espagne

  • F comme Francis, coiffeur-philosophe

    Surprise de l'Adrienne, en passant dans la petite rue de son Francis préféré: une double pancarte accolée à la vitrine annonce en lettres noires sur fond bleu et blanc que le commerce et la maison sont à vendre.

    Où donc l'Adrienne trouvera-t-elle quelqu'un qui, pour vingt euro, sera prêt à lui donner quelques regards de commisération sur ses cheveux qui rebiquent aux mauvais endroits, quelques réflexions bien profondes sur le temps qui passe, les choix de vie, le triste sort réservé aux greyhounds en Espagne (http://www.greyhoundsinnood.be/nieuws/spanje-update)... et à manier les ciseaux entre deux phrases?  

    coiffeur,vie quotidienne,espagne,chien

    Gustave Courbet - Les Greyhounds du Comte de Choiseul 
    Saint Louis Art Museum official site. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons
    http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Gustave_Courbet_-_The_Greyhounds_of_the_Comte_de_Choiseul.jpg#/media/File:Gustave_Courbet_-_The_Greyhounds_of_the_Comte_de_Choiseul.jpg

  • G comme García Lorca

    Colmena

    F. García Lorca

    ¡Vivimos en celdas 
    de cristal, 

    en colmena de aire!

    Nos besamos a través 

    de cristal. 

    ¡Maravillosa cárcel,

    cuya puerta 

    es la luna!
     

    Ruches

    F. García Lorca 

    Nous vivons dans des cellules
    de verre,
    dans des ruches d'air!
    Nous nous embrassons à travers
    du verre.
    Merveilleuse prison,
    dont la porte
    est la lune! 
     
    (Trad: Colo) 

    Korf

    We leven in cellen
    Van glas,
    In een korf van lucht!
    We zoenen
    Door het glas.
    Prachtige cel
    Met als deur
    De maan!

    (traduction de l'Adrienne)

     

    poesie,espagnol,espagne,traduction,amitié,vive internet

     photo prise à Bruxelles en septembre 2013

  • C comme Colo

    Chaque fois que je passe chez Colo, c'est-à-dire chaque fois que mon feedly me prévient qu'elle a publié quelque chose, j'ai envie de me mettre à traduire en néerlandais ce que je trouve chez elle en espagnol et en français.
     
    Le 20 novembre dernier, c'est ce poème de Federico García Lorca qui m'a attirée:
     
    Las seis cuerdas, F, García Lorca

    La guitarra
    hace llorar a los sueños.
    El sollozo de las almas
    perdidas
    se escapa por su boca
    redonda.
    Y como la tarántula,
    teje una gran estrella
    para cazar suspiros,
    que flotan en su negro
    aljibe de madera.


    1924
     
    Les six cordes
     
    La guitare
    fait pleurer les songes.
    Le sanglot des âmes
    perdues
    s'échappe par sa bouche
    ronde.

    Et comme la tarentule,
    elle tisse une grande étoile
    pour chasser les soupirs
    qui flottent dans sa noire
    citerne en bois.

    (Federico Garcia Lorca, Poème du Cante jondo.
    Poésies 1921-1927)
    (trad: Colo)
     
    1924
     
    De zes snaren
     
    De gitaar
    laat de dromen wenen.
    Het gesnik van de verloren
    zielen
    ontsnapt
    door haar ronde mond.
    En zoals de tarantula
    weeft ze een grote ster
    om de zuchten te vangen
    die drijven in haar zwarte
    houten put.
     
    traduction de l'Adrienne
    qui a choisi d'interpréter 'cazar' comme 'attraper' (vangen)
    plutôt que comme 'chasser'
    vu que les deux sens sont possibles en espagnol
    amitié,musique,poésie,traduction,espagnol,espagne
    photo prise en Andalousie
    en février 2012
     

  • M comme Manuel de Malaga

    Manuel Altolaguirre (Málaga1905 - Burgos1959)

     A Federico García Lorca

    PLAGE

    Deux par deux les barques

    comme sandales du vent

    mises à sécher au soleil.

     

    Moi et mon ombre, angle droit.

    Moi et mon ombre, livre ouvert.

     

    Couché sur le sable

    comme une dépouille de la mer

    un enfant endormi.

     

    Moi et mon ombre, angle droit.

    Moi et mon ombre, livre ouvert.

     

    Et plus loin, des pêcheurs

    tirant des amarres

    jaunes et saumâtres.

