cinéma

  • T comme travaux

    "I had a farm in Africa at the foot of the Ngong Hills", écrit Karen Blixen et c'est en pensant à cette phrase que l'Adrienne contemple ceci et se dit: 

    "J'avais un joli jardinet avec une pelouse fraîchement tondue entourée de tulipes, d'anémones et de crocus. 

    DSCI4730.JPG

    état des lieux le mardi 14 mars

    I had a farm in Africa at the foot of the Ngong Hills. The Equator runs across these highlands, a hundred miles to the north, and the farm lay at an altitude of over six thousand feet. In the day-time you felt that you had got high up; near to the sun, but the early mornings and evenings were limpid and restful, and the nights were cold. (source ici

    L'Adrienne devra apprendre la longanimité de Karen... 

  • R comme relire ses classiques

    La petite ville de Verrières peut passer pour l’une des plus jolies de la Franche-Comté. Ses maisons blanches avec leurs toits pointus de tuiles rouges s’étendent sur la pente d’une colline, dont des touffes de vigoureux châtaigniers marquent les moindres sinuosités. Le Doubs coule à quelques centaines de pieds au-dessous de ses fortifications bâties jadis par les Espagnols, et maintenant ruinées. 

    stendhal.jpg

    C'est ainsi que commence Le Rouge et le Noir dans mon édition établie et préfacée par Henri Martineau et parue chez Garnier. 

    Quel plaisir, après avoir été privée pendant presque deux ans de mon exemplaire, prêté à la fille d'une ancienne élève alors qu'on le trouve en ligne ou en format poche, quel plaisir de retrouver intact mon amour pour Julien Sorel. 

    – Je veux absolument prendre chez moi Sorel, le fils du scieur de planches, dit M. de Rênal ; il surveillera les enfants, qui commencent à devenir trop diables pour nous. C’est un jeune prêtre, ou autant vaut, bon latiniste, et qui fera faire des progrès aux enfants ; car il a un caractère ferme, dit le curé. 

    Lecture obligatoire dans ma première année de philologie romane, donc découverte à 18 ans, redécouverte aujourd'hui: bizarrement, je me souviens de chaque ligne et pourtant ma lecture est différente, mon appréciation pour Stendhal plus grande encore. 

    Au lieu de surveiller attentivement l’action de tout le mécanisme, Julien lisait. Rien n’était plus antipathique au vieux Sorel ; il eût peut-être pardonné à Julien sa taille mince, peu propre aux travaux de force, et si différente de celle de ses aînés ; mais cette manie de lecture lui était odieuse, il ne savait pas lire lui-même. 

    Beaucoup de choses seront dites sur Julien avant qu'on puisse se faire une idée de son physique ou de sa personnalité, contrairement à la façon dont sont traités les autres personnages, assez immédiatement décrits et mis en scène. Il faut attendre la fin du chapitre IV pour apprendre ceci: 

    C’était un petit jeune homme de dix-huit à dix-neuf ans, faible en apparence, avec des traits irréguliers, mais délicats, et un nez aquilin. De grands yeux noirs, qui, dans les moments tranquilles, annonçaient de la réflexion et du feu, étaient animés en cet instant de l’expression de la haine la plus féroce. Des cheveux châtain foncé, plantés fort bas, lui donnaient un petit front, et, dans les moments de colère, un air méchant. 

    Toute mon admiration pour Gérard Philipe ne peut m'empêcher de préférer donner à Julien Sorel les traits que j'imagine en lisant Stendhal, plutôt que les siens, si séduisants soient-ils cool 

    Avec la vivacité et la grâce qui lui étaient naturelles quand elle était loin des regards des hommes, madame de Rênal sortait par la porte-fenêtre du salon qui donnait sur le jardin, quand elle aperçut près de la porte d’entrée la figure d’un jeune paysan presque encore enfant, extrêmement pâle et qui venait de pleurer. Il était en chemise bien blanche, et avait sous le bras une veste fort propre de ratine violette. Le teint de ce petit paysan était si blanc, ses yeux si doux, que l’esprit un peu romanesque de madame de Rênal eut d’abord l’idée que ce pouvait être une jeune fille déguisée, qui venait demander quelque grâce à M. le maire. 

    (début du chapitre VI) 

    Même un Gérard Philipe à l'allure éternellement juvénile, avec ses 32 ans au moment du film, est trop vieux pour le rôle, lui donne trop de maturité. Une maturité que Julien est loin de posséder et qu'il ne trouve que tout à la fin du livre, quand les dés sont définitivement jetés. 

