culture

  • V comme vierge

    Vergine santa: le texte est de l'Italien Pétrarque, la musique du Flamand Cyprien de Rore (1515 ou 1516-1565). Oui, l'Europe existait bien avant 1957 et les échanges culturels aussi cool

    Le Vergine sont une série de onze poèmes qui terminent Le Canzoniere de Francesco Petrarca (14e siècle)

    Ils ont été mis en musique par Cyprien de Rore et publiés à Venise en 1548 sous le titre « Musica di Cipriano de Rore sopra le stanze del Petrarca in laude della Madonna » 

    J'aime tout particulièrement la musique de la Renaissance... 

    Un autre exemple de cette musique ici, trois minutes et sept secondes de bonheur kiss

  • K comme Kjell Westö

    "Je parle le finnois couramment et je suis tout à fait bilingue depuis l'âge de 10-12 ans. Je suis un funambule culturel et linguistique. Parler ces deux langues a toujours fait partie de mon identité."

    Kjell Westö, en conversation avec Geert van Istendael à Passa Porta, le 7 août 2008, in Les présents de l'écriture, éd. Passa Porta, 2015, p.231.

    Kjell_Westö.jpg

    source de la photo

    et pour en savoir autant sur lui que Wikipedia 

    cool 

    funambule culturel et linguistique?

    l'image me plaît!

  • Question du mois: que fait-il à sa fenêtre?

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    Tout le temps que dure le cortège, il garde le regard fixé sur le lointain.

    Il ne s'occupe pas des "vlaggenzwaaiers"

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    ni des pompiers

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    ni des "paterkes"

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    ni des trompettes thébaines

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    ni des violoneux

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    ni du diable

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    Le garçon reste le regard au loin

    flandre,belgique,culture

  • P comme pavoisons

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    Tôt le matin, la rue libérée de toutes ses voitures est peu à peu envahie par des milliers de marcheurs.

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    Ma Tantine et moi sommes du nombre.

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    Tout ça pour trimbaler une châsse sur plus de 32 km

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    précédés d'un sonneur de cloches qui marque la cadence

    Fiertel 2014 024 - kopie.JPG

    et dans le vain espoir d'être guéris de notre folie

    Langue tirée

    jusqu'à l'année prochaine

    ***

    P comme pavoisons

    ou

    P comme Patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

     

  • Question existentielle: à quoi sert d'être cultivé?

    La question était posée par L'Express en décembre dernier (http://www.lexpress.fr/culture/livre/etre-cultive-a-quoi-ca-sert_1061072.html ) à l'occasion de la parution du livre de Normand Baillargeon, Liliane est au lycée. Avec comme sous-titre: Est-il indispensable d'être cultivé?

    La question est parfaitement idiote: on peut vivre sans culture, c'est sûr, mais personnellement, beaucoup de choses m'intéressent. Tout en me rendant parfaitement compte que le savoir est infini et le mien très très réduit. Mais l'un n'empêche pas l'autre.

    Par contre, quand il s'agit de mon boulot de prof, il faut que je me pose la question. Pour mes élèves, le français est une langue étrangère. Avec quels auteurs, avec quels textes, vais-je leur faire faire connaissance? Quelle part de "la culture française" faut-il que je leur transmette?

    Puis, quand ces choix sont faits, il faut que je les leur "vende". La question "à quoi ça sert?" n'est jamais loin. J'essaie généralement de la prévenir en leur expliquant ce qui a motivé mes choix: pourquoi parler de l'origine du français? pourquoi lire l'Ode à Cassandre ou le Dormeur du val? pourquoi Montaigne, Voltaire, Montesquieu, Hugo?

    Mais ce qui me rendrait vraiment heureuse, c'est d'arriver à 'allumer ce feu' chez le plus grand nombre. Vous savez, ce feu dont parle Aristophane:

    "Former les hommes, ce n'est pas remplir un vase, c'est allumer un feu"

     

  • H comme haïku

    C'est mon amie MC qui me l'a envoyé, je vous en donne cet extrait et vous comprendrez:

    Nous aimerions aujourd’hui donner la parole à celles et ceux qui ont signé cet appel (mais aussi qui auraient refusé de le signer). Si vous désirez vous exprimer autour des thématiques "Cultures, Identités et Démocratie" au moyen d'un haïku, d'une seule phrase, d'une citation ou aphorisme, veuillez nous envoyer le fruit de votre expression à appelcetd@gmail.com avant le 10 juillet 2011 au plus tard.

    http://www.cultureetdemocratie.be/fr/axes/politiques_culturelles/actions.html

    Alors voici mes haïkus pour « Privilégier le dialogue, refuser le nationalisme » Clin d'œil

