france

  • Z comme Zigzags

    littérature,venise,italie,france,voyage

    Si vous avez des envies de Venise, mais pas le temps ou l'argent pour y aller, lisez Théophile Gautier: 

    L’humidité y est extrême ; une odeur fade, dans les chaudes journées d’été, s’élève des lagunes et des vases ; tout y est d’une malpropreté infecte. Ces beaux palais de marbre et d’or, que nous venons de décrire, sont salis par le bas d’une étrange manière ; l’antique Bucentaure lui-même, que les Français ont brûlé pour en avoir la dorure, n’était pas, s’il en faut croire les historiens, plus à l’abri de ces dégoûtantes profanations que les autres édifices publics, malgré les croix et les rispetto dont ils sont couverts. À ces palais s’accrochent, comme un pauvre au manteau d’un riche, d’ignobles masures moisies et lézardées qui penchent l’une vers l’autre, et qui, lasses d’être debout, s’épaulent familièrement aux flancs de granit de leurs voisins. Les rues (car il y a des rues à Venise, bien qu’on n’ait pas l’air de le croire) sont étroites et sombres, avec un dallage qui n’a jamais été refait. Des vieux linges et des matelas sèchent aux fenêtres [...] c’est le cadavre d’une ville et rien de plus ; et je ne sais pas pourquoi les faiseurs de libretti et de barcarolles s’obstinent à nous parler de Venise comme d’une ville joyeuse et folle. La chaste épouse de la mer est bien la ville la plus ennuyeuse du monde, ses tableaux et ses palais une fois vus.

    Les gondoles, dont ils font tant de belles descriptions, sont des espèces de fiacres d’eau qui ne valent guère mieux que ceux de terre.

    C’est un cercueil flottant peint en noir avec une dunette fermée au milieu, un morceau de fer hérissé de cinq à six pointes à la proue et qui ne ressemble pas mal aux chevilles d’un manche de violon. Un seul homme fait marcher cette embarcation avec une rame unique qui lui sert en même temps de gouvernail. Quoique l’extérieur n’en soit pas gai, il se passe quelquefois à l’intérieur des scènes aussi réjouissantes que dans les voitures de deuil après un enterrement.

    Les gondoliers sont des marins butors qui mangent des lasagnes et des macaroni, et ne chantent pas du tout de barcarolles.

    Quant aux sérénades sous les balcons, aux fêtes sur l’eau, aux bals masqués, aux imbroglios d’opéra-comique, aux maris et aux tuteurs jaloux, aux duels, aux escalades, aux échelles de soie, aux grandes passions à grands coups de poignard, — cela n’existe pas plus là qu’ailleurs. 

    ***

    texte complet ici 

    Zigzags a paru en 1845 

    la photo a été prise en 2006

  • U comme une déclaration

    Ils sont quelques-uns, même dans la Flandre d'aujourd'hui malgré toute la réputation qui lui est faite, à aimer la France. 

    Cette fois, c'est au tour du photographe Michiel Hendryckx de faire sa déclaration d'amour. Son dernier livre vient de paraître, un opus de 240 pages de photos de la France. 

    "Voor de ganse wereld is Frankrijk de hemel op aarde. Alleen de Fransen zelf zien het niet. Het malcontent zijn is nationale sport. Het is in Frankrijk altijd te koud, te heet, te nat of te droog. En vooral nooit genoeg. Als ik thuiskom in mijn Frans dorp, heb ik sinds jaren de balorige gewoonte om vanuit mijn slaapkamerraamluid 'Vive la France!' te roepen. Zo kennen mijn buren me ondertussen. Ze vinden mijn hartenkreet aardig. Alleen geloven ze niet dat het van harte is. Dit boek is voor alles een schaamteloze liefdesverklaring." 

    Pour le monde entier, écrit-il, la France est le paradis sur terre. Seuls les Français ne le voient pas de cette façon. Le mécontentement est un sport national. Il y fait toujours trop froid, trop chaud, trop humide ou trop sec. Et surtout, ils n'ont jamais assez. 

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    © Michiel Hendryckx

    Quelques photos sont visibles ici (cliquer sur "bekijk de foto's")

  • Question existentielle: le droit de parler d'un autre

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    A-t-on le droit, quand on est dans l'écriture de l'intime - que ce soit sous forme de livre ou de blog - de dévoiler des choses sur d'autres personnes que soi? 

