amitie

  • I comme incipit

    C'est à la bibliothèque d'Ostende que j'ai enfin trouvé L'amica geniale, d'Elena Ferrante, volume 1. Je l'ai donc emprunté, ce qui m'obligera à retourner à la mer avant l'été cool

    Je ne sais pourquoi les traducteurs ou la maison d'édition ou tout autre instance dans la chaîne commerciale ont estimé que l'italien "geniale" devait se traduire ici par "prodigieuse", alors que c'est un mot qui a exactement le même sens d'une langue à l'autre. 

    Peut-être que ce choix se justifiera au fil de la lecture, mais pour le moment l'amie est justement "géniale", puisqu'elle a une intelligence largement supérieure à la moyenne. Et des tas d'idées "géniales" tongue-out

    Stamattina mi ha telefonato Rino, ho creduto che volesse ancora soldi e mi sono preparata a negarglieli. Invece il motivo della telefonata era un altro: sua madre non si trovava più.

    «Da quando?».

    «Da due settimane».

    «E mi telefoni adesso?».

    Il tono gli dev’essere sembrato ostile, anche se non ero né arrabbiata né indignata, c’era solo un filo di sarcasmo. Ha pro­vato a ribattere ma l’ha fatto confusamente, in imbarazzo, un po’ in dialetto, un po’ in italiano. Ha detto che s’era convinto che la madre fosse in giro per Napoli come al solito.

    «Pure di notte?».

    «Lo sai com’è fatta».

    «Lo so, ma due settimane d’assenza ti sembrano normali?».

    «Sì. Tu non la vedi da molto, è peggiorata: non ha mai son­no, entra, esce, fa quello che le pare».

    Comunque alla fine si era preoccupato. Aveva chiesto a tutti, aveva fatto il giro degli ospedali, si era rivolto persino alla polizia. Niente, sua madre non era da nessuna parte. Che buon figlio: un uomo grosso, sui quarant’anni, mai lavorato in vita sua, solo traffici e sperperi. Mi sono immaginata con quanta cura avesse fatto le ricerche. Nessuna. Era senza cervello, e a cuore aveva soltanto se stesso.

    «Non è che sta da te?» mi ha chiesto all’improvviso.

    La madre? Qui a Torino? Conosceva bene la situazione e parlava solo per parlare. Lui sì che era un viaggiatore, era venuto a casa mia almeno una decina di volte, senza essere invitato. Sua madre, che invece avrei accolto volentieri, non era mai uscita da Napoli in tutta la sua vita. Gli ho risposto:

    «No che non sta da me».

    «Sei sicura?».

    «Rino, per favore: t'ho detto che non c'è».

    «E allora, dov'è andata?».

    Ha cominciato a piangere e ho lasciato che mettesse in scena la sua disperazione, singhiozzi che partivano fine continuavano veri. Quando ha finit gli ho detto:

    «Per favore, una volta tanto comportati come vorrebbe lei: non la cercare».

    «Ma che dici?».

    «Dico quelle che ho detto. E inutile. Impara a vivere da solo e non cercare più nemmeno me».

    Ho riattaccato.

    Elena Ferrante, L'amica geniale, edizioni e/o, 2011, p.15-16 

    litterature,italie,italien,traduction,amitie

    https://www.edizionieo.it/book/9788866320326/l-amica-geniale 

    Ce matin, Rino m'a téléphoné, j'ai cru qu'il voulait encore de l'argent et je me préparais à le lui refuser. Mais le motif de son appel était différent: sa mère avait disparu. 

    - Depuis quand?
    - Deux semaines.
    - Et c'est maintenant que tu me téléphones?

    Mon ton a dû lui sembler hostile, même si je n'étais ni fâchée, ni indignée, c'était juste un brin de sarcasme. Il a essayé de répliquer mais l'a fait de manière confuse, embarrassée, un peu en dialecte, un peu en italien. Il s'est dit convaincu que sa mère faisait un tour à Naples, comme d'habitude. 

    - Même la nuit?
    - Tu sais comment elle est.
    - Je le sais, mais deux semaines d'absence, ça te semble normal?
    - Oui. Toi, il y a longtemps que tu l'as vue, ça s'est aggravé: elle n'a jamais sommeil, entre, sort, fait ce qui lui plaît.

    Finalement, il s'était tout de même inquiété. Il avait interrogé tout le monde, fait le tour des hôpitaux, s'était même tourné vers la police. Rien, sa mère n'était nulle part. Le bon fils! un homme lourdaud, la quarantaine, qui n'a jamais travaillé de sa vie, juste des petits trafics et du gaspillage. Je me suis imaginé avec quel soin il avait entrepris les recherches. Aucun. Il était sans cervelle et seule sa propre personne lui tenait à coeur. 

    - Elle n'est pas chez toi? m'a-t-il demandé tout à coup. 

    Sa mère? Ici à Turin? Il connaissait bien la situation et ne parlait que pour le plaisir de parler. Lui était un voyageur, il était venu chez moi une dizaine de fois sans y être invité. Sa mère, que j'aurais pourtant accueillie avec plaisir, n'avait jamais quitté Naples de toute sa vie. Je lui ai répondu: 

    - Non, elle n'est pas chez moi.
    - Tu en es sûre?
    - Rino, s'il te plaît! je t'ai dit qu'elle n'y est pas.
    - Mais alors, elle est allée où?

