femme

  • Question existentielle: le droit de parler d'un autre

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    A-t-on le droit, quand on est dans l'écriture de l'intime - que ce soit sous forme de livre ou de blog - de dévoiler des choses sur d'autres personnes que soi? 

    Annie Ernaux pense que oui: 

    "Je ne sais pas ce qu'elle est devenue", dit-elle à propos d'une femme qui était son amie à vingt ans, et cette ignorance la conforte dans l'idée qu'elle a le droit de parler d'elle dans son livre le plus intime de tous, Mémoire de fille, celui qui parle de ses désastreuses et traumatisantes premières expériences sexuelles:

    "C'est tout ce temps écoulé et cette ignorance qui ont agi sur moi comme une autorisation à relater des faits qui l'ont impliquée. Comme si celle qui a disparu de ma vie il y a plus d'un demi-siècle (1) n'avait plus aucune existence nulle part - ou que je lui en dénie toute autre en dehors de celle qu'elle a eue avec moi. En commençant d'écrire sur elle, par une ruse inconsciente, j'ai laissé sans arrêt en suspens la question de mon droit à la dévoiler. En quelque sorte j'ai bloqué mes scrupules afin d'en arriver au point - actuel - où je sais qu'il m'est impossible d'enlever - de sacrifier - tout ce que j'ai déjà écrit sur elle. Cela vaut pour ce que j'ai écrit sur moi. C'est toute la différence avec un récit de fiction. Il n'y a pas d'arrangement possible avec la réalité, avec le ça a eu lieu, consigné dans les archives d'un tribunal de Londres, avec nos noms, elle d'accusée et moi de témoin à décharge." 

    Annie Ernaux, Mémoire de filleGallimard 2016, p.141

    Trois arguments, là-dedans, qui me semblent absolument faux: d'abord l'argument autobiographique, puisque chaque auteur ayant entrepris ce travail l'avoue généralement plus ou moins ouvertement, on arrange les faits, on donne sa propre vision, on escamote ou on accentue, on décide de la couleur de notre récit autobiographique. Même ceux qui affirment n'avoir écrit que la vérité, toute la vérité, comme ce grand pendard de Jean-Jacques (2) 

    Deuxièmement, le temps ne fait rien à l'affaire: ce n'est pas parce qu'une personne a disparu de notre vie qu'on est autorisé à la salir.  

    Enfin, tout auteur, même autobiographique, peut parfaitement se relire, raturer, censurer, réécrire, anonymiser... Tout auteur - surtout celui qui jouit d'une telle reconnaissance internationale - a le droit et le devoir de réviser ce qui sera publié sous son nom. 

    Bref, une lecture qui m'a dérangée, dirais-je, en clin d’œil à Simone de Beauvoir et à Bianca Lamblin

    Si vous voulez lire une bonne critique positive, c'est ici.

    (1) les faits relatés débutent en 1958 

    (2) petit rappel du Préambule de l'autobiographie de Rousseau (Les Confessions) qui souffre d'une forme bizarre de défaillance de la mémoire tongue-out

    "Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi. Moi seul. Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus ; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu.
    Que la trompette du jugement dernier sonne quand elle voudra ; je viendrai ce livre à la main me présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement : voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon, et s'il m'est arrivé d'employer quelque ornement indifférent, ce n'a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire ; j'ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l'être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus, méprisable et vil quand je l'ai été, bon, généreux, sublime, quand je l'ai été ; j'ai dévoilé mon intérieur tel que tu l'as vu toi-même. Etre éternel, rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables : qu'ils écoutent mes confessions, qu'ils gémissent de mes indignités, qu'ils rougissent de mes misères. Que chacun d'eux découvre à son tour son cœur aux pieds de ton trône avec la même sincérité ; et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose : je fus meilleur que cet homme-là." 

     

  • 22 rencontres (15)

    Comment ne pas la reconnaître, cette blondeur, ces yeux bleus, cette beauté, c'est Aurélie. 

    Elle est assise dans le large couloir qui sépare les locaux utilisés par divers profs de musique. A côté d'elle, une petite fille boudeuse est penchée sur ses devoirs. 

    Sa petite fille, à n'en pas douter: c'est ainsi qu'elle devait être elle-même quand elle avait huit ou neuf ans. 

    De part et d'autre, on s'exclame des "Aurélie!" et des "Madame!" et on s'embrasse. Toutes ces années qu'elles ne se sont plus vues! Madame reçoit l'indispensable mise à jour cool

    Aurélie, qui avait "la vocation" et était devenue une excellente institutrice - au point même d'avoir été suivie par une télé locale, Madame a fièrement montré cette vidéo pendant quelques années à ses classes de Terminale - a complètement changé son parcours: le deuxième homme de sa vie est un travailleur indépendant, il a besoin d'elle pour le seconder, elle a quitté la classe. 

