ca se passe comme ca

  • Stupeur et tremblements

    Non, se dit l'Adrienne en lisant dans le journal que le premier août, une firme américaine implante un "chip" dans la main de son personnel. 

    Non, se dit-elle, je ne veux pas vivre comme ça. Même si ça permet d'ouvrir automatiquement les portes de l'entreprise, de faire marcher l'ordi et la photocopieuse, de payer à la cafétéria... 

    Puis sa stupeur passe à la vitesse supérieure quand elle lit, en fin d'article, qu'une firme belge le fait depuis décembre dernier.  

    chip.jpeg

    source de la photo et article de décembre dernier ici 

    Le tatoueur qui les implante comme un piercing entre pouce et index prétend qu'il l'a déjà fait chez plus de 450 personnes, aussi bien des particuliers que du personnel d'entreprises, principalement pour une utilisation en domotique. 

    Les Belges étant de doux dingues, leur "chip" servira à leur donner la météo ou l'état des routes et leur permettra de se connecter à leur "playlist" sur Spotify... 

     

  • R comme rouge

    Il est à sa porte à heures plus ou moins fixes, pour fumer une pipe. Hiver comme été, et bien que vivant seul, il fume sur le seuil, laissant la porte entrebâillée. L'hiver, en vieux pull bleu troué, et en ces jours de canicule, en maillot de corps. 

    On se salue, de loin. On échange un ou deux mots, pas plus. L'Adrienne est toujours pressée. 

    Hier, dès qu'il la voit venir, il franchit les quelques mètres de son jardinet pour arriver jusqu'au trottoir: 

    - J'ai pris un coup de soleil! s'exclame-t-il en montrant la peau nue sous la longue barbe grise. 

    - Ah! fait l'Adrienne compatissante, faut faire attention, ces jours-ci! C'est dangereux. 

    Puis il se retourne pour montrer son dos. Il a la nuque d'un rouge presque violet. L'Adrienne est très impressionnée et le lui dit. 

    - J'ai enlevé un peu de mauvaises herbes dans mon jardin, explique-t-il. Pourtant, j'avais mis de la crème solaire! 

    Depuis, l'Adrienne s'inquiète pour lui, et pour tous ces autres "petits vieux" de son quartier, la vieille dame toute cassée qui fait ses courses avec son antique vélo, celle qui marche avec une béquille d'un côté et un grand chien blanc de l'autre, celui qui a déjà été opéré deux fois à la gorge, celle qui porte avec fierté ses presque nonante ans... il fait beaucoup trop chaud, dehors et dedans, depuis trop longtemps.

    ça se passe comme ça,vie quotidienne

    la clématite de l'Adrienne a envahi le trottoir... 

     

     

  • 20 miracles de la nature (7)

    Sur la terrasse du café du coin, en face du supermarché, affalé sur son siège, jambes écartées, il était attablé tout seul devant sa bière, à dix heures du matin. 

    L'homme, ce miracle de la nature. 

    Sur son T-shirt noir il était marqué en grandes lettres blanches: 

    Un homme comme moi, ça se mérite! 

    homme.png

    Pour ceux d'entre vous que ça intéresserait, d'autres modèles à la demande ici 

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    homme3.jpg

    homme4.jpg

  • 7 signes qui ne trompent pas

    L'herbe est tondue, maisons et jardins sont pimpants, les haies sont fraîchement taillées - et parfois de très près - 

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     les trous dans la chaussée sont marqués de peinture blanche puis soigneusement comblés 

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    les rues pavoisées aux couleurs de toutes les maisons auxquelles notre ville a appartenu, au fil des siècles 

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    les porteurs et les sonneurs ont intensifié l'entraînement 

    la presse locale ne parle (presque) plus que de ça 

    les gens s'organisent pour leur participation, leur ravitaillement, leur équipement... 

    et l'Adrienne sent monter l'envie et l'adrénaline 

    cool 

    ici le folklore est bien vivant

     

  • C comme chapeaux

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    C'était un beau mariage: des gens bien élevés, des jeunes minces et élégants, que du beau monde ayant fait de longues études et de grands voyages. 

    C'était une garden party dans un endroit idyllique et pourtant au cœur de la ville, un high tea festif, gourmand et musical. 

    Bref, L'Adrienne s'est sentie là comme Lenù dans la compagnie des Airota, la prestigieuse famille de ses beaux-parents, et de leurs fastueux amis: pas du tout à sa place. 

    Au bout de trois quarts d'heure de conversations mondaines, elle avait déjà envie de reprendre le train pour rentrer chez elle. 

    Et poursuivre sa lecture du tome 4 cool 

    Quand je vous dis qu'elle n'est pas sortable...  

    http://www.universalis.fr/encyclopedie/ferrante-elena-1943/1-un-roman-fleuve/ 

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    Gand, samedi de l'Ascension, 17.15 h.