    Nos identités
    ne sont pas innocentes
    mais si meurtrières

    Mon identité
    francophone mais Flamande
    et entre deux chaises

    L'union fait la force
    si je parle quatre langues
    je vis quatre fois

    J'aime le couscous
    les pâtes, la tortilla
    et le bifteck frites

    Je suis et tu hais
    tu es je suis et il hait
    ce monde en est las

     

     

  • Stupeur et tremblements pour la culture

    Faire toujours plus avec toujours moins, ce n'est pas que dans l'enseignement qu'on est confronté à ce problème ces 30 dernières années, c'est dans tout ce qui touche à la culture: on est obligé de déployer des trésors d'ingéniosité et de faire appel à beaucoup de bénévolat si on veut continuer à réaliser des choses.

    Appelons ça le miracle de la culture.

    Ce miracle a lieu tous les jours dans nos écoles, où des profs sont dans leur classe avant, entre et après les cours, pour donner des explications à ceux qui n'ont pas compris, ou qui ont été malades; où ils organisent des activités diverses. Où ils essaient d'"allumer ce feu" dont parlait Montaigne.

    Ce miracle a lieu tous les jours dans des endroits comme la Monnaie, où on crée, où on peaufine, où on essaie de répondre quotidiennement à la question que posait Ernst Krenek en 1936: "Ist Oper heute noch möglich?"

    ***

    Pour essayer de répondre à la question de Krenek, on peut aller voir ici:  http://www.opera-europa.org/view.asp?id=1114

    Et l'opinion des jeunes est là: http://www.opera-europa.org/view.asp?id=1116

    ***

    Ma "question existentielle" du mois de janvier était Kan kunst de wereld redden? On est bien loin, aujourd'hui, de l'optimisme affiché par Dostoievski dans Les frères Karamazov: "L'art sauvera le monde".

    On constate qu'au manque de moyens financiers s'ajoute le doute. Voyez la conférence de l'Unesco en 2009, qui titrait un défaitiste Que peut encore l'art?

    On peut lire les résultats de la réflexion ici: http://portal.unesco.org/culture/fr/ev.php-URL_ID=40576&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

    ***

    Enfin, troisième point: l'opéra est un art du spectacle, ce qui veut dire que chaque représentation est unique mais passagère. Comment garder la trace de l'éphémère?

    Parmi les choses qu'on ne rencontre pas dans la nature, mais seulement dans le monde fabriqué par l'homme, on distingue entre objets d'usage et oeuvres d'art ; tous deux possèdent une certaine permanence qui va de la durée ordinaire à une immortalité potentielle dans le cas de l'oeuvre d'art. En tant que tels, ils se distinguent d'une part des produits de consommation, dont la durée au monde excède à peine le temps nécessaire à les préparer, et d'autre part, des produits de l'action, cornme1es événements, les actes et les mots, tous en eux-mêmes si transitoires qu'ils survivraient à peine à l'heure ou au jour où ils apparaissent au monde, s'ils n'étaient conservés d'abord par la mémoire de l'homme, qui les tisse en récits, et puis par ses facultés de fabrication. Du point de vue de la durée pure, les oeuvres d'art sont clairement supérieures à toutes les autres choses; comme elles durent plus longtemps au monde que n'importe quoi d'autre, elles sont les plus mondaines des choses. Davantage, elles sont les seules choses à n'avoir aucune fonction dans le processus vital de la société; à proprement parler, elles ne sont pas fabriquées pour les hommes, mais pour le monde, qui est destiné à survivre à la vie limitée des mortels, au va-et-vient des générations. Non seulement elles ne sont pas consommées comme des biens de consommation, ni usées comme des objets d'usage: mais elles sont délibérément écartées des procès de consommation et d'utilisation, et isolées loin de la sphère des nécessités de la vie humaine.

    Hannah Arendt, La Crise de la culture, Foilo Essais n°113, 1989

    ***

    Voilà, je pense qu'avec cela la boucle est bouclée: non, l'art ne peut être un bien de consommation comme un autre, non on ne peut pas le laisser entièrement entre les mains des sponsors privés.

    Et l'école non plus.

     

     

  • G comme grosse gâtée et G comme grazie

    Je viens de constater que la semaine où je serai à Rome sera la "settimana della cultura", ce qui veut dire que la plupart des musées et des sites archéologiques seront libres d'accès et qu'il y aura toute une série d'autres activités gratuites, concerts, conférences, visites guidées...

    Oh! quel bonheur!