    Il a commencé à pleurer et je l'ai laissé mettre en scène son désespoir, des sanglots feints qui devenaient vrais. Quand il a terminé, je lui ai dit: 

    - Je t'en prie, pour une fois, comporte-toi comme elle le voudrait: ne la cherche pas.
    - Mais qu'est-ce que tu dis? 
    - Je dis ce que j'ai dit. C'est inutile. Apprends à vivre seul et ne cherche plus, pas même moi. 

    Et j'ai raccroché. 

    *** 

    Il y a un truc bizarre dans ma tête: quand j'aime un texte, j'ai envie de le traduire. 

    tongue-out 

    Ceci était le chapitre 1 du prologue 

    *** 

    p.309, on arrive à la fin et le titre s'explique: "l'amica geniale" est utilisé pour la narratrice et non pour l'amie dont elle raconte l'enfance, l'adolescence, le mariage. La matin de ses noces, son amie lui demande de continuer les études: 

    "Non per te: tu sei la mia amica geniale, devi diventare la più brava di tutti, maschi e femmine."

     

  • P comme petite promenade pascale

    C'est grâce à une petite promenade printanière, le dimanche de Pâques, que j'ai pour la première fois vu "en vrai" une plante que je ne connaissais que "sur papier". Son nom en néerlandais est "eenbes", ce qui veut dire "une baie" ou "baie unique", pour des raisons évidentes, voyez plutôt: 

    Walrus Pasen 2017 (8).JPG

    J'ai dû attendre d'être rentrée chez moi pour rechercher son nom en français, il s'agit de la parisette (je ne sais pas si ça dit quelque chose à quelqu'un, en tout cas il n'y a qu'à cliquer sur le lien pour en apprendre davantage cool

    Me voici donc toute contente d'avoir enfin vu cette plante sur le sol belge laughing 

    Walrus Pasen 2017 (15).JPG

    à part ça, il y avait aussi l'ail des ours en abondance, des anémones, des jacinthes, cette année tout a fleuri en même temps 

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    Walrus Pasen 2017 (12).JPG

    une belle découverte!

  • U comme unicité

    Elle est ma meilleure amie depuis la maternelle et j'ai la fatuité de trouver cela exceptionnel. 

    Unique. 

    En même temps, je vous le souhaite à tous tongue-out 

    Parce que c'est trop bien. 

    C'est bien d'avoir pu passer un mercredi ensemble 

    comme autrefois. 

    Comme autrefois avant nos huit ans et que la vie nous sépare. 

    Elle se souvient des tartines au choco de ma grand-mère 

    Je me souviens d'une soirée crêpes chez sa maman 

    Elle se souvient de mon tricycle 

    Je me souviens de leur téléviseur 

    Elle se souvient qu'on grimpait dans les arbres 

    Je me souviens que sa maman faisait pleuvoir des bonbons dans le couloir alors qu'elle se trouvait dans sa cuisine et qu'on criait: Saint Nicolas! Saint Nicolas! en y croyant dur comme fer 

    Elle aussi se souvient de Rudy 

    *** 

    Après nos 8 ans nous n'avons plus aucun souvenir commun 

    et comme internet n'existait pas

    on s'est écrit de longues lettres 

    jusqu'à ce que la vie nous réunisse 

     chat-meteo.png

    bon week-end à tous!

    source de l'illustration ici

  • 7 fois Emile (3)

    Emile_Verhaeren TheoVR.jpg

    Portrait d'Emile Verhaeren par son ami Theo Van Rysselberghe 
    source 

    Au passant d’un soir 

    Dites, quel est le pas 
    Des mille pas qui vont et passent 
    Sur les grand’routes de l’espace, 
    Dites, quel est le pas 
    Qui doucement, un soir, devant ma porte basse 
    S’arrêtera? 

    Elle est humble, ma porte, 
    Et pauvre, ma maison. 
    Mais ces choses n’importent. 

    Je regarde rentrer chez moi tout l’horizon 
    A chaque heure du jour, en ouvrant ma fenêtre; 
    Et la lumière et l’ombre et le vent des saisons 
    Sont la joie et la force et l’élan de mon être. 

    Si je n’ai plus en moi cette angoisse de Dieu 
    Qui fit mourir les saints et les martyrs dans Rome, 
    Mon coeur, qui n’a changé que de liens et de vœux, 
    Eprouve en lui l’amour et l’angoisse de l’homme. 

    Dites, quel est le pas 
    Des mille pas qui vont et passent 
    Sur les grand’routes de l’espace, 
    Dites, quel est le pas 
    Qui doucement, un soir, devant ma porte basse 
    S’arrêtera? 

    Je saisirai les mains, dans mes deux mains tendues, 
    A cet homme qui s’en viendra 
    Du bout du monde, avec son pas; 
    Et devant l’ombre et ses cent flammes suspendues 
    Là-haut, au firmament, 

    Nous nous tairons longtemps 
    Laissant agir le bienveillant silence 
    Pour apaiser l’émoi et la double cadence 
    De nos deux cœurs battants. 

    Il n’importe d’où qu’il me vienne 
    S’il est quelqu’un qui aime et croit 
    Et qu’il élève et qu’il soutienne 
    La même ardeur qui monte en moi. 

    Alors combien tous deux nous serons émus d’être 
    Ardents et fraternels, l’un pour l’autre, soudain, 
    Et combien nos deux cœurs seront fiers d’être humains 
    Et clairs et confiants sans encor se connaître! 

    [...] 

    Et maintenant 
    Que nous voici à la fenêtre 
    Devant le firmament, 
    Ayant appris à nous connaître 
    Et nous aimant, 
    Nous regardons, dites, avec quelle attirance, 
    L’univers qui nous parle à travers son silence. 