  • C comme chorale

    La première mauvaise idée avait été de mettre la bonne vingtaine de chaises en un grand ovale qui remplissait toute la pièce. Ici et là des groupes se sont formés, des gens se connaissaient, étaient contents de papoter ensemble, de rigoler. A l'autre bout, assise derrière son piano portable, la dame qui avait consenti à nous apprendre des "chants révolutionnaires" ne réussissait pas à faire entendre sa voix. 

    Une autre avait été chargée de prendre des photocopies du chant qu'on apprendrait, malheureusement elle s'était trompée, elle avait cru en prendre vingt, il n'y en avait que dix. Vous regarderez à deux, nous dit-elle, sans se rendre compte que ce serait un nouveau prétexte à se dissiper et bavarder, ce que nous n'avons pas manqué de faire, ma voisine tenait à me raconter certaines choses sur elle et à savoir des choses sur moi. 

    De plus, le choix du chant avec son texte portugais suscitait toutes sortes de plaisanteries. Certains prétendaient ne pas vouloir chanter un texte dont ils ne comprenaient pas les paroles et voulaient qu'on les leur traduise, ce que personne n'était capable de faire, pas même ceux qui avaient choisi ce chant-là. On n'était pas d'accord non plus sur la bonne prononciation, alors deux ou trois personnes ont allumé leur smartphone pour nous la faire entendre. C'était le seul moment à peu près silencieux de toute la soirée...

    Après l'avoir entendue, quelques-uns ont déclaré que notre chef de chœur s'était trompée dans le rythme et ne respectait pas les pauses. Une dame s'est proposée pour battre la mesure à sa place. Chacun avait déjà oublié la bonne prononciation et chantait comme il voulait ou faisait lalala pendant que la pauvre chef de chœur tapotait son piano, complètement dépassée par ses "grands apprenants". 

    - On devrait se montrer un peu plus disciplinés, dis-je à une dame dont j'ai eu les deux fils en classe. 
    - Ah! fait-elle avec un geste du menton vers la chef de chœur, c'est à elle de nous dire de nous taire, c'est elle qui doit prendre la situation en main. 

    Je me suis demandé si c'était ça, l'esprit révolutionnaire... 

  • B comme blocs

    Chaque fois qu'elle passait devant ces gros blocs de béton, elle se demandait ce qu'ils faisaient là. 

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    Le dimanche matin, elle l'a compris, en voyant un homme arc-bouté, tirant de toutes ses forces, sous le regard goguenard d'un ami, des deux épouses et de leurs enfants. 

    Il prétendait soulever 400 kilos. 

    - Hij gaat al van de grond, haletait-il en direction de son copain qui se moquait de lui. 

    Chacun voyait bien que contrairement à ce qu'il prétendait, ce bloc ne s'écartait pas d'un millimètre du sol, mais on a fait comme si, juste pour qu'il s'arrête et qu'on puisse continuer la promenade. 

    *** 

    photo prise à Ostende le lendemain, lundi 10 avril 

    *** 

    "van de grond gaan" au sens littéral signifie se soulever du sol et au sens figuré c'est une expression à connotation sexuelle, ce qui n'a fait que redoubler l'hilarité du copain, ainsi que de la promeneuse témoin de ce joli tableau, évidemment cool

     

  • Question existentielle

    Mais qu'est-ce que j'irais y faire? s'exclame l'Adrienne en lisant l'injonction qui lui est faite par Brussels Airlines: 

    "Madame Adrienne, envolez-vous vers l’Afrique en Business Class et cumulez le double de Miles !" 

    Qu'est-ce que j'irais y faire, se demande-t-elle une seconde fois, je ne trouve déjà pas le temps d'aller passer un second week-end à la mer!  

    Chère Mme Adrienne,

    Ne manquez pas cette occasion de cumuler le double de Miles sur nos vols vers quelques-unes des destinations les plus surprenantes de l'Afrique, tout en profitant du confort et du service hors-pair de notre Business Class.

    Cumulez le double de Miles de prime en Business Class sur tous nos vols entre Bruxelles et :

    • Accra
    • Freetown
    • Kinshasa
    • Monrovia
    • Douala
    • Yaoundé

    Pour bénéficier de cette offre exceptionnelle, enregistrez-vous ici avant le 30 juin 2017, réservez votre vol Brussels Airlines en Business Class et voyagez entre le 1er mai et le 30 juin 2017. 

    Et puis, si le voyage est à faire entre le premier mai et le 30 juin 2017, l'Adrienne est désolée, mais elle n'a pas de congés. 

