coiffeur

  • N comme Nathalie

    Il y avait bien eu ce faire-part affiché à la vitrine, il y avait bien eu ces jours où personne ne décrochait le téléphone. 

    Pourtant en voyant ses yeux tristes, l'Adrienne n'avait pas encore deviné. Ça ne va pas? a-t-elle demandé. Non, ça n'allait pas, elle venait de perdre sa maman, une quinzaine de jours auparavant. 

    Alors tout lui pesait, la chaleur des jours et des nuits, l'ambiance festive des soirs d'été où elle entendait de sa terrasse l'animation du centre, la musique, les chants. 

    Et puis, dit-elle, avec les clients, il faut chaque fois répondre à la question et raconter la même histoire. C'est pour ça, dit l'Adrienne, que je ne demande rien. Vous me racontez juste si vous en avez envie... 

    Et cette simple phrase a déclenché tout le flot, banal et triste, d'une maman qui meurt trop vite, trop inopinément, trop jeune, trop indispensable, avec trop de choses à vivre et à faire encore. 

    Vous voyez bien, dit l'Adrienne en sortant de là avec quelques centimètres de cheveux en moins, qu'il faut profiter de chaque instant. Oui, a répondu Nathalie, et elle a souri. 

    coiffeur

     

  • C comme coiffeur de stars

    Les successeurs de Francis, coiffeur philosophe, ouvrent un autre monde à l'Adrienne quand elle décide qu'il est temps d'aller faire raccourcir ses tifs.

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    source de la photo et article 

    Pendant que Gentille Coiffeuse manie les ciseaux, l'Homme sculpte des têtes de stars du ballon rond. De mini-stars du ballon rond: Wout, sept ans et son frère Jasper, dix ans. Crâne rasé et mini-touffette fièrement dressée sur le front de Wout, nuque et oreilles bien dégagées, longue et large mèche tombant sur le côté du front de Jasper. 

    - Vous n'auriez pas une perruque Jean-Marie Pfaff? demande leur maman. 

    foot pfaff.jpg

    source 

    - C'est pour le carnaval? demande le coiffeur. 

    - Non, c'est pour Jasper, qui doit faire un exposé en classe. Il voulait parler du football mais je lui ai conseillé de choisir Jean-Marie Pfaff. J'ai trouvé plein de choses sur lui, alors il pourra facilement parler trois minutes. 

    coiffeur,vie quotidienne,école

    pour les enfants d'aujourd'hui, la perruque aux boucles blondes ferait plutôt penser à Fellaini qu'à un footballeur d'il y a trente ans... mais que voulez-vous, quand les mères s'occupent de décider du sujet et de la préparation des exposés...

     

  • C comme cheveu

    J’ai commencé à écrire une scène où une astronaute se brosse les cheveux le matin du départ.

       C’est plus important qu’on ne pense, les cheveux.

       J’ai lu, il y a quelques semaines, que c’est grâce à ses cheveux, très bien conservés, et longs d’une vingtaine de centimètres, qu’on avait pu raconter l’histoire des dernières années d’une jeune femme préhistorique découverte dans le petit village danois d’Egtved.

       L’analyse chimique des cheveux, ai-je appris, permet, grâce à ce qu’on appelle des techniques de traçage, de révéler la mobilité d’un individu. Voici comment on procède : on divise le cheveu en plusieurs segments, et on dose pour chacun de ces segments le niveau de strontium, de carbone, de nitrogène, de protéines, etc., puis on examine les variations (ou la stabilité des constantes) d’un segment à l’autre. On compare le dosage de chaque segment avec ce qu’on sait de la géologie, en particulier, et, en gros, l’affaire est faite, on devient capable de vous donner l’emploi du temps du propriétaire des cheveux, de vous énumérer ses déplacements les plus récents. En l’occurrence, disait l’étonnant biographe, un voyage, depuis la Forêt-Noire vers le Danemark, où madame aurait passé neuf mois, puis un retour vers sa région natale (cette fois, pour un séjour de quatre à six mois), puis un retour au Danemark – madame circulait pas mal, mais il paraît que de tels voyages n’étaient pas rares à l’époque (je vous parle de ça, c’était l’âge du bronze).

       Plus besoin même d’archives, pour écrire la vie de ceux qui nous ont précédés : il suffira désormais d’un cheveu, qu’on décryptera dans l’ordre, de l’extrémité jusqu’à la racine, comme le témoin tranquille d’une existence linéaire. Vos cheveux sont comme un journal de vos jours, que n’importe quel savant peut venir lire, se penchant sur vos voyages, détaillant vos menus, décrivant les paysages que vous avez traversés.”

