camus

  • X c'est l'inconnu

    Devant cette nuit chargée de signes et d’étoiles, je m’ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l’éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j’ai senti que j’avais été heureux, et que je l’étais encore. J’ai senti que j’avais en moi toutes les capacités nécessaires à l’être encore longtemps et à rendre heureux ceux qui voudraient bien partager un bout de chemin avec moi.

    Sans se poser trop de questions. Sans m’en poser. Juste accepter, jour après jour, la vie comme elle vient, la vie comme elle va. Et m’accepter moi comme je suis.

    Quand l’aumônier est revenu, alors que je l’avais si improprement chassé, j’ai finalement accepté de signer le pourvoi. Chacun m’assure qu’en cassation, le climat, le contexte et surtout la saison, tout sera différent. Que j’ai toutes mes chances de m’en sortir.

     

    Et puis surtout, j’ai décidé de ne plus me laisser faire.

     

    ***

    Voilà une fin "revisitée" qui tombe bien, en ce jour des Saints Innocents, non?

    Langue tirée

     camus,littérature,parodie,pastiche,jeu,fiction

    depuis que la photo a été prise, le tissu bleu est devenu un rideau
    et le tableau peint par une amie est accroché dans la salle de bains;
    mais Camus est encore dans une de ces boites
    en haut à gauche

    Cool

  • 7 livres

    Avoir des vacances, c'est se jeter avec passion sur la lecture, même si on a une longue liste de choses urgentes et utiles à faire (y penser pour le prochain U comme...)

    Se jeter avec passion sur la lecture, c'est lire plusieurs livres à la fois et passer de l'un à l'autre comme le boulimique qui vide son frigo.

    C'est lire enfin un Donna Leon pour rêver de Venise (Wilful behaviour).

    C'est découvrir enfin Sorj Chalandon et rêver de Bretagne en Mayenne (Une promesse)

    C'est déguster 153 pages d'Albert Camus (La chute) et se moquer des Hollandais.

    C'est s'offrir Notre quelque part de Nii Ayikwei Parkes pour voyager au Ghana.

    C'est frémir pour Isabella d'Este qui vit une période troublée à Mantoue (Maria Bellonci, Rinascimento privato

    C'est peut-être terminer Du côté de chez Shuang de Jean-Louis Crimon pour ces quelques détails qu'on y apprend sur la Chine d'aujourd'hui.

    C'est prendre en dessert un livre de jeunesse (que je ne nommerai pas de peur d'attirer les élèves de mes collègues de 4e Langue tirée) dans lequel un homme hérite d'un mas dans le sud de la France.

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     Les voilà
    Cool

  • B comme Bozar et Ballen

    Quand je suis à Bruxelles, j'ai deux ou trois "passages obligés", comme ces lieux de perdition qui s'appellent librairies (une perdition qui consiste surtout en une "perte de temps", beaucoup de temps, je vous ai déjà dit que c'est ainsi que ma mère considère la lecture) mais aussi Bozar*, où il y a toujours quelque chose d'intéressant à voir, que ce soit une expo payante ou en entrée libre, comme celle dont je vais parler ici.

    En ce moment, et ce jusqu'au 26 septembre, on peut y voir une rétrospective Roger Ballen:

    "Depuis près de 30 ans, le photographe sud-africain d’origine américaine Roger Ballen développe une oeuvre magistrale en perpétuelle évolution. Du style documentaire de ses débuts à ses mises en scène plus picturales, son univers singulier navigue entre rêve et réalité. Une oeuvre énigmatique, drôle et troublante à la fois à découvrir en 200 photographies, des premières images à Boarding House, sa dernière série en date."
    (citation du site http://www.bozar.be/activity.php?id=9462&lng=fr)

    Ce nom ne me disait rien mais les photos, elles, m'ont parlé!

    Elles sont à la fois tendres et crues, choquantes sans chercher à l'être, car elles montrent de manière vraie et authentique le quotidien, la misère même, d'une partie de la population blanche, celle qu'on croit généralement appartenir à la classe des nantis.

    Je ne pouvais que faire le rapprochement avec ce que je lisais ce jour-là, Camus, Le premier homme, où il s'agit en fait de la même chose.

