actualite

  • 7 photos

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    Dans la vieille ville d'Hébron, des filets protègent les passants des ordures lancées par les colons. Les militaires israéliens y patrouillent plusieurs fois par jour. 

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    En 1994, craignant la mise en cause du processus d'Oslo, la communauté internationale a appelé Israël à renoncer à l'implantation de la colonie d'Har Homa sur la forêt palestinienne d'Abu Gnaim. Depuis, cette colonie proche de Bethléem ne cesse de s'agrandir. Photo d'avril 2017. 

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    Naplouse, le 5 avril 2005. La dernière maison détruite par l'armée israélienne comme un symbole. De jeunes hommes y viennent et mesurent les pierres récupérées pour arranger le terrain de football. 

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    Ramallah, décembre 2002. Un des bâtiments de l'Autorité palestinienne. 

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    Rafah, le 9 décembre 2002. Chez lui, il y avait une cuisine rose et une salle de bains verte. La maison a été détruite parce qu'elle se trouvait trop près du nouveau mur. 

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    Gaza, décembre 2002. Sur tous les murs du camp de Rafah, on a collé le portrait de cette écolière de 10 ans tuée le mois d'avant par l'armée israélienne. 

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    Enfin, la photo qui a servi de point de départ pour un texte de fiction le 26 octobre:  
    La fouille au check-point donnant l'accès au Caveau des Patriarches à Hébron, 2007. 

    Toutes les photos sont de Véronique Vercheval  ainsi que les légendes qui les accompagnent. 

    D'autres photos et des extraits de son livre ici.

  • V comme Véronique

    Elle marche vite en longeant le mur. Dans les deux mains serrées sur sa poitrine, elle tient un mouchoir roulé en boule et un objet de forme allongée, protégé par un sachet plastique de récupération. 

    Un des soldats l'arrête. C'est une jeune femme. Elle paraît déguisée, cet affreux casque contraste avec ses sourcils épilés, ses yeux soigneusement maquillés. A sa ceinture est accrochée une arme lourde qu'on a du mal à imaginer dans ses mains aux ongles longs et manucurés. 

    Mais ce n'est pas un déguisement et l'arme n'est pas un jouet. 

    Elle arrête la petite. C'est la routine. 

    - Et ça, c'est quoi? demande-t-elle en désignant l'objet. 

    Elle le prend. Le sort de son plastique fripé. L'examine sans états d'âme. 

    La petite garde la tête baissée. Ne jamais croiser le regard de ces gens-là. Sous le bord de son foulard, on aperçoit de longs cils de femme et un petit nez enfantin. Elle n'a pas douze ans. 

    - C'est un cadeau pour ma grand-mère, dit-elle sans regarder la femme soldat. 

    Et dans un souffle elle ajoute: 

    - C'est un cadre pour y mettre une photo. C'est moi qui l'ai fait à l'école. 

    La femme déchiffre la phrase calligraphiée qui entoure l'espace réservé à la photo: "Mon cœur est en mille morceaux

    - C'est ce que je devrais faire aussi avec ton cadre, dit-elle d'un air dégoûté. 

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    photo prise d'une photo de Véronique Vercheval 

    voir son travail 

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    texte écrit à l'atelier d'écriture - la photo était au choix, seuls étaient imposés le thème du mur et la phrase "Mon cœur est en mille morceaux"

  • O comme or

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    Il faudra que les Suisses trouvent rapidement une solution, sinon l'actualité va donner tort à Monsieur B&B (1) 

    De quoi s'agit-il? Des eaux usées suisses: elles contiennent chaque année pour 3 millions de FS (ou 2,6 millions d'euro) d'or et d'argent. Ou si ça vous parle plus: 43 kilos d'or et 3 tonnes d'argent. 

    Il y a des endroits, dit l'article, où la concentration dans les boues d'épuration est si élevée que ça vaudrait la peine de les recycler pour récupérer cet or. 

    Pour ceux que ça intéresse, tout ça est bel et bien confirmé par les Suisses eux-mêmes: voyez ici

     *** 

    (1) qui m'a entretenue, pendant plus d'une heure, dès qu'il a su que ma prochaine destination était la Suisse, de toutes les rancœurs qu'il a mis une vie à accumuler contre ce pays... 

    *** 

    source article et photo ici

  • M comme montagne

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    source photo BELGAIMAGE et article ici 

    Il s'éclaire à la bougie ou à la lampe à huile, n'a pas de douche ni d'eau chaude, son "ermitage" est un cagibi humide qui ne fait que 25 m². 

    Mais il est heureux. 

