Ses parents l'ont appelé Christophe mais il a choisi la graphie Kristof. Toute la vie il leur reprochera ce prénom français. Malheureusement, il n'a pas pu changer son nom de famille, qui est d'origine picarde. 

    (4) Elle regrettait d'être née trop tard pour pouvoir être hippie. Ça ne l'a pas empêchée de se parfumer au patchouli, de fumer de la marijuana et d'abandonner ses études à 17 ans. Ni d'enseigner l'anglais en Inde. 

    (5) Ses trois frères font la fierté de leurs vieux parents: ils ont bien réussi dans leur entreprise de toiture, plomberie, chauffage, électricité. Ils ont des villas, des piscines, un manège. Lui seul est un gagne-petit: il a fait des études et est prof dans le secondaire. 

    (6) Depuis de nombreuses années, sur tous les billets de banque qui lui passent entre les mains, elle écrit consciencieusement au stylo bleu: "L'argent, c'est de la merde". Depuis de nombreuses années, elle espère en vain qu'un de ces billets lui reviendra en mains. Aujourd'hui, elle se demande si elle n'a pas inspiré un Brestois. https://attaque.noblogs.org/post/2017/07/31/brest-finistere-largent-cest-dla-merde/

    (7) Arrête de faire le pitre! lui disait constamment sa mère.
    Tu vas encore te faire remarquer avec tes grimaces et tes pitreries! lui sifflait-elle. 

    Après sa mort, il a trouvé un carnet où elle consignait pieusement toutes ses facéties. 

    (8) Si vous saviez, dit-elle, comme j'ai galéré! Galéré des années, des années avant de trouver ce que j'aime vraiment faire! Ça me désespérait!

    Elle vient d'avoir vingt ans. 

    (9) Après deux opérations aux genoux, ligaments, rotule, il a dû arrêter le foot. Il s'est mis au vélo: il a parcouru toute la Corse, grimpé le mythique Mont-Ventoux, passé l'hiver sur son VTT. C'est comme ça qu'un soir de neige et de boue, un camion l'a percuté.

    (10) Elle a préparé le petit déjeuner familial, les boîtes à tartines pour les enfants, rangé la maison. Elle a conduit les enfants à l'école et leur a dit à ce soir, travaillez bien. Puis elle est allée se jeter dans le canal.

    (11) Il était ambulancier. Le roi de la vitesse et de l'efficacité. Le jour où l'ambulance a dû venir pour lui, elle est arrivée trop tard. 

    *** 

    atelier d'été de François Bon - consigne 1: onze personnages en 3 phrases chacun 

    source de la photo wikipedia

  • O comme Odette

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    Odette riait. On ne savait pas toujours pourquoi. Elle semblait heureuse alors on l'était aussi. Elle riait, et même elle minaudait. Elle prenait ses airs de petite fille candide, clignait des paupières, souriait. 

    Elle jouait avec son écharpe rose. Son chapeau rose, sa robe rose, elle ne voulait plus porter que du rose. Elle avait dû porter du noir trop longtemps, trop souvent. Elle avait bien le droit, maintenant, de porter ce qui lui plaisait. Pourquoi pas du rose, comme ses petites-filles de dix et douze ans. 

    Odette pleurait aussi, parfois. Un chagrin tout à coup l'accablait. Elle était incapable d'expliquer pourquoi. On se sentait si impuissants et malheureux pour elle. Que pouvait-on faire pour chasser les idées noires? Pour lui rendre son sourire? 

    On regardait de vieux albums. Elle tournait les pages, sans rien dire. Parfois elle regardait ailleurs. Les choses l'ennuyaient vite. Alors on allait se promener au jardin. Avec son chapeau rose et son écharpe rose. Elle marchait à petits pas.  

    Puis tout à coup elle disait: il faut vous en aller maintenant. 

    Ou d'autres fois, c'est elle qui voulait partir. Il faut que je rentre, disait-elle. Elle devenait nerveuse, fébrile. 

    Et elle répétait: Il faut que je rentre! mon papa va s'inquiéter. 

    *** 

    tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie!

  • O comme Ostende

    Quoi? Encore Ostende? 

    Les iris d'Ostende sont-ils plus jaunes qu'ailleurs? 

