art

  • O comme Oakoak

    L'artiste de street art Oakoak a eu "carte blanche" pour s'amuser autour de la place Sainte-Catherine et comme j'aime énormément ce genre d'humour pictural, je me dis qu'il faudra retourner à Bruxelles, un de ces jours... cool 

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    source de la photo et article ici avec un diaporama de nombreuses autres photos
    (Photos : EdA Mathieu Golinvaux)

  • R comme Rik

    Rik Wouters a peint, sculpté, dessiné des centaines de fois son épouse Nel, j'en parlais le 16 avril. Il a aussi réalisé des autoportraits qui montrent bien l'évolution du jeune et solide gars de 20 ans 

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    autoportrait de 1906 

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    à l'homme de 30 ans, détruit par la guerre et la maladie 

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    Rik à la blouse bleue, 1914

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    autoportrait au chapeau vert, 1915

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    autoportrait au bandeau noir, 1915 

     *** 

    Son biographe, Eric Min, écrit que le cancer de la mâchoire dont souffrait Rik Wouters est dû au fait qu'il a travaillé avec des produits nocifs dans des endroits trop confinés. Les logements successifs du couple étaient de modestes petites maisons, Rik ne disposait pas d'un véritable atelier. 

    Comme les héros tragiques de la littérature, c'est au moment où la consécration artistique et une large reconnaissance de son talent arrivent, que la guerre éclate, qu'il est mobilisé, puis enfermé dans un camp à Zeist, et qu'il tombe malade. D'un mal qu'on ne peut guérir mais pour lequel on le fait encore longuement souffrir, par exemple en l'opérant sans anesthésie, et qui de plus lui fait perdre la vue. 

    J'ai été émue de voir qu'à Zeist, où des amis parviennent à lui procurer du papier, des pinceaux, des couleurs, il peint l'unique arbre du paysage du camp 

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    Le grand sapin, vue du camp de Zeist (1915)

  • N comme Nel

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    Quand il la voit pour la première fois, il a vingt ans. C'est un grand Flamand blond aux yeux bleus, un solide gaillard, à peine sorti de l'atelier de menuiserie de son père pour perfectionner son art à Bruxelles. 

    Elle est une petite brune de 16 ans, une francophone de Schaarbeek. Hélène, qu'il appellera Nel et qui sera la femme de sa vie. Ils se marient trois ans plus tard, en 1905, et seule la guerre les séparera. La guerre, puis la mort de Rik, en 1916. 

    Ils ont donc droit à une dizaine d'années ensemble, comme mon grand-père et la petite Yvonne. Pour Rik et Nel, ce sont dix intenses années de production artistique et de vie de couple fusionnelle. 

    C'est Nel qu'il peint, dessine, sculpte. Nel avec sa "plus jolie robe" - celle qui est à rayures rouges et blanches - ou Nel nue. Nel en pleine activité ménagère - à son repassage, par exemple - ou au repos, lisant le journal. Nel en souriante santé ou alitée et malade. 

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    fusain de 1912, Nu au fauteuil d'osier 

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    aquarelle et encre de Chine, 1915, Le mouillage du linge 

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    Nel au chapeau rouge (1909)  

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    Nel en blouse blanche (La femme en blanc) 

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    Femme en noir lisant le journal (1912) 

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    La malade au châle blanc (1912) 

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    Malade au lit (aquarelle sans date) 

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    trois fois Nel en sculpture 

    vous avez jusqu'au 2 juillet pour y aller cool

     

  • M comme Masereel

    A travers toute son oeuvre, Frans Masereel a fait preuve d'un regard critique sur son époque et d'un indéfectible pacifisme. Son engagement est aussi celui d'un homme qui a toujours voulu rester positif: il montre de la confiance en l'avenir du genre humain, malgré tout. 

    Le Mu.ZEE d'Ostende lui consacre une expo qui a comme titre "la résistance en images"

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    Je vous montre d'abord cette gravure sur bois, "Le voyageur" (1922) parce qu'elle symbolise bien ce qu'il a beaucoup fait dans sa vie, voyager pour aller voir ailleurs par lui-même comment les choses s'y passent ou pour se mettre en sécurité, vu ses activités antinazies. 