    J'en parlais ici, juste après sa sélection parmi une cinquantaine de candidats. Cet automne, il termine son premier semestre d'ermite (relatif) dans les Alpes autrichiennes et est fermement décidé à poursuivre l'expérience dès le printemps prochain. 

    Tout en apportant quelques améliorations à son logement: cuisinière au gaz, panneau solaire pour pouvoir s'éclairer avec des lampes LED, douche. 

    "Ma prière ne sera pas meilleure", argumente-t-il, "si je vis comme il y a 350 ans." Je trouve l'argumentation intéressante tongue-out

    Son ermitage finira par avoir cinq étoiles, en plus de toutes celles qu'il peut admirer dans le ciel, une fois que touristes, pèlerins et randonneurs sont repartis cool

  • F comme fête

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    Il paraît que le 5 octobre, c'est la fête des profs. Ou plutôt World Teachers' Day

    Cette année, le magazine flamand Klasse incite les profs à afficher leur bonheur d'enseignant via leur photo de profil sur fb. 

    Aussi, dès l'avant-veille du Jour J a-t-on pu voir fleurir de plus en plus de "Ik geef blij les" (1) 

    Madame n'a pas suivi le mouvement.
    Parce qu'elle n'aime pas ce qui est grégaire.
    Qu'elle pense qu'il n'est pas nécessaire de le prétendre mais de le vivre.
    Et que son grand-père avait le plus grand mépris pour tous ceux qui affichaient leurs opinions sur leur bagnole.(2) 

    Que ce soit leur amour des chiens ou des chats, de la chasse ou de la pêche, des déclarations nationalistes ou d'ordre intime. 

    ***

    (1) "Ik geef blij les" joue sur un double sens, j'enseigne dans la joie et je suis content(e) d'enseigner 

    (2) fb n'existait pas et on n'ose imaginer ce que le grand-père en aurait pensé, lui qui trouvait ces auto-collants déjà tout à fait inconvenants tongue-out

  • Stupeur et tremblements

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    Stupeur de l'Adrienne, en découvrant en juillet dernier, la carte (enfin visible pour tous) des zones de chasse. 

    Voyez donc cette Flandre toute colorée de vert, à l'exception des centres villes: tout ce vert est - selon les chasseurs - zone de chasse. 

    L'Adrienne est en guerre avec les chasseurs depuis toujours, et ça n'a pas trop amélioré son opinion sur eux de constater que pour arriver aux 40 hectares requis, ils se sont appropriés sans vergogne chaque parcelle de terrain, y compris de nombreux jardins privés et des zones protégées. 

    Dans la province du Limbourg, par exemple, huit parcelles sur dix de celles colorées en vert - donc que des chasseurs se sont attribuées - le sont à l'insu de leur propriétaire... qui peut donc continuer à trembler pour son chat, son chien ou tout autre être vivant qui mettrait le nez dehors un jour d'ouverture de la chasse.  

     

  • R comme regrets

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    Mardi soir, une journaliste du Standaard lançait sa question d'enquête et invitait les internautes à y répondre: "Qu'est-ce que vous regrettez?

    On a évidemment droit aux réponses classiques, je regrette d'être trop comme ceci, pas assez comme cela, d'avoir fait ou pas fait... et toutes les autres philosophies de comptoir, jusqu'au "je regrette d'avoir des regrets". 

    Voilà, tout est dit: n'en ayons pas cool 

    *** 

    photo prise à la Journée du Patrimoine 
    et qui reviendra peut-être à la lettre V 
    V comme vertige 
    tongue-out

  • Stupeur et tremblements

    Non, se dit l'Adrienne en lisant dans le journal que le premier août, une firme américaine implante un "chip" dans la main de son personnel. 

    Non, se dit-elle, je ne veux pas vivre comme ça. Même si ça permet d'ouvrir automatiquement les portes de l'entreprise, de faire marcher l'ordi et la photocopieuse, de payer à la cafétéria... 

    Puis sa stupeur passe à la vitesse supérieure quand elle lit, en fin d'article, qu'une firme belge le fait depuis décembre dernier.  

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    source de la photo et article de décembre dernier ici 

    Le tatoueur qui les implante comme un piercing entre pouce et index prétend qu'il l'a déjà fait chez plus de 450 personnes, aussi bien des particuliers que du personnel d'entreprises, principalement pour une utilisation en domotique. 

    Les Belges étant de doux dingues, leur "chip" servira à leur donner la météo ou l'état des routes et leur permettra de se connecter à leur "playlist" sur Spotify... 

     

  • 7 fois!

