T

  • T comme traduction

    C'est chez Nuages que j'ai trouvé ce poème accompagné d'une photo que je n'ai pas osé lui demander undecided

    Laat er een tuin zijn

    Laat er een tuin zijn
    waar de bladeren heel traag
    vallen, menig maal
    hun laatste landingsplaats
    bepalen, alvorens
    de aarde juist te raken
    waar ze in het verlengde
    van hun vrije val ligt.

    Laat het mijn tuin zijn
    waar de wereld eeuwig blijft
    haperen tussen zomer en herfst
    tussen vallen en opstaan.

    Peter TheunynckCalendar

    Faites qu'il y ait un jardin

    Faites qu'il y ait un jardin
    où les feuilles très lentement
    tombent, et décident
    de leur point de chute
    à plusieurs reprises, avant
    de toucher la terre
    en ce point de prolongement
    de leur chute libre.

     

    Faites que ce soit mon jardin
    où le monde éternellement
    oscille entre été et automne
    entre la chute et le relèvement.

    (traduction de l'Adrienne)

    Le poème se trouve repris sur un site brugeois dans le cadre de la défense du Lappersfortbos.

    DSCI4940.JPG

    vue sur ma ville dans son "trou de verdure", le 23 avril dernier 
    ici les Verts participent à la gestion et je m'en trouve fort heureuse pour la nature environnante, où de nombreux projets ont vu le jour et sont bien suivis. 

  • T comme troisième chapitre

    Des journées à Montpellier, je me souviens de tout, sauf de la ville, c'est comme si je n'y étais jamais allée. En dehors de l'hôtel, en dehors de la grande salle monumentale où se tenait le congrès académique dans lequel Nino était engagé, aujourd'hui je ne vois qu'un automne venteux et un ciel bleu derrière des nuages blancs. Pourtant, pour plusieurs raisons, dans mon souvenir ce nom de lieu, Montpellier, est resté un tournant.

    Dei giorni di Montpellier ricordo tutto tranne la città, è come se non ci fossi mai stata. Fuori dall’albergo, fuori dalla monumentale aula magna dove si teneva il convegno accademico in cui Nino era impegnato, oggi vedo solo un autunno ventoso e un cielo azzurro appoggiato su nuvole bianche. Eppure nella memoria quel toponimo, Montpellier, è rimasto per molti motivi come un segnale di scantonamento.

    J'étais déjà sortie une fois de l'Italie, à Paris avec Franco, et je m'étais sentie électrisée par ma propre audace. A cette époque il me semblait que le monde, pour moi, était et serait toujours resté mon quartier napolitain, et que le reste était comme une brève sortie à la campagne, baignant dans un tel climat d'exception que je pouvais m'imaginer ne pas y avoir été vraiment.

    Ero stata già una volta fuori dall’Italia, a Parigi, con Franco, e mi ero sentita elettrizzata dalla mia stessa audacia. Ma allora mi pareva che il mio mondo fosse e sarebbe rimasto per sempre il rione, Napoli, mentre il resto era come una breve scampagnata nel cui clima d’eccezione potevo immaginarmi come di fatto non sarei mai stata.

    Montpellier par contre, qui était pourtant largement moins excitant que Paris, m'a donné l'impression de franchir des barrières et d'étendre mon territoire. Le simple fait de me trouver à cet endroit constituait la preuve, à mes yeux, que mon quartier napolitain, Pise, Florence, Milan, l'Italie même n'étaient que de minuscules parcelles du monde et que je faisais bien de ne plus m'en contenter. A Montpellier j'ai senti à quel point mon regard était restreint, et restreinte la langue dans laquelle je m'exprimais et écrivais. A Montpellier il m'a semblé évident comme on pouvait se sentir à l'étroit, à trente-deux ans, de n'être qu'épouse et mère. Et dans toutes ces journées pleines d'amour, pour la première fois je me suis sentie libérée des liens que j'avais accumulés au fil des ans, ceux dus à mon origine, ceux que j'avais acquis par mes succès aux études, ceux qui découlaient de mes choix de vie, et surtout du mariage.

    Montpellier invece, che pure era di gran lunga meno eccitante di Parigi, mi diede l’impressione che i miei argini si fossero rotti e che mi stessi espandendo. Il puro e semplice fatto di trovarmi in quel luogo costituiva ai miei occhi la prova che il rione, Napoli, Pisa, Firenze, Milano, l’Italia stessa, erano solo minuscole schegge di mondo e che di quelle schegge facevo bene a non accontentarmi più. A Montpellier avvertii la limitatezza dello sguardo che avevo, della lingua in cui mi esprimevo e con cui avevo scritto. A Montpellier mi sembrò evidente quanto potesse risultare angusto, a trentadue anni, essere moglie e madre. E per tutti quei giorni densi d’amore mi sentii per la prima volta liberata dai vincoli che avevo sommato negli anni, quelli dovuti alla mia origine, quelli che avevo acquisito col successo negli studi, quelli che mi derivavano dalle scelte di vita che avevo fatto, innanzitutto dal matrimonio.

    Là j'ai aussi compris pourquoi, par le passé, j'avais ressenti ce bonheur pour les traductions de mon premier livre, et aussi ce déplaisir d'avoir trouvé si peu de lecteurs en dehors de l'Italie. C'était merveilleux de franchir des frontières, de faire des incursions dans d'autres cultures, de découvrir que j'avais confondu le provisoire avec le définitif. Le fait que Lila n'était jamais sortie de Naples, que même San Giovanni a Teduccio (1) la saisissait déjà d'épouvante, si par le passé j'avais jugé ce choix discutable alors que comme d'habitude elle réussissait à le tourner à son avantage, aujourd'hui ça me semblait tout simplement être un signe d'étroitesse mentale. Je réagissais comme celui qui répond à l'insulte par la même insulte. C'est toi qui te serais trompée sur mon compte? Non, ma chère, c'est moi qui me suis trompée sur le tien: toute la vie tu resteras là à regarder les camions qui passent sur la grand-route.

    Lì capii anche le ragioni del piacere che avevo provato, in passato, vedendo il mio primo libro tradotto in altre lingue e, insieme, le ragioni del dispiacere per aver trovato pochi lettori fuori dall’Italia. Era meraviglioso valicare confini, lasciarsi andare dentro altre culture, scoprire la provvisorietà di ciò che avevo scambiato per definitivo. Il fatto che Lila non fosse mai uscita da Napoli, che anzi si fosse spaventata persino di San Giovanni a Teduccio, se in passato l’avevo giudicato una sua discutibile scelta che però al solito lei sapeva rovesciare in vantaggio, ora mi sembrò semplicemente un segno di ristrettezza mentale. Reagii come quando si reagisce a chi ti insulta con la stessa formula che ti ha offesa. Tu ti saresti sbagliata sul mio conto? No, cara mia, sono io, io che mi sono sbagliata sul tuo: resterai per tutta la vita a guardare i camion che passano per lo stradone.

    Les journées filaient. Pour Nino, les organisateurs du congrès avaient depuis longtemps réservé une chambre d'hôtel individuelle et comme je m'étais décidée trop tard à l'accompagner, il n'avait plus été possible de la remplacer par une chambre double. Nous avions donc des chambres séparées, mais chaque soir après la douche je me préparais pour la nuit et le cœur battant je le rejoignais dans sa chambre. Nous dormions ensemble, serrés l'un contre l'autre comme si nous avions peur qu'une force hostile veuille nous séparer pendant notre sommeil. Le matin nous nous faisions apporter le petit déjeuner au lit, nous jouissions de ce luxe que nous avions seulement vu au cinéma, nous riions beaucoup, nous étions heureux.

    I giorni volarono. A Nino gli organizzatori del convegno avevano riservato da tempo, in albergo, una camera singola e poiché mi ero decisa troppo tardi ad accompagnarlo, non c’era stato modo di trasformarla in una matrimoniale. Avevamo quindi stanze separate, ma ogni sera io facevo la doccia, mi preparavo per la notte e poi, con un po’ di batticuore, lo raggiungevo in camera sua. Dormivamo insieme, stretti l’uno all’altro come se temessimo che una forza ostile ci separasse nel sonno. Al mattino ci facevamo portare la colazione a letto, godevamo di quel lusso che avevo visto solo al cinema, ridevamo molto, eravamo felici.

