chanson

  • O comme Occidentali's Karma

    C'est la chanson qui a gagné au festival de San Remo 2017 et qui représentera l'Italie à l'Eurovision. 

    Francesco Gabbani surfe sur la vague (ou la vogue) qui séduit toute une génération - je le vois assez chez les jeunes et même les moins jeunes qui m'entourent - les bâtonnets d'encens, les sushis, le yoga, la zen-attitude... tout ça mélangé à quelques slogans du monde occidental, depuis le "Panta rhei" des Anciens jusqu'au Singing in the rain... 

    Le singe nu danse 

    la scimmia nuda balla 

    et internet est l'opium du pauvre 

    oppio dei poveri

     

    ***

    sur les forums, beaucoup d'Italiens se demandent pourquoi tant d'étrangers regardent cette vidéo et lui donnent des "like" et des commentaires positifs alors qu'eux-mêmes trouvent le texte assez nul tongue-out

    "assurdo come gli stranieri apprezzino una canzone italiana. . . Non ho visto commenti positivi da italiani. . . forse perché la canzone fa REALMENTE schifo?" (c'est absurde que les étrangers apprécient une chanson italienne. Je n'ai pas vu de commentaires positifs d'Italiens, peut-être parce que la chanson est vraiment nulle)

    la réponse se trouve sans doute dans les commentaires en anglais-polonais-islandais-bosniaque-espagnol qui disent qu'ils ne comprennent rien aux paroles mais donnent 10/10 à la chanson tongue-out

    "I learn to sing this song on italian,even i dont understand a single word,i mean i saw a translation on english but this sounds amazing,1000000 voices from Bosnia goes to Francesko and this masterpiece." (sic) 

    Italy, twelve points? 

     

  • G comme gros lot

    Chapitre 1: G comme Gino 

    Gino a un passe-temps qu'il partage avec de nombreux Belges, aussi bien du côté flamand que wallon. Il est colombophile. Ça veut dire que dans son jardin il a un kot à pigeons qu'il entraîne à la course. Le dimanche matin, ces petites bêtes acheminées par paniers entiers vers un lieu éloigné de leur domicile, sont relâchées dans un ciel plus ou moins clair et supposées rentrer dare-dare chez elles, retrouver leur duivenkot, leur partenaire, leur nid. Gino et ses copains colombophiles les attendent de pied ferme pour les attraper dès leur arrivée et pouvoir enregistrer leur temps de vol grâce à la bague à faire passer dans la petite machine. (1)

    gino.jpg

    Chapitre 2: G comme Golden Prince 

    Gino est un pro dans son hobby et ses pigeons sont des "coulons futés" (2) qui gagnent tous les concours. Comme son Golden Prince, par exemple, qui a battu tous les records de palmarès en 2014. Alors Gino s'est dit que c'était le moment de rentabiliser son hobby et de passer à autre chose. On peut supposer que madame Gino a envie de prendre des vacances. 

    Chapitre 3: G comme gros lot 

    C'est ainsi qu'une vedette internationale comme Golden Prince s'est retrouvée à une vente aux enchères - tout se vend aux enchères, même les œufs à couver - et qu'il vient de faire remporter l'ultime gros lot à son propriétaire, 316 000 €, le meilleur prix jamais donné pour un pigeon. Non pas, comme c'est généralement le cas ces dernières années, par un acheteur chinois, mais par un Sud-Africain. 

    Article et photos ici... 

    cette folie colombophile est à l'origine de quelques chansons narquoises, comme ik zie zo geiren mijn duivenkot, j'aime tant mon pigeonnier, ou cette ode ironique en patois anversois au "blauwe geschelpte", le pigeon aux taches bleutées 

     

     (1) comme je l'ai vu faire par de vieux colombophiles quand j'avais huit ans, je ne sais pas dans quelle mesure ça a évolué cool 

    (2) les Wallons d'à côté de là où j'habite disent 'coulon' pour pigeon

  • E comme Eiffel

    Même si on comprend les artistes opposés à cette "odieuse colonne de tôle boulonnée", on ne peut s'empêcher de la photographier dès qu'elle paraît à l'horizon. 

