belge

  • 20 miracles de la nature (5)

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    Indéniablement, les murs de l'Adrienne sont Belges:  

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    ici on voit bien que le vrai mur belge s'effrite 

    *** 

    petite mise au point pour les amis français qui auraient envie d'en rajouter,  

    paraphrasant Cyrano,  à propos de ses "folles plaisanteries" 

    Car si je me les sers moi-même avec assez de verve 
    Je ne permets pas qu'un autre me les serve. 

    tongue-out

  • N comme Nel

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    Quand il la voit pour la première fois, il a vingt ans. C'est un grand Flamand blond aux yeux bleus, un solide gaillard, à peine sorti de l'atelier de menuiserie de son père pour perfectionner son art à Bruxelles. 

    Elle est une petite brune de 16 ans, une francophone de Schaarbeek. Hélène, qu'il appellera Nel et qui sera la femme de sa vie. Ils se marient trois ans plus tard, en 1905, et seule la guerre les séparera. La guerre, puis la mort de Rik, en 1916. 

    Ils ont donc droit à une dizaine d'années ensemble, comme mon grand-père et la petite Yvonne. Pour Rik et Nel, ce sont dix intenses années de production artistique et de vie de couple fusionnelle. 

    C'est Nel qu'il peint, dessine, sculpte. Nel avec sa "plus jolie robe" - celle qui est à rayures rouges et blanches - ou Nel nue. Nel en pleine activité ménagère - à son repassage, par exemple - ou au repos, lisant le journal. Nel en souriante santé ou alitée et malade. 

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    fusain de 1912, Nu au fauteuil d'osier 

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    aquarelle et encre de Chine, 1915, Le mouillage du linge 

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    Nel au chapeau rouge (1909)  

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    Nel en blouse blanche (La femme en blanc) 

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    Femme en noir lisant le journal (1912) 

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    La malade au châle blanc (1912) 

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    Malade au lit (aquarelle sans date) 

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    trois fois Nel en sculpture 

    vous avez jusqu'au 2 juillet pour y aller cool

     

  • M comme Masereel

    A travers toute son oeuvre, Frans Masereel a fait preuve d'un regard critique sur son époque et d'un indéfectible pacifisme. Son engagement est aussi celui d'un homme qui a toujours voulu rester positif: il montre de la confiance en l'avenir du genre humain, malgré tout. 

    Le Mu.ZEE d'Ostende lui consacre une expo qui a comme titre "la résistance en images"

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    Je vous montre d'abord cette gravure sur bois, "Le voyageur" (1922) parce qu'elle symbolise bien ce qu'il a beaucoup fait dans sa vie, voyager pour aller voir ailleurs par lui-même comment les choses s'y passent ou pour se mettre en sécurité, vu ses activités antinazies. 

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    "Amerika" (1922)
    Il fait deux voyages en URSS  

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    Char et église, 1935-36

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    Moscou, maisons anciennes et nouveaux buildings, 1935 

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    Ouvriers de chemin de fer en Russie, 1935-36, qui me font penser aux 'moujiks' dans le Général Dourakine, de la comtesse de Ségur wink 

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    Le Front populaire, 1936 

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    illustration pour le texte de Jules Laforgue (cliquer pour voir en grand) 

    L'expo se termine sur la grande fresque qu'il a réalisée pour l'Exposition universelle à Paris (1937) dans laquelle il exprime - un peu à la manière des affiches russes - sa foi en l'avenir: "La famille en lecture" le fait entrer dans la compagnie de ceux qui croient que l'art, la culture, la connaissance sont indispensables au genre humain, donc aussi à l'ouvrier. 

    art,peinture,belge,belgique,ostende

    partie centrale du tableau

     

  • L comme Léon

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    La vie de Léon Spilliaert, né en 1881, donc 21 ans après James Ensor, présente tout de même pas mal de similitudes avec celle du grand maître qui le précède. Lui aussi naît à Ostende dans une famille de commerçants. Son père crée et vend des parfums pour lesquels dès l'enfance le petit Léon crée et dessine de jolies étiquettes et publicités. 

    Dans leur ville natale, tous deux ont fréquenté la même école, qui s'en enorgueillit aujourd'hui par une belle plaque de cuivre apposée à côté de l'entrée principale. Non, je ne l'ai pas photographiée tongue-out 

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    Parmi les documents écrits, cette lettre de nouvel an permet d'admirer sa belle calligraphie. On comprend que le papa lui confie la rédaction de ses étiquettes de parfums cool 

    En 1900, le jeune homme de 19 ans peut accompagner son père à l'Exposition universelle, à Paris. Il y reçoit sa première belle grande boîte de pastels. 

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    J'y ai surtout admiré cette oeuvre que je n'avais pas encore vue, oeuvre fragile - de l'encre sur du papier - représentant une "Dame avec voile" (1903).

    Avis aux amateurs: beaucoup de ses oeuvres se trouvent en photo sur wikipedia commons.  

  • K comme Kapellestraat

    C'est en retournant vers le parking que j'ai remarqué cette oeuvre du Porto-ricain Alexis Diaz, devant laquelle des tas de gens passaient sans la regarder, la Kapellestraat étant une rue piétonnière à vocation uniquement commerçante.

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    Ce curieux mélange de terre et de ciel, de vie et de mort, de références bibliques et de symboles, est pourtant placé à hauteur des yeux. 

    En face du casino, dans le bassin, le duo Schellekens et Peleman a installé son "inflatable refugee", qui a déjà pas mal voyagé, comme on peut le voir ici

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    A côté d'oeuvres en rapport avec les problèmes de notre temps - et de tous les temps - il y a celles qui se veulent purement esthétiques, comme celle-ci, qui n'était toujours pas achevée lundi, deux jours après l'ouverture 

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    Son concepteur est le Brugeois Stefaan De Croock, designer de formation. L'oeuvre est constituée de bois de récupération, vieilles planches, portes, parties de meubles mis au rebut. 

