fiction

  • W comme wagon de train

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    Les trains assourdissants autour de moi hurlaient. 
    Grand, mince, pâle, la crinière impétueuse, 
    Le regard baissé, la bouche voluptueuse 
    Qu'une barbe comme celle du Ché ourlait, 

    Il avait l'air noble et absent d'une statue.
    Moi, je passais, nerveuse et crispée, espérant
    Voir dans son œil, beau regard sombre et conquérant,
    La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

    Jour après jour, cette fugitive beauté 
    Tant de sentiments divers en moi faisait naître, 
    Et mille vains espoirs qu'on ne pouvait m'ôter. 

    Un jour, sur ce quai... Qui sait? ou jamais peut-être! 
    Il m'abordera, demandera où je vais...
    C'est ce que je pensais et mon mal s'aggravait.  

    *** 

    peinture et consignes chez Lakévio, que je remercie! 

    vous aurez reconnu le schéma des rimes de la Passante de Baudelaire cool

  • D comme désuet

    jeu,fiction,souvenirs d'enfance

    Dès potron-minet, après de courtes ablutions, ils partaient, l'humeur primesautière et la tête pleine des mirifiques choses qu'ils feraient là-bas, dès leur arrivée, en récompense des moult kilomètres avalés. 

    Le petit frère embarquait toujours subrepticement quelques jouets de plus dans la voiture déjà pleine à craquer. Leur père le subodorait mais préférait épargner ses forces pour fustiger tous ces paltoquets, ces gougnafiers, ces pleutres mous du volant qui avaient choisi de prendre la même route le même jour que lui. 

    Plusieurs fois, la gamine vérifiait si le billet de 20 francs reçu du grand-père était toujours bien plié en quatre dans son escarcelle. Le petit frère jouait à la guerre en faisant tous les bruitages puis à brûle-pourpoint s'enquérait: "c'est encore loin?". 

    Leur pusillanime mère se gardait bien d’intervenir jusqu’à ce que le père, excédé, intime le silence. Mais toujours le petit frère prenait ses menaces pour galéjades et poursuivait allègrement ses calembredaines. 

    "C’est encore loin?" répétait-il au moment même où on lui promettait punitions et fessées, prouvant par là qu’il n’y voyait que rodomontades. 

    Au bout de douze heures de route, ils finissaient tout de même par arriver au pays des vins gouleyants, vénus callipyge et commerçants chafouins qui la nuit peignaient "NL go home" sur toutes leurs départementales et le jour vendaient du pastis aux NL en leur faisant croire que c’était du cognac. 

    *** 

    merci à Filigrane pour ce jeu où il fallait utiliser 10 des 20 mots désuets suivants: 

    ablutions, brûle-pourpoint, calembredaines, callipyge, chafouin, escarcelle, fustiger, galéjade, gougnafier, gouleyant, mirifique, moult, paltoquet, potron-minet, pleutre, primesautier, pusillanime, rodomontades, subrepticement, subodorer 

    *** 

    photo prise à l'expo Hergé 

    dessin pour le Lotus bleu

  • N comme naïve

    Elle s'affale dans le fauteuil où il est installé depuis qu'il est rentré du travail. 

    - Je suis fourbue! dit-elle dans un souffle. 

    Il pose une main sur ses cuisses, sans lever les yeux de sa lecture. 

    - Je me demande bien de quoi, répond-il. 

    Alors elle se tait. 

    C'est ce qu'elle a toujours le mieux su faire. 

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     tableau et consigne chez Lakévio que je remercie

  • Quel cadeau lui faire?

     Quand j'ai couru porter un collier de perles à Eurypyle 
    La belle, la traîtresse en avait un en vrais diamants 
    Avec mon p'tit collier, j'avais l'air d'un con, ma mère 
    Avec mon p'tit collier, j'avais l'air d'un con 

    Quand j'ai couru porter mes rubans d'soie à Eurypyle 
    La belle, la traîtresse avait déjà fini d's'coiffer 
    Avec mes p'tits rubans, j'avais l'air d'un con, ma mère 
    Avec mes p'tits rubans, j'avais l'air d'un con 

    Quand j'offris pour étrenne un poudrier à Eurypyle 
    La belle, la traîtresse avait déjà du rose aux joues 
    Avec mon poudrier, j'avais l'air d'un con, ma mère 
    Avec mon poudrier, j'avais l'air d'un con 

    Quand j'ai couru tout chose au rendez-vous d'mon Eurypyle 
    La bell' posait toute nue pour un sal' typ' qui la peignait 
    Avec mon bouquet d'fleurs, j'avais l'air d'un con, ma mère 
    Avec mon bouquet d'fleurs, j'avais l'air d'un con 

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    tableau et consigne chez Lakévio

     (n'est-ce pas incroyable?
    voilà exactement 52 ans
    que l'ami Georges chantait cette chanson de la vidéo!)

  • D comme dehors!