    Enfin, si c'est une photo comme celle-ci qui doit appuyer l'argument de vente, l'Adrienne est re-désolée. En néerlandais, ça s'appelle "een afknapper", le truc, le détail, la chose qui te fait définitivement renoncer.

    brussels airlines.jpg

    Ne cherchez pas, il n'y a pas de traduction française pour "afknapper", mais je pense que vous aurez compris tongue-out

  • E comme experte

    Voilà bien longtemps - trois ans, au fait - que l'Adrienne se dit qu'il faudrait changer la poignée de la porte qu'elle utilise le plus. Elle n'est pas d'origine et tout à fait brinquebalante, bref, après avoir vu au fil des mois et des ans de si nombreuses publicités pour des poignées de portes, l'Adrienne a cru pouvoir en conclure qu'opérer ce petit changement était jeu d'enfant. 

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    l'ancienne et la nouvelle, réunies pour la photo 

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    la porte, dans son état actuel, trois semaines après l'échec de l'opération... 

    (heureusement, il y a une autre porte pour aller du salon vers le couloir) 

    tongue-out 

    experte,ca se passe comme ca,vie quotidienne,maison

    photo prise à l'expo Gaston Lagaffe à Beaubourg en janvier dernier

  • P comme paille et poutre

    burkina.jpg

    - Et contre l'utilisation du bois, demande le sémillant politicien au jeune Burkinabé venu témoigner des actions organisées dans son pays contre la spoliation des terres par les entreprises minières, qu'est-ce que vous faites contre l'utilisation du bois pour le chauffage et la cuisine? 

    L'Adrienne se sent bouillonner et a envie de demander au sémillant politicien: 

    - Et vous? qu'est-ce que vous faites? 

    Oui, que fait-il pour la planète, lui qui a une grosse villa pour deux personnes, le chauffage central, une cuisine suréquipée, un feu ouvert - parce que c'est si convivial et chaleureux les soirs d'hiver, n'est-ce pas, et le bois et bien on l'achète par remorque entière - une belle bagnole, une autre pour sa femme... qu'est-ce qu'il fait pour la planète?

    Heureusement, le jeune Burkinabé a répondu avec beaucoup plus d'intelligence: 

    - Nous essayons de promouvoir des sortes de foyer qui ont besoin de moins de bois pour fonctionner. Mais le mieux, ce serait que le niveau de vie des gens augmente, et qu'ils puissent s'offrir une cuisinière au gaz. 

    Bien dit, l'ami!  

    D'autant plus que le sujet du débat était: les actions entreprises contre la spoliation des terres - et autres nuisances - de la part des entreprises minières... 

    ***

    source de la photo et info ici

  • X c'est l'inconnu

    Il a fallu enlever la plinthe sous la cuisinière, 

    retirer le lave-vaisselle de là où on avait eu tant de mal à l'introduire sans faire de dégâts, 

    arracher une planche sous le meuble de la cuisine,  

    DSCI4607.JPG

    pour qu'enfin un premier mystère soit résolu: 

    oui, il y a bel et bien une citerne d'eau de pluie sous la cuisine, 

    un truc rond en béton, 

    qui contenait autant de boue que d'eau. 

    DSCI4609.JPG

    et pendant qu'on y était, on a résolu tous les autres mystères 

    de l'écoulement des eaux usées 

    et compris pourquoi il y a cette odeur-là 

    dans la maison 

    tongue-out 

    Il reste quatre mois à Monsieur l'Entrepreneur 

    pour faire le reste du travail.

  • Y comme Yaka

    Le Belge, dit le journal de mercredi matin, on le sait, "a une brique dans le ventre". Mais ce qu'une nouvelle enquête vient de révéler, c'est qu'en plus de vouloir à toute force être propriétaire de son logement, il va en moyenne, dans le courant de sa vie, y faire quatre fois des travaux de rénovation. 

    Voilà, se dit l'Adrienne: tout s'explique! 

    En effet, chez elle aussi de nouveaux travaux sont en chantier, alors qu'elle croyait en avoir fini avec "tout ça". 

    *** 

    C'était sans compter sur la commune et ses projets d'aménagement. 

    En octobre, l'Adrienne et ses voisins ont reçu une longue lettre avec un tas de documents agrafés. Un rapide coup d’œil a permis de conclure que ça signifiait "travaux coûteux et dommages collatéraux garantis". 

    *** 

    Les uns après les autres, l'Adrienne et ses voisins reçoivent la visite d'un expert qui vient évaluer quelles mesures seront nécessaires. 

    Un type bien gentil qui vous dit sans sourciller: 

    - Yaka... 

    Par exemple, dans trois maisons il a dit: 

    - Pour séparer l'acheminement de l'eau de pluie des eaux usées, yaka démolir le carrelage. 

    maison,vie quotidienne,ça se passe comme ça

    chez l'Adrienne, en plus de quelques travaux à l'intérieur, YAKA refaire les sentiers, refaire un trou dans le mur et creuser tout le long de la maison pour amener l'eau de pluie jusqu'à l'autre rue... 

    c'est précisément là que depuis 2013 ont été plantés le figuier, l'hortensia grimpant, le romarin, la sauge, des fleurs à bulbe et quelques vivaces...