    Pendant la journée, je l'accompagnais dans la grande salle du congrès et même si les intervenants lisaient pages après pages avec un même air d'ennui, être près de lui m'enthousiasmait, je m'asseyais à ses côtés sans le déranger. Nino suivait les interventions avec une grande attention, prenait des notes et de temps en temps me murmurait à l'oreille des remarques ironiques ou des mots d'amour. Au déjeuner et au dîner, nous nous mêlions à des professeurs d'un peu partout dans le monde, aux noms étrangers, de langues étrangères. Bien sûr, les intervenants les plus prestigieux avaient leur propre table, nous participions à une grande tablée de doctorants plus jeunes. J'ai été frappée par la mobilité de Nino, que ce soit pendant les travaux ou au restaurant. Comme il était différent de l'étudiant d'autrefois, et aussi du jeune homme qui m'avait défendue dans la librairie de Milan, presque dix ans plus tôt. Il avait laissé de côté le ton polémique, franchissait avec tact les barrières académiques, établissait des rapports d'un air à la fois sérieux et attrayant. Tantôt en anglais (excellent), tantôt en français (bon), il conversait brillamment, étalant son attachement de toujours aux chiffres et à l'efficacité. Je me sentais pleine de fierté de voir combien il plaisait. En quelques heures, il était devenu sympathique à tous et il était tiraillé de ci et de là.

    Durante il giorno lo accompagnavo nella sala grande del convegno e sebbene i relatori leggessero pagine e pagine essi stessi con tono annoiato, stare insieme a lui mi entusiasmava, gli sedevo accanto ma senza disturbarlo. Nino seguiva con molta attenzione gli interventi, prendeva appunti e ogni tanto mi sussurrava all’orecchio commenti ironici e parole d’amore. A pranzo e a cena ci mescolavamo ad accademici di mezzo mondo, nomi stranieri, lingue straniere. Certo, i relatori di maggior prestigio se ne stavano a un tavolo tutto loro, noi partecipavamo a una grande tavolata di studiosi più giovani. Ma mi colpì la mobilità di Nino, sia durante i lavori, sia al ristorante. Com’era diverso dallo studente di una volta, anche dal giovane che mi aveva difeso nella libreria di Milano quasi dieci anni prima. Aveva accantonato le tonalità polemiche, valicava con tatto le barriere accademiche, stabiliva rapporti con un piglio serio e insieme accattivante. Ora in inglese (ottimo), ora in francese (buono) conversava in modo brillante sfoggiando il suo vecchio culto delle cifre e dell’efficienza. Io mi sentii piena d’orgoglio per quanto piaceva. In poche ore diventò simpatico a tutti, lo tiravano di qua e di là.

    Il n'y a eu qu'un moment où il a brusquement changé, le soir avant son intervention au congrès. Il est devenu distant et grossier, il m'a semblé rongé par l'angoisse. Il a commencé à dénigrer le texte qu'il avait préparé, il a répété plusieurs fois que l'écriture ne lui venait pas aussi facilement qu'à moi, il s'est fâché parce qu'il n'avait pas eu le temps de bien travailler. Je me suis sentie en faute – est-ce que c'étaient les événements compliqués de notre vie récente qui l'avaient distrait? - et j'ai cherché à y remédier en le prenant dans mes bras, en l'embrassant, en me poussant à me lire ses feuilles. Il me les a lues et ses airs de petit écolier apeuré m'ont attendrie. L'intervention ne m'a pas semblé moins ennuyeuse que celles que j'avais déjà entendues mais j'en ai fait un grand éloge et il s'est calmé. Le lendemain matin il a récité son texte avec une chaleur feinte et on l'a applaudi.

    Ci fu un solo momento in cui cambiò bruscamente, fu la sera prima del suo intervento al convegno. Diventò scostante e sgarbato, mi sembrò travolto dall'ansia. Cominciò a dir male del testo che aveva preparato, ripeté più volte che scrivere non gli veniva facile come a me, si arrabbiò perché non aveva avuto il tempo di lavorare bene. Mi sentii in colpa – era stata la nostra complicata vicenda a distrarlo? - e cercai di rimediare abbracciandolo, baciandolo, spingendolo a leggermi le sue pagine. Me le lesse, e io m'intenerii par la sua aria da scolaretto spaventato. L'intervento mi sembrò non meno noioso di quelli che avevo ascoltato in aula magna, ma lo lodai molto e si calmò. La mattina dopo si esibì con un calore recitato, lo applaudirono.

    Le soir, un des professeurs prestigieux, un Américain, l'a invité à s'asseoir à côté de lui. Je suis restée seule mais ça ne me déplaisait pas. Quand Nino y était, je ne parlais à personne, alors qu'en son absence j'ai dû me débrouiller avec mon français laborieux pour me lier d'amitié avec un couple de Parisiens. Ils m'ont tout de suite plu parce que j'ai vite découvert qu'ils étaient dans une situation peu éloignée de la nôtre. Tous deux estimaient que la famille comme institution était étouffante, tous deux avaient vécu une douloureuse séparation de leur conjoint et de leurs enfants, tous deux paraissaient heureux. Lui, Augustin, approchait de la cinquantaine, avait le visage rouge, les yeux bleus très vifs et une grande moustache blonde. Elle, Colombe, à peine plus de trente ans comme moi, avait les cheveux noirs très courts, les yeux et les lèvres fortement dessinés dans un visage tout menu et une élégance fascinante. J'ai surtout parlé à Colombe, qui avait un fils de sept ans.

    La sera uno degli accademici di prestigio, un americano, lo invitò a sedere accanto a lui. Io restai sola ma non mi dispiacque. Quando c'era Nino non parlavo con nessuno, mentre in sua assenza fui costretta ad arrangiarmi col mio francese stentato e familiarizzai con una coppia di Parigi. Mi piacquero perché scoprii presto che erano in una situazione non molto diversa dalla nostra. Entrambi ritenevano soffocante l'istituto della famiglia, entrambi si erano dolorosamente lasciati alle spalle coniugi e figli, entrambi parevano felici. Lui, Augustin, sulla cinquantina, era rosso in viso, aveva occhi celesti molto vivaci, grandi baffi biondicci. Lei, Colombe, poco più che trentenne come me, aveva capelli neri cortissimi, occhi e labbra disegnati con forza su un volto minuto, un'eleganza ammaliante. Parlai soprattutto con Colombe, aveva un bambino di sette anni.

    "Il manque encore quelques mois", ai-je dit,"avant que ma fille aînée ait sept ans, mais cette année elle va déjà en seconde (2), elle est très forte."

    "Le mien est très éveillé et plein de fantaisie."

    "Comment a-t-il pris la séparation?"

    "Bien."

    "Il n'en a pas un peu souffert?"

    "Les enfants n'ont pas notre rigorisme, ils sont plus élastiques."

    "Ci vuole ancora qualche mesi" dissi, "perché la mia prima figlia ne compia sette, ma quest'anno va già in seconda, è bravissima".

    "Il mio è molto sveglio e fantasioso".

    "Come ha preso la separazione?".

    "Bene".

    "Non ne ha sofferto nemmeno un po'?".

    "I bambini non hanno le nostre rigidità, sono elastici".

    Elle a insisté sur l'élasticité qu'elle attribuait à l'enfance, il m'a semblé que ça la rassurait. Elle a ajouté: dans notre milieu, il est assez courant que des parents se séparent, les enfants savent que c'est possible. Mais juste au moment où je lui disais que moi, au contraire, je ne connaissais aucune autre femme séparée de son mari, sauf une amie, elle a brusquement changé de registre et a commencé à se plaindre de son fils: il est bon écolier mais lent, s'est-elle exclamée, à l'école ils disent qu'il n'a pas d'ordre. Ça m'a fort frappée qu'elle ait commencé à s'exprimer sans tendresse, presque avec rancœur, comme si son enfant se comportait ainsi pour la contrarier, et ça m'a fait peur. Son compagnon a dû s'en rendre compte, il est intervenu et s'est vanté de ses deux fils à lui, un de quatorze et un de dix-huit ans, il a blagué sur le fait que tous deux plaisaient énormément aux femmes, aux jeunes comme aux plus mûres. Quand Nino est revenu près de moi, les deux hommes – surtout Augustin – se sont mis à dire beaucoup de mal de la majeure partie des intervenants. Colombe s'est tout de suite introduite dans cette conversation, avec une allégresse un peu artificielle. La médisance a vite créé un lien, Augustin parlait et buvait beaucoup, sa compagne riait dès que Nino ouvrait la bouche. Ils nous ont invités à les accompagner à Paris en auto.

