ca se passe comme ca

  • 7 fois rien

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    Le règlement de la salle des jeunes du quartier 
    entre parfaitement dans le propos d'hier: 

    Tu refermes ce que tu as ouvert 

    Tu remets en place ce que tu as pris 

    Tu rends ce que tu as emprunté 

    Tu nettoies ce que tu as sali 

    Tu éteins ce que tu as allumé 

    Tu jettes ce que tu as vidé 

    *** 

    Mais je n'arrive pas à 7 

    me direz-vous 

    et vous avez raison: 

    c'est pourquoi j'envisage 

    de supprimer cette rubrique. 

    Le seul problème est
    que je ne sais pas par quoi la remplacer 

    undecided

  • E comme électricité

    L'Adrienne a été élevée comme ça: on ferme toujours soigneusement les portes et on éteint les lampes dès qu'on quitte une pièce. 

    Aussi ces temps-ci, alors qu'elle passe ses soirées à regarder des Christmas movies sur son ordi, elle remarque que dans chacun de ces films, absolument tous, quand un personnage rentre chez lui, il y trouve déjà toutes les lampes allumées. Y compris, Christmas movies oblige, les illuminations de Noël. Of course.

    Et bien l'Adrienne, ces orgies électriques, ça la choque. 

    *** 

     

    liste non exhaustive des choses bizarres dans ces full movies que Hallmark et compagnie produisent à la chaîne: 

    1.c'est l'hiver et il y a de la neige, mais l'héroïne porte une robe courte sans manches et d'élégants escarpins à talons aiguille 

    2.les protagonistes ont la peau blanche mais toujours un copain, une amie, un chef, un associé à la peau noire 

    3.comme par hasard, le noir tombe amoureux d'une noire, la blanche d'un blanc, idem pour l'asiatique ou le latino occasionnels (West Side Story était donc vraiment révolutionnaire)

    4.il n'y a pas plus de cinq domaines professionnels possibles pour les héros: c'est soit les hautes et froides sphères de la finance/de la justice, soit les bons sentiments du milieu hospitalier ou scolaire, soit la créativité artistique ou culinaire 

    5.les femmes gardent leur soutien-gorge pour dormir 

    6.Noël est tellement magique que la neige tombe toujours à point, même en Californie (du moment qu'on est dans la nuit du 24 au 25 décembre) 

    7.Noël est tellement magique qu'on n'est pas supposé s'étonner qu'une femme ayant donné son bébé en adoption en Californie le retrouve avocat à Boston mais momentanément dans un village du Montana où elle s'est réfugiée et où elle a sauvé l'héroïne d'un accident de voiture - l'héroïne bien sûr a fortuitement fait la connaissance de l'avocat de Boston et c'est le love at first sight 

    (bien sûr la dame fait du bénévolat et bien sûr la bonne oeuvre où elle officie généreusement va devoir fermer faute de moyens et bien sûr l'héroïne (parfois le héros, faut être juste) est riche à millions, bref la magie de Noël est infinie) 

    scénario transposable à l'infini aussi 

    *** 

    Vous suivez toujours ou vous vous êtes endormi? 

    Vous comprenez maintenant les vertus thérapeutiques de ce genre de films, le soir à l'heure du coucher? 

    *** 

    Et pour 54 minutes de That's entertainment, c'est ici: 

  • Z comme zomerhuis

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    Quand elle monte dans le train, elle dépose son sac à main, son écharpe, son smartphone, sa veste, son sac à dos, son livre. 

    Herman Koch, Zomerhuis met zwembad, note l'Adrienne, qui aime toujours voir ce que les autres lisent. 

    Elle prend son smartphone, se met à tapoter l'écran et donne des coups de fil. 

    Ça permet à l'Adrienne de savoir non seulement ce qu'elle lit, mais aussi de connaître sa vie, sa situation familiale et professionnelle, ses amitiés et inimitiés, ses projets pour le week-end. 

    La vie privée est décidément un concept totalement dépassé, se dit l'Adrienne en essayant de ne plus entendre ces pans de vie jetés à voix haute dans le compartiment. 

    Et voilà un livre qui n'est pas près d'être lu...

     

  • U comme USA

    Je n'allais pas en parler. Je m'étais promis-juré de ne rien en dire. No comment! Et puis j'ai vu ceci sur le blog de l'excellente Nathalie Jomard 

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    Faudrait juste, me disais-je, remplacer "le marché français" par "le marché européen"

  • Stupeur et tremblements

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    Un jour d'inattention, l'Adrienne a dû refiler ses coordonnées à une chaîne de prêt-à-porter français et depuis lors elle reçoit régulièrement des offres irrésistibles auxquelles elle résiste cependant. 