     

    Moi et mon ombre, angle droit.

    Moi et mon ombre, livre ouvert.

    (Trad: Colo)

     

    A Federico García Lorca


    PLAYA


    Las barcas de dos en dos,
    como sandalias del viento
    puestas a secar al sol.


    Yo y mi sombra, ángulo recto.
    Yo y mi sombra, libro abierto.


    Sobre la arena tendido
    como despojo del mar
    se encuentra un niño dormido.


    Yo y mi sombra, ángulo recto.
    Yo y mi sombra, libro abierto.


    Y más allá, pescadores
    tirando de las maromas
    amarillas y salobres.


    Yo y mi sombra, ángulo recto.
    Yo y mi sombra, libro abierto.

     

    opgedragen aan Federico García Lorca

    STRAND


    De boten twee per twee,
    als sandalen van de wind
    om te drogen in de zon.


    Ik en mijn schaduw, rechte hoek.
    Ik en mijn schaduw, open boek.


    Liggend op het zand
    als geworpen door de zee
    een slapend kind.


    Ik en mijn schaduw, rechte hoek.
    Ik en mijn schaduw, open boek.


    En verderop, vissers
    trekkend aan de trossen
    geel en ziltig.


    Ik en mijn schaduw, rechte hoek.
    Ik en mijn schaduw, open boek.

     

    (traduction de l'Adrienne) 

     

    Oostende aug 2009 002 - kopie.JPG

    Ostende, août 2009

    A 2009-2010 046 Africa - kopie.JPG

    Malaga, décembre 2009

     

  • G comme Grande Randonnée

    Lorsque, comme moi, on ne sait rien de Compostelle avant de partir, on imagine un vieux chemin courant dans les herbes, des raidillons sous un soleil de plomb, des gîtes inconfortables où le soir, à la veillée, on soigne ses ampoules en se racontant des histoires entre pèlerins.

    Pèlerin qui un jour, pour on ne sait quelle raison – défi lancé à lui-même, vœu pour une amie cancéreuse, exploit sportif ou crise du milieu de vie – s’est jeté sur le Camino francès ou sur le Chemin du Nord, muni de sa credencial où chaque tampon devient un fleuron à sa gloire.

    Rapidement, une conclusion s’impose : il pleut beaucoup, sur le chemin de Compostelle, et on a davantage besoin d’un grand caban et de bottines imperméabilisées que de crème solaire. Aussi, dès le premier jour de marche, je vois les autres penser : « ce type doit avoir un problème » et à chaque halte, je sens le malaise s’installer.

    ***

    écrit pour : http://mandrine6.wordpress.com/2014/04/06/la-magie-des-mots-n-je-ne-sais-plus-disons-n-1-pour-cette-annee/#comment-16597

    Incipit de Jean-Christophe Rufin: "Lorsque, comme moi, on ne sait rien de Compostelle avant de partir, on imagine un vieux chemin courant dans les herbes … où …" (Compostelle malgré moi)

    La deuxième phrase au choix: " Rapidement, une conclusion s’impose : " ce type doit avoir un problème". Vous sentez le malaise s’installer"

     029 - kopie.JPG

     ceci n'est pas le Camino francès 
    mais plutôt Al-Andalus
    Cool

  • M comme midi-minuit

    Ce vendredi-là, l'Adrienne prenait le café chez des amis mais quand on lui en proposa une seconde tasse, elle répliqua promptement:

    - Non merci! il faut que j'y aille parce qu'une amie vient loger et j'ai encore des tas de choses à faire!

    Il était pourtant excellent, ce café, joliment mousseux, à l'arôme délicat, et tout à côté une boîte dorée offrait ses pralines en chocolat. Mais l'Adrienne était pressée et fit ses adieux.
     
    En cours de route, elle passa mentalement sa liste des choses à faire: le poêle était prêt à y mettre une allumette, les chambres propres, la bouteille de bulles au frigo depuis l'avant-veille... il lui restait à mettre des draps frais et à prévoir des affaires de toilette, puis elle pourrait se mettre aux fourneaux: les invitées auraient sûrement faim, après une aussi longue route, et envie d'un plat revigorant. Elle avait prévu des souris d'agneau, des pommes de terre, des carottes et des lentilles vertes. Dans le sac des courses, il y avait de l'oignon rouge. Etait-ce possible qu'elle n'eût rien oublié?
     