    Bref, entre les peintures de l'an dernier et celles de 2017, il y a encore de quoi remplir quelques séjours ostendais cool

    Et l'inachevé de l'autre jour? Lundi il était bel et bien terminé: 

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  • J comme James

    Au Mu.ZEE d'Ostende, la nouvelle aile consacrée aux deux "enfants du pays", James Ensor et Léon Spilliaert, vaut vraiment la visite. 

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    Voici maître James, âgé de 66 ans, contemplant la mer depuis la terrasse du Kursaal, en 1926. 

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    Sa "Grande Marine", dont Verhaeren, dans sa monographie sur James Ensor publiée en 1908, disait ceci: "l'horizon déchiqueté de lueurs saumonées et de nuages violets multiplie le ton et fait songer à quelque énorme oiseau de flamme qu'on déplumerait, au bord de l'espace. La mer fut pour l'oeil d'Ensor une admirable éducatrice. Rien de plus ténu et de plus frêle que la coloration d'une vague avec ses infinies désinences, avec sa mobilité lumineuse et myriadairement changeante." 

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    Parmi les documents écrits, ce feuillet sur lequel il s'est amusé - avec pas mal de dérision - à répondre au fameux questionnaire de Proust. Vous pouvez ouvrir la photo pour la voir en plus grand si vous cliquez dessus. 

    Enfin, on y apprend aussi davantage sur le sérieux qu'il mettait à son travail de compositeur et la fierté qu'il en retirait. On peut y écouter "La gamme d'amour" musique de ballet pour lequel il a dessiné les décors, les costumes et écrit la musique ainsi que le scénario. 

    Sacré bonhomme tongue-out 

    et après-demain, L comme Léon!

  • H comme Hannon

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    Théo Hannon et son copain James Ensor s'amusent autour d'un même thème... 

    (photos prises au Mu.Zee d'Ostende)

    ici, on peut voir un des portraits de Théo Hannon par James Ensor  

  • F comme found in translation

    Nul ne sait ce que, du langage d’autrui, Robinson, qui ne parle pas du tout, comprend ou ne comprend pas. À certaines expressions courtes prononcées dans des circonstances précises, il répond par un comportement approprié : il se dirige vers la cuisine si je lui dis « On va manger » et, quand je répète « Trampoline », il se rend dans mon bureau, pièce qui contient bel et bien, à son intention, un petit trampoline. À « Dis au revoir », il réagit par un geste minimal, en levant l’avant-bras et en pliant l’index, et à « Donne un bisou » en tendant la joue sans pour autant bouger les lèvres. S’il vient de jeter un objet par terre, par exemple sa casquette lors de notre promenade, il me prouve, en le récupérant, qu’il connaît la signification de « Ramasse ! » Lorsqu’il est de bonne volonté, il obtempère aussi à « Appuie sur le bouton », « Éteins la lumière », « Assis » ou « Ferme la porte. » Et, quand il s’est emparé d’une tranche de pain et qu’ayant à peine mordu celle-ci, il désigne le frigo, en geignant, pour demander un yaourt à la vanille, il comprend « D’abord ton pain ! », ce qui suppose tout de même une forme de conditionnel. Mais, à ma connaissance, son rapport au langage ne va guère au-delà. 

    Extrait de Robinson, du Liégeois Laurent Demoulin, publié chez Gallimard en 2016, un livre autobiographique qui parle de la relation entre un père et son fils autiste.

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    source de la photo et interview avec l'auteur ici 

    Passa Porta propose un Found in translation, c'est-à-dire une rencontre avec l'auteur et sa traductrice (http://passaporta.be/passa-porta-lab/found-in-translation) rencontre à laquelle on peut participer si notre traduction néerlandaise de ce texte est retenue. 

    Niemand weet wat Robinson, die helemaal niet spreekt, van andermans taal begrijpt of niet begrijpt. Enkele korte uitdrukkingen, uitgesproken in welomschreven omstandigheden, beantwoordt hij met gepast gedrag: hij begeeft zich naar de keuken als ik hem zeg "We gaan eten" en als ik "Trampoline" herhaal, gaat hij naar mijn bureau, een ruimte waar inderdaad ter zijne intentie een kleine trampoline staat. Op "Zeg gedag" reageert hij met een minimaal gebaar, een geheven voorarm en geplooide wijsvinger, en bij "Geef een zoen" reikt hij de wang aan, weliswaar zonder de lippen te bewegen. Als hij een voorwerp op de grond gooit, bijvoorbeeld zijn pet tijdens onze wandeling, bewijst hij mij, door die terug te nemen, dat hij de betekenis kent van "Oprapen!". Als hij van goede wil is, geeft hij ook gevolg aan "Druk op de knop", "Doe het licht uit", "Zit" of "Sluit de deur". En als hij een sneetje brood genomen heeft en al kreunend naar de koelkast wijst om een vanilleyoghurt te vragen, terwijl hij nog maar een beet van zijn brood nam, begrijpt hij "Eerst je brood", wat toch een zekere notie van de voorwaardelijke wijs veronderstelt. Maar bij mijn weten reikt zijn verhouding tot taal niet veel verder.

     

  • 7 fois Emile (5)

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    Emile Verhaeren, extrait du tableau de Theo Van Rysselberghe, La lecture (1903), date à laquelle notre Emile est l'heureux époux de Marthe depuis 12 ans. 
    Tableau à voir au musée de Gand (MSK) 

    Voici quinze ans déjà que nous pensons d'accord

    Voici quinze ans déjà que nous pensons d'accord ;
    Que notre ardeur claire et belle vainc l'habitude,
    Mégère à lourde voix, dont les lentes mains rudes
    Usent l'amour le plus tenace et le plus fort. 