    Vous qui la connaissez, vous savez qu'elle n'est pas la reine du shopping tongue-out 

    Et vous savez aussi que tout en aimant la langue française, elle n'a pas peur d'utiliser ici ou là un anglicisme, genre OMG, week-end ou suspense. 

    Mais là où elle a ouvert des yeux stupéfaits, c'est quand sa chaîne française de prêt-à-porter a voulu l'allécher avec un "tote bag". 

    Un quoi? 

    Il semblerait qu'à partir du moment où le sac en toile devient un accessoire branché, il faille l'appeler "tote bag". Et probablement prononcer ce 'tote' comme dans 'une litote'... 

    Bref, à partir du moment où le sac en toile coûte deux fois le prix d'un vuitton d'imitation, il s'appelle "tote bag". 

    Comme celui qui a servi d'illustration... 

     

  • Reviens vite, ils sont 7!

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    On peut être propriétaire d'une maison de vacances en pleine nature et avoir envie parfois de se promener au lieu d'attendre le client. Surtout si celui-ci n'a pas su dire s'il arrivait à quatorze heures ou en soirée. 

    En pleine forêt, le téléphone de l'ami émet sa chansonnette incongrue. C'est le vigilant voisin qui l'appelle. 

    - Reviens vite! il y a sept types sur ton parking. Des types un peu louches... basanés! 

    Alors il rentre le plus vite qu'il peut, courant presque. Sept types? Il en attendait deux. Basanés, ça le fait rigoler: ce sont des Portugais. Donc oui, plus petits et plus sombres que le germano-belge moyen du coin. 

    Sur le parking de sa maison de vacances, des types attendent en fumant. Un seul parle un peu de français. Il revient d'un chantier en Suède, est en Belgique pour un autre travail qui prendra une quinzaine de jours, et ainsi de suite. Ses collègues et lui seront logés deux à deux dans diverses locations. 

    Et le vigilant voisin? Il devait être tellement ému qu'il a mal compté: ils étaient huit tongue-out

     

  • V comme vertige

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    Si elle s'était dispensée de prendre une mauvaise photo de la pancarte prévenant pour les dangers de l'escalade  

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    si elle avait continué à grimper au lieu d'essayer de faire le meilleur cliché de l'escalier à vis 

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    si elle ne s'était pas amusée à photographier une vitre sale sous prétexte qu'on peut y voir le parc et les bâtiments de son école,  

    il y aurait ici même une quatrième photo 

    prouvant que l'Adrienne 

    a vaincu son vertige légendaire 

    et est arrivée tout en haut de la tour. 

    Oui mais voilà 

    arrivée en haut 

    il y a eu deux problèmes: 

    d'abord l'appareil photo 

    a indiqué laconiquement: 

    "changer les piles" 

    Or, de piles en réserve, 

    l'Adrienne n'en a point. 

    Ensuite 

    il lui a été complètement 

    absolument 

    impossible d'admirer le panorama 

    et c'est les jambes flageolantes 

    qu'elle a redescendu 

    toutes les marches. 

    La pancarte disait donc vrai: 

    "is niet aangeraden voor personen met hoogtevrees

    ce qui veut dire: 

    "n'est pas conseillé aux personnes ayant le vertige"

     

  • R comme regrets

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    Mardi soir, une journaliste du Standaard lançait sa question d'enquête et invitait les internautes à y répondre: "Qu'est-ce que vous regrettez?

    On a évidemment droit aux réponses classiques, je regrette d'être trop comme ceci, pas assez comme cela, d'avoir fait ou pas fait... et toutes les autres philosophies de comptoir, jusqu'au "je regrette d'avoir des regrets". 

    Voilà, tout est dit: n'en ayons pas cool 

    *** 

    photo prise à la Journée du Patrimoine 
    et qui reviendra peut-être à la lettre V 
    V comme vertige 
    tongue-out

  • Stupeur et tremblements

    Non, se dit l'Adrienne en lisant dans le journal que le premier août, une firme américaine implante un "chip" dans la main de son personnel. 

    Non, se dit-elle, je ne veux pas vivre comme ça. Même si ça permet d'ouvrir automatiquement les portes de l'entreprise, de faire marcher l'ordi et la photocopieuse, de payer à la cafétéria... 

    Puis sa stupeur passe à la vitesse supérieure quand elle lit, en fin d'article, qu'une firme belge le fait depuis décembre dernier.  

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    source de la photo et article de décembre dernier ici 

    Le tatoueur qui les implante comme un piercing entre pouce et index prétend qu'il l'a déjà fait chez plus de 450 personnes, aussi bien des particuliers que du personnel d'entreprises, principalement pour une utilisation en domotique. 