    Christine Montalbetti, Les Astronautes”, in L’Humanité, jeudi 2 juillet 2015, citée par Philippe Didion dans ses Notules dominicales de culture domestique 713 (19 juin 2016)

    actualité,littérature,coiffeur

    salon de coiffure ostendais - photo prise en décembre 2015

  • F comme Figaro

    Tout le mérite revient à Philippe Didion, grand découvreur de pépites figaresques.
    Voici la dernière en date:
     
    “La coiffure est inutile pour les personnes endurcies.
       Il faudrait aussi supprimer la coiffure; au moins les enfants ne devraient pas en porter, et les adultes devraient aussi s’habituer peu à peu dans la saison chaude à rester tête nue. La calvitie, si fréquente chez les hommes, vient dans la plupart des cas de ce qu’ils se couvrent toujours la tête, parce que cela empêche la transpiration du cuir chevelu. Quand la transpiration est arrêtée, la racine des cheveux finit par tomber malade et la chute des cheveux en est la conséquence. Les chapeaux des femmes n’empêchent pas la transpiration de la tête et ne gênent pas l’arrivée de l’air comme les chapeaux et les casquettes des hommes. Aussi la calvitie est-elle beaucoup plus rare chez les femmes que chez les hommes. Tous les hommes devraient porter la tête entièrement nue, au moins au printemps, en été et en automne, afin qu’elle puisse transpirer comme il faut, et être baignée par l’air et la lumière. Alors le nombre des chauves diminuerait bientôt avec le temps.”
    Bilz, L'Etat social de l'avenir : esquisse d'un nouvel état : nouvelle théorie du monde, Librairie universelle, 1904.

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    la preuve!

  • R comme reflets

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    un bâtiment reflété par un autre

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    le soleil dans la vitre du coiffeur

    clin d'œil à Captaine Lili

    cool

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    facettes à reflets au musée des Confluences

    ***

    photos prises à Lyon les 14 et 16 juillet

  • G comme glace

    Dehors, il fait une chaleur moite. On espère trouver un peu de fraîcheur dans la pénombre du salon, mais c'est tout le contraire. Il y fait étouffant.

    L'Adrienne est un peu en avance, comme d'habitude. Elle a largement le temps d'admirer la vitrine abondamment ornée de tous les attributs rouge-jaune-noir des supporters des Diables rouges.

    La coiffeuse termine le brushing d'une dame et son collègue vient d'accueillir un homme dans la trentaine florissante. Toute leur conversation roulera sur ce qu'on appelle chez nous "l'enterrement de sa vie de garçon".

    Les trois femmes du salon se taisent. Le coiffeur fait subir à son client un véritable interrogatoire pour connaître tous les détails de l'événement. Puis ces messieurs évoquent les "bachelor party" auxquelles ils ont assisté ou, plus fort encore, dont ils ont entendu parler. Par moments le sèche-cheveux fait tant de bruit qu'un détail échappe à l'auditoire féminin. On ne sait pas s'il faut s'en réjouir ou le regretter.

    Heureusement, au moment où entre une jeune femme avec sa petite fille qui n'a pas trois ans, ces messieurs sont juste passés au sujet suivant.

    - Vous allez faire couper ces jolies bouclettes? demande l'Adrienne à la maman, au moment de passer à la caisse.

    - Oh non! juste un peu raccourcir! on veut des cheveux longs!

    Parce que même si on n'a pas trois ans, on se doit d'être belle et féminine.

    DSCI3265 - Copie.JPG

    voilà pour gballand
    à défaut d'un avant/après
    une vue sur un des miroirs du salon
    où cette fois-ci on a délaissé la philosophie...

  • F comme figaro

    Pour ceux qui aiment lire un petit compte-rendu 
    de la visite chez les successeurs du coiffeur-philosophe 
    il faudra revenir en fin de journée 
    quand l'Adrienne se sera fait couper les cheveux

    smile 

    extrait du Mariage de Figaro 

    sous la direction de René Jacobs

    Figaro: Se a caso Madama la notte ti chiama, din! din! in due passi da quella puoi gir.
    Vien poi l’occasione che vuolmi il padrone, don! don! in tre salti lo vado a servir...

    Susanna: Così se il mattino il caro Contino, din! din! e ti manda tre miglia lontan,
    don! don! a mia porta il diavol lo porta, ed ecco in tre salti … 

     Se vuol ballare, signor Contino, il chitarrino Le suonerò.
    Se vuol venire nella mia scuola, la capriola Le insegnerò.
    Saprò... Ma, piano: Meglio ogni arcano, dissimulando, scoprir potrò.

  • F comme Francis, coiffeur-philosophe

    Il y a de ces moments où il faut se résigner à utiliser un téléphone: trois ou quatre fois par an, pour fixer un rendez-vous avec les successeurs de Francis, coiffeur-philosophe. 

    - Vous savez, précise l'Adrienne après avoir donné son nom, celle qui vous demande de lui couper les cheveux à sec. 

    Ah! oui, elle voit. 

    Il n'y a personne dans la boutique en ce mardi matin et la coiffeuse s'affaire autour de la tête de l'Adrienne. Dans le miroir, on la voit se bagarrer avec les mêmes épis qui énervaient tellement Francis. Elle s'arrête de couper, perplexe. Ça fait beaucoup rire l'Adrienne: 

    - Vous avez un problème avec mes "corniches"? 

    Car c'est ainsi que dans la famille du père on désignait les mèches qui rebiquent à hauteur des oreilles. 

    Cette coiffeuse-ci appartient à une autre école philosophique: elle croit qu'il ne faut pas contrarier la nature et laisse à l'Adrienne ses ponts d'Avignon. 

