belge

  • T comme Tarataboum Tsoin Tsoin

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    Les fromages belges? Des fromages belges

    Je ne sais pas combien de producteurs de fromages belges ont participé au concours World Cheese 2017, je sais juste que la Belgique y a remporté 22 médailles. Tarataboum tsoin tsoin. 

    La France et les Pays-Bas 18 médailles. La Suisse 55. L'Italie 109. 

    Et comme dans l'air du catalogue de Don Giovanni, les Espagnols sont gagnants tongue-out 

     

  • M comme montagne

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    source photo BELGAIMAGE et article ici 

    Il s'éclaire à la bougie ou à la lampe à huile, n'a pas de douche ni d'eau chaude, son "ermitage" est un cagibi humide qui ne fait que 25 m². 

    Mais il est heureux. 

    J'en parlais ici, juste après sa sélection parmi une cinquantaine de candidats. Cet automne, il termine son premier semestre d'ermite (relatif) dans les Alpes autrichiennes et est fermement décidé à poursuivre l'expérience dès le printemps prochain. 

    Tout en apportant quelques améliorations à son logement: cuisinière au gaz, panneau solaire pour pouvoir s'éclairer avec des lampes LED, douche. 

    "Ma prière ne sera pas meilleure", argumente-t-il, "si je vis comme il y a 350 ans." Je trouve l'argumentation intéressante tongue-out

    Son ermitage finira par avoir cinq étoiles, en plus de toutes celles qu'il peut admirer dans le ciel, une fois que touristes, pèlerins et randonneurs sont repartis cool

  • Reviens vite, ils sont 7!

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    On peut être propriétaire d'une maison de vacances en pleine nature et avoir envie parfois de se promener au lieu d'attendre le client. Surtout si celui-ci n'a pas su dire s'il arrivait à quatorze heures ou en soirée. 

    En pleine forêt, le téléphone de l'ami émet sa chansonnette incongrue. C'est le vigilant voisin qui l'appelle. 

    - Reviens vite! il y a sept types sur ton parking. Des types un peu louches... basanés! 

    Alors il rentre le plus vite qu'il peut, courant presque. Sept types? Il en attendait deux. Basanés, ça le fait rigoler: ce sont des Portugais. Donc oui, plus petits et plus sombres que le germano-belge moyen du coin. 

    Sur le parking de sa maison de vacances, des types attendent en fumant. Un seul parle un peu de français. Il revient d'un chantier en Suède, est en Belgique pour un autre travail qui prendra une quinzaine de jours, et ainsi de suite. Ses collègues et lui seront logés deux à deux dans diverses locations. 

    Et le vigilant voisin? Il devait être tellement ému qu'il a mal compté: ils étaient huit tongue-out

     

  • E comme Eupen

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    C'est long, le train jusqu'à Eupen. Surtout si le livre est lu, le casse-croûte avalé, la nuit tombée. On ne peut même plus admirer le paysage. 

    Le jeune homme à côté de l'Adrienne lit Tiens ferme ta couronne pendant que son ami, assis en face, feuillette le Guide bleu Belgique et en lit des passages à haute voix. On comprend qu'ils ont visité Bruges mais on ne voit pas l'intérêt de cette lecture après coup: pour chacune des "curiosités" recommandées, ils se demandent s'ils l'ont vue ou pas... 

    Ils descendent à Liège en emportant soigneusement tous les restes de leur repas, deux pommes, deux poires, du pain bio, un bloc de fromage de Bruges. 

    Eupen. Terminus. Depuis Verviers, il ne reste plus qu'un groupe d'hommes dans le wagon. Ils se quittent en se donnant de viriles accolades accompagnées de fortes tapes dans le dos. 

    Le rituel est amusant à voir mais on se dit qu'il faut être de construction solide, quand on a des amis germano-belges tongue-out

  • Première fois

    Un hameau de cent vingt habitants. Un environnement rural qui colle à la frontière allemande. Une petite communauté germanophone. 

    Voilà où l'Adrienne passe le week-end pour fêter l'anniversaire de l'ami-qui-l'a-vue-naître. 

    Il faudra attendre le retour pour avoir des photos et des réponses aux commentaires: il se pourrait que l'Adrienne, pour une fois, laisse l'ordi à la maison cool 

    Bon dimanche à tous!

    et ce dimanche soir 

    la photo smile 

    belgique,belge,nature,amitié

    là-bas dans le fond, c'est l'Allemagne

  • L comme langue et liens

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    La Canadienne Québécoise (et inversement) Iris Boudreau est à Bruxelles où elle a déjà finement observé mes compatriotes cool  

    Dessin et vidéo sur son blog

  • D comme découverte

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    C'est grâce à l'ami P*, celui qui se vante d'avoir vu naître l'Adrienne, sous prétexte qu'il a vingt mois de plus,  

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    qu'elle a enfin visité ce lieu merveilleux 

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    dans la ville natale d'un certain René. tongue-out 

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    Avec son grand jardin 

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    sa ferme 

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    sa glacière 

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    l'hôpital Notre-Dame à la Rose a fonctionné en autarcie dès le 13e siècle. 