    Pour le dessert, elle hésitait encore entre des brownies au chocolat et aux noix ou un crumble aux mûres mais elle trancha vivement la question: brownies le premier jour, crumble le second et après on verrait bien. Elle était assez satisfaite de son menu.
     
    Le jour d'avant, elle avait eu son amie au bout d'un fil appelé skype:

    - Combien de temps on mettrait de Paris jusque chez toi? voulait-elle savoir.

    L'Adrienne dut faire un gros effort de sa fantastique mémoire (les habitués de l'Adrienne savent qu'elle a une mémoire terrifiante pour les souvenirs d'enfance mais qu'il n'y a plus de place pour rien d'autre) et se rappeler la dernière fois où elle avait fait ce trajet en voiture avec l'homme-de-sa-vie.
    Aussi s'avança-t-elle prudemment:

    - Et bien... ça dépend de la vitesse à laquelle tu roules, n'est-ce pas?

    Car elle se souvenait surtout que l'homme-de-sa-vie considérait chaque trajet comme une course contre la montre et que c'était un défi personnel d'améliorer à chaque fois son chrono. Le dernier record dont l'Adrienne ait eu connaissance s'élevait à 180 minutes mais elle supposait qu'il avait dû encore en grignoter quelques-unes depuis lors.

    - Vous prendrez l'autoroute? demanda-t-elle encore à l'amie.
    - Oh non! répondit-elle. Nous préférons la route normale!
     
    A ce moment-là, l'Adrienne a tout de même froncé les sourcils. Heureusement, elle ne disposait pas de l'outillage nécessaire pour être vue de l'autre côté du réseau skype.

    - Il vaudrait mieux que vous soyez ici avant qu'il fasse noir, dit-elle, parce qu'avec ces petites routes, ce ne sera pas facile de vous y retrouver.
    - Oh oui! fit-on avec une grande conviction, nous partirons à midi et nous serons certainement chez toi vers cinq ou six heures!
    - Parfait! s'exclama l'Adrienne toute rassérénée. Je t'envoie encore un mail avec l'itinéraire précis et détaillé.

    Et c'est dans ces excellentes dispositions qu'elles se quittèrent en se lançant maints Hasta mañana.
     
    ***
    Ce vendredi vers les quatre heures de l'après-midi, l'Adrienne alluma son ordi. Elle y vit un message de l'amie espagnole:

    - J'ai oublié de noter ton numéro de GSM, lui écrivait-elle. Tu m'envoies un SMS?

    L'Adrienne sortit donc son antique téléphone portable des profondeurs de son sac, fut tout heureuse de constater qu'elle se souvenait des quatre chiffres de son code d'accès, tapota un joli SMS avec tous les points, les virgules et les accents nécessaires et appuya sur la touche d'envoi. Elle reçut - ô merveille! - une réponse immédiate:

    - Nous sommes en train de charger l'auto et après nous partons, vit-elle sur le petit écran.

    Il était exactement 16.14 h.
     
    Elle disposait tout à coup d'une infinité de temps et ne sut pas tout de suite ce qu'elle devait regretter d'abord, la seconde tasse de délicieux café ou l'arrivée tardive de l'amie.

    - J'aurais le temps d'aller nager! se dit-elle.

    Mais elle préféra allumer le poêle à bois. Il ne faisait que quinze degrés dans la maison et l'Espagnole la plus aguerrie trouverait ça probablement un peu frisquet.
     
    Vers six heures moins le quart, elle entendit une deuxième fois résonner son GSM:

    - Nous sommes bloquées sur le périph', écrivait l'amie.

    L'Adrienne ne put s'empêcher de répondre (avec le trait d'union, la cédille, l'accent et en toutes lettres):

    - Est-ce que ça étonne quelqu'un?

    Le "LOL" qu'elle y ajouta ne parvenait probablement pas à masquer sa frustration.
     
    Ensuite elle n'entendit plus rien pendant des heures...
     
    Elle se prépara à une longue, très longue soirée, alors qu'elle tombait déjà de sommeil, vu qu'elle s'était levée avant six heures du matin. C'est alors qu'elle se rendit pleinement compte de la portée de cette petite phrase que l'amie espagnole avait prononcée lors de sa précédente visite en Belgique:

    - Nous ne vivons pas au même rythme.