    Et puis, comme nous fêtons en ce moment le 50e anniversaire de l'indépendance du Congo, il y a bien sûr aussi de nombreux événements liés à cette commémoration. En témoigne par exemple cet "arbre à palabres" placé dans le hall d'entrée et sous lequel on peut s'asseoir pour écouter des contes africains racontés par des femmes, des hommes et des enfants:

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    on s'assied sur un tronc et on place un des écouteurs contre l'oreille :-)
    moi j'ai entendu le conte de l'homme qui était tombé dans un puits: il était si avare qu'il est mort pour avoir refusé de donner la main à un celui qui voulait lui sauver la vie...

    * Bozar = Beaux-Arts, chers lecteurs-de-très-loin. Dans ce petit pays où les langues cohabitent plus ou moins paisiblement, deux procédés doivent mettre tout le monde d'accord: soit le recours à l'anglais (ou éventuellement l'italien s'il s'agit de baptiser un restaurant ou un magasin de mode), soit le recours à une graphie destinée à masquer le mieux possible l'appartenance à une de nos langues nationales. Bozar, donc, ou Cinematek.

     

  • Premiers instants à la mer et Premier homme

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    Comme vous pouvez le voir, cette année j'ai dû attendre jusqu'au 18 juillet pour jouir de mes premiers instants à la mer. Je venais directement de Bruxelles et il était l'heure de passer à table. Voici donc, "immortalisés" (hahaha) mon verre de spumante, la ciabatta, le petit bol d'huile d'olive, mes lunettes de soleil et ma lecture du jour, Albert Camus, Le premier homme.
     
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    édition Folio n° 3320, février 2010
    D'autres infos sur l'année 2010, cinquantenaire de la mort d'Albert Camus, http://www.folio-lesite.fr/Folio/actualite.action?idActu=456, avec des liens vers des extraits video et audio autour de la remise du prix Nobel ou d'autres interviews de l'auteur.

  • Bilan d'une vie de lectrice

    Bilan que j'espère provisoire, mais qui m'a été inspiré par Virgibri (voir le lien dans la colonne de gauche et aller au 11 juillet).

    J'ai un peu réfléchi et j'ai un peu de temps, allons-y.

    La lectrice que j'ai commencé à être.

    Petite fille, je n'avais pas de livres et on ne me racontait pas de petite histoire, ni au moment du coucher ni à aucun autre. Je sais ce que Daniel Pennac en pense, mais ça ne m'a pas empêchée d'avoir la passion des livres. J'ai reçu un jour un livre de contes. Hélas, je ne sais plus qui était ce généreux bienfaiteur de l'humanité mais je me souviens que le livre avait une couverture jaune. Je l'ai lu des tas de fois. Evidemment, je n'avais que celui-là.

    Vers mes 12 ans, une ancienne collègue de ma mère qui liquidait son grenier m'a offert sa collection de Comtesse de Ségur, dans une édition du début des années 30. Les illustrations me déroutaient bien un peu, avec les dames habillées comme notre défunte reine Astrid (décédée en 1935), mais j'ai adoré ces histoires.

    Puis, mon frère ayant aussi atteint l'âge de la lecture, les BD sont entrées chez nous, Tintin, Spirou, Lucky Luke,  Gaston Lagaffe... et cette petite merveille qu'était le journal Pilote

    Enfin, j'ai eu la permission de m'inscrire à la bibliothèque de la ville où j'ai lu toute la littérature de jeunesse. La lecture de la série du 'Club des cinq' d'Enid Blyton m'a même inspiré "mon premier livre" (lol)

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    La lectrice pré-ado et ado.

    Vers mes 14 ans, un ami me prêtait ses Bob Morane. A la bibliothèque, comme j'avais à peu près tout lu dans la section enfantine, en français et en néerlandais, j'ai pu passer à la section 'adulte'. Quel problème de trouver sans aucune aide ce qui convient à une gamine de cet âge! Vous qui commencez à me connaître, vous ne serez pas surpris d'apprendre que j'ai choisi l'ordre alphabétique pour mes découvertes de la "littérature": j'ai d'abord exploré les auteurs classés à la lettre A Clin d'œil

    Mais c'était du "bricolage": étant à l'école en néerlandais, je n'avais pas de cours de littérature française. J'ai donc emprunté de fort gros volumes pour m'enseigner quelques rudiments et c'est ainsi que j'ai "découvert" la poésie française (comme Colomb a "découvert" l'Amérique). Mon préféré était Clément Marot: j'ai appris par coeur sa "petite épître au roi pour avoir été dérobé".