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    source de la photo, en toutes lettres, pour que vous puissiez apprécier les connaissances grammaticales du journaliste: 

    http://www.sport365.fr/ski-alpin-insolite-filles-de-lequipe-de-france-se-devetissent-pouvoir-partir-stage-2652571.html 

    *** 

    - Moi, dit Aurélien, je suis dingue de sport! C'est pour ça que je me suis tout naturellement orienté vers le journalisme sportif. 

    - Mouais, mouais, fait la rédactrice en chef, qui a précisément sous les yeux sa dernière bafouille pour le site sportif où il a sa petite rubrique. Je vois, je vois. 

    - J'adore mettre mon nez dans les coulisses et faire découvrir les faces cachées, poursuit Aurélien, sans se rendre compte qu'il ne fait que s'enfoncer un peu plus.

    - Etant donné que vous m'avez été recommandé - elle se refuse à dire "pistonné" - je vais vous donner l'occasion de faire vos preuves. 

    C'est ainsi qu'Aurélien s'est retrouvé à suivre des tournois de golf avec quelques éminents confrères.

    Pendant que les autres profitaient de l'été austral, il potassait sa grammaire.

    A son retour, la rédactrice en chef lui avait promis une interrogation écrite sur les conjugaisons.   

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     toile de Hopper et jeu de Lakévio

     

  • X c'est l'inconnu

    Tu vois cette photo, mon fils? Tu vois ces murs si hauts et cette rue étroite, comme pour empêcher le soleil de l'atteindre? 

    Ta grand-mère, le soleil, elle l'aimait. Elle ouvrait ses volets, elle ouvrait ses fenêtres. Les bruits de la rue aussi, elle les aimait. 

    Et puis tu vois, il est écrit "Epicerie". Ça, c'est nous, notre famille, c'est notre nom: El Attar. 

    Quand ton aïeul a dû se choisir un nom pour l'état-civil, il a choisi celui qui désignait son métier, le vendeur d'épices.  

    Toi, l'épicerie de la photo, tu ne l'as jamais connue, bien sûr. Il y a longtemps que ton grand-père a fermé sa boutique. 

    Mais c'est là, dans cette rue-là, que dans les années soixante il a été "l'Arabe du coin", celui qui est ouvert le dimanche. 

    Tu comprends maintenant pourquoi je tiens tellement à cette "vilaine photo", comme tu dis? 

    C'est notre histoire, mon fils. 

    C'est ton histoire.

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    source et consigne chez Lakévio

  • R comme rengaine

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    En ouvrant sa porte, Maria a vu cette marée de parapluies. 

    - Zut! il pleut! 

    Elle a vite saisi le sien, l'a ouvert et a emboîté le pas à tous ces gens qui défilent dans les deux sens, la tête rentrée dans les épaules, les yeux fixés au sol pour éviter de marcher dans une flaque. 

    - Revoilà les jours sombres, disent les uns. 

    - On est repartis pour des semaines de grisaille, marmonnent les autres. 

    - La pluie, quand ça commence, ça ne s'arrête plus. 

    - Triste temps, triste pays! 

    Maria ne peut s'empêcher de sourire en entendant ces rengaines qui reviennent dans toutes les conversations chaque fois qu'une goutte d'eau tombe. 

    Arrivée à la grand-place, elle cherche des yeux son amie Nicole, avec qui elle a rendez-vous. La voilà, qui lui tourne le dos. Maria sourit en voyant cette grande distraite qui n'a de nouveau rien prévu pour se protéger de l'intempérie. 

    - Nicole! Viens vite te mettre à l'abri! 

    - A l'abri de quoi? 

    Ce n'est qu'en tendant son parapluie à son amie que Maria se rend compte qu'il ne pleut pas.

     

    *** 

    consigne et tableau chez Lakévio 
    que je remercie. 

  • K comme Krapoverie

    La journée avance et le bus avec les grands-parents n'est toujours pas en vue. Ernest n'a plus un radis et il ne reste quasiment rien du petit pécule de Bernadette. Vont-ils pouvoir planter leur tente quelque part dans les environs? C'est douteux! Ils ont déjà eu l'occasion de remarquer que rien - ou presque - n'est gratuit à Lourdes. 

    - On pourrait essayer les maisons religieuses, propose Bernadette, jamais à court de bonnes idées. Séparément, bien sûr! parce que ça m'étonnerait que les bonnes sœurs acceptent de nous loger ensemble. 

    Où trouve-t-elle encore la force de rire, se demande Ernest, qui devient plus sombre d'heure en heure, lui qui n'était déjà pas franchement gai pendant le voyage. 

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    Ils finissent par trouver une congrégation posant pour la photo souvenir comme un jeu de quilles, en quinconce et d'une symétrie tirée au cordeau. 

    - On dirait ma grand-tante Gudule et ses copines, s'esclaffe Bernadette. Celle qui est chez les bonnes sœurs à Lokeren. Attends-moi là, je vais me renseigner. 

    Malheureusement, ce n'étaient pas des Flamandes, mais des Polonaises. 

    - Tant pis, dit Bernadette, retournons dans le centre... 

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     C'est là qu'ils tombent enfin sur le groupe de touristes belges avec le grand-père, la grand-mère, le chauffeur du bus et un tas d'inconnus: tout le monde pose gravement devant un des autels extérieurs. 