    Insistette sull'elasticità che attribuiva all'infanzia, mi sembrò che la rassicurasse. Aggiunse: nel nostro ambiente è abbastanza diffuso che i genitori si separino, i figli sanno che è possibile. Ma proprio mentre io le dicevo che invece non conoscevo altre donne separate se non una mia amica, lei cambiò bruscamente registro, cominciò a lamentarsi del bambino: è bravo ma lento, esclamò, a scuola dicono che è disordinato. Mi colpì molto che fosse passata a esprimersi senza tenerezza, quasi con astio, come se il figlio si comportasse in quel modo per farle dispetto, e questo mi mise ansia. Il suo compagno se ne dovette accorgere, si intromise, si vantò dei suoi due ragazzi, uno di quattordici e uno di diciotto, scherzò su quanto piacevano entrambi alle donne giovani che a quelle mature. Quando Nino mi tornò accanto i due uomini – soprattutto Augustin – passarono a dire malissimo della gran parte dei relatori. Colombe s'inserì quasi subito con un'allegria un po' artificiale. La maldicenza creò presto un legame, Augustin parlò e bevve molto per tutta la sera, la sua compagna rideva appena Nino riusciva ad aprire bocca. Ci invitarono ad andare a Parigi con loro, in automobile.

    Ces propos sur les enfants et cette invitation à laquelle nous n'avons répondu ni oui ni non, m'ont remis les pieds sur terre. Jusqu'à ce moment-là, Dede et Elsa m'étaient constamment venues en tête, et Pietro aussi, mais comme en suspens dans un univers parallèle, immobiles autour de la table de la cuisine à Florence, ou devant le téléviseur, ou dans leur lit. Tout à coup leur monde et le mien sont rentrés en communication. Je me suis rendue compte que ces journées de Montpellier allaient se terminer, qu'inévitablement Nino et moi serions rentrés chacun chez soi, que nous aurions à affronter nos crises conjugales respectives, moi à Florence, lui à Naples. Le corps de mes filles a rejoint le mien, j'en ai violemment ressenti le contact. Je ne savais rien d'elles depuis cinq jours et en m'en rendant compte, il m'est venu une forte nausée, la nostalgie est devenue insupportable. J'ai eu peur, non pas du futur en général, qui me paraissait entièrement lié à Nino, mais des heures qui allaient suivre immédiatement, celles du lendemain et du surlendemain. Je n'ai pas réussi à résister et même s'il était quasiment minuit – quelle importance est-ce que ça a, me suis-je dit, Pietro est toujours éveillé – j'ai essayé de téléphoner.

    I discorsi sui figli, e quell'invito al quale non rispondemmo né sì né no, mi riportarono coi piedi per terra. Fino a quel momento Dede ed Elsa mi erano tornate in mente di continuo, e anche Pietro, ma come sospesi in un universo parallelo, immobili intorno alla tavola della cucina di Firenze, o davanti alla televisione, o nei loro letti. Di colpo il mio mondo e il loro tornarono in communicazione. Mi resi conto che i giorni di Montpellier stavano per finire, che inevitabilmente Nino e io saremmo tornati alle nostre case, che avremmo dovuto affrontare le rispettive crisi coniugali, io a Firenze, lui a Napoli. E il corpo delle bambine si ricongiunse al mio, ne avvertii violentemente il contatto. Non sapevo niente di loro da cinque giorni e nel prenderme conscienza mi venne una nausea forte, la nostalgia diventò insopportabile. Ebbi paura non del futuro in generale, che pareva ormai imprescindibilmente occupato da Nino, ma delle ore che stavano per arrivare, di domani, di dopodomani. Non riuscii a resistere e sebbene fosse quasi mezzanotte – che importanza ha, mi dissi, Pietro è sempre sveglio –, provai a telefonare.

    Ça a été plutôt laborieux mais j'ai fini par avoir la ligne. Allô, j'ai dit. Allô, j'ai répété. Je savais qu'à l'autre bout il y avait Pietro, je l'ai appelé par son nom: Pietro, c'est Elsa, comment vont les petites. La communication s'est interrompue. J'ai attendu quelques minutes puis j'ai demandé au central de rappeler. J'étais déterminée à insister toute la nuit, mais cette fois Pietro a répondu.

    "Qu'est-ce que tu veux?"

    "Parle-moi des filles"

    "Elles dorment."

    "Je le sais, mais comment vont-elles?"

    "Qu'est-ce que ça peut te faire?"

    "Ce sont mes filles."

    "Tu les as abandonnées, elles ne veulent plus être tes filles."

    "Elles t'ont dit ça à toi?"

    "Elles l'ont dit à ma mère."

    "Tu as fais venir Adele?"

    "Oui."

    "Dis-leur que je reviens dans quelques jours."

    "Non, ne reviens pas. Ni moi, ni les filles, ni ma mère ne voulons plus te voir."

    Fu una cosa abbastanza laboriosa ma alla fine ebbi la linea. Pronto, dissi. Pronto, ripetei. Sapevo che dall'altro capo c'era Pietro, lo chiamai per nome: Pietro, sono Elena, come stanno le bambine. La comunicazione si interruppe. Aspettai qualche minuto, poi chiesi al centralino di chiamare di nuovo. Ero determinata a insistere per tutta la notte, ma Pietro questa volta rispose.

    "Che vuoi".

    "Dimmi delle bambine".

    "Dormono".

    "Lo so, ma come stanno".

    "Che t'importa".

    "Sono le mie figlie".

    "Le hai lasciate, non vogliono essere più le tue figlie".

    "L'hanno detto a te?".

    "L'hanno detto a mia madre".

    "Hai fatto venire Adele?".

    "Sì".

    "Dille che torno tra qualche giorno".

    "No, non tornare. Né io, né le bambine, né mia madre ti vogliamo vedere più".

    Elena Ferrante, Storia della bambina perduta, ed. E/O 2015, chapitre 3 (traduction de l'Adrienne) 

    (1) San Giovanni a Teduccio est un quartier populaire pas très éloigné de celui où Lenù et Lila ont grandi. 

    (2) en deuxième année de l'école primaire, comme dans le système belge

  • T comme Take it easy!

    Il y a de ces titres dans le nouveau bouquin de l'Adrienne qui la font bien rigoler. Celui-ci, par exemple: 

    Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point cet 'easy' est relatif tongue-out 

    Il y a l'annulaire droit qui refuse parfois de se soulever comme l'index et enfonce une touche qui n'aurait pas dû l'être 

    Il y a les yeux qui doivent suivre à la fois la partition et les doigts sur le clavier 

    Il y a le rythme qui ne peut ni s'accélérer (dans les passages qu'on maîtrise bien) ni ralentir (dans les autres tongue-out

    Bref, ce n'est pas demain que l'Adrienne jouera la Marche turque 

    *** 

    - Quand est-ce je pourrai jouer ces morceaux-là? a-t-elle demandé à sa prof en lui montrant les partitions reçues en cadeau de Noël de sa carissima nipotina, "Sixteen enjoyable pieces for Grade 1 pianists". 

    - Oh! dans quatre ans, à peu près!  

    musique,piano

    http://www.ackermanmusic.co.uk/grade-1-piano-solos-16-enjoyable-pieces.html

  • T comme T-shirt orange

    fiction,jeu,photo

    C'est en arrivant à l'entrée du parc qu'elle l'a vu. Il était grand, mince, finement musclé dans son T-shirt orange par ce frais matin de printemps. L'enseigne du pharmacien marquait bientôt dix heures et 9 degrés mais son T-shirt lui collait à la peau. 

    "Il doit avoir marché longtemps avec son lourd bagage", pensa-t-elle. Un gros sac à dos était posé à terre contre sa jambe, une guitare bien emballée dans sa housse et un deuxième sac, volumineux, posé devant lui. 