    – Autrefois, lui disait Julien, quand j’aurais pu être si heureux pendant nos promenades dans les bois de Vergy, une ambition fougueuse entraînait mon âme dans les pays imaginaires. Au lieu de serrer contre mon cœur ce bras charmant qui était si près de mes lèvres, l’avenir m’enlevait à toi ; j’étais aux innombrables combats que j’aurais à soutenir pour bâtir une fortune colossale... Non, je serais mort sans connaître le bonheur, si vous n’étiez venue me voir dans cette prison. 

    Voilà ce qu'il dit à madame de Rênal dans le dernier chapitre, enfin réconcilié avec son destin. 

  • P comme play it (again)

    A l'académie de musique, un examen ne s'appelle plus "examen": il s'appelle "toonmoment", ce qui veut dire "un moment où tu dois montrer ce que tu sais faire". Devant un jury et un public. 

    Même l'Adrienne, qui ne sait encore jouer que de simplissimes petites ritournelles de rien du tout, doit participer à ce genre d'évènement. 

    C'était prévu pour lundi dernier et vous pouvez compter sur l'Adrienne pour s'y être dûment préparée, jour après jour. Jusqu'à chantonner sa musiquette en marchant dans les couloirs de l'école: mi-ré-do, ré-mi-fa-mi-do-mi-ré, mi-fa-sol-sol-ré-do, ré-mi-mi-ré etc. 

    Au point qu'elle a réussi à s'y rendre quasiment sans stress, fredonnant ses mi-ré-do et se répétant des "Advienne que pourra" ou "A l'impossible nul n'est tenu". 

    Mais lundi dernier, la porte était close et l'affaire ajournée: la prof était malade. 

    Espérons que demain soir le jury et le public soient indulgents et que les dix doigts ne fourchent pas tongue-out

    Amen. 

  • 20 questions loufoques (1)

    1. Quel est le premier mot qui vous passe par la tête commençant par la lettre a et se terminant par un e (autrement : quel est le premier mot qui vous est venu sans aucune difficulté) ? 

    amère (je sens que mes lecteurs vont supputer d'où ça me vient tongue-out 

    2. Quel est la deuxième couleur que vous voyez lorsque vous regardez à gauche de votre écran, en fermant l'œil droit ? Imaginez la première ligne d'un début de roman avec cette couleur (une phrase seulement) 

    brun foncé 

    Bruns les épais rideaux toujours fermés, bruns les deux fauteuils de velours rêche (oui ça existe, du velours rêche qui gratte), bruns les lourds meubles de chêne, bruns les motifs du tapis, brun le manteau de cheminée en bois brut: comment voulez-vous avoir le cœur qui chante, dans un tel décor? 

    3. Selon vous que signifie "accroupouner la dentelle pour lorgner à rebours" ? 

    des choses salaces qu'Henri Michaux n'imaginait pas en l'écrivant tongue-out 

    4. Prenez votre signe zodiacal, la marque de votre ordinateur et votre couleur d'yeux. ça donnerait quel type de conseil pour un marin qui s'en irait faire le tour du monde ? 

    N'oublie pas d'emporter tes jumelles et de faire un détour par les îles Toshiba: on y admire des perroquets orange et gris! 

    5. Vous vous trouvez au restaurant. Le serveur (la serveuse), épaté(e) par votre allure, vous demande de commander ce que vous voulez... le tout gratuitement ! Quelle commande irréalisable passez-vous ? 

    Apportez-moi le festin de Babette, mais sans soupe à la tortue, et veillez à ce que la caille en sarcophage soit cuite à la goutte de sang!  

    6. Que dire à un type qui chavire d'amour en regardant l'horizon ? 

    Ne t'inquiète pas, tu le reverras demain, le soleil! 

    7. Imaginez une description détaillée à la Flaubert (c'est à dire avec de nombreux détails) d'un vêtement que vous portez à l'instant ou d'un objet qui se trouverait à portée de main. 

     Joker tongue-out

    8. Vos 5 mots d'amour préférés en verlan ? 

    Je ne crois pas que le verlan se prête aux mots d'amour (en tout cas pas pour moi!) 

    9. Y a-t-il en ce moment quelque chose d'écrit sur un vêtement que vous portez ? Lequel ? 

    "Asleep dream" mais l'injonction ne garantit ni le sommeil ni les rêves... 