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    Oui, vous voyez bien: ceci est une petite Renault transportant deux énormes pylônes. 

    Vous trouvez ça bizarre? Vous n'êtes pas le seul: un riverain a alerté la police. 

    Celle-ci a arrêté le conducteur et fait les constats suivants: 

    1.cette façon de transporter des pylônes n'est pas réglementaire. 

    2.la voiture n'est pas assurée. 

    3.le permis de conduire du chauffeur n'est pas valable. 

    4.le chauffeur pue l'alcool. 

    5.il est déjà fiché pour divers délits.

    6.par exemple, il s'est servi à une station-service sans payer. 

    7.on vérifie la provenance des pylônes: tout porte à croire qu'ils ont été volés.

    C'est une histoire hollandaise tout à fait vraie et elle m'a beaucoup fait rire. Vous aussi, peut-être, ça vous a rappelé ce cher Fernand: 


    Fernand Raynaud "la prévention routière" sketch par marmiton93 

    source de la photo (politie Lelystad) et article ici

     

  • B comme bonne idée!

    Chaque année, nous explique-t-on dans la vidéo, de grands et coûteux travaux sont nécessaires pour remettre "à niveau" le sable le long de notre côte belge. Surtout à cause des tempêtes hivernales, qui emportent au large des tonnes de sable. 

    On pourrait peut-être régler le problème de manière moins coûteuse et tout à fait écologique, en créant une sorte de récifs artificiels constitués de plantes marines, de coquillages et bien sûr de moules tongue-out 

    Ces récifs formeraient une sorte de filtre et empêcheraient l'érosion des plages. 

    Ce mois-ci, un projet pilote sera installé sur un bout de côte, à hauteur de La Panne. S'il est concluant, dans trois ans il sera réalisé à grande échelle. 

    mer,actualité,belge,belgique

    source de la photo (Jimmy Kets) et article ici

     

  • Z comme Zakaria

    Madame a une paire de collègues pour qui la radicalisation n'est pas un vain mot. 

    Aussi, quand Zakaria a décidé de se laisser pousser la barbe, n'ont-ils pas manqué de tirer à la sonnette d'alarme! 

    Ce qu'ils n'ont pas trouvé inquiétant, c'est que Joris et Hendrik, les meilleurs copains de Zakaria, arboraient fièrement le même genre de pilosité faciale. 

    *** 

    Madame a revu Zakaria la première semaine de juillet, dans la cour de l'école, en train d'aider à décharger un camion. 

    Il a terminé avec succès une deuxième année de formation comme prof d'anglais. Il est moniteur à la plaine de jeux et installait le matériel pour les enfants. 

    Sacré barbu! 

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    pas de barbu sur cette photo de juin dernier mais un autre "radicalisé", qui n'avait pas apprécié qu'un prof dise du mal de l'islam... à la rentrée prochaine, il entame des études de droit, comme sa grande sœur, dont il est très fier.

  • X c'est l'inconnu

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    Quand il a fermé la porte de l'appartement et du magasin, il a mis le trousseau de clés dans sa poche. 

    C'était à Alep, il y a trois ans. 

    Il ne pensait pas qu'il ne reverrait plus ni l'appartement, ni le magasin. 

    Avant lui, son père un jour avait aussi rangé un trousseau de clés en attendant le retour. 

    Lui non plus ne pensait pas qu'il ne reverrait jamais sa maison. 

    C'était en Palestine, il y a 69 ans. 

    *** 

    photo prise à l'expo Aleppo au Tropenmuseum d'Amsterdam

     

  • 20 miracles de la nature (8)

    La bière des étoiles, c'est la trappist. 

    Pourquoi? 

    Parce que le télescope est belge et tant qu'à lui fabriquer un nom qui est un acronyme, pourquoi pas un acronyme qui fait sens ... et qui a une forte connotation belge? TRAnsiting Planets and PlanetesImals Small Telescope, vous voyez quelles lettres ont été choisies dans ce tas? Vous voyez où il a fallu pêcher un I? 

    Parce que c'est l'équipe belge qui a découvert les exoplanètes, avec leur télescope trappist (LOL), on les a appelées Trappist-1. De 1-a à 1-g. 

    L'article de l'université de Liège ici 

    Comme les Belges sont des petits comiques, leur projet suivant est baptisé Spéculoos. 

    Et oui, c'est aussi un acronyme. Ça vient de Search for habitable Planets ECLipsing ULtra-cOOl Stars

    La conférence donnée à Liège en avril dernier est ici, la page de l'astronome liégeois, Michaël Gillon, est ici et son parcours ici 

    actualité,belge,belgique,nature

    source de la photo (ULg)

     

     

  • Qui a perdu sa balle?