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    Les vélos plus beaux? 

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    Les canards plus photogéniques? 

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    Les peintures plus fraîches? 

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    Les maisons plus art déco?

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    Les mecs plus musclés? 

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    Les cappuccino plus vite bus? 

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    Les chats plus mignons? 

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    Hein? Qu'est-ce qu'elle a de plus qu'une autre, cette ville? 

    On se le demande cool

  • O comme Oakoak

    L'artiste de street art Oakoak a eu "carte blanche" pour s'amuser autour de la place Sainte-Catherine et comme j'aime énormément ce genre d'humour pictural, je me dis qu'il faudra retourner à Bruxelles, un de ces jours... cool 

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    source de la photo et article ici avec un diaporama de nombreuses autres photos
    (Photos : EdA Mathieu Golinvaux)

  • O comme obsession

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    Chaque fois qu'elle passait dans cette rue, elle ne pouvait s'empêcher de regarder intensément la façade du numéro 17. Chaque fois, cette vue la désolait. Chaque fois, il y avait de nouvelles dégradations à déplorer. 

    Il y a longtemps que le bois autour des grandes vitrines aurait dû recevoir une couche ou deux de peinture. Des squatteurs avaient négligé de fermer les fenêtres des chambres, en quittant les lieux. Des vitres s'étaient brisées, d'abord au premier étage, puis au second. 

    Elle n'osait s'imaginer dans quel état était le reste de la maison. Le plancher du grenier? La cour aux pavés orange? Toutes ces grandes pièces non chauffées depuis des années? La pluie ne s'était-elle pas infiltrée par le toit ou par les cheminées? Les rats, les souris, d'autres nuisibles n'avaient-ils pas envahi les lieux, les boiseries surtout? 

    Elle s'en voulait de s'inquiéter pour un bâtiment qui n'était plus dans la famille depuis bientôt trente ans mais c'était plus fort qu'elle: en passant devant, elle ne pouvait que regarder et voir. 

    Un autre hiver est venu. Les peintures ont été refaites, de nouvelles fenêtres installées, de grandes pancartes ont annoncé l'ouverture prochaine d'un café. 

    Ça l'a rendue heureuse. Heureuse qu'on garde le carrelage ancien, le grand miroir biseauté, les rayonnages gris clair sur le mur du fond. Elle espérait qu'en poussant la porte vitrée, elle entendrait à nouveau la clochette d'autrefois. 

    La chapellerie de son grand-père revivrait.

    *** 

    source de la photo de Fred Hedin et consignes chez Leiloona, que je remercie!

  • O comme Occidentali's Karma

    C'est la chanson qui a gagné au festival de San Remo 2017 et qui représentera l'Italie à l'Eurovision. 

    Francesco Gabbani surfe sur la vague (ou la vogue) qui séduit toute une génération - je le vois assez chez les jeunes et même les moins jeunes qui m'entourent - les bâtonnets d'encens, les sushis, le yoga, la zen-attitude... tout ça mélangé à quelques slogans du monde occidental, depuis le "Panta rhei" des Anciens jusqu'au Singing in the rain... 

    Le singe nu danse 

    la scimmia nuda balla 

    et internet est l'opium du pauvre 

    oppio dei poveri

     

    ***

    sur les forums, beaucoup d'Italiens se demandent pourquoi tant d'étrangers regardent cette vidéo et lui donnent des "like" et des commentaires positifs alors qu'eux-mêmes trouvent le texte assez nul tongue-out

    "assurdo come gli stranieri apprezzino una canzone italiana. . . Non ho visto commenti positivi da italiani. . . forse perché la canzone fa REALMENTE schifo?" (c'est absurde que les étrangers apprécient une chanson italienne. Je n'ai pas vu de commentaires positifs d'Italiens, peut-être parce que la chanson est vraiment nulle)

    la réponse se trouve sans doute dans les commentaires en anglais-polonais-islandais-bosniaque-espagnol qui disent qu'ils ne comprennent rien aux paroles mais donnent 10/10 à la chanson tongue-out

    "I learn to sing this song on italian,even i dont understand a single word,i mean i saw a translation on english but this sounds amazing,1000000 voices from Bosnia goes to Francesko and this masterpiece." (sic) 

    Italy, twelve points? 

