T

  • T comme travaux

    "I had a farm in Africa at the foot of the Ngong Hills", écrit Karen Blixen et c'est en pensant à cette phrase que l'Adrienne contemple ceci et se dit: 

    "J'avais un joli jardinet avec une pelouse fraîchement tondue entourée de tulipes, d'anémones et de crocus. 

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    état des lieux le mardi 14 mars

    I had a farm in Africa at the foot of the Ngong Hills. The Equator runs across these highlands, a hundred miles to the north, and the farm lay at an altitude of over six thousand feet. In the day-time you felt that you had got high up; near to the sun, but the early mornings and evenings were limpid and restful, and the nights were cold. (source ici

    L'Adrienne devra apprendre la longanimité de Karen... 

  • T comme théâtre

    Voilà, c'est fait. 

    Des mois de préparations, de mises au point, de répétitions... et puis en un week-end, c'est passé, envolé: trois représentations pour montrer au public ce en quoi on a investi tout son temps libre - ou presque - depuis septembre dernier. 

    prof,école,élèves

    une partie de la troupe, quelques heures avant la première: "chill!" 

    Un gros stress, beaucoup d'adrénaline et d'émotions fortes. 

    Et une grande fierté.

  • T comme traiasca internetul (bis)

    Jeunes gens qui passez par ici, si vous y passez, vous n’avez peut-être pas connu cette époque où, si on voulait garder le contact avec un ami lointain, il fallait faire confiance à un bout de papier, y coller un timbre, y inscrire une adresse, l’écouter tomber dans une boîte – rouge chez nous, jaune en France – puis espérer que toute la chaîne des différents services postaux ferait infailliblement son travail. 

    Vous n’avez peut-être pas connu cette inquiétude qui saisit l’expéditeur dès le début : l’adresse est-elle suffisamment lisible ? l’enveloppe ne sera-t-elle pas malencontreusement détrempée, l’encre effacée ? ne sera-t-elle pas perdue, quelque part sur sa longue route ? 

    Vous n’avez peut-être pas connu non plus l’excitation de l’attente ni la joie de découvrir, parfois deux ou trois semaines plus tard, une réponse à votre lettre. Parfois il était heureux que vous ayez gardé votre brouillon – car oui, on faisait d’abord un brouillon, qu’on relisait plusieurs fois, qu’on retravaillait, où on pesait chaque mot – brouillon qui vous permettait de vous rappeler quelles questions vous aviez posées, quelles anecdotes vous aviez racontées, trois semaines plus tôt. 

    *** 

    Dans la correspondance avec Violeta, il est vite apparu un problème: certaines lettres ne lui parvenaient pas. La machine à rumeurs disait que d'indélicats membres de la longue chaîne reliant l'expéditrice à la réceptionnaire ouvraient les lettres venant de l'étranger, dans l'espoir d'y trouver des billets de banque. 

    Dès lors, l'Adrienne n'a plus jamais cacheté ses missives, qui sont toutes arrivées sans encombres. 

     

  • T comme traduction

    Le discours sur la paix

    Vers la fin d’un discours extrêmement important
    le grand homme d’État trébuchant
    sur une belle phrase creuse
    tombe dedans
    et désemparé la bouche grande ouverte
    haletant
    montre les dents
    et la carie dentaire de ses pacifiques raisonnements
    met à vif le nerf de la guerre
    la délicate question d’argent.


    Jacques Prévert, in Paroles, 1946

    tintin paix.jpg

    source du dessin

    El discurso sobre la paz

    Hacia el final de un discurso de extrema importancia
    el gran hombre de Estado tropieza
    con una bella frase hueca
    cae dentro
    y desesperado, la boca abierta,
    jadeante
    enseña los dientes
    y la caries dental de su s pacíficos razonamientos
    pone en evidencia el nervio de la guerra
    el delicado asunto del dinero.

    traduction trouvée chez Colo (merci Colo!)

    Toespraak over de vrede

    Tegen het einde van een uiterst belangrijke toespraak
    struikelt de grote staatsman
    over een mooie holle frase
    valt erin
    en radeloos met wijdopen mond
    hijgend
    toont de tanden
    en het tandbederf van zijn vreedzame redeneringen
    legt de oorlogszenuw bloot
    de gevoelige geldkwestie.
    traduction de l'Adrienne

    poésie,poème,espagnol,traduction

    source de l'image

     
  • T comme troisième fois

    - La troisième fois, faudra me payer un verre (1)! s'écrie-t-il joyeusement en me croisant devant une tête de gondole où je suis en train de me demander si je vais me l'offrir, cette mousse-au-chocolat-bio-en-promotion.

    Je le regarde d'un air éberlué et interrogateur.

    - On s'est déjà croisés tout à l'heure, insiste-t-il, vous ne vous souvenez pas?

    Où et quand l'aurais-je vu? Il a une tête qui ne me rappelle aucun souvenir.

    - Ou alors c'était peut-être votre sœur, fait-il en rigolant.

    Ça m'étonnerait, je n'en ai pas.

    - C'était bien vous, à la Kapellestraat?

    Je connais mal les noms des rues ostendaises mais je ne crois pas y être passée aujourd'hui en revenant de la bibliothèque.

    - Dans ce magasin où on vend toutes sortes d'huiles d'olive?

    Je peux enfin lui répondre avec certitude que non, je ne suis pas passée par la Kapellestraat et ne suis entrée dans aucun magasin.

    - Non? Alors, je vous assure que vous avez un sosie! Un vrai sosie! (2) 

    *** 

    (1) "De derde keer, trakteren!" s'exclame généralement celui qui vous rencontre pour la deuxième fois en peu de temps. 