    Annie Ernaux pense que oui: 

    "Je ne sais pas ce qu'elle est devenue", dit-elle à propos d'une femme qui était son amie à vingt ans, et cette ignorance la conforte dans l'idée qu'elle a le droit de parler d'elle dans son livre le plus intime de tous, Mémoire de fille, celui qui parle de ses désastreuses et traumatisantes premières expériences sexuelles:

    "C'est tout ce temps écoulé et cette ignorance qui ont agi sur moi comme une autorisation à relater des faits qui l'ont impliquée. Comme si celle qui a disparu de ma vie il y a plus d'un demi-siècle (1) n'avait plus aucune existence nulle part - ou que je lui en dénie toute autre en dehors de celle qu'elle a eue avec moi. En commençant d'écrire sur elle, par une ruse inconsciente, j'ai laissé sans arrêt en suspens la question de mon droit à la dévoiler. En quelque sorte j'ai bloqué mes scrupules afin d'en arriver au point - actuel - où je sais qu'il m'est impossible d'enlever - de sacrifier - tout ce que j'ai déjà écrit sur elle. Cela vaut pour ce que j'ai écrit sur moi. C'est toute la différence avec un récit de fiction. Il n'y a pas d'arrangement possible avec la réalité, avec le ça a eu lieu, consigné dans les archives d'un tribunal de Londres, avec nos noms, elle d'accusée et moi de témoin à décharge." 

    Annie Ernaux, Mémoire de filleGallimard 2016, p.141

    Trois arguments, là-dedans, qui me semblent absolument faux: d'abord l'argument autobiographique, puisque chaque auteur ayant entrepris ce travail l'avoue généralement plus ou moins ouvertement, on arrange les faits, on donne sa propre vision, on escamote ou on accentue, on décide de la couleur de notre récit autobiographique. Même ceux qui affirment n'avoir écrit que la vérité, toute la vérité, comme ce grand pendard de Jean-Jacques (2) 

    Deuxièmement, le temps ne fait rien à l'affaire: ce n'est pas parce qu'une personne a disparu de notre vie qu'on est autorisé à la salir.  

    Enfin, tout auteur, même autobiographique, peut parfaitement se relire, raturer, censurer, réécrire, anonymiser... Tout auteur - surtout celui qui jouit d'une telle reconnaissance internationale - a le droit et le devoir de réviser ce qui sera publié sous son nom. 

    Bref, une lecture qui m'a dérangée, dirais-je, en clin d’œil à Simone de Beauvoir et à Bianca Lamblin

    Si vous voulez lire une bonne critique positive, c'est ici.

    (1) les faits relatés débutent en 1958 

    (2) petit rappel du Préambule de l'autobiographie de Rousseau (Les Confessions) qui souffre d'une forme bizarre de défaillance de la mémoire tongue-out

    "Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi. Moi seul. Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus ; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu.
    Que la trompette du jugement dernier sonne quand elle voudra ; je viendrai ce livre à la main me présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement : voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon, et s'il m'est arrivé d'employer quelque ornement indifférent, ce n'a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire ; j'ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l'être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus, méprisable et vil quand je l'ai été, bon, généreux, sublime, quand je l'ai été ; j'ai dévoilé mon intérieur tel que tu l'as vu toi-même. Etre éternel, rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables : qu'ils écoutent mes confessions, qu'ils gémissent de mes indignités, qu'ils rougissent de mes misères. Que chacun d'eux découvre à son tour son cœur aux pieds de ton trône avec la même sincérité ; et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose : je fus meilleur que cet homme-là." 

     

  • W comme wagon de train

    Ils étaient huit et remplissaient donc exactement les quatre sièges en duo vis-à-vis de part et d'autre de l'allée. Huit jeunes quadragénaires conquérants, le verbe haut, le smartphone dernier cri en main, le vêtement chic. 

    Ils revenaient d'un congrès organisé par leur firme à Paris: chacun avait encore son badge autour du cou. Ils se montraient les uns aux autres les mêmes photos du Thalys qu'ils auraient dû prendre en direction de Bruxelles et d'Amsterdam, mais qui était arrêté depuis des heures à la frontière française, en direction opposée, à cause d'un incendie dans la locomotive. 

    C'était à qui raconterait l'anecdote la plus forte, la plus spectaculaire, à propos des voyages en train en général et des Thalys en particulier. Ils en faisaient profiter tout le wagon, à condition bien sûr de comprendre le néerlandais. 

    Ils avaient ce sentiment de supériorité du nanti face au démuni quand ils se gaussaient de leurs collègues hollandais qui, eux, n'avaient pas eu la chance de voir leur billet pour Amsterdam échangé contre celui pour Lille. Il est vrai que ça ne les aurait pas beaucoup avancés. 