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    Certains instruments de torture peuvent effrayer les iatrophobes tongue-out 

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    mais ils ne pourront conclure qu'une chose: quel bonheur de ne pas être né aux siècles précédents (voir par exemple l'intéressante collection d'instruments pour la trépanation ou l'amputation, sans anesthésie bien sûr) 

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  • N comme nationalités

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    - Tous ces Africains qui débarquent par milliers en Italie, dit Monsieur, c'est un vrai problème! Un grand problème! 

    Quelques-uns d'entre eux sont arrivés à Asciano. Le matin, ils vous accueillent tout sourire lorsque vous allez faire vos courses au supermercato COOP. Ils vous disent buongiorno à votre arrivée et à votre départ. Quelques gentilles vieilles dames se laissent attendrir et leur offrent une piécette en échange d'un peu d'aide pour charger le contenu du chariot dans le coffre de la voiture. Elles se disent sans doute que là-bas en Afrique ils ont une mère, une grand-mère, qui s'inquiètent pour eux. 

    Je me demande ce qu'ils font le reste de la journée. Et quelles perspectives ils ont. 

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    - Vous avez sûrement déjà remarqué nos Chinois? dit Monsieur. 

    En effet, j'avais déjà rencontré des Asiatiques, toujours entre eux par petits groupes, parlant fort une langue comprise par eux seuls. Ils ont de beaux vêtements, des sacs griffés, leur Ipod et leurs oreillettes. 

    - Ils sont ici pour apprendre l'italien, dit Monsieur. Ils suivent des cours pendant quelques mois, ensuite ils poursuivent une formation ailleurs en Italie, dans la mode par exemple. 

    J'en ai vu quatre dans le train pour Sienne. En sortant de la gare, ils n'avaient que l'esplanade à traverser pour entrer dans leur école de langue. Apparemment le cours ne commençait qu'à onze heures. 

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    Les Belges d'Asciano se filment et se photographient, boivent du vin, mangent des spécialités locales, puis un soir ont tout à coup une envie de frites, même s'il fait encore 36° à la terrasse de la trattoria

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    Assis toute la journée jusqu'à minuit passé à leur coin de rue, les Italiens d'Asciano contemplent tout ça en donnant des commentaires.
    Ne vous méprenez pas en voyant ces bancs vides, ils sont bien là, ils ont placé leurs sièges en plastique de l'autre côté des buissons, à l'ombre. 

    Je me demande quand ils mangent ou dorment tongue-out 

  • B comme bonne idée!

    Chaque année, nous explique-t-on dans la vidéo, de grands et coûteux travaux sont nécessaires pour remettre "à niveau" le sable le long de notre côte belge. Surtout à cause des tempêtes hivernales, qui emportent au large des tonnes de sable. 

    On pourrait peut-être régler le problème de manière moins coûteuse et tout à fait écologique, en créant une sorte de récifs artificiels constitués de plantes marines, de coquillages et bien sûr de moules tongue-out 

    Ces récifs formeraient une sorte de filtre et empêcheraient l'érosion des plages. 

    Ce mois-ci, un projet pilote sera installé sur un bout de côte, à hauteur de La Panne. S'il est concluant, dans trois ans il sera réalisé à grande échelle. 

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    source de la photo (Jimmy Kets) et article ici

     

  • R comme Redwane

    "Le bonheur," dit Redwane, "c'est les oignons dans mon durum." 

    Je vous laisse méditer sur cette petite phrase et souhaite à tous mes compatriotes une excellente fête nationale! 

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    oui, on les aime et on les respecte, mais ça ne nous empêche pas de rigoler cool

  • 20 miracles de la nature (8)

    La bière des étoiles, c'est la trappist. 

    Pourquoi? 

    Parce que le télescope est belge et tant qu'à lui fabriquer un nom qui est un acronyme, pourquoi pas un acronyme qui fait sens ... et qui a une forte connotation belge? TRAnsiting Planets and PlanetesImals Small Telescope, vous voyez quelles lettres ont été choisies dans ce tas? Vous voyez où il a fallu pêcher un I? 

    Parce que c'est l'équipe belge qui a découvert les exoplanètes, avec leur télescope trappist (LOL), on les a appelées Trappist-1. De 1-a à 1-g. 

    L'article de l'université de Liège ici 

    Comme les Belges sont des petits comiques, leur projet suivant est baptisé Spéculoos. 

