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  • R comme racines

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    - Ça me fait quelque chose, me dit-elle, de passer par ici. 

    - Oui, à moi aussi! 

    Nous avions six ans et nous faisions la route ensemble quatre fois par jour. Sa maman était toujours là pour faire traverser la grand-route à ses enfants, surtout depuis qu'un garçonnet s'était fait écraser en sortant de l'école. 

    Nous étions dans la même classe et nous avons passé six ans côte à côte. Six ans d'une amitié indéfectible qui a suffi à nous faire traverser une moitié de vie, éloignées l'une de l'autre, et à nous retrouver comme si nous nous étions quittées la veille. 

    - Ça me donne des émotions, de passer par ici, me dit-elle. 

    - Bonnes ou mauvaises? 

    La question est difficile. Il y a eu des petits bonheurs et tant de grands malheurs, surtout dans sa vie à elle. 

    - En fait, dit-elle, je suis contente de repasser par ici. 

    Et moi je ne sais toujours pas pourquoi j'ai choisi de revenir vivre dans le quartier de mon enfance. 

     *** 
    tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie!

  • R comme Redwane

    "Le bonheur," dit Redwane, "c'est les oignons dans mon durum." 

    Je vous laisse méditer sur cette petite phrase et souhaite à tous mes compatriotes une excellente fête nationale! 

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    oui, on les aime et on les respecte, mais ça ne nous empêche pas de rigoler cool

  • R comme rouge

    Il est à sa porte à heures plus ou moins fixes, pour fumer une pipe. Hiver comme été, et bien que vivant seul, il fume sur le seuil, laissant la porte entrebâillée. L'hiver, en vieux pull bleu troué, et en ces jours de canicule, en maillot de corps. 

    On se salue, de loin. On échange un ou deux mots, pas plus. L'Adrienne est toujours pressée. 

    Hier, dès qu'il la voit venir, il franchit les quelques mètres de son jardinet pour arriver jusqu'au trottoir: 

    - J'ai pris un coup de soleil! s'exclame-t-il en montrant la peau nue sous la longue barbe grise. 

    - Ah! fait l'Adrienne compatissante, faut faire attention, ces jours-ci! C'est dangereux. 

    Puis il se retourne pour montrer son dos. Il a la nuque d'un rouge presque violet. L'Adrienne est très impressionnée et le lui dit. 

    - J'ai enlevé un peu de mauvaises herbes dans mon jardin, explique-t-il. Pourtant, j'avais mis de la crème solaire! 

    Depuis, l'Adrienne s'inquiète pour lui, et pour tous ces autres "petits vieux" de son quartier, la vieille dame toute cassée qui fait ses courses avec son antique vélo, celle qui marche avec une béquille d'un côté et un grand chien blanc de l'autre, celui qui a déjà été opéré deux fois à la gorge, celle qui porte avec fierté ses presque nonante ans... il fait beaucoup trop chaud, dehors et dedans, depuis trop longtemps.

    ça se passe comme ça,vie quotidienne

    la clématite de l'Adrienne a envahi le trottoir... 

     

     

  • R comme révoltant

    Même au bout de trente-cinq ans dans le métier, c'est toujours aussi révoltant de constater que l'endroit où s'est trouvé le berceau de l'enfant détermine en majeure partie toute sa vie future. 

    A commencer par son orientation scolaire. 

    Révoltant et inacceptable de constater que les inégalités sociales ne sont ni effacées ni même nivelées ou compensées par l'école. 

    L'autre samedi, Madame a passé sa journée à inscrire de nouveaux élèves en secondaire. 

    Devinez de quels milieux proviennent ceux qui sont inscrits dans les filières fortes et ceux qui se retrouvent dans les filières les plus faibles. 

    C'est une injustice criante qui commence dès la maternelle. 

    Qui commence au berceau...

  • R comme Rik

    Rik Wouters a peint, sculpté, dessiné des centaines de fois son épouse Nel, j'en parlais le 16 avril. Il a aussi réalisé des autoportraits qui montrent bien l'évolution du jeune et solide gars de 20 ans 

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    autoportrait de 1906 

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    à l'homme de 30 ans, détruit par la guerre et la maladie 

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    Rik à la blouse bleue, 1914

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    autoportrait au chapeau vert, 1915

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    autoportrait au bandeau noir, 1915 

     *** 

    Son biographe, Eric Min, écrit que le cancer de la mâchoire dont souffrait Rik Wouters est dû au fait qu'il a travaillé avec des produits nocifs dans des endroits trop confinés. Les logements successifs du couple étaient de modestes petites maisons, Rik ne disposait pas d'un véritable atelier. 

    Comme les héros tragiques de la littérature, c'est au moment où la consécration artistique et une large reconnaissance de son talent arrivent, que la guerre éclate, qu'il est mobilisé, puis enfermé dans un camp à Zeist, et qu'il tombe malade. D'un mal qu'on ne peut guérir mais pour lequel on le fait encore longuement souffrir, par exemple en l'opérant sans anesthésie, et qui de plus lui fait perdre la vue. 

    J'ai été émue de voir qu'à Zeist, où des amis parviennent à lui procurer du papier, des pinceaux, des couleurs, il peint l'unique arbre du paysage du camp 

    art,peinture,expo,bruxelles

    Le grand sapin, vue du camp de Zeist (1915)

  • R comme Repose-toi sur moi

    lire, lecture, lecteur, littérature

    Repose-toi sur moi, voilà un livre qui a reçu les critiques les plus positives qui soient, et que j'ai trouvé un ramassis de clichés et de prévisibilité façon Harlequin. 