    Les Belges étant de doux dingues, leur "chip" servira à leur donner la météo ou l'état des routes et leur permettra de se connecter à leur "playlist" sur Spotify... 

     

  • R comme rouge

    Il est à sa porte à heures plus ou moins fixes, pour fumer une pipe. Hiver comme été, et bien que vivant seul, il fume sur le seuil, laissant la porte entrebâillée. L'hiver, en vieux pull bleu troué, et en ces jours de canicule, en maillot de corps. 

    On se salue, de loin. On échange un ou deux mots, pas plus. L'Adrienne est toujours pressée. 

    Hier, dès qu'il la voit venir, il franchit les quelques mètres de son jardinet pour arriver jusqu'au trottoir: 

    - J'ai pris un coup de soleil! s'exclame-t-il en montrant la peau nue sous la longue barbe grise. 

    - Ah! fait l'Adrienne compatissante, faut faire attention, ces jours-ci! C'est dangereux. 

    Puis il se retourne pour montrer son dos. Il a la nuque d'un rouge presque violet. L'Adrienne est très impressionnée et le lui dit. 

    - J'ai enlevé un peu de mauvaises herbes dans mon jardin, explique-t-il. Pourtant, j'avais mis de la crème solaire! 

    Depuis, l'Adrienne s'inquiète pour lui, et pour tous ces autres "petits vieux" de son quartier, la vieille dame toute cassée qui fait ses courses avec son antique vélo, celle qui marche avec une béquille d'un côté et un grand chien blanc de l'autre, celui qui a déjà été opéré deux fois à la gorge, celle qui porte avec fierté ses presque nonante ans... il fait beaucoup trop chaud, dehors et dedans, depuis trop longtemps.

    ça se passe comme ça,vie quotidienne

    la clématite de l'Adrienne a envahi le trottoir... 

     

     

  • 20 miracles de la nature (7)

    Sur la terrasse du café du coin, en face du supermarché, affalé sur son siège, jambes écartées, il était attablé tout seul devant sa bière, à dix heures du matin. 

    L'homme, ce miracle de la nature. 

    Sur son T-shirt noir il était marqué en grandes lettres blanches: 

    Un homme comme moi, ça se mérite! 

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    Pour ceux d'entre vous que ça intéresserait, d'autres modèles à la demande ici 

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  • 7 signes qui ne trompent pas

    L'herbe est tondue, maisons et jardins sont pimpants, les haies sont fraîchement taillées - et parfois de très près - 

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     les trous dans la chaussée sont marqués de peinture blanche puis soigneusement comblés 

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    les rues pavoisées aux couleurs de toutes les maisons auxquelles notre ville a appartenu, au fil des siècles 

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    les porteurs et les sonneurs ont intensifié l'entraînement 

    la presse locale ne parle (presque) plus que de ça 

    les gens s'organisent pour leur participation, leur ravitaillement, leur équipement... 

    et l'Adrienne sent monter l'envie et l'adrénaline 

    cool 

    ici le folklore est bien vivant

     

  • C comme chapeaux

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    C'était un beau mariage: des gens bien élevés, des jeunes minces et élégants, que du beau monde ayant fait de longues études et de grands voyages. 

    C'était une garden party dans un endroit idyllique et pourtant au cœur de la ville, un high tea festif, gourmand et musical. 

    Bref, L'Adrienne s'est sentie là comme Lenù dans la compagnie des Airota, la prestigieuse famille de ses beaux-parents, et de leurs fastueux amis: pas du tout à sa place. 

    Au bout de trois quarts d'heure de conversations mondaines, elle avait déjà envie de reprendre le train pour rentrer chez elle. 

    Et poursuivre sa lecture du tome 4 cool 

    Quand je vous dis qu'elle n'est pas sortable...  

    http://www.universalis.fr/encyclopedie/ferrante-elena-1943/1-un-roman-fleuve/ 

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    Gand, samedi de l'Ascension, 17.15 h.

  • C comme chorale

    La première mauvaise idée avait été de mettre la bonne vingtaine de chaises en un grand ovale qui remplissait toute la pièce. Ici et là des groupes se sont formés, des gens se connaissaient, étaient contents de papoter ensemble, de rigoler. A l'autre bout, assise derrière son piano portable, la dame qui avait consenti à nous apprendre des "chants révolutionnaires" ne réussissait pas à faire entendre sa voix. 

    Une autre avait été chargée de prendre des photocopies du chant qu'on apprendrait, malheureusement elle s'était trompée, elle avait cru en prendre vingt, il n'y en avait que dix. Vous regarderez à deux, nous dit-elle, sans se rendre compte que ce serait un nouveau prétexte à se dissiper et bavarder, ce que nous n'avons pas manqué de faire, ma voisine tenait à me raconter certaines choses sur elle et à savoir des choses sur moi. 