    Et oui, c'est aussi un acronyme. Ça vient de Search for habitable Planets ECLipsing ULtra-cOOl Stars

    La conférence donnée à Liège en avril dernier est ici, la page de l'astronome liégeois, Michaël Gillon, est ici et son parcours ici 

    actualité,belge,belgique,nature

    source de la photo (ULg)

     

     

  • Qui a perdu sa balle?

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    Vous allez rire: c'est une histoire belge. 

    Prenez un bus transportant des jeunes d'une quinzaine d'années qui rentrent d'un séjour en Espagne.

    Prenez une autoroute française, à hauteur de Tours. Il est environ cinq heures du matin, les gamins dorment. 

    Ils sont brutalement réveillés: une balle est entrée par la vitre arrière, qui a éclaté sous l'impact, et est ressortie par une vitre latérale. 

    Le chauffeur s'arrête, la police est alertée. 

    Et c'est là que vous allez rire: dès le lendemain, la gendarmerie française a rassuré tout le monde en disant mais non, on ne vous a pas tiré dessus! ce n'était qu'une balle perdue! 

    ... 

    J'aimerais bien savoir qui a perdu sa balle sur l'autoroute, le dimanche 9 juillet à 5 heures du matin. 

    source de la photo et article ici

     

  • L comme laatbloeier

    C'était fin juin chez Colo, à propos d'un livre qu'on lui avait offert, Lost in translation, dans lequel l'auteur avait réuni des mots d'un peu partout dans le monde et qui, en traduction, n'avaient pas d'équivalent parfait, ce qui fait qu'on a besoin d'en donner la définition. 

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    source et info ici 

    Ce genre de chose m'arrive souvent, entre le français et le néerlandais. Prenez par exemple le mot "laatbloeier". Au départ, il s'utilise en botanique: il désigne une plante, un arbuste, à floraison tardive. 

    Mais on l'emploie aussi pour des humains. "Een laatbloeier", c'est quelqu'un qui, dans le domaine qui est le sien, n'a donné sa pleine mesure qu'à son âge mûr. Ou tout au moins une fois passé trente ans. 

    La presse flamande a utilisé ce terme pour notre roi Philippe, een laatbloeier: lui qu'on avait toujours trouvé un peu gauche, effacé, discret, mal à l'aise, se montrait tout à coup excellent dans son nouveau rôle. 

     

  • C comme Carmine Menna

    S'il était vrai que chaque vie humaine a la même valeur, laisserait-on des milliers de gens - hommes, femmes, enfants - mourir sur le chemin de l'exil? 

    Si sauver une vie humaine, quand il s'agit de la vie d'un voyageur de la gare Centrale, fait de vous un héros qui reçoit des félicitations, pourquoi sauver 118 vies en Méditerranée vous vaut des sarcasmes et du cynisme? 

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    source et info ici 

    "Je ne sais comment vous décrire cette scène. Lorsque notre bateau s'est approché de ce vacarme. Je ne suis pas sûr d'y arriver. Vous ne pouvez comprendre: vous n'y étiez pas. Vous ne pouvez pas comprendre. On aurait dit des cris de mouettes. Oui, c'est ça. Des mouettes qui se chamaillaient autour d'une belle prise. Des oiseaux. De simples oiseaux. 

    (...) Jamais je n'ai vu autant de personnes dans l'eau. Tant de corps se débattre, de mains attraper le vide, de poings frapper l'air, de visages noirs happés par les vagues avant de ressurgir à la surface. Le souffle court, ils appellent, s'étouffent, hurlent. Mon Dieu, ces cris stridents! Je vois la mer bouillonnante les envelopper. Je les vois résister, les mains écartées, serrés les uns contre les autres, cramponnés au moindre morceau de bois, luttant à mort pour ne pas être engloutis. (...) Ils se noient sous mes yeux et je n'ai qu'une question en tête: comment les sauver tous? 

    Je ressens encore la pression de la première main que j'ai saisie. L'empreinte des doigts scellés aux miens, le frottement de l'os contre l'os, la contraction des muscles et le sang affluant dans les veines du poignet. La force de cette emprise! Ma main soudée à celle d'un étranger par un lien plus puissant, plus intime qu'un cordon ombilical. Mon corps entier ébranlé lorsque j'ai hissé son torse nu hors de l'eau." 

    Emma-Jane Kirby, L'opticien de Lampedusa, éd. Equateurs, 2016, début du Prologue. Traduit de l'anglais par Mathias Mézard. 

    Une lecture que je recommande. 

    Avant le livre, il y a eu le reportage; Emma-Jane Kirby est journaliste. 

    Un article sur Carmine Menna, à l'occasion du 3e anniversaire de ce sauvetage. 

    Et les mêmes émotions chez les membres de l'équipage de la frégate Louise-Marie, qui ont sauvé 118 personnes jeudi dernier.