    ***

    Pero te quiero mucho
    Bisou

  • J comme jàcaras

    Parce que ce week-end, c'est un petit bout d'Espagne qui descendra mon Escaut

    et aussi un petit peu parce qu'aujourd'hui c'est la fête nationale espagnole

    http://www.youtube.com/watch?v=Zm2ZIZXna0A

    Mais en même temps J comme je je je parce que c'est ainsi qu'on rit en espagnol, et je sais qu'on rira beaucoup Rigolant

    amitie,espagne,musique

    j'ai prévenu l'Espagne d'apporter les moufles et les vestes fourrées... il fait encore douze degrés dans la salle de bains Cool

    ***

    Pour ceux qui ont envie de deux heures de belle musique, pour les fans de Philippe Jaroussky (voir à 5'40" par exemple) ou les aficionados de l'Amérique Latine, je recommande fortement http://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&NR=1&v=zra1BvTAciU

    Bon week-end à tous!

  • 7 fois la flore

    Retour à Malaga, le temps de quelques photos de mes amis les arbres Rigolant

    1.à fleurs roses

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    2.à fruits jaunes

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    3.à palmes

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    4.à pommes

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    5.à fruits oranges

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    6.à feuilles mortes

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    7.à bouteille d'eau

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  • Z comme Zorro

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    Les maisons ressemblent aux haciendas de la série télévisée. Certaines cumulent la "couleur locale" avec un portail à clocheton et un imposant escalier d'honneur recouvert de céramiques à motifs bleus.

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    Derrière les palmiers et les grilles de fer forgé, vous soupçonnez la présence d'une belle doña en mantille.

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    Sur la plaza inondée de soleil, vous vous attendez à voir apparaître le sergent Garcia, la main au ceinturon.

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    Cette porte de bois cache sûrement un discret Bernardo. Et là-haut sur la colline, Zorro fera se cabrer Tornado au milieu des rochers.

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    !Adios, muchachos!

    Pour les amateurs, ici Guy Williams devient don Diego de la Vega: http://www.youtube.com/watch?NR=1&feature=endscreen&v=MlBDWwt38C0

    et ici don Diego de la Vega devient Zorro: http://www.youtube.com/watch?v=L9X92nDYahw

  • O comme onze vues

    Je l'ai déjà dit, pendant mes promenades dans les montagnes autour de Malaga, chaque paysage, chaque sous-bois, chaque arbre me semblait si beau qu'il fallait que je le prenne en photo.

    Alors pour ceux qui aiment ça, voici onze vues:

    1.ici et là, une oliveraie dans la montagne

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    2.les "palmitos" sont la "mauvaise herbe" du coin

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    3.le terrain de jeu des chasseurs

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    4.j'ai toujours l'impression qu'on construit partout

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    5.parfois il n'y a plus de sentier et il faut escalader des rochers

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    6.une brume entoure la montagne à six heures du soir

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    7.le chemin des chasseurs

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    8.mais que la montagne est belle (bis... ou ter? Langue tirée)

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    9.le terrain de jeu des jeunes

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    10.mais que la montagne est belle! (quater, comique de répétition ou radotage? Cool)

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    11.et quand on est du bon côté, on peut voir Malaga et la mer...

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  • G comme Gibraltar

    La première fois que l'idée est lancée, elle semble faire l'unanimité.

    Il faut dire que ce soir-là, ceux qui aiment ça (c'est-à-dire tout le monde en dehors de moi) avaient bu du whisky et du rhum rapportés de là-bas, et que ça leur avait donné des idées.

    Y*** avait encore ajouté l'argument du prix des cigarettes, emportant ainsi l'adhésion définitive de tous les fumeurs de la tablée.

    Chacun s'était mis à rêver de voir le continent africain presque à portée de main. Certains se faisaient un peu peur avec des histoires de grands singes habitant sur le rocher et se promenant en ville. Les imaginations travaillaient.

    Le lendemain, les avis étaient déjà plus partagés:

    - Gibraltar, dit quelqu'un, ce n'est bon que pour le shopping!

    Je décidai donc de ne pas accompagner. Une autre aussi se désista: Gibraltar, elle y était déjà allée, et pour avoir une belle vue sur l'Afrique, il valait mieux aller à Tarifa.

    Le surlendemain, même les fumeurs et les buveurs de rhum et de whisky avaient perdu leur motivation. Il n'était plus question que de problèmes de parking et de queues à la frontière. Et le tabac, finalement, n'était pas fort cher en Espagne non plus:

    - D'ailleurs, dit un autre, j'essaie de fumer moins.