    (2) je n'ai pas voulu demander si nos manteaux aussi étaient sosies, parce que ma tête, il n'avait pas vraiment eu le temps de la voir...

    vie quotidienne,flandre,flamand

    à Ostende, l'Adrienne avait juste le temps de faire une course, entre deux tentatives pour nourrir le chat Pipo 

    vie quotidienne,flandre,flamand

    ici on voit bien comme il est maigre

  • T comme Torrinha

    Lui, c'est Dirk. Son père possède une supérette dans une station balnéaire belge. Il est prévu qu'il reprenne l'affaire dès que possible: il est l'unique héritier et il est prêt. Depuis toujours. 

    Elle, c'est Lurdes. Ses parents, ses jeunes frères et sœurs habitent un village de chèvres dans la montagne. Elle termine ses études d'hôtellerie et fait un stage à Funchal. 

    Là-bas, dans le bateau qui s'éloigne, il y a Dirk. Il se dit qu'il reviendra. Il se dit qu'il convaincra son père. Qu'il a trouvé la femme de sa vie. Qu'il a quelques mois devant lui pour apprendre le portugais. 

    Là-haut, sur la route de Torrinha, il y a Lurdes. Elle se dit qu'il reviendra. Elle se dit qu'elle convaincra ses parents. Que son avenir est dans ce pays inconnu. Qu'elle doit commencer à apprendre le néerlandais. 

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    photo et atelier de Leiloona

  • T comme triplication

    Ecoute, faut que je te dise un truc. Non, vraiment, faut que je te raconte, faut que tu m'écoutes, j'en peux plus... 

    Tu sais, Wivine... Tu te souviens de Wivine? Je t'ai déjà parlé d'elle, tu te rappelles? Celle qui vient fumer avec moi pendant la pause. Celle qui a deux gosses surdoués. Celle qui dit du mal de tout le monde... 

    Tu sais pas ce qu'elle m'a dit? Tu devineras jamais! Tu vas pas le croire! Vraiment, j'en suis malade, j'en suis toute tourneboulée. J'en peux plus de cette bonne femme! 

    Parce que là, c'est pire que tout. Là vraiment ça dépasse tout... ça me tue, ça m'a sciée.

    Bon, alors écoute. Tiens-toi bien. Tu es bien assise?

    Wivine, qui a mis la pagaille dans tout le service, qui a obtenu que tout le monde soit en dispute avec tout le monde, qui a complètement bousillé la bonne ambiance qu'on avait avant son arrivée...

    Et bien, cette Wivine-là, cette sangsue, cette vipère, cette sorcière...

    c'est notre nouvelle directrice. 

    *** 

    texte de fiction

    la consigne était: 

    Quelqu'un raconte un cancan et utilise à outrance une figure de style. 

    J'ai choisi la triplication, qui consiste à répéter à trois reprises, soit un mot, soit une syntaxe, soit un rythme de phrase. 

     

     

  • T comme Tintin à Istanbul

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    source de l'image 

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    source de l'image 

  • T comme Tout aussitôt...

    Dès le premier jour à Lyon, un pèlerinage à la maison de Louise Labé s'est imposé comme une évidence pour la groupie que je suis. 

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    Elle est divisée en deux: à droite, le bien nommé "Louise Café" et à gauche un nouvel établissement (depuis juin dernier) où nous avons pris un thé et un café, Le F2. 

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    Au milieu, au-dessus d'une belle imposte, la plaque commémorative très sujette à controverse ces dernières années... 
    voir: http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?t=39663 
    et http://www.liberation.fr/grand-angle/2006/06/16/louise-labe-femme-trompeuse_41395 
    Réfutation ici: http://www.persee.fr/doc/rhren_1771-1347_2006_num_63_1_3044 

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    Mais pour la véritable groupie, ces murs ont eu l'effet escompté: émotion et quasi recueillement en visitant les pièces de l'étage supérieur et en observant la cour intérieure. 

    ***

    Tout aussitôt que je commence à prendre 
    Dans le mol lit le repos désiré, 
    Mon triste esprit, hors de moi retiré, 
    S'en va vers toi incontinent se rendre. 

    Lors m'est avis que dedans mon sein tendre 
    Je tiens le bien où j'ai tant aspiré, 
    Et pour lequel j'ai si haut soupiré 
    Que de sanglots ai souvent cuidé fendre. 

    Ô doux sommeil, ô nuit à moi heureuse! 
    Plaisant repos plein de tanquillité, 
    Continuez toutes les nuits mon songe; 

    Et si jamais ma pauvre âme amoureuse 
    Ne doit avoir de bien en vérité, 
    Faites au moins qu'elle en ait en mensonge. 

    Louise Labé, Sonnet IX 

    ***

    Oui, c'est ici - ou dans un lieu comparable - que Louise Labé a dû vivre, aimer, dormir et rêver... 

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    une salle au premier du côté de la rue Paufique 

    photos prises à Lyon le 12 juillet

  • T comme traduction

    Er woonde op de aarde      Il y avait sur terre

    Er woonde op de aarde      Il y avait sur terre 
    een vrouw van honderd jaar      Une vraie centenaire 
    die veel te veel bewaarde,      Qui conservait de tout 
    ik weet alleen niet waar.      Mais je ne sais pas où

    Wat iemand had vergeten,     Ce qu'on avait oublié,
    wat iemand niet meer zag,     Ce qu'on ne voyait plus,
    wat bijna was versleten,     Ce qui était usé,
    wat in een laatje lag.     Dans un tiroir perdu.

    Wat in antieke kasten      Dans de vieilles armoires
    en diepe putten bleef,      Ou dans de grands trous noirs,
    wat nergens meer in paste,      Ce qui ne marchait plus,
    wat schonkig was en scheef.     Etait laid ou tordu.

    En niet als in de dromen      Et mieux que dans les rêves 
    en elke dag te moe,      Et chaque jour sans trêve
    ze heeft het meegenomen,       Elle l'a emporté
    ik weet niet waar naartoe.      Je ne sais pas où c'est.