    Je te regarde, et tous les jours je te découvre, 
    Tant est intime ou ta douceur ou ta fierté : 
    Le temps, certe, obscurcit les yeux de ta beauté, 
    Mais exalte ton cœur dont le fond d'or s'entr'ouvre. 

    Tu te laisses naïvement approfondir,
    Et ton âme, toujours, paraît fraîche et nouvelle ;
    Les mâts au clair, comme une ardente caravelle,
    Notre bonheur parcourt les mers de nos désirs. 

    C'est en nous seuls que nous ancrons notre croyance,
    A la franchise nue et la simple bonté ;
    Nous agissons et nous vivons dans la clarté
    D'une joyeuse et translucide confiance.

    Ta force est d'être frêle et pure infiniment ;
    De traverser, le cœur en feu, tous chemins sombres,
    Et d'avoir conservé, malgré la brume ou l'ombre,
    Tous les rayons de l'aube en ton âme d'enfant. 

    in Les heures d'après midi (1905)

  • D comme désolée!

    C'est avec ce petit poème de Maurice Carême que Madame faisait faire connaissance à ses élèves avec le passé simple, à l'époque où elle avait devant elle des gamins et gamines de quatorze ans. 

    Le chat et le soleil 

    Le chat ouvrit les yeux, 
    Le soleil y entra. 
    Le chat ferma les yeux, 
    Le soleil y resta. 

     Voilà pourquoi, le soir 
    Quand le chat se réveille, 
    J'aperçois dans le noir 
    Deux morceaux de soleil. 

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    Mon chat Pipo a définitivement fermé les yeux et ma carissima nipotina est allée à la Croix-Bleue pour y adopter un nouveau petit soleil. 

    La photo vient de leur site, le lendemain de son adoption. 

    Au refuge, on l'avait baptisée Siska mais à cause de ses airs de princesse je l'appelle Sissi tongue-out 

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    En attendant de faire sa connaissance le week-end prochain, et pour continuer le "mois belge" - quoiqu'ici ce soit "mois belge" tous les mois - je vous offre le chat de Geluck. 

    La photo a été prise à la foire des antiquaires à Tour et Taxis le 30 janvier 2016.

     

     

  • C comme cyclisme

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    Je ne sais pas si ça convient comme participation au "mois belge", mais à la lettre C je ne peux mettre que le mot cyclisme. 

    Ce genre de plaque, la police vient en déposer une tous les dix mètres, dès le mois de mars. Après, il suffit de coller une nouvelle feuille sur la précédente, avec la date du week-end suivant, et ainsi de samedi en dimanche, toutes les courses cyclistes passant en Flandre font le détour par ma rue. Pour ensuite entamer une montée sur de vrais pavés bien inégaux. 

    C'est là qu'est massée la foule des supporters et que sont installés les journalistes et leurs caméras. Pour bien voir les visages crispés par l'effort, les muscles tendus et qui sait, avec un peu de chance, une ou deux chutes mémorables. 

    Le mythe du "flandrien" et de ses pavés a attiré environ 17 000 cyclotouristes samedi - trop, est-ce assez? - pour finir en apothéose dimanche, avec vrombissements d'hélicoptères, de motards, haut-parleurs de caravane publicitaire et sirènes d'ambulances. 

    Cette année, j'avais choisi de ne pas m'exiler à Ostende ou à Bruxelles. Occupée à enlever les pissenlits du potager, j'entends au loin les quatre premières notes de la symphonie numéro 5 de Beethoven... 

    C'était une publicité Rodania! 

  • V comme voyage

    C'est un hôtel qui ne paie pas de mine dans un quartier qui lui ressemble. Mais les gens y sont gentils et le rapport qualité-prix absolument imbattable. 

    Devant la machine à café, dans l'attente d'un cappuccino, un homme demande à l'Adrienne d'où elle vient. Il semble trouver amusant qu'elle lui réponde "From Belgium!" mais il est vrai qu'elle en riait la première. 

    - We are from Greece, dit-il en désignant son groupe de mecs attablés autour d'une montagne de croissants et de petits pains. 

    Il précise qu'ils sont là pour le match du soir. L'Adrienne a failli demander si c'était pour le Panathinaikos - la seule équipe grecque qu'elle connaisse de nom - heureusement elle s'est retenue et a appris que c'était pour leur équipe nationale contre les Diables Rouges. 

    Elle s'est demandé à quoi ils allaient remplir leur journée en attendant 20.45 h. et surtout dans quel état ils allaient rentrer à l'hôtel... 

    A l'heure où vous lirez ce billet, la réponse à cette question sera connue, ainsi que le résultat du match: https://www.rtbf.be/sport/football/diablesrouges/detail_le-calendrier-des-diables-rouges-en-route-pour-le-mondial-2018?id=9415791 

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  • G comme gros lot

    Chapitre 1: G comme Gino 

    Gino a un passe-temps qu'il partage avec de nombreux Belges, aussi bien du côté flamand que wallon. Il est colombophile. Ça veut dire que dans son jardin il a un kot à pigeons qu'il entraîne à la course. Le dimanche matin, ces petites bêtes acheminées par paniers entiers vers un lieu éloigné de leur domicile, sont relâchées dans un ciel plus ou moins clair et supposées rentrer dare-dare chez elles, retrouver leur duivenkot, leur partenaire, leur nid. Gino et ses copains colombophiles les attendent de pied ferme pour les attraper dès leur arrivée et pouvoir enregistrer leur temps de vol grâce à la bague à faire passer dans la petite machine. (1)

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    Chapitre 2: G comme Golden Prince 

    Gino est un pro dans son hobby et ses pigeons sont des "coulons futés" (2) qui gagnent tous les concours. Comme son Golden Prince, par exemple, qui a battu tous les records de palmarès en 2014. Alors Gino s'est dit que c'était le moment de rentabiliser son hobby et de passer à autre chose. On peut supposer que madame Gino a envie de prendre des vacances. 