    Quand je les ai quittés pour aller faire un tour dans la montagne, ils ne savaient toujours pas à combien ils iraient ni où. Le chauffeur de la voiture s'est refait un énième café:

    - On partira quand mon café est bu, dit-il.
    - Moi je dois encore prendre une douche, dit une autre.

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    Je ne sais pas à quelle heure ils sont partis, finalement,

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    mais en marchant j'ai beaucoup pensé à Jean Ferrat:

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    que la montagne est belle!

  • F comme francophonie

    J'étais avec des amis français. De temps en temps, ils utilisaient un mot qui réveillait en moi le prof-de-FLE-en vacances - être prof, et surtout de FLE, c'est 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, même quand on est en vacances: il y a toujours une idée à prendre, une brochure qui pourrait servir de "matériel didactique", un mot intéressant à noter...

    Les hommes discutaient de tondeuses à gazon. En entendant le mot "autotractée", je me suis levée pour aller chercher mon petit carnet. Voilà un mot qu'il faut que je retienne, leur dis-je, et j'y notai:

    zelftrekkend: autotractée

    Mais cela déclencha une petite discussion entre eux:

    - Non, me dit un autre, ce n'est pas autotractée qu'il faut noter, c'est autoportée!

    Je notai donc les deux mots. Au lieu d'être devenue plus savante, j'avais un doute de plus Langue tirée

    ***

    Puis le soir il fut question de bois, de chauffage, de feu ouvert. Je dis que dans la maison d'I il y avait une cassette. Mais personne ne réagit à ce mot. Je compris pourquoi le lendemain, quand quelqu'un parla d'un insert...

    Voilà qui m'a laissée perplexe.

    Que par le passé, nous ayons utilisé des mots différents et que nous continuions à les utiliser chacun de notre côté, d'accord, c'est une donnée historique. Je garde mes torchons pour torchonner, mes essuies pour essuyer, mes septante/nonante pour compter...

    Mais que pour un produit aussi récent on n'ait pas le même mot, ça me dépasse, je ne comprends pas!

    Si quelqu'un a une bonne explication, qu'il me la donne, j'aimerais beaucoup qu'on m'éclaire!

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  • D comme dimanche

    Il fait un temps splendide. La veille au soir, les quatre amis ont décidé de faire une grande excursion pour visiter les villages de montagne et de pousser jusqu'à Ronda.

    Fort bien.

    Mais à 11.30 h., on fait encore la queue pour prendre une douche matinale, on se refait encore un café, on introduit encore une belle tranche dans le grille-pain, on sort fumer une cigarette...

    Au cas où il me serait resté un doute: je ne suis décidément pas faite pour voyager en groupe. Je ne suis jamais au rythme des autres.

    Puis, au moment où je pénètre dans "ma" forêt pour une promenade en solitaire, je me rends compte qu'on est dimanche en Espagne: des chiens aboient, des hommes crient, des coups de feu éclatent. Dans les montagnes autour de Malaga, la saison de la chasse, c'est tous les dimanches. Le jour du Seigneur est celui des seigneurs de la guerre.

    Ce soir, il y aura quelques animaux de moins et beaucoup, beaucoup de douilles sur les sentiers forestiers!

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    ici, des douilles vertes, avec leur emballage vide,
    mais il y en avait aussi des bleues, des rouges et des jaunes...
    et malheureusement, ça ne se décompose pas!

  • B comme blague blonde

    La scène se passe aux environs de Malaga. Des touristes en balade et lunettes de soleil admirent les énormes propriétés entourées de jardins aux airs tropicaux (et aux airs de prisons bien gardées)

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    En touristes avertis, ils savent que les Espagnols portent deux noms de famille. Ils se souviennent de leurs lectures: prenez Astérix en Hispanie, par exemple, et rappelez-vous Soupalognon y Crouton. D'ailleurs, comment pourraient-ils en douter, ils en reçoivent la confirmation en regardant les sonnettes à l'entrée de ces somptueux domaines:

    - Tiens c'est marrant! On dirait qu'ils sont tous famille, dans ce quartier...
    - Ah oui?
    - Ben oui! ça fait déjà la troisième sonnette sur laquelle il est marqué "Pulse y Espere" (*)
    - ...

    *
    ***
    *

    (*) Appuyez et attendez

  • Premières impressions de printemps

    Les amandiers avaient terminé leur floraison, semant les plus délicats des confettis sur la table de jardin

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    La haie de mimosas en était à ses derniers moments de grande beauté

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    Dans la montagne fleurissaient ici et là de jolies petites jonquilles blanches et délicatement parfumées

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    Et l'escargot attendait la pluie Clin d'œil

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  • Y comme... le Chef!