    La seule, désormais, à profiter de ses talents d'institutrice, c'est sa petite fille. Qui n'a pas l'air d'apprécier... 

    - Tu te rattrapes avec elle, sourit Madame devant la mine renfrognée de la petite.

    - Ah! il faut tout le temps être derrière elle! soupire Aurélie. Sinon elle ne fait rien!

    - Je vois... c'est pour ça que tu fais le devoir à sa place...

    ***

    parce que, oui, elle est aussi comme ça, Madame, dès qu'il s'agit d'élèves, d'anciens élèves, d'enfants ou de jeunes en général: elle ne peut s'empêcher de se mêler de ce qui ne la regarde pas.  

    prof,école,élève,femme

    encore une autre mini-Aurélie 
    dont Madame a eu en classe
    le père et la mère 

    cool 

    ah! quel bonheur! 
    ces petites villes de province 

    tongue-out

     

  • Le bilan du 20

    Je me suis pas mal énervée à la lecture de La dame en bleu, de Noëlle Châtelet, et si j'ai poursuivi jusqu'à la dernière page, c'était pour être sûre qu'il n'y aurait pas un revirement de dernière minute ou une chute intéressante qui obligerait à une lecture différente. 

    Mais non. Il s'agit bel et bien d'une femme qui vient d'atteindre la cinquantaine et qui décide, un matin qu'elle est en route pour le boulot, de devenir comme la vieille dame qu'elle voit marcher à petits pas sur le trottoir: adieu la belle crinière conquérante, le beau boulot, les amis, les amants, les jolies robes, les repas au restaurant et bonjour le chignon bas, le banc d'un square, la maison de retraite, le vieux tailleur gris de sa défunte mère et les soupes de légumes finement moulinés. 

    Parce qu'elle a aussi décidé de ne plus manger que des aliments pour lesquels on n'a pas besoin de dents. 

    Bref, je ne l'ai pas trouvée crédible du tout et ce n'est pas encore demain que sous prétexte d'avoir dépassé les cinquante ans

    - je marcherai à petits pas mesurés

    - je m'habillerai d'un vieux tailleur gris et oublierai le rouge

    - je n'utiliserai plus que de la poudre de riz et de l'eau de Cologne

    - je me coifferai en chignon bas

    - je m'installerai dans la vacuité

    - je me mettrai à vivre dans ma cuisine et délaisserai le salon

    - je me ferai des soupes de légumes (bien moulinées ou non tongue-out)

    - je ne m'inquiéterai plus d'un kilo en trop 

    - je compterai et recompterai avec bonheur les petites taches brunes au dos de mes mains (quelle idée de passer son temps à ça!)

    - je mettrai des gants de fil et un chapeau, des bas de coton et une robe bleu marine en crêpe (le bleu marine ne me va pas au teint tongue-out)

    - je réserverai ma chambre dans une maison de retraite

    - je n'accepterai plus d'invitations à des sorties diverses

    - je m'amuserai à m'exprimer en lieux communs et à radoter 

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    On peut lire ici une critique avec laquelle je suis d'accord...

  • F comme filles, femmes et futur

    On en a déjà parlé quelques fois ici, mais sans doute qu'avec les Spice Girls le message touchera plus de monde cool 

    https://www.youtube.com/watch?v=sZQ2RUFd54o 

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    ces deux-ci et quelques autres sur: 

    http://www.globalgoals.org/fr/join-the-movement-girls/ 

  • G comme glace

    Dehors, il fait une chaleur moite. On espère trouver un peu de fraîcheur dans la pénombre du salon, mais c'est tout le contraire. Il y fait étouffant.

    L'Adrienne est un peu en avance, comme d'habitude. Elle a largement le temps d'admirer la vitrine abondamment ornée de tous les attributs rouge-jaune-noir des supporters des Diables rouges.

    La coiffeuse termine le brushing d'une dame et son collègue vient d'accueillir un homme dans la trentaine florissante. Toute leur conversation roulera sur ce qu'on appelle chez nous "l'enterrement de sa vie de garçon".

    Les trois femmes du salon se taisent. Le coiffeur fait subir à son client un véritable interrogatoire pour connaître tous les détails de l'événement. Puis ces messieurs évoquent les "bachelor party" auxquelles ils ont assisté ou, plus fort encore, dont ils ont entendu parler. Par moments le sèche-cheveux fait tant de bruit qu'un détail échappe à l'auditoire féminin. On ne sait pas s'il faut s'en réjouir ou le regretter.

    Heureusement, au moment où entre une jeune femme avec sa petite fille qui n'a pas trois ans, ces messieurs sont juste passés au sujet suivant.