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    "Amerika" (1922)
    Il fait deux voyages en URSS  

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    Char et église, 1935-36

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    Moscou, maisons anciennes et nouveaux buildings, 1935 

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    Ouvriers de chemin de fer en Russie, 1935-36, qui me font penser aux 'moujiks' dans le Général Dourakine, de la comtesse de Ségur wink 

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    Le Front populaire, 1936 

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    illustration pour le texte de Jules Laforgue (cliquer pour voir en grand) 

    L'expo se termine sur la grande fresque qu'il a réalisée pour l'Exposition universelle à Paris (1937) dans laquelle il exprime - un peu à la manière des affiches russes - sa foi en l'avenir: "La famille en lecture" le fait entrer dans la compagnie de ceux qui croient que l'art, la culture, la connaissance sont indispensables au genre humain, donc aussi à l'ouvrier. 

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    partie centrale du tableau

     

  • L comme Léon

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    La vie de Léon Spilliaert, né en 1881, donc 21 ans après James Ensor, présente tout de même pas mal de similitudes avec celle du grand maître qui le précède. Lui aussi naît à Ostende dans une famille de commerçants. Son père crée et vend des parfums pour lesquels dès l'enfance le petit Léon crée et dessine de jolies étiquettes et publicités. 

    Dans leur ville natale, tous deux ont fréquenté la même école, qui s'en enorgueillit aujourd'hui par une belle plaque de cuivre apposée à côté de l'entrée principale. Non, je ne l'ai pas photographiée tongue-out 

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    Parmi les documents écrits, cette lettre de nouvel an permet d'admirer sa belle calligraphie. On comprend que le papa lui confie la rédaction de ses étiquettes de parfums cool 

    En 1900, le jeune homme de 19 ans peut accompagner son père à l'Exposition universelle, à Paris. Il y reçoit sa première belle grande boîte de pastels. 

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    J'y ai surtout admiré cette oeuvre que je n'avais pas encore vue, oeuvre fragile - de l'encre sur du papier - représentant une "Dame avec voile" (1903).

    Avis aux amateurs: beaucoup de ses oeuvres se trouvent en photo sur wikipedia commons.  

  • K comme Kapellestraat

    C'est en retournant vers le parking que j'ai remarqué cette oeuvre du Porto-ricain Alexis Diaz, devant laquelle des tas de gens passaient sans la regarder, la Kapellestraat étant une rue piétonnière à vocation uniquement commerçante.

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    Ce curieux mélange de terre et de ciel, de vie et de mort, de références bibliques et de symboles, est pourtant placé à hauteur des yeux. 

    En face du casino, dans le bassin, le duo Schellekens et Peleman a installé son "inflatable refugee", qui a déjà pas mal voyagé, comme on peut le voir ici

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    A côté d'oeuvres en rapport avec les problèmes de notre temps - et de tous les temps - il y a celles qui se veulent purement esthétiques, comme celle-ci, qui n'était toujours pas achevée lundi, deux jours après l'ouverture 

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    Son concepteur est le Brugeois Stefaan De Croock, designer de formation. L'oeuvre est constituée de bois de récupération, vieilles planches, portes, parties de meubles mis au rebut. 

    Bref, entre les peintures de l'an dernier et celles de 2017, il y a encore de quoi remplir quelques séjours ostendais cool

    Et l'inachevé de l'autre jour? Lundi il était bel et bien terminé: 

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  • J comme James

    Au Mu.ZEE d'Ostende, la nouvelle aile consacrée aux deux "enfants du pays", James Ensor et Léon Spilliaert, vaut vraiment la visite. 

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    Voici maître James, âgé de 66 ans, contemplant la mer depuis la terrasse du Kursaal, en 1926. 

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    Sa "Grande Marine", dont Verhaeren, dans sa monographie sur James Ensor publiée en 1908, disait ceci: "l'horizon déchiqueté de lueurs saumonées et de nuages violets multiplie le ton et fait songer à quelque énorme oiseau de flamme qu'on déplumerait, au bord de l'espace. La mer fut pour l'oeil d'Ensor une admirable éducatrice. Rien de plus ténu et de plus frêle que la coloration d'une vague avec ses infinies désinences, avec sa mobilité lumineuse et myriadairement changeante." 