    De plus, le choix du chant avec son texte portugais suscitait toutes sortes de plaisanteries. Certains prétendaient ne pas vouloir chanter un texte dont ils ne comprenaient pas les paroles et voulaient qu'on les leur traduise, ce que personne n'était capable de faire, pas même ceux qui avaient choisi ce chant-là. On n'était pas d'accord non plus sur la bonne prononciation, alors deux ou trois personnes ont allumé leur smartphone pour nous la faire entendre. C'était le seul moment à peu près silencieux de toute la soirée...

    Après l'avoir entendue, quelques-uns ont déclaré que notre chef de chœur s'était trompée dans le rythme et ne respectait pas les pauses. Une dame s'est proposée pour battre la mesure à sa place. Chacun avait déjà oublié la bonne prononciation et chantait comme il voulait ou faisait lalala pendant que la pauvre chef de chœur tapotait son piano, complètement dépassée par ses "grands apprenants". 

    - On devrait se montrer un peu plus disciplinés, dis-je à une dame dont j'ai eu les deux fils en classe. 
    - Ah! fait-elle avec un geste du menton vers la chef de chœur, c'est à elle de nous dire de nous taire, c'est elle qui doit prendre la situation en main. 

    Je me suis demandé si c'était ça, l'esprit révolutionnaire... 

  • B comme blocs

    Chaque fois qu'elle passait devant ces gros blocs de béton, elle se demandait ce qu'ils faisaient là. 

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    Le dimanche matin, elle l'a compris, en voyant un homme arc-bouté, tirant de toutes ses forces, sous le regard goguenard d'un ami, des deux épouses et de leurs enfants. 

    Il prétendait soulever 400 kilos. 

    - Hij gaat al van de grond, haletait-il en direction de son copain qui se moquait de lui. 

    Chacun voyait bien que contrairement à ce qu'il prétendait, ce bloc ne s'écartait pas d'un millimètre du sol, mais on a fait comme si, juste pour qu'il s'arrête et qu'on puisse continuer la promenade. 

    *** 

    photo prise à Ostende le lendemain, lundi 10 avril 

    *** 

    "van de grond gaan" au sens littéral signifie se soulever du sol et au sens figuré c'est une expression à connotation sexuelle, ce qui n'a fait que redoubler l'hilarité du copain, ainsi que de la promeneuse témoin de ce joli tableau, évidemment cool

     

  • Question existentielle

    Mais qu'est-ce que j'irais y faire? s'exclame l'Adrienne en lisant l'injonction qui lui est faite par Brussels Airlines: 

    "Madame Adrienne, envolez-vous vers l’Afrique en Business Class et cumulez le double de Miles !" 

    Qu'est-ce que j'irais y faire, se demande-t-elle une seconde fois, je ne trouve déjà pas le temps d'aller passer un second week-end à la mer!  

    Chère Mme Adrienne,

    Ne manquez pas cette occasion de cumuler le double de Miles sur nos vols vers quelques-unes des destinations les plus surprenantes de l'Afrique, tout en profitant du confort et du service hors-pair de notre Business Class.

    Cumulez le double de Miles de prime en Business Class sur tous nos vols entre Bruxelles et :

    • Accra
    • Freetown
    • Kinshasa
    • Monrovia
    • Douala
    • Yaoundé

    Pour bénéficier de cette offre exceptionnelle, enregistrez-vous ici avant le 30 juin 2017, réservez votre vol Brussels Airlines en Business Class et voyagez entre le 1er mai et le 30 juin 2017. 

    Et puis, si le voyage est à faire entre le premier mai et le 30 juin 2017, l'Adrienne est désolée, mais elle n'a pas de congés. 

    Enfin, si c'est une photo comme celle-ci qui doit appuyer l'argument de vente, l'Adrienne est re-désolée. En néerlandais, ça s'appelle "een afknapper", le truc, le détail, la chose qui te fait définitivement renoncer.

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    Ne cherchez pas, il n'y a pas de traduction française pour "afknapper", mais je pense que vous aurez compris tongue-out

  • E comme experte

    Voilà bien longtemps - trois ans, au fait - que l'Adrienne se dit qu'il faudrait changer la poignée de la porte qu'elle utilise le plus. Elle n'est pas d'origine et tout à fait brinquebalante, bref, après avoir vu au fil des mois et des ans de si nombreuses publicités pour des poignées de portes, l'Adrienne a cru pouvoir en conclure qu'opérer ce petit changement était jeu d'enfant. 