    Les deux protagonistes que tout oppose mais qui vont tomber dans les bras l'un de l'autre, le grand balèze au cœur tendre, la wonder woman surbookée, l'homme d'affaire américain à qui tout réussit, le petit paysan et ses pesticides, le quart monde banlieusard endetté, le Rastapopoulos de service (qui ici s'appelle Kobzham, vous avez déjà rencontré un "mauvais" qui s'appelle Dupont?) 

    Je me demande bien ce que Serge Joncour a fait à la journaliste de Télérama pour être qualifié par elle d'"auteur magique et malicieux" et je trouve Bruno Frappat bien bête (pardonnez-moi) quand il écrit que "Jusqu’à la fin nous sommes dans l’incapacité de déterminer si cela finira bien ou mal" et qu'il trouve ce "scénario brillantissime".

    Bref, je me sens fort seule quand je me dis que Max du Veuzit est plus subtile que Serge Joncour dans ce roman qui a reçu le prix Interallié LOL

     

  • R comme Roumanie

    Je découvre quelques textes qu'Emmanuel Carrère a écrits et publiés en juin 1990, suite à un voyage dans la Roumanie de l'immédiat après Ceaușescu. 

    J'y retrouve tous les éléments qui nous avaient frappés nous aussi cet été-là: un "marécage de mensonges, de rodomontades, de calomnies croisées", la "pénurie et le goût cendreux des jours". Le Front de Salut national "que tout le monde déteste" alors que son président "a été massivement élu" et la responsabilité de cette élection "rejetée sur une population stupide et aliénée." 

    La peur que cette population "se contente de peu et sacrifiera volontiers l'ombre de la démocratie à la proie plus tangible de quelques concessions matérielles, un peu de viande et d'essence" car c'est en effet ce à quoi les gens aspirent le plus, un peu de bien-être matériel. 

    Et la peur des mineurs, venus tout casser et taper du manifestant à la barre de fer. 

    La peur que "la masse, décervelée depuis quarante ans et entretenue dans cet état par la télévision, continuera d'accepter sans rechigner le régime du parti unique". 

    L'amère plaisanterie selon laquelle la Roumanie "est le seul pays dans l'histoire à avoir librement élu des communistes." 

    Le sentiment diffus que le pays pourrait facilement glisser vers un nationalisme orthodoxe et xénophobe. Comme le disait ouvertement une religieuse rencontrée au monastère d'Agapia (en Bucovine), pour qui la Roumanie se devait de récupérer la Bessarabie et être un pays avec une seule langue et une seule religion. 

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    photo prise au monastère d'Agapia en juillet 1990 

    pendant que la religieuse pérorait sur une Grande Roumanie (România Mare) avec une religia şi limbă uniques, un très vieux représentant de cette "masse décervelée depuis quarante ans" était en train de millimétrer le gazon à l'aide de ciseaux. 

    Les extraits cités d'Emmanuel Carrère viennent de "Il est avantageux d'avoir où aller", paru chez POL en 2016.

  • R comme Roumanie

    1.les prémices 

    C’est avec stupeur, ahurissement, admiration que l’Adrienne et l’Homme ont vu un premier pan de mur s’écrouler dans la nuit. Peur aussi, appréhension : quelles seraient les conséquences ? Les soldats, qu’on voyait ici et là, ne tireraient-ils pas sur cette foule ? Ils n’avaient pas hésité, auparavant… Le régime n’enverrait-il pas ses chars, comme les fois précédentes, en d’autres lieux ? Était-ce vraiment la fin d’un monde ? 

    Tous ceux qui ont vu ces images à la télé, en novembre 1989, ont dû ressentir cette même émotion, forte, prégnante, intense. 

    L’Adrienne en tout cas a pleuré en voyant les Berlinois de l’ouest ouvrir les bras et les refermer tendrement, fermement, joyeusement, sur ceux qui avaient escaladé les premières ruines du mur qui les séparait depuis 28 ans. 

    2.Geniul Carpaților 

    Dans les semaines d’après, l’Adrienne a suivi les évènements le cœur battant. Les uns après les autres, des régimes plient, des militaires baissent les armes, des dirigeants acceptent des réformes ainsi que l’organisation d’élections plus libres. Tous se rendent compte du sens de l’histoire, apparemment. Tous, sauf un : le Génie des Carpates, qui croit devoir durcir encore ses positions et les conditions de vie de son peuple, déjà si fortement éprouvé par ses diverses politiques, toutes aussi désastreuses… La précarité, les pénuries alimentaires ou autres s’en trouvent encore aggravées.

    Le 21 décembre, l’Adrienne est de nouveau devant sa télé, le cœur battant, et voit la foule scander « Timișoara » et « libertate » devant un Ceaușescu plutôt ahuri. Il avait précisément ordonné ce rassemblement populaire dans le but de montrer à tous le soutien du peuple roumain à son régime. La transmission est coupée. La révolution – ou était-ce un coup d’État déguisé ? dans la Roumanie d’alors, les rumeurs les plus folles sont colportées, et celle-là est peut-être la moins folle de toutes – la révolution est en marche. 