    - Vous allez faire couper ces jolies bouclettes? demande l'Adrienne à la maman, au moment de passer à la caisse.

    - Oh non! juste un peu raccourcir! on veut des cheveux longs!

    Parce que même si on n'a pas trois ans, on se doit d'être belle et féminine.

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    voilà pour gballand
    à défaut d'un avant/après
    une vue sur un des miroirs du salon
    où cette fois-ci on a délaissé la philosophie...

  • Stupeur et tremblements

    J'apprends avec stupeur qu'il est question d’organiser chez nous des élections de "Miss" pour des petites filles de six à dix ans. 

    Cette mode américaine aura mis bien longtemps à nous parvenir - et c'est tant mieux! - mais apparemment quelques esprits troublés voudraient l'importer... 

    Des voix s'élèvent ici et là contre ces pernicieux "concours" et j'en suis bien contente.

    Je tremble pour les petites filles d'ici ou d'ailleurs qui ont ou qui auraient à les subir! 

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    article et source de la photo: 

    http://weekend.knack.be/lifestyle/radar/schattig-zijn-is-geen-talent/article-opinion-694629.html?utm_source=Newsletter-22/04/2016&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-RNBWEEKNL

  • H comme humanité

    Il y a un tas d'arguments pour les rejeter à la mer. 

    Les arguments économiques, d'abord. 

    Les arguments plus ou moins ouvertement racistes, ensuite.  

    Et toutes ces peurs qui nous sont inoculées... 

    ***

    Il n'y a qu'un seul argument 

    pour les accueillir, 

    c'est l'humanité. 

     

    http://www.amnesty.be/je-veux-agir/agir-en-ligne/signer-en-ligne/article/forteresse-europe-changeons-de-cap-en-2016

  • F comme fotoboek

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    Sur la couverture de l'épais album, le titre est en anglais: Birth Day. Peut-être pour indiquer dès l'emblée son approche internationale. Planétaire.

    Le sous-titre est en néerlandais: Comment le monde accueille ses enfants. Ou plus littéralement: leur souhaite la bienvenue

    Lieve Blancquaert est une photographe belge (d'expression néerlandaise) qui est très célèbre en Flandre grâce à ses reportages pour la télévision et son engagement humanitaire en faveur des femmes, principalement pour améliorer les conditions précaires (et trop souvent mortelles) dans lesquelles des millions de femmes de par le monde doivent accoucher. 

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    L'idée de Birth Day a germé dans la capitale afghane, Kaboul. C'est là que j'ai vu pour la première fois dans quelles horribles circonstances des femmes devenaient mères. Plus tard, je l'ai revu au Burundi et au Congo.

    Où et comment un enfant naît, c'est un miroir de la société. Toute sa vie semble déjà fixée par ces deux mètres carrés où sa mère l'a mis au monde. Dans l'utérus, il n'y a pas de place pour la frime. Pauvre, riche, blanc, noir, croyant ou pas... chaque enfant commence par un même premier cri. Ce moment ne dure pas plus d'une fraction de seconde. Après, nous sommes tous différents. Le premier contact, le premier lange définiront le reste de notre vie.

    Ça m'a tellement touchée que l'idée m'est venue de parcourir le monde pour voir de mes propres yeux comment ce monde accueille ses enfants. J'ai rencontré des parents, des grands-parents, des sages-femmes, du personnel médical et des tas d'autres gens qui s'investissent pour les mamans et leurs enfants. Ce que je raconte est basé sur mes expériences personnelles, émouvantes et effarantes. J'ai surtout essayé de ne pas juger mais de comprendre.

    ***

    Voulez-vous que je vous dise? 

    C'est un très beau livre. 

    Émouvant, toujours. 

    Effarant, souvent. 

    ***

    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 10 - couverture

    Des photos du livres sont visibles sur le site de Lieve Blancquaert 

    http://www.lieveblancquaert.be/portfolio/birth-day/193

    Et moi, en voyant le thème "couverture", j'avais d'abord pensé à celle-ci: 

    Christine de Pisan: Virelai

       

    Je chante par couverture,
    Mais mieulx plourassent mi œil,
    Ne nul ne scet le traveil
    Que mon pouvre cuer endure.
     
    Pour ce muce ma doulour
    Qu’en nul je ne voy pitié,
    Plus a l’en cause de plour
    Mains treuve l’en d’amistié.
     
    Pour ce plainte ne murmure
    Ne fais de mon piteux dueil ;
    Ainçois ris quant plourer vueil,
    Et sanz rime et sanz mesure
    Je chante par couverture.
     
    Petit porte de valour
    De soy monstrer dehaitié,
    Ne le tiennent qu’a folour
    Ceulz qui ont le cuer haitié
     
    Si n’ay de demonstrer cure
    L’entencion de mon vueil,
    Ains, tout ainsi com je sueil,
    Pour celler ma peine obscure,
    Je chante par couverture.