    - Qu'est-ce que je suis contente de vous voir, tous les deux! s'écrie Bernadette en se jetant au cou de son grand-père et de sa grand-mère. Venez que je vous présente Ernest.  

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    C'est ainsi qu'Ernest, en prenant congé des grands-parents de Bernadette trois jours plus tard, a appris une petite phrase essentielle pour la suite des événements le concernant: 

    - Il faut vraiment que j'y aille, dit-il en remerciant une dernière fois le grand-père. Mes affaires m'attendent! 

    - Ah! s'exclame le grand-père, vous avez bien raison, mon garçon: les affaires, c'est comme les brouettes! Quand on ne les pousse pas, elles s'arrêtent! 

    - Merci, je m'en souviendrai, dit Ernest. 

    ***

    c'est avec cette photo chez Joe Krapov que tout a commencé 

    cool 

    le premier épisode est ici 

    toutes les autres photos proviennent des archives de mes grands-parents

  • J comme joueur

    Il semblait si tranquille, en bordure du terrain. Les mains dans les poches, la casquette à carreaux bien vissée sur le crâne, il se taisait. C’est tout juste si parfois il hochait la tête au commentaire de ses voisins.

    Eux n’hésitaient pas à élever la voix, à interpeller violemment les joueurs des deux camps, à crier des injures en menaçant du poing dès qu’ils croyaient voir une faute ou une maladresse.

    Lui semblait toujours si tranquille.

    Peut-être parce que lui seul, parmi tous ces spectateurs surchauffés, connaissait le jeu de l’intérieur.

    Lui seul, autrefois, s’était trouvé à la place des joueurs. 

    père,fiction,leuze

    *** 

    ce texte écrit en 2014 est une fiction 

    père,fiction,leuze

    dont le personnage ressemble à mon père 

    wink

  • 7 choses

    Quand elle a vu cette vieille Remington, elle n'a pas réfléchi, pas pensé qu'elle n'avait jamais appris la dactylographie: elle s'est juste souvenue de l'interview de Dany Laferrière, son idole, lue le matin même dans le bus en allant au travail. 

    Elle ferait comme lui et écrirait son premier livre, sa première oeuvre, son premier best-seller exactement comme lui, à un ou deux doigts, sur une machine identique. 

    Elle avait déjà le papier bleu comme Colette, les carnets de moleskine comme Hemingway, l'encre et la plume sur un pupitre comme Hugo, les plans détaillés et minutieux comme Flaubert.  

    Maintenant que tout était en place, ça devait marcher. 

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    Ce n'est qu'au moment où elle s'est installée - avec force cafés, oui, comme Balzac - qu'elle s'est aperçue que sa Remington n'en était pas une: elle était en caractères cyrilliques. 

    ***

    sources possibles de l'image ici 

    encore un coup de l'experte Adrienne 

    qui a cru, erronément, 

    que cette photo était celle de la consigne de la semaine 

    chez Bricabook

    tongue-out

  • Derniers potins

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    Généralement, c'est ma bonne qui m'emmène au parc. Elle discute si fort avec les autres bonnes que je peux aller jusqu'au bassin, je les entends encore. Elles ont des conversations peu intéressantes sur leur amoureux et très instructives sur nos mamans et nos papas. Elles oublient un peu qu'on est là et qu'on a des oreilles mais on joue en faisant semblant de rien.

    Parfois, c'est maman qui m'emmène au parc. Ces jours-là, elle retrouve son amie Clotilde et je fais mes pâtés de sable le plus près possible pour ne rien perdre de leur conversation. Même si elles se parlent tout bas, même si Clotilde me tourne le dos, je n'en perds pas une miette, surtout quand elles parlent des bonnes et des papas. 

    Ces jours-là, je peux garder mes gants pour faire mes pâtés de sable - je n'aime pas avoir ces grains qui collent sous les ongles - maman ne le remarque même pas! 

    tableau et jeu chez Lakévio 
    que je remercie!

  • T comme Torrinha

    Lui, c'est Dirk. Son père possède une supérette dans une station balnéaire belge. Il est prévu qu'il reprenne l'affaire dès que possible: il est l'unique héritier et il est prêt. Depuis toujours. 

    Elle, c'est Lurdes. Ses parents, ses jeunes frères et sœurs habitent un village de chèvres dans la montagne. Elle termine ses études d'hôtellerie et fait un stage à Funchal. 

    Là-bas, dans le bateau qui s'éloigne, il y a Dirk. Il se dit qu'il reviendra. Il se dit qu'il convaincra son père. Qu'il a trouvé la femme de sa vie. Qu'il a quelques mois devant lui pour apprendre le portugais. 

    Là-haut, sur la route de Torrinha, il y a Lurdes. Elle se dit qu'il reviendra. Elle se dit qu'elle convaincra ses parents. Que son avenir est dans ce pays inconnu. Qu'elle doit commencer à apprendre le néerlandais. 