    Malheureusement, elle fera plus d’un millier de morts. 

    *** 

    La photo de Leiloona a donné lieu, le 9 janvier, à un texte-souvenir sur la Roumanie et depuis ce jour-là, quand j'écris, c'est sur ce sujet. 

    Il y aura donc quelques billets rappelant la découverte de ce pays et de quelques-uns de ses habitants. 

  • R comme relire ses classiques

    La petite ville de Verrières peut passer pour l’une des plus jolies de la Franche-Comté. Ses maisons blanches avec leurs toits pointus de tuiles rouges s’étendent sur la pente d’une colline, dont des touffes de vigoureux châtaigniers marquent les moindres sinuosités. Le Doubs coule à quelques centaines de pieds au-dessous de ses fortifications bâties jadis par les Espagnols, et maintenant ruinées. 

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    C'est ainsi que commence Le Rouge et le Noir dans mon édition établie et préfacée par Henri Martineau et parue chez Garnier. 

    Quel plaisir, après avoir été privée pendant presque deux ans de mon exemplaire, prêté à la fille d'une ancienne élève alors qu'on le trouve en ligne ou en format poche, quel plaisir de retrouver intact mon amour pour Julien Sorel. 

    – Je veux absolument prendre chez moi Sorel, le fils du scieur de planches, dit M. de Rênal ; il surveillera les enfants, qui commencent à devenir trop diables pour nous. C’est un jeune prêtre, ou autant vaut, bon latiniste, et qui fera faire des progrès aux enfants ; car il a un caractère ferme, dit le curé. 

    Lecture obligatoire dans ma première année de philologie romane, donc découverte à 18 ans, redécouverte aujourd'hui: bizarrement, je me souviens de chaque ligne et pourtant ma lecture est différente, mon appréciation pour Stendhal plus grande encore. 

    Au lieu de surveiller attentivement l’action de tout le mécanisme, Julien lisait. Rien n’était plus antipathique au vieux Sorel ; il eût peut-être pardonné à Julien sa taille mince, peu propre aux travaux de force, et si différente de celle de ses aînés ; mais cette manie de lecture lui était odieuse, il ne savait pas lire lui-même. 

    Beaucoup de choses seront dites sur Julien avant qu'on puisse se faire une idée de son physique ou de sa personnalité, contrairement à la façon dont sont traités les autres personnages, assez immédiatement décrits et mis en scène. Il faut attendre la fin du chapitre IV pour apprendre ceci: 

    C’était un petit jeune homme de dix-huit à dix-neuf ans, faible en apparence, avec des traits irréguliers, mais délicats, et un nez aquilin. De grands yeux noirs, qui, dans les moments tranquilles, annonçaient de la réflexion et du feu, étaient animés en cet instant de l’expression de la haine la plus féroce. Des cheveux châtain foncé, plantés fort bas, lui donnaient un petit front, et, dans les moments de colère, un air méchant. 

    Toute mon admiration pour Gérard Philipe ne peut m'empêcher de préférer donner à Julien Sorel les traits que j'imagine en lisant Stendhal, plutôt que les siens, si séduisants soient-ils cool 

    Avec la vivacité et la grâce qui lui étaient naturelles quand elle était loin des regards des hommes, madame de Rênal sortait par la porte-fenêtre du salon qui donnait sur le jardin, quand elle aperçut près de la porte d’entrée la figure d’un jeune paysan presque encore enfant, extrêmement pâle et qui venait de pleurer. Il était en chemise bien blanche, et avait sous le bras une veste fort propre de ratine violette. Le teint de ce petit paysan était si blanc, ses yeux si doux, que l’esprit un peu romanesque de madame de Rênal eut d’abord l’idée que ce pouvait être une jeune fille déguisée, qui venait demander quelque grâce à M. le maire. 

    (début du chapitre VI) 

    Même un Gérard Philipe à l'allure éternellement juvénile, avec ses 32 ans au moment du film, est trop vieux pour le rôle, lui donne trop de maturité. Une maturité que Julien est loin de posséder et qu'il ne trouve que tout à la fin du livre, quand les dés sont définitivement jetés. 

    – Autrefois, lui disait Julien, quand j’aurais pu être si heureux pendant nos promenades dans les bois de Vergy, une ambition fougueuse entraînait mon âme dans les pays imaginaires. Au lieu de serrer contre mon cœur ce bras charmant qui était si près de mes lèvres, l’avenir m’enlevait à toi ; j’étais aux innombrables combats que j’aurais à soutenir pour bâtir une fortune colossale... Non, je serais mort sans connaître le bonheur, si vous n’étiez venue me voir dans cette prison. 

    Voilà ce qu'il dit à madame de Rênal dans le dernier chapitre, enfin réconcilié avec son destin. 

  • R comme rengaine

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    En ouvrant sa porte, Maria a vu cette marée de parapluies. 

    - Zut! il pleut! 

    Elle a vite saisi le sien, l'a ouvert et a emboîté le pas à tous ces gens qui défilent dans les deux sens, la tête rentrée dans les épaules, les yeux fixés au sol pour éviter de marcher dans une flaque. 

    - Revoilà les jours sombres, disent les uns. 

    - On est repartis pour des semaines de grisaille, marmonnent les autres. 

    - La pluie, quand ça commence, ça ne s'arrête plus. 