    Je me suis fabriqué ma propre anthologie en recopiant mot à mot tous les poèmes qui me plaisaient. Recopiés à la main, bien sûr, l'ordi n'avait pas encore été inventé, et classés alphabétiquement - A comme Apollinaire - dans un gros classeur que j'ai toujours.

    Et tout ça pendant que ma mère croyait que je travaillais pour l'école! Car la lecture était pour elle le comble de l'oisiveté, mère de tous les vices...

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    La lectrice post-Bac.
    Pour ma dernière année du secondaire, j'ai eu un bon prof de français. Dès qu'il a su que je voulais étudier les langues romanes, il a cru devoir me faire lire deux ou trois oeuvres. Je ne demandais qu'à être guidée par un expert, vu mon inculture, et j'ai donc lu La reine morte, Le petit Prince et L'Etranger. Ces deux derniers sont toujours au top trois de mes livres préférés. Ceux-là aussi, je les connais presque par coeur.
    A l'université on nous a fait lire Le rouge et le noir, Les liaisons dangereuses... et d'autres encore, probablement, mais ces deux-là me sont restés. Oeuvres magistrales, elles aussi.
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    La lectrice adulte.
    Après l'université, je n'ai plus lu qu'"utile", ce qui veut dire: en fonction de mes élèves. Donc, un retour vers la littérature de jeunesse et la recherche d'auteurs dont la langue est d'un accès "facile", puisque mes élèves sont néerlandophones.
    En littérature de jeunesse, le plus gros succès a été Le petit Nicolas (Sempé et Goscinny) et du côté des auteurs "faciles à lire", Oscar et la dame rose (Eric-Emmanuel Schmitt)
    Ces dernières années, je re-dévore des livres. Mais ce billet est déjà fort long, et c'est un sujet dont je parle assez ailleurs, je ne voudrais pas qu'il y ait des redites
    Merci, Virgibri, de m'avoir inspiré ce bilan. J'ai eu du plaisir à le faire!
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  • H comme hommage

    On commémore en ce début de janvier le cinquantième anniversaire de la mort d'Albert Camus.

    Pour moi, Albert Camus est avant tout l'auteur de l'Etranger. J'ai lu ce livre une première fois vers mes seize ans et j'en ai été déroutée. Je l'ai relu plus tard, à l'université. J'y ai surtout vu alors les multiples lectures qu'on pouvait en faire: existentialiste, psychanalytique, sociologique, métaphysique, biographique et j'en passe (voyez l'intéressant ouvrage de Brian T. Fitch). Enfin, je l'ai relu plusieurs fois "comme prof", pour l'avoir fait lire à l'un ou l'autre élève et pour pouvoir en discuter avec eux.

    Au plus je le lis, au plus je le trouve fascinant.

    Alors si j'étais à Paris ou dans les environs, j'irais sûrement me balader jusque-là:

    "La Bibliothèque publique d'information rendra hommage à Albert Camus le samedi 30 janvier 2010, dans la Petite Salle du Centre Pompidou (niveau -1).


    Au programme, ce colloque appelé "Albert Camus, dans le texte", recevra de nombreux et prestigieux invités.
    Raphaël Enthoven, Yasmina Khadra, Charles Berling et plusieurs autres liront et commenteront un texte de leur choix parmi l'oeuvre de l'écrivain.

    David Camus, écrivain et petit-fils d’Albert Camus participera aussi à l’événement et lira "L’Exil et le royaume", texte écrit par son grand-père en 1957. Ces lectures seront suivies d'un cocktail puis d'un spectacle adapté de "L'Etranger", interprété par Pierre-Jean Peters et mis en scène par Moni Grego. L’ambition de cette manifestation est de rendre sensible cette proximité à Camus par l’écoute et par le partage. L’entrée est gratuite.


    Une jolie façon de se souvenir de cet écrivain aux multiples talents, défenseur des droits de l’homme, dont les admirateurs ne cessent de croître au fil du temps."

    info prise du site http://www.femina.fr/actualites/hommage-a-albert-camus-au-centre-pompidou/(gid)/515509


    Albert Camus, dans le texte
    1960-2010 : cinquantenaire de sa disparition
    Samedi 30 janvier 2010, 14h -20h30


    Adresse :
    Centre Pompidou
    Petite Salle, Niveau -1
    Place Georges Pompidou
    75004 Paris
    Entrée libre dans la mesure des places disponibles