    Ils vérifiaient sur leur smartphone comment ils rentreraient chez eux. En taxi, bien sûr. En taxi de Lille à Bruxelles, pour l'un, Gand pour deux autres, Anvers, Malines... Chacun donnait l'impression que des centaines d'euros pour le trajet en taxi, c'était "peanuts". 

    - On sera chez nous ce soir, quoi qu'il arrive, a conclu fermement un monsieur à lunettes. 

    Dans son coin, l'Adrienne se garde d'intervenir et de leur suggérer de poursuivre leur voyage en train. Il y en a, à Lille, qui les feraient tout aussi sûrement rentrer chez eux le même soir... 

     *** 

    C'était le vendredi 6 janvier, voir ici: 5 heures d'arrêt pour 130 passagers qui se plaignent surtout du manque d'information 

    Nouveau problème la semaine d'après: 180 voyageurs ont passé une douzaine d'heures - toute la nuit - dans un thalys qui allait de Bruxelles à Paris et a dû s'arrêter près d'Arras à cause d'une chute d'arbre: rien à boire ni à manger, plus d'électricité, de lumière, de chauffage, de courant pour recharger les batteries du portable ou de l'ordi

    source de l'article

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    source de l'image

  • Stupeur et tremblements

    En rentrant de son petit voyage parisien, la première chose que fait l'Adrienne, c'est vider sa boite aux lettres. 

    Voici ce qu'elle y trouve, parmi deux ou trois cartes de vœux et quelques publicités: 

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    D'abord, stupéfaction totale (et deux relectures du feuillet): qu'est-ce que ça vient faire ici? le seul crédit que l'Adrienne ait jamais contracté, c'était pour l'achat de sa maison. Or, sur ce document il s'agit de tout autre chose. Ni la somme ni la société de crédit ne correspondent à rien de connu. 

    Mystère total: où est l'erreur? est-ce une arnaque? que faire? réagir, téléphoner, écrire ou pas? 

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    La nuit, elle a largement le temps d'y réfléchir, vu qu'elle n'en dort pas. Une recherche rapide montre effectivement l'existence d'une telle société française de crédit. Le numéro de téléphone y correspond. Mais c'est situé à Pau, pas à Paris.

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    La nuit, l'Adrienne se dit qu'elle répondra par écrit. 

    En néerlandais 

    tongue-out 

    Une belle longue lettre en termes bien sentis 

    Dans la langue de Vondel 

    tongue-out 

    Finalement elle n'a encore rien fait du tout 

    convaincue que c'est une arnaque

    d'une société française

    qui espère élargir son territoire d'action malfaisante 

    jusqu'en Belgique

     

  • J comme Jeury

    Sur le présentoir des dernières acquisitions de notre bibliothèque publique, ce livre de Michel Jeury, L'année du certif. Un titre et une couverture qui sentent bon la France d'autrefois et qui me font sans doute déjà ressentir la nostalgie de l'école tongue-out.

    L'action se situe dans un village cévenol vers le milieu des années 1930: un couple d'instituteurs, leurs trois enfants, deux garçons et une petite fille qu'on surnomme Fofette.

    - Mon père est inspecteur primaire et moi je ne suis qu'un pauvre instituteur de campagne!
    Claire se recoiffe, met de l'ordre dans sa toilette de nuit. Elle sourit pour elle seule. Elle n'aime pas agiter les soucis ordinaires de la vie tout de suite après la balade dans la Voie lactée. Il est vrai qu'elle n'a pas vu beaucoup d'étoiles, ce soir. On dirait qu'il y en a de plus en plus dans le ciel d'été et de moins en moins dans son ciel de lit. Elle soupire, revient sur la terre sans trop d'effort.
    - Mon chéri, je te rappelle que tu as deux garçons.
    - Ninik... René est trop écervelé pour réussir jamais l'Ecole normale.
    - Il n'est pas heureux.
    - C'est un lunatique, un marchand de caprices, un minus habens. Il s'est mis en tête de s'engager à la coloniale!
    - A dix ans, un enfant ne peut pas savoir ce qu'il fera dans la vie.
    - N'importe. La pauvre Fofette, à huit ans et demi, tire encore la langue. Davy, euh... Antoine seul peut s'élever au-dessus de notre condition. L'année qui vient est capitale.

    Michel Jeury, L'année du certif, éd. Retrouvées, 2014, p.22-23

    Cet extrait contient déjà les moteurs principaux de l'histoire: le père préoccupé seulement de son prestige mais sans amour réel pour ses enfants, le fils aîné chargé de réaliser les rêves du père et les deux cadets traités par lui de 'minus habens' et de 'simplette'.