     

  • Stupeur et tremblements

    En rentrant de son petit voyage parisien, la première chose que fait l'Adrienne, c'est vider sa boite aux lettres. 

    Voici ce qu'elle y trouve, parmi deux ou trois cartes de vœux et quelques publicités: 

    DSCI4575.JPG

    D'abord, stupéfaction totale (et deux relectures du feuillet): qu'est-ce que ça vient faire ici? le seul crédit que l'Adrienne ait jamais contracté, c'était pour l'achat de sa maison. Or, sur ce document il s'agit de tout autre chose. Ni la somme ni la société de crédit ne correspondent à rien de connu. 

    Mystère total: où est l'erreur? est-ce une arnaque? que faire? réagir, téléphoner, écrire ou pas? 

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    La nuit, elle a largement le temps d'y réfléchir, vu qu'elle n'en dort pas. Une recherche rapide montre effectivement l'existence d'une telle société française de crédit. Le numéro de téléphone y correspond. Mais c'est situé à Pau, pas à Paris.

    DSCI4577.JPG

    La nuit, l'Adrienne se dit qu'elle répondra par écrit. 

    En néerlandais 

    tongue-out 

    Une belle longue lettre en termes bien sentis 

    Dans la langue de Vondel 

    tongue-out 

    Finalement elle n'a encore rien fait du tout 

    convaincue que c'est une arnaque

    d'une société française

    qui espère élargir son territoire d'action malfaisante 

    jusqu'en Belgique

     

  • F comme folie du Friday

    Il n'y a pas tellement d'années que je sais à peu près ce que représente le Thanksgiving américain et quand il est célébré - les Hallmark Christmas movies auront eu au moins ce mérite-là tongue-out 

    Ce qui est neuf, par contre, c'est la notion du Black Friday: pour la première fois cette année j'ai reçu un tas "d'offres promotionnelles" - de la SNCF, d'agences de voyages, de parfumeurs, la liste est longue et étonnamment française - pour m'inciter à dépenser mes sous au lendemain du Thanksgiving. Ou même, dans un grand élan de largesse, pendant les quatre jours de ce week-end prolongé américain. 

    Étonnant, oui. J'ai trouvé étonnant que cette mode nous soit parvenue comme ça, d'un coup, PAF! tout le monde s'y est mis. 

    friday.jpg

    article et source de la photo 

    Les Américains, dit l'article, ont battu tous les records en dépensant pour ce Black Friday 2016 la somme de 5,3 milliards de dollars, soit 18% de plus que l'an dernier. En majeure partie pour des cadeaux de Noël.  

    Comme des drones ou des télés 4K 

    tongue-out

  • Première fois

    Première fois depuis très longtemps que l'Adrienne est retournée sur les bancs de son université préférée. Celle où elle a passé quatre merveilleuses et bien trop courtes années. 

    La première série de conférences est annoncée pour quatorze heures et l'Adrienne est déjà installée dans l'amphi. Largement avant tout le monde, comme d'habitude tongue-out

    A 14.01 h. entre un étudiant, jeune homme à trois poils de barbe et bonnet de laine, l'air égaré: 

    - C'est ici, la conférence? 

    - Quelle conférence? demande un tout frais doctorant à la coiffure et au costume-cravate impeccables. 

    - Je ne sais pas... c'est notre prof qui nous oblige de venir... 

    Eclat de rire, oh oui grand éclat de rire de l'Adrienne, devant cette merveilleuse preuve de motivation. 

    Regard courroucé du gamin qui marmonne: 

    - Ben au moins, je suis venu! 

    histoire,ça se passe comme ça,prof

    photo prise le 25 novembre 2016 

  • G comme grand-mère

    Elle est assise sur une chaise basse. Elle est un peu courbée. Elle a ses filles debout à ses côtés, celle qui lui ressemble et celle qui ne lui ressemble pas. Une brune aux yeux sombres et une blonde aux yeux clairs, comme son père. 

    Voilà cinq jours qu'elle dort à peine, qu'elle ne réussit plus à se nourrir comme il faut, qu'il faut la soutenir pour marcher. Cinq jours qu'elle ne sait plus que penser ni que faire ni à quoi ont servi les tonnes de bougies qu'elle a fait brûler devant Marie et Jésus et tous les saints, depuis deux ans. 

    Une Mère Courage aujourd'hui largement octogénaire qui doit subir le énième malheur de sa vie. L'enterrement de son petit-fils. 

    Si ce n'était pas une formule toute faite, on pourrait dire que jusqu'au bout, rien ne lui aura été épargné. 