     

  • O comme On n'ose pas

    jeu,françois bon,souvenirs d'enfance,école

    C'est l'école et en même temps ce n'est pas l'école. C'est le même couloir avec son carrelage aux motifs géométriques, le même beige passé sur sous les murs, les mêmes néons au bout de leur armature métallique.

    Dans ce couloir, et jusque dehors, une longue file de gens endimanchés.

    On ne connaît personne.

    Ce sont les portes des classes et en même temps ce ne sont pas les classes: des gens très sérieux, des messieurs âgés, une ou deux dames, sont installés derrière une longue table. Devant eux, il y a deux ou trois grosses boites en bois sombre. Le long du mur opposé à la porte, des sortes de cabines d'essayage dont le rideau est laid et beaucoup trop court: on voit les jambes des gens à l'intérieur.

    Ils ne se déshabillent pas.

    Ils entrent et sortent de là en silence avec des papiers qu'on leur donne, un jaunâtre, un rose, qu'ils glissent dans la fente des grosses boites.

    La mère aussi entre dans une de ces cabines. On trouve qu'elle y reste longtemps et on surveille bien ses jambes, de peur qu'elle disparaisse. On ne sait jamais.

    On ressort de là sans avoir vu ni le directeur, ni aucune maîtresse, ni une camarade de classe.

    Le lendemain lundi, tout a retrouvé son aspect habituel, comme si on avait juste rêvé.

    On n'ose même pas en parler à la maîtresse. 

    *** 

    écrit pour l'atelier de François Bon 
    hiver 2016-17 
    consigne 4

  • O comme oiseaux parisiens

    Quelqu'un pourra sûrement m'expliquer la contradiction suivante: quand je suis à Paris, je me dis que j'aimerais y passer six mois ou un an, pour tout voir, tout connaître, et en même temps dès le deuxième jour je pars à la recherche d'arbres et de nature. 

    C'est ainsi que j'ai rencontré une vieille connaissance qui philosophait sur un banc des Tuileries 

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    admiré le vol d'une mouette 

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    souri aux pigeons en réunion à Beaubourg 

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    et photographié les arbres tourmentés du canal Saint-Martin cool 

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  • O comme oral

    - En deuxième partie de l'entretien, avait annoncé Madame quelques semaines avant les examens, il s'agit de me montrer votre capacité à avoir une conversation. C'est vous qui en choisirez le sujet. 

    Voilà une des choses que Madame adore dans ce métier: qu'ils parlent d'eux, de ce qu'ils aiment, de ce qui les rend fiers ou heureux. 

    C'est ainsi qu'hier Madame ne s'est pas ennuyée une minute, à bavarder avec tout ce gentil monde.
    Celui qui lui a vanté les beautés du pays de ses grands-parents, la Tunisie.
    Celle qui fera dès la semaine prochaine son premier "job d'étudiante", pour lequel elle devra se lever très tôt parce que c'est dans une boulangerie. 
    Celui qui rêve de Broadway. 
    Celle qui a besoin de ses deux mains pour expliquer comment l'accident de voiture est arrivé et quelles en ont été les conséquences pour la carrosserie. 
    Ceux qui ont tout arrêté, le dessin, la musique, le sport, à cause de "tout ce travail pour l'école". 
    Celle qui fait de la danse contemporaine et du chant classique et est toute fière de dire que pour ces deux cours, elle a choisi un prof francophone. 
    Celle qui voulait parler de son border colleye parce que son chien "est son ami le plus fidèle". 
    Celle qui a apporté l'album photo de son voyage de rêve, en Thaïlande. 
    Ceux qui découvrent in extremis le sens d'un mot, d'une phrase, d'un texte, parce qu'on les y aide et qui s'écrient "aaahhh" en ouvrant de grands yeux devant cette révélation qui leur est enfin faite. 

    - Aaahhh!!! c'est lui l'auteur? 
    - Aaahhh!!! c'est pour ça que ça s'appelle une autobiographie! 
    - Aaahhh!!! maintenant je comprends! 