  • F comme Fon (et fer)

    Quand son fils unique est mort électrocuté à vingt ans, Fonne a reporté tout son amour sur le petit dernier de ses patrons. C'est lui qui l'a appelée Fonne, sans doute que pour ses premiers babils de bébé "Yvonne" était trop difficile. 

    C'est elle qui l'a élevé, sa mère étant occupée à la boucherie du matin tôt au soir tard, surtout de Pâques à septembre. La pauvre Fonne, tout en faisant le ménage et la cuisine, devait continuellement le prendre sur le bras. 

    En grandissant, il est resté son préféré, celui à qui on passe tous ses caprices, qu'on défend contre les taquineries des aînés, qu'on excuse de tout, même les rares fois où sa mère veut intervenir de son autorité. 

    Puis un jour le gamin se marie. Et Fonne, qui toute sa vie a repassé des montagnes de torchons et de serviettes, de nappes et de chemises, de draps et de taies, de robes et de jupes, d'uniformes scolaires et de grands tabliers blancs de boucher, décide d'offrir en cadeau de mariage un fer à repasser. 

    Quand la future mariée le déballe, belle-maman déclare: 

    - Et bien! je suis déçue! elle aurait au moins pu acheter un fer à vapeur! 

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    c'est pourtant ce fer-là, déjà vieillot il y a 30 ans, qui est toujours vaillant aujourd'hui! 

     

     

  • G comme garofani

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    Il faut pourtant achever cette lettre, me dis-je en voyant arriver le jardinier.

    Il avait enlevé ses sabots sur la terrasse et tenait un pot de fleurs à la main. En contre-jour, son grand tablier bleu semblait transparent. Avec son air furibond et son pot sous le bras, il me faisait penser au personnage d'Antonio, le jardinier du comte Almaviva, qui vient apporter la preuve de la fuite de Chérubin: I garofani! Sauf qu'ici, il ne s'agissait pas d'oeillets, mais de bégonias.

    Une mince ligne de lumière filtrait entre les tentures entrouvertes et je rêvassais, jouant avec un long coupe-papier, au lieu de continuer ma lettre qui aurait dû être un chef-d'oeuvre de demi-vérités et de sous-entendus. Allons, considérons l'intrusion de notre jardinier comme une évasion bienvenue.

    Il n'avait pas son chapeau et avait frotté la terre de ses mains à son tablier. Ses cheveux avaient besoin d'une coupe, ils lui cachaient les oreilles. Ce n'est que quand il est entré dans la maison que j'ai vu son regard, trouble, comme sauvage, plein d'une colère ou d'une rancoeur que je ne lui avais jamais vue auparavant.

    ***

    tableau d'Emile Claus, Le vieux jardinier (1886)

  • E comme ermite

    Ils étaient une cinquantaine de candidats pour aller vivre en ermite à 1400 mètres d'altitude dans les Alpes autrichiennes. Il y avait parmi eux un Belge de 58 ans et c'est lui qui a été choisi, pour des raisons qu'on explique dans l'article que je donne en lien sous la photo. 

    Ermite, il le sera surtout du soir au matin, parce que pendant la journée le petit sanctuaire dont il aura la garde se trouve sur le chemin de pèlerins et de randonneurs. Ceux-ci sont d'ailleurs priés d'avoir l'obligeance de lui monter en même temps un jerrycan d'eau, une ou deux bûches pour le feu, sinon il a un quart d'heure de descente à faire pour aller chercher lui-même sa provision de bois. 

    Or le bois sera l'élément indispensable, vu que le froid sera son plus gros problème. Tout le reste, il s'en passera facilement, eau courante, électricité... (1) 

    Son prédécesseur n'a tenu le coup qu'une seule saison, à voir combien de temps celui-ci y restera cool 

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    copyright AFP, source et article ici (journal Le Soir)  

    d'autres photos du site se trouvent ici 

    (1) l'article ne dit pas en quoi consistera son régime alimentaire ni qui se chargera de lui procurer ses menus...

  • Z comme Zigzags (2)

    Pour terminer le mois belge, voyons ce que dit Théophile Gautier à propos de son voyage dans notre pays: 

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    extrait 1: Mons 

    "Mons est une vraie ville flamande. Les rues y sont plus propres que les parquets en France ; on les dirait cirées et mises en couleur. Les maisons sont peintes, sans exceptions, du haut en bas, et de teintes fabuleuses. Il y en a de blanches, de bleu cendré, de ventre de biche, de roses, de vert pomme, de gris de souris effarouchée, et de toutes sortes de nuances égayées, inconnues dans ce pays-ci. Le pignon découpé en forme d’escalier s’y montre assez fréquemment. La toiture de l’Ambigu-Comique peut donner aux Parisiens, qui ne sont pas très-cosmopolites en général, une idée assez nette de ce genre de construction : cela produit un effet d’une bizarrerie assez agréable." (p.60) 