    "Leurs yeux se rencontrèrent" se dit-elle en souriant, mais on n'était pas chez Flaubert: c'est sa coiffure rasta qu'elle regardait, et ses longs bras nus où l'on voyait les muscles sous la peau noire, comme lustrée. Il avait l'air fatigué et indécis. 

    "Je parie qu'il a dormi à la belle étoile", pensa-t-elle encore en le regardant remettre son sac à dos sur ses épaules. Elle le vit faire une grimace douloureuse, ce qui confirma son opinion. Il trimbalait sans doute toutes ses affaires depuis déjà un bon bout de temps. 

    - Vous avez dormi dehors? 

    Elle le regretta tout de suite mais dans l'urgence, elle n'avait rien trouvé de plus approprié comme entrée en matière. 

    Il la regarda, ébahi, sans répondre. Une question de langue, peut-être? 

    - Je vous offre un café? dit-elle en faisant un geste large en direction de la grande brasserie, un peu plus loin sur sa droite. 

    Elle le vit hésiter un instant. Elle supposa que ses rides et ses cheveux gris avaient quelque chose de rassurant, car il finit par ébaucher un sourire pour accepter. 

    fiction,jeu,photo

    C'était une de ces brasseries ostendaises où l'on sert de plantureux buffets pour le petit déjeuner. Elle capta son regard sur les paniers de viennoiseries, les plateaux garnis de fruits, de charcuteries et de fromages. S'il avait aussi faim qu'elle le supposait, l'odeur des œufs brouillés ou frits devait faire crier son estomac. Elle ne se trompait pas.  

    lakévio53.jpg

    "C'est tout juste s'il n'a pas avalé le petit bouquet de violettes", se dit-elle avec un sourire attendri, en quittant leur table plus d'une heure et demie plus tard. 

    - Comment vous remercier, lui dit-il pour la troisième fois, je n'ai rien à vous offrir. 
    - Détrompez-vous: vous m'avez beaucoup offert! Vous m'avez offert votre histoire. 

    Elle lui montra le chemin de la gare et se dépêcha vers son clavier. "A Djibril", écrivit-elle en dédicace, même si plus que probablement il ne le lirait jamais. 

    *** 

    merci à Lakévio pour la consigne et l'image (ici)

  • T comme travaux

    "I had a farm in Africa at the foot of the Ngong Hills", écrit Karen Blixen et c'est en pensant à cette phrase que l'Adrienne contemple ceci et se dit: 

    "J'avais un joli jardinet avec une pelouse fraîchement tondue entourée de tulipes, d'anémones et de crocus. 

    DSCI4730.JPG

    état des lieux le mardi 14 mars

    I had a farm in Africa at the foot of the Ngong Hills. The Equator runs across these highlands, a hundred miles to the north, and the farm lay at an altitude of over six thousand feet. In the day-time you felt that you had got high up; near to the sun, but the early mornings and evenings were limpid and restful, and the nights were cold. (source ici

    L'Adrienne devra apprendre la longanimité de Karen... 

  • T comme théâtre

    Voilà, c'est fait. 

    Des mois de préparations, de mises au point, de répétitions... et puis en un week-end, c'est passé, envolé: trois représentations pour montrer au public ce en quoi on a investi tout son temps libre - ou presque - depuis septembre dernier. 

    prof,école,élèves

    une partie de la troupe, quelques heures avant la première: "chill!" 

    Un gros stress, beaucoup d'adrénaline et d'émotions fortes. 

    Et une grande fierté.

  • T comme traiasca internetul (bis)

    Jeunes gens qui passez par ici, si vous y passez, vous n’avez peut-être pas connu cette époque où, si on voulait garder le contact avec un ami lointain, il fallait faire confiance à un bout de papier, y coller un timbre, y inscrire une adresse, l’écouter tomber dans une boîte – rouge chez nous, jaune en France – puis espérer que toute la chaîne des différents services postaux ferait infailliblement son travail. 

    Vous n’avez peut-être pas connu cette inquiétude qui saisit l’expéditeur dès le début : l’adresse est-elle suffisamment lisible ? l’enveloppe ne sera-t-elle pas malencontreusement détrempée, l’encre effacée ? ne sera-t-elle pas perdue, quelque part sur sa longue route ? 

    Vous n’avez peut-être pas connu non plus l’excitation de l’attente ni la joie de découvrir, parfois deux ou trois semaines plus tard, une réponse à votre lettre. Parfois il était heureux que vous ayez gardé votre brouillon – car oui, on faisait d’abord un brouillon, qu’on relisait plusieurs fois, qu’on retravaillait, où on pesait chaque mot – brouillon qui vous permettait de vous rappeler quelles questions vous aviez posées, quelles anecdotes vous aviez racontées, trois semaines plus tôt. 

    *** 

    Dans la correspondance avec Violeta, il est vite apparu un problème: certaines lettres ne lui parvenaient pas. La machine à rumeurs disait que d'indélicats membres de la longue chaîne reliant l'expéditrice à la réceptionnaire ouvraient les lettres venant de l'étranger, dans l'espoir d'y trouver des billets de banque. 

    Dès lors, l'Adrienne n'a plus jamais cacheté ses missives, qui sont toutes arrivées sans encombres. 

     

  • T comme traduction

    Le discours sur la paix

    Vers la fin d’un discours extrêmement important
    le grand homme d’État trébuchant
    sur une belle phrase creuse
    tombe dedans
    et désemparé la bouche grande ouverte
    haletant
    montre les dents
    et la carie dentaire de ses pacifiques raisonnements
    met à vif le nerf de la guerre
    la délicate question d’argent.


    Jacques Prévert, in Paroles, 1946

    tintin paix.jpg

    source du dessin

    El discurso sobre la paz

    Hacia el final de un discurso de extrema importancia
    el gran hombre de Estado tropieza
    con una bella frase hueca
    cae dentro
    y desesperado, la boca abierta,
    jadeante
    enseña los dientes
    y la caries dental de su s pacíficos razonamientos
    pone en evidencia el nervio de la guerra
    el delicado asunto del dinero.

    traduction trouvée chez Colo (merci Colo!)

    Toespraak over de vrede

    Tegen het einde van een uiterst belangrijke toespraak
    struikelt de grote staatsman
    over een mooie holle frase
    valt erin
    en radeloos met wijdopen mond
    hijgend
    toont de tanden
    en het tandbederf van zijn vreedzame redeneringen
    legt de oorlogszenuw bloot
    de gevoelige geldkwestie.
    traduction de l'Adrienne

    poésie,poème,espagnol,traduction

    source de l'image

     
  • T comme troisième fois

    - La troisième fois, faudra me payer un verre (1)! s'écrie-t-il joyeusement en me croisant devant une tête de gondole où je suis en train de me demander si je vais me l'offrir, cette mousse-au-chocolat-bio-en-promotion.

    Je le regarde d'un air éberlué et interrogateur.

    - On s'est déjà croisés tout à l'heure, insiste-t-il, vous ne vous souvenez pas?

    Où et quand l'aurais-je vu? Il a une tête qui ne me rappelle aucun souvenir.

    - Ou alors c'était peut-être votre sœur, fait-il en rigolant.

    Ça m'étonnerait, je n'en ai pas.

    - C'était bien vous, à la Kapellestraat?

    Je connais mal les noms des rues ostendaises mais je ne crois pas y être passée aujourd'hui en revenant de la bibliothèque.

    - Dans ce magasin où on vend toutes sortes d'huiles d'olive?

    Je peux enfin lui répondre avec certitude que non, je ne suis pas passée par la Kapellestraat et ne suis entrée dans aucun magasin.

    - Non? Alors, je vous assure que vous avez un sosie! Un vrai sosie! (2) 

    *** 

    (1) "De derde keer, trakteren!" s'exclame généralement celui qui vous rencontre pour la deuxième fois en peu de temps. 