    - Triste temps, triste pays! 

    Maria ne peut s'empêcher de sourire en entendant ces rengaines qui reviennent dans toutes les conversations chaque fois qu'une goutte d'eau tombe. 

    Arrivée à la grand-place, elle cherche des yeux son amie Nicole, avec qui elle a rendez-vous. La voilà, qui lui tourne le dos. Maria sourit en voyant cette grande distraite qui n'a de nouveau rien prévu pour se protéger de l'intempérie. 

    - Nicole! Viens vite te mettre à l'abri! 

    - A l'abri de quoi? 

    Ce n'est qu'en tendant son parapluie à son amie que Maria se rend compte qu'il ne pleut pas.

     

    *** 

    consigne et tableau chez Lakévio 
    que je remercie. 

  • R comme révolte

    Ne pas échapper à un gros sentiment de révolte, alors que pourtant on évite soigneusement d'ouvrir la télé ou d'écouter la radio. 

    Ne pas réussir à échapper à un gros sentiment de révolte, parce qu'on a mille et une raisons de se sentir révolté(e). 

    Il y a des jours comme ça, où on en a marre, où on éprouve du dégoût, où on voudrait ne plus rien savoir de tout ce mal qui arrive dans notre monde. 

    littérature,poésie,actualité

    Ce monde-ci n’est qu’une œuvre comique 
    Où chacun fait ses rôles différents. 
    Là, sur la scène, en habit dramatique, 
    Brillent prélats, ministres, conquérants. 
    Pour nous, vil peuple, assis aux derniers rangs, 
    Troupe futile et des grands rebutée, 
    Par nous d’en bas la pièce est écoutée, 
    Mais nous payons, utiles spectateurs ; 
    Et, quand la farce est mal représentée, 
    Pour notre argent nous sifflons les acteurs. 

    Epigramme XIV du Premier livre des épigrammes de Jean-Baptiste Rousseau ()
    (à ne pas confondre avec l'autre mais Madame n'est - pour des raisons diverses - fan ni de l'un ni de l'autre tongue-out

    littérature,poésie,actualité

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    littérature,poésie,actualité

    littérature,poésie,actualité

    Dans ma ville, pour "siffler les acteurs" nous avons tricoté pendant des mois, morceau par morceau et couleur par couleur, des carrés de 33 cm de côté. Puis nous avons disposé et cousu ensemble tous ces carrés pour en faire une couverture géante. 

    Signe géant de protestation contre la pauvreté. 

    Et cri géant dans le vide...

  • R comme ritardando

    - Là, me dit la prof, sur les trois dernières mesures il est marqué rit. , ça veut dire ritardando. Il faut que le rythme devienne de plus en plus lent. 

    De plus en plus lent, c'est aussi ce que devient mon ordi, pourtant un jeunot d'à peine trois ans. Il a besoin de six minutes entre l'allumage et l'apparition de l'écran de la messagerie, trois autres pour ouvrir le blog, et encore trois minutes pour écrire un commentaire... 

    Bref, heureusement que je travaille à mi-temps tongue-out 

    Ritardando aussi notre été 2016, avec tout de même (et enfin) des températures respirables autour des 21°. Je vous laisse imaginer les chaleurs qu'on a eues en classe quand il faisait 35° dehors et que le soleil entrait à flots par toutes les vitres cool 

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    7 heures du matin, une nappe de brume flotte au-dessus de la prairie 

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    quatre heures de l'après-midi

  • R comme repos

    L'amie Anne affirme son bonheur de jardinière 

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    et me le fait partager 

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    au milieu des fleurs, des fruits, 

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    et des légumes. 

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    Ici aussi, le chat invite à suivre son exemple 

    cool 

    *** 

    Pour le projet du Hibou 

    semaine 34 - légume

     

  • R comme reflets

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    un bâtiment reflété par un autre

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    le soleil dans la vitre du coiffeur

    clin d'œil à Captaine Lili

    cool

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    facettes à reflets au musée des Confluences

    ***

    photos prises à Lyon les 14 et 16 juillet

  • R comme Rodho

    prof,école,élève

    Rodho, le dessin de la semaine chez Diakritik 

    pour le projet du Hibou

    semaine 25 - oreille

    car il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre

    et nos gouvernements ne cessent de se faire tirer l'oreille

    chez nous en Flandre aussi:

    A quoi bon être parmi les plus performants en maths, en sciences et en compréhension de l'écrit, si c'est pour avoir les plus gros décalages selon l'origine sociale?

    un exemple? en maths, 1.Shanghai (Chine) 613 2.Singapour 573 3.Hong-Kong (Chine) 561 4.Taipei chinois 560 5.Corée 554 6.Macao (Chine) 538 7.Japon 536 8.Liechtenstein 535 9.Suisse et Belgique (Communauté flamande)531 (source  enquête Pisa 2012)

    autre exemple? "Shanghai (Chine) a obtenu le score le plus élevé en culture financière ; viennent ensuite la Communauté flamande de Belgique, l’Estonie, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la République tchèque et la Pologne." (source enquête PISA 2012)

  • R comme Robert

    Content de lui. Très content de lui. Une affaire florissante. La petite entreprise en bâtiments, héritée de son père, est devenue une toute grosse boîte, incontournable. Une épouse qui a fait des études, juste ce qu'il faut pour diriger le bureau des comptables et le tout nouveau show-room. Un gros investissement, mais il faut ce qu'il faut, comme il dit toujours.