    “Er woonde op de aarde” - Joke van Leeuwen
    In: Ozo heppiejer, Versjes van Joke van Leeuwen (Querido, 2012)

    Traduction de l'Adrienne, la plus littérale possible

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    que prouve cette photo?

    1.que l'Adrienne, au moins une fois dans sa vie, est allée au parc à conteneurs

    2.que la chose est si exceptionnelle qu'elle en a fait une photo

    3.qu'elle aurait mieux fait d'attendre: les plaques de gyproc étaient intactes et par après il a fallu en racheter pour le faux plafond des toilettes et du kot" à chauffage

    tongue-out

  • T comme trois impressions

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    j'ai l'impression que les touristes ne vont rien comprendre

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    j'ai l'impression que les gamins ne pourront pas récupérer leur ballon

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    j'ai l'impression que je devrais ranger mon bureau

    tongue-out

    pour le projet du Hibou

    semaine 21: impression

  • T comme Turbine

    La plupart des gens sont favorables aux énergies renouvelables 

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    et trouvent l'installation de turbines et d'éoliennes 

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    évidente, primordiale et indispensable 

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    à condition que ça ne leur gâche pas leur horizon.  

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    Ainsi, il a fallu convaincre les Ostendais 

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    que les éoliennes installées au large
    ne se verraient absolument pas depuis la côte...

    http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_parcs-eoliens-offshore-la-belgique-en-veut-cinq-nouveaux-en-mer-du-nord?id=8696981

    http://www.lesoir.be/842014/article/demain-terre/energie/2015-04-03/l-electricite-pour-800000-menages-grace-aux-eoliennes-cote-belge

    http://economie.fgov.be/fr/consommateurs/Energie/Energies_renouvelables/Eolien_offshore/

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 16 - horizon 

  • T comme traître

    L'Oncle de Bruxelles et son neveu chti-breton ont quelques points communs, comme par exemple celui d'être de foisonnantes mines de renseignements. 

    C'est ainsi que grâce à l'Oncle j'ai découvert James Hadley Chase et grâce au neveu Les Douze Chaises, dont voici l'incipit: 

       Dans la ville provinciale de N étaient si nombreux établissements de coiffure et bureau de funérailles, semblait-il, les résidents sont nés seulement de se raser, de se raser, se rafraîchir la tête de vezhetalem et immédiatement mourir. Et en fait dans la ville provinciale de N personnes sont nés, morts et rasé assez rare. La vie de la ville était le plus silencieux. soirées de printemps étaient charmants, la saleté sous la lune brillait comme l'anthracite, et tous les jeunes gens de la ville à un tel degré était en amour avec le secrétaire du comité local Kommunalnik il a été tout simplement l'empêcher de percevoir les droits d'adhésion.  

    Les questions de l' amour et la mort ne sont pas inquiets Ippolit Matveïevitch Vorobyaninov, bien que ces questions, en vertu de son service, il était en frais auprès de 9 heures du matin à 5 h tous lesjours, avec pause d'une demi-heure pour le déjeuner. 

    Ce joli travail de traduction du russe vers le français est l'oeuvre d'une machine intelligente, mais pas encore de même niveau que celle qui a battu dernièrement le champion mondial au jeu de go ni de cette autre qui a eu raison de maîtres aux échecs. 

    Ou alors ça veut dire que la traduction est un jeu cérébral de plus haut vol tongue-out

    Sinon, on peut aussi continuer à évoluer vers une seule langue universelle - et je veux bien, à condition que ce soit celle de l'amour...

    One World from Poolhert Productions on Vimeo.

  • T comme traduction

    Siempre hay un intruso
     Claribel Alegría (Nicaragua °1924)

    Una mirada a veces
    un gesto entorpecido
    una frase
    un olor
    el beso que al unirnos
    nos separa.
     
    Altijd is er een spelbreker
    Claribel Alegría (Nicaragua °1924)
     
    Een blik soms
    een hinderlijk gebaar
    een zin
    een geur
    de zoen die ons verenigt
    scheidt ons.
    (traduction de l'Adrienne)
     

    Paris 16 - Louise Bourgeois.JPG

    oeuvre de Louise Bourgeois
    photo prise à Paris en 2010

    Il y a toujours un intrus
    Claribel Alegría (Nicaragua °1924)

    Un regard parfois
    un geste engourdi
    une phrase
    une odeur
    le baiser qui en nous unissant
    nous sépare
    (traduction de Colo)
  • T comme trofiette

    Parfois, il faut vraiment se forcer. Vraiment se dire: "OK, j'y vais!". Vraiment se décider à pousser la porte et à entrer.

    Toute seule.

    Dans un bon restaurant, où chacun est installé avec sa chacune.

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    Après quoi, le plus gros du travail est fait. Il ne s'agit plus que de lire le menu et de passer sa commande en essayant de ne pas voir les regards curieux de chacun avec sa chacune quand ils sont en manque de conversation.

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    Choisir des coquilles Saint-Jacques en entrée et des trofiette. Les déguster avec un verre de vin blanc dans lequel une mouche vient apprendre à nager.

    Une mouche fin décembre, voilà un des dommages collatéraux quand il ne gèle plus tongue-out

  • T comme traduction

    El silencio redondo de la noche     Federico García Lorca
     
    El silencio redondo de la noche
    Sobre el pentagrama
    Del infinito.
    Yo me salgo desnudo a la calle,
    Maduro de versos
    Perdidos.
    Lo negro, acribillado
    Por el canto del grillo,
    Tiene ese fuego fatuo,
    Muerto,
    Del sonido.
    Esa luz musical
    Que percibe
    El espíritu.
    Los esqueletos de mil mariposas
    Duermen en mi recinto.

    Hay una juventud de brisas locas
    Sobre el río.
     