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    Parmi les documents écrits, ce feuillet sur lequel il s'est amusé - avec pas mal de dérision - à répondre au fameux questionnaire de Proust. Vous pouvez ouvrir la photo pour la voir en plus grand si vous cliquez dessus. 

    Enfin, on y apprend aussi davantage sur le sérieux qu'il mettait à son travail de compositeur et la fierté qu'il en retirait. On peut y écouter "La gamme d'amour" musique de ballet pour lequel il a dessiné les décors, les costumes et écrit la musique ainsi que le scénario. 

    Sacré bonhomme tongue-out 

    et après-demain, L comme Léon!

  • I comme impressions ostendaises

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    la même plage qu'avant-hier, mais parfaitement vide le lundi matin, comme l'aime Brigou cool 

    ostende,mer,belgique

    sur le mur du jardin japonais, le même canard que l'an dernier, toujours vivant laughing 

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    les cabines de plage, toujours aussi symétriques, malheureusement par manque de vent vous ne pouvez pas admirer le drapeau pirate 

    ostende,mer,belgique

    les jeunes arbres de la bibliothèque ouvrent leurs feuilles (c'est bien normal) 

    ostende,mer,belgique

    de plus en plus de particuliers restaurent les maisons anciennes 

    (la grande baie vitrée du rez-de-chaussée reflète la maison d'en face) 

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    les lavabos de la brasserie du Parc (1932) 

    et ci-dessous, la cage d'escalier 

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  • H comme Hannon

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    Théo Hannon et son copain James Ensor s'amusent autour d'un même thème... 

    (photos prises au Mu.Zee d'Ostende)

    ici, on peut voir un des portraits de Théo Hannon par James Ensor  

  • G comme grand, grand, grand

    Hier matin, certains artistes mettaient encore la dernière main à leur fresque murale.  

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    ici, un des membres du trio Hell'O Collective 

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    Pourtant, à 13.00 h. le bourgmestre était déjà présent, Achturenplein, pour l'ouverture officielle. 

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    j'aime bien les petits personnages de Jaune 

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    l'oeuvre de l'Argentin Francisco Bosoletti me paraît condamnée à une courte vie, vu son emplacement sur un immeuble en construction... 

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    le Mercator est tout beau sous le soleil 

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    le parc est tout beau sous les jets d'eau 

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    et à neuf heures du matin, la plage s'apprêtait pour les touristes

  • X c'est l'inconnu

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    Samedi dernier 

    près de la Bourse 

    (était-ce la rue Orts? je ne sais plus) 

    un graffeur était au travail: 

    après avoir passé une couche de peinture blanche sur les tags qui ornaient la palissade, il était en train d'esquisser les grandes lignes de son dessin. 

    Dans la main gauche, son smartphone sur lequel se trouvait le modèle à suivre, en mini-miniature, et dans la main droite, la bombe de peinture grise pour donner le modelé du dessin. 

    Je lui retire mon petit chapeau et je repasserai sûrement pour admirer le résultat final cool 

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    C'est seulement parce que je me suis arrêtée pour voir le graffeur, que j'ai remarqué les étages supérieurs du bâtiment d'à côté, entièrement recouverts de faïences en rapport avec la destination originale des lieux. 

    Si on ne lève pas la tête, on ne voit que le rez-de-chaussée et ses panneaux noirs invitant à aller jouer à des jeux de hasard. 

  • W comme wagon de train

    Maintenant que son prof de théâtre lui a parlé de Magritte, il est urgent pour monsieur Neveu de se rendre à Bruxelles. On lui avait proposé la visite du musée Magritte lors de son dernier séjour en Belgique, mais il avait poliment décliné. Cette fois, c'est la première chose qu'on fera tongue-out 

    Il ne faut jamais contrarier les vocations, disait mon père.

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    et on en a profité pour lui transmettre le goût du cappuccino cool

  • E comme élucubrations

    - Mais qu'est-ce que tu es encore allé crafouiller! vernifla sa tendre moitié, qui avait cessé de courouler au bout de trois mois de mariage.  

    - Et toi? se mit-il aussitôt à hurlir. Ça te fait jouir de me cagnasser les c... à tout bout de champ?  

    - Je berçois, essaya posément le conseiller conjugal, qu'entre vous deux tout est sujet à vichtailler. Or je suppose que, comme tout un chacun, vous préféreriez violoner plutôt que vous crascatuer comme des malpropres?  