    Oui, très content de lui. Voilà ce qu'il ressent. Et sa main tâte sa poche pour en sortir le briquet et une cigarette.

    Satisfaite. Très satisfaite d'elle-même. Elle a misé sur le bon cheval, comme dit sa mère. C'est vrai. Robert est un peu rustaud, mais à eux deux ils forment une bonne équipe. Elle ne regrette absolument pas d'avoir arrêté ses études de psychologie pour l'épouser et entrer dans l'affaire de son beau-père. Elle a fait le bon choix.

    Oui, très satisfaite. Voilà ce qu'elle se dit en pensant à sa magnifique propriété avec piscine et écuries, son appartement sur la côte d'Azur et sa villa en Espagne.

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    Kay Crain

    chez Lakévio

    Trois semaines plus tard, elle meurt dans un accident de voiture.

  • R comme retour à Bruxelles

    Demain soir, je serai de retour à Bruxelles ma belle, où je n'ai plus été depuis le 12 mars. 

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    Je n'irai pas dans des endroits dangereux, 

    ai-je dit à ma mère. 

    Comme si ça existait, 

    des endroits dangereux et pas dangereux...  

     
    Paul Jorion répond aux questions de Patrick Cohen par franceinter

  • R comme recalé!

    J'ai longtemps hésité, parce que c'est toujours plus agréable de dire du bien d'un livre que de le critiquer. Mais plus j'y pense, plus je me demande d'où vient cet engouement planétaire pour un bouquin bourré de fautes de grammaire (1), d'orthographe (2) et de clichés. 

    Impossible de dire ce qui m'a le plus gênée. Les fautes sont tellement nombreuses que je m'étonne qu'aucun critique littéraire ne mentionne ce fait. Si nombreuses que je m'étonne que les éditions Au diable Vauvert ne disposent pas de correcteurs. Que je m'étonne qu'aucun blogueur ne s'en étonne.  

    Même remarque pour les clichés. Peut-être cela a-t-il quelque chose de rassurant pour le lecteur, l'association de 'sec' + 'comme un coup de trique' et autres expressions usées, mais d'un auteur on attend tout de même mieux que cette accumulation: les vieilles dames ont forcément des cheveux "violine" et sentent l'eau de Cologne, une Ivoirienne est forcément "rigolarde" et en boubou multicolore , les "mauvais" et leur méchante machine mangeuse de livres portent des noms à consonance étrangère, Kowalski, Brunner, Zerstor et s'accompagnent de tout un vocabulaire nazi, depuis la couleur vert-de-gris jusqu'au mot génocide. Il me semble qu'à ce point-là, on ne peut pas parler d'humour ni de clin d’œil. 

    Bref, un bouquin dont la première moitié a des promesses de fable moderne (un homme épris de littérature travaille dans une usine qui recycle les surplus de livres pour en faire de la pâte à papier) et la seconde moitié raconte une bluette (l'homme trouve une clé USB qui contient 72 pages du journal intime d'une dame pipi, on quitte le génocide pour la love story). 

    Les clichés ne manquent pas non plus dès qu'on en arrive aux dames pipi et à leur public. Pourquoi en serait-il autrement dans un livre où ils abondent? Mais je vous les épargne tongue-out

    Mon reproche le plus grave concerne l'histoire: pourquoi avoir complètement abandonné la fable à mi-chemin pour passer à la bluette? Peut-on impunément faire de l'héroïne de la deuxième partie une sorte de clone (en plus jeune) de la concierge de Muriel Barbery (3)? Comment est-il possible de créer un personnage féru de théâtre classique et amoureux de l'alexandrin, et de commettre des erreurs dans la citation des extraits? (4) Enfin, est-ce que personne n'a relu ce manuscrit pour y déceler les incohérences? (5)

    Bref, il y a de l'idée, il y a du "feel good" dans ce monde de brutes et la fable se change en conte de fées. 

    Voilà sans doute où réside le secret de son succès. Il paraît même qu'on va en faire un film. 

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    http://www.20minutes.fr/culture/1388141-20140529-liseur-6h27-futur-best-seller

    (1) l'accord du verbe avec le sujet, l'accord du participe passé et tous les autres accords à faire ou à ne pas faire posent problème: l'empreinte tiède que son corps avait laissé, p.10;les tuiles transformait les 36 m² en fournaise, p.54; lorsqu'une grande colère ou une émotion le submergeait, p.56; le vieux et son fauteuil roulant avait déboulé, p.70; flambants neufs, p.78; c'est toi qui parle, p.85; on mange à onze heures et demi, p.90 et p.93, ce n'est donc pas un hasard; j'en ai mangées,  p.157... je suppose que ça suffit comme exemples?

    conjugaisons: le jeune homme s'endormît, p.57; le chef avait du se foutre de sa gueule, p.62; que personne n'ai pensé, p.73... etc, je ne vais pas continuer jusqu'à la page 218. Plus la confusion entre le futur simple et le conditionnel présent. 

    (2) décrépi, p.16; celle des anciens missels quand il était enfant de cœur, p.56; ce sera moins fatiguant, p.89; "quoi que" systématiquement confondu avec "quoique", le remord, en mon fort intérieur, la gente féminine, réfréner... la liste est longue, fort longue. 