    De ronde stilte van de nacht    Federico García Lorca
     
    De ronde stilte van de nacht
    Op de notenbalk
    Van het oneindige.
    Ik kom naakt op straat
    Rijp door verloren
    Verzen.
    Het donker, vol van
    Het gezang van de krekel,
    Heeft dit dode
    Dwaallicht
    Van het geluid.
    Dit muzikale licht
    Dat de geest
    Waarneemt.
    Het geraamte van duizend vlinders
    Slaapt in mijn omheining.
     
    Er komt een jeugd aan gekke briesjes
    Over de rivier.
     
    (traduction de l'Adrienne)

    traduction, espagnol, poesie, amitie

     sur la photo c'est plutôt le silence rond - et tout relatif - du matin
     
    Le silence rond de la nuit     Federico García Lorca
     

    Le silence rond de la nuit
    Sur la portée musicale
    De l'infini.
    Moi je sors nu en rue,
    Ivre de vers
    Perdus.
    Le noir, criblé
    Par le chant du grillon,
    Retient ce feu follet
    Mort,
    Du son.
    Cette lumière musicale
    Que perçoit
    L'esprit.
    Les squelettes de mille papillons
    Dorment dans mon enceinte.

     
    Passe une jeunesse de brises folles
    Sur la rivière.
     

    (Trad: Colo) 

    http://espacesinstants.blogspot.be/2015/12/une-lumiere-musicale-una-luz-musical.html

    Bon réveillon à ceux qui réveillonnent cool

    et bonne journée à tous les autres

    tongue-out

  • T comme truffes

    Une amie chère au cœur de l'Adrienne s'est fait un devoir de la secouer un peu.

    Il était temps que quelqu'un le fasse de cette façon.

    D'autres amies bien intentionnées lui avaient bien sûr également prodigué force conseil. Mais peu d'entre eux étaient applicables, quand on est fait comme l'Adrienne.

    Depuis la mi-novembre, elle ne "se laisse plus dessécher" et veille à manger quelque chose de mieux que ses sempiternels "pain-fromage-crudité".

    Quand elle n'a ni le temps ni l'envie de cuisiner - ce qui est souvent le cas depuis environ deux ans - elle passe chez le traiteur italien et là... mamma mia! elle s'offre des spighe al tartufo ou une caille farcie à la truffe ou une sauce à la truffe.

    Ne lui dites pas que ce n'est pas la saison des truffes: elle le sait tongue-out

    tartufo.jpg

    c'est décidé, la prochaine fois elle prendra les lasagne d'aubergine ou de courgette
    (et une petite bouteille d'huile d'olive parfumée à la truffe) cool

    ***

    MERCI

    aux amies bien intentionnées

    et aux traiteurs italiens

  • T comme trop-plein

     muanza,jeu,fiction

    Muanza frissonne en revenant de la boîte aux lettres. Vide, aujourd’hui encore.

    Pierre a beau dire « pas de nouvelles, bonnes nouvelles », l’attente est une torture. Il a besoin de savoir, besoin de pouvoir enfin faire des projets.

    Voilà qu’arrive son deuxième hiver belge et il est toujours dans l’impasse. Ce matin, devant son bol de café au lait, son humeur s’en ressent. Certains jours, un trop-plein d’énergie le fait se saisir de balais et de serpillières et il frotte vigoureusement le carrelage de tout le rez-de-chaussée. C’est sa façon de remercier Marie et de lui embellir la vie. D’autres fois, il passe tout son temps vautré dans un fauteuil et enfile comme un drogué les Mac Gyver à la télé.

    Il a le sommeil agité. Dans ses rêves, il voit Rosemonde, tantôt dans la plénitude de ses trente ans, tantôt dans le plus grand dénuement, abandonnée des siens.

    L’absence, ce déchirement quotidien, n’a que trop duré. Il faut qu’il trouve une idée, un moyen pour la faire venir en Europe, elle aussi.

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     https://leslecturesdasphodele.wordpress.com/2015/10/19/les-plumes-45-resultats-de-la-collecte-doctobre/

    avec les mots imposés: 
    Frissonner, vide, humeur, embellir, enfin, sommeil, drogué, impasse, torture, plénitude, trop-plein, énergie, absence, temps, dénuement, bol, idée, déchirement, besoin, abandonné.

    Merci Asphodèle!

    et merci Ma'

    avec ce billet et cette photo je reprends le fil d'une histoire restée en rade depuis à peu près un an...

    pour le projet 52 de Ma' - thème: fil

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

     

  • T comme tout le monde

    Tout le monde marche main dans la main
    Chante Françoise hardy
    Moi seule n'ai pas d'amoureux.

    ***

    Tout le monde aime Félix et Ernestine
    Pleure Poil de Carotte
    Moi seul suis le mal aimé.

    ***

    Tout le monde fait le guignol en classe
    Se plaint Agnan
    Moi seul aime l'arithmétique et la géométrie.

    ***

    Tout le monde a peur de Créon
    Dit fièrement Antigone
    Moi seule lui tiendrai tête.

    Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil
    Susurre Jean Yanne
    Moi seul y en a vouloir des sous!

    ***

    Tout le monde se convainc que la guerre de Troie n'aura pas lieu
    Prophétise Cassandre
    Moi seule vois ce qui nous attend.

    ***

    Tout le monde se croit bien portant
    Affirme le docteur Knock
    Moi seul sais que vous êtes des malades qui s'ignorent.

    Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot:

    Tout le monde peut y aller
    Gémit l'adolescent(e)
    Moi seul(e) n'ai pas la permission!

     ***

    Exercice d'écriture avec la double anaphore « Tout le monde… » et « Moi seul… » proposé par les Impromptus littéraires.

  • T comme Talleyrand

    Je lis la biographie de Talleyrand par David Lawday (1). Une de ces mystérieuses nouvelles acquisitions de ma bibliothèque communale Cool

    Je ne connaissais de lui que les quelques clichés qu'on trouve en 4e de couverture du volume (2). Mais très vite le livre fait découvrir un personnage beaucoup plus complexe et plus intéressant.