    Rassurez-vous, tout ça est raconté avec beaucoup d'humour et de bienveillance. Car le père, bien sûr, a lui aussi son vécu...

    Mais le livre est bien plus que l'histoire d'une famille. Il est aussi un merveilleux retour sur toute une époque de l'instruction publique et obligatoire. Ce qui l'illustre le mieux, ce sont les extraits mis en exergue de chaque chapitre: ils sont une magnifique illustration de la pédagogie de ces années 1930 et également en rapport parfait avec la suite de l'histoire racontée. Tous ces extraits proviennent des manuels scolaires utilisés à l'époque: à côté des exemples de récitations et de sujets de rédactions, il y a ces "problèmes" - tout à fait jouissifs - de robinets qui coulent et de trains qui se croisent. Quelques-uns sont offerts en annexe à la sagacité du lecteur d'aujourd'hui tongue-out  

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    http://www.editions-retrouvees.fr 

    sur l'auteur, Michel Jeury, ce bel article du journal Le Monde de novembre 2010.

  • Adrienne et les frelons

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    - C'est tout de même incroyable! dit l'Adrienne à sa mère, en voyant la cathédrale Saint-Jean et la colline de Fourvière en contrebas.

    C'est tout de même incroyable qu'hier on a pris le funiculaire, parce qu'on jugeait la montée à pied jusqu'à Fourvière trop ardue, et qu'aujourd'hui on a grimpé bien plus haut encore... et sans funiculaire!

    ***

    photo prise à Lyon le 16 juillet

    pour le projet du Hibou

    semaine 31 - relief

    ***

    Et les fous, les plus ingambes
    Montent et descendent le long
    De mon cou comme des frelons

    écrit Maurice Carême dans son joli poème sur la tour Eiffel.

    C'est exactement ce que l'Adrienne et sa mère ont fait, en parfaites touristes: monter et descendre comme des frelons...

    cool 

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    famille de frelons belges rencontrés en montant vers la Croix-Rousse

    "Kijk papa! daar is België!" criait le cadet en montrant l'horizon

    tongue-out

  • W comme wagon de train

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    Lundi 11 juillet, vers l'heure de midi,  

    sur le quai du TGV à l'aéroport Charles-de-Gaulle, 

    pas âme qui vive 

    et les sièges sont interdits d'accès... 

    *** 

    Ambiance bizarre 

    où on ne voit que du métal et du béton 

  • V comme vue

    Dommage pour la vue, tout comme la place Bellecour était rendue invisible par les installations pour l'euro 2016 (le démontage et le déblayage ont duré toute la semaine), la place des Terreaux était privée de ses deux principaux atouts beauté, la fontaine monumentale et les jeux de lignes et d'eau réalisés par Daniel Buren. 

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    quelques affiches explicatives où on retiendra surtout que la fontaine restera invisible plus d'un an encore 

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    derrière les palissades, de grands échafaudages et tout autour de nombreuses voitures garées: impossible de juger de l'effet des "lignes" de Daniel Buren et tous les jeux d'eau sont à l'arrêt 

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    dans la palissade, un petit trou - soigneusement grillagé - permet au contribuable et au touriste de suivre de loin les travaux en cours: on remarque un cheval hennissant de douleur, privé de ses membres 

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    et ça, c'est quoi? se demande le lecteur ahuri. 

    ça, c'est la vue de la fenêtre de la chambre d'hôtel 

    tongue-out 

    le genre de détail qu'on n'apprend jamais dans le descriptif au moment de la location 

    ***

    pour le projet du Hibou 

    semaine 30 - fontaine 

    photos prises à Lyon le 13 juillet 

    ***

    ici chez Daniel Buren, l'aspect que la place devrait avoir... 

     

  • U comme un, deux, trois... bouchons!

    Il en a déjà été question: le choix de Lyon comme destination de vacances, c'était d'abord pour en finir avec sa mauvaise réputation de ville-à-bouchon sur l'autoroute des vacances. 

    Le bouchon pour la colline de Fourvière, cauchemar des vacanciers en route vers le sud, a donc été emplacé par d'autres bouchons lyonnais: quelques adresses de nos deux guides culinaires préférés. 

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    le plafond art déco du Poêlon d'or, rue des Remparts d'Ainay 

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    la façade à guignol du café-restaurant Le Soleil 

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    rue Duviard, La Famille: l'entrée 

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    et le plat principal

  • T comme Tout aussitôt...