    Et c'est sur elle que je pleure, plus que sur l'admirable jeune veuve ou le petit garçon orphelin à trois ans et demi. Pour eux, j'espère qu'il leur reste du temps de bonheur devant eux. 

    C'est sur elle que je pleure, sur son grand cœur de maman et de grand-maman, si grand que même moi parfois j'ai pu m'y réchauffer. 

     

  • X c'est l'inconnu

    Hier, un article assez discret mentionnait que sept journalistes palestiniens avaient vu leur compte fb bloqué. 

    Fb ne dément pas, mais parle d'un hasard. 

    Pur hasard s'il s'agit de journalistes palestiniens. 

    Pur hasard que fb a signé un accord avec Israël précisément ce mois-ci pour éliminer tout ce qui déplairait aux dirigeants de ce pays. 

    Pur hasard si dans 95% des cas, fb obtempère et accède aux désirs d'Israël d'ôter l'info qui gêne. Tout comme l'ami G**gl*. 

    Car bien évidemment, il est préférable de ne pas nous inquiéter sur la façon dont la Palestine est gérée, spoliée, enfermée, tenue à l'écart de tout spectateur extérieur et même de toute aide. 

    Et si aide il y a, s'empresser de démolir. Que ce soient des poteaux électriques ou un terrain de jeux pour enfants. J'en ai déjà parlé ici, tout ça avait été offert par la Belgique puis rasé par Israël. 

    "Wat niet weet, wat niet deert", dit le proverbe en néerlandais: si tu ne le sais pas, tu ne dois pas non plus t'en charger la conscience. 

    Fermons les yeux du monde sur les exactions. Je lis chez Lucette Desvignes qu'Israël a même obtenu de la France qu'elle interdise des actions du genre "boycot". 

    Bref, s'il n'en reste que deux à s'énerver très fort sur ce qui se passe là-bas, ce sera Lucette Desvignes et moi. 

    Sauf qu'elle le fait avec infiniment plus de talent. 

    Je vous en donne un autre exemple icicool

  • 7 fois 7

    C'est finalement une tout autre cafetière italienne que l'Adrienne s'est offerte fin mai dernier, à l’occasion de son anniversaire. 

    DSCI3274.JPG

    Remarquez l'embout à gauche: la vapeur qu'il produit doit métamorphoser le lait en une mousse légère pour le cappuccino. Voilà ce qui a définitivement fait pencher la balance en faveur de cet article-ci, à peine plus cher que la Bialetti dont on parlait hier et pour lequel le choix du format, du modèle, de la couleur... ne se posait pas. 

    ***

    Contrairement à ses habitudes, l'Adrienne s'est astreinte à lire de bout en bout le mode d'emploi - qui heureusement n'est pas très épais - puis à suivre scrupuleusement toutes les étapes de la fabrication de la mousse de lait: la notice recommande le lait demi-écrémé bien froid, on dose la bonne quantité (100 ml), on attend que les lampes rouge et verte s'allument, on évacue un premier jet de vapeur jusqu'à ce qu'il n'en sorte plus d'eau, on introduit l'embout dans le lait etc. etc.

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    Hélas, ça foire à tous les coups. 

    D'abord on ne comprend pas pourquoi le lait ne se change pas en mousse. Au contraire, il se met à bouillir et à gicler sur la nouvelle machine, les murs et tout le reste, y compris sur l'Adrienne. 

    *** 

    Puis on finit par résoudre le mystère: les 100 ml de départ ont doublé de volume tout en restant liquides, d'où on peut conclure que de cet embout, il ne sort pas que de la vapeur, mais aussi de l'eau. 

    Bref, ce n'est pas demain que l'Adrienne pourra offrir un cappuccino à sa mère, à qui elle avait annoncé toute fière: 

    - Dès que je réussis à faire un vrai cappuccino, je t'invite! 

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    Sur les sept fois sept tentatives, voici le seul qui donne un peu l'illusion de ressembler à un cappuccino, mais c'est surtout grâce à son cacao tongue-out

     

     

  • E comme expert

    Certains se souviendront peut-être en quels termes dithyrambiques l'Adrienne avait décidé que la cafetière italienne était l'ustensile qu'il lui fallait en remplacement de son percolateur? 

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    dessin de Guillaume Long sur son blog

    Elle s'est donc rendue à Bruxelles dans un magasin spécialisé avec la ferme intention d'en rapporter un précieux exemplaire à la maison. 

    Malheureusement, ces cafetières étaient présentées en divers modèles (du plus classique au plus design), en plusieurs coloris (tons neutres, tons vifs, tons pastels) et bien sûr en différents formats, de sorte que l'Adrienne, après avoir passé une grosse demi-heure à comparer tailles, prix, modèles et couleurs... est ressortie du magasin sans avoir pu se décider. 