    10. Si l'on vous donne trois tomates, du sel, de la crème, du comté, du vin blanc de Savoie, des oignons et du jambon de Parme, quel petit plat préparez-vous pour un repas impromptu ? 

    Je me dis que je ne nourrirai pas grand-monde avec trois tomates... ajoutées au comté et au jambon, il y a juste de quoi faire quelques bouchées apéritives tongue-out 

    jeu, vive internet, cinéma

    *** 

    Ce questionnaire est l'oeuvre d'Obni 
    http://www.obni.net/questionnaire/questionnaire 
    et je l'ai coupé en deux parties, vu qu'il est assez long.
    La suite le mois prochain? 

  • V comme Vilain

    C'est par hasard que j'ai vu le film "Pas son genre" juste après avoir lu une interview de l'auteur du livre, Philippe Vilain.

    Il est donc bien dommage que ce grand défenseur de l'idéal et du style ait laissé passer un "je me suis dite que...", prononcé nota bene par une prof de philo aux propos par ailleurs hautement érudits.

    Si encore cela avait été le fait d'une pauvre petite coiffeuse arrageoise tongue-out 

    pas son genre.jpg

    source de l'image RTBF 

     

  • J comme je m'en vais...

    Comme Ferrer, je m'en vais. Non pas au pôle Nord, mais à Ostende.

    Certaines mauvaises langues vous diront que la différence n'est pas bien grande, vu les moins quarante que nous avons ici généralement en hiver, comme on a pu l'entendre de la bouche de Galabru au début du film Bienvenue chez les Ch'tis.


    Bienvenue chez les Ch'ti extrait 2 par manudelac

    Bref, je vais passer un week-end (pardon, un weekend) de fête de la saint-trucmachin à Ostende.

    Il y aura la carissima nipotina, Pipo Rossi, la mer, des livres, de la bonne bouffe et plein de musées et de galeristes ouverts samedi soir avec accompagnement musical en nocturne.

    Je m'en vais mais je reviens dimanche soir cool

    Je parlerai peut-être une autre fois de Jean Echenoz, Je m'en vais, éd. de Minuit, 1999. Ceux qui le désirent peuvent en lire ici les premières pages

    Bon week-end (pardon, weekend) à tous!

  • B comme Bruxelles

    J'ai eu la chance d'arriver à Bruxelles précisément le jour où on passait pour la dernière fois le film de Maria Tarantino, Our City. Dans la vidéo ci-dessous, la réalisatrice s'explique sur ses choix et ses méthodes de travail. On peut également y voir quelques extraits significatifs. 

    J'ai beaucoup aimé cette réflexion sur la ville et sur la question identitaire.

    Et le lendemain, comme une suite logique au précédent, je suis allée voir le Tout nouveau testament de Jaco Van Dormael cool  

    Sorte de conte philosophique avec une bonne tranche d'humour, d'autodérision et d'absurde à la belge - ce qui n'a pas plu à de nombreux critiques français, allez comprendre tongue-out - je me retrouve bien dans l'analyse de la RTBF et de La Libre

    http://www.rtbf.be/video/detail_la-critique-d-hugues-dayez-2-septembre-2015?id=2040163

    http://www.lalibre.be/culture/cinema/le-tout-nouveau-testament-decouvrez-la-critique-de-la-libre-55e54db535709767896a6a83

    Bref, j'ai passé de très bons moments au cinéma et j'en suis sortie deux fois d'excellente humeur laughing.

  • K comme KNT

    Avais-je 12 ans? Je ne le pense pas. Ce qui est sûr, c'est que mon frère en avait cinq de moins que moi et le petit Michel sept de moins. Seul Philippe, probablement, avait l'âge requis.

    Et nos parents, ces inconscients, nous ont emmenés au cinéma, un beau dimanche, pour voir Gone with the wind.

    Cool

    Qu'on passera demain sur la première chaîne flamande et qui a reçu la mention KNT, kinderen niet toegelaten, enfants non admis.

    Film > Romantische komedie

    Verenigde Staten - 1939
    Duurtijd: 210 min
    Déconseillé aux moins de 12 ans Déconseillé aux moins de 12 ans  

     

     

     

     

    Ce film ne m'a pourtant pas traumatisée, ni mon petit frère. 