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    l'ancienne et la nouvelle, réunies pour la photo 

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    la porte, dans son état actuel, trois semaines après l'échec de l'opération... 

    (heureusement, il y a une autre porte pour aller du salon vers le couloir) 

    tongue-out 

    experte,ca se passe comme ca,vie quotidienne,maison

    photo prise à l'expo Gaston Lagaffe à Beaubourg en janvier dernier

  • P comme paille et poutre

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    - Et contre l'utilisation du bois, demande le sémillant politicien au jeune Burkinabé venu témoigner des actions organisées dans son pays contre la spoliation des terres par les entreprises minières, qu'est-ce que vous faites contre l'utilisation du bois pour le chauffage et la cuisine? 

    L'Adrienne se sent bouillonner et a envie de demander au sémillant politicien: 

    - Et vous? qu'est-ce que vous faites? 

    Oui, que fait-il pour la planète, lui qui a une grosse villa pour deux personnes, le chauffage central, une cuisine suréquipée, un feu ouvert - parce que c'est si convivial et chaleureux les soirs d'hiver, n'est-ce pas, et le bois et bien on l'achète par remorque entière - une belle bagnole, une autre pour sa femme... qu'est-ce qu'il fait pour la planète?

    Heureusement, le jeune Burkinabé a répondu avec beaucoup plus d'intelligence: 

    - Nous essayons de promouvoir des sortes de foyer qui ont besoin de moins de bois pour fonctionner. Mais le mieux, ce serait que le niveau de vie des gens augmente, et qu'ils puissent s'offrir une cuisinière au gaz. 

    Bien dit, l'ami!  

    D'autant plus que le sujet du débat était: les actions entreprises contre la spoliation des terres - et autres nuisances - de la part des entreprises minières... 

    ***

    source de la photo et info ici

  • X c'est l'inconnu

    Il a fallu enlever la plinthe sous la cuisinière, 

    retirer le lave-vaisselle de là où on avait eu tant de mal à l'introduire sans faire de dégâts, 

    arracher une planche sous le meuble de la cuisine,  

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    pour qu'enfin un premier mystère soit résolu: 

    oui, il y a bel et bien une citerne d'eau de pluie sous la cuisine, 

    un truc rond en béton, 

    qui contenait autant de boue que d'eau. 

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    et pendant qu'on y était, on a résolu tous les autres mystères 

    de l'écoulement des eaux usées 

    et compris pourquoi il y a cette odeur-là 

    dans la maison 

    tongue-out 

    Il reste quatre mois à Monsieur l'Entrepreneur 

    pour faire le reste du travail.

  • Y comme Yaka

    Le Belge, dit le journal de mercredi matin, on le sait, "a une brique dans le ventre". Mais ce qu'une nouvelle enquête vient de révéler, c'est qu'en plus de vouloir à toute force être propriétaire de son logement, il va en moyenne, dans le courant de sa vie, y faire quatre fois des travaux de rénovation. 

    Voilà, se dit l'Adrienne: tout s'explique! 

    En effet, chez elle aussi de nouveaux travaux sont en chantier, alors qu'elle croyait en avoir fini avec "tout ça". 

    *** 

    C'était sans compter sur la commune et ses projets d'aménagement. 

    En octobre, l'Adrienne et ses voisins ont reçu une longue lettre avec un tas de documents agrafés. Un rapide coup d’œil a permis de conclure que ça signifiait "travaux coûteux et dommages collatéraux garantis". 

    *** 

    Les uns après les autres, l'Adrienne et ses voisins reçoivent la visite d'un expert qui vient évaluer quelles mesures seront nécessaires. 

    Un type bien gentil qui vous dit sans sourciller: 

    - Yaka... 

    Par exemple, dans trois maisons il a dit: 

    - Pour séparer l'acheminement de l'eau de pluie des eaux usées, yaka démolir le carrelage. 

    maison,vie quotidienne,ça se passe comme ça

    chez l'Adrienne, en plus de quelques travaux à l'intérieur, YAKA refaire les sentiers, refaire un trou dans le mur et creuser tout le long de la maison pour amener l'eau de pluie jusqu'à l'autre rue... 

    c'est précisément là que depuis 2013 ont été plantés le figuier, l'hortensia grimpant, le romarin, la sauge, des fleurs à bulbe et quelques vivaces...

     

  • Stupeur et tremblements

    En rentrant de son petit voyage parisien, la première chose que fait l'Adrienne, c'est vider sa boite aux lettres. 