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    photo et atelier de Leiloona

  • O comme Ophélie

    Elle s'arrête net au milieu de la place. Qu'a-t-elle vu là de si intéressant, tout à coup? Des pigeons? 

    Personne ne fait attention à elle. Quelques touristes se reposent sur un banc à l'ombre du musée. Trois jeunes gens flirtent au soleil. Un homme les observe, attiré par la jeune fille aux bras nus, aux longs cheveux bouclés. 

    Au milieu de la place, la petite ne bouge pas, n'entend pas la voix de l'homme qui crie son nom, qui s'approche à grands pas. Dans sa robe volantée, trop longue, trop large, avec ses cheveux emmêlés qu'elle n'a pas laissé coiffer ce matin, elle se tient immobile, le visage grave, fermé. 

    Arrivé à sa hauteur, l'homme passe le sac de voyage dans sa main gauche et attrape la petite par la main droite, un peu rudement. Elle sursaute, lève les yeux vers lui. 

    - Et maintenant, tu donnes la main et tu ne t'encours plus, compris? 

    Plus vite il serait débarrassé de cette corvée, mieux ce serait. 

    Jamais il n'avait eu à convoyer une orpheline aussi sauvageonne et impénétrable. 

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    merci à Leiloona

  • M comme Muanza

    Quand l'ascenseur s'est arrêté pour Muanza au premier étage, il y avait déjà trois autres personnes dans la cabine, un vieux monsieur et une dame tenant un petit garçon par la main. 

    - Regarde, maman! Il est tout noir, le monsieur! 
    - Chut, a dit la mère en lançant un regard gêné vers Muanza, qui s'est placé dans un coin après avoir appuyé sur le bouton du 8e. 

    Son téléphone a sonné. C'était Rosemund, évidemment.

    - Il parle une drôle de langue, le monsieur tout noir, a dit le petit garçon. C'est de l'anglais, ça, maman? 
    - Chut, a répété sa mère. Ne dis pas ça, non ce n'est pas de l'anglais. 

    Dans l'autre coin, le vieux monsieur rigolait doucement en regardant Muanza, quand tout à coup, après quelques hoquets, l'ascenseur s'est arrêté entre deux étages. 

    - Ça y est! s'est exclamé le vieux monsieur. C'est la panne! 
    - C'est la faute du monsieur tout noir? a demandé le petit. 
    - Chut, non, ne dis pas ça, a soufflé la mère en regardant Muanza avec inquiétude pour la troisième fois. 

    Celui-ci tapotait sereinement son clavier pour appeler Atuahene, qu'il les tire de là, quand la lampe s'est éteinte dans la cabine. 

    - Je ne veux pas rester dans le noir avec ce monsieur tout noir! a gémi l'enfant. J'ai peur! 
    - Ce n'est rien, a dit la mère, tu verras, ça ne va pas durer longtemps. 
    - C'est l'affaire de quelques minutes, a renchéri le vieux monsieur. 

    L'enfant s'est mis à hurler: 
    - C'est la faute au monsieur tout noir! 

    L'ascenseur s'est ébranlé, la lampe s'est rallumée. 
    - Ouf! a dit Muanza. La dernière fois, on est restés bloqués plus d'un quart d'heure! 

    C'est alors que la mère a donné une taloche à son gamin. 
    Il n'a jamais compris pourquoi. 

    ***

    écrit pour la consigne 402 des Kaléïdoplumes 

    "Panne d'ascenseur" 

  • K comme Krapoverie

    Ernest et Bernadette ont vainement fait deux fois le tour des lieux de dévotion à pied, le vélo à la main, scrutant la foule pour essayer d'y retrouver deux visages connus. 

    - C'est bien joli tout ça, soupire Bernadette, mais j'aimerais enfin tomber sur mes grands-parents et rentrer en bus avec eux! Je n'ai pas envie de refaire tout le voyage du retour à bicyclette! 

    - Ni moi, dit Ernest. J'ai les fesses en charpie. Et mes affaires m'attendent... 

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    Pendant qu'Ernest et Bernadette tournicotaient entre la grotte et l'esplanade de la cathédrale, les grands-parents posaient tranquillement devant le bus qui avait amené sa petite colonie de Belges à une des étapes obligées du voyage à Lourdes, le cirque de Gavarnie. Le grand-père tenait fièrement sa toute nouvelle canne de randonneur, munie d'une pointe en fer. Elle ne lui servirait qu'à monter les trois marches du café des Pèlerins, où il avait repéré qu'on servait de la Stella. 

    Mais n'anticipons pas... 

     

    ***

    tout a commencé avec cette photo:

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    photo, consigne et texte chez Joe Krapov, que je remercie! 

    les autres photos proviennent des archives de mes grands-parents

  • H comme heure bleue

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    Une table minuscule, un petit cendrier de verre, une couchette dans le coin de l'unique pièce. 

    Deux croûtes de fromage, un verre vide, la bouteille d'un litre soigneusement rebouchée, une carafe d'eau. 

    Une fenêtre sur cour et le froid qui s'infiltre par tous les interstices. Le froid, le bruit et les odeurs. 

    Sauf en cet instant magique. C'est l'heure bleue.