    Nous l’entendons aussi se confesser à nous 
    Avec ses astres et ses forêts et ses montagnes 
    Et sa brise qui va et vient par les campagnes 
    Frôler en même temps et la rose et le houx. 

    Nous écoutons jaser la source à travers l’herbe 
    Et les souples rameaux chanter autour des fleurs; 
    Nous comprenons leur hymne et surprenons leur verbe 
    Et notre amour s’emplit de nouvelles ardeurs. 

    Nous nous changeons l’un l’autre, à nous sentir ensemble 
    Vivre et brûler d’un feu intensément humain, 
    Et dans notre être où l’avenir espère et tremble, 
    Nous ébauchons le cœur de l’homme de demain. 

    Dites, quel est le pas 
    Des mille pas qui vont et passent 
    Sur les grand’routes de l’espace, 
    Dites, quel est le pas 
    Qui doucement, un soir, devant ma porte 
    S’arrêtera ? 

    Emile Verhaeren, in Les flammes hautes (1917)

  • C comme choc culturel

    C’est quoi, un choc culturel ? 

    L’Adrienne, à l’époque, je me demande si elle connaissait ce mot. Mais depuis, elle connaît la sensation. 

    Le choc culturel, c’est arriver dans un pays qui, bien qu’il soit de l’Europe géographique, ressemble plus à l’idée qu’on se fait du Tiers monde. Peu ou pas d’asphalte ou d’éclairage sur les routes, des maisons basses, décrépites, avec des toits de tôle. 

    C’est être entouré d’enfants dépenaillés qui tendent la main, partout où on s’arrête. C’est constater qu’il n’y a pas de commerces indépendants, uniquement de rares points de vente où les gens font la queue. Pour un pain mou et sans goût ou un paquet de cigarettes. C’est le marché noir et la débrouille. Les « réseaux sociaux » de l’entraide et de l’échange: le copain d’un copain, d’un cousin, d’un copain d’un cousin, fournit la ţuică, les tomates, un bout de tissu, qu’on lui revaudra par un autre bien ou service rendu. 

    C’est l’eau courante qui est coupée la majeure partie de la journée. Alors quand il y en a, on remplit la baignoire, quelques seaux. Pour pouvoir verser un peu d'eau dans la cuvette des toilettes... geste dérisoire. 

    C’est le gaz qui est coupé parfois, sans crier gare. Tant pis pour vous si vous avez un plat au four ou une soupe sur le feu. 

    C’est le manque. Le manque de tout ce qui paraît pourtant tellement évident, comme le papier ou les stylos à bille, le sucre ou les pommes de terre. Les fruits frais. 

    C’est faire la queue pendant des heures à une pompe à essence. Chacun éteint son moteur et on pousse les voitures à la main, centimètre par centimètre. 

    Vous pensez bien que l’Homme, l’Adrienne et Chien Parfait, dans leur mobile home (ou camping-car) ne passaient pas inaperçus dans un pays où on ne voyait que de vieilles Dacia: à chaque arrêt, ils créaient l’attroupement. 

    C’est l’aspect de ce voyage que l’Adrienne a le moins aimé… au bout de quelques jours, elle n’avait plus aucun stylo, crayon, carnet, plus rien à offrir. 

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    15 juillet 1990 
    les queues pour l'essence sous 40° C

  • B comme balade en ville

    Le café et la confiture avalés, on emmène l’Homme et l’Adrienne pour une première balade en ville. Seul le chien est déjà parfaitement à l’aise avec tout le monde et tire la gamine au bout de sa laisse. 

    - On va vous montrer le marché, dit Violeta. 

    On arrive en effet à des étals surmontés d’une grande verrière. Des vitres sont cassées, la peinture écaillée, tout est sale, la rouille attaque le métal mais l’ensemble a dû être fort beau, quelques décennies plus tôt. 

    La verrière est complètement vide, à l’exception d’une vieille femme avec un fichu sur la tête, assise sur le sol devant une cagette contenant une carotte et un oignon. 

    Une carotte et un oignon. 

    L’Adrienne n’a pas osé prendre de photo mais ça ne fait rien : l’image est gravée en elle. 

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    13 juillet 1990

  • Adrienne et Mamaie

    C’est une petite vieille dame toute menue, toute voûtée, toute souriante. C’est Mamaie, la maman de Violeta. Entre l’Adrienne et cette petite grand-mère, c’est le coup de foudre, l’amour pour la vie. Mamaie lui tient le bras, lui fait la conversation, lui raconte sa nostalgie. 

    Autrefois, mot magique ! 

    Autrefois… Avant le communisme, avant la guerre, avant les destructions, les restrictions, les pénuries… 

    Autrefois, raconte Mamaie, son mari et elle avaient une jolie maison entourée d’un jardin plein de fleurs et d’arbres fruitiers. 

    Démolie, la jolie maison, rasé, le beau jardin, pour y construire des blocs de béton. 

    Autrefois, raconte Mamaie, nous avions un roi, nous aussi. 

    Mamaie connaît son Gotha sur le bout des doigts, en tout cas celui d’avant-guerre. Ah ! qu’il était beau, le roi Mihai, qu’elle était belle et digne, sa mère Elena, quel malheur le communisme ! Les Hohenzollern-Sigmaringen, les Saxe-Cobourg-Gotha, tu vois, dit-elle, nous sommes de la même famille que ton roi Baudouin. 

    Peu de mots – le français de Mamaie date des années 30 – beaucoup de gestes, quelques larmes et de gros câlins, Mamaie et l’Adrienne se comprennent parfaitement. 

    - Plus jamais, dit Mamaie, plus jamais je n’ai mangé de bons abricots comme celui de l’arbre de notre jardin d’autrefois. 