    Voici ce qu'elle y trouve, parmi deux ou trois cartes de vœux et quelques publicités: 

    DSCI4575.JPG

    D'abord, stupéfaction totale (et deux relectures du feuillet): qu'est-ce que ça vient faire ici? le seul crédit que l'Adrienne ait jamais contracté, c'était pour l'achat de sa maison. Or, sur ce document il s'agit de tout autre chose. Ni la somme ni la société de crédit ne correspondent à rien de connu. 

    Mystère total: où est l'erreur? est-ce une arnaque? que faire? réagir, téléphoner, écrire ou pas? 

    DSCI4576.JPG

    La nuit, elle a largement le temps d'y réfléchir, vu qu'elle n'en dort pas. Une recherche rapide montre effectivement l'existence d'une telle société française de crédit. Le numéro de téléphone y correspond. Mais c'est situé à Pau, pas à Paris.

    DSCI4577.JPG

    La nuit, l'Adrienne se dit qu'elle répondra par écrit. 

    En néerlandais 

    tongue-out 

    Une belle longue lettre en termes bien sentis 

    Dans la langue de Vondel 

    tongue-out 

    Finalement elle n'a encore rien fait du tout 

    convaincue que c'est une arnaque

    d'une société française

    qui espère élargir son territoire d'action malfaisante 

    jusqu'en Belgique

     

  • F comme folie du Friday

    Il n'y a pas tellement d'années que je sais à peu près ce que représente le Thanksgiving américain et quand il est célébré - les Hallmark Christmas movies auront eu au moins ce mérite-là tongue-out 

    Ce qui est neuf, par contre, c'est la notion du Black Friday: pour la première fois cette année j'ai reçu un tas "d'offres promotionnelles" - de la SNCF, d'agences de voyages, de parfumeurs, la liste est longue et étonnamment française - pour m'inciter à dépenser mes sous au lendemain du Thanksgiving. Ou même, dans un grand élan de largesse, pendant les quatre jours de ce week-end prolongé américain. 

    Étonnant, oui. J'ai trouvé étonnant que cette mode nous soit parvenue comme ça, d'un coup, PAF! tout le monde s'y est mis. 

    friday.jpg

    article et source de la photo 

    Les Américains, dit l'article, ont battu tous les records en dépensant pour ce Black Friday 2016 la somme de 5,3 milliards de dollars, soit 18% de plus que l'an dernier. En majeure partie pour des cadeaux de Noël.  

    Comme des drones ou des télés 4K 

    tongue-out

  • Première fois

    Première fois depuis très longtemps que l'Adrienne est retournée sur les bancs de son université préférée. Celle où elle a passé quatre merveilleuses et bien trop courtes années. 

    La première série de conférences est annoncée pour quatorze heures et l'Adrienne est déjà installée dans l'amphi. Largement avant tout le monde, comme d'habitude tongue-out

    A 14.01 h. entre un étudiant, jeune homme à trois poils de barbe et bonnet de laine, l'air égaré: 

    - C'est ici, la conférence? 

    - Quelle conférence? demande un tout frais doctorant à la coiffure et au costume-cravate impeccables. 

    - Je ne sais pas... c'est notre prof qui nous oblige de venir... 

    Eclat de rire, oh oui grand éclat de rire de l'Adrienne, devant cette merveilleuse preuve de motivation. 

    Regard courroucé du gamin qui marmonne: 

    - Ben au moins, je suis venu! 

    histoire,ça se passe comme ça,prof

    photo prise le 25 novembre 2016 

  • G comme grand-mère

    Elle est assise sur une chaise basse. Elle est un peu courbée. Elle a ses filles debout à ses côtés, celle qui lui ressemble et celle qui ne lui ressemble pas. Une brune aux yeux sombres et une blonde aux yeux clairs, comme son père. 

    Voilà cinq jours qu'elle dort à peine, qu'elle ne réussit plus à se nourrir comme il faut, qu'il faut la soutenir pour marcher. Cinq jours qu'elle ne sait plus que penser ni que faire ni à quoi ont servi les tonnes de bougies qu'elle a fait brûler devant Marie et Jésus et tous les saints, depuis deux ans. 

    Une Mère Courage aujourd'hui largement octogénaire qui doit subir le énième malheur de sa vie. L'enterrement de son petit-fils. 

    Si ce n'était pas une formule toute faite, on pourrait dire que jusqu'au bout, rien ne lui aura été épargné. 

    Et c'est sur elle que je pleure, plus que sur l'admirable jeune veuve ou le petit garçon orphelin à trois ans et demi. Pour eux, j'espère qu'il leur reste du temps de bonheur devant eux. 

    C'est sur elle que je pleure, sur son grand cœur de maman et de grand-maman, si grand que même moi parfois j'ai pu m'y réchauffer. 