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    Vous allez rire: c'est une histoire belge. 

    Prenez un bus transportant des jeunes d'une quinzaine d'années qui rentrent d'un séjour en Espagne.

    Prenez une autoroute française, à hauteur de Tours. Il est environ cinq heures du matin, les gamins dorment. 

    Ils sont brutalement réveillés: une balle est entrée par la vitre arrière, qui a éclaté sous l'impact, et est ressortie par une vitre latérale. 

    Le chauffeur s'arrête, la police est alertée. 

    Et c'est là que vous allez rire: dès le lendemain, la gendarmerie française a rassuré tout le monde en disant mais non, on ne vous a pas tiré dessus! ce n'était qu'une balle perdue! 

    ... 

    J'aimerais bien savoir qui a perdu sa balle sur l'autoroute, le dimanche 9 juillet à 5 heures du matin. 

    source de la photo et article ici

     

  • E comme épilogue

    Vous me demandez pourquoi je ne donne pas d'interviews. Vous me demandez pourquoi je n'aime pas faire le récit de cette histoire. Si moi-même je n'arrive toujours pas à y croire, comment le pourriez-vous? (...) Voyez-vous, nous étions huit sur ce bateau. Juste huit. Avec une seule bouée de sauvetage. 

    Je les voyais tous les jours. A la télévision, en photo dans les journaux, j'entendais leurs voix à la radio. Pourtant, je n'ai jamais fait attention. Je n'ai pas tendu la main. Pas avant ce jour en mer. 

    Quarante-sept. Nous en avons sauvé quarante-sept. Nous n'avons pas pu les sauver tous. 

    Je n'ai pas voulu jouer au héros. Quand je repense à cette journée, je me sens minuscule. Insignifiant. Je me souviens seulement des mains agrippées aux miennes, des doigts soudés. Je me souviens aussi des mains qui ont glissé, disparues à jamais. 

    Les cauchemars reviennent en rampant. Les mains huileuses et glissantes disparaissant sous l'eau. Les cris bestiaux que j'avais pris pour des mouettes, assourdis puis étouffés par les vagues. Ces cauchemars nous hantent tous les huit. 

    J'étais en mer ce jour-là. Demain, je serai en mer de nouveau. Cela arrivera encore, un autre jour, un autre bateau. (...) 

    Emma-Jane Kirby, L'opticien de Lampedusa, éd. Equateurs, 2016, Epilogue (p.165-166). Traduit de l'anglais par Mathias Mézard. 

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    Et mardi matin je lis dans la presse que l'Autriche va renforcer les contrôles militaires à la frontière, 750 soldats et quatre blindés: que l'Italie se démerde toute seule avec ses réfugiés!

  • C comme Carmine Menna

    S'il était vrai que chaque vie humaine a la même valeur, laisserait-on des milliers de gens - hommes, femmes, enfants - mourir sur le chemin de l'exil? 

    Si sauver une vie humaine, quand il s'agit de la vie d'un voyageur de la gare Centrale, fait de vous un héros qui reçoit des félicitations, pourquoi sauver 118 vies en Méditerranée vous vaut des sarcasmes et du cynisme? 

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    source et info ici 

    "Je ne sais comment vous décrire cette scène. Lorsque notre bateau s'est approché de ce vacarme. Je ne suis pas sûr d'y arriver. Vous ne pouvez comprendre: vous n'y étiez pas. Vous ne pouvez pas comprendre. On aurait dit des cris de mouettes. Oui, c'est ça. Des mouettes qui se chamaillaient autour d'une belle prise. Des oiseaux. De simples oiseaux. 

    (...) Jamais je n'ai vu autant de personnes dans l'eau. Tant de corps se débattre, de mains attraper le vide, de poings frapper l'air, de visages noirs happés par les vagues avant de ressurgir à la surface. Le souffle court, ils appellent, s'étouffent, hurlent. Mon Dieu, ces cris stridents! Je vois la mer bouillonnante les envelopper. Je les vois résister, les mains écartées, serrés les uns contre les autres, cramponnés au moindre morceau de bois, luttant à mort pour ne pas être engloutis. (...) Ils se noient sous mes yeux et je n'ai qu'une question en tête: comment les sauver tous? 