    DSCI4579.JPG

    assise à gauche, à l'avant-plan, petite Mamaie (prononcer Mama-yé) 
    debout, Violeta, assis dans le fauteuil, son fils (22 ans) 
    les lunettes et la queue de cheval sont à l'Adrienne 

  • Première expérience

    Les présentations faites, l’Homme et l’Adrienne continuent de sentir peser sur eux les quatre regards observateurs. L’obstacle de la langue installe un certain silence. L’émotion fait perdre à Violeta le peu de français qu’elle connaît. Son mari ne parle que le roumain, son fils un peu d’anglais et la petite est trop intimidée pour ouvrir la bouche. 

    L’Adrienne est dans le même cas : ses rudiments de roumain semblent s’être presque tous évaporés et il est encore un peu tôt dans la journée pour sortir un « noapte bună », seule formule dont elle se souvienne avec précision

    Violeta disparaît dans sa cuisine suivie de sa fille et revient avec deux tasses de café et deux soucoupes dans lesquelles elle a déposé un peu de confiture maison.

    On n’est pas dans un pays où la ménagère qui reçoit une visite n’a qu’à ouvrir son placard à provisions pour en sortir un paquet de chocolat ou de biscuits. Ici, on le verra dès le premier jour, ici il n’y a rien. Rien que la débrouille. 

    - Vous aimez ? s’enquiert Violeta. C’est du café turc. 

    L’Homme et l’Adrienne le trouvent horrible. 

    - C’est très différent de ce qu’on connaît, dit l’Adrienne, qui à l’époque ne buvait jamais de café. 

    Le café turc de Violeta, c’est du café moulu qu’on fait bouillir plusieurs minutes dans un poêlon, puis on le verse dans les tasses en essayant de ne pas transvaser trop de marc. Mission impossible et breuvage très amer. Dans le pays de l’Adrienne, la température de l’eau pour le café est une chose à tenir bien à l’œil : « café bouillu, café foutu ! » 

    - On fera notre café nous-mêmes, glisse l’Homme à l’Adrienne. 

  • V comme vorbesc româneste

    L’Adrienne s’est acheté un Assimil® pour bien préparer le voyage et a potassé ses rudiments de « roumain sans peine », soir après soir.

    Les problèmes commencent dès la leçon numéro 1 : vorbesc româneste, je parle le roumain. L’accent circonflexe sur le a indique qu’il faut le prononcer « du fond de la gorge, comme un i sourd » explique-t-on à la page V de l’introduction. Jamais l’Adrienne n’a réussi à bien le dire, ne sachant ni comment ni où le former exactement.

    Bref, au bout d’une semaine de labeur, elle sait demander « ce mai faci » (prononcer tché maille fatch, comment vas-tu?) et répondre « foarte bine, mulțumesc » (prononcer faux Arte biné moult sous mesque, très bien merci), elle sait conjuguer avoir et être au présent, compter jusqu’à vingt et sortir quelques formules toutes faites.

    Elle se rend bien compte que ça ne l’avancera pas beaucoup dans la vraie vie roumaine mais au moins elle sait dire merci… et j'ai soif : Mi-e sete ! 

    assimil.jpg

    le voici, édition 1989 

    cool 

    la petite phrase "vorbesc româneste" a finalement été fort utile à l'Adrienne, mais à la forme négative "nu vorbesc româneste", le jour où trois garçons sont entrés dans son mobile home (pendant que l'Homme était parti faire pipi dans la nature) et qu'ils voulaient lui acheter le jean qu'elle portait! 

     

  • U comme urare, urari

    Il ne leur a pas fallu longtemps, à Violeta et à l’Adrienne, pour se découvrir simultanément l’envie de se rencontrer. Une envie et un besoin si forts qu’il a été décidé de l’organiser pour cet été-là, celui de 1990, celui de tous les espoirs, le premier été après la chute du Geniu Carpaților. 

    L’Homme et l’Adrienne ont loué un mobile home (ou camping-car, pour les Français), acheté des cartes routières d’Allemagne, d’Autriche, de Hongrie, de Roumanie et de Yougoslavie – pour certaines, il a fallu se rendre à la capitale dans un magasin spécialisé – et décidé du parcours : pour l’aller, ce serait avec arrêt et visite de l’abbaye de Melk, du château de Schönbrunn, des vignobles et des monuments baroques d’Eger et pour le retour, Golubac, Smederevo, Manasija, d’impressionnantes forteresses médiévales le long du Danube côté yougoslave

    Entre les deux, une dizaine de jours de découverte de la Roumanie avec Violeta et sa famille. 

    Au fil des semaines, le projet prenait corps, se peaufinait et l’excitation un peu nerveuse devant ce grand inconnu augmentait. 

  • T comme traiasca internetul (bis)

    Jeunes gens qui passez par ici, si vous y passez, vous n’avez peut-être pas connu cette époque où, si on voulait garder le contact avec un ami lointain, il fallait faire confiance à un bout de papier, y coller un timbre, y inscrire une adresse, l’écouter tomber dans une boîte – rouge chez nous, jaune en France – puis espérer que toute la chaîne des différents services postaux ferait infailliblement son travail. 

    Vous n’avez peut-être pas connu cette inquiétude qui saisit l’expéditeur dès le début : l’adresse est-elle suffisamment lisible ? l’enveloppe ne sera-t-elle pas malencontreusement détrempée, l’encre effacée ? ne sera-t-elle pas perdue, quelque part sur sa longue route ? 