    On papote. Ou plutôt elle papote. Elle raconte qu'elle est allée visiter la mosquée de la ville. Qu'elle y a été très bien reçue. Que parfois au salon vient une maman voilée avec sa petite fille et que ça lui a valu le commentaire d'une vieille dame, que "ce n'est pas bon pour le commerce". 

    Le téléphone sonne. La coiffeuse décroche, lève les yeux au ciel, essaie un inutile "je te rappellerai, là je suis au travail". Peu après, elle reprend ses ciseaux. 

    - C'était ma mère, dit-elle.

    Ça, on l'avait deviné. Elle a perdu tout son entrain. 

    - Elle me dit: il y a ta photo dans le journal. De la visite de la mosquée. Elle me dit: Et ça, c'est mauvais pour le commerce! 

    ***

    Alors vous savez quoi? 

    L'Adrienne a décidé de l'aimer doublement, sa nouvelle coiffeuse. 

    Pour preuve de son estime, elle l'appellera désormais 

    Francine, coiffeuse-philosophe.

    002 - kopie (2).jpg

    été 1927 
    l'oncle n'a que deux ans et pas encore de "corniches"

     

  • F comme Francis ou Fontainebleau

    Vous vous souvenez que mon coiffeur-philosophe allait ranger ses ciseaux? (1)

    Alors je me suis dépêchée, la veille de mon départ pour le pays de Grignan, d'aller lui faire une ultime visite.

    - C'est la dernière fois..., me dit-il, après m'avoir emballée dans un de ses horribles tabliers de nylon noir.

    Mais c'est sans nostalgie: son salon de coiffure sera repris par un couple qui est d'ores et déjà assuré de mon inestimable clientèle. (2)

    - Que diriez-vous si je me faisais faire une coupe au carré?

    Il reste silencieux, longuement.

    - Vous croyez que ça ne m'irait pas?

    - Non, ce n'est pas ça.

    - Je n'ai peut-être pas le bon cheveu? (3)

    - Non, ce n'est pas ça...

    - Alors c'est quoi?

    Silence. Puis il dit:

    - Je propose qu'on garde ça pour la prochaine fois.

    Le malin refile donc cette patate chaude à ses successeurs Langue tirée

     

    ***

    (1) http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2015/05/08/f-comme-francis-coiffeur-philosophe-8430967.html  

    (2) comme le relevait très justement gballand dans le billet du 8 mai, ce n'est pas moi, au rythme où je me montre chez un coiffeur, qui pourrai leur assurer la prospérité. 

    (3) mes fidèles se souviendront de ses regards accablés avant qu'il commence à son travail de coupe... les autres peuvent toujours suivre le tag "coiffeur", si mes péripéties figaresques les intéressent Cool

  • G comme gentil monstre

    Gentil monstre ce matin entre avec une nouvelle coupe : il s’est fait raser la nuque et a gardé fort longs les cheveux au sommet du crâne. Ils lui tombent au ras des yeux.

    - C’est pour accentuer le contraste ? demande Madame, qui a tout de même entrevu le regard quémandant une réaction.

    Oui, gentil monstre trouve le look important, il l’a déjà dit. Par exemple, il choisit ses T-shirts avec soin et tous les jours sa tenue est message.

    - Oui ! dit-il tout heureux d’avoir été si bien compris. C’est pour le contraste !

    Puis il ajoute, en triturant ses longues mèches blondes sur le devant de la tête:

    - Ma copine voudrait que je coupe tout, mais moi je ne veux pas.

    ***

    Gentil monstre ce matin entre avec une nouvelle coiffure. Il s'est fait, au sommet du crâne, un minuscule chignon bien serré.

    - Tu t’es inspiré des coiffures traditionnelles japonaises ? demande Madame, en réponse au regard qui implore le « tu-m’as-vu-dis-tu-m’as-bien-vu ? »

    Cette fois, il est étonné. Il ne comprend pas à quoi Madame fait allusion.

    - Mais si, tu sais bien, comme les lutteurs de sumo ! dit son voisin de gauche.

    ***

    Gentil monstre, un autre jour peut-être, viendra à l’école avec une crête d’Iroquois, une tignasse verte, une perruque Louis XIV ou la boule à zéro.

    Mais par un mystérieux mystère, toujours il restera ce gentil monstre sympathique.

    Il peut tout se permettre.

    Rien ne réussit à le rendre ridicule.

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    « Hirata Atsutane02 » par Hannah — Japanese Book 『國文学名家肖像集』. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hirata_Atsutane02.jpg#/media/File:Hirata_Atsutane02.jpg

     

  • F comme Francis, coiffeur-philosophe

    Surprise de l'Adrienne, en passant dans la petite rue de son Francis préféré: une double pancarte accolée à la vitrine annonce en lettres noires sur fond bleu et blanc que le commerce et la maison sont à vendre.