    (2) je n'ai pas voulu demander si nos manteaux aussi étaient sosies, parce que ma tête, il n'avait pas vraiment eu le temps de la voir...

    vie quotidienne,flandre,flamand

    à Ostende, l'Adrienne avait juste le temps de faire une course, entre deux tentatives pour nourrir le chat Pipo 

    vie quotidienne,flandre,flamand

    ici on voit bien comme il est maigre

  • T comme Torrinha

    Lui, c'est Dirk. Son père possède une supérette dans une station balnéaire belge. Il est prévu qu'il reprenne l'affaire dès que possible: il est l'unique héritier et il est prêt. Depuis toujours. 

    Elle, c'est Lurdes. Ses parents, ses jeunes frères et sœurs habitent un village de chèvres dans la montagne. Elle termine ses études d'hôtellerie et fait un stage à Funchal. 

    Là-bas, dans le bateau qui s'éloigne, il y a Dirk. Il se dit qu'il reviendra. Il se dit qu'il convaincra son père. Qu'il a trouvé la femme de sa vie. Qu'il a quelques mois devant lui pour apprendre le portugais. 

    Là-haut, sur la route de Torrinha, il y a Lurdes. Elle se dit qu'il reviendra. Elle se dit qu'elle convaincra ses parents. Que son avenir est dans ce pays inconnu. Qu'elle doit commencer à apprendre le néerlandais. 

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    photo et atelier de Leiloona

  • T comme triplication

    Ecoute, faut que je te dise un truc. Non, vraiment, faut que je te raconte, faut que tu m'écoutes, j'en peux plus... 

    Tu sais, Wivine... Tu te souviens de Wivine? Je t'ai déjà parlé d'elle, tu te rappelles? Celle qui vient fumer avec moi pendant la pause. Celle qui a deux gosses surdoués. Celle qui dit du mal de tout le monde... 

    Tu sais pas ce qu'elle m'a dit? Tu devineras jamais! Tu vas pas le croire! Vraiment, j'en suis malade, j'en suis toute tourneboulée. J'en peux plus de cette bonne femme! 

    Parce que là, c'est pire que tout. Là vraiment ça dépasse tout... ça me tue, ça m'a sciée.

    Bon, alors écoute. Tiens-toi bien. Tu es bien assise?

    Wivine, qui a mis la pagaille dans tout le service, qui a obtenu que tout le monde soit en dispute avec tout le monde, qui a complètement bousillé la bonne ambiance qu'on avait avant son arrivée...

    Et bien, cette Wivine-là, cette sangsue, cette vipère, cette sorcière...

    c'est notre nouvelle directrice. 

    *** 

    texte de fiction

    la consigne était: 

    Quelqu'un raconte un cancan et utilise à outrance une figure de style. 

    J'ai choisi la triplication, qui consiste à répéter à trois reprises, soit un mot, soit une syntaxe, soit un rythme de phrase. 

     

     

  • T comme Tintin à Istanbul

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    source de l'image 

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    source de l'image 

  • T comme Tout aussitôt...

    Dès le premier jour à Lyon, un pèlerinage à la maison de Louise Labé s'est imposé comme une évidence pour la groupie que je suis. 

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    Elle est divisée en deux: à droite, le bien nommé "Louise Café" et à gauche un nouvel établissement (depuis juin dernier) où nous avons pris un thé et un café, Le F2. 

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    Au milieu, au-dessus d'une belle imposte, la plaque commémorative très sujette à controverse ces dernières années... 
    voir: http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?t=39663 
    et http://www.liberation.fr/grand-angle/2006/06/16/louise-labe-femme-trompeuse_41395 
    Réfutation ici: http://www.persee.fr/doc/rhren_1771-1347_2006_num_63_1_3044 

    Lyon 2016 (28).JPG

    Mais pour la véritable groupie, ces murs ont eu l'effet escompté: émotion et quasi recueillement en visitant les pièces de l'étage supérieur et en observant la cour intérieure. 

    ***

    Tout aussitôt que je commence à prendre 
    Dans le mol lit le repos désiré, 
    Mon triste esprit, hors de moi retiré, 
    S'en va vers toi incontinent se rendre. 

    Lors m'est avis que dedans mon sein tendre 
    Je tiens le bien où j'ai tant aspiré, 
    Et pour lequel j'ai si haut soupiré 
    Que de sanglots ai souvent cuidé fendre. 

    Ô doux sommeil, ô nuit à moi heureuse! 
    Plaisant repos plein de tanquillité, 
    Continuez toutes les nuits mon songe; 

    Et si jamais ma pauvre âme amoureuse 
    Ne doit avoir de bien en vérité, 
    Faites au moins qu'elle en ait en mensonge. 

    Louise Labé, Sonnet IX 

    ***

    Oui, c'est ici - ou dans un lieu comparable - que Louise Labé a dû vivre, aimer, dormir et rêver... 

    Lyon 2016 (26).JPG

    une salle au premier du côté de la rue Paufique 

    photos prises à Lyon le 12 juillet

  • T comme traduction

    Er woonde op de aarde      Il y avait sur terre

    Er woonde op de aarde      Il y avait sur terre 
    een vrouw van honderd jaar      Une vraie centenaire 
    die veel te veel bewaarde,      Qui conservait de tout 
    ik weet alleen niet waar.      Mais je ne sais pas où

    Wat iemand had vergeten,     Ce qu'on avait oublié,
    wat iemand niet meer zag,     Ce qu'on ne voyait plus,
    wat bijna was versleten,     Ce qui était usé,
    wat in een laatje lag.     Dans un tiroir perdu.

    Wat in antieke kasten      Dans de vieilles armoires
    en diepe putten bleef,      Ou dans de grands trous noirs,
    wat nergens meer in paste,      Ce qui ne marchait plus,
    wat schonkig was en scheef.     Etait laid ou tordu.

    En niet als in de dromen      Et mieux que dans les rêves 
    en elke dag te moe,      Et chaque jour sans trêve
    ze heeft het meegenomen,       Elle l'a emporté
    ik weet niet waar naartoe.      Je ne sais pas où c'est.

    “Er woonde op de aarde” - Joke van Leeuwen
    In: Ozo heppiejer, Versjes van Joke van Leeuwen (Querido, 2012)

    Traduction de l'Adrienne, la plus littérale possible

    juli 2013 (2) - kopie.JPG

    que prouve cette photo?

    1.que l'Adrienne, au moins une fois dans sa vie, est allée au parc à conteneurs

    2.que la chose est si exceptionnelle qu'elle en a fait une photo

    3.qu'elle aurait mieux fait d'attendre: les plaques de gyproc étaient intactes et par après il a fallu en racheter pour le faux plafond des toilettes et du kot" à chauffage

    tongue-out

  • T comme trois impressions

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    j'ai l'impression que les touristes ne vont rien comprendre

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    j'ai l'impression que les gamins ne pourront pas récupérer leur ballon

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    j'ai l'impression que je devrais ranger mon bureau

    tongue-out

    pour le projet du Hibou

    semaine 21: impression

  • T comme Turbine

    La plupart des gens sont favorables aux énergies renouvelables 

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    et trouvent l'installation de turbines et d'éoliennes 

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    évidente, primordiale et indispensable 

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    à condition que ça ne leur gâche pas leur horizon.  

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    Ainsi, il a fallu convaincre les Ostendais 

    2016-04-02 (44) - kopie.JPG

    que les éoliennes installées au large
    ne se verraient absolument pas depuis la côte...

    http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_parcs-eoliens-offshore-la-belgique-en-veut-cinq-nouveaux-en-mer-du-nord?id=8696981

    http://www.lesoir.be/842014/article/demain-terre/energie/2015-04-03/l-electricite-pour-800000-menages-grace-aux-eoliennes-cote-belge

    http://economie.fgov.be/fr/consommateurs/Energie/Energies_renouvelables/Eolien_offshore/

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 16 - horizon 

  • T comme traître

    L'Oncle de Bruxelles et son neveu chti-breton ont quelques points communs, comme par exemple celui d'être de foisonnantes mines de renseignements. 

    C'est ainsi que grâce à l'Oncle j'ai découvert James Hadley Chase et grâce au neveu Les Douze Chaises, dont voici l'incipit: 

       Dans la ville provinciale de N étaient si nombreux établissements de coiffure et bureau de funérailles, semblait-il, les résidents sont nés seulement de se raser, de se raser, se rafraîchir la tête de vezhetalem et immédiatement mourir. Et en fait dans la ville provinciale de N personnes sont nés, morts et rasé assez rare. La vie de la ville était le plus silencieux. soirées de printemps étaient charmants, la saleté sous la lune brillait comme l'anthracite, et tous les jeunes gens de la ville à un tel degré était en amour avec le secrétaire du comité local Kommunalnik il a été tout simplement l'empêcher de percevoir les droits d'adhésion.  