    N'est-ce pas magnifique cool 

    Et puis il y a celle qui dit tout le temps "excusez-moi": 

    - Tu peux t'asseoir ici... 
    - Excusez-moi! 
    - Les questions sont sur ces petits billets, tu peux en choisir un... 
    - Excusez-moi! 
    - Tu commences quand tu veux... 
    - Excusez-moi! 

    Comment fait-on pour ne pas les aimer? 

    Cette année, une fois de plus, ils sont trop choux kiss 

    prof,école,élèves,chien,voyage

     

  • O comme oncle

    La petite a une Tantine de vingt ans qu’elle aime beaucoup. 

    Ce dimanche, elle est accompagnée d’un grand maigre aux yeux bleus. 

    - C’est ton oncle, annonce-t-elle joyeusement. 

    La petite ne comprend pas comment elle peut tout à coup avoir un oncle de plus. Elle ne dit rien et l’observe en gardant les mains derrière le dos. Il se baisse pour l’embrasser. 

    - C’est mon fiancé, explique Tantine. 

    Le nouvel oncle est plein de bonne volonté. 

    - Tu viens avec nous au Memling ?  

    Elle ne sait pas ce que c’est, le Memling, mais elle voit tant de gentillesse dans les yeux bleus qu’elle décide d’accorder sa confiance. 

    Ils s’asseyent tous les trois autour d’une des petites tables de bois sombre, dans le coin près du comptoir. 

    - Tu veux un coca ? 

    A bientôt cinq ans, elle ne connaît pas ce breuvage mais elle fait oui de la tête. 

    - Avec une paille ? 

    L’oncle n’a décidément que de bonnes idées. Elle lui sourit. 

    La boisson a une couleur et une odeur bizarres pour quelqu’un qui n’a bu que de l’eau plate et de la limonade jaune-qui-pique. Elle la déguste à petites gorgées espacées pour montrer qu’elle est une enfant bien élevée. 

    Elle s’ennuie et la chaise de paille s’imprime douloureusement dans ses cuisses. Pour passer le temps, elle admire la collection de porte-clés accrochée au-dessus du comptoir et suçote sa paille qui fait tout à coup des gargouillis incongrus, attirant l’attention des deux amoureux. Que va penser l’oncle, qu’elle est mal élevée, plus jamais il ne lui demandera de l’accompagner, elle fera honte à sa Tantine… 

    - Tu veux encore un coca ? demande-t-il gentiment en voyant la bouteille vide. 

    Elle secoue la tête « Non, non, merci ! ». 

     

    C’est ainsi que dimanche après dimanche, son cœur se gonfle d’amour. Semaine après semaine, c’est un privilège de s’ennuyer sur une chaise de paille à siroter une boisson bizarre. À observer une immuable collection de porte-clés, pendant que l’oncle et Tantine parlent de choses qu’elle ne comprend pas. 

    C’est si bon. Jusqu’au jour où sa mère voit ce bonheur et lui dit : 

    - Oh ! il ne faut surtout pas te faire des illusions et croire que c’est parce qu’ils t’aiment bien, qu’ils t’emmènent avec eux. 

    vive la famille,

    la Tantine en robe de mariée, l'oncle au second rang et la petite en robe bleue 

  • O comme Ophélie

    Elle s'arrête net au milieu de la place. Qu'a-t-elle vu là de si intéressant, tout à coup? Des pigeons? 

    Personne ne fait attention à elle. Quelques touristes se reposent sur un banc à l'ombre du musée. Trois jeunes gens flirtent au soleil. Un homme les observe, attiré par la jeune fille aux bras nus, aux longs cheveux bouclés. 

    Au milieu de la place, la petite ne bouge pas, n'entend pas la voix de l'homme qui crie son nom, qui s'approche à grands pas. Dans sa robe volantée, trop longue, trop large, avec ses cheveux emmêlés qu'elle n'a pas laissé coiffer ce matin, elle se tient immobile, le visage grave, fermé. 

    Arrivé à sa hauteur, l'homme passe le sac de voyage dans sa main gauche et attrape la petite par la main droite, un peu rudement. Elle sursaute, lève les yeux vers lui. 

    - Et maintenant, tu donnes la main et tu ne t'encours plus, compris? 

    Plus vite il serait débarrassé de cette corvée, mieux ce serait. 

    Jamais il n'avait eu à convoyer une orpheline aussi sauvageonne et impénétrable. 