    *** 

    fiction écrite pour le jeu et le tableau de Lakévio

  • B comme beau temps pour une balade!

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    - Pour finir les vacances en beauté, avait dit papa, on va passer le dernier week-end dans les Cornouailles. 

    - Nous irons visiter le château de Tintagel, avait ajouté maman, comme si on avait besoin d'un argument supplémentaire pour être d'accord de partir en week-end. 

    On est partis vendredi soir tous les cinq, avec la caravane. Papa dit que c'est bien, la caravane, qu'on est plus libre et qu'on a tout le confort comme chez soi. Alors il regarde maman et maman regarde ailleurs. 

    - Vous voyez cet endroit magnifique? a dit papa en se garant sur une aire de pique-nique. Voilà ce qu'on n'a pas, quand on est à l'hôtel! 

    Il a de nouveau regardé maman qui a regardé ailleurs. 

    On s'est installés pour la nuit. La table et les bancs étaient en bois et un peu verts de mousse mais ce n'est pas grave, on a mis nos cirés, on a mangé nos sandwiches et on s'est couchés. 

    Il faisait encore noir quand papa nous a réveillés. 

    - On va faire un jeu de nuit comme chez les scouts? j'ai demandé, mais il n'a pas répondu. 
    - Mettez vos bottes et vos cirés, a dit maman. 

    Papa nous a portés jusque sur la table de pique-nique, il a même porté maman. On était là tous les cinq, debout sur la table, papa regardait le ciel sur sa gauche, maman sur sa droite, mon frère ne savait pas où regarder et s'agrippait à la ceinture de papa. Moi je regardais ma petite soeur, qui continuait à bâiller et à dormir, avec le foulard de maman qui glissait de ses cheveux. 

    Derrière nous, les roues de la voiture et de la caravane étaient déjà sous l'eau. 

    - C'est vrai, a dit maman, que tout ça, à l'hôtel, on ne l'aurait pas eu. 

    Mais je n'ai pas bien compris si en disant ça, elle donnait raison à papa. 

    ***

    écrit pour le tableau chez Lakévio 

  • V comme vue

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    Leïla  

    Tu dansais petite fille 
    Danseras-tu mère-grand 
    Dans le tourbillon de la vie 
    Bientôt les hommes reviendront 
    Il faudra bien qu'on te marie 

    Les masques sont silencieux 
    Et la musique est si lointaine 
    Qu’elle semble venir des cieux 
    Chaque jour apporte ses peines 
    Et ses problèmes pernicieux 

    Les brebis s’en vont dans la neige 
    Flocons de laine et ceux d’argent 
    Des soldats passent et que n’ai-je 
    Quelques mots plus encourageants 
    Que puis-je faire que sais-je

    Sais-je où s’en iront tes cheveux
    Crépus comme mer qui moutonne
    Sais-je où s’en iront tes cheveux
    Et tes grands yeux tristes d'automne 
    Tu le sais bien ce que tu veux 

    Leïla ma petite Syrienne 
    Comment ne pas baisser les bras 
    Le fleuve est pareil à ta peine
    Il s’écoule et ne tarit pas 
    Quand donc la paix reviendra

    *** 

    écrit sur le schéma du poème de Guillaume Apollinaire, Marie, in Alcools

    *** 

    pour Lakévio

  • T comme triplication

    Ecoute, faut que je te dise un truc. Non, vraiment, faut que je te raconte, faut que tu m'écoutes, j'en peux plus... 

    Tu sais, Wivine... Tu te souviens de Wivine? Je t'ai déjà parlé d'elle, tu te rappelles? Celle qui vient fumer avec moi pendant la pause. Celle qui a deux gosses surdoués. Celle qui dit du mal de tout le monde... 

    Tu sais pas ce qu'elle m'a dit? Tu devineras jamais! Tu vas pas le croire! Vraiment, j'en suis malade, j'en suis toute tourneboulée. J'en peux plus de cette bonne femme! 

    Parce que là, c'est pire que tout. Là vraiment ça dépasse tout... ça me tue, ça m'a sciée.

    Bon, alors écoute. Tiens-toi bien. Tu es bien assise?

    Wivine, qui a mis la pagaille dans tout le service, qui a obtenu que tout le monde soit en dispute avec tout le monde, qui a complètement bousillé la bonne ambiance qu'on avait avant son arrivée...

    Et bien, cette Wivine-là, cette sangsue, cette vipère, cette sorcière...

    c'est notre nouvelle directrice. 

    *** 

    texte de fiction

    la consigne était: 

    Quelqu'un raconte un cancan et utilise à outrance une figure de style. 

    J'ai choisi la triplication, qui consiste à répéter à trois reprises, soit un mot, soit une syntaxe, soit un rythme de phrase. 

     

     

  • Question existentielle

    - Tu portes encore ton uniforme! soupire sa mère sur ce ton excédé dont elle lui parle la plupart du temps. 

    "Ton uniforme", c'est le T-shirt noir et le jean, sa tenue préférée en toute saison. Seule concession à la météo, les T-shirts ont parfois des manches et s'il fait vraiment très froid, elle rajoute un pull. Noir aussi, évidemment. 