    Personnellement, comme je l'ai déjà raconté ici, je me souviens surtout des rideaux de velours vert transformés en robe. De la nounou qui remonte le décolleté de Scarlett parce qu'elle le trouve inconvenant. Et de la scène dramatique où l'héroïne tombe de l'escalier.

    la première moitié du film en mode "reader's digest"
    c'est-à-dire réduite à dix minutes

    ***

    Aux Etats-Unis, ce film a le "rating G"
    ce qui veut dire "all audiences"

    Bizarre, cette divergence d'opinion, non?

    Langue tirée

     

  • V comme verwendag

    Un samedi du mois d'octobre, depuis quelques années déjà, une tente est installée devant la bibliothèque. Tout le personnel est présent et en habit de fête pour accueillir les lecteurs, offrir une boisson et un petit cadeau.

    'Verwendag', ça veut dire la journée des gâteries.

    Ce jour-là, la location des CD et DVD est gratuite.

    L'Adrienne est rentrée chez elle avec "Seres queridos", un film hispano-argentin de Dominic Harari et Jeresa Pelegri; et avec "Amintiri din epoca de aur", un film roumain de Cristian Mungiu (et quatre autres).

    La presse est plutôt partagée et il va falloir juger par soi-même Langue tirée

    Pour "Seres queridos":

     

     

     

     

    http://vimeo.com/78989190

     

    Vous aussi, si vous voulez: http://vimeo.com/78989190

     

    Pour le film roumain:

  • H comme How to catch a thief

    La semaine dernière, je regardais avec grand plaisir ce vieux film de Hitchcock, To catch a thief (https://www.youtube.com/watch?v=hfyrCCcZFlc).

    Quand l'homme des assurances demande à Cary Grant pourquoi il est devenu un voleur de bijoux, celui-ci répond en disant que tous, autant que nous sommes, nous avons volé, un jour ou l'autre. L'assureur certainement aussi, par exemple en trichant avec ses notes de frais ou sa feuille d'impôts.

    Ça m'a fait réfléchir, bien sûr. Surtout que le jour même, dans mon supermarché préféré, j'avais vu une dame qui, sous les yeux de son fils, rajoutait des fraises dans sa barquette de 500 grammes jusqu'à ce qu'elle déborde et pour que ça ne se remarque pas trop à la caisse, l'a emballée dans un sachet plastique qu'elle a soigneusement noué. Evidemment, plus aucune barquette de fraises restée sur le plateau ne pesait encore 500 grammes.

    Moi je n'ose même pas rajouter une fraise à une barquette pour qu'elle pèse les 500 grammes réglementaires Langue tirée

    A l'école aussi, paraît-il, il y a des disparitions inexpliquées dans la salle des profs. Même des tablettes de produit pour le lave-vaisselle. Ça me dépasse complètement, ce genre de choses.

    J'ai été élevée dans l'horreur du mensonge. Le vol était un crime tellement grave qu'on ne pouvait que s'attirer immédiatement la colère divine et l'opprobre définitif.

    Jusqu'au jour où, après la visite annuelle au rayon des jouets de l'Innovation, on a constaté que le petit frère avait pris quelques figurines, cow-boys ou soldats, je ne sais plus. Je pensais que le ciel allait lui tomber sur la tête, que ma mère lui donnerait une punition exemplaire et qu'on irait sur-le-champ restituer les objets mal acquis. J'avais vraiment très peur pour lui.

    A mon grand étonnement, il ne s'est rien passé du tout et il a pu tranquillement garder les jouets dérobés. C'est moi qui me suis fait gronder quand j'ai osé dire que c'était du vol.

    ***

    Un petit extrait? https://www.youtube.com/watch?v=bPxlHX3vcf0

      souvenir d'enfance,vive la famille,cinéma

     http://thehitchcockreport.files.wordpress.com/2010/12/4529.jpg

     

  • Premier cinéma

    La toute première fois que la petite est entrée dans un cinéma, c’était avec l’école, pour une activité de fin d’année, pour remplir ces dernières heures d’avant les vacances. Ça devait être juste avant les vacances de Noël parce qu’il faisait déjà sombre quand elle est sortie de là, ce qui n’a pas arrangé les choses.