    Je ressens encore la pression de la première main que j'ai saisie. L'empreinte des doigts scellés aux miens, le frottement de l'os contre l'os, la contraction des muscles et le sang affluant dans les veines du poignet. La force de cette emprise! Ma main soudée à celle d'un étranger par un lien plus puissant, plus intime qu'un cordon ombilical. Mon corps entier ébranlé lorsque j'ai hissé son torse nu hors de l'eau." 

    Emma-Jane Kirby, L'opticien de Lampedusa, éd. Equateurs, 2016, début du Prologue. Traduit de l'anglais par Mathias Mézard. 

    Une lecture que je recommande. 

    Avant le livre, il y a eu le reportage; Emma-Jane Kirby est journaliste. 

    Un article sur Carmine Menna, à l'occasion du 3e anniversaire de ce sauvetage. 

    Et les mêmes émotions chez les membres de l'équipage de la frégate Louise-Marie, qui ont sauvé 118 personnes jeudi dernier.

  • Stupeur et tremblements aquatiques

    C'est évidemment en pleine canicule, au moment où les citernes d'eau de pluie se vident et que les autorités nous demandent de ne pas gaspiller l'eau, qu'on nous assène une fois de plus ceci: on trouve de tout, dans "l'eau du robinet", vu qu'on trouve de tout dans nos eaux usées (voir la vidéo ci-dessus), mais qu'on se rassure, elle reste parfaitement propre à la consommation. 

    Pour la Flandre, la dernière étude en date est ici. Elle concerne les résidus de médicaments qui se retrouvent dans nos eaux usées, que ce soit ou non à proximité de firmes pharmaceutiques ou d’hôpitaux. La majeure partie en est éliminée, dit l'étude, et nous ne demandons qu'à le croire, en essayant de ne pas trop nous poser de questions sur cette autre partie. 

    De toute façon, comme disait le père de l'Adrienne, faudra bien qu'on meure de quelque chose... et le grand-père aurait ajouté, en accord complet avec l'esprit de Louis Pasteur, qu'il valait mieux boire une bière.

     

  • N comme non, non et non

    Le ministre flamand de la mobilité a décrété que désormais, le long des routes, on ne planterait plus que des arbres poussant lentement et qu'on recouperait dès que leur tronc atteint un diamètre de 10 cm. 

    Pour éviter les accidents. 

    Pourtant, on sait très bien que s'il y a un accident, ce n'est pas la faute de l'arbre. C'est la faute de l'alcool. Ou de la vitesse. Ou des deux. Depuis quelques années, il faut aussi y ajouter le téléphone portable. 

    Mais ce n'est pas la faute de l'arbre. Ni de la façade d'une maison. 

    Tout comme ce n'était pas la faute du ravin, si ma belle-sœur et sa fille sont mortes en route pour l'Espagne, un 17 avril. Elles avaient quitté la maison dans un tel état de fatigue qu'elles se sont endormies, vers trois heures de l'après-midi. 

    Mais ce n'était pas la faute du ravin. 

    L'autre jour dans ma rue, une auto est rentrée dans un poteau indiquant que la vitesse maximale autorisée est 30 km/h. Le conducteur faisait à peu près du 80. Le poteau se trouve juste à hauteur d'une petite école maternelle et primaire. Et d'un passage zébré. Trois raisons de rouler lentement. 

    Juste à côté, il y a un magnifique platane. Malheureusement pour lui, son tronc fait beaucoup plus que dix centimètres de diamètre. 

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    photo prise le 1er novembre 2014 
    ces liens pour ceux qui lisent le néerlandais: 
    http://deredactie.be/cm/vrtnieuws/binnenland/1.3001202 
    http://www.nieuwsblad.be/cnt/dmf20170531_02906877

  • 7 signes qui ne trompent pas

    L'herbe est tondue, maisons et jardins sont pimpants, les haies sont fraîchement taillées - et parfois de très près - 

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     les trous dans la chaussée sont marqués de peinture blanche puis soigneusement comblés 

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    les rues pavoisées aux couleurs de toutes les maisons auxquelles notre ville a appartenu, au fil des siècles 

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    les porteurs et les sonneurs ont intensifié l'entraînement 

    la presse locale ne parle (presque) plus que de ça 

    les gens s'organisent pour leur participation, leur ravitaillement, leur équipement... 

    et l'Adrienne sent monter l'envie et l'adrénaline 

    cool 

    ici le folklore est bien vivant

     

  • E comme écriture et liberté

    "L'inconvénient du règne de l'opinion, qui d'ailleurs procure la liberté, c'est qu'elle se mêle de ce dont elle n'a que faire; par exemple: la vie privée. De là la tristesse de l'Amérique et de l'Angleterre. Pour éviter de toucher à la vie privée, l'auteur a inventé une petite ville, Verrières, et, quand il a eu besoin d'un évêque, d'un jury, d'une Cour d'assises, il a placé tout cela à Besançon, où il n'est jamais allé." 