    Les questions de l' amour et la mort ne sont pas inquiets Ippolit Matveïevitch Vorobyaninov, bien que ces questions, en vertu de son service, il était en frais auprès de 9 heures du matin à 5 h tous lesjours, avec pause d'une demi-heure pour le déjeuner. 

    Ce joli travail de traduction du russe vers le français est l'oeuvre d'une machine intelligente, mais pas encore de même niveau que celle qui a battu dernièrement le champion mondial au jeu de go ni de cette autre qui a eu raison de maîtres aux échecs. 

    Ou alors ça veut dire que la traduction est un jeu cérébral de plus haut vol tongue-out

    Sinon, on peut aussi continuer à évoluer vers une seule langue universelle - et je veux bien, à condition que ce soit celle de l'amour...

    One World from Poolhert Productions on Vimeo.

  • T comme traduction

    Siempre hay un intruso
     Claribel Alegría (Nicaragua °1924)

    Una mirada a veces
    un gesto entorpecido
    una frase
    un olor
    el beso que al unirnos
    nos separa.
     
    Altijd is er een spelbreker
    Claribel Alegría (Nicaragua °1924)
     
    Een blik soms
    een hinderlijk gebaar
    een zin
    een geur
    de zoen die ons verenigt
    scheidt ons.
    (traduction de l'Adrienne)
     

    Paris 16 - Louise Bourgeois.JPG

    oeuvre de Louise Bourgeois
    photo prise à Paris en 2010

    Il y a toujours un intrus
    Claribel Alegría (Nicaragua °1924)

    Un regard parfois
    un geste engourdi
    une phrase
    une odeur
    le baiser qui en nous unissant
    nous sépare
    (traduction de Colo)
  • T comme trofiette

    Parfois, il faut vraiment se forcer. Vraiment se dire: "OK, j'y vais!". Vraiment se décider à pousser la porte et à entrer.

    Toute seule.

    Dans un bon restaurant, où chacun est installé avec sa chacune.

    déc 26 (16) - kopie.JPG

    Après quoi, le plus gros du travail est fait. Il ne s'agit plus que de lire le menu et de passer sa commande en essayant de ne pas voir les regards curieux de chacun avec sa chacune quand ils sont en manque de conversation.

    déc 26 (17) - kopie.JPG

    Choisir des coquilles Saint-Jacques en entrée et des trofiette. Les déguster avec un verre de vin blanc dans lequel une mouche vient apprendre à nager.

    Une mouche fin décembre, voilà un des dommages collatéraux quand il ne gèle plus tongue-out

  • T comme traduction

    El silencio redondo de la noche     Federico García Lorca
     
    El silencio redondo de la noche
    Sobre el pentagrama
    Del infinito.
    Yo me salgo desnudo a la calle,
    Maduro de versos
    Perdidos.
    Lo negro, acribillado
    Por el canto del grillo,
    Tiene ese fuego fatuo,
    Muerto,
    Del sonido.
    Esa luz musical
    Que percibe
    El espíritu.
    Los esqueletos de mil mariposas
    Duermen en mi recinto.

    Hay una juventud de brisas locas
    Sobre el río.
     
    De ronde stilte van de nacht    Federico García Lorca
     
    De ronde stilte van de nacht
    Op de notenbalk
    Van het oneindige.
    Ik kom naakt op straat
    Rijp door verloren
    Verzen.
    Het donker, vol van
    Het gezang van de krekel,
    Heeft dit dode
    Dwaallicht
    Van het geluid.
    Dit muzikale licht
    Dat de geest
    Waarneemt.
    Het geraamte van duizend vlinders
    Slaapt in mijn omheining.
     
    Er komt een jeugd aan gekke briesjes
    Over de rivier.
     
    (traduction de l'Adrienne)

    traduction, espagnol, poesie, amitie

     sur la photo c'est plutôt le silence rond - et tout relatif - du matin
     
    Le silence rond de la nuit     Federico García Lorca
     

    Le silence rond de la nuit
    Sur la portée musicale
    De l'infini.
    Moi je sors nu en rue,
    Ivre de vers
    Perdus.
    Le noir, criblé
    Par le chant du grillon,
    Retient ce feu follet
    Mort,
    Du son.
    Cette lumière musicale
    Que perçoit
    L'esprit.
    Les squelettes de mille papillons
    Dorment dans mon enceinte.

     
    Passe une jeunesse de brises folles
    Sur la rivière.
     

    (Trad: Colo) 

    http://espacesinstants.blogspot.be/2015/12/une-lumiere-musicale-una-luz-musical.html

    Bon réveillon à ceux qui réveillonnent cool

    et bonne journée à tous les autres

    tongue-out

  • T comme truffes

    Une amie chère au cœur de l'Adrienne s'est fait un devoir de la secouer un peu.

    Il était temps que quelqu'un le fasse de cette façon.

    D'autres amies bien intentionnées lui avaient bien sûr également prodigué force conseil. Mais peu d'entre eux étaient applicables, quand on est fait comme l'Adrienne.

    Depuis la mi-novembre, elle ne "se laisse plus dessécher" et veille à manger quelque chose de mieux que ses sempiternels "pain-fromage-crudité".

    Quand elle n'a ni le temps ni l'envie de cuisiner - ce qui est souvent le cas depuis environ deux ans - elle passe chez le traiteur italien et là... mamma mia! elle s'offre des spighe al tartufo ou une caille farcie à la truffe ou une sauce à la truffe.

    Ne lui dites pas que ce n'est pas la saison des truffes: elle le sait tongue-out

    tartufo.jpg

    c'est décidé, la prochaine fois elle prendra les lasagne d'aubergine ou de courgette
    (et une petite bouteille d'huile d'olive parfumée à la truffe) cool

    ***

    MERCI

    aux amies bien intentionnées

    et aux traiteurs italiens

  • T comme trop-plein

     muanza,jeu,fiction

    Muanza frissonne en revenant de la boîte aux lettres. Vide, aujourd’hui encore.

    Pierre a beau dire « pas de nouvelles, bonnes nouvelles », l’attente est une torture. Il a besoin de savoir, besoin de pouvoir enfin faire des projets.

    Voilà qu’arrive son deuxième hiver belge et il est toujours dans l’impasse. Ce matin, devant son bol de café au lait, son humeur s’en ressent. Certains jours, un trop-plein d’énergie le fait se saisir de balais et de serpillières et il frotte vigoureusement le carrelage de tout le rez-de-chaussée. C’est sa façon de remercier Marie et de lui embellir la vie. D’autres fois, il passe tout son temps vautré dans un fauteuil et enfile comme un drogué les Mac Gyver à la télé.

    Il a le sommeil agité. Dans ses rêves, il voit Rosemonde, tantôt dans la plénitude de ses trente ans, tantôt dans le plus grand dénuement, abandonnée des siens.

    L’absence, ce déchirement quotidien, n’a que trop duré. Il faut qu’il trouve une idée, un moyen pour la faire venir en Europe, elle aussi.

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     https://leslecturesdasphodele.wordpress.com/2015/10/19/les-plumes-45-resultats-de-la-collecte-doctobre/

    avec les mots imposés: 
    Frissonner, vide, humeur, embellir, enfin, sommeil, drogué, impasse, torture, plénitude, trop-plein, énergie, absence, temps, dénuement, bol, idée, déchirement, besoin, abandonné.

    Merci Asphodèle!

    et merci Ma'

    avec ce billet et cette photo je reprends le fil d'une histoire restée en rade depuis à peu près un an...

    pour le projet 52 de Ma' - thème: fil

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

     

  • T comme tout le monde

    Tout le monde marche main dans la main
    Chante Françoise hardy
    Moi seule n'ai pas d'amoureux.

    ***

    Tout le monde aime Félix et Ernestine
    Pleure Poil de Carotte
    Moi seul suis le mal aimé.

    ***

    Tout le monde fait le guignol en classe
    Se plaint Agnan
    Moi seul aime l'arithmétique et la géométrie.