  • K comme Köln

    Les statistiques officielles nous apprennent qu'en 2013, en Belgique, huit plaintes pour viol ont été déposées chaque jour. 

    Ces chiffres sont en hausse, selon toute probabilité parce que de plus en plus de femmes osent porter plainte. 

    Il est vrai que ce n'est pas une chose simple, en premier lieu parce que dans la majorité des cas, l'agresseur fait partie de l'entourage de la victime. Et aussi parce que la première réaction de la victime est d'essayer d'effacer toute trace... (1) 

    La situation est à peu près la même dans les pays qui nous entourent. (2) 

    Alors j'aimerais bien qu'on ne mélange pas tout. 

    Car il me semble que ceux qui aujourd'hui crient haut et fort qu'il faut renvoyer chez eux tous ces violeurs barbus, sont exactement les mêmes que ceux qui, en mars dernier, se gaussaient des jeunes femmes qui osaient dire qu'elles en avaient assez de subir des remarques sexistes et attouchements divers. 

    C'est qu'en mars dernier, il ne s'agissait pas de barbus. 

    Ceux qui nous traitaient de "juffrouw truttenbol" en nous disant, dans ces mêmes journaux et réseaux sociaux où ils s'insurgent aujourd'hui, plus blancs que neige, qu'il fallait prendre ça pour des compliments et qu'on se plaignait vraiment pour pas grand-chose. 

    Et qu'on l'avait bien cherché, en se promenant seule habillée comme ça. 

    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2015/03/23/stupeur-et-tremblements-8406779.html

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    ***

    (1) Voir par exemple ceci http://www.courrierinternational.com/article/belgique-victime-de-viol-tu-porteras-plainte-tout-de-suite-ou-pas-du-tout

    (2) Chiffres pour la France: http://www.planetoscope.com/Criminalite/1497-viols-en-france.html  et rapport d'une enquête de l'Union européenne http://fra.europa.eu/sites/default/files/fra-2014-vaw-survey-main-results-apr14_en.pdf

  • F comme filles

    Je suis bien contente d'être une fille, écrit Nina, parce que j'aime avoir raison tout le temps.

    Ce n'est pas du tout mon vécu, pense Madame, mais peut-être que les temps ont changé?

    Je suis bien contente d'être une fille, écrit Amelie, parce que j'ai le droit de pleurer devant un beau film.

    Je suis bien contente d'être une fille, écrit Kaat, parce que je peux dormir avec mon ours en peluche, même si j'ai seize ans.

    Quand il y a un insecte qu'on n'aime pas, écrit Julia, on a le droit de crier et de partir en courant.

    On peut regarder des émissions enfantines sans que ce soit bizarre, écrit Emilie.

    Je peux me sentir comme une princesse, de temps en temps, écrit Alicia.

    La seule à penser comme Madame au même âge est celle qui porte un nom d'oiseau:

    Je voudrais être un gars parce que les garçons ont vraiment beaucoup d'avantages.

  • Sept garçons

    Je suis bien content d'être un garçon, écrit Saad, parce qu'on a la vie plus facile. C'est simple d'être un garçon. On profite bien de la vie.

    On ne doit pas avoir peur quand il est tard et qu'on marche seul dans la rue, écrit Viktor.

    Les garçons ne doivent pas se maquiller pour être beaux, écrit Felix, ils peuvent rester naturels.

    Les garçons ne sont pas si vite critiqués pour leur look, écrit Aaron.

    Ce n'est pas honnête, écrit Joris, mais ce sont les garçons qui ont tous les avantages dans notre société.

    Je constate que nous, les mecs, on a la vie plus facile, écrit Malek: on est plus souvent dans notre lit pendant que les filles font le ménage ou à manger. Et dans la rue, on n'a pas le problème d'être regardé par les hommes.

    Je suis content d'être un garçon, conclut Elie, le téléviseur est à moi quand il y a du foot. Et je peux dire ce que je veux sans être jugé.