    - Et dire qu'il y a tant de jolies choses dans ton armoire! l'entend-elle encore gronder au moment où elle passe la porte. 

    "De jolies choses", ces jupettes et ces falbalas, ces couleurs écœurantes, ces trucs à vomir? 

    - Juste une question, dit-elle en se retournant vers sa mère. Donne-moi une bonne raison, une seule raison VALABLE, pour laquelle je devrais m'habiller autrement! 

    Comme elles en discutent déjà depuis ses quatorze ans, elles ont eu le temps de faire le tour des arguments maternels: elle est bien tranquille, aucun n'est valable à ses yeux.

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    Ce mois-ci, la question existentielle que m'inspire le tableau de chez Lakévio cool est: 

    a-t-on le droit de s'habiller comme on le veut?

  • O comme odieux

    Les propos machistes, misogynes, sortent de sa bouche comme des ukases, des évidences. 

    Ses manières sont brutales, vulgaires. 

    Son vocabulaire est au niveau du comptoir du café de la gare. 

    Que voulez-vous, c'est là qu'il est né, et sa mère préférait qu'il l'aide au bar au lieu qu'il perde son temps à l'école. 

    L'hygiène corporelle n'est pas son point fort: il n'y a jamais eu de salle de bains chez eux ni même de dentifrice. 

    Alors il ne comprend pas pourquoi, quand il s'étale sur la banquette du bus, la femme à côté de lui se lève et va s'asseoir ailleurs... 

    *** 

    texte de fiction 

    la consigne était: 

    créez un personnage odieux, désagréable, tout en le rendant sympathique (ou faire en sorte qu'il suscite l'empathie) 

  • L comme lieu public

    Depuis que la fille aînée de Paula lui a annoncé qu'elle attend un bébé, Paula ne décolère plus. Elle qui, ces derniers mois, s'ingéniait à peaufiner une histoire crédible pour son entourage, une belle histoire de beau mariage avec un beau parti, voilà que cette grossesse risquait de la ridiculiser définitivement: de quoi elle aurait l'air si les amis et la famille découvraient la vérité? Fallait espérer que sa fille reste à Bruxelles avec son nègre et n'aurait pas l'idée de venir montrer ce petit bâtard! Cette idée la révulsait et tout en scannant mécaniquement les livres qu'on rapportait à la bibliothèque, elle réfléchissait à un nouveau plan d'action... 

    Dans le rayon des guides touristiques, Sohaib hésitait en se passant rêveusement les doigts dans sa jeune barbe: fallait-il prendre ce Routard Finlande de 2010, déjà fort daté, ou ce Lonely Planet de 2015? 

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    Assise au niveau de la lettre B, Marie-Jeanne vérifiait s'il n'y avait pas un volume de Janine Boissard qu'elle n'avait pas encore lu. Celui-ci, peut-être, dans lequel ses petits-enfants l'appellent au secours? 

    Dans le coin des ordinateurs, Simon grattait machinalement les croûtes qu'il avait au front et sur la joue droite. Il aurait encore quelques cicatrices de plus mais rien ne l'empêcherait de continuer le skate avec son copain Roy. Le skate et le groupe de rock, sa seule liberté: sa copine décidait de son look - vêtements, coupe de cheveux - et ses parents de son avenir. Ils venaient de l'inscrire en droit, lui qui rêvait d'être instituteur et avait un don réel avec les enfants. 

    C'est à ce moment-là que le portable de Sohaib a sonné. Les mains encombrées par les guides touristiques qu'il était en train de comparer, il a mis quelques secondes de trop à le sortir de sa poche. Toutes les têtes s'étaient déjà tournées vers lui. Tout le monde a entendu cette musique psalmodique et tout le monde l'entend s'énerver à mi-voix en arabe. 

    Cette musique, cette langue, sa jeune barbe, toutes les apparences sont contre lui. 

    *** 

    texte de fiction 

    la consigne était: choisissez un lieu public et mettez-y trois ou quatre personnages - il doit s'y passer quelque chose d'anodin

  • J comme j'arrête

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    Quand elle est descendue à la cuisine, ce matin-là, bien sûr elle a vu les taches de café répandues à côté du fourneau. Elle a vu les minuscules brins de tabac échappés au bourrage de la pipe. Le bouton de col tombé par terre. Elle ne s'en est pas inquiétée. 

    L'été est fini et elle sait qu'il n'aime pas gaspiller les bougies ou la lampe à pétrole. Il préfère se débrouiller dans la semi-obscurité. Pas besoin de voir très clair, ses bottines, sa cartouchière et son fusil sont prêts depuis la veille. Jamais il n'a manqué l'ouverture de la chasse. 

    Elle s'étonne de le voir assis à la table de la salle à manger. Dos voûté, regard dans le vide, c'est une attitude qui ne lui ressemble pas. Ô mon papa, pense-t-elle avec attendrissement, à peine un cheveu gris, la moustache blonde, toujours fort et vaillant à l'ouvrage... et maintenant ça! 