    Où donc l'Adrienne trouvera-t-elle quelqu'un qui, pour vingt euro, sera prêt à lui donner quelques regards de commisération sur ses cheveux qui rebiquent aux mauvais endroits, quelques réflexions bien profondes sur le temps qui passe, les choix de vie, le triste sort réservé aux greyhounds en Espagne (http://www.greyhoundsinnood.be/nieuws/spanje-update)... et à manier les ciseaux entre deux phrases?  

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    Gustave Courbet - Les Greyhounds du Comte de Choiseul 
    Saint Louis Art Museum official site. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons
    http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Gustave_Courbet_-_The_Greyhounds_of_the_Comte_de_Choiseul.jpg#/media/File:Gustave_Courbet_-_The_Greyhounds_of_the_Comte_de_Choiseul.jpg

  • 20 comme 20.00 h.

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    © Marion Pluss

     http://www.bricabook.fr/2014/10/une-photo-quelques-mots-138e-atelier-decriture/

    Il était tout juste huit heures du soir, il s’en souvenait parfaitement, les infos venaient de commencer, quand il a entendu frapper à grands coups à la porte du salon. Tellement fort qu’il a craint qu’on lui casse une de ses vitres. Ou même les deux. 

    Il a pris peur. N’avait-on pas, le samedi d’avant, braqué le bijoutier du coin de la rue ? Celui qui vendait justement tout avec des rabais allant jusqu’à 30 % en prévision de travaux ?

    Bientôt tous les commerces du quartier seraient devenus de véritables forteresses où on n’entrerait plus qu’après avoir sonné à la porte et montré une pièce d’identité. C’est ce que faisait déjà le pharmacien quand il était de garde.

    Mais chez lui, qu’y avait-il à voler ? Des brosses et des sèche-cheveux ! Tous les soirs il portait l’argent de la caisse à la banque. Le cœur battant et les mains moites. Il était temps qu’il mette la clé sous le paillasson et se retire dans son appartement à la Côte.

    Il a tout de même fini par se décider à descendre pour voir ce qui se passait. Le GSM dans une main, un pistolet d’alarme dans l’autre.

    - Francis ! Francis ! Ouvre ! criait une désespérée dès qu’elle l’a vu apparaître dans son magasin.

    Encore une, se dit-il en soupirant, qui a voulu faire elle-même sa coloration...

  • F comme Francis, coiffeur-philosophe

    Je l'ai déjà dit, je n'aime pas aller chez le coiffeur.

    Je n'aime pas l'odeur des salons de coiffure.
    Je n'aime pas le regard du coiffeur sur ma triste chevelure qui part dans tous les sens. En tout cas pas dans le sens qu'il juge bon.
    Je n'aime pas me voir dans la glace avec cet affreux tablier noir dont il m'enveloppe.
    Je n'aime pas les conversations de madame Francis avec les autres clientes.
    Je n'aime pas que Francis reste les mains en l'air quand il parle.
    Je n'aime pas dépenser des sous à une chose que je n'aime pas.

    ***

    La fin du mois de mai approchait et les mèches partaient tellement dans tous les sens qu'il fallait intervenir. Le hasard veut que le seul moment qui convienne dans l'agenda de Francis et le mien soit le samedi matin avant les élections.

    - On dirait que tout le monde veut être bien coiffé pour aller voter, me dit-il au moment où une troisième cliente entre dans le salon.

    La dame en question est une maman d'anciens élèves, qui est toujours tirée à quatre épingles, bien coiffée, bien maquillée, et qui vient chez lui chaque samedi.

    ***

    - Quand il se fait couper les cheveux, me dit mon amie Veerle en parlant de son fils de 3 ans, c'est tellement relaxant qu'il s'endort, généralement.

    Faudrait peut-être que je me trouve ce genre de coiffeur-là.

     

  • F comme Francis, coiffeur philosophe

    Vendredi dernier, l'Adrienne se rend chez son coiffeur. Lieu où elle ne se rend que contrainte et forcée, quand les cheveux lui tombent dans les yeux. Et encore, il lui arrive de se refaire la frange toute seule...

    Francis n'a pas soupiré en tripotant sa tignasse avant d'y mettre les ciseaux.

    Il n'a fait aucune allusion aux vacances des profs.

    Il n'a parlé ni de l'Egypte, ni des greyhounds.

    Il n'a pas évoqué l'actualité politique ni l'économie mondiale.

    Il ne s'est pas plaint de la dureté de la vie des travailleurs indépendants.

    ...

    Je crois qu'il file un mauvais coton!

  • F comme Francis, coiffeur-philosophe

    - Allô?
    - Bonjour! Adrienne à l'appareil. Est-ce que Francis a pu reprendre ses activités?
    - Oui, oui, tout doucement...
    - Ah! formidable! il me faudrait un rendez-vous pour me couper les cheveux.
    - Jeudi après l'école, ça vous va?
    - Parfait! c'est noté. Alors, bonne soirée et à jeudi!

    ***

    D'une part, il y a l'Adrienne qui, un jour d'avril, s'est brûlé les cheveux sur le front en ouvrant la porte de son poêle à bois, où flambait un bon feu...

    D'autre part, il y a Francis, coiffeur-philosophe, qui en janvier dernier a dû se faire opérer à la hanche et a cessé toute activité pendant trois mois...