    (3) L'élégance du hérisson

    (4) ce personnage s'appelle Yvon Grimbert et ne parle qu'en alexandrins, soit des créations personnelles, soit des extraits de Racine, Corneille et Molière. Un exemple d'erreur (Phèdre): "qui va du dieu des morts déshonorer ma couche" (p.202)

    (5) pendant le trajet du matin en RER, il a le temps de lire à haute voix une dizaine de doubles pages; à la maison de retraite, une heure et demie de temps s'est écoulée pendant la lecture de deux ou trois de ces mêmes doubles pages: combien de temps dure ce trajet en RER? vingt minutes! (p.53)

    autre exemple: un homme en fauteuil roulant a tout un mur de son appartement "mangé" par des étagères recouvertes de livres qu'il passe son temps à épousseter... 758 livres! Même moi qui ne suis pas en fauteuil roulant, il me faudrait une échelle tongue-out

     

  • R comme reflets

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    Reflets colorés dans l'étang du parc

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    Reflétées dans la vitre, les "œuvres d'art" y gagnent un peu de mystère

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    Reflété dans les miroirs de l'entrée de la galerie Beau-Site, le groupe écoute attentivement son guide

  • R comme résolutions

    Abandonner l’autobiographique
    Bannir l’autobiographique
    Cacher l’autobiographique
    Déguiser l’autobiographique
    Eliminer l’autobiographique
    Fuir l’autobiographique
    Guérir de l’autobiographique
    Honnir l’autobiographique
    Interdire l’autobiographique
    Juguler l’autobiographique
    Karchériser l’autobiographique
    Larguer l’autobiographique
    Mater l’autobiographique
    Nier l’autobiographique
    Oublier l’autobiographique
    Pourfendre l’autobiographique
    Quarantainer l’autobiographique
    Rayer l’autobiographique
    Sublimer l’autobiographique
    Tuer l’autobiographique
    Ubiquiter (1) l’autobiographique
    Violer l’autobiographique
    Wateriser(2) l’autobiographique
    X-terminer l’autobiographique
    Ypériter (3) l’autobiographique
    Zigouiller l’autobiographique

    (1) lui aller faire voir ailleurs si j’y suis
    (2) jeter au cabinet d’aisances et tirer à la chasse 
</section>
<section class=

  • R comme repos, ruses et revanche

    bricabook201.jpg

    © Romaric Cazaux

    http://www.bricabook.fr/2015/12/atelier-ecriture-201e-une-photo-quelques-mots/

    Julie vérifie ses messages. Elle a mis quelques photos sur les réseaux sociaux, histoire de montrer aux copines comme elle "s'éclate" à Paris. Un grand sourire le temps d'un "selfie" et deux ou trois clichés des ors et des fastes de Versailles suffiront à donner le change.

    Antoine dort. Il a passé toute la nuit à chercher le moyen d'intégrer le couloir des filles. Et la nuit d'avant, il y avait la fête dans la chambre d'Alex. Ils y avaient introduit de l'alcool en douce. Qu'il avait bien fallu écluser avant le matin.

    Marine contemple le parc. Ce n'est pas que Le Nôtre la branche tellement. Elle cherche Loïc. Si elle le voit encore dans les parages de cette pouf d'Annabelle, elle s'affichera avec Arnaud, qui ne demande que ça.

    Ah! Il est bien vrai que les voyages forment la jeunesse.

  • R comme respire

    Bercé par le ronronnement du moteur, Muanza ferme les yeux. Ce soir, il quitte la Belgique et la vie assez douce qu’il s’y était organisée. Il essaie de s’abstraire de la réalité et se repasse le film de ces deux dernières années.

    La soirée est belle pour ce court voyage qui doit l’amener aux Pays-Bas. Non, ce n’est pas une fugue ni une cavale. C’est le destin. Muanza est un homme qui croit en son destin. Il imagine que les choses sont écrites là-haut et qu’on ne peut en réchapper. Mais il va tout de même essayer de réaliser son rêve. Gardien de nuit, laveur de carreaux, il fera tous les boulots qui se présenteront.

    Dans les arbres dénudés, on aperçoit les nids d’oiseaux. Une envolée de corneilles qui s'ébattent en contre-jour. Un lapin détale en montrant son petit derrière blanc. Pas un souffle de vent, ce soir.

    Quelle tristesse, dans la voiture ! Pierre conduit en silence et Marie se souvient des vers du poète :

    Je respire où tu palpites,
    Tu sais ; à quoi bon, hélas !
    Rester là si tu me quittes,
    Et vivre si tu t'en vas ?

    (Victor Hugo, Je respire où tu palpites…, in Les Contemplations)

    ***

    fiction,muanza,jeu

    écrit pour les Plumes d'Asphodèle

    https://leslecturesdasphodele.wordpress.com/

    avec les mots imposés:

    belle, gardien, lapin, destin, envolée, fermer, souffle, quitter, s’abstraire, voyage, cavale, réchapper, chose, respirer, poète, nid, rêve, vie, doux, fugue, oiseau, imaginer, bercé.

  • R comme raplapla

    Un mardi ordinaire...

    Sofie a besoin d'aide pour trouver la bonne filière parmi le vaste choix des études supérieures.

    Noah a besoin d'un coach pour planifier son travail.