    Chapitre 3: G comme gros lot 

    C'est ainsi qu'une vedette internationale comme Golden Prince s'est retrouvée à une vente aux enchères - tout se vend aux enchères, même les œufs à couver - et qu'il vient de faire remporter l'ultime gros lot à son propriétaire, 316 000 €, le meilleur prix jamais donné pour un pigeon. Non pas, comme c'est généralement le cas ces dernières années, par un acheteur chinois, mais par un Sud-Africain. 

    Article et photos ici... 

    cette folie colombophile est à l'origine de quelques chansons narquoises, comme ik zie zo geiren mijn duivenkot, j'aime tant mon pigeonnier, ou cette ode ironique en patois anversois au "blauwe geschelpte", le pigeon aux taches bleutées 

     

     (1) comme je l'ai vu faire par de vieux colombophiles quand j'avais huit ans, je ne sais pas dans quelle mesure ça a évolué cool 

    (2) les Wallons d'à côté de là où j'habite disent 'coulon' pour pigeon

  • 7 fois Emile (4)

    Le printemps jeune et bénévole

    Le printemps jeune et bénévole
    Qui vêt le jardin de beauté
    Élucide nos voix et nos paroles
    Et les trempe dans sa limpidité. 

    La brise et les lèvres des feuilles
    Babillent, et lentement effeuillent
    En nous les syllabes de leur clarté. 

    Mais le meilleur de nous se gare 
    Et fuit les mots matériels ; 
    Un simple et doux élan muet 
    Mieux que tout verbe amarre 

    Notre bonheur à son vrai ciel : 
    Celui de ton âme, à deux genoux,
    Tout simplement, devant la mienne,
    Et de mon âme, à deux genoux,
    Très doucement, devant la tienne. 

    in Les heures claires (1896)

    Émile_Verhaeren_-_Les_Hommes_du_jour_-_1909.PNG

    Les Hommes du jour, n°82, 14 août 1909, dessin d'Aristide Delannoy. 
    (source
    )

  • F comme Fiat 509

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    Fiat 509 peinte aux couleurs de celle de Gaston Lagaffe  

    salon de l'auto de Bruxelles en 2006 

    auteur et source de la photo 

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    Gaston, sa Fiat 509 et l'agent Longtarin 

    photos prises à Beaubourg le 5 janvier 2017 

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  • 7 fois Emile (3)

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    Portrait d'Emile Verhaeren par son ami Theo Van Rysselberghe 
    source 

    Au passant d’un soir 

    Dites, quel est le pas 
    Des mille pas qui vont et passent 
    Sur les grand’routes de l’espace, 
    Dites, quel est le pas 
    Qui doucement, un soir, devant ma porte basse 
    S’arrêtera? 

    Elle est humble, ma porte, 
    Et pauvre, ma maison. 
    Mais ces choses n’importent. 

    Je regarde rentrer chez moi tout l’horizon 
    A chaque heure du jour, en ouvrant ma fenêtre; 
    Et la lumière et l’ombre et le vent des saisons 
    Sont la joie et la force et l’élan de mon être. 

    Si je n’ai plus en moi cette angoisse de Dieu 
    Qui fit mourir les saints et les martyrs dans Rome, 
    Mon coeur, qui n’a changé que de liens et de vœux, 
    Eprouve en lui l’amour et l’angoisse de l’homme. 

    Dites, quel est le pas 
    Des mille pas qui vont et passent 
    Sur les grand’routes de l’espace, 
    Dites, quel est le pas 
    Qui doucement, un soir, devant ma porte basse 
    S’arrêtera? 

    Je saisirai les mains, dans mes deux mains tendues, 
    A cet homme qui s’en viendra 
    Du bout du monde, avec son pas; 
    Et devant l’ombre et ses cent flammes suspendues 
    Là-haut, au firmament, 

    Nous nous tairons longtemps 
    Laissant agir le bienveillant silence 
    Pour apaiser l’émoi et la double cadence 
    De nos deux cœurs battants. 

    Il n’importe d’où qu’il me vienne 
    S’il est quelqu’un qui aime et croit 
    Et qu’il élève et qu’il soutienne 
    La même ardeur qui monte en moi. 

    Alors combien tous deux nous serons émus d’être 
    Ardents et fraternels, l’un pour l’autre, soudain, 
    Et combien nos deux cœurs seront fiers d’être humains 
    Et clairs et confiants sans encor se connaître! 

    [...] 

    Et maintenant 
    Que nous voici à la fenêtre 
    Devant le firmament, 
    Ayant appris à nous connaître 
    Et nous aimant, 
    Nous regardons, dites, avec quelle attirance, 
    L’univers qui nous parle à travers son silence. 

    Nous l’entendons aussi se confesser à nous 
    Avec ses astres et ses forêts et ses montagnes 
    Et sa brise qui va et vient par les campagnes 
    Frôler en même temps et la rose et le houx. 

    Nous écoutons jaser la source à travers l’herbe 
    Et les souples rameaux chanter autour des fleurs; 
    Nous comprenons leur hymne et surprenons leur verbe 
    Et notre amour s’emplit de nouvelles ardeurs. 

    Nous nous changeons l’un l’autre, à nous sentir ensemble 
    Vivre et brûler d’un feu intensément humain, 
    Et dans notre être où l’avenir espère et tremble, 
    Nous ébauchons le cœur de l’homme de demain. 

    Dites, quel est le pas 
    Des mille pas qui vont et passent 
    Sur les grand’routes de l’espace, 
    Dites, quel est le pas 
    Qui doucement, un soir, devant ma porte 
    S’arrêtera ? 

    Emile Verhaeren, in Les flammes hautes (1917)

  • Question (pas) existentielle

    question,art,souvenir

    La question n'est pas vraiment existentielle, pourtant elle occupe l'Adrienne depuis l'adolescence. 

    Au départ, elle se la posait uniquement pour la littérature, en particulier pour la poésie : qu'est-ce qui fait qu'une oeuvre appartient à l'ART avec un grand A? 