    Vous n’avez peut-être pas connu non plus l’excitation de l’attente ni la joie de découvrir, parfois deux ou trois semaines plus tard, une réponse à votre lettre. Parfois il était heureux que vous ayez gardé votre brouillon – car oui, on faisait d’abord un brouillon, qu’on relisait plusieurs fois, qu’on retravaillait, où on pesait chaque mot – brouillon qui vous permettait de vous rappeler quelles questions vous aviez posées, quelles anecdotes vous aviez racontées, trois semaines plus tôt. 

    *** 

    Dans la correspondance avec Violeta, il est vite apparu un problème: certaines lettres ne lui parvenaient pas. La machine à rumeurs disait que d'indélicats membres de la longue chaîne reliant l'expéditrice à la réceptionnaire ouvraient les lettres venant de l'étranger, dans l'espoir d'y trouver des billets de banque. 

    Dès lors, l'Adrienne n'a plus jamais cacheté ses missives, qui sont toutes arrivées sans encombres. 

     

  • 22 rencontres (16)

    Était-ce déjà le printemps, quand la lettre est arrivée ? Non, probablement pas. 

    Une enveloppe qui ne ressemblait à aucune autre, à commencer par la texture du papier. Et sa couleur. 

    L’écriture aussi était différente

    L’enveloppe venait de Roumanie et ne portait que cette seule inscription : « Aux enfants de l’école de X***, Belgique » 

    Par quel miraculeux hasard était-elle arrivée dans le casier de l’Adrienne ? Dans la boîte aux lettres de son école ?
    Il y avait une dizaine d’autres adresses où elle aurait pu être délivrée : écoles maternelles, primaires, secondaires… Pourquoi la sienne ?
    Et dans la sienne, des tas d’autres casiers, d’autres profs, d’autres collègues de
    français langue étrangère. Pourquoi celui de l’Adrienne ? 

    A l’intérieur, une lettre : un message vibrant d’espoir et d’ouverture sur le monde, que l’Adrienne a lu avec émotion à toutes ses classes. 

    C’est ainsi qu’a débuté son histoire d’amour avec ce pays et ses habitants. 

    C’est ainsi qu’elle a fait la connaissance de Violeta, de son mari, de ses enfants, de sa maman, de sa famille, de ses amies, de ses collègues, des amis de ses enfants. 

    Une rencontre cruciale et une amitié pour la vie. 

    *** 

    tous les billets sur cette rencontre ici ou en suivant le tag 'Roumanie' 

    amitié,roumanie,souvenir

    une des classes de l'école où Violeta enseignait à l'époque 

  • R comme Roumanie

    1.les prémices 

    C’est avec stupeur, ahurissement, admiration que l’Adrienne et l’Homme ont vu un premier pan de mur s’écrouler dans la nuit. Peur aussi, appréhension : quelles seraient les conséquences ? Les soldats, qu’on voyait ici et là, ne tireraient-ils pas sur cette foule ? Ils n’avaient pas hésité, auparavant… Le régime n’enverrait-il pas ses chars, comme les fois précédentes, en d’autres lieux ? Était-ce vraiment la fin d’un monde ? 

    Tous ceux qui ont vu ces images à la télé, en novembre 1989, ont dû ressentir cette même émotion, forte, prégnante, intense. 

    L’Adrienne en tout cas a pleuré en voyant les Berlinois de l’ouest ouvrir les bras et les refermer tendrement, fermement, joyeusement, sur ceux qui avaient escaladé les premières ruines du mur qui les séparait depuis 28 ans. 

    2.Geniul Carpaților 

    Dans les semaines d’après, l’Adrienne a suivi les évènements le cœur battant. Les uns après les autres, des régimes plient, des militaires baissent les armes, des dirigeants acceptent des réformes ainsi que l’organisation d’élections plus libres. Tous se rendent compte du sens de l’histoire, apparemment. Tous, sauf un : le Génie des Carpates, qui croit devoir durcir encore ses positions et les conditions de vie de son peuple, déjà si fortement éprouvé par ses diverses politiques, toutes aussi désastreuses… La précarité, les pénuries alimentaires ou autres s’en trouvent encore aggravées.

    Le 21 décembre, l’Adrienne est de nouveau devant sa télé, le cœur battant, et voit la foule scander « Timișoara » et « libertate » devant un Ceaușescu plutôt ahuri. Il avait précisément ordonné ce rassemblement populaire dans le but de montrer à tous le soutien du peuple roumain à son régime. La transmission est coupée. La révolution – ou était-ce un coup d’État déguisé ? dans la Roumanie d’alors, les rumeurs les plus folles sont colportées, et celle-là est peut-être la moins folle de toutes – la révolution est en marche. 

    Malheureusement, elle fera plus d’un millier de morts. 

    *** 

    La photo de Leiloona a donné lieu, le 9 janvier, à un texte-souvenir sur la Roumanie et depuis ce jour-là, quand j'écris, c'est sur ce sujet. 

    Il y aura donc quelques billets rappelant la découverte de ce pays et de quelques-uns de ses habitants. 

  • G comme Grande Roumanie

    bricabook248.jpg

    Demain, dit Violeta, on va se lever tôt parce qu'on a une longue route à faire. 

    Nous on est d'accord. Ceux qu'il faut attendre, c'est Violeta et Traian, toujours à se précipiter dans une queue, dès qu'ils en repèrent une, pour acheter un paquet de cigarettes. 

    Ce matin, dit Violeta, il faut beaucoup manger, parce qu'on ne va pas s'arrêter en route et on ne va arriver en Bucovine que ce soir. 