    2017-01-04 (10).JPG 

    "mercantile", "inutile et monstrueuse", "barbare", 
    vue depuis le Louvre 

    2017-01-04 (14).JPG

    "gigantesque cheminée d'usine
    vue depuis le jardin des Tuileries  

    2017-01-04 (21).JPG

    "cette horreur" vue depuis la Concorde 

    à Paris, Sttellla, 27 mars 2010, La Chapelle, MONS from slowbizz on Vimeo.

  • Quel cadeau lui faire?

     Quand j'ai couru porter un collier de perles à Eurypyle 
    La belle, la traîtresse en avait un en vrais diamants 
    Avec mon p'tit collier, j'avais l'air d'un con, ma mère 
    Avec mon p'tit collier, j'avais l'air d'un con 

    Quand j'ai couru porter mes rubans d'soie à Eurypyle 
    La belle, la traîtresse avait déjà fini d's'coiffer 
    Avec mes p'tits rubans, j'avais l'air d'un con, ma mère 
    Avec mes p'tits rubans, j'avais l'air d'un con 

    Quand j'offris pour étrenne un poudrier à Eurypyle 
    La belle, la traîtresse avait déjà du rose aux joues 
    Avec mon poudrier, j'avais l'air d'un con, ma mère 
    Avec mon poudrier, j'avais l'air d'un con 

    Quand j'ai couru tout chose au rendez-vous d'mon Eurypyle 
    La bell' posait toute nue pour un sal' typ' qui la peignait 
    Avec mon bouquet d'fleurs, j'avais l'air d'un con, ma mère 
    Avec mon bouquet d'fleurs, j'avais l'air d'un con 

    lakévio38.jpg

    tableau et consigne chez Lakévio

     (n'est-ce pas incroyable?
    voilà exactement 52 ans
    que l'ami Georges chantait cette chanson de la vidéo!)

  • F comme filles, femmes et futur

    On en a déjà parlé quelques fois ici, mais sans doute qu'avec les Spice Girls le message touchera plus de monde cool 

    https://www.youtube.com/watch?v=sZQ2RUFd54o 

    girl power.jpg

    girl power2.jpg

    ces deux-ci et quelques autres sur: 

    http://www.globalgoals.org/fr/join-the-movement-girls/ 

  • V comme Voglio una casa

    Voglio una casa, la voglio bella / Je veux une maison, je la veux belle
    Piena di luce come una stella / Pleine de lumière comme une étoile
    Piena di sole e di fortuna / Pleine de soleil et de bonheur
    E sopra il tetto spunti la luna / Et par-dessus le toit se lève la lune
    Piena di riso, piena di pianto / Pleine de rires, pleine de pleurs
    Casa ti sogno, ti sogno tanto / Maison de rêve, je te rêve tant
    Dididindi, Dididindi...

    Voglio una casa, per tanta gente / Je veux une maison pour beaucoup de gens
    La voglio solida ed accogliente, / Je la veux solide et accueillante,
    Robusta e calda, semplice e vera / Solide et chaleureuse, simple et vraie
    Per farci musica matina e sera / Pour y faire de la musique soir et matin
    E la poesia abbia il suo letto / Et que la poésie y ait son lit
    Voglio abitare sotto a quel tetto. / Je veux habiter sous ce toit.
    Dididindi, Dididindi...

    Voglio ogni casa, che sia abitata / Je veux que chaque maison soit habitée
    E più nessuno dorma per strada / Que plus personne ne dorme dans la rue
    Come un cane a mendicare / A mendier comme un chien
    Perchè non ha più dove andare / Parce qu'il n'a plus où aller
    Come una bestia trattato a sputi / Traité avec mépris comme une bête
    E mai nessuno, nessuno lo aiuti. / Sans que personne jamais ne l'aide.
    Dididindi, Dididindi...