    La question s'est posée aussi pendant ses études: pourquoi le roman policier, par exemple, est-il "un genre mineur"? Ou la BD? 

    question,art,souvenir

    Même questionnement pour ce qui entrera ou non dans le panthéon des arts picturaux. A fortiori en ce qui concerne l'art contemporain. 

    Dans les années 80-90, l'Homme et l'Adrienne ont eu un artiste pour voisin. Un de ceux qui sont déjà dans les musées et qui ont droit à des expos à l'étranger. C'était donc le moment - a pensé cette naïve Adrienne - de discuter de ce qui fait la spécificité de l'art. Des critères d'évaluation, en quelque sorte. 

    Malheureusement, cette question a beaucoup fâché l'artiste et l'Adrienne est restée sur sa faim. 

    question,art,souvenir

    Alors en voyant ce billet chez Tania le 26 novembre dernier, toute cette conversation lui est revenue. Ainsi que l'incompréhensible fâcherie qui s'en est suivie. 

    De sorte que l'Adrienne a depuis ce jour lointain une autre question sans réponse: pourquoi un artiste refuse-t-il de discuter sur ce sujet? et pire: pourquoi cette question le met-elle en colère? 

    *** 

    photo 1: Marcel Broothaers, Sculpture morte, Beaubourg 

    photo 2: planche de Franquin pour Gaston Lagaffe, expo Beaubourg 

    photo 3: mur peint pas loin de Beaubourg, écho parfait à l'expo Magritte: Ceci n'est pas un graffiti 

  • M comme Made in Belgium

    Chaque mardi après la classe, elle vient chez Madame pour s'entraîner un peu à parler le français, qui pour elle n'est pas une langue seconde, mais la cinquième ou la sixième: elle connaît mieux l'ingouche, le russe, le néerlandais, l'anglais et l'allemand.  

    Moi, dit-elle, je suis Russe. Mais mon pays, c'est la Belgique. 

    Voilà qui fait réfléchir Madame. 

    Elle est née en Ingouchie, que ses parents ont dû fuir peu après sa naissance. Les Ingouches, surtout depuis Staline, n'ont que des problèmes avec leur "mère patrie" et avec leurs voisins tchétchènes ou ossètes. 

    Je me sens Russe mais je ne veux pas retourner en Russie, dit-elle. Mon pays c'est la Belgique. 

    Si tu devais faire un clip promotionnel pour la Belgique, lui demande Madame, qu'est-ce que tu montrerais? 

    Elle aura la réponse mardi prochain. 

    Ce ne sera sûrement pas M comme Magritte - car oui, il était prévu qu'aujourd'hui elle vous parle enfin de l'expo Magritte qu'elle a vue à Beaubourg - ni les moules, le Manneken Pis, Merckx ou la mer du Nord. 

    Elle est impatiente d'avoir la réponse... 

    Made in Belgium from Global Movie Production on Vimeo.

  • L comme Lagaffe

    C'était un grand bonus de trouver à Beaubourg, après la visite de l'expo Magritte, un espace consacré à Franquin, l'autre grand monsieur de la BD belge, et à une de ses créations que j'affectionne tout particulièrement, Gaston Lagaffe. 

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    Le voici, dans toute l'innocence de sa jeunesse, en 1957: il s'est fait tout beau pour venir se présenter à la rédaction du journal Spirou  

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    Ses mèches sont moins longues et il fume encore des cigarettes, 
    comme de nombreux autres héros de BD à l'époque. 
    Et comme Franquin lui-même. 

    Je n'ai pas compris comment faisaient les autres visiteurs pour garder leur sérieux: en relisant des planches que pourtant je connais par cœur, je ne pouvais m'empêcher de rire. 

    D'ailleurs, c'est simple, chez Gaston tout me fait rire et tout m'attendrit: ses inventions à la fois géniales et débiles, qui suscitent l'énervement et l'exaspération de ses collègues, de ses supérieurs, de l'agent Longtarin, et font rater toute tentative de signature de contrat avec monsieur De Mesmaeker...   

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    ici encore une planche des débuts, avec Fantasio comme chef de bureau 

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    à qui succédera Léon Prunelle et ses merveilleux Rogntudjuuu!!! 

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    Jidéhem (Jean De Mesmaeker), collaborateur de Franquin, trouvait que le personnage ressemblait à son père, alors on l'a appelé monsieur De Mesmaeker... Une photo de famille prise au mariage de Jidéhem est là pour témoigner de cette ressemblance physique tongue-out 

    J'allais presque oublier une autre source inépuisable de comique, en tout cas pour mon frère et moi, les combinaisons culinaires très hardies. Il me semble que tout a commencé avec une tartine de confiture restée coincée dans une machine à écrire et qu'au lieu de s'excuser pour sa maladresse ou d'expliquer pourquoi il mettait de la confiture avec des sardines, il a dit: 

    - Meuh non, c'est de la gelée de groseilles!

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     ah! génial Gaston! je ris encore en écrivant ce billet! 
    je crois que je vais vous en garder un peu pour le mois prochain cool 

    Petite expo visible jusqu'au 10 avril!

  • K comme Knocke ou Knokke

    D'abord, il y a eu ce tableau, au Petit Palais: 

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    Il est de la main de Camille Pissarro et s'intitule Le village de Knocke. 

    - Tiens, se dit l'Adrienne, Pissarro est allé à Knokke en 1894? Et sur quelle hauteur s'est-il perché pour avoir ce point de vue sur le village? Écrivait-on réellement "Knocke" avec un c à l'époque ou est-ce une erreur? 

    Bref, un tas d'interrogations devant ce joli tableau qui sent si peu la mer et les mondanités d'aujourd'hui. 