    Pour ceux que ça intéresse, le signal du départ est donné aujourd'hui. Toutes les infos ici: http://www.beniculturali.it/mibac/export/MiBAC/sito-MiBAC/MenuServizio/EventiCorrelati/index.html_718455120.html ou ici: http://www.060608.it/it/eventi-e-spettacoli/manifestazioni/xiii-settimana-della-cultura-2011.html

    Moi qui croyais aller à Rome pour me reposer, m'asseoir sur un banc, bouquiner, boire un cappuccino à n'importe quelle heure...

    Moi qui hier encore répondais à quelqu'un qui me demandait ce que j'allais visiter, vu que j'y suis déjà allée deux fois: "Je ne sais pas, je verrai... Je n'ai pas encore eu le temps d'y penser..."

    Je sens qu'il y aura des choix déchirants à faire et que je vais cavaler de concerts en conférences et d'expos en visites guidées Cool

    Ah oui vraiment, je suis une grosse gâtée...

    Grazie, Roma!

    rome,italie,culture

    Voici les deux premières photos prises lors de mon séjour à Rome en mai 2009: pour moi, la visite de Rome, c'est avant tout un pèlerinage toujours émouvant sur les hauts lieux de l'antiquité

    rome,italie,culture

     

     

  • Le bilan du 20

    Hier après avoir cliqué sur "fermer et enregistrer" je me suis demandé dans quelle mesure l'art et la culture avaient fait partie de ma propre éducation.

    Quand j'avais vingt ans je croyais que "je me faisais" toute seule et que j'étais "moi" par la seule force de ma propre volonté.

    J'avais tort, bien sûr. On traîne tout un passé composé d'une mosaïque de petites choses, de petites phrases, de petites expériences. Sans parler de nos gènes, qui nous offrent aujourd'hui de plus en plus d'excuses pour le moindre de nos défauts Clin d'œil

    Jusqu'à il y a peu, je croyais cependant que ma formation culturelle venait essentiellement de moi-même: je n'ai pas reçu d'éducation musicale, nous n'allions pas au musée en famille, j'ai grandi dans une toute petite ville un peu endormie, mais dès l'adolescence je me suis jetée comme une affamée dans tous ces domaines. A commencer par la lecture, la poésie et la musique dite "classique".

    Or en fermant mon billet sur l'Epicerie des Arts, j'ai pensé à mon père, et à l'étendue de sa culture. Juste un petit exemple: j'étais à table vendredi soir avec des gens cultivés, francophones, et qui ne connaissaient pas la lettre de la marquise de Sévigné sur la mort de Vatel. Je m'en suis étonnée, car c'est par mon père que j'en ai entendu parler. Et j'ai tant d'autres exemples similaires... d'où tenait-il tout cela?

    J'ai aussi repensé à deux ou trois moments exceptionnels où nous avons tout de même "goûté" à la culture: il m'a emmenée un jour voir Poil de Carotte, qu'on jouait en plein air dans ma ville. Et un soir de 1980-81 nous sommes allés écouter un concert de Yuzuko Horigome, lauréate du Concours Reine Elisabeth. C'était pour le violon, cette année-là, son instrument préféré. http://www.festivalmusicalp.com/professors/horigome_yuzuko.htm

    Je sais que je devrais clore le passé (I et d'autres amies me l'ont assez dit) mais aujourd'hui je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée très émue et très reconnaissante pour mon père.

     

  • Question existentielle

    Nos références culturelles sont-elles liées à notre âge?

    Voilà bien deux mois déjà, un commentaire mis chez un blogami m'a valu la réaction suivante, que mes références culturelles trahissaient mon âge.

    Or, rien n'est moins vrai.

    Tout d'abord, dans le cas du commentaire auquel je réfère, il y avait au moins une génération de différence.

    Mais surtout, réflexion faite, parce que je suis convaincue que nos références culturelles nous viennent surtout du milieu dans lequel nous avons grandi et des rencontres que nous avons faites, qu'elles soient réelles ou livresques ou autres.

    Ainsi par exemple, j'ai eu des contacts forts et intenses avec mes grands-parents. Ce qui fait que je peux vous chanter Rina Ketty, J'attendRRRai le jouRRR et la nuit, j'attendRRRai toujouRRRs ton RRRetouRRR (etc. nous roulions nos R comme la chanteuse et faisions des gestes théâtraux) et que j'ai vu tous les films avec Luis Mariano... Plusieurs fois. Ou ceux avec Nelson Eddy et Jeanette MacDonald (lol). Pendant ce temps-là mes copines regardaient Grease, que je n'ai toujours pas vu Clin d'œil

    A la maison, avec mon père, j'écoutais Jean-Christophe Averty et ses Cinglés du music-hall. Et comme j'aimais beaucoup mon père, j'essayais d'être aussi incollable que lui et de reconnaître dès la seconde note la moindre mélodie d'origine américaine des années quarante ou cinquante.