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    merci à Leiloona

  • O comme odieux

    Les propos machistes, misogynes, sortent de sa bouche comme des ukases, des évidences. 

    Ses manières sont brutales, vulgaires. 

    Son vocabulaire est au niveau du comptoir du café de la gare. 

    Que voulez-vous, c'est là qu'il est né, et sa mère préférait qu'il l'aide au bar au lieu qu'il perde son temps à l'école. 

    L'hygiène corporelle n'est pas son point fort: il n'y a jamais eu de salle de bains chez eux ni même de dentifrice. 

    Alors il ne comprend pas pourquoi, quand il s'étale sur la banquette du bus, la femme à côté de lui se lève et va s'asseoir ailleurs... 

    *** 

    texte de fiction 

    la consigne était: 

    créez un personnage odieux, désagréable, tout en le rendant sympathique (ou faire en sorte qu'il suscite l'empathie) 

  • O comme Odette

    Huit heures et demie du matin. Odette traîne péniblement ses savates jusque dans la petite cabine qui lui sert de coin cuisine. Elle vient d'avaler ses trois biscottes trempées dans son bol de café au lait et en ouvrant le robinet, elle se rend compte que l'eau est coupée. 

    Les habitants de l'immeuble en avaient été prévenus quelques jours auparavant mais Odette l'avait complètement oublié. Elle n'avait donc pas pensé à se remplir un petit bidon. 

    La voilà bien embêtée: ni eau courante, ni eau minérale, comment va-t-elle se débrouiller jusqu'à cinq heures du soir? 

    - Qu'est-ce que je vais faire, moi, pour cuire mes patates et mes haricots, ce midi? 

    Comme d'habitude, elle s'adresse à son chat qui lui répond en clignant des yeux et en bâillant longuement. 

    - Tu as raison, fait-elle. Je vais retourner me coucher. Qui dort dîne. 

    ***

    consigne:

    1.utiliser bol, bidon et biscotte
    2.le lieu: une cabine 

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    Fiber, le premier chat de ma carissima nipotina

  • O comme objets funéraires

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    Parmi les figurines en provenance d'une tombe de l'Egypte antique, cette vache en train de vêler.

    (photo prise au musée des Beaux-Arts de Lyon)

    voyage, art

    voyage, art

    J'ai trouvé tout ça, pour des raisons diverses, très émouvant.

  • O comme obsession

    "Il y a deux grands clubs d'écrivains: le club Stendhal et le club Perec. Le club Stendhal ne fait pas de plan, c'est mon cas à moi. Stendhal est mon saint patron. Il ne sait pas finir ses romans et tue tout le monde.

    Après, il y a le club Georges Perec, qui fait un cahier des charges. Alors c'est complètement différent: Stendhal, c'est les hystériques, et Perec, c'est les obsessionnels."

    Marie Darieussecq en conversation avec Valérie Moeneclaey, Passa Porta, le 14 mars 2014, in Les présents de l'écriture, éd. Passa Porta Les impressions nouvelles, 2015

    Passa Porta.jpg

    source de l'illustration

     

  • O comme observez!

    C'était il y a bien longtemps, l'Adrienne suivait sa première année de cours d'italien.

    - Quelqu'un sait comment on dit "moustache" en italien? demande la prof.

    L'Adrienne lève la main, toute contente:

    - Mustacchi (1)! fait-elle.

    La prof lève un sourcil étonné:

    - Ah non, dit-elle, non non! Tu confonds avec le mot français...

    - C'est dans Mozart! riposte l'Adrienne. C'est dans "Così fan tutte"!

    - C'est possible, dit la prof un peu sèchement, mais en italien, moustache se dit "baffi".

    Non siate ritrosi, occhietti vezzosi,
    Due lampi amorosi vibrate un po quà.
    Felici rendeteci, amate con noi,
    E noi felicissime faremo anche voi.
    Guardate, toccate, il tutto osservate;
    Siam due cari matti,
    siam forti e ben fatti, 
    E come ognun vede,
    sia merto, sia caso,
    Abbiamo bel piede,
    bell'occhio, bel naso,
    Guardate bel piede, osservate bell'occhio,
    Toccate bel naso, il tutto osservate:
    E questi mustacchi chiamare si possono
    Trionfi degli uomini, pennacchi d'amor,
    Trionfi, pennacchi, mustacchi!