    Stendhal, Le Rouge et le Noir, note de l'auteur placée sous le mot 'Fin' à la page 489 de mon exemplaire des éditions Garnier. 

    On peut s'étonner et admirer que Stendhal se soit déjà fait cette remarque en 1829-1830. 

    On peut déplorer l'ampleur que ça a pris jusqu'à aujourd'hui. 

    Même - et aussi - en littérature. 

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  • O comme Oakoak

    L'artiste de street art Oakoak a eu "carte blanche" pour s'amuser autour de la place Sainte-Catherine et comme j'aime énormément ce genre d'humour pictural, je me dis qu'il faudra retourner à Bruxelles, un de ces jours... cool 

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    source de la photo et article ici avec un diaporama de nombreuses autres photos
    (Photos : EdA Mathieu Golinvaux)

  • E comme ermite

    Ils étaient une cinquantaine de candidats pour aller vivre en ermite à 1400 mètres d'altitude dans les Alpes autrichiennes. Il y avait parmi eux un Belge de 58 ans et c'est lui qui a été choisi, pour des raisons qu'on explique dans l'article que je donne en lien sous la photo. 

    Ermite, il le sera surtout du soir au matin, parce que pendant la journée le petit sanctuaire dont il aura la garde se trouve sur le chemin de pèlerins et de randonneurs. Ceux-ci sont d'ailleurs priés d'avoir l'obligeance de lui monter en même temps un jerrycan d'eau, une ou deux bûches pour le feu, sinon il a un quart d'heure de descente à faire pour aller chercher lui-même sa provision de bois. 

    Or le bois sera l'élément indispensable, vu que le froid sera son plus gros problème. Tout le reste, il s'en passera facilement, eau courante, électricité... (1) 

    Son prédécesseur n'a tenu le coup qu'une seule saison, à voir combien de temps celui-ci y restera cool 

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    copyright AFP, source et article ici (journal Le Soir)  

    d'autres photos du site se trouvent ici 

    (1) l'article ne dit pas en quoi consistera son régime alimentaire ni qui se chargera de lui procurer ses menus...

  • W comme wagon de train

    La petite Julie, c'est celle qui un jour a confié à Madame qu'elle n'avait pas les deux euros nécessaires pour payer le bus en vue d'une sortie scolaire avec le prof de géo. C'est celle dont les parents s'étaient tellement endettés, qu'on leur prélevait une grosse part de leur salaire, chaque mois. 

    La petite Julie, avec son corps d'enfant et ses grands yeux sombres, n'est pas devenue sage-femme comme elle en rêvait à 17 ans. Elle a finalement opté pour une embauche immédiate à la SNCB où elle a suivi une formation de conductrice de train. 

    C'est avec fierté qu'elle montre quelles grosses machines elle fait glisser sur leurs rails. J'espère, lui dit Madame, qu'un jour tu seras ma conductrice. Madame est drôlement fière de la petite Julie. 

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    photo prise à Ostende en ce mois d'avril
    cliquer pour voir en grand le slogan sur la locomotive 

    Mais la semaine dernière, c'est sur sa ligne qu'il y a eu un "accident", celui qui est la hantise de tout conducteur de train et qui en a déjà réduit plusieurs à quitter cet emploi: un suicide. 

    La petite Julie sait qu'un jour, peut-être, ce sera elle qui verra sa locomotive lancée à toute vitesse sur un corps humain, que ce sera elle qui voudra freiner et n'y arrivera pas à temps, que ce sera elle la cause involontaire d'un drame pour une famille. Que ce sera elle qui aura des cauchemars la nuit et une énorme appréhension chaque fois qu'elle sera dans sa machine. 

    Au lieu d'éprouver ce plaisir qu'elle a aujourd'hui à filer sur les rails, comme une grande. 

    *** 

    en 2016, les trains belges étaient à l'heure dans 89,2% des cas et la cause numéro 1 des retards est externe à la SNCB: il s'agit de "phénomènes externes au rail, comme des alertes à la bombe, des promeneurs le long des voies ou des heurts de personnes (accidents, suicides)." (source ici)

     

     

  • Premier septembre

    Il peut paraître bizarre de parler du premier septembre un premier avril, mais voilà, le mois dernier nos responsables flamands se sont émus et un peu énervés à propos de la question suivante: 

    - si l'on sait que le premier septembre sera la fête de la fin du ramadan 

    - si l'on tient compte du fait que ce jour-là, les enfants musulmans ont le droit de prendre congé 

    - si l'on sait que dans de nombreuses écoles le pourcentage de musulmans est assez élevé 

    - si l'on veut que tous les enfants prennent un bon départ pour la nouvelle année scolaire et soient bien au courant de toute l'info qui est généralement largement dispensée ce jour-là 

    alors ne vaudrait-il pas mieux commencer l'année scolaire le lundi 4 septembre au lieu du vendredi premier? 