    Fred est autiste. Ses besoins sont multiples.

    P* fait une déprime. Elle a besoin d'aide pour s'en ouvrir à sa belle-mère.

    A* est autiste. Ses besoins sont multiples.

    Simon a besoin d'aide pour régler son conflit avec le prof de géographie. 

    S* est autiste. Ses besoins sont multiples.

    J* a besoin d'aide pour être remis sur les rails. Son père, sa mère, tout le monde a baissé les bras.

    S* a besoin d'aide pour arrêter de faire n'importe quoi. Et se mettre au travail.

    ***

    Alors le mardi soir, Madame a besoin d'aide pour recharger ses batteries.

    La vitamine C, la vitamine D, le magnésium, le fer, tout ça n'a servi à rien.

    Incertain

    prof,école,élèves

    et le piano Roland ?

    il a besoin qu'on s'y entraîne

    mais ça, ce sera pour une autre vie

  • R comme rose

    bricabook188.jpg

    © Julien Ribot

    http://www.bricabook.fr/2015/09/atelier-decriture-188/

    - Le temps a fait son oeuvre, murmura-t-il en effritant du bout des doigts un peu de crépi rose.

    Mais disant cela, ce n'était pas au crépi qu'il pensait, ni aux volets autrefois bleus, ni au rideau de perles qui pendait été comme hiver dans la porte d'entrée, qui était plus souvent ouverte que fermée.

  • R comme R.I.P.

    Jamais un mot plus haut que l'autre, une patience à toute épreuve, une présence constante et une amitié indéfectible - à défaut d'être fidèle en amour.

    Elle avait des goûts très simples et a mené une vie au calme, à la campagne, là où elle était née.

    Une vie qui s'est achevée après ce qu'on appelle une "longue et pénible maladie", sauf que pour elle, cela n'a été ni très long, ni très pénible. Mais il est vrai qu'elle ne se plaignait jamais.

    Elle a eu droit à une vieillesse quiète et que je crois heureuse, même si elle ne sortait plus guère, sauf pour profiter d'un après-midi ensoleillé, sur la terrasse, à l'abri du vent.

    Où est-on mieux que chez soi, avec son confort et ses habitudes, entourée des petits soins de ceux qui nous aiment?

    C'est ce qu'elle a eu jusqu'à son dernier souffle, après son adoption par ma carissima nipotina.

     ***

    Et s'il faut pleurer, vraiment pleurer,

    c'est sur cette mort-ci

    http://leblogalupus.com/2015/08/19/news-de-barbarie-daech-a-decapite-lex-directeur-du-site-archeologique-de-palmyre/

     à côté de tant d'autres qui ne font pas la une

    chat

    Khaled Assaad, directeur du site archéologique de Palmyre

    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/defae44a-463d-11e5-85d0-41b5fd577541/Daech_a_d%C3%A9capit%C3%A9_lex-directeur_du_site_arch%C3%A9ologique_de_Palmyre 

     

    005 - kopie.JPG

      Mama Moussa en décembre 2014

    moessa.jpg

    et en novembre 2013

  • R comme résine de coumarone

    Je crois que je ne comprendrai jamais la politique d'achat de ma bibliothèque communale. Par exemple, certains livres récents d'auteurs français (Maylis de Kerangal, Réparer les vivants) ou même de chefs-d'oeuvre (Stendhal, Le rouge et le noir) ne s'y trouvent qu'en traduction néerlandaise.

    Et puis tout à coup, en passant en revue les rayonnages consacrés à la littérature francophone, on tombe sur ceci:

    lire,lecture,lecteur,littérature,belge,belgique,mère

    chère Coumarine, si tu passes par ici, c'est ton pseudo dans le titre qui a d'abord attiré mon attention et qui m'a fait sortir le livre de son rayonnage 
    Bisou

    Jamais entendu citer ni ce nom d'auteur ni ce titre mais j'ai emporté le livre sans hésitation après avoir lu la quatrième de couverture. Même si j'ai déjà juré plus d'une fois mes grands dieux de ne plus jamais m'y fier.

    Je pense que vous comprendrez si je vous livre ici ce que la quatrième de couverture dévoile sur le contenu du roman: une fois par mois, Gersende se prend en photo, note scrupuleusement la date, quels bijoux et quelle tenue elle portait, ainsi que son poids. Photo du mois et légende vont dans un album:

    Pendant ce temps, Florence tente de se rapprocher de Gersende. Pourquoi tant de distance entre mère et fille? Que s'est-il passé aux Marronniers, la maison de son grand-père?

    Vous avez compris mon intérêt? 

    J'ai lu d'une traite les 230 pages cette histoire à deux voix: un chapitre à la troisième personne qui raconte la mère, Gersende, alterne chaque fois avec un chapitre à la première personne, où la fille, Florence, se raconte.

    Peu de suspense, on comprend très vite ce qui s'est passé aux Marronniers et vers la fin tout le puzzle se recoupe. Car Florence a un frère, unique amour de sa mère.

    Et là vous avez tout compris? 

     

    Au fil de la lecture, je ne cesse de tomber sur de petites phrases que j'aurais pu écrire moi-même. Sentiment de culpabilité compris (p.16) et la photo (grand format) du frère qui "trône au milieu du buffet de la salle à manger" (p.17).