    Alors vous vous imaginez l'effusion des retrouvailles:

    - Bonjour!
    - Bonjour. Vous pouvez vous asseoir là.

    Parmi les six sièges vides, il m'en désigne chaque fois un autre. Puis nous refaisons notre petit cinéma habituel:

    - (soupir) Vous les voulez comment?
    - Oh Francis, je n'y connais rien, vous ferez pour le mieux...
    - Bon... (soupir)

    Puis nous n'avons quasiment plus desserré les dents. Madame Francis est restée là, appuyée contre les lavabos, à faire la conversation. Je crois qu'elle avait été trop longtemps privée de la clientèle de son mari, de sorte qu'elle avait un besoin urgent de s'entretenir avec l'autre cliente, prisonnière de son sèche-cheveux, et qui aurait sûrement préféré lire son magazine Royalty.

    - Ah! mais quel hiver on a eu, hein!
    - ...
    - Et ce n'est pas fini!
    - ...
    - Ah! on en a vraiment marre, hein! Toute cette neige!
    - ...
    - Et dire qu'on parle de réchauffement climatique!
    - ...

    Dans le miroir, Francis et moi, on se fait un petit sourire. Oh, un très petit, très discret sourire Cool. D'ailleurs, il a déjà terminé:

    - C'est bon comme ça?
    - C'est parfait!

    Pendant que je paie, Madame prend un balai pour faire disparaître mes cheveux de son carrelage.

    Je les regarde se rassembler en un petit tas: ça me fait toujours quelque chose de les abandonner là Langue tirée

     

     

     

     

     

  • F comme Francis, mon coiffeur philosophe

    Deux fois déjà j'avais tenté de joindre mon coiffeur philosophe au téléphone pour prendre rendez-vous. Il y avait urgence, comme chaque fois que je me décide enfin à former son numéro: j'avais les cheveux dans les yeux et qui partaient dans tous les sens, un peu comme ceci

    coiffeur

    Je commençais à me dire qu'il était probablement parti faire sa cure de soleil égyptien, comme chaque hiver (j'en ai parlé ici: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2011/09/08/f-comme-francis-mon-coiffeur-philosophe.html) quand à la troisième tentative, Madame décroche.

    - Ah ça n'ira pas! me dit-elle. Il vient d'être opéré à la hanche et il devra révalider pendant au moins six semaines...

    Six semaines, ça me faisait encore un bon centimètre et demi en plus, à ce train-là je pourrais me faire des couettes façon Sheila.

    - Vous ne pourriez pas me conseiller quelqu'un? ai-je demandé à Madame.

    Alors elle m'a envoyée chez une collègue dont elle n'a pas peur qu'elle lui piquera sa clientèle.

    J'ai eu droit à une coupe de cheveux meilleur marché que chez mon Francis et à une conversation météorologique.

    Pleine de neige, de gel et de rendez-vous annulés, mais exempte de toute philosophie.

    D'où, très probablement, cette différence de prix... Langue tirée

  • F comme Francis, coiffeur-philosophe

    Jeudi dernier, Francis le coiffeur-philosophe était d'humeur badine:

    - Vous voulez que je vous rase le tour de l'oreille? me fait-il en se retenant à grand-peine de rire. Comme ça, tout un côté... et je peux aussi vous le faire des deux côtés, si vous préférez.

    Je le regarde puis je secoue la tête:

    - Je ne crois pas que ça m'irait...
    - Je ne le pense pas non plus, répond-il avec un large sourire.

  • F comme Francis, coiffeur-philosophe

    Francis est un coiffeur-philosophe qui a de la mémoire.

    J'appréhendais un peu la sempiternelle question: "Alors? on est en vacances?" vu que j'avais pris rendez-vous l'après-midi du dernier jour de classe. Mais il a su se montrer à la hauteur de la plus fine diplomatie:

    - Et ces vacances, dites-moi, elles ont commencé ou vous avez encore des choses à faire?

    J'ai donc pu lui expliquer que dès qu'il m'aurait donné ma "coupe vacances romaines", je retournerais à l'école où j'avais encore quelques entretiens parents-professeur.

    Pendant ce temps, comme à son habitude, je le voyais soupirer en triturant mes cheveux avant de se décider à y mettre les ciseaux.

    Alors, pour la première fois, j'ai osé lui en demander l'explication. Même si ça s'annonçait mal:

    - Qu'est-ce qu'il y a, Francis? Je suis un cas si désespéré?
    - Oh oui! me fait-il avec une grande conviction.

    Et dans le miroir, je vois qu'il lève les yeux au ciel...

    - Il me semblait bien que c'était le cas. Vous faites ça chaque fois...

    Mais là il a saisi.

    - Quoi donc?
    - Et bien, soupirer si fort... C'est pour ça que je pense être un cas désespéré.
    - Oh! mais non! je disais ça pour rire!

    Voilà mon Francis bien embêté Langue tirée. Alors il reste là, les deux mains en l'air, avec le peigne et les ciseaux. Il faut donc que je le tire de ce mauvais pas:

    - Mais pourquoi vous soupirez toujours comme ça avant de me couper les cheveux?