    C’était une projection d’un film de Disney soi-disant pour enfants, Blanche-Neige et les sept nains. Mais ça a été une épreuve terrifiante : une horrible belle-mère offrant un couteau et un coffret pour qu’on lui rapporte le cœur de la belle enfant, une fuite dans une sombre forêt où chaque branche d’arbre devient une main griffue, une affreuse sorcière présentant une pomme dans laquelle l’idiote princesse s’empresse de mordre, les sept nains qui pleurent autour d’un cercueil de verre… Voilà tout ce dont la petite se souvient jusqu’à aujourd’hui. Sa première expérience de cinéma a été si terrifiante qu’elle n’a plus jamais regardé les bosquets des alentours de la maison du même œil qu’avant.

    ***

    La toute première fois que la petite est allée au cinéma en famille, c’était à peine une meilleure expérience. Sauf qu’il y avait l’ami José pour la rassurer de son grand rire. C’était de lui que venait l’initiative, comme toujours :

    - Vous avez vu ? la semaine prochaine on repasse Autant en emporte le vent, au cinéma. Ce serait une bonne occasion pour y aller tous ensemble, non ?

    Mes parents ne disaient jamais non aux propositions de l’ami José, que ce soit pour aller manger des harengs mayonnaise à la kermesse, des anguilles au vert de l’autre côté de la frontière linguistique ou des moules en Hollande.

    Nous sommes donc allés voir cette longue épopée pleine de drames personnels et de tragédies nationales, les quatre parents et les quatre enfants, dont les deux plus jeunes n’avaient pas huit ans. La chose dont la petite aujourd’hui grande se souvient le mieux, ce sont les tentures de velours vert qui ont été transformées en belle robe pour séduire le héros après la débâcle et la ruine.

     

    A la maison, les rideaux étaient en velours beige clair et la petite s’est dit que ce serait une très mauvaise chose de devoir un jour s’en faire une robe.

     jeu,françois bon,souvenir d'enfance

    la fameuse robe-rideau de Scarlett...
    http://www.hrc.utexas.edu/contribute/endowments/opportunities/costumes

     

    à la manière de Perec, W ou le souvenir d'enfance, p.213 : "Avec Henri, on est allé dans un tout petit cinéma qui s’appelait, je crois, Le Studio ; c’était une salle très jolie avec un tapis et des grands fauteuils, vraiment très différente des espèces de hangars ou des salles de patronage qui avaient été jusqu’alors mes cinémas." et p. 205-/206 : "Le film s’appelait Le grand silence blanc et Henri était fou de joie à l’idée de le voir car il se souvenait d’une magnifique histoire de Curwood"

  • R comme relax

    Bruxelles aout 2012 060 - kopie.JPG

    Oui, vous voyez bien: ce sont mes pieds.
    Je suis mollement allongée devant un grand écran.
    Cool

    Bruxelles aout 2012 059 - kopie.JPG

    Voilà les fauteuils, les repose-pieds, les coussins...

    C'est à la salle 3 du cinéma Galeries (http://www.galeries.be/), où je suis allée voir le très beau film, Un monde sans femmes, de Guillaume Brac, précédé par un excellent court-métrage du même G. Brac, Le Naufragé.

    http://www.lexpress.fr/culture/cinema/cinq-raisons-de-voir-un-monde-sans-femmes_1078844.html
    http://www.critikat.com/Le-Naufrage-Un-monde-sans-femmes.html

    Par contre, dans la salle 3, c'était un monde sans hommes...
    Peut-être étaient-ils rebutés par le titre? Rigolant

  • P comme prénom

    Il y a ceux qui sont très pour http://www.excessif.com/cinema/critique-le-prenom-7073188-760.html , il y a ceux qui sont très contre http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/le-prenom/ et d'un extrême à l'autre, toute la gammme, si vous le désirez, se trouve ici: http://www.allocine.fr/film/fichefilm-188448/critiques/presse/

    Je suis allée le voir sans avoir lu aucune critique, pour ne pas me laisser influencer, la salle était presque vide - normal, pour quand moi j'y vais, le film est en fin de parcours et tout le monde l'a déjà vu - et j'ai tout de même pas mal rigolé Sourire

    Le début du film a un petit air d'Amélie Poulain mais on entre très vite dans le huis clos: normal, puisque c'est l'adaptation d'une pièce de théâtre qui réunit quatre ou cinq personnes autour d'un repas. Il y a bien quelques flash-backs, mais ils ne sont que l'illustration visuelle de ce qu'un des personnages raconte.