    - Ah ça! pirpura-t-elle, pour ce qui est de violoner, avec lui, faudra repasser!  

    Et elle se mit à rire à gorge trochoyée tellement elle se trouvait loloyante et l'esprit d'à propos.  

    - Il faudrait cependant essayer d'hurspender les hostilités, sisselissait le conseiller conjugal de sa voix la plus épurlante, au lieu de vous écriper pour la moindre vétille...  

    - Mais qu'est-ce qu'il a à scrafougner, çui-là!?  

    - Tu l'as dit! groudit la tendre moitié. Y peut pas parler comme tout le monde?  

    - Et bien, flagit le conseiller conjugal, voilà qui est de bon augure, vous êtes enfin d'accord sur quelque chose! 

    *** 

    jeu,les joies d'internet

    L.H.O.O.Q.
    (Beaubourg, jeudi 5 janvier 2007)

    merci à Emma qui proposait ce petit jeu 
    il fallait utiliser 

    crafouiller, vernifler, courouler, hurlir, cagnasser, berçoire, violoner, vichtailler, crascatuer, pirpurer, trochoire, loloyer, hurspender, sisselir, épurler, écriper, scrafougner, groudir, flagir

     

  • 20 miracles de la nature (2)

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    "ceci n'est pas un arbre" 

    *** 

    à moins que ce soit une punition divine 

    du genre de celle qu'a subie la femme de Loth 

    pauvre vieille femme obligée de fuir 

    changée en statue de sel pour avoir osé regarder en arrière vers la ville qu'elle doit quitter de toute urgence en y laissant ses filles aînées 

    dont elle sait que malgré leur innocence elles ne seront pas épargnées par la colère divine 

    Bref 

    ceci n'est pas un arbre 

    quoiqu'il en ait toutes les apparences 

    et d'ailleurs la photographe ne s'en est aperçue qu'en prenant la photo: 

    c'est une statue 

    de bronze 

    d'un arbre qui a désobéi 

    probablement

     

  • Question (pas) existentielle

    question,art,souvenir

    La question n'est pas vraiment existentielle, pourtant elle occupe l'Adrienne depuis l'adolescence. 

    Au départ, elle se la posait uniquement pour la littérature, en particulier pour la poésie : qu'est-ce qui fait qu'une oeuvre appartient à l'ART avec un grand A? 

    La question s'est posée aussi pendant ses études: pourquoi le roman policier, par exemple, est-il "un genre mineur"? Ou la BD? 

    question,art,souvenir

    Même questionnement pour ce qui entrera ou non dans le panthéon des arts picturaux. A fortiori en ce qui concerne l'art contemporain. 

    Dans les années 80-90, l'Homme et l'Adrienne ont eu un artiste pour voisin. Un de ceux qui sont déjà dans les musées et qui ont droit à des expos à l'étranger. C'était donc le moment - a pensé cette naïve Adrienne - de discuter de ce qui fait la spécificité de l'art. Des critères d'évaluation, en quelque sorte. 

    Malheureusement, cette question a beaucoup fâché l'artiste et l'Adrienne est restée sur sa faim. 

    question,art,souvenir

    Alors en voyant ce billet chez Tania le 26 novembre dernier, toute cette conversation lui est revenue. Ainsi que l'incompréhensible fâcherie qui s'en est suivie. 

    De sorte que l'Adrienne a depuis ce jour lointain une autre question sans réponse: pourquoi un artiste refuse-t-il de discuter sur ce sujet? et pire: pourquoi cette question le met-elle en colère? 

    *** 

    photo 1: Marcel Broothaers, Sculpture morte, Beaubourg 

    photo 2: planche de Franquin pour Gaston Lagaffe, expo Beaubourg 

    photo 3: mur peint pas loin de Beaubourg, écho parfait à l'expo Magritte: Ceci n'est pas un graffiti 

  • J comme Jacquemart-André

    Une deuxième raison qui a incité l'Adrienne à son séjour parisien, c'est l'expo Rembrandt intime au musée Jacquemart-André. 