    La réponse, chers lecteurs, n'est pas:

    - Vos cheveux sont si beaux que j'ai du mal à me décider à vous les couper!

    Elle n'est pas non plus:

    - Votre présence dans mon salon est un tel enchantement que je veux le faire durer le plus longtemps possible.

    En effet, le tout dure à peine un quart d'heure, soupirs, pourparlers et paiement compris.

    La réponse, la voici:

    - C'est que vos cheveux, ils ne sont ni l'un ni l'autre...
    - ...?
    - Ils sont trop bouclés pour être lisses et trop lisses pour être vraiment bouclés.
    - ...?
    - Je ne peux pas en faire ce que je veux.

    Vous savez quoi? ça m'a rendue toute contente, d'avoir le cheveu rebelle Cool

    - Ah! je comprends... ai-je répondu. Je tiens ça de mon père.

    Lui aussi avait de ces "corniches", comme il disait pour les mèches qui remontaient au lieu de subir la loi de la gravité.

    Et je suis sortie de là toute guillerette.

    Ce qui est tout de même un des buts, avouons-le, d'une visite chez le coiffeur Rigolant

  • F comme Francis, mon coiffeur-philosophe

    L'école venait de recommencer et j'avais les cheveux dans les yeux, il était donc plus que temps de retourner chez mon coiffeur-philosophe.

    Après les formalités d'usage - soupirs en examinant le cas désespéré que je suis apparemment et questions d'introduction sur la fin des vacances et la reprise des cours - comme la conversation tombait, il m'a fait part de sa connaissance de l'Egypte. Car c'est là qu'il ira, en novembre prochain.

    L'Egypte, me dit-il, exerçait déjà une fascination sur lui quand il était petit et qu'il découvrait des images de pyramides et de pharaons.

    - A l'époque, ajouta-t-il, je ne croyais pas du tout qu'un jour il me serait possible de voir tout ça "en vrai". Mais voilà, les voyages se sont démocratisés, il est devenu accessible à un plus grand nombre de gens de prendre l'avion, alors ma femme et moi nous allons chaque année en Egypte.

    Chaque année, depuis trois ans.

    - Vu que je peux me le permettre, a-t-il dit de son air le plus modeste.

    C'est rare, qu'un "travailleur indépendant", qu'un "petit commerçant", avoue qu'il est bien à l'aise financièrement. Les murs du fisc ont des oreilles.

    - La première fois, bien sûr, on a fait une croisière sur le Nil.
    - Bien sûr, fis-je, comme si j'y connaissais quelque chose en planification de voyages égyptiens.

    Alors j'ai eu droit à tous les détails, les monuments visités, l'ambiance à bord et l'âge du capitaine. Puis il m'a fait le reportage du deuxième séjour, avec d'autres musées, d'autres lieux, d'autres monuments. Dont il avait oublié les noms, mais qu'importe... Et pendant qu'il raconte, il reste les ciseaux en l'air. Que voulez-vous, c'est un homme Clin d'œil.

    - Mais maintenant qu'on a déjà tout vu, on y va pour le soleil.

    Regard étonné de ma part: si c'est pour le soleil, il y a, me semble-t-il, d'autres destinations? Mais je me tais, pour qu'il continue à manier ses ciseaux. Je n'ai pas de temps à perdre, j'ai un blog à alimenter, moi Clin d'œil.

    - Et quand vous rentrez et qu'ici c'est l'hiver, le choc n'est pas trop grand? ai-je fini par demander, parce qu'il faut être polie et montrer tout de même un minimum d'intérêt.
    - Oh non! dit-il. Ce soleil dont on a profité me garde en forme pour toute la mauvaise saison.
    - ... ?
    - On fait du reiki, ma femme et moi.
    - Ah! fais-je.

    Je n'ai pas voulu lui demander de m'expliquer le rapport, sinon je serais encore prisonnière de son fauteuil et du grand tablier noir dans lequel il m'emballe.

    ***

    Mais dites-moi, n'ai-je pas une chance immense, d'avoir un coiffeur philosophe reiki?
    Je sais déjà de quoi nous parlerons, quand j'y retournerai en décembre et qu'il sera tout bronzé et plein d'énergie Cool

  • F comme Francis, coiffeur-philosophe

    Je n'y étais plus allée depuis trois mois, voir ici http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2010/12/07/f-comme-francis-mon-coiffeur-philosophe.html donc il était grand temps d'y retourner.

    Vu que j'avais un quart d'heure d'avance, une dame était encore entre les mains de l'artiste quand je suis arrivée. Une dame aux cheveux blancs qui faisait la conversation à elle seule. De temps en temps elle vérifiait si Francis l'écoutait:

    - Moi, dit-elle, je trouve que le Roi devrait avoir plus de pouvoir.

    Avant ça, elle était en train d'émettre son point de vue sur la formation de notre gouvernement. Formation extrêmement lente, on l'a remarqué jusqu'à l'étranger, n'est-ce pas Clin d'œil?
    Ensuite, elle avait tout naturellement enclenché sur son sujet suivant, la fonction royale.