    Elle le voit se tordre les mains en silence. Ses mains, ses mains fortes et sûres de paysan, ses mains ne lui obéissent plus. Depuis quelque temps, il lui est devenu impossible de verser du café sans en renverser, de bourrer sa pipe d'un seul doigt, de fermer son bouton de col. 

    Il s'en trouve humilié. 

    - C'est fini..., j'arrête, dit-il à sa fille qui est venue s'asseoir silencieusement à table en face de lui. 

    Cette année, la saison de la chasse s'est ouverte sans lui.  

    ***

    fiction d'après un tableau de James Ormsbee Chapin chez Lakévio

  • H comme héros

    - Moi, dit-il, je serais Dédé-la-Terreur. Aujourd'hui, je vais organiser l'attaque du wagon postal. Et toi, tu serais le machiniste, d'accord? 

    - D'accord. 

    - Alors avec mon colt je vais t'obliger à arrêter ta locomotive et puis je vais t'attacher les pieds et les mains avec mon lasso. 

    - Bon... Mais avant que tu me ficelles comme un saucisson, si on mangeait une petite mousse au chocolat? 

    Elle n'attend pas la réponse pour ouvrir son frigo et retourne au jardin avec deux coupes. Ce gamin va la rendre gaga avec ses jeux mais elle le trouve attendrissant, dans ce vieux veston de son défunt mari, avec son revolver en plastique jaune et son chapeau mou qui lui tombe sur les yeux. Il chevauche la tondeuse à gazon en tenant des rênes imaginaires et en donnant de fougueux coups d'éperons. 

    - Là! s'écrie-t-elle. Là! une coulée de boue! Le train va dérailler! 

    C'est plus fort qu'elle; elle ne peut s'empêcher, chaque mercredi après-midi, d'apporter son grain de sel au scénario qu'il a imaginé. 

    *** 

    texte de fiction 

    la consigne était

    - de créer deux personnages dont le nom serait Dédé-la-Terreur et Joséphine Delacour 

    - d'utiliser les mots saucisson, chapeau et tondeuse à gazon 

    fiction,jeu

  • F comme fin

    Le matin du 19 mars, elle a libéré un mètre carré du potager. Entre les derniers poireaux et les choux de Bruxelles, elle a semé deux rangs de radis ronds et de laitue à couper, comme il le lui avait demandé la veille: 

    - Demain, avait-il dit comme chaque année à la même époque, demain c'est la Saint-Joseph. N'oublie pas de semer de la salade et des radis. 

    Ce travail fait, elle a soigneusement nettoyé ses outils et les a rangés avec ses bottes, dans la cabane. 

    A la maison, elle a replié le linge sec, repassé une dizaine de chemises et refait le pli des pantalons. Ciré et fait reluire des chaussures. Elle sait combien tout ça est important pour lui. 

    Pour le repas du soir, comme on était vendredi, elle avait prévu du poisson. Elle ferait une purée et des épinards. Avec un beurre blanc ou une sauce mousseline. Une bouteille de riesling était au frigo depuis le matin. 

    Ce soir-là, il est rentré tard, comme d'habitude. Il s'est mis à table après un rapide baiser et a ouvert son journal. 

    Il a quand même fini par s'apercevoir qu'il mangeait seul. Alors il a dit: 

    - Tu viens? 
    - Non. 
    - Tu fais quoi? 
    - Je pars. 

    fiction

    les cotylédons de radis sont vrais, 
    le texte est une fiction tongue-out 

    La consigne était: 

    Placer un mini-dialogue dans un texte narratif 

     

  • Stupeur et tremblements

    - Salut, Patrick! 

    - Salut, Huguette! Tu as pensé à moi? 

    - Mais oui, ne t'inquiète pas. 

    - Bonne récolte? 

    - Très bonne! Il y en a bien un demi-kilo qui t'attend. 

    - Super! Magnifique! J'approche du but. 

    - Il t'en faut combien, encore? 

    - Encore deux ou trois kilos, je pense. Cinq maximum. 

    - Et tu vas transporter ça comment? 

    - Ben... dans une brouette. 

    - Tout ça ira dans une seule brouette? Une géante, alors! 

    - Non, bien sûr, il m'en faudra deux. J'ai un copain qui va m'aider pour le transport. 

    - Qui ça? Je le connais? 

    - Non, je ne crois pas, non. Un copain du boulot. 

    - Ah bon. Et tu es sûr de ton affaire? Tu ne dois pas tout recalculer, recompter...? 

    - Non, ça va, j'ai tout noté au fur et à mesure. 

    - Ah oui, super! Superbien organisé. Qu'est-ce que j'aimerais être là pour voir leur tête, quand tu vas t'amener avec tes deux brouettes pleines de centimes d'euro! 

    *** 

    fiction, actualité, Belgique, Flandre

    texte de fiction basé sur le fait divers suivant: 
    http://www.7sur7.be/7s7/fr/1504/Insolite/article/detail/352386/2008/07/18/Il-a-paye-sa-facture-Electrabel-avec-215-kilos-de-centimes.dhtml

  • P comme potverdekke!