    Y a la passion de la cuisine. Pour le plus grand bonheur de son entourage.

    Y fait les courses et vous règle avec plaisir le menu de toute la semaine.

    Y vous prépare une excellente chère, que vous soyez 7 ou 77 autour de la table. Si vous n'êtes que 7, il se débrouillera tout seul. Mais si vous êtes 77 il vous mettra à l'ouvrage pour lui faire la mise en place.

    Y n'est jamais à court d'inspiration. D'ailleurs, même en vacances il emporte ses cahiers de recettes Cool.

    Y et sa cuisine vous font faire le tour du monde. Soupe des Asturies aux haricots secs, au boudin noir et au chorizo. Crumble aux légumes du soleil. Calamars à la sauce tomates. Pâtes aux courgettes et au parmesan. Poulet à l'orange. Beignets de grosses crevettes. Sushis au saumon...

    Et puis malheureusement il était l'heure de rentrer chez moi. Je ne saurai donc pas à quelle sorte de plat serviront les céleris et les pois chiches qu'Y a fait cuire le jour de mon départ...

    Mais je me suis régalée toute la semaine.

    Parce qu'Y fait aussi les desserts. De la crème au citron. De la mousse au chocolat...

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    et moi ces jours-là, je relisais Pantagruel...
    pouvais-je mieux choisir ma lecture?
    Clin d'œil

  • Stupeur et tremblements

    Je m'étonne qu'un couple d'Espagnols puisse monter à bord de l'avion armé de deux grands parapluies bien solides et bien pointus alors qu'un jour on m'a même confisqué mon petit coupe-ongles sous prétexte qu'il avait une minuscule lime de deux centimètres.

    Je m'étonne qu'on nous demande d'éteindre tous nos appareils électroniques pendant le décollage et l'atterrissage, mais qu'il n'y ait aucun contrôle. Ma jeune voisine a gardé son GSM allumé du début à la fin du voyage sous prétexte qu'elle avait oublié son code d'accès et qu'elle devait appeler ses parents pour qu'ils viennent la chercher à l'aéroport.

    Aurais-je dû cafarder?

    Je me suis posé la question. Finalement, je ne l'ai pas fait. J'ai juste eu un peu de stress en plus Langue tirée mais l'avion a décollé et atterri sans problèmes.

    Je ne sais pas quelles conclusions je dois tirer de tout ça...

  • Liste de 7

    En parlant de liste, hier, je repensais - je ne sais pourquoi - à mon séjour chez I à Malaga. Et je me disais que les animaux familiers d'I figureraient au top de la liste de nos amies les bêtes les plus heureuses de la terre.

    Voici d'abord les deux chiens, Pelayo et Coco, dans les fauteuils du salon:

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    puis Claudio, le coq, et ses poules, qui ont toute liberté:

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    enfin, les quatre chats, qui ont chacun leur espace préféré:

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    comme Mañam, belle espagnole bien à l'abri derrière sa claustra

    ***

    N'en parlez pas à mon Pipo et mama Moussa, ils sont déjà bien assez exigeants, surtout depuis qu'il fait froid et qu'ils veulent que je les enferme au garage pendant mon absenceLangue tirée

     

     

  • J comme j'aime j'aime la mer

    Trois photos pour faire plaisir à tous les amoureux de la mer Cool

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    C'était à Mijas (Costa del Sol) le premier janvier 2012

    voyage,espagne,mer,amitié

    une rue espagnole, une reine des Belges et une pizzeria italienne avec un nom anglais:
    cherchez la couleur locale Langue tirée

  • F comme fruits

    A Malaga dans le magnifique jardin d'I comme partout ailleurs, il y a en ce début de janvier une telle abondance de fruits sur les arbres, non seulement dans chaque jardin, mais aussi dans les champs, les friches et au bord des chemins: il y a tant d'oranges et de mandarines de toutes les sortes et de toutes les tailles qui jonchent le sol, que je me demande pourquoi et à qui on réussit encore à en vendre au Mercadona du coin. Même le malheureux qui habite un clapier au 26e étage n'a qu'à se baisser en allant prendre le tram 33...