    Voglio una casa per i ragazzi, / Je veux une maison pour les jeunes
    che non sanno mai dove incontrarsi / Qui ne savent pas où se rencontrer
    e per i vecchi, case capienti / Et pour les vieux, de grandes maisons
    che possano vivere con i parenti / Où ils puissent vivre avec la famille
    case non care, per le famiglie / Des maisons pas chères pour les familles
    e che ci nascano figli e figlie. / Et qu'y naissent des fils et des filles.
    Dididindi, Dididindi...

    source du texte / traduction de l'Adrienne

  • Y comme Y a de la joie!

    Ce n'était pas la querelle des Anciens et des Modernes, ce n'était pas la Guerre des Roses, ce n'était pas les Leliaards contre les Clauwaards. 

    C'était les Romantiques contre les Comiques. 

    Grand-père chantonnait "ma Tonkiki- ma Tonkiki- ma Tonkinoise", un texte pour lequel Maurice Chevalier se ferait lyncher aujourd'hui. Il donnait de la voix pour dire à la Marquise que "Tout va très bien, tout va très bien". Il esquissait un pas de danse fripon avec Madelon qui vient nous servir à boire et dont on frôle le jupon. 

    Grand-mère préférait les roucoulements de Tino Rossi et ça rendait grand-père assez jaloux. Il s'amusait à ridiculiser le Tino en imitant sa pauvre petite-voix-de-rien-du-tout qui traîne sur les voyelles finales en susurrant  "Marinellaaaa, reste encore dans mes braaaaas..." (1) 

    Puis un refrain inspirait des idées à grand-père, il entourait grand-mère de ses bras, l'arrachait à ses casseroles et la faisait doucement tanguer sur André Claveau, "ne me laisse pas seul sans ton amour". 

    Alors mini-Adrienne était tout heureuse et se disait que si leur idylle avait si bien résisté au temps, c'était peut-être une chose possible pour elle aussi, un jour... 

     miletune.22.png

    Le sujet de Mil-et-une n°22 
    mot imposé: idylle 

    (1) L'estocade serait donnée un jour par petit frère qui en ferait "Marie Thumas, des carottes et des petits pois...". 

  • U comme un jour

    Le message d'un enfant réfugié a suscité de belles réponses 

    brussels1.jpg

    Sur fb et tw*tt*r, des Bruxellois ont offert une chambre, un repas, à des inconnus bloqués dans la ville.  

    Des automobilistes ont proposé les places libres de leur véhicule pour ramener chez eux les travailleurs après la fermeture des gares.  

    Les hôpitaux ont dû renvoyer chez eux les donneurs de sang, tellement il y en avait. 

    brussels4.jpg

    Du rarement vu: des messages de remerciements non seulement pour le personnel soignant et les pompiers, mais aussi pour la police et l'armée. 

    brussels3.jpg

    Les enfants de six ans ont posé les bonnes questions: "Waarom?" Pourquoi? 

    Et puis il y a l'humour belge, comme celui de Gui-Home, que mes élèves néerlandophones ont découvert avant moi... 

    Moi je leur montre Brel.  

    Tout ça, on l'a fait quand on s'est réveillés le 23 

  • P comme perpète

    Vous connaissez Madame, vous savez que ses élèves et ses cours ne sont jamais loin, même au coeur des vacances.

    Alors vous comprendrez que quand elle a vu un lien vers une chanson qui a "Paris" dans son titre, elle est allée voir tout de suite. Elle aimerait bien en ajouter une à la petite collection qu'elle fait écouter à ses élèves de cinquième (la Première, en France) en préparation à leur voyage annuel en ce haut lieu de la culture.

    Malheureusement, la jeune chanteuse l'a vite fait déchanter. A part le mot "perpète", qui fournirait à Madame l'occasion de faire un petit rappel de vocabulaire familier et argotique, il y a surtout des "ouh ouh ouh" et des "ah ah ah" dans le texte. Ainsi que quelques "oh oh".

    Ouh ouh ouh 
    Paris, Paris 
    Paris, Paris 
    Ouh ouh ouh 
    Paris, Paris 
    Ouh ouh ouh Ah ah 
    (Ah ah ah...) 
    Ah ah ah.... 
    Ouh ouh ouh Ah ah 
    Oh oh

    http://www.paroles.net/emilie-simon/paroles-paris-j-ai-pris-perpete

    Les élèves de Madame croiraient qu'elle se moque d'eux.