     

  • X c'est l'inconnu

    Hier, un article assez discret mentionnait que sept journalistes palestiniens avaient vu leur compte fb bloqué. 

    Fb ne dément pas, mais parle d'un hasard. 

    Pur hasard s'il s'agit de journalistes palestiniens. 

    Pur hasard que fb a signé un accord avec Israël précisément ce mois-ci pour éliminer tout ce qui déplairait aux dirigeants de ce pays. 

    Pur hasard si dans 95% des cas, fb obtempère et accède aux désirs d'Israël d'ôter l'info qui gêne. Tout comme l'ami G**gl*. 

    Car bien évidemment, il est préférable de ne pas nous inquiéter sur la façon dont la Palestine est gérée, spoliée, enfermée, tenue à l'écart de tout spectateur extérieur et même de toute aide. 

    Et si aide il y a, s'empresser de démolir. Que ce soient des poteaux électriques ou un terrain de jeux pour enfants. J'en ai déjà parlé ici, tout ça avait été offert par la Belgique puis rasé par Israël. 

    "Wat niet weet, wat niet deert", dit le proverbe en néerlandais: si tu ne le sais pas, tu ne dois pas non plus t'en charger la conscience. 

    Fermons les yeux du monde sur les exactions. Je lis chez Lucette Desvignes qu'Israël a même obtenu de la France qu'elle interdise des actions du genre "boycot". 

    Bref, s'il n'en reste que deux à s'énerver très fort sur ce qui se passe là-bas, ce sera Lucette Desvignes et moi. 

    Sauf qu'elle le fait avec infiniment plus de talent. 

    Je vous en donne un autre exemple icicool

  • 7 fois 7

    C'est finalement une tout autre cafetière italienne que l'Adrienne s'est offerte fin mai dernier, à l’occasion de son anniversaire. 

    DSCI3274.JPG

    Remarquez l'embout à gauche: la vapeur qu'il produit doit métamorphoser le lait en une mousse légère pour le cappuccino. Voilà ce qui a définitivement fait pencher la balance en faveur de cet article-ci, à peine plus cher que la Bialetti dont on parlait hier et pour lequel le choix du format, du modèle, de la couleur... ne se posait pas. 

    ***

    Contrairement à ses habitudes, l'Adrienne s'est astreinte à lire de bout en bout le mode d'emploi - qui heureusement n'est pas très épais - puis à suivre scrupuleusement toutes les étapes de la fabrication de la mousse de lait: la notice recommande le lait demi-écrémé bien froid, on dose la bonne quantité (100 ml), on attend que les lampes rouge et verte s'allument, on évacue un premier jet de vapeur jusqu'à ce qu'il n'en sorte plus d'eau, on introduit l'embout dans le lait etc. etc.

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    Hélas, ça foire à tous les coups. 

    D'abord on ne comprend pas pourquoi le lait ne se change pas en mousse. Au contraire, il se met à bouillir et à gicler sur la nouvelle machine, les murs et tout le reste, y compris sur l'Adrienne. 

    *** 

    Puis on finit par résoudre le mystère: les 100 ml de départ ont doublé de volume tout en restant liquides, d'où on peut conclure que de cet embout, il ne sort pas que de la vapeur, mais aussi de l'eau. 

    Bref, ce n'est pas demain que l'Adrienne pourra offrir un cappuccino à sa mère, à qui elle avait annoncé toute fière: 

    - Dès que je réussis à faire un vrai cappuccino, je t'invite! 

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    Sur les sept fois sept tentatives, voici le seul qui donne un peu l'illusion de ressembler à un cappuccino, mais c'est surtout grâce à son cacao tongue-out

     

     

  • E comme expert

    Certains se souviendront peut-être en quels termes dithyrambiques l'Adrienne avait décidé que la cafetière italienne était l'ustensile qu'il lui fallait en remplacement de son percolateur? 

    cafetière.jpg

    dessin de Guillaume Long sur son blog

    Elle s'est donc rendue à Bruxelles dans un magasin spécialisé avec la ferme intention d'en rapporter un précieux exemplaire à la maison. 

    Malheureusement, ces cafetières étaient présentées en divers modèles (du plus classique au plus design), en plusieurs coloris (tons neutres, tons vifs, tons pastels) et bien sûr en différents formats, de sorte que l'Adrienne, après avoir passé une grosse demi-heure à comparer tailles, prix, modèles et couleurs... est ressortie du magasin sans avoir pu se décider. 

    Elle comprend bien, à présent, ce qu'ont dû ressentir ses amis roumains la première fois qu'ils étaient en Belgique, juste après la chute de leur Conducator, et qu'ils ont été confrontés à des hypermarchés où le choix d'un simple yaourt demande l'examen d'un rayonnage de plusieurs mètres sur quatre étages. 