    On rigole, il y a des réparties drôles, on est dans une sorte de vaudeville, mais en même temps ça grince un peu, voire beaucoup, à certains moments. Heureusement, comme il était marqué "comédie", au moment où on prend peur que tout explose définitivement entre les personnages, on se rassure en se disant que ça ne peut que bien se terminer Langue tirée

    La fin, bof, elle n'est pas si importante, finalement... et sans doute oubliera-t-on très vite tout ça! mais on aura tout de même passé un bon moment Cool

  • W comme wagon de train

    Ses cheveux très noirs sont rassemblés en un petit chignon en haut de la tête. Seule une mèche a été coupée et lui tombe un peu sur un oeil. Elle tient le coude gauche appuyé contre le rebord de la fenêtre et dans la main un grand paquet de chips au paprika, mais on remarque surtout la grosse montre en plastique orange autour de son poignet.

    A côté d'elle sont posés deux sacs, l'un est assez usé et rouge bordeaux comme son chemisier aux manches trois quarts. Ses avant-bras sont constellés de petites plaques rougeâtres, comme celles que laissent certaines piqûres d'insectes. L'autre sac est un grand fourre-tout d'un rouge brillant. On y voit un gros pull noir, roulé en boule.

    Elle dévore ses chips en un temps record. Est-ce pour son goûter? Il est quatre heures et demie... Puis elle boit à petites gorgées un grand brick de smoothie au cassis. Ce n'est pas tout ça qui arrangera son embonpoint.

    Elle est jeune, pourtant, et encore aux études. Sur la tablette, elle a étalé une trousse jaune et un gros tas de feuilles de cours. Mais elle ne les regarde pas. Elle semble fixer un point par la fenêtre, sans plus bouger. Je ne sais pas à quoi elle pense, à quoi elle rêve.

    Je viens de voir le film "Couleur de peau: miel". Alors je me demande si elle aussi connaît ce mal-être, ce déracinement de l'enfant coréen adopté, comme Jung dans le film.

    Peut-être que les chips et le smoothie soulagent son vague à l'âme de jeune fille "Couleur de peau: miel", tout comme Jung a trouvé le réconfort dans le dessin?

    http://www.couleurdepeaumiel-lefilm.com/

  • P comme proverbe

     

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    « L’ennui naquit un jour de l’uniformité », se dit Léo, instituteur à la retraite.

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    Alors il sortit ses couleurs et ses pinceaux, sa scie sauteuse et deux ou trois vestiges de jouets, puis passa un bel après-midi d’automne à faire de cette vilaine boite grisâtre imposée par la Poste un tabernacle digne de recevoir son courrier.

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    Le soir, satisfait de l’œuvre accomplie, il se repassa une vieille cassette avec John Wayne …

    http://www.youtube.com/watch?v=MskUuuxncAo

     

    (participation au défi 163 écrite en pensant à mon grand-père, fan inconditionnel du duo John Ford et John Wayne)


  • W comme wagon de train

    Cher monsieur Winckler
     
    je viens de terminer la lecture de votre livre, La maladie de Sachs.
     
    Je ne vous ennuierai pas avec ma "critique", je vous dirai simplement qu'il m'a beaucoup plu, beaucoup touchée aussi - ainsi j'ai failli m'arrêter de lire à la page 418 parce que cette histoire de cancer avait des ressemblances trop douloureuses avec ce qu'a vécu mon père...
     
    J'ajouterai juste - car peut-être cela vous fera rire - que j'ai pris le train pour Bruxelles ce matin, spécialement pour avoir du temps à moi, du temps de lecture: une heure à l'aller, une heure avec un cappuccino, une heure avant d'aller voir Le gamin au vélo au cinéma de la place De Brouckère, assise sur la dernière marche qui donne accès à la salle 9 et une autre heure de train pour rentrer...
     
    Parmi mes anciens élèves futurs médecins, il y a un francophone à qui je recommanderai vivement de lire ce livre.
    C'est le plus beau compliment que je puisse vous faire Clin d'œil
     
    Ah non, il y aussi celui-ci: le prochain que je lirai, ce sera Le choeur des femmes.
    Je l'ai déjà commencé à la librairie, un autre jour que j'étais à Bruxelles, et fait acheter à une amie Clin d'œil
    Lettre envoyée le samedi soir 21 mai 2011 à Martin Winckler.