    - Le Roi, dit-elle, il devrait leur dire: Bon, assez rigolé, vous arrêtez tout ce bazar.
    - ...
    - Vous ne pensez pas, vous, que le Roi devrait avoir plus de pouvoir?
    - Non, a dit Francis.

    Et la petite dame aux cheveux blancs en a été tout étonnée. Si étonnée qu'un petit silence a plané. Puis Francis s'est cru en devoir de lui expliquer: élections, démocratie, séparation des pouvoirs...

    Il m'a épatée Cool mais je ne sais pas s'il a convaincu la dame. Elle a préféré se mouvoir sur un terrain d'entente, le temps qu'il faisait, le printemps qui était là, le vent frisquet. On était le 9 mars et il faisait très beau, mais pas encore assez pour elle, qui devait confondre la Flandre avec l'Andalousie.

    On lui a fait un brushing, avec une "mousse" spéciale, puis on lui a mis de la laque, spéciale aussi. Elle a payé 38,50 €, le double exactement de ce que moi je paie, s'est admirée dans trois miroirs et s'en est montrée très satisfaite.

    Un peu plus tard, alors que son mari venait la chercher, elle a enfoncé un gros bonnet sur le chef-d'oeuvre en disant:

    - Dommage, hein!

    Dans le miroir, Francis m'a lancé un regard... que j'ai essayé de lui rendre en y mettant toute la sympathie possible Sourire

    Etre coiffeur-philosophe, ce n'est sûrement pas donné à tout le monde!

    ***

    Pendant qu'on pomponnait la dame "Je vous mets un peu de mousse? Je vous mets un peu de laque?" etc. je ne pouvais penser qu'à Fernand Raynaud et au timbre à 0,25 franc (hahaha) alors en guise de dessert je vous offre ce sketch http://www.youtube.com/watch?v=il2d-2thaoc et cette interview http://archives.tsr.ch/player/humour-raynaud

     

     

     

  • F comme Francis, mon coiffeur philosophe

    Je sais que je vous fais le coup tous les deux ou trois mois, mais voilà, c'est à ce rythme-là que je rends visite à mon coiffeur philosophe.

    Or, il vaut bien un billet à chaque fois Clin d'œil

    Pourtant, il a toujours le même humour:

    - Vous voulez bien vous asseoir là? et même si vous ne le voulez pas (hahaha)

    Il a toujours le même regard désespéré en touillant mes cheveux avant de se décider à saisir ses ciseaux.

    Et il a toujours la même modestie:

    - Il y en a, on peut bien leur apprendre le métier, ils sauront vous couper les cheveux, ça sera correct... mais ils n'auront pas ce...,  le... Comment dire?

    Alors il s'arrête de travailler parce qu'il est homme, et par conséquent incapable de réfléchir et de chercher ses mots tout en utilisant ses mains Clin d'œil

    - L'oeil de l'artiste? dis-je, faisant ainsi d'une pierre deux coups: il est d'accord avec moi et recommence à manier les ciseaux.

    - Voilà, c'est exactement ça! Il faut être artiste, il faut savoir créer, ne pas simplement copier.

    C'est ainsi que ce jour-là je suis sortie de chez mon coiffeur philosophe avec une création neuve et originale de mon maître capillaire... que bizarrement personne n'a remarquée (hahaha)

     

  • F comme Francis mon coiffeur philosophe

    J'ai dû retourner chez mon coiffeur philosophe un peu trop rapidement à mon goût, c'est-à-dire deux mois à peine après ma précédente visite.

    Francis se refuse à me faire la "coupe vacances" ultra-courte que je lui demande pourtant chaque année. Il ne dit pas non, mais il fait une grimace. Une grimace que je vois dans le miroir - même sans mes lunettes de myope - une grimace qui veut dire qu'il est d'accord pour me couper les cheveux mais qu'il ne faut pas trop demander non plus à un artiste capillaire.

    "Les affaires, c'est comme les brouettes", disait mon grand-père chaque année quand nous allions manger du gibier dans les Ardennes et que nous passions devant un établissement qui s'appelait "Ma Brouette" - "Les affaires, c'est comme les brouettes: quand on ne les pousse pas, elles s'arrêtent."

    Donc mes cheveux poussent et ainsi je pousse les affaires de Francis qui à son tour pousse à sa brouette en refusant de couper mes cheveux aussi court que je les voudrais. CQFD.

    Bref, j'ai dû retourner chez lui à la veille de la rentrée, souriant à l'avance au tour que prendrait inévitablement notre conversation:

    - Alors, bientôt finies, les vacances?

    ou sa variante:

    - Alors, bientôt l'école, de nouveau?

    et la question subsidiaire:

    - Vous êtes prête?

    Alors que voulez-vous je lui ai dit ce qu'il aime entendre ;-) que deux mois de vacances, c'est beaucoup trop long, que j'étais fin prête depuis une quinzaine de jours, impatiente et joyeuse de partir au combat, et même pas besoin de potion magique.

    Juste d'une bonne coupe de cheveux. Tu ne me les ferais pas un peu plus courts, cette fois, Francis?

    Alors il m'a refait sa grimace.