    Elle comprend bien, à présent, ce qu'ont dû ressentir ses amis roumains la première fois qu'ils étaient en Belgique, juste après la chute de leur Conducator, et qu'ils ont été confrontés à des hypermarchés où le choix d'un simple yaourt demande l'examen d'un rayonnage de plusieurs mètres sur quatre étages. 

     

  • Pourquoi va-t-on à un atelier d'écriture?

    Pourquoi va-t-on dans un atelier d'écriture? s'énerve-t-elle déjà alors qu'il doit encore commencer. 

    Il est dix heures: en principe, l'atelier devrait débuter. Sur les dix personnes inscrites, cinq seulement sont arrivées. Je propose qu'on attende encore un peu, dit l'animatrice. Un peu, qu'est-ce que ça veut dire, un peu? Cinq minutes? un quart d'heure? Bref, on attend dans un silence qui perdure, en essayant de ne pas se dévisager. L'animatrice joue avec son smartphone et les cinq participantes - car oui, il n'y a que des femmes - sont prêtes, papier et stylo posés sur la table, regard dans le vague. 

    Dix heures et quart. Il manque toujours trois personnes. L'animatrice suggère qu'on commence, ce qui signifie l'inévitable et détestable tour de table des présentations. Si c'est pour apprendre nos prénoms, c'est inutile: pendant les deux jours d'atelier, chacune recevra au moins trois fois la question "c'était comment, votre prénom?". Si c'est pour coller des étiquettes hâtives selon le lieu d'origine, le métier, la situation sociale, c'est réussi. 

    On finit par recevoir une première consigne: notez dix mots sur une feuille. Des substantifs concrets, précise l'animatrice. C'est quoi, un substantif? demande quelqu'un. Presque personne n'a compris "concret". On recommence. Certaines ont besoin de dix minutes pour réussir à noter dix mots désignant un objet. 

    Il faut écrire un petit texte avec les dix mots notés par la voisine de table. Après, annonce l'animatrice, chacune lira tout haut ce qu'elle a écrit: c'est la règle, dans les ateliers d'écriture. 

    Du temps passe. Beaucoup de temps. Le temps d'écrire trois textes au lieu d'un seul. Vient enfin le moment de la lecture. Qui veut commencer? Deux doigts se lèvent. X est désignée. 

    - C'est à moi? 
    - Oui, c'est à vous. 
    - Alors je lis? 
    - Allez-y! 

    X met ses lunettes, enlève ses lunettes, remet ses lunettes, se redresse sur son siège, range une boucle de cheveux déjà rangée trois fois derrière l'oreille, se racle la gorge: 

    - Vous savez, je ne suis pas très contente de mon texte... 
    - Ce n'est pas grave, allez-y... 
    - Bon, alors j'y vais... 

    ça se passe comme ça, écrire

    question subsidiaire: 
    quel est le rapport entre l'atelier d'écriture et l'aquarium? 

    (photo prise en juin 2012)

     

     

  • M comme Mateiu

    Le temps des vacances, on se sent toujours obligée de faire un peu de rangement mais cette année-ci une sorte de miracle a eu lieu: on s'est attaquée à trois grandes boites de "souvenirs" qui traînaient depuis trois ans dans le salon et on a réussi à en jeter la majeure partie. 

    Evidemment, on est de nouveau tombée sur quelques trucs qu'on ne peut ni jeter, ni donner, comme cet énorme livre de Mateiu Caragiale

    mateiu caragiale.JPG

    Il s'agit d'une édition bilingue roumain-français de poèmes de Mateiu Caragiale, reçue en cadeau de mes amis roumains lors de notre première rencontre, l'été qui a suivi la chute du conducator. 
    Comme cet épais bouquin fait 34 cm sur 24, il n'entre dans aucune des boîtes de la bibliothèque... 

    ***

    Bref, les trois grandes boîtes se trouvent réduites à un demi-carton, c'est une véritable prouesse, du jamais vu sur la planète Adrienne.

     

  • Dernière fois!

    C'est bien la dernière fois, se dit l'Adrienne à la fin d'une journée particulièrement tendue, que j'emmène ma mère en vacances!

    Le lendemain, avec la suite dans les idées qu'on lui connaît, elle proposait déjà une destination pour l'été suivant.

    - Oh mais! a dit sa mère, on ne doit pas attendre jusqu'à l'an prochain! On peut y aller au mois d'août!

    vive la famille, voyage, ça se passe comme ça

    l'infatigable mère de l'Adrienne dans les traboules

    vive la famille, voyage, ça se passe comme ça

    entre le musée des Tissus et celui des Arts décoratifs

    vive la famille, voyage, ça se passe comme ça

    lisant scrupuleusement chaque écriteau
    (ici au musée gallo-romain de Fourvière)

    vive la famille, voyage, ça se passe comme ça

    montant et descendant des tas d'escaliers
    (ici en revenant d'une visite à la Croix-Rousse)

  • K comme Klarafy

    Elle s'appelle Klara, ce qui est à la fois un prénom féminin et l'abréviation de 'klassieke radio': la chaîne de radio flamande spécialisée en musique dite 'classique'.