  • Stupeur et tremblements de femme

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    ©Marion Pluss

    http://www.bricabook.fr/2015/03/atelier-decriture-169e-une-photo-quelques-mots/

    Non nous n'exagérons pas
    quand nous disons que nous en avons assez
    qu'on nous mette la main aux fesses
    qu'on nous fasse des gestes obscènes
    qu'on nous lance des mots triviaux

    Non nous ne sommes pas
    des "Juffrouwen Truttenbol"
    quand nous protestons
    contre les pubs sexistes
    les mains lestes et les propos salaces

    Non nous ne sommes pas offerte à tous
    sous prétexte que nous avons mis une robe courte
    ou que nous nous promenons seule

    http://wijoverdrijvenniet.org/
    http://wijoverdrijvenniet.org/in-de-pers/

    "trut" est le mot néerlandais pour "conne"
    "Juffrouw Truttenbol" pourrait se traduire par "Mademoiselle Connasse"

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     non je n'étais pas Charlie
    mais je suis à 100%
    Juffrouw Truttenbol

    pour ceux qui ont voulu arracher le maillot à la piscine
    pour ceux qui ont brutalement mis la main sur les seins au sortir de l'école
    pour ceux qui se sont collés au dos et aux fesses dans une file d'attente
    et pour tout ce que j'essaie d'oublier

  • F comme farine

    Elle balance ses jambes dans le vide et tout en elle respire cette volupté qui vous envoie au septième ciel ou en enfer. Ça dépend de votre religion.

    Son corps vous promet bien d'autres voyages que ceux des brochures du club Med', d'autres découvertes que le plus illustré des dictionnaires médicaux.

    - Alors, dis-moi... Qui est-ce qui a gagné, en fin de compte?

    Elle, c'est sa paresse qui la mènera en enfer. Mais elle a cette perfection du mouvement et la certitude d'être admirée, quoi qu'elle fasse.

    Tibo a remonté les marches, lentement, presque à reculons, sans la quitter des yeux, sans lui répondre. Il sait bien que sa conversation ne l’intéresse pas. Sous lui, la roue du moulin à eau tourne à grands fracas. Il a encore des tas de commandes à préparer pour demain et si le patron le surprend trop près de sa gamine...

    Son amour pour elle date du premier jour où il l'a vue. Quel âge avait-elle, alors? Treize ou quatorze ans, maximum, et une longue chevelure qui flottait librement jusqu'au ras de ses fesses. Etrange et troublant assemblage de femme et de fillette.

    Une promenade nocturne, voilà ce qu'il devrait lui proposer. S'il osait courir le risque d'un refus.
    Parfois il se fait peur. Parfois il se dit qu'il est prêt à toutes les folies pour cette lolita. Puis il la voit faire ses chatteries à tout homme qui passe, même au gros Hubert qui a le triple de son âge.

    C'est encore une enfant, se dit-il. Prenons patience.

    Et il retourne à ses sacs de farine.

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    photo que j'ai prise d'une photo
    (oui je sais la vie est inutilement compliquée, parfois Langue tirée)

     F comme farine, fiction et femme, bien entendu

  • G comme GIRLS & GUYS

    Je vous le dis tout de suite, Madame s'est un peu énervée.

    Elle a un compte fb qui lui permet de rester en contact avec de nombreux anciens élèves, qu'elle félicite pour leur anniversaire, encourage avant leurs examens, applaudit quand ils sont diplômés, gagnent un match, se marient ou ont des enfants.

    Toutes les occasions sont bonnes pour applaudir et féliciter.

    Sauf cette semaine, quand Madame a lu ceci:

    "More girls need to start searching for guys who have goals ambitions & crave success, because 10 years from now "swag" isn't going to pay your bills."

    Rien de grave, direz-vous, on voit des choses bien pires. Et c'est vrai. Mais il a fallu que Madame joue au prof, alors elle a réagi ainsi:

    "The girls" moeten vooral zorgen dat ze hun eigen "bills" kunnen betalen" (1)

    Et elle a ajouté un grand clin d'oeil Clin d'œil pour que le message n'agresse personne.

    A sa grande surprise, Madame a eu rapidement une cinquantaine de 'j'aime', ce qui n'a pas plu à l'"ami fb", qui s'est mis à jouer les Caliméro et à traiter tout le monde de pisse-vinaigre (2).

    Et ça, ça a énervé Madame. Mais elle s'est tue.

    Il faut parfois savoir s'arrêter de jouer au prof Langue tirée 

    ***

    (1) Les filles devraient surtout faire en sorte qu'elles puissent payer leurs propres factures

    (2) je l'emploie ici dans le sens flamand, en français on appellerait ça plutôt du vitriol

  • G comme gare au loup!

    Voilà bien longtemps déjà que je pense qu'il faudrait réécrire les contes de notre enfance pour en bannir toutes ces cruches de princesses juste bonnes à se mettre bêtement dans des situations impossibles puis à attendre qu'un charmant jeune homme vienne les tirer d'affaire.

    Comme cette idiote de Blanche Neige, "qui accepte la première pomme venue" (1) alors qu'on l'avait bien mise en garde encore le matin même et qu'elle savait pertinemment que sa belle-mère voulait la tuer.

    Mais il faudrait aussi s'occuper de la réhabilitation d'un autre personnage crucial de notre littérature enfantine: le loup.