    Là on n'est pas d'accord. Prendre un bon petit déjeuner ne nous empêchera pas d'avoir faim à midi et l'Homme, la faim le rend de très mauvaise humeur. 

    Pas question! dit-il fermement. 

    C'est que, tente d'expliquer Violeta, on va traverser un territoire magyar et là, on ne nous aime pas. Si on s'arrête, ils vont voir à notre voiture qu'on vient du Dolj et on va sûrement avoir des problèmes! 

    Parce que Violeta, depuis la chute du mur de Berlin puis celle toute récente de leur Conducător, s'attend à tout moment à une guerre civile: elle ne peut pas croire que les minorités allemandes ou hongroises accepteront de rester roumaines. 

    Pas question! répète l'homme. A midi, on s'arrête pour manger. 

    C'est ainsi qu'on a traversé les Carpates, Violeta avec la peur au ventre, Traian espérant que sa voiture ne retombe pas en panne comme elle l'avait déjà fait le matin même. Qu'on s'est arrêtés à Tîrgu Mures (70 000 magyarophones) et qu'au grand étonnement de Violeta les gens étaient comme elle. Gentils et accueillants. 

    Mănâncă frumos, dit-elle à son mari qui ouvrait juste tout grand la bouche, că te fotografiază Peter! 

    *** 

    L'Adrienne a laissé un gros bout de son cœur en Roumanie 

    alors merci pour cet atelier 248, Leiloona!

  • Dernière...

    L'Adrienne a été fort paresseuse en cette fin d'année: elle n'a pas trouvé la force d'écrire des cartes de vœux. 

    Elle admire ses amis finlandais qui, année après année, sont les tout premiers: décembre est à peine entamé et voilà déjà les riches coloris de l'iconographie traditionnelle dans sa boite aux lettres: 

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    Bon réveillon et bonne année à vous tous qui passez par ici!

  • M comme medèn ágan

    Quand l'été dernier l'Adrienne a annoncé à l'amie Lutgart qu'elle passerait à un mi-temps dès la rentrée, celle-ci a applaudi en helléniste: 

    - Μηδὲν ἄγαν! 

    "Rien de trop", traduction littérale, ou "Point trop n'en faut", comme dit le proverbe en français, et "Qui trop embrasse mal étreint" (la mère de l'Adrienne ADORE ce proverbe). Bref: garder la juste mesure en toute chose. 

    Car s'il est une étiquette qui colle fâcheusement à l'Adrienne, c'est qu'elle "en fait trop". 

    Or, que lit-elle hier soir dans son magazine préféré? Exactement le même message, mais délivré comme une nouveauté made in Sweden, une panacée scandinave, une sagesse suédoise appelée lagom et qui dit exactement ce que disaient les Anciens: cherchez le juste milieu en toute chose. 

    Point trop n'en faut. 

    DSCI4318.JPG

    Ce n'est pas cette buveuse d'absinthe qui dira le contraire 

    tongue-out 

    tableau de Léon Spilliaert 
    photographié au MSK de Gand
    samedi dernier

     

     

  • R comme rengaine

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    En ouvrant sa porte, Maria a vu cette marée de parapluies. 

    - Zut! il pleut! 

    Elle a vite saisi le sien, l'a ouvert et a emboîté le pas à tous ces gens qui défilent dans les deux sens, la tête rentrée dans les épaules, les yeux fixés au sol pour éviter de marcher dans une flaque. 

    - Revoilà les jours sombres, disent les uns. 

    - On est repartis pour des semaines de grisaille, marmonnent les autres. 

    - La pluie, quand ça commence, ça ne s'arrête plus. 

    - Triste temps, triste pays! 

    Maria ne peut s'empêcher de sourire en entendant ces rengaines qui reviennent dans toutes les conversations chaque fois qu'une goutte d'eau tombe. 

    Arrivée à la grand-place, elle cherche des yeux son amie Nicole, avec qui elle a rendez-vous. La voilà, qui lui tourne le dos. Maria sourit en voyant cette grande distraite qui n'a de nouveau rien prévu pour se protéger de l'intempérie. 

    - Nicole! Viens vite te mettre à l'abri! 

    - A l'abri de quoi? 

    Ce n'est qu'en tendant son parapluie à son amie que Maria se rend compte qu'il ne pleut pas.

     

    *** 

    consigne et tableau chez Lakévio 
    que je remercie. 

  • K comme Krapoverie

    La journée avance et le bus avec les grands-parents n'est toujours pas en vue. Ernest n'a plus un radis et il ne reste quasiment rien du petit pécule de Bernadette. Vont-ils pouvoir planter leur tente quelque part dans les environs? C'est douteux! Ils ont déjà eu l'occasion de remarquer que rien - ou presque - n'est gratuit à Lourdes. 

    - On pourrait essayer les maisons religieuses, propose Bernadette, jamais à court de bonnes idées. Séparément, bien sûr! parce que ça m'étonnerait que les bonnes sœurs acceptent de nous loger ensemble. 

    Où trouve-t-elle encore la force de rire, se demande Ernest, qui devient plus sombre d'heure en heure, lui qui n'était déjà pas franchement gai pendant le voyage. 

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    Ils finissent par trouver une congrégation posant pour la photo souvenir comme un jeu de quilles, en quinconce et d'une symétrie tirée au cordeau. 

    - On dirait ma grand-tante Gudule et ses copines, s'esclaffe Bernadette. Celle qui est chez les bonnes sœurs à Lokeren. Attends-moi là, je vais me renseigner. 

    Malheureusement, ce n'étaient pas des Flamandes, mais des Polonaises. 

    - Tant pis, dit Bernadette, retournons dans le centre... 