     

  • Pourquoi va-t-on à un atelier d'écriture?

    Pourquoi va-t-on dans un atelier d'écriture? s'énerve-t-elle déjà alors qu'il doit encore commencer. 

    Il est dix heures: en principe, l'atelier devrait débuter. Sur les dix personnes inscrites, cinq seulement sont arrivées. Je propose qu'on attende encore un peu, dit l'animatrice. Un peu, qu'est-ce que ça veut dire, un peu? Cinq minutes? un quart d'heure? Bref, on attend dans un silence qui perdure, en essayant de ne pas se dévisager. L'animatrice joue avec son smartphone et les cinq participantes - car oui, il n'y a que des femmes - sont prêtes, papier et stylo posés sur la table, regard dans le vague. 

    Dix heures et quart. Il manque toujours trois personnes. L'animatrice suggère qu'on commence, ce qui signifie l'inévitable et détestable tour de table des présentations. Si c'est pour apprendre nos prénoms, c'est inutile: pendant les deux jours d'atelier, chacune recevra au moins trois fois la question "c'était comment, votre prénom?". Si c'est pour coller des étiquettes hâtives selon le lieu d'origine, le métier, la situation sociale, c'est réussi. 

    On finit par recevoir une première consigne: notez dix mots sur une feuille. Des substantifs concrets, précise l'animatrice. C'est quoi, un substantif? demande quelqu'un. Presque personne n'a compris "concret". On recommence. Certaines ont besoin de dix minutes pour réussir à noter dix mots désignant un objet. 

    Il faut écrire un petit texte avec les dix mots notés par la voisine de table. Après, annonce l'animatrice, chacune lira tout haut ce qu'elle a écrit: c'est la règle, dans les ateliers d'écriture. 

    Du temps passe. Beaucoup de temps. Le temps d'écrire trois textes au lieu d'un seul. Vient enfin le moment de la lecture. Qui veut commencer? Deux doigts se lèvent. X est désignée. 

    - C'est à moi? 
    - Oui, c'est à vous. 
    - Alors je lis? 
    - Allez-y! 

    X met ses lunettes, enlève ses lunettes, remet ses lunettes, se redresse sur son siège, range une boucle de cheveux déjà rangée trois fois derrière l'oreille, se racle la gorge: 

    - Vous savez, je ne suis pas très contente de mon texte... 
    - Ce n'est pas grave, allez-y... 
    - Bon, alors j'y vais... 

    ça se passe comme ça, écrire

    question subsidiaire: 
    quel est le rapport entre l'atelier d'écriture et l'aquarium? 

    (photo prise en juin 2012)

     

     

  • M comme Mateiu

    Le temps des vacances, on se sent toujours obligée de faire un peu de rangement mais cette année-ci une sorte de miracle a eu lieu: on s'est attaquée à trois grandes boites de "souvenirs" qui traînaient depuis trois ans dans le salon et on a réussi à en jeter la majeure partie. 

    Evidemment, on est de nouveau tombée sur quelques trucs qu'on ne peut ni jeter, ni donner, comme cet énorme livre de Mateiu Caragiale

    mateiu caragiale.JPG

    Il s'agit d'une édition bilingue roumain-français de poèmes de Mateiu Caragiale, reçue en cadeau de mes amis roumains lors de notre première rencontre, l'été qui a suivi la chute du conducator. 
    Comme cet épais bouquin fait 34 cm sur 24, il n'entre dans aucune des boîtes de la bibliothèque... 

    ***

    Bref, les trois grandes boîtes se trouvent réduites à un demi-carton, c'est une véritable prouesse, du jamais vu sur la planète Adrienne.

     

  • Dernière fois!

    C'est bien la dernière fois, se dit l'Adrienne à la fin d'une journée particulièrement tendue, que j'emmène ma mère en vacances!

    Le lendemain, avec la suite dans les idées qu'on lui connaît, elle proposait déjà une destination pour l'été suivant.

    - Oh mais! a dit sa mère, on ne doit pas attendre jusqu'à l'an prochain! On peut y aller au mois d'août!

    vive la famille, voyage, ça se passe comme ça

    l'infatigable mère de l'Adrienne dans les traboules

    vive la famille, voyage, ça se passe comme ça

    entre le musée des Tissus et celui des Arts décoratifs

    vive la famille, voyage, ça se passe comme ça

    lisant scrupuleusement chaque écriteau
    (ici au musée gallo-romain de Fourvière)

    vive la famille, voyage, ça se passe comme ça

    montant et descendant des tas d'escaliers
    (ici en revenant d'une visite à la Croix-Rousse)