    En effet, depuis la mi-janvier on nous annonce que bientôt le loup refera son apparition dans nos contrées.

    Et j'aimerais bien qu'il ne soit pas reçu à coups de fusil, de pièges coupe-pattes et autres remèdes exterminateurs.

    On en parle ici: http://www.demorgen.be/dm/nl/5381/Dieren/article/detail/1569112/2013/01/26/Natuurexperts-kijken-uit-naar-terug-komst-van-wolf.dhtml et un site a été créé pour lui faire bon accueil, www.welkomwolf.be, ce qui veut dire littéralement "bienvenue au loup".

    ***

    contes,nature,femme
    http://www.lafeltrinelli.it/products/9788807809613/Dalla_parte_delle_bambine/Elena_Gianini_Belotti.html

    (1) Il y a quarante ans déjà, Elena Belotti l'écrivait dans son "Du côté des petites filles" (publié en 1973 chez Feltrinelli sous le titre "Dalla parte delle bambine")

    Cappuccetto Rosso è la storia di una bambina al limite dell'insufficienza mentale che viene mandata da una madre irresponsabile per cupi boschi infestati da lupi per portare alla nonna malata panierini colmi di ciambelle. Con simili presupposti, la sua fine non stupisce affatto. Ma tanta storditezza, che non sarebbe mai stata attribuita a un maschio, riposa sulla fiducia che si trova sempre nel posto giusto al momento giusto un cacciatore coraggioso e pieno di acume pronto a salvare dal  lupo nonna e nipote.

    Le petit Chaperon rouge est l'histoire d'une fillette à la limite de la débilité mentale qui est envoyée par une mère irresponsable dans des bois sombres infestés de loups pour porter à sa grand-mère malade des petits paniers pleins de galettes. Avec de telles prémisses, sa fin n'étonne guère. Mais tant d'étourderie, qui ne serait jamais attribuée à un garçon, repose sur la confiance qu'il se trouvera toujours au bon endroit et au bon moment un chasseur courageux et plein d'initiative, prêt à sauver du loup la grand-mère et la petite-fille.

    Biancaneve è anche lei una stolida ochetta che accetta la prima mela che le viene offerta, per quanto sia stata severamente ammonita di non fidarsi di nessuno. Quando i sette nani accettano di ospitarla, i ruoli si ricompongono: loro andranno a lavorare, ma lei gli terrà la casa in ordine, rammenderà, scoperà, cucinerà, aspetterà il loro ritorno. Anche lei vive con la testa nel sacco, l'unica qualità che le si riconosce è la bellezza ma, visto che essere belli è un dono di natura nel quale la volontà di un individuo c'entra ben poco, anche questo non le fa molto onore. Riesce sempre a mettersi negli impicci, ma per tirarla fuori deve, como sempre, intervenire un uomo, il Principe Azzurro, che regolarmente la sposerà.

    Blanche-Neige est elle aussi une stupide petite oie qui accepte la première pomme offerte, alors qu'on l'avait sévèrement admonestée de ne se fier à personne. Quand les sept nains acceptent de la loger, les rôles se remettent en place: eux iront travailler et elle s'occupera du ménage, ravaudera, balaiera, cuisinera, attendra leur retour. Elle aussi vit sans réfléchir, l'unique qualité qu'on lui reconnaisse est la beauté, mais vu que c'est un don de la nature dans lequel la volonté de l'individu entre à peine, cela ne lui fait pas vraiment honneur. Elle réussit toujours à se mettre dans le pétrin et pour l'en sortir, comme toujours, un homme doit intervenir, le Prince Charmant, qui bien sûr l'épousera.

    (c'est moi qui ai joué au traduttore traditore Incertain)

    ***

    contes,nature,femme
    http://www.welkomwolf.be/node/238


  • L comme libres?

    Dimanche dernier sous mon toit (et au coin du feu Clin d'œil) nous étions trois générations de femmes sans homme.

    La plus jeune l'est par choix délibéré, choix qui m'inquiétait quand elle avait vingt ou vingt-cinq ans - j'avais peur qu'un jour vienne où elle le regretterait - mais à propos duquel je suis entièrement rassurée aujourd'hui.

    La plus âgée aurait préféré vieillir aux côtés de son mari, mais il était à peine arrivé à l'âge de la retraite quand la maladie l'a emporté, comme on dit pudiquement.

    Et au milieu il y a moi, dont vous connaissez l'histoire. (1)

    Trois femmes libres, pourrait-on dire.

    Pas dans le sens où l'entend Epictète (2), cependant, car des envies et des désirs, nous en avons encore beaucoup toutes les trois...

    ***

    (1) le plus drôle à ce propos, d'ailleurs, c'est que mes visiteuses ont un lien de parenté avec l'Homme-de-ma-vie, mais pas avec moi Rigolant

    (2) "Le bonheur ne consiste pas à acquérir ni à jouir, mais à ne rien désirer, car il consiste à être libre."