    ***

    Tout le monde a peur de Créon
    Dit fièrement Antigone
    Moi seule lui tiendrai tête.

    Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil
    Susurre Jean Yanne
    Moi seul y en a vouloir des sous!

    ***

    Tout le monde se convainc que la guerre de Troie n'aura pas lieu
    Prophétise Cassandre
    Moi seule vois ce qui nous attend.

    ***

    Tout le monde se croit bien portant
    Affirme le docteur Knock
    Moi seul sais que vous êtes des malades qui s'ignorent.

    Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot:

    Tout le monde peut y aller
    Gémit l'adolescent(e)
    Moi seul(e) n'ai pas la permission!

     ***

    Exercice d'écriture avec la double anaphore « Tout le monde… » et « Moi seul… » proposé par les Impromptus littéraires.

  • T comme Talleyrand

    Je lis la biographie de Talleyrand par David Lawday (1). Une de ces mystérieuses nouvelles acquisitions de ma bibliothèque communale Cool

    Je ne connaissais de lui que les quelques clichés qu'on trouve en 4e de couverture du volume (2). Mais très vite le livre fait découvrir un personnage beaucoup plus complexe et plus intéressant.

    Le personnage rêvé pour un biographe, au parcours à peine croyable, dit l'article du Telegraph (3), qui trouve l'auteur subjectif parce qu'on ressent sa sympathie admirative pour son sujet. Mais qui déplore surtout de nombreuses erreurs, des simplismes, et une présentation complètement fausse de sa relation à Napoléon. D'où le titre de l'article: Talleyrand mérite mieux que ça!

    C'est bien possible, je ne suis pas capable d'en juger. L'auteur de la biographie semble, à grand renfort de notes et de citations d'ouvrages consultés, bien au courant de son sujet. C'est peut-être trompeur.

    Cependant, il reste les extraits des écrits de Talleyrand, cités ça et là, dont on peut supposer qu'ils sont parfaitement corrects. Je vous en livre un, qui montre un pacifisme toujours d'actualité et argumenté comme suit:

    On a appris enfin que la véritable primatie, la seule utile et raisonnable, la seule qui convienne à des hommes libres et éclairés, est d’être maître chez soi, et de n’avoir jamais la ridicule prétention de l’être chez les autres. On a appris, et un peu tard sans doute, que pour les Etats comme pour les individus, la richesse réelle consiste non à acquérir ou à envahir les domaines d’autrui, mais à bien faire valoir les siens; on a appris que tous les agrandissements de territoire, toutes ces usurpations de la force et de l’adresse auxquelles de longs et illustres préjugés avaient attaché l’idée de rang, de primatie, de consistance politique, de supériorité dans l’ordre des puissances, ne sont que des jeux cruels de la déraison politique, que des faux calculs de pouvoir, dont l’effet réel est d’augmenter les frais et l’embarras de l’administration, et de diminuer le bonheur et la sécurité des gouvernés pour l’intérêt passager ou la vanité de ceux qui gouvernent.

    David Lawday, Talleyrand, Albin Michel, 2015, p.101

    C'est un extrait du mémoire adressé au Comité de salut public - mené par Danton -  que Talleyrand écrit au moment même où les armées "révolutionnaires" envahissent le territoire belge, qui faisait alors partie des Pays-Bas.

    Mais pour découvrir ces écrits-là, il suffit d'aller sur le site consacré à Talleyrand, où on trouve le mémoire entier http://www.le-prince-de-talleyrand.fr/memoireconvention.html ... ainsi qu'une biographie et de nombreux autres documents.

     talleyrand.jpg

    (1) dans une traduction de Valérie Malfoy parue chez Albin Michel en 2015.

    (2) photo du site de l'éditeur où on peut lire la 4e de couverture
    http://www.albin-michel.fr/Talleyrand-EAN=9782226316578

    (3) The Telegraph, un article peu élogieux dans la presse britannique
    http://www.telegraph.co.uk/culture/books/3656372/Talleyrand-deserves-better.html

     L'article du Independent ne contient aucune critique, c'est plutôt un résumé du livre: 
    http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/books/reviews/talleyrand-napoleons-master-by-david-lawday-424034.html

  • T comme Tag

    1-Plutôt corne ou marque-page ?

    Jamais je n'ai corné un livre et je n'aime pas voir un livre corné. Pour moi ça veut dire abîmé.

    2-as-tu déjà reçu un livre en cadeau ?

    Quand j'étais enfant, c'était le plus beau cadeau qu'on puisse me faire, mais on ne le faisait que très rarement... 

     amitié,lecture,lire,lecteur

     3-lis-tu dans ton bain ?

    C'est tout à fait impensable aussi longtemps que les livres ne seront pas en plastique (voir question 1)

    4-as-tu déjà pensé à écrire un livre ?

    Plus d'une fois, depuis l'âge de 10 ans Langue tirée

    5-que penses-tu des séries en plusieurs tomes ?

    Parfois on a envie de lire la suite d'une belle histoire. Parfois la suite est du même niveau. Parfois ça forme un tout. Alors c'est bien.

    6-As-tu un livre culte ?

    En fait non. On ne peut plus appeler ça des livres cultes quand la liste devient trop longue.

    7-aimes-tu relire ?

    Je relis parfois des "chefs-d'oeuvre" lus à 18 ans. Je les redécouvre en partie, c'est une lecture différente.

    8-rencontrer ou ne pas rencontrer l’auteur des livres qu’on a aimés ?

    J'aimerais avoir une vraie conversation avec Amélie Nothomb, je crois que je l'aimerais beaucoup, "en vrai".

    amitié,lecture,lire,lecteur

    9-aimes-tu parler de tes lectures ?  

    J'en parle peu, il me semble. C'est délicat aussi de conseiller des livres à d'autres.

    10-comment choisis-tu tes livres ?

    Souvent au hasard, même si j'ai appris à me méfier des quatrièmes de couverture...

    11-une lecture inavouable ?

    Je viens de découvrir qu'il y a tout Barbara Cartland en ligne. Je n'avais jamais rien lu d'elle. Je me rattrape.

    12-des endroits préférés pour lire ?

    Ce n'est pas un endroit mais une position préférée: couchée. Donc c'est le canapé ou le lit.

    13-un livre idéal pour toi ce serait ?

    Celui qui nous fascine ne devrait pas avoir de fin.

    14-lire par dessus l’épaule ?

    Ah! c'est tentant! je suis curieuse de ce que lisent les autres!

    15-télé, jeux vidéo ou livre ?

    Livre, bien sûr. Je ne regarde quasiment pas la télé et je ne joue pas de jeux vidéo.

    16-lire et manger ?

    Alors lire à l'écran en mangeant, ça oui. Sinon voir question 1 (une tache sur un livre? impensable Langue tirée)

    17-lecture en musique, en silence ou peu importe ?

    Quand je lis je n'entends plus rien, de toute façon...

    18-que deviendrais tu sans livre ?

    J'en écrirais Langue tirée

    19-tu achètes un livre sur le net et tu le reçois un peu abimé, que fais-tu ?

    Je n'achète pas de livres sur le net.

    20-quel est l’élément qui t’a donné le goût de la lecture ?

    Aucune idée. Le goût des mots? des histoires?

    21- que penses-tu des adaptations cinématographiques ?

    Bof. Elles me déçoivent toujours et elles tuent l'imagination. Surtout ne jamais regarder le film d'abord, sinon on ne peut plus voir le personnage autrement que sous le physique de l'acteur. Et c'est dommage!

    22-si tu ne devais retenir qu’un personnage rencontré dans tes lectures ?

    Retenir? Je préférerais les rencontrer Langue tirée Julien Sorel, par exemple. Ou Meursault.

     amitié,lecture,lire,lecteur

     23-quels ont les 5 livres de ta PAL qui te font le plus envie ?

    Ils me font tous envie, sinon ils ne seraient pas dans ma PAL. 

    24-si tu ne pouvais lire qu’un seul type de livre, quel serait-il ?

    Drôle de question. Des romans, ça va comme réponse? 

    25-comment classes-tu tes livres dans ta bibliothèque ?