    La réponse à la première question est oui: en juillet 1894, Théo Van Rysselberghe est à Knokke et Pissarro vient l'y rejoindre. On peut lire dans sa biographie qu'une maladie des yeux l'empêchait de peindre en extérieur: c'est pourquoi, il le faisait de la fenêtre de sa chambre. 

    La troisième question a trouvé sa réponse dès le lendemain, à l'expo Hergé: 

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    Sur cette affiche publicitaire réalisée par Georges Remi entre les deux guerres on remarque la même graphie avec le c au lieu du k actuel. 

    C'est l'époque où le père de l'Adrienne, d'abord dans le ventre de sa mère, puis tout bébé et petit enfant, découvrait les plaisirs de la plage. 

    Il y a même dans les archives familiales une photo unique de la petite Ivonne dans ce genre de maillot de bain tongue-out

    De la grand-mère Adrienne aussi, d'ailleurs... 

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    Sur la plage de Knokke, entre la petite Ivonne et son mari, leur premier-né; 
    le père de l'Adrienne est encore au stade préparatif... 

     

  • H comme Hergé

    L'expo Hergé au Grand Palais était une des trois raisons qui ont poussé l'Adrienne à réserver une place dans le TGV pour Paris en ce début de janvier. 

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    Et franchement, elle valait le déplacement. 

    D'abord, parce qu'on y découvre un aspect peu connu de Georges Remi: sa carrière de graphiste et de concepteur d'affiches ou de logos publicitaires. 

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    Ensuite, parce que de nombreuses esquisses permettent d'admirer ses talents de dessinateur. C'est tout à fait impressionnant! 

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    esquisses pour le "mauvais" de Tintin au pays de l'or noir 

    voyage,paris,belge,belgique,bd,peinture,art

    mauvaise photo d'un crayonné où Milou résiste à la tentation 

    Bien sûr, elle permet aussi de retracer toute sa carrière, la naissance et l'évolution de tous ses personnages de bandes dessinées, sa rencontre décisive avec Tchang et son souci croissant de perfectionnisme jusque dans les moindres détails. 

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    Hergé et Tchang à Bruxelles en 1931 

    voyage,paris,belge,belgique,bd,peinture,art

    Enfin, parce qu'on y découvre encore un autre aspect méconnu de Georges Remi: son intérêt pour l'art moderne et sa pratique de la peinture à l'huile. Sa modestie seule faisait qu'il se considérait comme "un peintre du dimanche". 

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    Bref, vous avez encore jusqu'au 15 janvier pour y courir, si vous êtes dans le coin cool

  • 7 fois Emile (2)

    Les pauvres

    Il est ainsi de pauvres cœurs
    Avec, en eux, des lacs de pleurs,
    Qui sont pâles, comme les pierres
    D'un cimetière. 

    Il est ainsi de pauvres dos
    Plus lourds de peine et de fardeaux
    Que les toits des cassines brunes,
    Parmi les dunes. 

    Il est ainsi de pauvres mains,
    Comme feuilles sur les chemins,
    Comme feuilles jaunes et mortes,
    Devant la porte. 

    Il est ainsi de pauvres yeux
    Humbles et bons et soucieux
    Et plus tristes que ceux des bêtes
    Sous la tempête. 

    Il est ainsi de pauvres gens,
    Aux gestes las et indulgents,
    Sur qui s'acharne la misère,
    Au long des plaines de la terre. 

    in Les douze mois (1895)

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    Buste d'Émile Verhaeren dans le square André-Lefèbvre (Paris, 5e arr.) 

    (source de la photo)

  • L comme lumière

    Je disais hier dans un commentaire mon admiration pour le peintre impressionniste belge Emile Claus (1849-1924), voici les trois tableaux vus samedi dernier à Gand: 

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    Meisjes in het veld - 1892 (Petites filles au champ) 
    pastel sur papier - photo sur le site du musée 

    Elles ont enlevé leurs sabots pour marcher dans l'herbe en bord du champ prêt à être moissonné 

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    Zonnige dag - 1899 (une journée ensoleillée)
    on en profite pour faire une lessive dehors
    et vérifier la blancheur des cols de chemise cool 

    à l'ombre légère de grands arbres
    qui laissent passer des taches de soleil 

    DSCI4314.JPG

    De ijsvogels - 1891 

    'ijsvogel' signifie 'martin-pêcheur' 
    en néerlandais cela permet le jeu de mots sur 'ijs' (glace) et 'vogel' (oiseau) pour désigner les gens qui s'amusent sur la glace avec leur petite luge 

    Les photos sur Wikipedia Commons sont bien meilleures que les miennes: 

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    Le titre en français est 'les patineurs' alors qu'ils n'ont pas de patins, ils sont en sabots, leurs deux bâtons servent à avancer plus vite avec la luge sur la surface gelée  

    peinture,belge,belgique,flandre,flamand,expo

     ces trois-là et des tas d'autres ici

  • K comme Khnopff

    - Les photos sans flash sont permises? demande ingénument l'Adrienne au charmant jeune homme chargé de surveiller les trois premières salles. 

    - Hélas non! dit-il. Les collectionneurs privés ne le veulent pas... 

    - C'est bien dommage! 

    Elle lui montre le tableau d'Adrien-Joseph HeymansBrugje in Houffalize (un petit pont à Houffalize), qui vient en effet d'une collection privée. 

    - Je ne l'avais encore jamais vu, celui-là. La photo, ça aide à se souvenir... 

    - C'est vrai, répond-il, mais vous pouvez la chercher sur internet. 

    Puis il se ravise: 

    - Ou acheter le catalogue! 

    Heymans.jpg

    le voilà, le petit pont, trouvé sur la page fb du musée, un comble tongue-out 

    Interdiction, donc, de sortir l'appareil photo pendant la visite des dix salles consacrées à l'exposition sur Emile Verhaeren et les artistes de son temps.  

    Interdiction de photographier ce KhnopffL'Encens, mais le jeune homme avait raison, on le trouve sans problème sur le net. 