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    les citrons sont magnifiques et brillent au soleil comme des lampions

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    les oranges sont à maturité et tombent de l'arbre; il m'est impossible de les peler sans me mettre du jus partout

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    comme les fruits du vaillant petit mandarinier ne tombent pas encore à terre, je ne les ai pas goûtés, mais je suis sûre qu'ils ne peuvent qu'être excellents eux aussi Cool

    ***

    Il ne me restait plus ce jour-là qu'à photographier un amandier en fleurs pour avoir réuni tous les clichés de l'hiver andalou!

    Hiver? vous avez bien dit hiver?

    ***

    Bon, tout ça est bien joli, mais il faudrait que j'aille voir quels dégâts la tempête belge a causés dans mon propre jardin pendant mon absence Incertain

  • Dernière application

    Une des dernières applications de nos fameux réseaux sociaux devrait nous permettre de sélectionner nos voisins d'avion. Je lis que la KLM offrira ce service dès 2012 (mais sans doute pas encore tout de suite demain Langue tirée).

    Ce futur service doit permettre de choisir son siège "en fonction d'intérêts communs ou de relations d'affaires", en regardant le profil des voyageurs sur un réseau social que je ne nommerai pas (LOL, il s'agit bien sûr de fb et de Linkedin).

    Moi, il me semble que je préférerais laisser cela au hasard. Les seules fois où mon voisin d'avion m'a vraiment gênée, c'est quand c'était quelqu'un pour qui les sièges n'étaient absolument pas adaptés à sa corpulence, de sorte qu'il avait besoin de la moitié du mien... et de mes côtes pour y loger son coude.

    Par contre, j'aimerais bien sélectionner celui qui sera assis derrière moi! Mais je ne pense pas que je pourrai déduire de son profil fb si oui ou non il a l'intention de bourrer mon siège de coups de pieds...

    Bref, tout ceci pour vous dire que ce matin je prends l'avion Cool

    Feliz año nuevo!

    voyage, espagne

    Pelayo en 2009

    voyage, espagne
    à Malaga le 30 décembre 2009

  • T comme thalassa! thalassa!

    L'amour de la mer, l'excitation au moment de la (re)voir, le bonheur de l'entendre et de la sentir, tout ça me fait crier "Thalassa! thalassa!" comme Xenophon et ses soldats en vue de la mer Noire.

    Cet hiver, je l'ai vue de loin, la mer, mais tout de même avec un grand plaisir

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    Elle est retrouvée.
    Quoi ? - L’Eternité.
    C’est la mer allée
    Avec le soleil.

    Arthur Rimbaud, L'Eternité, première strophe (Derniers vers)

     

  • N comme nature, nature...

    Ce billet est réservé uniquement à ceux qui sont émus par une première fleur d'amandier

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    par la vue d'un petit citron

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    ou d'un sous-bois

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  • L comme Lorraine

    Avec la permission de Lorraine, je répéterai ici ce qu'elle a écrit (voir http://chaloupe.canalblog.com/archives/2011/01/04/20035701.html#comments): "Tous les arbres sont sacrés"

    Car pendant qu'elle l'écrivait, moi je photographiais

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    un vénérable olivier sacré

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    un majestueux pin sacré

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    le plein soleil sur un citronnier sacré

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    de très symboliques palmiers doublement sacrés car menacés par de mortelles petites bêtes

     

    ***

     

    ah oui, j'aime les arbres
    et pas le son de la tronçonneuse le soir au fond des bois
    (ni le son du cor, d'ailleurs)

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  • K comme KAAS

    Mon dictionnaire néerlandais-espagnol est un pur produit batave.

    A "kaas" vous ne trouverez que "Edammer kaas", queso de bola et "Goudse kaas", queso de Gouda.

    Par contre, vous y trouverez "kaaskop", pudiquement traduit par holandès cuadrato... Hollandais carré?

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    Je croyais y trouver aussi "Belgenmop" (blague belge), mais il n'y est pas... et je ne sais pas trop ce que je dois en conclure Langue tirée

     

  • J comme je parle... itagnol!

    La langue que je maîtrisais le mieux, à Malaga, c'était l'itagnol.

    Pour ceux qui ne sauraient pas ce que c'est, ça ressemble très fort à l'espalien. A s'y méprendre, même.

    Cane devient perro, dopo se dit después et mattina mañana. En itagnol.

    En espalien, comer c'est mangiare, olvidar dimenticare et la cama il letto. Ou le contraire.

    Molto mucho, la tarde la sera, lunedì lunes, gennaio enero, pazzo loco. Ou tonto. Ou bobo.