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    Malheureusement, les photos des chefs-d'oeuvre du grand maître hollandais étaient interdites, il faudra donc se contenter de cliquer sur le lien ci-dessus (un clic sur "galerie photos" permet de voir 7 des oeuvres exposées), la vidéo ci-dessous... ou aller les chercher sur internet tongue-out 

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  • H comme Hergé

    L'expo Hergé au Grand Palais était une des trois raisons qui ont poussé l'Adrienne à réserver une place dans le TGV pour Paris en ce début de janvier. 

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    Et franchement, elle valait le déplacement. 

    D'abord, parce qu'on y découvre un aspect peu connu de Georges Remi: sa carrière de graphiste et de concepteur d'affiches ou de logos publicitaires. 

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    Ensuite, parce que de nombreuses esquisses permettent d'admirer ses talents de dessinateur. C'est tout à fait impressionnant! 

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    esquisses pour le "mauvais" de Tintin au pays de l'or noir 

    voyage,paris,belge,belgique,bd,peinture,art

    mauvaise photo d'un crayonné où Milou résiste à la tentation 

    Bien sûr, elle permet aussi de retracer toute sa carrière, la naissance et l'évolution de tous ses personnages de bandes dessinées, sa rencontre décisive avec Tchang et son souci croissant de perfectionnisme jusque dans les moindres détails. 

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    Hergé et Tchang à Bruxelles en 1931 

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    Enfin, parce qu'on y découvre encore un autre aspect méconnu de Georges Remi: son intérêt pour l'art moderne et sa pratique de la peinture à l'huile. Sa modestie seule faisait qu'il se considérait comme "un peintre du dimanche". 

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    Bref, vous avez encore jusqu'au 15 janvier pour y courir, si vous êtes dans le coin cool

  • B comme balade bruxelloise

    Sur le chemin du retour, entre le Cinquantenaire et la gare du Nord: 

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    La maison de Paul et Caroline Cauchie, architecte et décorateurs, rue des Francs 

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    Paul Cauchie est le grand spécialiste des sgraffites

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    La maison du peintre Georges Saint-Cyr, conçue par l'architecte Gustave Strauven, square Ambiorix,  

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    fait à peine 4 mètres de large 

    (un bijou de ferronnerie d'art devant lequel cette personne tenait à rester tongue-out)

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    L'hôtel Van Eetvelde, oeuvre de Victor Horta, avenue Palmerston 

    *** 

    Pour ceux qui voudraient tout voir, la liste complète est des bâtiments bruxellois art nouveau est ici et cinq belles balades (une par quartier concerné) sont proposées ici 

    Je me demande bien pourquoi les photos sont interdites à la maison Cauchie, on les trouve par centaines sur internet... 

    *** 

    Merci à Tania, grâce à qui j'ai découvert la maison Cauchie!

  • Y comme yatsuhashi

    Yatsuhashi, nous dit le conférencier, signifie 'huit ponts'. C'est un thème pictural qui trouve son origine dans un recueil de poèmes et de récits du 10e siècle, Ise monogatariun grand classique de la littérature japonaise traditionnelle. 

    Vous verrez donc de nombreuses estampes sur ce thème, dont certaines vraiment exquises, avec des iris bleus. 

    Vous les verrez, si vous allez à l'expo au Cinquantenaire tongue-out et certainement aussi en cherchant un peu dans l'immense grenier-à-fouillis qu'est la Toile. 

    Cependant, ce ne sont pas celles-là que j'ai photographiées: comme d'habitude, mon appareil photo commençait à montrer des signes de fatigue - trop d'arbres avaient attiré son attention en cours de route - et je devais opérer une sélection sévère, comme à l'époque des films à 36 photos... 

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    Par contre, j'ai photographié ce pont-ci, sur une estampe qui ressemble à une planche de BD, où des gens se pressent sous la pluie. Ne me demandez pas de qui est cette oeuvre: comme je l'ai expliqué précédemment à Tania, on devait déposer nos sacs au vestiaire mais on pouvait photographier sans flash. Je ne me suis donc pas encombrée de mes habituels stylo et carnet, j'ai juste pris l'appareil photo. Inutile de dire qu'avec ma formidable mémoire - et ma merveilleuse connaissance du japonais - je n'ai retenu aucun nom. 