    Et moi à la maison j'ai commis le sacrilège: j'ai pris des ciseaux et retaillé un peu ma frange, qui ici et là me retombait déjà dans les yeux trois jours plus tard.

  • F comme Francis, mon coiffeur philosophe

    Comme on était déjà le dernier samedi de juin, j'avais pris mes précautions: dès que j'ai été installée dans le fauteuil face au miroir, avant même que le maître se soit emparé de ses ciseaux (il me fait la gentillesse d'accepter de couper mes cheveux "à sec") j'avais déjà saisi un des Paris Match étalés devant moi.

    N'importe lequel, c'était juste pour faire écran entre mon coiffeur philosophe et moi.

    Je n'y vais que trois fois par an, mais je savais à l'avance quelle allait être sa phrase d'entrée en conversation cette fois-ci. Et en effet, il ne l'a pas ratée:

    - Alors, bientôt les vacances?

    Je feignais de m'intéresser aux photos du mariage de la princesse Victoria de Suède - moi qui ne lis jamais la presse people, même pas chez le coiffeur ou le dentiste, j'ai toujours ma propre lecture, ce samedi-là aussi, d'ailleurs, mais mon but était de me fondre dans le paysage et pas de me démarquer avec un Leonardo Sciascia - bref, je voulais mettre entre lui et moi tout le Gotha mais rien n'y fit.

    - Alors, bientôt les vacances?

    Après un "Hon hon" aussi peu engageant que possible de ma part, il insista, alors que j'avais replongé le nez dans le décolleté de toutes les princesses en diadème et robe rose:

    - Vous n'aimez pas les vacances?

    Je le regarde dans le miroir et reste muette. Il attend ma réponse, les ciseaux en l'air. La dame à côté, à qui on met des bigoudis, tend l'oreille. Je réussis à dire un truc du genre:

    - Ben c'est pas si simple comme question... je ne sais pas quoi dire...

    En fait si, je savais quoi dire, j'aurais pu lui servir tout un discours, sur mes sentiments en fin d'année scolaire, le mal que j'ai chaque année au moment des adieux avec mes classes de Terminale, comment ma tête fourmille déjà d'idées pour "faire mieux, toujours mieux" l'année prochaine, mais aussi comme je suis vidée, rompue, exténuée... et mon coeur qui saigne pour ceux qui n'ont pas réussi.

    Donc en besoin de vacances, c'est certain.

    - C'est pourtant facile de répondre, me dit-il avec une pointe d'énervement. C'est oui ou c'est non.

    ***

    Je crois bien que sur ce coup-ci, il a définitivement perdu son titre de coiffeur philosophe.

    ***

    Note pour mes habitués: le Paris Match ne m'a pas empêchée de capter le fameux regard de désespoir de l'artiste capillaire face à mes mèches qui rebiquent un peu par ci et un peu par là... j'en parlais déjà ici http://adrienne.skynetblogs.be/tag/1/coiffeur

  • F comme Francis, mon coiffeur-philosophe

    - J'aurais bien aimé être prof, me dit Francis, mon coiffeur-philosophe. Et quand il se met à philosopher, il reste là, le peigne en l'air dans la main gauche et gesticulant dangereusement avec les ciseaux dans la main droite.

    Pour ceux qui ne le connaissent pas, je parle de lui ici: http://adrienne.skynetblogs.be/tag/1/coiffeur.

    Moi, quand on me dit ça, je ne dis rien, j'attends la suite. Jamais, jusqu'à présent, aucun de mes interlocuteurs n'est sorti des clichés sur le métier de prof. Mais je ne désespère pas et j'attends toujours le miracle.

    - Ah bon... dis-je simplement pour montrer que j'ai entendu et que j'écoute.
    - Oui, j'ai toujours rêvé de ce métier! 
    - Il n'est pas trop tard, dis-je (ne jamais contrarier les bonnes volontés, disait mon père), vous pourriez enseigner la coiffure...
    - Ah mais je le fais déjà! Mais ce n'est pas ça que je veux dire.

    Non, ce qu'il voulait dire, c'était "le prof" qui est devant sa classe (attentive et travailleuse, ordonnée et disciplinée, motivée et avide de savoir) et qui dispense son enseignement (le prof parle et tout coule de source). Puis qui a fini à quatre heures et plein de congés. Et le salaire qui tombe à la fin de chaque mois sans qu'on se soit beaucoup foulé (parler, c'est pas fatigant, n'est-ce pas).

    En sortant de chez lui, ce jour-là, j'ai eu envie, pendant un moment, de lui enlever son titre de coiffeur-philosophe. Finalement, je le lui ai laissé.

    Tous mes élèves ont droit à une deuxième (voire une troisième, une quatrième...) chance ;-)

     

     

  • E comme expert

    Francis, mon coiffeur-philosophe, est un expert. Expert aux ciseaux et expert en philosophie.

    Un seul coup d'oeil de sa part, vers le miroir devant lequel je suis assise, attendant ses bons services, lui suffit pour évaluer la situation.

    Et ce seul coup d'oeil expert que j'intercepte suffit pour me mettre le moral à zéro.