  • W comme wagon de train

    - Vous avez un goût très sûr pour vous habiller, lui souffla-t-il en se penchant légèrement vers elle dès qu'ils furent seuls tous les deux dans le salon du petit déjeuner.

    Elle ouvrit des yeux étonnés. Le regarda. Bien sûr, elle avait remarqué qu'il l'observait depuis un bon moment et qu'il la suivait du regard chaque fois qu'elle se levait pour aller chercher une tasse de thé ou un petit pain au chocolat. Alors elle lui dit simplement:

    - Merci.

    - Ce n'est pas dans mes habitudes, lui dit-il, de faire des compliments aux femmes.

    Ele esquissa un petit sourire qu'il prit sans doute pour une marque d'incrédulité.

    - Vraiment je vous assure que mon comportement présent est tout à fait contraire à ma nature. Normalement je garde ces pensées pour moi et jamais je n'aborde une femme inconnue.

    Elle releva les yeux vers lui. Probablement interrogateurs, car il ajouta:

    - Si je fais une exception aujourd'hui, c'est parce que je le pense vraiment. Et je voulais vous le dire. C'est si rare, de nos jours, une femme élégante.

    Elégant, lui l'était certainement, avec sa haute taille, ses cheveux légèrement grisonnants, son costume impeccable, ses mains soignées et sa cravate en soie. Alors pour clore la conversation elle redit une deuxième fois:

    - Merci.

    Et elle le planta là pour se diriger vers la gare.

    ***

    Il y a, paraît-il, des hommes qui ne comprennent pas les femmes.
    Mais il y a , très certainement, des femmes qui ne comprennent pas les hommes Clin d'œil

  • J comme journée de la femme

    Je suis désolée de voir, d'entendre et de lire que ça fait sourire certains...

    Je suis encore plus désolée de voir et d'entendre combien c'est un problème, même dans ma petite ville de ma petite province de mon petit pays où pourtant la couverture sociale est si bien organisée: oui, c'est encore trop souvent un problème d'être née fille.

    Justement, jeudi dernier, comme c'était la journée de la femme, je ne pouvais que faire le lien entre la date du jour et les différents cas que j'ai eus à traiter. Ils n'étaient pas neufs, bien sûr, mais précisément ce jour-là ils ont fait venir en moi un peu de colère.

    Si vous êtes prof et que vous constatez que Cindy est encore absente ou que Kimberly n'a toujours pas remis son devoir, vous pouvez vous énerver, sévir, coller des zéros, donner une troisième ou une quinzième chance. Vous n'êtes pas supposé savoir ce que Cindy, Kimberly, ou tant d'autres, vivent au quotidien dans ce lieu qu'on appelle "le foyer familial" et qui devrait être l'endroit où elles trouvent la paix et la sécurité.

    Mais souvent, les Cindy et les Kimberly ne trouvent la paix et la sécurité qu'à l'école.

    La maman de Kimberly est décédée il y a trois ans. Son père se laisse aller (euphémisme) et son frère fait les quatre cents coups (autre euphémisme). Kimberly travaille pour pouvoir joindre les deux bouts, fait les courses, la cuisine, tous les travaux ménagers. L'école, c'est quand elle a le temps et la santé. Parce que parfois il n'y a même pas l'argent pour payer une consultation chez le médecin. Le père et le frère ne manquent de rien, je vous rassure. Kimberly y veille.

    Cindy est une cendrillon pour sa maman, son beau-père, ses petits frères et soeurs. Parfois une Cindy se fait battre. Parfois une Cindy se fait violer. J'ai longtemps cru qu'il existait des lieux où l'on pouvait illico mettre en sécurité les petites cendrillons mais je me trompais. Les procédures sont lourdes, les places rares et la famille sacro-sainte. Souvent la courageuse petite se retrouve dans une situation pire qu'avant: on ne l'y reprendra pas à deux fois, à confier sa misère à une instance supposée la protéger.

    Et puis il y a quelques beurettes. Enfermées dans le carcan, étouffées sous l'éteignoir des règles et tabous, annihilées.

    Mon coeur a saigné jeudi dernier.

     

  • F comme flatterie

    Mesdames, attention! Un "petit manuel de séduction à l'usage des hommes" écrit par Jean Dutourd et qui était épuisé depuis longtemps vient d'être réédité.

    Or, voici le genre de conseils qu'il contient:

    « Seules les flatteries énormes, impudiques, incroyables sont efficaces. Les autres, les subtiles, les sincères ne servent à rien : elles passent inaperçues.