    (1) se prononce comme Moustaki, sauf pour l'accent tonique, évidemment  wink 

    ***

    semaine 20 chez Le Hibou

    thème: moustache

  • O comme orchidées

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    Depuis des semaines déjà, c'est la pleine saison des orchidées 

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    et elles ont du mérite, parce qu'il suffit que je les déplace, arrose, époussette... pour qu'il y ait des dégâts collatéraux... 

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    Heureusement elles sont gaillardes et généreuses 

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    et chacune d'entre elles me relie à ceux qui me l'ont offerte, 

     

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    c'est aussi pour cela qu'il faut en prendre bien soin 

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    10 ans déjà que François n'est plus là.

  • O comme oiseau

    Comme j'ai pris le train le week-end dernier, j'ai enfin lu La langue des papillons, une nouvelle de Manuel Rivas.

    Une présentation du livre ici chez Gallimard

    Dans cette nouvelle, un oiseau très particulier est cité, le ptilonorhynque, qui décore son nid de bleu et est même capable de faire de la peinture bleue pour mieux attirer une femelle dans son intérieur coloré. 

    Le jardinier satiné par RCavignaux

    Voilà comme les choses sont simples, aujourd'hui... Un mot nous intrigue? Nous tapotons notre clavier et nous avons des réponses, des images et des vidéos. 

    J'ai du mal à me souvenir comment je faisais, à vingt ans, pour me documenter en vue de mon mémoire de licence (ce qu'on appelle aujourd'hui un master). Des heures infructueuses, des journées perdues à lire des tas de documents dans des bibliothèques, avant de trouver les bons. Des milliers de notes griffonnées. La mauvaise humeur du bibliothécaire, vieil homme bougon qui semblait préférer qu'aucun étudiant ne vienne lui demander de livres. 

    C'était, quand j'y repense, vraiment une autre époque tongue-out

  • O comme origines

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    Vous ne pourrez probablement pas lire les petits papiers avec les noms des différents pays - et de toute façon ils sont écrits en néerlandais wink - mais vous pourrez distinguer les divers petits drapeaux.

    Ce collage a été réalisé pour montrer que dans notre petite école, dans notre petite ville, dans notre petit coin de Flandre, des gens aux origines très diverses vivent ensemble en harmonie. 

    Tous uniques, tous pareils.

    En tout 48 nationalités pour une petite communauté. 

    Cet hiver, nous avons voulu montrer que nous en sommes fiers. 

     

  • O comme oncologie

    Pour son Dictionnaire de la mauvaise humeur, l'Adrienne sait déjà quel mot elle mettra à la lettre O.

    Oncologie

    Parce qu'elle en a marre de se sentir si impuissante devant le chagrin et l'inquiétude de ses élèves pour une maman, pour un petit frère, pour une grand-mère bien-aimée. 

    Parce que ça lui fait pleurer un certain François qui a dix-huit ans depuis dix ans. 

    Parce qu'elle est bien d'accord avec les 62% de Belges qui, selon une enquête récente, ont peur que "ce mal qui répand la terreur" ne leur tombe dessus. 

    http://immunotherapie.prezly.com/belgen-en-kanker-eerste-barometer-bijna-7-op-10-belgen-denken-dat-kanker-ooit-overwonnen-wordt 

    http://immunotherapie.prezly.com/premier-barometre--les-belges-face-au-cancer--pres-de-7-belges-sur-10-pensent-que-le-cancer-sera-un-jour-vaincu 

    Parce que - comme tout le monde - elle a peur que ce mal agresse encore une fois quelqu'un qu'elle aime. 

    Alors elle propose de retourner à l'époque de son petit Robert où ce mot n'existait même pas. 

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  • O comme or

    Or ou argent? demande Ma' cette semaine.

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    Or! définitivement! 