    Dans le but de trouver toujours de nouveaux publics et de toucher les jeunes adultes (je suppose), Klara a inventé Klarafy, un programme en ligne qui vous permet de trouver des morceaux 'classiques' correspondant à vos goûts.

    J'ai testé.

    D'abord, j'ai dû ouvrir un compte spotify.

    Puis j'ai eu accès à Klarafy... qui me propose de sélectionner mes goûts musicaux en fonction des diverses chaînes de radios flamandes, dont bien sûr je n'écoute aucune, puisque je n'écoute que Klara tongue-out.

    J'en ai testé deux ou trois, c'est bien fait et on peut affiner sa sélection - vous voulez plus happy ou sad? relaxing ou cheerful? etc.

    Enfin, vous téléchargez et Klara vous offre quelques minutes d'une dizaine de morceaux allant du baroque au moderne.

    Evidemment, et ceux qui connaissent spotify se moqueront bien de moi, si vous ne prenez que la version gratuite, vous n'échapperez pas aux pub qui viennent s'intercaler entre votre dégustation de la Toccata de l'Orfeo de Monteverdi et Skulkalsbrura de Grieg.

    Il faut que le commerce marche, disait mon père.

     

    ici avec Jordi Savall

  • T comme traduction

    Er woonde op de aarde      Il y avait sur terre

    Er woonde op de aarde      Il y avait sur terre 
    een vrouw van honderd jaar      Une vraie centenaire 
    die veel te veel bewaarde,      Qui conservait de tout 
    ik weet alleen niet waar.      Mais je ne sais pas où

    Wat iemand had vergeten,     Ce qu'on avait oublié,
    wat iemand niet meer zag,     Ce qu'on ne voyait plus,
    wat bijna was versleten,     Ce qui était usé,
    wat in een laatje lag.     Dans un tiroir perdu.

    Wat in antieke kasten      Dans de vieilles armoires
    en diepe putten bleef,      Ou dans de grands trous noirs,
    wat nergens meer in paste,      Ce qui ne marchait plus,
    wat schonkig was en scheef.     Etait laid ou tordu.

    En niet als in de dromen      Et mieux que dans les rêves 
    en elke dag te moe,      Et chaque jour sans trêve
    ze heeft het meegenomen,       Elle l'a emporté
    ik weet niet waar naartoe.      Je ne sais pas où c'est.

    “Er woonde op de aarde” - Joke van Leeuwen
    In: Ozo heppiejer, Versjes van Joke van Leeuwen (Querido, 2012)

    Traduction de l'Adrienne, la plus littérale possible

    juli 2013 (2) - kopie.JPG

    que prouve cette photo?

    1.que l'Adrienne, au moins une fois dans sa vie, est allée au parc à conteneurs

    2.que la chose est si exceptionnelle qu'elle en a fait une photo

    3.qu'elle aurait mieux fait d'attendre: les plaques de gyproc étaient intactes et par après il a fallu en racheter pour le faux plafond des toilettes et du kot" à chauffage

    tongue-out

  • K comme krak

    L'Adrienne était tranquillement occupée à son bureau

    quand tout à coup

    krak.jpg

    Krak! Dzinng!

     

    La corde qui retenait

    le cadre des ancêtres

    accroché à son clou

    venait de céder

    dans la pièce d'à côté...

    famille 001 (2).JPG

    La famille tout entière

    s'est retrouvée par terre

    dans mille bris de verre...

    ***

    Comme l'Adrienne n'est pas superstitieuse, elle ne croit pas que cela aura des conséquences négatives pour les deux personnes encore vivantes figurant sur la photo parmi les arrière-grands-parents, les grands-oncles et les petits-cousins cool

     

  • J comme (in)justice

    "Un homme, un Monégasque, pas un de ces étrangers errants qu'on rencontre par légions sur ces côtes, un mari, dans un moment de colère, tua sa femme." 

    Ainsi commence la nouvelle de Maupassant, Le condamné à mort.

    "Un homme, un brave père de famille de ma ville, époux soumis et employé modèle, dans un moment de désespoir, tua sa femme."

    Ainsi pourrait commencer la chronique judiciaire du procès dont je parlais hier.

    Dix ans après, les questions restent.

    Dans quelle mesure cet homme était-il coupable et dans quelle mesure était-il victime? Jusqu'à quel point peut-on tenir compte des circonstances qui ont mené au crime? Faut-il prendre en compte le fait qu'il n'y avait aucun risque de récidive, qu'il ne représentait pas de danger pour la société? S'est-on laissé attendrir par sa honte, ses regrets, ses aveux... et ses larmes pendant le témoignage de ses filles?