    Ce qui serait vraiment la pire chose.

    Cool

     paris,chanson,prof,école,élèves

    La belle, il est vrai, a d'autres atouts que ses dons littéraires et linguistiques

    http://www.trackmusik.fr/media/e/emilie-simon/mue

  • U comme univers-renaud

    Vous qui ne venez pas ici pour la première fois, vous savez sans doute déjà que l'Adrienne fond pour ce blondinet qui lui a appris le français argotique.

    Madame en abreuve d'ailleurs ses élèves, annonçant toujours la couleur: "Je sais que pour vous ce sont des vieux machins d'un vieux pépé, mais Madame au moins se fait plaisir". C'est important, quand on est prof.

    Mais jamais encore Madame n'a fait écouter "Mistral gagnant", une superbe chanson, cependant. Jusqu'à aujourd'hui, elle ne savait pas trop à quoi le titre faisait référence. Il faut dire qu'elle n'avait pas trop cherché non plus.

    De plus, bonbecs, carambars, roudoudous, coco-boer, mint'hos, tout ça ne veut rien dire pour l'Adrienne, qui a été élevée sans sucre et dans un pays où les bonbons portaient d'autres noms que ceux-là. Par conséquent, ça veut encore moins dire aux élèves de Madame. Et chacun sait que ça enlève beaucoup de charme s'il faut tout expliquer de A à Z.

    C'est tout à fait par hasard (et grâce à lectrice Lulu, merci Lulu!) que le mystère des "mistral gagnants" a enfin été éclairci:

    Mistral gagnant: L'introduction au piano est magnifique, d'une nostalgie bouleversante. Par ailleurs, Renaud égrène, au long du texte, tous les bonbons de son enfance et les nôtres, avec mention spéciale pour les vrais roudoudous "qui nous coupaient les lèvres et nous niquaient les dents". Mais des Mistral gagnants, il ne dit rien. Les deux mots suffisent pour ranimer un cérémonial singulier. Mistral gagnant: c'était Mistral perdant, le plus souvent, car on ne gagnait rien, une fois sur dix. La petite pochette allongée de papier blanc avait, tout en bas, au verso, un rabat qu'on soulevait dès l'objet acheté. "Gagnant", c'était un sachet gratuit en prime. Mais "perdant", au-delà de la petite résignation obligatoire passagère, c'était l'occasion de centrer son plaisir sur une réalité palpable, qui n'avait plus rien du miroir aux alouettes évoqué par le titre: dans Mistral gagnant, la moitié qui comptait, c'était Mistral. A preuve, on ne pouvait gagner qu'un autre Mistral - qui n'eût pas doublé le plaisir -, et c'est donc dans l'essence du Mistral que reposait l'espoir d'une satisfaction.

    OK, tout ça est expliqué de façon fort compliquée, mais la suite est plus claire:

    Une montagne stylisée sur le sachet (en orange, ou en vert? L'un et l'autre, peut-être) évoquait un contenu oxygéné, nordique et roboratif. On avait droit, pour le même prix, à un mince chalumeau de réglisse, destiné à aspirer la substance mystérieuse. Mais quelques irrépressibles mâchouillements avaient bien vite raison de cette pompe savoureuse que le fabricant vouait sans doute à une consommation post-mistralienne - en fait, on le mangeait toujours avant. Alors on tapotait avec d'infimes précautions le sachet incliné, et le Mistral déversait directement sa neige acidulée jusqu'au fond du gosier. Les lèvres et la langue essayaient en vain de maîtriser ce flot sucreux, piquant, qui faisait tousser avec une jubilation alpestre. On s'en mettait un peu partout, une bonne partie restait collée au tuyau de réglisse. Qui peut maîtriser le mistral?

    Philippe Delerm, Dickens, barbe à papa, Folio 2005, pages 23-24.

     

    https://www.youtube.com/watch?v=XdjWMHAdYDU