    Les bulles, les bijoux, la veste... 

    et même l'or-iculaire

    cool

    toujours en l'air

    ***

    pour le projet 52 de Ma' - thème: or ou argent

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

  • O comme Ode à la joie

    Texte original allemand (Schiller) Traduction française
    O Freunde, nicht diese Töne!
    Sondern laßt uns angenehmere anstimmen
    und freudenvollere.
    Ô amis, pas de ces accents !
    Laissez-nous en entonner de plus agréables,
    Et de plus joyeux !
    Freude, schöner Götterfunken
    Tochter aus Elysium,
    Wir betreten feuertrunken,
    Himmlische, dein Heiligtum!
    Deine Zauber binden wieder
    Was die Mode streng geteilt;
    Alle Menschen werden Brüder
    Wo dein sanfter Flügel weilt.
    Joie, belle étincelle divine,
    Fille de l'assemblée des dieux,
    Nous pénétrons, ivres de feu,
    Ton sanctuaire céleste!
    Tes charmes assemblent
    Ce que, sévèrement, les coutumes divisent;
    Tous les humains deviennent frères,
    lorsque se déploie ton aile douce.
    Wem der große Wurf gelungen,
    Eines Freundes Freund zu sein;
    Wer ein holdes Weib errungen,
    Mische seinen Jubel ein!
    Ja, wer auch nur eine Seele
    Sein nennt auf dem Erdenrund!
    Und wer's nie gekonnt, der stehle
    Weinend sich aus diesem Bund!
    Celui qui, d'un coup de maître,
    a réussi
    D'un ami d'être l'ami ;
    Qui a fait sienne une femme accorte,
    Qu'il mêle son allégresse à la nôtre!
    Oui, et même celui qui ne peut appeler sienne
    Qu'une seule âme sur la Terre!
    Mais celui qui jamais ne l'a su,
    Qu'en larmes il se retire, de cette union !
    Freude trinken alle Wesen
    An den Brüsten der Natur;
    Alle Guten, alle Bösen
    Folgen ihrer Rosenspur.
    Küsse gab sie uns und Reben,
    Einen Freund, geprüft im Tod;
    Wollust ward dem Wurm gegeben,
    und der Cherub steht vor Gott.
    Tous les êtres boivent la joie
    Aux seins de la nature ;
    Tous les bons, tous les méchants,
    Suivent sa trace parsemée de roses.
    Elle nous a donné des baisers et la vigne ;
    Un ami, éprouvé par la mort ;
    La volupté fut donnée au vermisseau,
    Et le Chérubin se tient devant Dieu.
    Froh, wie seine Sonnen fliegen
    Durch des Himmels prächt'gen Plan,
    Laufet, Brüder, eure Bahn,
    Freudig, wie ein Held zum Siegen.
    Joyeux, comme ses soleils volant
    À travers le somptueux dessein du ciel,
    Hâtez-vous, frères, sur votre route,
    Joyeux comme un héros vers la victoire.
    Seid umschlungen, Millionen!
    Diesen Kuß der ganzen Welt!
    Brüder, über'm Sternenzelt
    Muß ein lieber Vater wohnen.
    Ihr stürzt nieder, Millionen?
    Ahnest du den Schöpfer, Welt?
    Such' ihn über'm Sternenzelt!
    Über Sternen muß er wohnen.
    Soyez enlacés, millions.
    Ce baiser au monde entier !
    Frères ! Au-dessus de la voûte étoilée
    Doit habiter un père bien-aimé.
    Vous vous effondrez, millions ?
    Monde, as-tu pressenti le Créateur ?
    Cherche-le par-delà le firmament !
    C'est au-dessus des étoiles qu'il doit habiter.

    honteusement pompé sur Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ode_%C3%A0_la_joie

    ce dimanche soir où je voulais écrire

    "O comme oh les beaux jours!"

    par gratitude envers ceux chez qui je venais de passer

    deux merveilleux jours hors du temps


    Flashmob - Ode à la Joie - Beethoven par letopdesvideosbuzzdunet

  • O comme ode à l'automne

    J'aime toutes les saisons, chacune apporte ses beautés.

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    L'automne commence seulement à prendre ses couleurs.

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    Les premières feuilles rousses tombent.

    herfst (vervolg) (6) - kopie.JPG

    La lumière est belle...

    les jours raccourcissent, il fait frais: l'herbe ne pousse plus.

    Il y a toujours des côtés positifs

    Cool

     

    ***

     pour le projet 52 de Ma' - thème: ciel

     http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052