    Dès le premier jour à Lyon, un pèlerinage à la maison de Louise Labé s'est imposé comme une évidence pour la groupie que je suis. 

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    Elle est divisée en deux: à droite, le bien nommé "Louise Café" et à gauche un nouvel établissement (depuis juin dernier) où nous avons pris un thé et un café, Le F2. 

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    Au milieu, au-dessus d'une belle imposte, la plaque commémorative très sujette à controverse ces dernières années... 
    voir: http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?t=39663 
    et http://www.liberation.fr/grand-angle/2006/06/16/louise-labe-femme-trompeuse_41395 
    Réfutation ici: http://www.persee.fr/doc/rhren_1771-1347_2006_num_63_1_3044 

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    Mais pour la véritable groupie, ces murs ont eu l'effet escompté: émotion et quasi recueillement en visitant les pièces de l'étage supérieur et en observant la cour intérieure. 

    ***

    Tout aussitôt que je commence à prendre 
    Dans le mol lit le repos désiré, 
    Mon triste esprit, hors de moi retiré, 
    S'en va vers toi incontinent se rendre. 

    Lors m'est avis que dedans mon sein tendre 
    Je tiens le bien où j'ai tant aspiré, 
    Et pour lequel j'ai si haut soupiré 
    Que de sanglots ai souvent cuidé fendre. 

    Ô doux sommeil, ô nuit à moi heureuse! 
    Plaisant repos plein de tanquillité, 
    Continuez toutes les nuits mon songe; 

    Et si jamais ma pauvre âme amoureuse 
    Ne doit avoir de bien en vérité, 
    Faites au moins qu'elle en ait en mensonge. 

    Louise Labé, Sonnet IX 

    ***

    Oui, c'est ici - ou dans un lieu comparable - que Louise Labé a dû vivre, aimer, dormir et rêver... 

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    une salle au premier du côté de la rue Paufique 

    photos prises à Lyon le 12 juillet

  • 22 rencontres

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    rue de la Martinière

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    un autre mur peint

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    rassemble tous les "Lyonnais célèbres"

    ***

    à vous de jouer, si le coeur vous en dit

    cool

  • R comme reflets

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    un bâtiment reflété par un autre

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    le soleil dans la vitre du coiffeur

    clin d'œil à Captaine Lili

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    facettes à reflets au musée des Confluences

    ***

    photos prises à Lyon les 14 et 16 juillet

  • 20 auteurs en quête de personnages...

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    rue de la Platière

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    des oeuvres de tous les auteurs

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    qui ont un rapport avec la ville de Lyon

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    sont représentées

    ***

    et dire qu'avant de partir, je cherchais quelles lectures pourraient accompagner ce voyage, et que je n'en trouvais pas

    tongue-out

     

  • P comme Plutôt seront Rhône et Saône disjoints...

    Plutôt seront Rhône et Saône disjoints

    Plutôt seront Rhône et Saône disjoints, 
    Que d'avec toi mon coeur se désassemble :
    Plutôt seront l'un et l'autre mont joints, 
    Qu'avecques nous aucun discord s'assemble :
    Plutôt verrons et toi et moi ensemble 
    Le Rhône aller contremont lentement, 
    Saône monter très violentement, 
    Que ce mien feu, tant soit peu, diminue, 
    Ni que ma foi décroisse aucunement. 
    Car ferme amour sans eux est plus que nue.

    Maurice Scève (1501-1564)

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    photo prise au musée des Confluences le 14 juillet

  • L comme Lyon

    Lyon ne s'est pas encore bien remise de l'Euro de foot

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    et la place Bellecour, qui est la préférée de monsieur neveu,

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    en est à son troisième jour de " démontage et nettoyage"...

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    Beaucoup de fraîcheur et de temps en temps une averse:

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    tout va bien cool

  • Premier soir

    Pour son premier soir en Belgique, monsieur neveu portait un bermuda bleu vif et une marinière rouge et blanc.

    - C'est pour mieux ressembler au drapeau français? lui demande l'Adrienne.

    - Tout à fait! répond monsieur neveu, qui semble jouer constamment au jeu du "ni oui ni non".

    Et il ajoute:

    - Je suis content que tu l'aies remarqué! Parce que vous ici en Belgique, vous avez mis plein de drapeaux, mais nous en France, on est beaucoup moins chauvins!

    ***

    Ce qu'il peut être comique, ce gamin tongue-out 

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    Il passe une semaine de vacances chez ma mère, qui est fervente supporter des Diables rouges: ça risque de faire quelques étincelles.