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    merveilleux rendu d'une nuit étoilée et de lumignons dans une ville japonaise du 19e siècle 

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    Et en fin de parcours, des oeuvres dans l'esprit "ukijo-e" de Dimitri Piot, auteur de BD et illustrateur. 

    C'est vraiment très beau, très poétique et en même temps un peu étrange de voir des paysages bruxellois représentés dans le style des estampes japonaises, comme ci-dessus, l'arc du Cinquantenaire sous la neige.

  • V comme voyage, voyage

    Dimanche dernier, l'Adrienne est allée au musée du Cinquantenaire pour voir l'expo sur les estampes japonaises: http://www.kmkg-mrah.be/fr/expositions/ukiyo-e

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    c'est la célèbre vague de Hokusai (1760-1849) qui sert d'affiche à l'expo 

    mais on commence par le 18e siècle

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    Suzuki Harunobu (1724-1770), le premier à imprimer plusieurs couleurs (en 1765) 

    la dame en vert a un chat sur les genoux 

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    triptyque de Kubo Shunman (1757-1820)
    avec trois phases du travail des draps de laine (à gauche le foulage) 

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    un de mes préférés de Hokusai 
    surtout pour le point de vue original, à hauteur du faîte, avec dans le bas la ville cachée par les nuages d'où sort un cerf-volant et bien sûr dans le fond, le pic neigeux du mont Fuji 

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    et pour terminer, un aspect de Hokusai qui m'était inconnu 

    mais qui cadre bien avec Halloween qui s'approche 

    yell

     

  • Y comme yeah!

    L'Adrienne est une yé-yé attardée à qui on peut faire chanter, avec un plaisir toujours renouvelé, The lion sleeps tonight (Weiss, Peretti et Creatore), I can't help falling in love with you (des mêmes), un chant folklorique congolais, Everything I do, I do it for you (Adams, Kamen et Lange), We are the world (M. Jackson), Happy together (Bonner et Gordon), un air de Papageno (Mozart, Die Zauberflöte) ou Alegria (Cirque du soleil). 

    Mais hier soir, c'était le top cool

    L'école de musique organisait un cours de chant des 15e et 16e siècles. 

    Le pied, quoi tongue-out

    Ma Julieta, Dama (Espagne, 15e siècle) 

      

    Pavane (Belle qui tiens ma vie) France 16e siècle 

    Greensleeves, Angleterre 16e siècle

  • P comme Paris

    Vous savez à quoi l'Adrienne a passé sa soirée de samedi, au lieu de préparer son billet du lendemain matin? 

    Non? 

    Je vais vous le dire. 

    D'abord, elle a lu qu'une expo sur Magritte allait s'ouvrir au Centre Pompidou. Elle a passé un bon bout de temps à lire tout ce qui la concernait avant de décider qu'elle voulait absolument la voir. 

    Vous devinez la suite... 

    Trouver une date dans le calendrier. 

    Trouver un hôtel pas trop cher du côté de la gare du Nord. 

    Trouver une place dans le TGV. 

    Bref, c'est réglé cool et comme disait l'autre, "Lafayette, nous voici" 

    (je parle de rue et des Galeries, bien entendu)

    paris,expo,art,voyage,peinture,belge,belgique

  • Adrienne aime Léon

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    Il aime la mer, surtout quand la nuit tombe 

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    Il aime les dunes et la douceur du sable 

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    Il aime les ombres mystérieuses sous la lune 

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    Il aime ces ruelles d'Ostende qu'on appelle des "rampes" vers la mer 

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    Il aime les arbres sous la neige 

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    Il s'appelle Léon comme mon père 

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    et il est Ostendais 

    tongue-out 

    Léon Spilliaert (1881-1946) 

    L'autoportrait date de 1906

     

  • I comme incipit

    La maison est petite, il y a trop peu de place pour les livres, ils sont entassés dans des boites - ça permet d'en mettre plus sur moins d'espace - et la mort dans l'âme j'en ai donné quelques-uns, par-ci, par-là... 

    Puis, avec ce qu'on me connaît comme "suite dans les idées", j'arrive dans une ville nouvelle - Lyon, par exemple - et dès le premier jour il y a la visite obligatoire d'une librairie. 

    Le second jour aussi, d'ailleurs. 