    - ça va, Georges? 

    - ça va, ça va, on fait aller... 

    - Qu'est-ce que tu bois? 

    - Ben un demi, comme d'habitude. 

    - Huguette! deux demis! et sans faux col, s'il te plaît! 

    - A propos, il y a longtemps que tu as vu Robert? 

    - Quel Robert? 

    - Robert Vandeputte, celui qui a un grand chien noir qui pisse partout. 

    - Ah oui! Robert! c'est vrai qu'il y a longtemps qu'on ne l'a plus vu... Son chien a peut-être fini par mourir. 

    - Ou alors c'est lui qui est mort. Et avant qu'on le trouve, vu qu'il était en bisbille avec toute sa famille, son chien l'aura bouffé, hahaha! 

    - Ouais, rigole pas, ça s'est déjà vu! 

    - Huguette! c'est quoi aujourd'hui le plat du jour? Des carbonnades flamandes? avec des frites, j'espère? 

    - Avec de la purée? OK, allons-y pour la purée, alors. Et apporte-nous encore un demi! 

    - Ce qui est bien, avec les carbonnades et la purée, c'est qu'on a même pas besoin de dents, hahaha! 

    - Arrête, Georges, ça me fait pas rire tes fines allusions... 

    - Tiens, ça me fait penser qu'il me manque dix euros pour payer l'addition. Attends-moi ici, je reviens tout de suite! 

    - Georges, arrête avec ça! Tu vas finir par te faire prendre la main dans le sac! Enfin, la main dans le tronc, plutôt, hahaha! Je vois d'ici les journaux: le pilleur de troncs enfin arrêté après 62 ans de pratique! 

    *** 

    consigne: 

    raconter une histoire inspirée d'un fait divers au choix 

    J'ai choisi celui-ci laughing 

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  • O comme Odette

    Huit heures et demie du matin. Odette traîne péniblement ses savates jusque dans la petite cabine qui lui sert de coin cuisine. Elle vient d'avaler ses trois biscottes trempées dans son bol de café au lait et en ouvrant le robinet, elle se rend compte que l'eau est coupée. 

    Les habitants de l'immeuble en avaient été prévenus quelques jours auparavant mais Odette l'avait complètement oublié. Elle n'avait donc pas pensé à se remplir un petit bidon. 

    La voilà bien embêtée: ni eau courante, ni eau minérale, comment va-t-elle se débrouiller jusqu'à cinq heures du soir? 

    - Qu'est-ce que je vais faire, moi, pour cuire mes patates et mes haricots, ce midi? 

    Comme d'habitude, elle s'adresse à son chat qui lui répond en clignant des yeux et en bâillant longuement. 

    - Tu as raison, fait-elle. Je vais retourner me coucher. Qui dort dîne. 

    ***

    consigne:

    1.utiliser bol, bidon et biscotte
    2.le lieu: une cabine 

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    Fiber, le premier chat de ma carissima nipotina

  • C comme Collioure

    Les enfants se sont rapprochés tout doucement, l'un après l'autre, de ce monsieur à lunettes qui s'est installé ce matin tôt dans leur jardin. 

    Il peint. Il ne s'occupe pas d'eux. 

    Sur le tableau, ils reconnaissent le coin de la maison, le banc, le tronc du grand olivier. 

    - Pourquoi il a peint le tronc en violet, le monsieur? demande Marinette, celle à qui on pardonne beaucoup parce qu'elle est la plus jeune. 

    Le grand frère lui fait signe de se taire.
    Heureusement, le monsieur n'a pas réagi à la question de la petite.
    Il est peut-être sourd. 

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    tableau d'Albert Marquet et consigne chez Lakevio 

    expo Albert Marquet au Musée d'Art moderne à Paris: 
    http://www.mam.paris.fr/sites/default/files/documents/dossier-pedagogique-marquet_0.pdf 

    http://www.mam.paris.fr/sites/default/files/documents/livret-marquet_corrige_0.pdf

  • W comme WHY?

    Il y en a qui le font dans l'obscurité des salles de cinéma.
    Parfois même au restaurant.
    Ou au bureau.

    Ils sont nombreux à le faire l'été sur la plage ou dans les dunes.
    Ou sur l'herbe.
    Même dans la boue lors d'un festival de plein air.

    La plupart le font chez eux, évidemment.
    Quelquefois chez les autres.
    Ou dans une chambre d'hôtel.

    Il paraît que c'est bon pour la santé.
    Alors on aurait tort de s'en priver.
    Bien sûr.

    D'ailleurs, moi qui suis chauffeur de taxi, vous pensez bien si j'en ai déjà vu qui le faisaient! 

    lakevio.jpg

    Mais ce que je n'ai pas compris avec ce client-ci, c'est pourquoi il les a enlevées juste avant d'aller se jeter dans cette caillasse!

    ***

    image et consigne chez Lakévio!

    ***

    Dans l'avion,
    dans de nombreux lieux de prière,
    en classe...

    Il y a tant d'endroits où on le fait:

    enlever ses chaussures!

    cool