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    extrait 2: la "catholicité" dans le paysage traversé 

    "Plus on avance, plus on sent dans l’air un vague parfum de catholicité totalement inconnu en France ; presque à chaque maison il y a une vierge ou un saint dans une niche, et non point un saint ou une vierge avec des nez cassés et des doigts de moins comme ici, mais jouissant de tout leur nez et très-peu manchots. Dans beaucoup de villages les vierges sont habillées en robe de soie et ornées de couronnes, d’oripeaux et de moelle de sureau ; elles ont une lampe devant elles comme en Espagne ou en Italie ; les églises sont aussi parées avec une recherche et une coquetterie amoureuse tout à fait méridionales." (p.66) 

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    extrait 3: Bruxelles 

    "Après avoir traversé une infinité de rues bordées de maisons avec des toits en escaliers, nous débouchâmes tout d’un coup sur la place de l’Hôtel de Ville, c’est la plus vive surprise que j’aie éprouvée dans tout mon voyage.

    Il me sembla que j’entrais dans une autre époque, et que le fantôme du moyen âge se dressait subitement devant moi ; je croyais que de pareils effets n’existaient plus qu’au Diorama et dans les gravures anglaises.

    Qu’on se figure une grande place dont tout un côté est occupé par l’Hôtel de Ville, un édifice miraculeux avec un rang d’arcades, comme le palais ducal à Venise, des clochetons entourés de petits balcons à rampes découpées, un grand toit rempli de lucarnes historiées, et puis un beffroi de la hauteur et de la ténuité la plus audacieuse, tailladé à jour, si frêle que le vent semble l’incliner, et tout en haut, un archange doré, les ailes ouvertes et l’épée à la main.

    À droite, en regardant l’Hôtel de Ville, une suite de maisons qui sont de véritables bijoux, des joyaux de pierre ciselés par les mains merveilleuses de la Renaissance. On ne saurait rien voir de plus amoureusement joli ; ce sont de petites colonnettes torses, des étages qui surplombent, des balcons soutenus par des femmes à gorge aiguë, terminées en feuillages ou en queues de serpent, des médaillons aux cadres fouillés et touffus, des bas-reliefs mythologiques, des allégories soutenant des écussons armoriés, et tout ce que la coquetterie architecturale de ce temps-là peut imaginer de plus séduisant et de plus amusant à l’œil. Toutes ces maisons sont admirablement conservées, il n’y manque pas une pierre ; la triple chemise de couleur dont elles sont couvertes les conserve comme dans un étui." (p.78-80) 

    Zigzags a paru en 1845

     

     

  • 20 miracles de la nature (5)

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    Indéniablement, les murs de l'Adrienne sont Belges:  

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    ici on voit bien que le vrai mur belge s'effrite 

    *** 

    petite mise au point pour les amis français qui auraient envie d'en rajouter,  

    paraphrasant Cyrano,  à propos de ses "folles plaisanteries" 

    Car si je me les sers moi-même avec assez de verve 
    Je ne permets pas qu'un autre me les serve. 

    tongue-out

  • N comme Nel

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    Quand il la voit pour la première fois, il a vingt ans. C'est un grand Flamand blond aux yeux bleus, un solide gaillard, à peine sorti de l'atelier de menuiserie de son père pour perfectionner son art à Bruxelles. 

    Elle est une petite brune de 16 ans, une francophone de Schaarbeek. Hélène, qu'il appellera Nel et qui sera la femme de sa vie. Ils se marient trois ans plus tard, en 1905, et seule la guerre les séparera. La guerre, puis la mort de Rik, en 1916. 

    Ils ont donc droit à une dizaine d'années ensemble, comme mon grand-père et la petite Yvonne. Pour Rik et Nel, ce sont dix intenses années de production artistique et de vie de couple fusionnelle. 

    C'est Nel qu'il peint, dessine, sculpte. Nel avec sa "plus jolie robe" - celle qui est à rayures rouges et blanches - ou Nel nue. Nel en pleine activité ménagère - à son repassage, par exemple - ou au repos, lisant le journal. Nel en souriante santé ou alitée et malade. 

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    fusain de 1912, Nu au fauteuil d'osier 

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    aquarelle et encre de Chine, 1915, Le mouillage du linge 

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    Nel au chapeau rouge (1909)  

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    Nel en blouse blanche (La femme en blanc) 

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    Femme en noir lisant le journal (1912) 

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    La malade au châle blanc (1912) 

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    Malade au lit (aquarelle sans date) 

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    trois fois Nel en sculpture 

    vous avez jusqu'au 2 juillet pour y aller cool

     

  • M comme Masereel

    A travers toute son oeuvre, Frans Masereel a fait preuve d'un regard critique sur son époque et d'un indéfectible pacifisme. Son engagement est aussi celui d'un homme qui a toujours voulu rester positif: il montre de la confiance en l'avenir du genre humain, malgré tout. 