    Pas pour acheter, me dis-je en entrant, vu que (etc. voir plus haut) mais pour le simple plaisir de voir et de manipuler des bouquins, de découvrir les nouveautés, de lire des incipits, des excipits et des pages 99 tongue-out

    Après évidemment on sort de là avec un ou deux livres qui ont été tellement irrésistibles que les bonnes résolutions n'ont pas été tenues. 

    Ce qui est le sort de la plupart des bonnes résolutions. 

    "Madera était lourd. Je l'ai saisi sous les aisselles, j'ai descendu à reculons les escaliers qui conduisaient au laboratoire. Ses pieds sautaient d'une marche à l'autre, et ces rebondissements saccadés, qui suivaient le rythme inégal de ma descente, résonnaient sèchement sous la voûte étroite. Nos ombres dansaient sur les murs. Le sang coulait encore, visqueux, qui suintait de la serviette-éponge saturée, glissait en traînées rapides sur les revers de soie, se perdait dans les plis de la veste, filets glaireux, très légèrement brillants, qu'arrêtait la moindre rugosité de l'étoffe, et qui perlaient parfois jusqu'au sol, où les gouttes explosaient en tachetures étoilées. Je l'ai déposé au bas de l'escalier, tout près de la porte du laboratoire, et je suis remonté pour prendre le rasoir et éponger les taches de sang avant qu'Otto ne revienne. Mais Otto est rentré presque en même temps que moi, par l'autre porte." 

    Georges Perec, Le Condottière, coll. Points, 2013 (incipit) 

    Une oeuvre de jeunesse de Perec qui avait été refusée à l'époque par les maisons d'édition et dont la publication est largement posthume; une histoire de faussaire écrite en 1960, il avait 24 ans. Perec est mort en 1982, le livre a été publié 30 ans plus tard. 

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    source de l'image, info et extrait ici: 
    http://www.seuil.com/ouvrage/le-condottiere-georges-perec/9782021030532

  • O comme objets funéraires

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    Parmi les figurines en provenance d'une tombe de l'Egypte antique, cette vache en train de vêler.

    (photo prise au musée des Beaux-Arts de Lyon)

    voyage, art

    voyage, art

    J'ai trouvé tout ça, pour des raisons diverses, très émouvant.

  • N comme Napoléon

    "Les édiles veulent relancer le commerce des manufactures lyonnaises (...) Grand consommateur, l'Etat comprend aussitôt les enjeux et envoie à Lyon - fait unique en province - quelque 110 tableaux entre 1803 et 1811."

    Voilà ce qu'on peut lire dans le guide du Routard (Lyon).

    Et en effet, tous les Rubens, Jordaens, Jan Breugel l'Ancien... sont des "envois de l'Etat", les uns de 1805, les autres de 1811.

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    Rubens, Saint Dominique et saint François préservant le monde de la colère divine, "envoi de l'Etat" en provenance directe de l'église des Dominicains d'Anvers...

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    Jordaens, Visitation, "envoi de l'Etat" en provenance directe de l'église Notre-Dame de la Visitation à Rupelmonde...

    deux exemples parmi des dizaines d'autres

    ***

    http://portal.unesco.org/culture/es/files/32653/117249653415LeMonde.pdf/LeMonde.pdf

    http://www.humanite.fr/culture/faut-il-rendre-les-oeuvres-d%E2%80%99art-leurs-pays-d%E2%80%99origine%3F-487651

    "Napoléon a été un des plus grands acteurs de pillage d’œuvres d’art. Il a pillé à travers l’Europe partout ou il est allé combattre : l’Egypte, la Russie, la Prusse, l’Italie, etc.. et a dépouillé de nombreux musées de leurs trésors pour rapporter ces œuvres au musée du Louvre. (...) Le Congrès de Vienne en 1815 a mis un terme à ce pillage généralisé des spoliations napoléoniennes, considérées comme les plus importantes dans l’histoire de l’Humanité (...)"

    in http://doc.sciencespo-lyon.fr/Ressources/Documents/Etudiants/Memoires/Cyberdocs/MFE2013/gay_a/pdf/gay_a.pdf

     

  • H comme horizons wallons

    L'Adrienne a emmené sa mère et monsieur neveu à la découverte du parc et du château de Beloeil, domaine des princes de Ligne.