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    il est sur wikipedia commons... 

    Par contre, dans la riche collection permanente, on peut photographier autant qu'on veut. Là aussi, quelques Khnopff, comme cet inhabituel portrait masculin, celui qu'il a fait de son père Edmond: 

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    Et dans la même salle, quel bonheur de retrouver l'ami Spilliaert, dans ce bel autoportrait tout en transparences: 

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    Silhouette du peintre (1907) 

    Le prendre de côté n'a pas empêché qu'on y voie tout de même la photographe: de transparence en transparence, voilà la photo toute trouvée pour le projet du Hibou 

    semaine 50 - transparence

  • I comme incipit

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    La grange au double portail largement ouvert ressemble à un théâtre où, dans la profondeur béante, à un rythme accéléré, une pièce est jouée par des miséreux. Le bâtiment se dresse tout seul dans des plaines désertes; un théâtre sans spectateurs et des comédiens s'activant derrière un voile de buée qui embrume tout. Chaque homme remplit son rôle, - actions qui se fondent comme un outil bien huilé tournant à vide - un spectacle qui se déroule en dehors du temps et de l'espace. 

    (traduction de l'Adrienne) 

    *** 

    Het leven en de dood in den ast (1926)

    De schuur met de dubbele poortluiken breed open, gelijkt een tooneel waar, in de gapende diepte, door havelooze mannen, in haastig tempo, een spel wordt opgevoerd. Het gebouw staat er eenzaam op de verlatene vlakten; het tooneel zonder toeschouwers, en de spelers doende achter een sluier van watermist, die 't al omdoezeld houdt. De mannen vervullen elk zijne aangewezen rol, - handeling welke ineensluit als een geordend werktuig dat in 't ijle draait - een schouwspel dat in 't tijd- en ruimtelooze afspint. 

    (incipit de l'oeuvre de Stijn Streuvels, rééditée chez Lannoo au printemps de 2016 et gardant l'orthographe ancienne, un choix qui ne serait pas le mien mais on ne m'a pas demandé mon avis tongue-out

    Pour ceux qui lisent le néerlandais, les 20 premières pages de cette réédition ici et source de la photo avec info sur l'ouvrage ici 

    Stijn_Streuvels_en_achterkleinkinderen.jpg

    l'auteur (1871-1969) en vénérable grand-père, entouré de sa femme, de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants 

    source de la photo ici

  • 7 fois Emile (1)

    Je suis en retard pour la commémoration du centenaire de la mort d'Emile Verhaeren, survenue à Rouen le 27 novembre 1916. Ce n'est que la semaine dernière que j'ai enfin eu le temps de fouiller dans les archives de notre bibliothèque communale et d'y rafler à peu près tout ce qui s'y trouvait de la main de l'auteur, plus l'essai sur le poète par son ami Stefan Zweig. 

    Le premier poème que j'ai lu m'a tout de suite frappée par sa série de "Je me souviens", bien avant que Perec n'en ait l'idée. Il s'agit du poème Liminaire de son recueil Toute la Flandre (composé entre 1904 et 1911). 

    En voici un extrait:  

    (...)
    Je me souviens du village près de l'Escaut, D'où l'on voyait les grands bateaux Passer, ainsi qu'un rêve empanaché de vent Et merveilleux de voiles, Le soir, en cortège, sous les étoiles. Je me souviens de la bonne saison; Des parlottes, l'été, au seuil de la maison Et du jardin plein de lumière, Avec des fleurs, devant, et des étangs, derrière; Je me souviens des plus hauts peupliers, De la volière et de la vigne en espalier Et des oiseaux, pareils à des flammes solaires. Je me souviens de l'usine voisine -Tonnerre et météores Roulant et ruisselant De haut en bas, entre ses murs sonores- Je me souviens des mille bruits brandis, Des émeutes de vapeur blanche Qu'on déchaînait, le Samedi, Pour le chômage du Dimanche. Je me souviens des pas sur le trottoir, En automne, le soir, Quand, les volets fermés, on écoutait la rue Mourir. La lampe à flamme crue Brûlait et l'on disait le chapelet Et des prières à n'en plus finir! Je me souviens du vieux cheval De la vieille guimbarde aux couleurs fades, De ma petite amie et du rival Dont mes deux poings mataient la fièvre et les bravades. Je me souviens du passeur d'eau et du maçon, De la cloche dont j'ai gardé mémoire entière, Et dont j'entends encore le son; Je me souviens du cimetière... Mes simples vieux parents, ma bonne tante! -Oh! les herbes de leur tombeau Que je voudrais mordre et manger!- C'était si doux la vie en abrégé! C'était si jeune et beau La vie, avec sa joie et son attente!
    (...)

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    Portrait d'Émile Verhaeren par Félix Vallotton paru dans Le Livre des masques de Remy de Gourmont (1898) 
    A cette date, notre Emile a 43 ans (il est né en 1855) et déjà ses imposantes moustaches tongue-out 
    (source du document iconographique) 

    poème,poésie,belge,belgique,flandre

    gare de Gand, affiche pour l'expo au MSK que je vais devoir me dépêcher d'aller voir 

    cool

  • C comme cheminées

    Dans ma petite ville au passé textile, comme dans les grandes villes du nord de la France, les hautes cheminées d'usines étaient omniprésentes

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    Je dis 'étaient' parce que nombreuses sont celles qui, faute d'entretien, se sont écroulées, ou ont été abattues pour laisser la place à d'autres projets urbanistiques. 

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    Je ne sais pas s'il faut attendre une reconnaissance de l'Unesco pour sauvegarder celles qui restent, parfois amputées de la moitié de leur hauteur et juste restées là "pour faire couleur locale" quand une usine est transformée en lofts. 

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    En tout cas, celles que je vois dans ma ville, je ne peux m'empêcher de les trouver belles et émouvantes, parce qu'elles symbolisent tout le passé industrieux des hommes et des femmes de ma famille depuis la moitié du 19e siècle jusqu'au milieu du 20e. 