    Le personnage rêvé pour un biographe, au parcours à peine croyable, dit l'article du Telegraph (3), qui trouve l'auteur subjectif parce qu'on ressent sa sympathie admirative pour son sujet. Mais qui déplore surtout de nombreuses erreurs, des simplismes, et une présentation complètement fausse de sa relation à Napoléon. D'où le titre de l'article: Talleyrand mérite mieux que ça!

    C'est bien possible, je ne suis pas capable d'en juger. L'auteur de la biographie semble, à grand renfort de notes et de citations d'ouvrages consultés, bien au courant de son sujet. C'est peut-être trompeur.

    Cependant, il reste les extraits des écrits de Talleyrand, cités ça et là, dont on peut supposer qu'ils sont parfaitement corrects. Je vous en livre un, qui montre un pacifisme toujours d'actualité et argumenté comme suit:

    On a appris enfin que la véritable primatie, la seule utile et raisonnable, la seule qui convienne à des hommes libres et éclairés, est d’être maître chez soi, et de n’avoir jamais la ridicule prétention de l’être chez les autres. On a appris, et un peu tard sans doute, que pour les Etats comme pour les individus, la richesse réelle consiste non à acquérir ou à envahir les domaines d’autrui, mais à bien faire valoir les siens; on a appris que tous les agrandissements de territoire, toutes ces usurpations de la force et de l’adresse auxquelles de longs et illustres préjugés avaient attaché l’idée de rang, de primatie, de consistance politique, de supériorité dans l’ordre des puissances, ne sont que des jeux cruels de la déraison politique, que des faux calculs de pouvoir, dont l’effet réel est d’augmenter les frais et l’embarras de l’administration, et de diminuer le bonheur et la sécurité des gouvernés pour l’intérêt passager ou la vanité de ceux qui gouvernent.

    David Lawday, Talleyrand, Albin Michel, 2015, p.101

    C'est un extrait du mémoire adressé au Comité de salut public - mené par Danton -  que Talleyrand écrit au moment même où les armées "révolutionnaires" envahissent le territoire belge, qui faisait alors partie des Pays-Bas.

    Mais pour découvrir ces écrits-là, il suffit d'aller sur le site consacré à Talleyrand, où on trouve le mémoire entier http://www.le-prince-de-talleyrand.fr/memoireconvention.html ... ainsi qu'une biographie et de nombreux autres documents.

     talleyrand.jpg

    (1) dans une traduction de Valérie Malfoy parue chez Albin Michel en 2015.

    (2) photo du site de l'éditeur où on peut lire la 4e de couverture
    http://www.albin-michel.fr/Talleyrand-EAN=9782226316578

    (3) The Telegraph, un article peu élogieux dans la presse britannique
    http://www.telegraph.co.uk/culture/books/3656372/Talleyrand-deserves-better.html

     L'article du Independent ne contient aucune critique, c'est plutôt un résumé du livre: 
    http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/books/reviews/talleyrand-napoleons-master-by-david-lawday-424034.html

  • T comme Tag

    1-Plutôt corne ou marque-page ?

    Jamais je n'ai corné un livre et je n'aime pas voir un livre corné. Pour moi ça veut dire abîmé.

    2-as-tu déjà reçu un livre en cadeau ?

    Quand j'étais enfant, c'était le plus beau cadeau qu'on puisse me faire, mais on ne le faisait que très rarement... 

     amitié,lecture,lire,lecteur

     3-lis-tu dans ton bain ?

    C'est tout à fait impensable aussi longtemps que les livres ne seront pas en plastique (voir question 1)

    4-as-tu déjà pensé à écrire un livre ?

    Plus d'une fois, depuis l'âge de 10 ans Langue tirée

    5-que penses-tu des séries en plusieurs tomes ?

    Parfois on a envie de lire la suite d'une belle histoire. Parfois la suite est du même niveau. Parfois ça forme un tout. Alors c'est bien.

    6-As-tu un livre culte ?

    En fait non. On ne peut plus appeler ça des livres cultes quand la liste devient trop longue.

    7-aimes-tu relire ?

    Je relis parfois des "chefs-d'oeuvre" lus à 18 ans. Je les redécouvre en partie, c'est une lecture différente.

    8-rencontrer ou ne pas rencontrer l’auteur des livres qu’on a aimés ?

    J'aimerais avoir une vraie conversation avec Amélie Nothomb, je crois que je l'aimerais beaucoup, "en vrai".

    amitié,lecture,lire,lecteur

    9-aimes-tu parler de tes lectures ?  

    J'en parle peu, il me semble. C'est délicat aussi de conseiller des livres à d'autres.

    10-comment choisis-tu tes livres ?

    Souvent au hasard, même si j'ai appris à me méfier des quatrièmes de couverture...

    11-une lecture inavouable ?

    Je viens de découvrir qu'il y a tout Barbara Cartland en ligne. Je n'avais jamais rien lu d'elle. Je me rattrape.

    12-des endroits préférés pour lire ?

    Ce n'est pas un endroit mais une position préférée: couchée. Donc c'est le canapé ou le lit.

    13-un livre idéal pour toi ce serait ?

    Celui qui nous fascine ne devrait pas avoir de fin.

    14-lire par dessus l’épaule ?

    Ah! c'est tentant! je suis curieuse de ce que lisent les autres!

    15-télé, jeux vidéo ou livre ?

    Livre, bien sûr. Je ne regarde quasiment pas la télé et je ne joue pas de jeux vidéo.

    16-lire et manger ?

    Alors lire à l'écran en mangeant, ça oui. Sinon voir question 1 (une tache sur un livre? impensable Langue tirée)

    17-lecture en musique, en silence ou peu importe ?

    Quand je lis je n'entends plus rien, de toute façon...

    18-que deviendrais tu sans livre ?

    J'en écrirais Langue tirée

    19-tu achètes un livre sur le net et tu le reçois un peu abimé, que fais-tu ?

    Je n'achète pas de livres sur le net.

