biere

  • G comme gastronomie

    Il y a exactement deux ans, Ann Frankie, présidente d'une association flamande qui lutte pour promouvoir notre culture de la bière, lançait l'idée de proposer de la bière de table aux enfants des écoles plutôt que des sodas. Son argument numéro un: «La bière de table est très bonne pour la santé car elle est beaucoup moins sucrée». Selon les spécialistes, il s'agirait ici d'un malentendu car de nombreuses bières de table sont sucrées artificiellement et sont par conséquent aussi mauvaises que le coca ou les autres 'soft drinks'.De plus, "ce n'est certainement pas une bonne chose pour les enfants que d'apprendre si jeune le goût de la bière. Et le goût du sucre, ils s'y habituent autant avec la bière que le coca. C'est l'eau qu'il faut promouvoir auprès des jeunes, et non la bière. Car actuellement, cela devient de plus en plus difficile de faire boire de l'eau à un enfant", dit Astrid Vanoppen, diététicienne à l'hôpital Virga Jesse de Hasselt.Deux ans plus tard, je peux rassurer les 'estrangers' qui me liraient: il n'est pas question qu'on trouve de la bière de table dans nos cantines et réfectoires scolaires belges, bien au contraire, on y promeut de plus en plus l'eau, tout simplement. Un des articles de l'époque: http://www.dhnet.be/infos/societe/article/146417/choisir-la-biere-plutot-que-le-coca-a-l-ecole.htmlNos élèves devront donc découvrir les qualités gastronomiques de nos bières ailleurs qu'à l'école. Colette aurait sûrement trouvé cela dommage, elle qui affirmait:    "J’ai été très bien élevée. Pour preuve première d’une affirmation aussi catégorique, je dirai que je n’avais pas plus de trois ans lorsque mon père, partisan des méthodes progressives, me donna à boire un plein verre à liqueur d’un vin mordoré, envoyé de son pays natal : le muscat de Frontignan.    Coup de soleil, choc voluptueux, illumination des papilles neuves ! ce sacre me rendit à jamais digne du vin. Un peu plus tard j’appris à vider mon gobelet de vin chaud, aromatisé de cannelle et de citron, en dînant de châtaignes bouillies. A l’âge où on lit à peine, j’épelai, goutte à goutte, des bordeaux rouges anciens et légers, d’éblouissants Yquem. Le champagne passa à son tour, murmure d’écume, perles d’air bondissantes ; à travers des banquets d’anniversaire et de première communion, il arrosa les truffes grises de la Puisaye… Bonnes études, d’où je me haussais à l’usage familier et discret du vin, non point avalé goulûment, mais mesuré dans des verres étroits, absorbé à gorgées espacées, réfléchies."  Pour ceux qui veulent lire la suite de cette belle éducation des papilles gustatives: Colette (1873-1954), Prisons et Paradis (1932)