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    Filature, bobinage, teinturerie, ourdissage, tissage, toutes les usines avaient leur chaufferie pour produire la vapeur, l'énergie nécessaire au fonctionnement des machines. 

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    Et tout autour grouillent les maisons ouvrières, souvent encore aujourd'hui les quartiers les plus défavorisés, où il n'y avait qu'une pièce à vivre, deux chambres à l'étage, une cour avec la pompe et les toilettes.

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    ce qui explique la présence, à l'arrière de ces maisons, de constructions basses rajoutées pour agrandir une cuisine et avoir une salle de bains. 

  • B comme balade bruxelloise

    Sur le chemin du retour, entre le Cinquantenaire et la gare du Nord: 

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    La maison de Paul et Caroline Cauchie, architecte et décorateurs, rue des Francs 

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    Paul Cauchie est le grand spécialiste des sgraffites

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    La maison du peintre Georges Saint-Cyr, conçue par l'architecte Gustave Strauven, square Ambiorix,  

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    fait à peine 4 mètres de large 

    (un bijou de ferronnerie d'art devant lequel cette personne tenait à rester tongue-out)

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    L'hôtel Van Eetvelde, oeuvre de Victor Horta, avenue Palmerston 

    *** 

    Pour ceux qui voudraient tout voir, la liste complète est des bâtiments bruxellois art nouveau est ici et cinq belles balades (une par quartier concerné) sont proposées ici 

    Je me demande bien pourquoi les photos sont interdites à la maison Cauchie, on les trouve par centaines sur internet... 

    *** 

    Merci à Tania, grâce à qui j'ai découvert la maison Cauchie!

  • 20 questions loufoques (1)

    1. Quel est le premier mot qui vous passe par la tête commençant par la lettre a et se terminant par un e (autrement : quel est le premier mot qui vous est venu sans aucune difficulté) ? 

    amère (je sens que mes lecteurs vont supputer d'où ça me vient tongue-out 

    2. Quel est la deuxième couleur que vous voyez lorsque vous regardez à gauche de votre écran, en fermant l'œil droit ? Imaginez la première ligne d'un début de roman avec cette couleur (une phrase seulement) 

    brun foncé 

    Bruns les épais rideaux toujours fermés, bruns les deux fauteuils de velours rêche (oui ça existe, du velours rêche qui gratte), bruns les lourds meubles de chêne, bruns les motifs du tapis, brun le manteau de cheminée en bois brut: comment voulez-vous avoir le cœur qui chante, dans un tel décor? 

    3. Selon vous que signifie "accroupouner la dentelle pour lorgner à rebours" ? 

    des choses salaces qu'Henri Michaux n'imaginait pas en l'écrivant tongue-out 

    4. Prenez votre signe zodiacal, la marque de votre ordinateur et votre couleur d'yeux. ça donnerait quel type de conseil pour un marin qui s'en irait faire le tour du monde ? 

    N'oublie pas d'emporter tes jumelles et de faire un détour par les îles Toshiba: on y admire des perroquets orange et gris! 

    5. Vous vous trouvez au restaurant. Le serveur (la serveuse), épaté(e) par votre allure, vous demande de commander ce que vous voulez... le tout gratuitement ! Quelle commande irréalisable passez-vous ? 

    Apportez-moi le festin de Babette, mais sans soupe à la tortue, et veillez à ce que la caille en sarcophage soit cuite à la goutte de sang!  

    6. Que dire à un type qui chavire d'amour en regardant l'horizon ? 

    Ne t'inquiète pas, tu le reverras demain, le soleil! 

    7. Imaginez une description détaillée à la Flaubert (c'est à dire avec de nombreux détails) d'un vêtement que vous portez à l'instant ou d'un objet qui se trouverait à portée de main. 

     Joker tongue-out

    8. Vos 5 mots d'amour préférés en verlan ? 

    Je ne crois pas que le verlan se prête aux mots d'amour (en tout cas pas pour moi!) 

    9. Y a-t-il en ce moment quelque chose d'écrit sur un vêtement que vous portez ? Lequel ? 

    "Asleep dream" mais l'injonction ne garantit ni le sommeil ni les rêves... 

    10. Si l'on vous donne trois tomates, du sel, de la crème, du comté, du vin blanc de Savoie, des oignons et du jambon de Parme, quel petit plat préparez-vous pour un repas impromptu ? 

    Je me dis que je ne nourrirai pas grand-monde avec trois tomates... ajoutées au comté et au jambon, il y a juste de quoi faire quelques bouchées apéritives tongue-out 

    jeu, vive internet, cinéma

    *** 

    Ce questionnaire est l'oeuvre d'Obni 
    http://www.obni.net/questionnaire/questionnaire 
    et je l'ai coupé en deux parties, vu qu'il est assez long.
    La suite le mois prochain? 

  • L comme Lali

    Les arbres timides et forts
    La nuit parlent à voix haute
    Mais si simple est leur langage
    Qu'il n'effraie pas les oiseaux

    Marcel Béalu, Voix des arbres, in Poèmes 1936-1980, éd. Le Pont traversé, 1981

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    image trouvée chez Lali mais la source et l'artiste sont ici:  

    http://shihonakaza.blogspot.be/2010/10/illustration-friday-beneath.html 

    L’écureuil et la feuille

    Un écureuil, sur la bruyère,
    Se lave avec de la lumière.
    Une feuille morte descend,
    Doucement portée par le vent.
    Et le vent balance la feuille
    Juste au-dessus de l’écureuil ;
    Le vent attend, pour la poser
    Légèrement sur la bruyère,
    Que l’écureuil soit remonté
    Sur le chêne de la clairière
    Où il aime à se balancer
    Comme une feuille de lumière.

    Maurice Carême (1899-1978)La Lanterne magique, 1947 

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    octobre 2016