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    dans le bâtiment à droite, un resto-tea room-snack

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    et sa fenêtre des toilettes avec vue tongue-out 

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    et voilà deux personnes que vous allez commencer à bien connaître cool 

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    des horizons formés de beaucoup d'arbres et de plans d'eau, on ne s'en lasse pas...

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    bref, l'Adrienne y a pris une cinquantaine de photos...

    wink

     

     

  • Question existentielle

    "Cette vieille question: 'Qui sommes-nous?', trouve une réponse décevante dans le monde où nous devons vivre. Nous ne sommes, en effet, que les sujets de ce monde prétendument civilisé, où l'intelligence, la bassesse, l'héroïsme, la bêtise, s'accommodant fort bien les uns des autres, sont à tour de rôle d'actualité. Nous sommes les sujets de ce monde incohérent et absurde, où l'on fabrique des armes pour empêcher la guerre, où la science s'applique à détruire, à construire, à tuer, à prolonger la vie des moribonds, où l'activité la plus folle agit à contresens; nous vivons dans un monde où l'on se marie pour de l'argent, où l'on bâtit des palaces qui pourrissent abandonnés devant la mer. Ce monde tient encore debout tant bien que mal, mais on voit déjà briller dans la nuit les signes de sa ruine prochaine.

    Il paraîtra naïf et inutile de redire ces évidences pour ceux qu'elles ne gênent pas et qui profitent tranquillement de cet état de choses. Ceux-là qui vivent de ce désordre aspirent à le consolider et les seuls moyens qui lui soient compatibles étant de nouveaux désordres, ils concourent, en replâtrant le vieil édifice à leur manière dite "réaliste", à précipiter sans le savoir sa chute prochaine."

    ***

    Je lis ce texte et je me demande en quelle année il a été écrit. Je vérifie. En 1938. Bien, on comprend: ça se vérifie, pour l'époque.

    Et pour la nôtre? Pour la nôtre aussi, il me semble.

    Vous voulez savoir qui en est l'auteur? Ou vous préférez deviner?

    tongue-out 

    Je vous mets sur la piste: c'est le début d'une conférence donnée à Anvers le 20 novembre 1938.

    Par René Magritte.

    Oui, oui, celui-là même dont tout le monde connaît la pipe.

    Je vous rajoute un petit paragraphe?

    ***

    "Cependant, il nous faut nous défendre de cette médiocre réalité façonnée par des siècles d'idolâtrie pour l'argent, les races, les patries, les dieux et j'ajouterai d'idolâtrie pour l'art."

    Conférence reprise dans "Les mots et les images", éd. Espace Nord, 2012, p.39.

    histoire,art,actualité,lire,lecture,lecteur

    un Guernica signé par les enfants de l'école primaire
    ne risque pas l'idolâtrie
    tongue-out

  • I comme inspiration chez Tania

    On lui avait certifié qu'il y avait des sirènes. 

    Qu'on connaissait l'endroit. 

    Qu'on pourrait l'y amener. 

    Bien sûr, ça coûterait de l'argent. 

    Il faut bien vivre, n'est-ce pas? 

    Bien sûr, il faudrait l'attacher au mât. 

    A cause du chant des sirènes, n'est-ce pas? 

    Bien sûr, eux, les marins, se mettraient de bons bouchons d'oreilles. 

    Pour la même raison, n'est-ce pas? 

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    Sur un tableau d'Albert Droesbeke (1896-1929)

    toute l'info chez Tania que je remercie

  • E comme Ensor

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    En 1964, Félix Labisse peint ce portrait de James Ensor (décédé en 1949) Il s'y représente à ses côtés, avec la mer comme décor. Le troisième personnage est une figure "folklorique" ostendaise qu'on appelait par dérision "Col & manchette" parce qu'il s'habillait uniquement à la mode de la Belle Epoque, avec haut col dur et grandes manchettes.

    Le titre du tableau est Bonjour Monsieur Ensor
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    La peinture de Labisse et cette photo-ci ont été prises dans la maison de James Ensor

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    Sur cette gravure de 1888, Ensor se représente tel qu'il sera en 1960. Il a 28 ans et ne pense pas devenir centenaire...

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    Et ici le jeune homme de 23 ans smile

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    "Masque constant et sourire sans fin"