    Le Mu.ZEE d'Ostende lui consacre une expo qui a comme titre "la résistance en images"

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    Je vous montre d'abord cette gravure sur bois, "Le voyageur" (1922) parce qu'elle symbolise bien ce qu'il a beaucoup fait dans sa vie, voyager pour aller voir ailleurs par lui-même comment les choses s'y passent ou pour se mettre en sécurité, vu ses activités antinazies. 

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    "Amerika" (1922)
    Il fait deux voyages en URSS  

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    Char et église, 1935-36

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    Moscou, maisons anciennes et nouveaux buildings, 1935 

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    Ouvriers de chemin de fer en Russie, 1935-36, qui me font penser aux 'moujiks' dans le Général Dourakine, de la comtesse de Ségur wink 

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    Le Front populaire, 1936 

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    illustration pour le texte de Jules Laforgue (cliquer pour voir en grand) 

    L'expo se termine sur la grande fresque qu'il a réalisée pour l'Exposition universelle à Paris (1937) dans laquelle il exprime - un peu à la manière des affiches russes - sa foi en l'avenir: "La famille en lecture" le fait entrer dans la compagnie de ceux qui croient que l'art, la culture, la connaissance sont indispensables au genre humain, donc aussi à l'ouvrier. 

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    partie centrale du tableau

     

  • L comme Léon

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    La vie de Léon Spilliaert, né en 1881, donc 21 ans après James Ensor, présente tout de même pas mal de similitudes avec celle du grand maître qui le précède. Lui aussi naît à Ostende dans une famille de commerçants. Son père crée et vend des parfums pour lesquels dès l'enfance le petit Léon crée et dessine de jolies étiquettes et publicités. 

    Dans leur ville natale, tous deux ont fréquenté la même école, qui s'en enorgueillit aujourd'hui par une belle plaque de cuivre apposée à côté de l'entrée principale. Non, je ne l'ai pas photographiée tongue-out 

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    Parmi les documents écrits, cette lettre de nouvel an permet d'admirer sa belle calligraphie. On comprend que le papa lui confie la rédaction de ses étiquettes de parfums cool 

    En 1900, le jeune homme de 19 ans peut accompagner son père à l'Exposition universelle, à Paris. Il y reçoit sa première belle grande boîte de pastels. 

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    J'y ai surtout admiré cette oeuvre que je n'avais pas encore vue, oeuvre fragile - de l'encre sur du papier - représentant une "Dame avec voile" (1903).

    Avis aux amateurs: beaucoup de ses oeuvres se trouvent en photo sur wikipedia commons.  

  • K comme Kapellestraat

    C'est en retournant vers le parking que j'ai remarqué cette oeuvre du Porto-ricain Alexis Diaz, devant laquelle des tas de gens passaient sans la regarder, la Kapellestraat étant une rue piétonnière à vocation uniquement commerçante.

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    Ce curieux mélange de terre et de ciel, de vie et de mort, de références bibliques et de symboles, est pourtant placé à hauteur des yeux. 

    En face du casino, dans le bassin, le duo Schellekens et Peleman a installé son "inflatable refugee", qui a déjà pas mal voyagé, comme on peut le voir ici

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    A côté d'oeuvres en rapport avec les problèmes de notre temps - et de tous les temps - il y a celles qui se veulent purement esthétiques, comme celle-ci, qui n'était toujours pas achevée lundi, deux jours après l'ouverture 

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    Son concepteur est le Brugeois Stefaan De Croock, designer de formation. L'oeuvre est constituée de bois de récupération, vieilles planches, portes, parties de meubles mis au rebut. 

    Bref, entre les peintures de l'an dernier et celles de 2017, il y a encore de quoi remplir quelques séjours ostendais cool

    Et l'inachevé de l'autre jour? Lundi il était bel et bien terminé: 

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  • J comme James

    Au Mu.ZEE d'Ostende, la nouvelle aile consacrée aux deux "enfants du pays", James Ensor et Léon Spilliaert, vaut vraiment la visite. 

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    Voici maître James, âgé de 66 ans, contemplant la mer depuis la terrasse du Kursaal, en 1926. 

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    Sa "Grande Marine", dont Verhaeren, dans sa monographie sur James Ensor publiée en 1908, disait ceci: "l'horizon déchiqueté de lueurs saumonées et de nuages violets multiplie le ton et fait songer à quelque énorme oiseau de flamme qu'on déplumerait, au bord de l'espace. La mer fut pour l'oeil d'Ensor une admirable éducatrice. Rien de plus ténu et de plus frêle que la coloration d'une vague avec ses infinies désinences, avec sa mobilité lumineuse et myriadairement changeante." 