  • Dernier film vu au cinéma

    Des blogamies m'avaient conseillé Potiche et une paire d'autres titres, mais jusqu'à présent il m'a été impossible de les voir. S'ils passent en soirée, je n'ai plus de train pour rentrer chez moi. Car oui, je pourrais aller dans une ville flamande plus proche de chez moi, mais voilà, je ne vais au cinéma qu'à Bruxelles. Et à Bruxelles, que dans le centre.

    Le seul film qui m'ait été donné de voir ces derniers temps, par contre, ne m'avait été recommandé par personne. Il s'agit de Le quattro volte dont vous pouvez avoir un aperçu ici, au cas où vous ne le connaîtriez pas: http://www.youtube.com/watch?v=9UoYNZzC2ec

    Je l'ai trouvé beau et poignant.

    Sans doute les évènements avec ma petite C*** y étaient pour quelque chose (l'épisode du dernier W comme wagon de train avait eu lieu la veille) car personnellement je n'ai vu dans ce film que des considérations très métaphysiques sur la vie et la mort.

    Un vieux berger calabrais vit ses derniers jours. C'est en vain que son chien essaie d'en avertir les villageois trop occupés par leur procession du Vendredi-Saint.

    Un petit chevreau naît: le vieux berger n'est plus là pour voir que tout se passe bien. Quand le petit peut enfin sortir avec le troupeau, il tombe dans un fossé. Le nouveau berger est un homme qui avance à la tête du troupeau au lieu de fermer la marche, comme l'ancien, et le chien n'est plus là pour veiller sur les bêtes.

    Le même sapin majestueux sous lequel le chevreau a trouvé un refuge pour la nuit sera abattu au printemps suivant pour la fête du village. Je déteste voir tomber ces magnifiques géants en quelques minutes de tronçonneuse et ici cette chute prend bien tout son sens symbolique de vie et de mort.

    Après la fête, le beau fût est débité par des charbonniers: il finira charbon de bois. La fin du film nous ramène ainsi aux images montrées au début, le cycle d'une année est terminé.

    La vie, la mort. Et l'homme, avec ses traditions et ses superstitions, n'a pas vraiment le beau rôle. Par exemple, au vieux berger malade, la bonne du curé "vend" à petites doses de la poussière ramassée dans l'église. Pour qu'il la prenne "en remède" chaque soir dans un verre d'eau. En échange d'un litre de lait de chèvre.

    cinéma,bruxelles,italie

    ***

    Cristo si è fermato a Eboli. Faudra que je termine ce livre...

    La principale différence, c'est que dans le film Le Quattro volte quasiment aucune parole n'est échangée. Ce qui lui donne une valeur vraiment universelle.

    Cristo si è fermato a Eboli est beaucoup plus lié à un lieu et à une époque. On peut voir ici une introduction au film qui a été tiré du livre de Carlo Levi: http://www.youtube.com/watch?v=sVZpCrV-eUM&feature=related

     

     

  • T comme Tati et "The Illusionist"

    Comme j'étais à Bruxelles, je suis allée voir l'Illusionniste de Sylvain Chomet. Il y a quelques années, j'étais aussi allée voir les Triplettes de Belleville, que j'avais énormément apprécié.

    Ceux qui n'auraient qu'une idée vague de la chose peuvent écouter ici la chronique de Jean-Baptiste Urbain, elle ne dure que 2'13: http://www.france-info.com/chroniques-cinema-2010-06-15-l-illusionniste-de-sylvain-chomet-un-tati-inedit-454519-81-159.html#

    J'ai surtout admiré la beauté du dessin. On peut voir dans cet extrait http://www.youtube.com/watch?v=tjZRtJ4mkDk le souci du détail et la merveille des paysages.

    L'illusionniste est un personnage attachant, fait de douceur et de mélancolie. De vraie bonté, aussi. http://www.youtube.com/watch?v=CVmK6NYLZIs&NR=1

    Le film illustre bien le déclin du music-hall, vers la fin des années 50: à l'ère de la télé, des "idoles des jeunes" http://www.youtube.com/watch?v=y4V5Js7tBNU et de la culture de consommation, les acrobates, le ventriloque, le clown triste, l'illusionniste doivent "se recycler" ou disparaître http://www.youtube.com/watch?v=M1lD4OIGFto&NR=1

    Comme dans les Triplettes, le monde extérieur est dur et plein de rapaces. Ce n'est pas un film qui vous fait vous esclaffer de rire: les touches humoristiques sont empreintes d'une saveur douce-amère, dans laquelle baigne tout le film.