    Voici quelques modèles de flatteries vraiment productives :

    a) “Comme vous êtes belle.” (Se dit d'emblée, avant toute autre considération. Comparable au pilonnage de l'artillerie avant l'attaque. Frappe de stupeur. N'est jamais mis en doute. Se complète par : “Vous, les femmes ne doivent pas vous aimer beaucoup.”)

    b) “Vous êtes la femme la plus intelligente d'Europe.” (Ne peut guère se dire avant une petite demi-heure de conversation. L'amener par deux ou trois remarques de cet ordre : “Moi, je serais incapable d'aimer une femme bête.” “Je vous écoute depuis un quart d'heure : vous n'avez pas dit une seule bêtise.”)

    c) “Vous avez un instinct infaillible.” (Se dit dans tous les cas, absolument. D'un effet certain.)

    d) “Au fond, vous avez un caractère d'acier.” (S'accompagne ordinairement de : “Tout plie devant vous, rien ne vous résiste, etc.”)

    e) “Je vous crois capable de férocité terrible comme de bonté surhumaine.” (Pourquoi pas, hein ?)

    Ceci doit être prononcé avec le plus grand sérieux et appuyé de regards honnêtes. Vous êtes saisi. On ne pense pas à plaisanter quand on est saisi. »

    Le Petit Don Juan par Jean Dutourd, Bruxelles, Éditions Soliflor, octobre 2011

    Alors voilà, amies lectrices, vous êtes prévenues... vous en ferez ce que vous voudrez Innocent

     

    ça se passe comme ça


     

  • W comme Wangari Maathai...

    ... ou W comme wagon de train pour l'éternité.

    Wangari Maathai, décédée le mois dernier à Nairobi, est une femme pour qui j'éprouve une véritable admiration.

    Ce n'est que fin 2004 que j'ai su qui elle était, grâce à son prix Nobel. Depuis, chaque fois que je lis un article la concernant, je ne peux que me sentir toute petite devant une aussi grande dame, son engagement et son courage.

    Pour ceux qui voudraient se renseigner, voici un article paru dans Libération à l'occasion de l'obtention du Nobel de la Paix: http://www.liberation.fr/terre/0101504820-wangari-maathai-la-voix-des-forets

    Une interview réalisée en 2009 par Le Point:http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-04-02/special-vivre-ecolo-wangari-maathai-la-nobel-qui-plante-des-arbres/920/0/331616

    Un des nombreux articles parus à l'occasion de son décès le 25 septembre dernier: http://www.rfi.fr/afrique/20110926-kenya-deces-wangari-maathai-prix-nobel-paix-2004

    Et pour terminer, le site de son oeuvre, une ceinture verte pour la planète: http://www.greenbeltmovement.org/

    "Respect", comme diraient mes élèves...

     

     

  • C comme Courageuse Cynthia

    Cynthia a tout juste 18 ans.

    Elle chatte depuis de nombreux mois avec un jeune Ghanéen.

    Dans quelques jours elle s'embarque pour le Ghana. Toute seule. Elle qui n'a pour ainsi dire jamais voyagé.

    Elle prépare ce voyage depuis des semaines: formalités administratives, visites à l'ambassade pour le visa et au médecin pour les vaccinations...

    Elle a fait des jobs pour pouvoir financer son voyage, car l'avion est cher, les formalités administratives, les visites médicales, tout ça aussi coûte de l'argent; et elle a acheté des cadeaux pour la famille chez qui elle logera et aussi pour les enfants d'un orphelinat qu'elle ira visiter là-bas.

    Elle essaie d'apprendre un peu le twi pour pouvoir communiquer avec ceux qui ne parlent pas l'anglais.

    Aujourd'hui elle est fin prête pour la grande aventure.

    Et moi mon coeur tremble pour elle.

  • D comme décolleté

    Sur un forum, une jeune femme s'insurge contre le fait que des hommes lui font des "propositions malhonnêtes". Quelqu'un lui répond que ce n'est pas étonnant, vu la pose sexy qu'elle prend sur les photos qui ornent son profil, sans parler de la vue imprenable sur son décolleté plongeant...

    S'ensuit une discussion assez acharnée entre deux partis opposés:

    - il y a celles qui trouvent qu'une femme a le droit de montrer toute la chair qu'elle veut sans que pour cela des hommes doivent se croire permis de lui faire des propositions sexuelles

    - et celles qui pensent que l'image qu'une femme donne d'elle-même a son importance et qu'il est en effet dangereux de se la jouer sexy, que ce soit sur internet ou dans la vie réelle.

    Cependant une chose met tout le monde d'accord, les Américaines, les Européennes, les Asiatiques, les bouddhistes, les musulmanes... : il paraîtrait que les hommes sont pareils partout Clin d'oeil

    Ben tiens, tu m'étonnes!