     

    ***

     

    Et quand le dernier soir j'ai sorti une belle phrase, c'était du Averell Dalton:

    - Cuando se come aquí?

     

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    sauf qu'il ne s'agissait pas de tortillas mais de paella Rigolant

     

     

     

  • I et le goût du détail

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  • H comme Heureux qui comme Ulysse...

    Heureux qui, comme Ulysse, pensais-je entre deux petits sommes réparateurs, a fait un beau voyage,
    Ou comme celle qui est venue à Malaga,
    Et puis est retournée, pleine de méditations,
    Vivre entre son ordi et son poêle à bois !

    I avait dû le sentir, car le lendemain de ce jour-là elle m'a posé la question:

    - Depuis combien de temps est-ce que tu es en train de penser à rentrer chez toi?
    - Depuis hier.

    Non pas que j'aie follement envie de rentrer, mais il vient un moment où je pense

    Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
    Fumer la cheminée, et en quelle saison
    Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
    Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

    En réalité, ce sont d'abord les vers de Ronsard qui me sont venus à l'esprit:

    Quand je suis vingt ou trente mois
    Sans retourner en Vendômois,
    Plein de pensées vagabondes,
    Plein d'un remords et d'un souci,
    Aux rochers je me plains ainsi,
    Aux bois, aux antres et aux ondes.

    Et je me disais que je ne pourrais pas rester vingt ou trente mois éloignée de chez moi.

    Mais en fait, je n'en sais rien, je ne l'ai encore jamais essayé.

     

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  • G comme Gabriel García

    L'ami G*** a suivi des cours d'espagnol pendant plusieurs années. Alors après avoir lu Cien años de soledad, il me l'a prêté.

    Vu que le bouquin fait cinq cents pages, c'était le livre idéal à emporter pour le voyage à Malaga: une heure de train par ci, une heure de train par là, des attentes dans un aéroport, des trajets de plus de deux heures et demie d'avion... à mon arrivée, j'avais lu trois des vingt chapitres. Et fait une bonne dizaine de mots croisés arrachés au journal De Standaard des derniers jours, de peur d'avoir fini le livre avant l'heure.

    Puis le matin, en attendant que la maison se réveille - le rythme espagnol n'est pas le mien, quelques efforts que je fasse pour m'acclimater, on a vu d'ailleurs les résultats que ça a donnés hahaha - le matin donc, disais-je, je lisais encore un chapitre. Enfin, les deux ou trois premiers matins, rappelez-vous mon billet d'hier...

    Me restent à lire encore aujourd'hui les quatre derniers chapitres et je ne sais pas quand j'en trouverai le temps. Mais je retiens tout de même déjà deux phrases. Toutes les deux tombées de la bouche de la "mère fondatrice", Ursula: comme elle, au fur et à mesure que j'avance dans l'histoire j'ai l'impression que "es como si el mundo estuviera dando vueltas" tellement les évènements s'y répètent (presque autant que les prénoms des personnages, ce qui n'est pas peu dire)

    Et puis cette autre, à méditer: "el secreto de una buena vejez no es otra cosa que un pacto honrado con la soledad" (p.242-243 ed. Bolsillo, 2006)

    "Le secret d'une bonne vieillesse n'est rien d'autre qu'un pacte honorable avec la solitude"

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  • E comme expédition

    Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, telle a été ma devise pour le voyage à Malaga.

    Quitter la maison vers 14.00 h. et d'abord marcher deux kilomètres dans la neige (les roulettes de la valise ne sont par conséquent d'aucune utilité)

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    Arriver à l'auto, enlever une couche de neige à la voiture et une couche de vêtements à la promeneuse, puis échanger les bottes contre des chaussures. La voiture, qui attendait au village depuis une paire de jours, veut bien démarrer à la seconde tentative.

     

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    Aller jusqu'à la gare, prendre de train de Bruxelles puis un autre pour Charleroi. Entre-temps il fait nuit noire.

     

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    Attendre le bus qui va à l'aéroport. Il y en a un par demi-heure. Bien évidemment, on rate d'une minute le précédent et on regrette de n'avoir pas pu prendre son deuxième manteau ;-)

    Passer des tas de contrôles et monter dans l'avion. Atterrir à Malaga. Il est minuit. Compter sur le bon coeur de l'amie: elle vient vous chercher en voiture et vous conduit chez elle.

    Mais le lendemain, on a enfin "a room with a view"

     

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    encore merci à toi, I Bisou