    C'est ce soir qu'il faudrait être une mouche - ou placer un micro dans l'appartement: sûrement que ça en vaudra la peine...

  • M comme merci!

    De retour en classe, jeudi dernier, après un voyage de quatre jours à Paris, les élèves de Première font le bilan.

    Ceux qui ont - comme Madame les y avait encouragés - osé s'adresser en français à quelques autochtones, que ce soit lors d'un trajet en métro, dans un bar ou un resto, ont reçu trop souvent la réaction suivante:

    - Vous êtes Belges? Vous êtes de Molenbeek?

    Ainsi que quelques rires gras.

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  • 7 lieux (1)

    Ou comment les tasses à petits motifs bleus Boch made in Belgium font remonter les souvenirs d'enfance. Même des souvenirs de lieux de vacances, où pourtant elles étaient totalement absentes. 

    Quand mini-Adrienne a quatre ans, elle est en vacances à Eguilles (quelque part entre Aix et Salon-de-Provence) avec ses parents.

    Si elle s'en souvient, c'est parce qu'un jour qu'elle s'ennuyait gentiment sous un arbre, dans le parc de l'hôtel, elle s'est évanouie. Elle se rappelle parfaitement que sa grand-mère lui est apparue en vision au moment où elle tournait de l’œil.

    Si ce n'est pas de l'amour, ça?

     souvenir d'enfance,voyage,france

    http://www.france-voyage.com/villes-villages/eguilles-1482.htm

  • Stupeur et tremblements

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    © Julien Ribot

    http://www.bricabook.fr/2015/11/atelier-ecriture-197-une-photo-quelques-mots/

    Paris ville lumière

    Paris ville de l'amour

    Paris la romantique

    c'est ainsi que la voient mes élèves

    et qu'ils veulent continuer de la voir.

    Ils ne veulent pas entendre parler d'annulation de leur voyage scolaire, au printemps prochain.

    ***

    Paris en chanson

    Paris en poésie

    Paris en monuments

    c'est ainsi que la voit Madame

    et qu'elle veut continuer de la voir.

    Elle ne veut pas avoir peur et se refuser une belle balade, une bonne expo.

    ***

    Et les papas les mamans, que veulent-ils?

    Ils veulent la lumière

    l'amour

    la beauté

    pour leurs enfants

    mais aujourd'hui Paris

    le monde entier

    leur fait peur.

  • T comme Talleyrand

    Je lis la biographie de Talleyrand par David Lawday (1). Une de ces mystérieuses nouvelles acquisitions de ma bibliothèque communale Cool

    Je ne connaissais de lui que les quelques clichés qu'on trouve en 4e de couverture du volume (2). Mais très vite le livre fait découvrir un personnage beaucoup plus complexe et plus intéressant.

    Le personnage rêvé pour un biographe, au parcours à peine croyable, dit l'article du Telegraph (3), qui trouve l'auteur subjectif parce qu'on ressent sa sympathie admirative pour son sujet. Mais qui déplore surtout de nombreuses erreurs, des simplismes, et une présentation complètement fausse de sa relation à Napoléon. D'où le titre de l'article: Talleyrand mérite mieux que ça!

    C'est bien possible, je ne suis pas capable d'en juger. L'auteur de la biographie semble, à grand renfort de notes et de citations d'ouvrages consultés, bien au courant de son sujet. C'est peut-être trompeur.

    Cependant, il reste les extraits des écrits de Talleyrand, cités ça et là, dont on peut supposer qu'ils sont parfaitement corrects. Je vous en livre un, qui montre un pacifisme toujours d'actualité et argumenté comme suit:

    On a appris enfin que la véritable primatie, la seule utile et raisonnable, la seule qui convienne à des hommes libres et éclairés, est d’être maître chez soi, et de n’avoir jamais la ridicule prétention de l’être chez les autres. On a appris, et un peu tard sans doute, que pour les Etats comme pour les individus, la richesse réelle consiste non à acquérir ou à envahir les domaines d’autrui, mais à bien faire valoir les siens; on a appris que tous les agrandissements de territoire, toutes ces usurpations de la force et de l’adresse auxquelles de longs et illustres préjugés avaient attaché l’idée de rang, de primatie, de consistance politique, de supériorité dans l’ordre des puissances, ne sont que des jeux cruels de la déraison politique, que des faux calculs de pouvoir, dont l’effet réel est d’augmenter les frais et l’embarras de l’administration, et de diminuer le bonheur et la sécurité des gouvernés pour l’intérêt passager ou la vanité de ceux qui gouvernent.