    Alphabétiquement (ça vous étonne, hein, de la part d'une obsédée de l'alphabet)

    26-quel personnage t’a le plus touché ?

    Ce n'est pas un personnage, c'est un auteur: Irène Némirovski, avec sa Suite Française. J'ai eu tout un deuil à faire après l'avoir lue.

    27-si tu avais la chance de vivre dans un livre, lequel choisirais-tu ?

    Ce serait Les vacances, au château de Camille et Madeleine de Fleurville Sourire
    On attrape des écrevisses dans le ruisseau, on cueille des fraises des bois, on construit des cabanes en forêt, on arrange de grands bouquets dans des vases, chaque soir on écoute le cousin Paul raconter la suite de ses aventures... 

     amitié,lecture,lire,lecteur

     28 - Lis-tu un livre à la fois, ou plusieurs en même temps ?

    J'en ai toujours une dizaine en route. Je dis une dizaine, pour ne pas avoir l'air d'exagérer, mais en fait c'est encore plus. Vous voulez que j'aille compter?

     amitié,lecture,lire,lecteur

    l'état actuel est encore pire 

    ***

    merci à Ma pour ce tag
    je me suis bien amusée à répondre aux questions

    http://manuelles.canalblog.com/archives/2015/07/12/32313716.html#c66529483

    s'en servira qui voudra
    (comme disait Montaigne)

     amitié,lecture,lire,lecteur

  • T comme Temps glaciaires

    On peut avoir dix autres livres en route, si on commence celui-ci, on le termine. Même s'il fait 490 pages.

    Il a tout pour plaire.

    Une écriture plus que correcte: juste.

    Une intrigue assez compliquée pour mettre en route vos neurones. Bien sûr, on sait qu'à la fin tout se recoupera et on ne peut s'empêcher de traquer "la faute". Mais il n'y aura pas de faute: tout se tient, tout se justifie, tout s'imbrique parfaitement.

    Des personnages parfaitement typés, même ceux qui n'interviennent qu'en passant. On les voit, on a l'impression de les connaître, de les reconnaître.
    On est content de retrouver le commissaire Adamsberg et toute son équipe, bien sûr.

    On s'attache aussi à beaucoup d'autres. Même à Marc, le sanglier. Ou à cette femme en rouge qui apparaît tout au début et dont l'estime de soi se trouve boostée par son geste de sauveteur envers une petite vieille qui se trouve mal sur le trottoir. Et qui se fait des réflexions si amusantes dans son monologue intérieur:

    Tout premiers jours  d'avril, le temps s'adoucissait à Paris, mais le fond de l'air était froid. Le fond de l'air. S'il y avait réellement un fond de l'air, comment appelait-on l'autre partie? Le dessus de l'air?

    Fred Vargas, Temps glaciaires, éd. Flammarion, 2015, p.9

    Avec Fred Vargas, pas besoin d'aller voir le film, il se déroule devant nos yeux, à la lecture du texte. Avec les odeurs en plus. Comme celles du poisson d'Islande, alors qu'on prétend avoir mangé du phoque Langue tirée. 

    vargas.jpg

    http://editions.flammarion.com/albums_detail.cfm?Id=47802

     Vous voulez l'incipit?

    Plus que vingt mètres, vingt petits mètres à parcourir avant d'atteindre la boîte aux lettres, c'était plus difficile que prévu. C'est ridicule, se dit-elle, il n'existe pas de petits mètres ou de grands mètres. Il y a des mètres et voilà tout. Il est curieux qu'aux portes de la mort, et depuis cette place éminente, on persiste à songer à de futiles âneries, alors qu'on suppose qu'on énoncera quelque formule d'importance, qui s'inscrira au fer rouge dans les annales de la sagesse de l'humanité. Formule qui sera colportée ensuite, de-ci de-là: "Savez-vous quelles furent les dernières paroles d'Alice Gauthier?"

    Fred Vargas, Temps glaciaires, éd. Flammarion, 2015, p.7

    ***

    les 50 premières pages ici:
    (ah ça! c'est un beau cadeau, mille sabords! Langue tirée)

     Temps glaciaires publié par editions-flammarion

  • T comme Tata Yoyo

    Assise à son clavier (1), l'Adrienne chante à tue-tête "O mio babbino caro, mi piace, è bello bello, vo’ andare in Porta Rossa a comperar l’anello! Si, si, ci voglio andare! E se l’amassi indarno, andrei sul Ponte Vecchio ma per buttarmi in Arno! Mi struggo e mi tormento, O Dio! Vorrei morir! Babbo, pietà, pietà! Babbo, pietà, pietà!"

    Elle le chante une première fois avec Maria Callas (2), une deuxième fois avec Anna Netrebko (bof), une troisième fois avec un enfant prodige...

    Puis elle se rend compte qu'elle n'habite plus à la campagne et que Voisine-Casque-d'Or ou les passants-qui-passent doivent se demander de quel mal elle souffre.

    ***

    (1) d'ordinateur! le piano, c'est pour plus tard Clin d'œil

    (2) https://www.youtube.com/watch?v=69pxWVjlbNo

     

  • T comme tour en ville

    Un petit tour en ville nous fait découvrir une maison du 16e siècle

    Ierland3 (28) - kopie.JPG

    seule la poubelle bleue dénote dans le paysage Langue tirée

    Ierland3 (29) - kopie.JPG

    des passages qui invitent à la balade

    Ierland3 (26) - kopie.JPG

    d'étranges "clous" dans la montée vers la cathédrale

    Ierland1 (54) - kopie.JPG

    l'ancienne prison, où on était privé de liberté et de soleil

    ***

    Projet 52 - semaine 17 - thème: la ville

     http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/312277...

  • T comme transports

    Etre en manque de lecture alors qu'on est "en voyage", c'est tout simplement abominable, même si ce n'est que pour une journée et à seulement une soixantaine de kilomètres de son domicile.

    Si le lieu de "villégiature" s'appelle Bruxelles, le mal est vite réparé. De toute façon, le chemin de la gare mène par la galerie de la Reine où la librairie Tropismes fait de l'oeil à la passante, qu'elle soit ou non abondamment pourvue en littérature (et dépourvue de place où la ranger). 

    On a donc poussé la porte de ce lieu de perdition tout en se faisant la leçon: un seul ouvrage, de petit format, promis juré.

    Et on en ressort avec deux petits formats, dont un titre qui fait dire au caissier d'un air narquois plein de sous-entendus grivois:

    - Bons transports!

    Ce qu'on ne comprend que quinze jours plus tard, à la lecture de la nouvelle d'Emmanuel Carrère, L'usage du "Monde".

    Pour ceux d'entre vous qui aimeraient comprendre le clin d'oeil assez gras du vendeur, voici cette nouvelle:
    http://medias.lemonde.fr/medias/pdf_obj/nouvelle2.pdf

     

    transports.jpg

    http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-2/Transports-amoureux

    après votre lecture de la nouvelle, rendez-vous ici:
    http://www.lemonde.fr/festival/article/2014/06/19/quand-emmanuel-carrere-imagine-un-jeu-erotique_4441272_4415198.html

    Bizarrement, le vendeur-caissier n'a fait aucune remarque à propos de l'autre ouvrage acheté ce jour-là:

    grozdanovitch.jpg

    http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-2/Petit-eloge-du-temps-comme-il-va

    Le seul à faire une remarque a été Monsieur Neveu:

    - Grozdanovitch? ce n'est pas un Français, ça!
    - Mais si, il est Français.
    - Avec un nom pareil?

    On voit bien qu'il n'a pas été élevé avec Fernand Raynaud, pauvre petit Langue tirée

    "Moi, j’aime pas les étrangers parce que moi, je suis Français et je suis fier d’être Français ! Mon nom à moi, c’est Koularkerstensky du côté de ma mère et Piazzano Venditti, du côté d’un copain à mon père !"

    (vers 0'50" dans l'excellent sketch "Le douanier" 
    https://www.youtube.com/watch?v=ppzQ-dsdquI)

  • T comme tout doux

    003 - kopie.jpg

    pour le projet 52 de Ma

    http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/31227714.html

    Thème: doux

    je vous remets le doux sourire

    et les doux yeux

    de ma brave bête de chien

    qui est mort depuis longtemps

    et jamais remplacé