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     C'est là qu'ils tombent enfin sur le groupe de touristes belges avec le grand-père, la grand-mère, le chauffeur du bus et un tas d'inconnus: tout le monde pose gravement devant un des autels extérieurs. 

    - Qu'est-ce que je suis contente de vous voir, tous les deux! s'écrie Bernadette en se jetant au cou de son grand-père et de sa grand-mère. Venez que je vous présente Ernest.  

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    C'est ainsi qu'Ernest, en prenant congé des grands-parents de Bernadette trois jours plus tard, a appris une petite phrase essentielle pour la suite des événements le concernant: 

    - Il faut vraiment que j'y aille, dit-il en remerciant une dernière fois le grand-père. Mes affaires m'attendent! 

    - Ah! s'exclame le grand-père, vous avez bien raison, mon garçon: les affaires, c'est comme les brouettes! Quand on ne les pousse pas, elles s'arrêtent! 

    - Merci, je m'en souviendrai, dit Ernest. 

    ***

    c'est avec cette photo chez Joe Krapov que tout a commencé 

    cool 

    le premier épisode est ici 

    toutes les autres photos proviennent des archives de mes grands-parents

  • B comme balade bruxelloise

    Sur le chemin du retour, entre le Cinquantenaire et la gare du Nord: 

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    La maison de Paul et Caroline Cauchie, architecte et décorateurs, rue des Francs 

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    Paul Cauchie est le grand spécialiste des sgraffites

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    La maison du peintre Georges Saint-Cyr, conçue par l'architecte Gustave Strauven, square Ambiorix,  

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    fait à peine 4 mètres de large 

    (un bijou de ferronnerie d'art devant lequel cette personne tenait à rester tongue-out)

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    L'hôtel Van Eetvelde, oeuvre de Victor Horta, avenue Palmerston 

    *** 

    Pour ceux qui voudraient tout voir, la liste complète est des bâtiments bruxellois art nouveau est ici et cinq belles balades (une par quartier concerné) sont proposées ici 

    Je me demande bien pourquoi les photos sont interdites à la maison Cauchie, on les trouve par centaines sur internet... 

    *** 

    Merci à Tania, grâce à qui j'ai découvert la maison Cauchie!

  • K comme Krapoverie

    Ernest et Bernadette ont vainement fait deux fois le tour des lieux de dévotion à pied, le vélo à la main, scrutant la foule pour essayer d'y retrouver deux visages connus. 

    - C'est bien joli tout ça, soupire Bernadette, mais j'aimerais enfin tomber sur mes grands-parents et rentrer en bus avec eux! Je n'ai pas envie de refaire tout le voyage du retour à bicyclette! 

    - Ni moi, dit Ernest. J'ai les fesses en charpie. Et mes affaires m'attendent... 

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    Pendant qu'Ernest et Bernadette tournicotaient entre la grotte et l'esplanade de la cathédrale, les grands-parents posaient tranquillement devant le bus qui avait amené sa petite colonie de Belges à une des étapes obligées du voyage à Lourdes, le cirque de Gavarnie. Le grand-père tenait fièrement sa toute nouvelle canne de randonneur, munie d'une pointe en fer. Elle ne lui servirait qu'à monter les trois marches du café des Pèlerins, où il avait repéré qu'on servait de la Stella. 

    Mais n'anticipons pas... 

     

    ***

    tout a commencé avec cette photo:

    ernest et bernadette.jpg

    photo, consigne et texte chez Joe Krapov, que je remercie! 

    les autres photos proviennent des archives de mes grands-parents

  • I comme Ivo

    Ivo Pogorelich joue Mozart 

    Sonate pour piano n°11 en fa majeur, KV 331 

    Morceau choisi pour illustrer le thème de la semaine 41 chez le Hibou 

    légèreté 

    jeu,hibou,musique,mozart,photo

    légèreté des graminées et de la lumière automnale 

    jeu,hibou,musique,mozart,photo

    légèreté de la promenade et des nuages 
    légèreté au cœur pour l'amie sur la photo
    qui ces dernières semaines 
    a subi de derniers tests 
    et termine sa cure de chimio 

  • R comme repos

    L'amie Anne affirme son bonheur de jardinière 

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    et me le fait partager 

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    au milieu des fleurs, des fruits, 

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    et des légumes. 

    2016-08-17 (9).JPG

    Ici aussi, le chat invite à suivre son exemple 

    cool 

    *** 

    Pour le projet du Hibou 

    semaine 34 - légume

     

  • Z comme zones

    Une lecture que je vous recommande et je remercie Tania de me l'avoir fait découvrir!

    http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=197

    zones.gif

  • U comme un, deux, trois bonheurs!

    A la claire fontaine
    Boire de l'eau glacée

    Chanter il y a longtemps que je t'aime...

    ***

    Dormir huit heures d'affilée
    Etre réveillée par des chants d'oiseaux
    Faire de beaux rêves...

    ***

    Gagner en âge comme en sagesse
    Heureuse de ce qu'on est
    Incurable optimiste...

    ***

    Jeux chez Asphodèle ou le Hibou,
    Krapoveries, Défis du samedi,
    Lakevio, La Licorne, A 1000 mains,
    Mil-et-une, Impromptus...

    Non on ne s'ennuie pas:
    On écrit et on lit
    Pour tous les blogamis.

    Que demander de mieux?
    Rien!

    jeu,blog,les joies d'internet,amitié

    et dans ma rue, des coquelicots pour Coumarine

    cool 

    ***

    Pour Filigrane

    jeu 18

    merci La Licorne!