    Lors du procès, j'ai été pleinement satisfaite de l'heureuse issue - pour lui, pour ses filles. Issue pour laquelle j'avais mis tout mon poids dans la balance.

    Ensuite, en le rencontrant par hasard en ville faisant son marché, j'ai chaque fois eu comme un choc. Une gêne.

    Cet homme, finalement, avait tout de même tué.

  • I comme (in)justice

    Il y aura bientôt dix ans que l'Adrienne a été appelée à siéger dans un jury d'assises.

    Comme le meurtrier était un homme de "sa" ville, vous devinez la suite: elle avait eu sa plus jeune fille en classe.

    L'Adrienne comptait bien sur cet argument pour être dispensée de corvée: comment juger avec équité si on connait de si près une des personnes intéressées? Voilà l'argument qu'elle a utilisé face aux juges et aux avocats.

    Mais c'est le contraire qui a eu lieu: ayant apprécié sa franchise et ses scrupules, c'est précisément elle que le "comité de sélection" voulait voir figurer parmi les membres du jury.

    L'Adrienne a donc dû sécher les cours pendant une semaine et décider si cet homme qui avait tué sa femme était coupable d'avoir agi avec préméditation.

    Aujourd'hui encore elle se demande si elle a bien fait...

    ***

    Dernièrement, ses deux filles ont mis une petite annonce dans le journal pour annoncer le décès de celui qui a tué leur mère.

    Comment vit-on après un tel drame?

  • G comme glace

    Dehors, il fait une chaleur moite. On espère trouver un peu de fraîcheur dans la pénombre du salon, mais c'est tout le contraire. Il y fait étouffant.

    L'Adrienne est un peu en avance, comme d'habitude. Elle a largement le temps d'admirer la vitrine abondamment ornée de tous les attributs rouge-jaune-noir des supporters des Diables rouges.

    La coiffeuse termine le brushing d'une dame et son collègue vient d'accueillir un homme dans la trentaine florissante. Toute leur conversation roulera sur ce qu'on appelle chez nous "l'enterrement de sa vie de garçon".

    Les trois femmes du salon se taisent. Le coiffeur fait subir à son client un véritable interrogatoire pour connaître tous les détails de l'événement. Puis ces messieurs évoquent les "bachelor party" auxquelles ils ont assisté ou, plus fort encore, dont ils ont entendu parler. Par moments le sèche-cheveux fait tant de bruit qu'un détail échappe à l'auditoire féminin. On ne sait pas s'il faut s'en réjouir ou le regretter.

    Heureusement, au moment où entre une jeune femme avec sa petite fille qui n'a pas trois ans, ces messieurs sont juste passés au sujet suivant.

    - Vous allez faire couper ces jolies bouclettes? demande l'Adrienne à la maman, au moment de passer à la caisse.

    - Oh non! juste un peu raccourcir! on veut des cheveux longs!

    Parce que même si on n'a pas trois ans, on se doit d'être belle et féminine.

    DSCI3265 - Copie.JPG

    voilà pour gballand
    à défaut d'un avant/après
    une vue sur un des miroirs du salon
    où cette fois-ci on a délaissé la philosophie...

  • D comme débile

    Le chocolat, tous les aficionados vous le diront, est excellent pour la mémoire. 

    Aussi, l'Adrienne ne manque pas de s'en offrir une plaquette, de temps en temps. Du noir sucré à la stévia, pour mettre toutes les chances de son côté. 

    Comme on en vend dans son supermarché préféré, il n'y a rien de plus facile: la plaquette passe du rayon dans le caddie et de la caisse au sac à provisions.  

    Dans le fond duquel l'Adrienne l'oublie.

    stevia.jpg

    source image 

    écrit pour le défi du samedi: j'ai la mémoire qui flanche

  • W comme what a relief!

    Le train de l'Adrienne - tout comme celui de Madame - était sur le point de dérailler.

    Avoir les batteries à plat à cinq heures du soir, parfois même déjà à la pause de midi, avoir besoin de dormir le samedi - alors qu'il faudrait faire le ménage, le jardin, les courses, la lessive, l'administration - et stresser tout le dimanche parce que le lendemain, c'est solfège et piano, et qu'on n'a pas trouvé dix minutes pour s'exercer... il y a un moment où il faut admettre que ce n'est pas normal.

    Alors avant que la locomotive rende l'âme et soit juste bonne au rebut, des mesures s'imposaient.

    Taillant dans le vif, l'Adrienne a décidé d'arrêter le piano et Madame, ne voulant pas être en reste, va passer en mode mi-temps.

    On ne verra donc jamais d'oranger sur le sol irlandais ni démolir Pachelbel en "versión muy fácil y corta" tongue-out