    David Lawday, Talleyrand, Albin Michel, 2015, p.101

    C'est un extrait du mémoire adressé au Comité de salut public - mené par Danton -  que Talleyrand écrit au moment même où les armées "révolutionnaires" envahissent le territoire belge, qui faisait alors partie des Pays-Bas.

    Mais pour découvrir ces écrits-là, il suffit d'aller sur le site consacré à Talleyrand, où on trouve le mémoire entier http://www.le-prince-de-talleyrand.fr/memoireconvention.html ... ainsi qu'une biographie et de nombreux autres documents.

     talleyrand.jpg

    (1) dans une traduction de Valérie Malfoy parue chez Albin Michel en 2015.

    (2) photo du site de l'éditeur où on peut lire la 4e de couverture
    http://www.albin-michel.fr/Talleyrand-EAN=9782226316578

    (3) The Telegraph, un article peu élogieux dans la presse britannique
    http://www.telegraph.co.uk/culture/books/3656372/Talleyrand-deserves-better.html

     L'article du Independent ne contient aucune critique, c'est plutôt un résumé du livre: 
    http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/books/reviews/talleyrand-napoleons-master-by-david-lawday-424034.html

  • Z comme Zone Heureuse

    Le saviez-vous? L'Adrienne et sa mère sont en Bretagne depuis le 26 juillet où il est prévu qu'elles restent une semaine.

    Pour l'explication du titre, voyez ici: http://www.nhu.bzh/heureux-en-bretagne/

    bretagne-france-belgique.jpg

    Allons, en attendant d'avoir nos propres photos, remettons encore une fois cette image-ci

    Cool

    ainsi qu'une des excellentes petites vidéos sur les clichés bretons.

  • X c'est l'inconnu

    Elle cuit sur ce seuil depuis bientôt une heure quand une dame blonde descend de son vélo, tout sourire. Il y a un gros sac de courses de chaque côté de son guidon et un ou deux autres sur le porte-bagage. Qui donc trimbale tout ça en plein cagnard, se demande-t-elle en voyant les pots de yaourt. Et quel est son secret pour ne pas montrer la moindre trace de sueur quand il fait 40° à l'ombre?

    - Vous êtes déjà là! s'exclame la cycliste avec l'étonnement.

    - Vous n'avez pas eu mon message?

    - Si, si! Mais je n'y ai pas répondu parce que j'étais en grande conversation téléphonique avec mon fils et puis j'avais des courses à faire, comme vous voyez. C'est Suzanne, la dame d'en face, qui m'a prévenue que quelqu'un voulait à toutes forces entrer chez moi.

    Et disant cela, elle part d'un grand rire.

    Entrer à toutes forces? se dit la voyageuse, il me semble que j'ai seulement sonné deux fois, très poliment.

    Et là, derrière ces volets clos de la maison d'en face, il y a une Suzanne qui a tout vu depuis le début et qui ne s'est jamais manifestée, même pas pour offrir un verre d'eau? 

     _copie-0_DSCI2106 - kopie.jpg

    ceci est une photo prise le lendemain matin
    - la vue depuis ma chambre -
    et ce n'est pas la maison de Suzanne
    Langue tirée

  • K comme kilomètres

    - Vous avez combien de kilomètres, au compteur? 
    - Aucune idée! 
    Vous voulez que j'aille voir?

    J'étais déjà toute contente, en parlant dans la borne de secours, le long de l'A7, de savoir par coeur les trois chiffres de ma plaque. J'hésite toujours sur le dernier: est-ce 3 ou 6?

    On était dans le camion de dépannage, il y avait des papiers à remplir pour la facture.

    - Cent mille?
    - Oh moins, je pense...
    - Soixante-dix mille?
    - Je vais vérifier, si vous voulez...

    Non, ce n'était pas la peine. Il voulait sans doute en finir et aller dépanner une autre malheureuse pas capable de dévisser elle-même une roue de sa bagnole.

    Et il faisait horriblement chaud dans sa cabine.

    Après, bien sûr, j'ai regardé combien de kilomètres j'avais au compteur.

    Mais vous savez quoi?

    Je l'ai déjà de nouveau oublié Langue tirée

     memoire,voyage,france,vie quotidienne,ça se passe comme ça,expert

    Il a fallu un deuxième miracle pour qu'aucun véhicule ne pulvérise ma petite bagnole.
    - Mettez-vous bien derrière la barrière, avait insisté la voix de la borne de secours.