    20-quel est l’élément qui t’a donné le goût de la lecture ?

    Aucune idée. Le goût des mots? des histoires?

    21- que penses-tu des adaptations cinématographiques ?

    Bof. Elles me déçoivent toujours et elles tuent l'imagination. Surtout ne jamais regarder le film d'abord, sinon on ne peut plus voir le personnage autrement que sous le physique de l'acteur. Et c'est dommage!

    22-si tu ne devais retenir qu’un personnage rencontré dans tes lectures ?

    Retenir? Je préférerais les rencontrer Langue tirée Julien Sorel, par exemple. Ou Meursault.

     amitié,lecture,lire,lecteur

     23-quels ont les 5 livres de ta PAL qui te font le plus envie ?

    Ils me font tous envie, sinon ils ne seraient pas dans ma PAL. 

    24-si tu ne pouvais lire qu’un seul type de livre, quel serait-il ?

    Drôle de question. Des romans, ça va comme réponse? 

    25-comment classes-tu tes livres dans ta bibliothèque ?

    Alphabétiquement (ça vous étonne, hein, de la part d'une obsédée de l'alphabet)

    26-quel personnage t’a le plus touché ?

    Ce n'est pas un personnage, c'est un auteur: Irène Némirovski, avec sa Suite Française. J'ai eu tout un deuil à faire après l'avoir lue.

    27-si tu avais la chance de vivre dans un livre, lequel choisirais-tu ?

    Ce serait Les vacances, au château de Camille et Madeleine de Fleurville Sourire
    On attrape des écrevisses dans le ruisseau, on cueille des fraises des bois, on construit des cabanes en forêt, on arrange de grands bouquets dans des vases, chaque soir on écoute le cousin Paul raconter la suite de ses aventures... 

     amitié,lecture,lire,lecteur

     28 - Lis-tu un livre à la fois, ou plusieurs en même temps ?

    J'en ai toujours une dizaine en route. Je dis une dizaine, pour ne pas avoir l'air d'exagérer, mais en fait c'est encore plus. Vous voulez que j'aille compter?

     amitié,lecture,lire,lecteur

    l'état actuel est encore pire 

    ***

    merci à Ma pour ce tag
    je me suis bien amusée à répondre aux questions

    http://manuelles.canalblog.com/archives/2015/07/12/32313716.html#c66529483

    s'en servira qui voudra
    (comme disait Montaigne)

     amitié,lecture,lire,lecteur

  • T comme Temps glaciaires

    On peut avoir dix autres livres en route, si on commence celui-ci, on le termine. Même s'il fait 490 pages.

    Il a tout pour plaire.

    Une écriture plus que correcte: juste.

    Une intrigue assez compliquée pour mettre en route vos neurones. Bien sûr, on sait qu'à la fin tout se recoupera et on ne peut s'empêcher de traquer "la faute". Mais il n'y aura pas de faute: tout se tient, tout se justifie, tout s'imbrique parfaitement.

    Des personnages parfaitement typés, même ceux qui n'interviennent qu'en passant. On les voit, on a l'impression de les connaître, de les reconnaître.
    On est content de retrouver le commissaire Adamsberg et toute son équipe, bien sûr.

    On s'attache aussi à beaucoup d'autres. Même à Marc, le sanglier. Ou à cette femme en rouge qui apparaît tout au début et dont l'estime de soi se trouve boostée par son geste de sauveteur envers une petite vieille qui se trouve mal sur le trottoir. Et qui se fait des réflexions si amusantes dans son monologue intérieur:

    Tout premiers jours  d'avril, le temps s'adoucissait à Paris, mais le fond de l'air était froid. Le fond de l'air. S'il y avait réellement un fond de l'air, comment appelait-on l'autre partie? Le dessus de l'air?

    Fred Vargas, Temps glaciaires, éd. Flammarion, 2015, p.9

    Avec Fred Vargas, pas besoin d'aller voir le film, il se déroule devant nos yeux, à la lecture du texte. Avec les odeurs en plus. Comme celles du poisson d'Islande, alors qu'on prétend avoir mangé du phoque Langue tirée. 

    vargas.jpg

    http://editions.flammarion.com/albums_detail.cfm?Id=47802

     Vous voulez l'incipit?

    Plus que vingt mètres, vingt petits mètres à parcourir avant d'atteindre la boîte aux lettres, c'était plus difficile que prévu. C'est ridicule, se dit-elle, il n'existe pas de petits mètres ou de grands mètres. Il y a des mètres et voilà tout. Il est curieux qu'aux portes de la mort, et depuis cette place éminente, on persiste à songer à de futiles âneries, alors qu'on suppose qu'on énoncera quelque formule d'importance, qui s'inscrira au fer rouge dans les annales de la sagesse de l'humanité. Formule qui sera colportée ensuite, de-ci de-là: "Savez-vous quelles furent les dernières paroles d'Alice Gauthier?"

    Fred Vargas, Temps glaciaires, éd. Flammarion, 2015, p.7

    ***

    les 50 premières pages ici:
    (ah ça! c'est un beau cadeau, mille sabords! Langue tirée)

     Temps glaciaires publié par editions-flammarion

  • T comme Tata Yoyo

    Assise à son clavier (1), l'Adrienne chante à tue-tête "O mio babbino caro, mi piace, è bello bello, vo’ andare in Porta Rossa a comperar l’anello! Si, si, ci voglio andare! E se l’amassi indarno, andrei sul Ponte Vecchio ma per buttarmi in Arno! Mi struggo e mi tormento, O Dio! Vorrei morir! Babbo, pietà, pietà! Babbo, pietà, pietà!"

    Elle le chante une première fois avec Maria Callas (2), une deuxième fois avec Anna Netrebko (bof), une troisième fois avec un enfant prodige...

    Puis elle se rend compte qu'elle n'habite plus à la campagne et que Voisine-Casque-d'Or ou les passants-qui-passent doivent se demander de quel mal elle souffre.