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    Parmi les documents écrits, ce feuillet sur lequel il s'est amusé - avec pas mal de dérision - à répondre au fameux questionnaire de Proust. Vous pouvez ouvrir la photo pour la voir en plus grand si vous cliquez dessus. 

    Enfin, on y apprend aussi davantage sur le sérieux qu'il mettait à son travail de compositeur et la fierté qu'il en retirait. On peut y écouter "La gamme d'amour" musique de ballet pour lequel il a dessiné les décors, les costumes et écrit la musique ainsi que le scénario. 

    Sacré bonhomme tongue-out 

    et après-demain, L comme Léon!

  • H comme Hannon

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    Théo Hannon et son copain James Ensor s'amusent autour d'un même thème... 

    (photos prises au Mu.Zee d'Ostende)

    ici, on peut voir un des portraits de Théo Hannon par James Ensor  

  • F comme found in translation

    Nul ne sait ce que, du langage d’autrui, Robinson, qui ne parle pas du tout, comprend ou ne comprend pas. À certaines expressions courtes prononcées dans des circonstances précises, il répond par un comportement approprié : il se dirige vers la cuisine si je lui dis « On va manger » et, quand je répète « Trampoline », il se rend dans mon bureau, pièce qui contient bel et bien, à son intention, un petit trampoline. À « Dis au revoir », il réagit par un geste minimal, en levant l’avant-bras et en pliant l’index, et à « Donne un bisou » en tendant la joue sans pour autant bouger les lèvres. S’il vient de jeter un objet par terre, par exemple sa casquette lors de notre promenade, il me prouve, en le récupérant, qu’il connaît la signification de « Ramasse ! » Lorsqu’il est de bonne volonté, il obtempère aussi à « Appuie sur le bouton », « Éteins la lumière », « Assis » ou « Ferme la porte. » Et, quand il s’est emparé d’une tranche de pain et qu’ayant à peine mordu celle-ci, il désigne le frigo, en geignant, pour demander un yaourt à la vanille, il comprend « D’abord ton pain ! », ce qui suppose tout de même une forme de conditionnel. Mais, à ma connaissance, son rapport au langage ne va guère au-delà. 

    Extrait de Robinson, du Liégeois Laurent Demoulin, publié chez Gallimard en 2016, un livre autobiographique qui parle de la relation entre un père et son fils autiste.

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    source de la photo et interview avec l'auteur ici 

    Passa Porta propose un Found in translation, c'est-à-dire une rencontre avec l'auteur et sa traductrice (http://passaporta.be/passa-porta-lab/found-in-translation) rencontre à laquelle on peut participer si notre traduction néerlandaise de ce texte est retenue. 

    Niemand weet wat Robinson, die helemaal niet spreekt, van andermans taal begrijpt of niet begrijpt. Enkele korte uitdrukkingen, uitgesproken in welomschreven omstandigheden, beantwoordt hij met gepast gedrag: hij begeeft zich naar de keuken als ik hem zeg "We gaan eten" en als ik "Trampoline" herhaal, gaat hij naar mijn bureau, een ruimte waar inderdaad ter zijne intentie een kleine trampoline staat. Op "Zeg gedag" reageert hij met een minimaal gebaar, een geheven voorarm en geplooide wijsvinger, en bij "Geef een zoen" reikt hij de wang aan, weliswaar zonder de lippen te bewegen. Als hij een voorwerp op de grond gooit, bijvoorbeeld zijn pet tijdens onze wandeling, bewijst hij mij, door die terug te nemen, dat hij de betekenis kent van "Oprapen!". Als hij van goede wil is, geeft hij ook gevolg aan "Druk op de knop", "Doe het licht uit", "Zit" of "Sluit de deur". En als hij een sneetje brood genomen heeft en al kreunend naar de koelkast wijst om een vanilleyoghurt te vragen, terwijl hij nog maar een beet van zijn brood nam, begrijpt hij "Eerst je brood", wat toch een zekere notie van de voorwaardelijke wijs veronderstelt. Maar bij mijn weten reikt zijn verhouding tot taal niet veel verder.

     

  • 7 fois Emile (5)

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    Emile Verhaeren, extrait du tableau de Theo Van Rysselberghe, La lecture (1903), date à laquelle notre Emile est l'heureux époux de Marthe depuis 12 ans. 
    Tableau à voir au musée de Gand (MSK) 

    Voici quinze ans déjà que nous pensons d'accord

    Voici quinze ans déjà que nous pensons d'accord ;
    Que notre ardeur claire et belle vainc l'habitude,
    Mégère à lourde voix, dont les lentes mains rudes
    Usent l'amour le plus tenace et le plus fort. 