    "C'est si difficile de faire plaisir à maman" (p.18)

  • R comme raplapla

    L'Adrienne ne sait jamais, quand on lui pose la question: "ça va?" si elle doit répondre "ça va" et par conséquent parfois mentir effrontément.

    Ce qu'elle sait, c'est qu'elle y réfléchira à deux fois avant de répondre à sa directrice, comme elle l'a fait l'autre jour:

    - Non, pas fort...

    Parce qu'alors se déclenche automatiquement l'analyse des repas de l'Adrienne: tu ne manges pas assez, tu manges trop de crudités, je te vois toujours manger froid, ce n'est pas bon de manger froid, est-ce que tu manges de la viande tous les jours? tu crois que tu es nourrie, avec une endive? tu sais qu'il faut plus d'énergie pour la digérer qu'elle ne t'en apporte?

    Parce que la directrice, avant de rentrer chez elle pour déjeuner, passe par le bureau de ses coordinatrices qui avalent leur tartine devant leur ordi ou entre deux entretiens avec des élèves. Comme gentille collègue V***, qui ne réussit parfois à manger que vers 14.00 h.

    Parce que la directrice vient toujours mettre le nez dans l'assiette de l'Adrienne en lui demandant: Et toi, qu'est-ce que tu manges? Mardi dernier, la réponse était: pain, ricotta et tomates. La directrice n'en a pas semblé satisfaite:

    - Hum! a-t-elle fait.

    Alors voilà, si l'Adrienne est raplapla, ce ne peut pas être le stress, le trop-plein de travail et le manque de sommeil.

    C'est l'endive crue qui lui pompe son énergie.

     prof,école,vie quotidienne,ça se passe comme ça

    repas du soir: chou-fleur et rigatoni au mascarpone, estragon et fleurs de ciboulette

    MIAM

     

  • R comme raison et relation

    Il y a un sigle très important en Flandre, c'est le BV (1), c'est-à-dire le "Bekende Vlaming", le "Flamand célèbre". Généralement, d'ailleurs, il n'est célèbre que dans la seule Flandre.

    Nous avons ainsi nos BV artistiques, sportifs, radiophoniques, télévisuels, universitaires, bref chaque domaine ou aspect de la vie a son spécialiste dont le nom est connu d'un large public.

    Ils sont consultés, interviewés, filmés, publiés, regardés, écoutés, lus.

    ***

    Notre BV en psychologie vient de me donner un argument imparable pour la prochaine fois que quelqu'un me dira que le bonheur, c'est forcément à deux.

    "Il n'y a aucun argument rationnel pour commencer une relation amoureuse."

    Bien sûr que vous et moi le savions déjà. Mais si un BV l'a dit, ça s'appelle l'argument de l'autorité Langue tirée

    Le début de l'interview est ici:

    http://www.knack.be/nieuws/gezondheid/paul-verhaeghe-er-is-geen-enkel-rationeel-argument-om-een-relatie-te-beginnen/article-normal-571609.html?utm_source=Newsletter-20/05/2015&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-RNBDAGKN&M_BT=265941086196

    Flandre, actualité

    ***

    (1) Prononcez bévé, tout simplement, et vous aurez l'accent qui convient Langue tirée

  • R comme ruines

    - J'espère qu'on verra beaucoup de ruines! avait dit ma carissima nipotina avant le départ, sans se soucier de ce que ce désir impliquait pour l'histoire et les gens.

    Mais elle a été servie...

    Ierland1 (32) - kopie.JPG

    les premières ont été un peu difficiles à trouver

    Ierland1 (35) - kopie.JPG

    d'autres étaient gloomy à souhait

    Ierland1 (39) - kopie.JPG

    la plupart étaient dues au passage des troupes de Cromwell

    Ierland1 (48) - kopie.JPG

    parfois comme ici la visite des ruines est payante

    Ierland1 (52) - kopie.JPG

    souvent le cimetière à côté de l'église en ruine est toujours utilisé

    ***

    fin des visites de ruines du premier jour

    (car on peut aimer les ruines et les "faire" au pas de course)

    Langue tirée

  • R comme Redouan

    Comme la classe se trouve amputée de ses 19 Scientifiques, Madame décide de faire quelques activités ludiques sur la grammaire du mois. Elle explique le jeu du portrait chinois et après deux ou trois exemples, chacun se lance dans le portrait de son voisin.

    - Si Madame était une couleur, dit Redouan, elle serait le rouge. 

    En effet, ce jour-là Madame avait des collants rouges et le foulard assorti.

    - J'ai déjà remarqué, ajoute-t-il, que vous portiez souvent quelque chose de rouge.

    On le félicite pour sa perspicacité et pour le fait que cette fois, il n'a pas dit "si Madame serait".

    - Si Madame était un film, continue Redouan, elle serait "Dead poets society".

    - Oh! s'inquiète Madame, qui se souvient vaguement que dans ce film, ça tourne mal pour le prof. 

    ***

    Vendredi soir, Madame rentre chez elle après une petite visite à sa mère. Un gros coup de claxon la tire de sa rêverie de promeneuse solitaire.

    C'est Redouan. Il agite la main, sans doute très fier d'être vu au volant d'une énorme BMW.  

    Madame ne peut qu'espérer que Redouan et les autres sauront toujours penser par eux-mêmes, comme l'espérait le prof de Dead poets society.

     prof,école,élève

    Madame et son manteau rouge