    Par contre, je ne connaissais absolument aucun des groupes ou chanteurs qu'aimaient mes copines de classe, au grand désespoir de ma meilleure amie, qui a fait quelques efforts pour me brancher sur ce qui était "actuel" pendant les années 70. Peine perdue Embarrassé, ce que j'aimais c'était Bach et Vivaldi mais je n'osais pas trop le dire de peur de passer pour une grosse tête.

    Je préférais passer pour une grosse bête. Hahaha

    Puis avec l'homme-de-ma-vie c'était la découverte des premières années du rock and roll: il admirait un frère aîné qui avait presque vingt ans de plus que lui et n'était donc pas du tout, lui non plus, branché sur l'actualité.

    Alors aujourd'hui, quand des élèves veulent me faire plaisir en me faisant écouter quelque chose - "c'est de votre temps, madame, de quand vous étiez jeune!", me disent-ils les yeux brillants - je dois chaque fois les décevoir...

    ... hélas, non, je ne connais pas... jamais entendu... oui en effet, comment est-ce possible, je suis nulle, je ne vous le fais pas dire...

    Si vous voulez que je reconnaisse dès la deuxième note, faites-moi donc écouter ceci:

    http://www.youtube.com/watch?v=QCG3kJtQBKo

    ou cela: http://www.youtube.com/watch?v=g0MCX5BNZAI&feature=related

    hahaha Rigolant

    J'ai les références culturelles de ceux que j'ai aimés.

     

  • L comme liste

    Trois jours pleins à Rome, c'est merveilleux et en même temps c'est très court, évidemment, surtout si on a fait la liste de tout ce qu'on veut voir. Liste qui n'est même pas exhaustive, mais tout simplement ce que je voudrais absolument voir! Et je me suis arrêtée à dix ;-)
    Choisir, toujours choisir... la vie n'est faite que de cela, n'est-ce pas. Et le hasard (s'il existe) me guidera bien un peu aussi.

    L'exposition Caravaggio, Scuderie del Quirinale

    World Press Photo, museo di Roma in Trastevere, ce n'est pas loin de là où je loge

    Edward Hopper, museo Fondazione Roma (museo del Corso)

    Da Corot a Monet, complesso del Vittoriano

    Giuseppe negli arazzi di Pontormo e Bronzino: viaggio tra i tesori del Quirinale, palazzo del Quirinale (arazzi = des tapisseries)

    I Caravaggeschi, palazzo Ruspoli (fondazione Memmo) des "imitateurs" de Caravaggio pour compléter ma visite à la grande exposition qui lui est consacrée

    L'età della conquista: il fascino dell'arte greca a Roma, musei Capitolini (la fascination romaine pour l'art grec au moment où Rome est au sommet de sa gloire et de ses conquêtes... et ma fascination pour toute la culture antique!)

    Il sorriso di Dioniso, museo nazionale romano, palazzo Altemps

    William Klein: Roma fotografie 1956-1960, museo dei Fori Imperiali, Mercati di Traiano: je sens que je vais adorer ce genre de photos!

    Storie d'arte e di misfatti: sei indagini sull'archeomafia raccontate a fumetti, istituto nazionale per la grafica (les trafics dans le domaine de l'art racontés en bandes dessinées)

    Toute l'info sur  http://www.turismoroma.it/oggi_a_roma/gli_eventi_della_citta et une liste complète ici http://www.060608.it/it/content/listEvent/area/eventi_e_spettacoli

  • E comme expression

    - J'ai appris récemment une expression chinoise, nous dit la guide: jouer du luth devant les buffles. Et il y a des jours où, avec certains groupes, c'est vraiment comme ça que je me sens. Je joue du luth devant des buffles.

    La pauvrette voulait sans aucun doute nous faire un compliment sur notre qualité d'écoute et notre niveau culturel ;-)

    - Ah oui, je connais ça, répond le professeur émérite de l'université qui nous raccompagne jusqu'aux vestiaires, elle et moi. En néerlandais on dit "parels voor de zwijnen".

    Des perles aux pourceaux, c'est même dans la bible.

    Mais moi je n'aime pas entendre ces expressions dans la bouche d'un prof ou d'un guide. Ni même dans celle d'un joueur de luth ;-)

    Nos élèves ne sont pas des pourceaux. Même les plus réfractaires à la poésie, j'espère les toucher un jour.