    ***

    (1) d'ordinateur! le piano, c'est pour plus tard Clin d'œil

    (2) https://www.youtube.com/watch?v=69pxWVjlbNo

     

  • T comme tour en ville

    Un petit tour en ville nous fait découvrir une maison du 16e siècle

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    seule la poubelle bleue dénote dans le paysage Langue tirée

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    des passages qui invitent à la balade

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    d'étranges "clous" dans la montée vers la cathédrale

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    l'ancienne prison, où on était privé de liberté et de soleil

    ***

    Projet 52 - semaine 17 - thème: la ville

     http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/312277...

  • T comme transports

    Etre en manque de lecture alors qu'on est "en voyage", c'est tout simplement abominable, même si ce n'est que pour une journée et à seulement une soixantaine de kilomètres de son domicile.

    Si le lieu de "villégiature" s'appelle Bruxelles, le mal est vite réparé. De toute façon, le chemin de la gare mène par la galerie de la Reine où la librairie Tropismes fait de l'oeil à la passante, qu'elle soit ou non abondamment pourvue en littérature (et dépourvue de place où la ranger). 

    On a donc poussé la porte de ce lieu de perdition tout en se faisant la leçon: un seul ouvrage, de petit format, promis juré.

    Et on en ressort avec deux petits formats, dont un titre qui fait dire au caissier d'un air narquois plein de sous-entendus grivois:

    - Bons transports!

    Ce qu'on ne comprend que quinze jours plus tard, à la lecture de la nouvelle d'Emmanuel Carrère, L'usage du "Monde".

    Pour ceux d'entre vous qui aimeraient comprendre le clin d'oeil assez gras du vendeur, voici cette nouvelle:
    http://medias.lemonde.fr/medias/pdf_obj/nouvelle2.pdf

     

    transports.jpg

    http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-2/Transports-amoureux

    après votre lecture de la nouvelle, rendez-vous ici:
    http://www.lemonde.fr/festival/article/2014/06/19/quand-emmanuel-carrere-imagine-un-jeu-erotique_4441272_4415198.html

    Bizarrement, le vendeur-caissier n'a fait aucune remarque à propos de l'autre ouvrage acheté ce jour-là:

    grozdanovitch.jpg

    http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-2/Petit-eloge-du-temps-comme-il-va

    Le seul à faire une remarque a été Monsieur Neveu:

    - Grozdanovitch? ce n'est pas un Français, ça!
    - Mais si, il est Français.
    - Avec un nom pareil?

    On voit bien qu'il n'a pas été élevé avec Fernand Raynaud, pauvre petit Langue tirée

    "Moi, j’aime pas les étrangers parce que moi, je suis Français et je suis fier d’être Français ! Mon nom à moi, c’est Koularkerstensky du côté de ma mère et Piazzano Venditti, du côté d’un copain à mon père !"

    (vers 0'50" dans l'excellent sketch "Le douanier" 
    https://www.youtube.com/watch?v=ppzQ-dsdquI)

  • T comme tout doux

    003 - kopie.jpg

    pour le projet 52 de Ma

    http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/31227714.html

    Thème: doux

    je vous remets le doux sourire

    et les doux yeux

    de ma brave bête de chien

    qui est mort depuis longtemps

    et jamais remplacé

  • T comme trêve

    - Tu crois, toi, que Jésus est né le 25 décembre ? demande Muanza alors que Marie est en train de coller une étoile dorée au sommet de la crèche.

    Chaque année, elle se réjouit à l’avance de ce moment d’apaisement après le stress des examens et des conseils de classe. Quand les lumières du sapin sont allumées, elle ne ressent plus de fatigue : juste le même émerveillement que lorsqu’elle était enfant.

    - Je crois, dit-elle après une prudente réflexion, que c’est une date quelconque, qu’on a juste choisie comme ça, mais qu’en fait on ne le sait pas.
    - Je le pense aussi, dit Muanza.

    Il semble soulagé mais Marie l’est encore davantage de n’avoir pas heurté ses sentiments religieux plus ou moins pentecôtistes. Désir de bien faire, crainte de blesser, à ces mots-là pourraient se résumer la quintessence de sa façon d’être au monde.

    Elle espère que les menus cadeaux que Pierre et elle veulent offrir en étrennes à Muanza lui feront plaisir. Deux mystérieux paquets à l’emballage complètement raté ont été rajoutés par lui ce matin.

    - Pourquoi tu les mets comme ça ? demande Muanza en montrant les personnages de la crèche.

    C’est vrai que depuis toujours elle met Joseph collé à Marie comme deux amoureux : pour elle, il n’y a pas de maternité sans l’amour d’un homme. Et cette année, en l’honneur de Muanza, elle a mis Balthazar en tête de file des Rois Mages.
    - Tu ne penses pas qu’ils s’aimaient, ces deux-là ? lui répond-elle.

    Dans le divan, Pierre ronfle à côté du poêle, qui en fait autant.

     jeu, fiction, muanza

    et chaque fois il se trouve quelqu'un pour passer derrière elle et séparer les amoureux

    Langue tirée

    Texte écrit avec la 2e série de mots imposés par Asphodèle
    mais évidemment en retard comme pour celui d'hier.
    Par conséquent, je me suis permis de ne pas utiliser le cannibale et le caraco, la papillote et l'inhalation, qui auraient vraiment fait tache.

    Langue tirée

    Fatigue,ronfler, étoile, balthazar, réflexion, emballage, crainte, se réjouir, émerveillement, désir, étrennes, apaisement, examen, maternité, mot, quintessence, quelconque.

    Bonne soirée à tous!

     

     

  • T comme traduttore traditore

    ART POETIQUE

     

    Ecrire en vaut-il la peine

    Des mots, des mots

    Pourtant il ne faut pas dire : Hippocrène

    je ne boirai plus de ton eau.