  • 7 boules

    Sept boules, et elles ne sont pas de cristal. 

    Elles sont d'acier inoxydable... 

    006 (2).JPG

    Sept boules visibles ici sur les neuf 

    dont six qu'on peut visiter 

    ***

    pour le projet 52 du Hibou 

    semaine 23: sphère 

    ***

    et le week-end prochain 

    Adrienne revoit Bruxelles la belle 

    cool

     

  • I comme ineffable affabilité

    Quand on voyage en Finlande, on a l'impression d'être dans un pays véritablement bilingue: l'étiquetage dans les supermarchés, par exemple, est en finnois et en suédois. Le nom des rues aussi et si vous écrivez à vos amis finlandais, votre lettre arrivera sans encombres, que vous ayez opté pour l'adresse en finnois (katu) ou en suédois (gatan).

    Vous ne manquez pas de trouver ça admirable.

    Puis vous apprenez que les "suédophones" de Finlande ne forment qu'une toute petite minorité d'à peine 6% et vous admirez encore plus, que pour une tranche aussi infime de la population, on fasse de tels coûts et de tels efforts d'affabilité.

    Enfin, votre admiration devient émerveillement quand vous lisez l'histoire de ce pays: quoi, nul ressentiment envers celui qui a toujours été l'envahisseur? le "colonisateur"? nul rejet de la langue "de l'ennemi"?

    Finland Lempisaari Naantali.jpg

    source wikipedia 

    merci à Ralf et Pirkko
    qui m'ont fait découvrir leur pays aux mille lacs
    "et aux millions de moustiques"

    cool

     

  • P comme pain

    2016-03-19 au 29 (4) - kopie.JPG

    C'est la chaleur qui fait que le pain monte bien 

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    C'est la chaleur des briquettes de charbon qui a sauvé l'Adrienne cet hiver-là où son chauffage était en panne 

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    C'est la chaleur de l'amitié qui fait que l'Adrienne tient debout. 
    Merci à ma nièce qui n'est pas ma nièce et à ma tante qui n'est pas ma tante. 

    kiss

    ***

    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 16 - chaleur 

    ***

    parce que l'Adrienne non plus ne vit pas que de pain 

    tongue-out

     

  • I comme inspiration chez Tania

    On lui avait certifié qu'il y avait des sirènes. 

    Qu'on connaissait l'endroit. 

    Qu'on pourrait l'y amener. 

    Bien sûr, ça coûterait de l'argent. 

    Il faut bien vivre, n'est-ce pas? 

    Bien sûr, il faudrait l'attacher au mât. 

    A cause du chant des sirènes, n'est-ce pas? 

    Bien sûr, eux, les marins, se mettraient de bons bouchons d'oreilles. 

    Pour la même raison, n'est-ce pas? 

    Tania1.jpg

    Sur un tableau d'Albert Droesbeke (1896-1929)

    toute l'info chez Tania que je remercie

  • J comme João

    Pour toi, GBalland, en portugais kiss

    En 2011, João Pereira de Souza découvre un pingouin entre les rochers, sur un îlot non loin de Rio de Janeiro. L'animal est très mal en point et il ne faut pas moins d'une semaine pour le débarrasser de tout le mazout qui lui colle au corps. 

    Quand le pingouin est rétabli, il est remis à la mer. 

    Quelques mois plus tard, le revoilà sur l'île. Il retrouve l'homme qui l'a soigné et reste huit mois auprès de lui. Puis retourne sur les lieux de reproduction. 

    On estime que ce pingouin, depuis 2011, nage chaque année environ 8000 kilomètres pour retrouver son sauveur. 

    Les scientifiques et biologistes trouvent cette histoire tout à fait exceptionnelle... 

    Moi je la trouve exceptionnellement belle.

  • C comme café

    Ce sont les voyages en Italie qui ont fait que l'Adrienne, buveuse exclusive de thé, a découvert la saveur du café. 

    Découvert et pas redécouvert, car il n'a rien de comparable au café au lait qu'elle a bu chez sa grand-mère pendant toute son enfance, dans les grandes tasses Boch Frères à motifs bleus. 

    L'Homme raillait "la chaude eau" (1) et ne buvait que du café pour lequel il avait un percolateur. L'Adrienne a toujours trouvé le breuvage qui en sortait de qualité plutôt médiocre, même le plus fin des maragogype ne pouvait la convaincre de lâcher ses merveilleux thés de chez Fortnum & Mason.

    C'est la raison pour laquelle, suite à ses séjours chez des amis pourvus d'une magnifique machine à espresso, elle a commencé à rêver d'investir dans du beau matériel. 

    Non pas les dosettes et autres capsules vantées par des acteurs américains mais le fin du fin made in Italy qui coûte malheureusement dix fois plus.

    Et qui encombre aussi beaucoup plus. 

    Elle a failli se l'offrir à Noël. A reculé devant le prix et le volume de l'appareil. Puis elle a vu ceci:  

    café - kopie.jpg

    http://long.blog.lemonde.fr/2009/11/11/pause-cafe-premiere-partie/

    Encombrement zéro, prix dérisoire, utilisation d'une extrême facilité (2), entretien simplissime, aucune panne à craindre... et surtout, elle fait, selon Guillaume Long, le meilleur des cafés. café2 - kopie.gif

    café3 - kopie.gif

    café3 - kopie (2).gif

    http://long.blog.lemonde.fr/2009/11/12/pause-cafe-seconde-partie/

     

    Reste à trouver une boutique où ça se vend cool

    ***

    (1) voir Astérix chez les Bretons

    (2) l'Adrienne est une analphabète des modes d'emploi