    Mais notre ministre ne veut pas faire d'exception à la règle sacro-sainte: en Flandre, l'année scolaire commence le premier septembre. Point final. 

    Ou pas? 

    Elle suggère l'entourloupe suivante: que l'école qui le désire, prévoie sa journée de formation pédagogique le premier septembre, de sorte que les cours ne commencent de facto pour les élèves que le lundi 4. 

    C'est ce qui s'appelle trouver une solution créative... 

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    source de la photo et article ici

     

     

  • P comme paille et poutre

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    - Et contre l'utilisation du bois, demande le sémillant politicien au jeune Burkinabé venu témoigner des actions organisées dans son pays contre la spoliation des terres par les entreprises minières, qu'est-ce que vous faites contre l'utilisation du bois pour le chauffage et la cuisine? 

    L'Adrienne se sent bouillonner et a envie de demander au sémillant politicien: 

    - Et vous? qu'est-ce que vous faites? 

    Oui, que fait-il pour la planète, lui qui a une grosse villa pour deux personnes, le chauffage central, une cuisine suréquipée, un feu ouvert - parce que c'est si convivial et chaleureux les soirs d'hiver, n'est-ce pas, et le bois et bien on l'achète par remorque entière - une belle bagnole, une autre pour sa femme... qu'est-ce qu'il fait pour la planète?

    Heureusement, le jeune Burkinabé a répondu avec beaucoup plus d'intelligence: 

    - Nous essayons de promouvoir des sortes de foyer qui ont besoin de moins de bois pour fonctionner. Mais le mieux, ce serait que le niveau de vie des gens augmente, et qu'ils puissent s'offrir une cuisinière au gaz. 

    Bien dit, l'ami!  

    D'autant plus que le sujet du débat était: les actions entreprises contre la spoliation des terres - et autres nuisances - de la part des entreprises minières... 

    ***

    source de la photo et info ici

  • G comme gros lot

    Chapitre 1: G comme Gino 

    Gino a un passe-temps qu'il partage avec de nombreux Belges, aussi bien du côté flamand que wallon. Il est colombophile. Ça veut dire que dans son jardin il a un kot à pigeons qu'il entraîne à la course. Le dimanche matin, ces petites bêtes acheminées par paniers entiers vers un lieu éloigné de leur domicile, sont relâchées dans un ciel plus ou moins clair et supposées rentrer dare-dare chez elles, retrouver leur duivenkot, leur partenaire, leur nid. Gino et ses copains colombophiles les attendent de pied ferme pour les attraper dès leur arrivée et pouvoir enregistrer leur temps de vol grâce à la bague à faire passer dans la petite machine. (1)

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    Chapitre 2: G comme Golden Prince 

    Gino est un pro dans son hobby et ses pigeons sont des "coulons futés" (2) qui gagnent tous les concours. Comme son Golden Prince, par exemple, qui a battu tous les records de palmarès en 2014. Alors Gino s'est dit que c'était le moment de rentabiliser son hobby et de passer à autre chose. On peut supposer que madame Gino a envie de prendre des vacances. 

    Chapitre 3: G comme gros lot 

    C'est ainsi qu'une vedette internationale comme Golden Prince s'est retrouvée à une vente aux enchères - tout se vend aux enchères, même les œufs à couver - et qu'il vient de faire remporter l'ultime gros lot à son propriétaire, 316 000 €, le meilleur prix jamais donné pour un pigeon. Non pas, comme c'est généralement le cas ces dernières années, par un acheteur chinois, mais par un Sud-Africain. 

    Article et photos ici... 

    cette folie colombophile est à l'origine de quelques chansons narquoises, comme ik zie zo geiren mijn duivenkot, j'aime tant mon pigeonnier, ou cette ode ironique en patois anversois au "blauwe geschelpte", le pigeon aux taches bleutées 

     

     (1) comme je l'ai vu faire par de vieux colombophiles quand j'avais huit ans, je ne sais pas dans quelle mesure ça a évolué cool 

    (2) les Wallons d'à côté de là où j'habite disent 'coulon' pour pigeon

  • E comme écrire un mur

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    Il y a le mur qui sépare 

    et le mur qui protège 

    Il y a le mur qui interdit 

    et celui qui réunit 

    Des murs où on exprime sa haine 

    et ceux où on peint la beauté 

    Mais jamais ce n'est le mur 

    qu'il faut incriminer ou admirer. 