     

    La poésie,

    je la rencontre parfois à l’improviste

    Elle est seule sous un saule

    et recoud ma vie déchirée.

     

    Ecoute le son de la pluie dans les gouttières de zinc

    Aime les formes brèves et les couleurs vives

    Foin des natures mortes et des tableaux vivants

    Fous-toi de la rime

    Que la tour d’ivoire devienne une maison de verre

    et se brise.

     

    Epitaphe :

     

    Encor qu’il naquit malhabile

    Il ne resta point immobile

    Et disparut chez les Kabyles

    D’un accident d’automobile.

     

    Paul Neuhuys, Le Canari et la Cerise, 1921. 

     

    traduction,poesie,belge,belgique

    Tableau de Joos De Momper le Jeune (1564-1635)
    (un autre Anversois, comme Paul Neuhuys)
    avec à droite la source des Muses (Hippocrène) 
    qui naît sous les sabots de Pégase
    sur le mont Hélicon

     http://fr.wikipedia.org/wiki/Hippocr%C3%A8ne#mediaviewer/File:Momper,_Joos_de_(Younger)_-_Helicon_or_Minerva%27s_Visit_to_the_Muses.JPG

     

    ARS POETICA

     

    Is schrijven de moeite waard

    Woorden, woorden

    Toch mag je niet zeggen : Hippocrene

    aan jouw bron zal ik me niet meer laven.

     

    De poëzie,

    soms ontmoet ik ze onverwacht

    Ze zit alleen onder een wilg

    en maast de lappen van mijn leven weer aan elkaar.

     

    Luister naar de regen in de zinken dakgoten

    Hou van de vluchtige vormen en de felle kleuren

    Weg met de stillevens en de tableaux vivants

    Krijg de kelere met die rijm

    Dat de ivoren toren een glazen huis wordt

    en breekt.

     

    Grafschrift :

     

    Hoewel onhandig geboren

    Bleef hij niet onbewogen

    En verdween bij de Kabyl

    Een ongeluk met de automobiel.

     

    Paul Neuhuys, Le Canari et la Cerise, 1921.  

     

    Traduction de l'Adrienne
    Qui remercie encore Tania
    Pour tout ce qu'elle découvre chez elle.
    http://textespretextes.blogs.lalibre.be/archive/2014/11/07/on-a-beau-dire-1136463.html?c

  • T comme tradition

    bricabook143.jpg

    ©Romaric Cazaux

    http://www.bricabook.fr/2014/11/atelier-decriture-une-photo-quelques-mots-142e-2/flamme/#main

    Il y avait toujours une bonne raison de s’arrêter à Beauraing pour y allumer un cierge. Toujours des choses à demander à la Vierge. Surtout préventivement.

    C’était une forme de politesse.

    Le mari, les enfants, les petits-enfants, Ave Maria gratia plena, garde-les-moi en bonne santé. Merci. Dominus tecum, tu lui parleras pour moi, je n’ose pas m’adresser à lui directement et puis toi, benedicta tu in mulieribus, tu es la mieux placée pour me comprendre, surtout avec ton benedictus fructus ventris tui Jesus. Alors je te le demande, Sancta Maria mater Dei, toi qui es montée au ciel avec les anges, ora pro nobis peccatoribus, et surtout pour mon peccatoribus de mari, mais laisse-le-moi quand même le plus longtemps possible, qu’on puisse encore profiter de la vie, nunc, et in hora mortis nostrae.

    Amen.

     

    La prière dite, une dernière vérification faite du côté de la bougie – est-elle bien droite ? à l’abri du vent et des courants d’air, qu’elle brûle le plus longtemps possible ? – elle remontait en voiture avec mari, enfants et petits-enfants pour aller encore un tout petit peu plus loin, dans les Ardennes, déguster des perdreaux rôtis et du Saint-Estèphe.

    Et un grand chariot de desserts Rigolant

    ***

    http://www.beauraing.be/loisirs/tourisme/sanctuaires-notre-dame

  • T comme tag

    3 bonheurs, 3 jours de suite

    J'ai été "taguée" par Betsy du blog http://bellerondeetepanouie.blogspot.be/ et par notre Captaine http://captainelili.blogspot.be/

    Le défi consiste à partager 3 bonheurs de 3 jours consécutifs. 

    Les bonheurs du mardi 21 octobre:

    1.deux collègues fêtent leur anniversaire ces jours-ci et ont eu la bonne idée d'offrir
    des chocolats

    2.j'ai terminé la correction de 146 copies

    3.il pleut quand je suis à l'intérieur et il y a du soleil quand je suis dehors

    Les bonheurs du mercredi 22 octobre:

    1.Kjell (17 ans et demi) m'envoie un mail pour me dire "Mes excuses, Madame,
    si mon test de vocabulaire était si mauvais. Mais c'est que ce week-end
    mon grand-père a dû être hospitalisé et je n'ai pas réussi à me concentrer.
    Je vous promets qu'à l'avenir mes résultats seront meilleurs. Enfin, je l'espère."

    2.Nous sommes le 22 octobre et il fait encore 21° dans la maison sans avoir
    besoin d'allumer le chauffage.

    3.Je reçois une nouvelle qui pourrait bien me sortir de mes problèmes financiers
    et me permettre de reprendre un abonnement opéra l'an prochain ou même
    d'aller en vacances en Italie Sourire

    Les bonheurs du jeudi 23 octobre:

    1.la soirée d'info (études supérieures) pour les élèves de Terminale et leurs
    parents se passe parfaitement bien

    2.les Premières s'amusent à réviser la phrase interrogative en jouant au
    speed-dating (on rigole beaucoup et on apprend des choses inédites sur
    les uns et les autres Langue tirée)

    3.j'arrive enfin à dormir presque cinq heures cette nuit...
    vivent les prochaines vacances!

    Et maintenant c'est à qui veut raconter ses petits bonheurs du jour Cool