    Je te regarde, et tous les jours je te découvre, 
    Tant est intime ou ta douceur ou ta fierté : 
    Le temps, certe, obscurcit les yeux de ta beauté, 
    Mais exalte ton cœur dont le fond d'or s'entr'ouvre. 

    Tu te laisses naïvement approfondir,
    Et ton âme, toujours, paraît fraîche et nouvelle ;
    Les mâts au clair, comme une ardente caravelle,
    Notre bonheur parcourt les mers de nos désirs. 

    C'est en nous seuls que nous ancrons notre croyance,
    A la franchise nue et la simple bonté ;
    Nous agissons et nous vivons dans la clarté
    D'une joyeuse et translucide confiance.

    Ta force est d'être frêle et pure infiniment ;
    De traverser, le cœur en feu, tous chemins sombres,
    Et d'avoir conservé, malgré la brume ou l'ombre,
    Tous les rayons de l'aube en ton âme d'enfant. 

    in Les heures d'après midi (1905)

  • D comme désolée!

    C'est avec ce petit poème de Maurice Carême que Madame faisait faire connaissance à ses élèves avec le passé simple, à l'époque où elle avait devant elle des gamins et gamines de quatorze ans. 

    Le chat et le soleil 

    Le chat ouvrit les yeux, 
    Le soleil y entra. 
    Le chat ferma les yeux, 
    Le soleil y resta. 

     Voilà pourquoi, le soir 
    Quand le chat se réveille, 
    J'aperçois dans le noir 
    Deux morceaux de soleil. 

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    Mon chat Pipo a définitivement fermé les yeux et ma carissima nipotina est allée à la Croix-Bleue pour y adopter un nouveau petit soleil. 

    La photo vient de leur site, le lendemain de son adoption. 

    Au refuge, on l'avait baptisée Siska mais à cause de ses airs de princesse je l'appelle Sissi tongue-out 

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    En attendant de faire sa connaissance le week-end prochain, et pour continuer le "mois belge" - quoiqu'ici ce soit "mois belge" tous les mois - je vous offre le chat de Geluck. 

    La photo a été prise à la foire des antiquaires à Tour et Taxis le 30 janvier 2016.

     

     

  • C comme cyclisme

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    Je ne sais pas si ça convient comme participation au "mois belge", mais à la lettre C je ne peux mettre que le mot cyclisme. 

    Ce genre de plaque, la police vient en déposer une tous les dix mètres, dès le mois de mars. Après, il suffit de coller une nouvelle feuille sur la précédente, avec la date du week-end suivant, et ainsi de samedi en dimanche, toutes les courses cyclistes passant en Flandre font le détour par ma rue. Pour ensuite entamer une montée sur de vrais pavés bien inégaux. 

    C'est là qu'est massée la foule des supporters et que sont installés les journalistes et leurs caméras. Pour bien voir les visages crispés par l'effort, les muscles tendus et qui sait, avec un peu de chance, une ou deux chutes mémorables. 

    Le mythe du "flandrien" et de ses pavés a attiré environ 17 000 cyclotouristes samedi - trop, est-ce assez? - pour finir en apothéose dimanche, avec vrombissements d'hélicoptères, de motards, haut-parleurs de caravane publicitaire et sirènes d'ambulances. 

    Cette année, j'avais choisi de ne pas m'exiler à Ostende ou à Bruxelles. Occupée à enlever les pissenlits du potager, j'entends au loin les quatre premières notes de la symphonie numéro 5 de Beethoven... 

    C'était une publicité Rodania! 

  • V comme voyage

    C'est un hôtel qui ne paie pas de mine dans un quartier qui lui ressemble. Mais les gens y sont gentils et le rapport qualité-prix absolument imbattable. 

    Devant la machine à café, dans l'attente d'un cappuccino, un homme demande à l'Adrienne d'où elle vient. Il semble trouver amusant qu'elle lui réponde "From Belgium!" mais il est vrai qu'elle en riait la première. 

    - We are from Greece, dit-il en désignant son groupe de mecs attablés autour d'une montagne de croissants et de petits pains. 

    Il précise qu'ils sont là pour le match du soir. L'Adrienne a failli demander si c'était pour le Panathinaikos - la seule équipe grecque qu'elle connaisse de nom - heureusement elle s'est retenue et a appris que c'était pour leur équipe nationale contre les Diables Rouges. 

    Elle s'est demandé à quoi ils allaient remplir leur journée en attendant 20.45 h. et surtout dans quel état ils allaient rentrer à l'hôtel... 

    A l'heure où vous lirez ce billet, la réponse à cette question sera connue, ainsi que le résultat du match: https://www.rtbf.be/sport/football/diablesrouges/detail_le-calendrier-des-diables-rouges-en-route-pour-le-mondial-2018?id=9415791 

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