avion

  • 22 choses à faire pour passer le temps dans un aéroport

    Zaventem, premier juillet 2012

    1.au lieu de se précipiter, faire du trajet entre l'entrée et le lieu de l'embarquement une longue promenade de badaud

    2.choisir la plus grande librairie et feuilleter tous les magazines et livres qui vous intéressent; en ressortir tout naturellement avec le dernier numéro du Magazine Littéraire consacré à l'éloge du voyage

    3.s'offrir un cappuccino chez Rouge: il coûte 3,90 € mais les sièges sont moelleux et on vous le sert avec un gros beignet

    4.profiter des soldes pour oser entrer dans les boutiques de luxe; ne rien acheter

    5.pousser le vice jusqu'à essayer "just for the fun" un jean blanc Armani et être heureuse de constater qu'avec votre mètre soixante-cinq, le pantacourt prend des allures de "tu vas aux fraises?" ou "tu as de l'eau dans ta cave?"

    6.chercher une baraquette où on vend des fruits; voilà ce qui vous prendra le plus de temps et ne vous coûtera rien: vous n'en trouverez pas

    7.entrer dans un magasin de chaussures et essayer des modèles de star; faire tomber une pile de boîtes, tout soigneusement remettre en place

    8.observer les gens, source inépuisable d'émerveillement

    9.écouter toutes les langues autour de vous et essayer de les identifier

    10.tenter de joindre votre mère au téléphone; elle n'est pas chez elle et son portable n'est pas allumé, pourtant la veille encore elle vous avait bien redit de noter son nouveau numéro, "comme ça tu pourras me contacter si tu veux"...

    11.essayer de voir le titre ou l'auteur du livre que les gens lisent autour de vous; à ma gauche, The last siege, Constantinople 1453 et à ma droite, Ne vous retournez pas, Maud Tabachnik

    12.vous demander pourquoi l'aéroport préconisait de venir au moins deux heures à l'avance: en ce dimanche après-midi, il fait fort calme

    13.écouter les conversations téléphoniques; difficile de faire autrement, même en se bouchant les oreilles

    14.admirer la vue sur les gros-gros-zavions

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    15.lire; ce qui prend trois fois plus de temps que normalement, à cause des cris d'enfants, des appels répétés pour d'autres vols, des sonneries diverses de téléphone (très en vogue actuellement, la sonnerie qui ressemble à celle qu'émettaient les vieux appareils en bakélite noir dans les films américains des années 40)

    16.penser à vos blogamis en feuilletant le Magazine Littéraire: l'éditorial consacré à Proust vous fait sourire et penser à ceux qui l'ont dévoré avec passion (et même fait le pèlerinage à Combray) et ceux qui ne sont jamais venus au bout du premier volume; page 7 une pub pour les (très onéreux) ateliers d'écriture de la NRF; page 9 un article en clin d'oeil à Nuages, Utopie et uchronie Clin d'œil

    17.méditer un instant sur la citation de Charles Dantzig trouvée en page 29: "Ah, les blogs. Pour l'écrivain, les blogs sont un assèchement de la littérature. Aucun travail de forme."

    18.enlever la veste, enlever l'écharpe, remettre la veste, remettre l'écharpe... (ad libitum): la climatisation est un brin trop fraîche...

    19.balancer entre le dédsir de bouger encore un peu avant les deux heures d'avion et l'envie de rester tranquillement assise avec le permis d'embarquer tout près en main

    20.tant qu'à faire, commencer à s'exercer à parler la langue du pays où on va et se faire de grandes conversations dans la tête

    21.prendre papier et stylo et faire la liste des 22 choses à faire pour passer le temps dans un aéroport

    22.constater que tout à coup tout le monde se lève pour faire la queue; rester encore un peu assise et s'offrir une dernière fois le luxe de se laver abondamment les mains aux toilettes...

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    et tout ça pour avoir A room with a view Cool

  • Questions existentielles aéronautiques

    J'ai encore pris l'avion ces derniers temps et je me suis une fois de plus étonnée au moment de l'atterrissage.

    Pourquoi, ah dites-moi pourquoi les gens continuent à applaudir? Continue-t-on à considérer ce moment où l'avion touche le tarmac comme un exploit suprême de la part du pilote? Est-ce pour conjurer la peur et l'émotion que tant de gens, moi y compris, semblent encore avoir à ce moment-là? Est-ce le soulagement d'être arrivés à bon port après avoir flotté dans les airs et que ce phénomène reste entouré d'une aura de mystère?

    Moi je n'applaudis jamais. Car si je le faisais pour les pilotes, il me faudrait à plus forte raison le faire pour les chauffeurs de bus qui m'ont amenée à l'école ces dernières semaines, quand les routes enneigées et verglacées m'empêchaient de prendre la voiture. Ou pour l'amie qui a bravé les intempéries pour me ramener chez moi. Et pour tant d'autres. Mais vous m'avez comprise, n'est-ce pas.

    Et puis tant que j'y suis, j'ai une autre question de la même (naïve) eau. Ou même deux. Les perspicaces auront noté les s du pluriel dans mon titre ;-)

    Pourquoi, au décollage et à l'atterrissage, éteint-on les lumières à l'intérieur de l'avion alors que chacun peut allumer la petite lampe au-dessus de sa tête pour poursuivre sa lecture? On est même invité à le faire.

    Et pourquoi, toujours au décollage et à l'atterrissage, nous demande-t-on de garder les petits volets des hublots bien ouverts? Pour nous permettre d'admirer et de filmer la catastrophe au cas où elle se produirait?