    ***

    merci à Lakévio pour l'image et la consigne

  • Stupeur et tremblements

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    Le dimanche 22 janvier, c'est avec stupeur que l'Adrienne a appris que ce genre de mobilier urbain serait définitivement mis hors service dès le lendemain. En tout cas en Flandre. 

    Déjà, les cabines téléphoniques ont disparu de nos villes, sous prétexte que chacun - ou presque - a son portable. 

    Même raisonnement ici: en 2014, chaque borne n'a été utilisée en moyenne que deux fois, alors que son entretien coûte 750 € annuellement.  

    Faut donc espérer qu'à l'avenir, en cas de problème sur l'autoroute, chacun ait un portable, qu'il soit en état de marche et qu'on trouve facilement à qui s'adresser. 

    Ça fait tout de même déjà trois conditions... 

    Parce que c'est agitée de forts tremblements que l'Adrienne, l'été 2015, a eu besoin d'une de ces bornes, et a été fort heureuse d'y trouver une voix compréhensive qui l'a tout de suite aidée. 

     source de la photo et article ici 

    pour ceux qui n'étaient pas encore là en 2015 
    l'histoire de la borne ici et de l'accident ici

  • P comme perpetuum mobile

    - Zut! s'exclame gentille collègue numéro 3. Il est fichu. Je ne réussis plus à le rallumer. 

    - Tu peux le porter chez un réparateur, ça existe. 

    - Et il est tout neuf! ajoute-t-elle. Je l'ai eu à Noël. 

    Un beau smartphone très coûteux qui n'a pas supporté d'être tombé à terre, ce matin-là. Une chute pourtant amortie par un tapis moelleux et une pochette protectrice. 

    Le verre n'est même pas brisé, contrairement à celui du bel appareil fort coûteux lui aussi de gentilles collègues numéros 2 et 4. Elles ne savent plus très bien combien elles en ont déjà "usé". 

    Veerle et moi, nous le savons très bien: nous en sommes toujours à notre vieux Nokia. On pourrait le laisser tomber, il survivrait à une chute, mais bizarrement il ne tombe jamais. 

    Bien sûr, il ne donne ni la météo, ni l'état des routes, ne permet pas d'aller sur fb ou youtube ni de prendre des photos. Mais la durée de sa batterie s'exprime en jours, et non en heures. 

    Bref, d'autres que nous s'en sont apparemment aperçus et on va de nouveau le commercialiser.

    Par nostalgie, dit l'article.

    Je ne suis pas d'accord: s'il a du succès, c'est grâce à ses nombreux avantages. Ce qu'on appelle le rapport qualité-prix. 

    Il coûtera paraît-il 59 €

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    source de l'image et article ici 

     

  • Derniers et premiers

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    source de l'image 

    Samedi dernier, en allant faire ses courses, Madame les a vus de loin et a réprimé un "zut!": deux gamins emballés dans le plastique de la Fondation Damien tendaient à la générosité des passants leurs paquets de quatre stylos pour six euros. 

    Oui, elle a pensé "zut!" en se disant qu'à la sortie du supermarché, elle n'y échapperait pas. 

    Quelle ne fut pas sa surprise en reconnaissant Jack et Phil, le Congolais et l'Arménien, comme ils se désignent, bien que tous deux Belges depuis leur naissance, il y a 13 ans. 

    Jack et Phil, les enfants terribles de professionnelle - sinon, comment Madame les connaîtrait-elle, vu qu'elle ne s'occupe que des "grands"? - toujours à traîner là où il ne faut pas, à se bousculer dans les escaliers, à se mettre dans les problèmes avec leurs profs ou avec leurs condisciples. 

    En rendant la monnaie, Jack se trompe dans ses calculs - il y a une raison à sa présence en professionnelle, ils existent, ces enfants-là, qui pensent que vingt moins six, ça fait seize, ils existent et ils n'y peuvent rien de ne pas savoir calculer - mais Madame les félicite tout de même d'être là, tous les deux, à se dévouer pour la Fondation Damien

    En les quittant, elle ne pense plus du tout "zut!". Elle a le sourire aux lèvres et se dit que ces gamins-là, derniers partout à l'école, sont aux premiers rangs du cœur.