  • I comme inventaire

    - Il vous reste de la place pour ce soir, pour une personne?

    La dame semble réfléchir et vous jauger, l'air sévère:

    - On va voir si on peut vous arranger ça...

    Vous traversez un restaurant vide et arrivez sur une terrasse vide. On vous montre à quelle table vous installer. Sans un mot. Comme une faveur accordée à contre-coeur. Quand vous sortez de là une heure plus tard, le restaurant est toujours aussi vide et il n'y a que trois autres personnes en terrasse.

    ***

    - Ce petit menu, il est aussi servi le soir? demande l'Adrienne, qui a l'habitude de voir que les menus meilleur marché ne sont servis qu'à déjeuner.

    Haussement d'épaules:

    - Bin évidemment! sinon ça serait pas affiché hein!!!

    ***

    Placardé à la porte du restaurant:

    "Vu la chaleur, le restaurant ouvrira une demi-heure plus tard." 

    ***

    A la billetterie du château de Grignan:

    - La visite libre est à cinq euro et la visite guidée à six euro. Avec la visite libre il y a trois pièces que vous ne pouvez pas voir. Vous sortez ici sur la droite puis vous [... brouhaha énorme sous la salle voûtée, l'Adrienne ne capte plus rien de ce que la dame marmonne...]

    - Pardon? Je n'ai pas bien compris...

    - Quoi? coupe la dame, excédée, vous ne voulez quand même pas que je recommence depuis le début?

    ***

    - Bonsoir! Il vous reste une table pour une personne?

    - Dehors ou dedans?

    - Je préfère dedans, si c'est possible...

    - Là? près de la porte? mais ne venez pas me dire après que vous n'êtes pas bien!

    ***

     on s'arrête là
    l'exhaustivité serait lassante

     voyage,france

     et ici, on était bien
    chez une gentille dame
    belge
    Cool

  • 7 fontaines

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    celle du jardin des plantes de La Garde-Adhémar

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    celle du Val des Nymphes

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    où on s'est dit que peut-être l'eau était si magique

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    qu'elle pourrait guérir l'orteil amoché

     DSCI2121 - kopie.JPG

     puis on est remonté jusqu'à la source

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    et on y a trempé les deux pieds
    dans une eau délicieusement glacée

    DSCI2136 - kopie.JPG

    ambiance très différente à Grignan
    Langue tirée
    mais c'est joli quand même

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' - thème: eau

    (ça tombe à pic pour nous rafraîchir)

    Cool

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

      

  • D comme dortoir

    Elle dit qu'elle a choisi cet endroit pour sa situation stratégique: comme directrice française pour un institut de cours de langues, elle est à une heure et demie de Marseille et à autant de Lyon.

    Elle dit qu'elle a mis des années pour trouver cette maison, qu'elle en a visité au moins cent cinquante, que toutes ses vacances y passaient. Mais elle a fini par trouver ce qu'elle cherchait: une belle maison de maître.

    Puis, pendant six ans, elle y a vécu seule: son mari avait encore son travail ailleurs et elle le rejoignait le week-end.

    Elle dit qu'ici, c'est une ville dortoir, où une main-d'oeuvre bon marché s'est installée, venue d'Algérie et d'Espagne, pour la culture des tomates. Elle dit que toute la vallée était recouverte de serres.

    Les serres ont été remplacées par les installations nucléaires. C'est là maintenant que les gens travaillent. Et dans les "zones d'activités" qui se sont développées tout autour. Oui, c'est une ville dortoir, où rien ne bouge pendant la journée, derrière les volets fermés.

     _copie-0_DSCI2106 - kopie.jpg

    Les vieux sortent à dix heures du soir et s'installent sur le pas de leur porte. Ils passent des coups de fil d'une voix tonitruante. Les gens se hèlent comme s'ils étaient tous sourds: "Fait chaud, hein?". C'est la seule chose qu'ils trouvent à se dire.

    Les jeunes passent en voiture dans l'étroite ruelle sans trottoirs. Leur radio est poussée à fond. Ils n'écoutent que du rap. Au milieu de la nuit, les motos pétaradent.

    Elle dit que c'est à cause du ramadan.

    J'ai compris au bout de deux ou trois nuits que c'est une ville dortoir où on dort probablement en journée.

     

  • C comme...

    Correspondance

    Le festival de la correspondance ne fait connaître son programme que le 20 juin et ce n'est que quelques jours plus tard qu'on peut commencer à réserver. Par téléphone uniquement, à moins d'habiter dans le coin et d'être en mesure de se rendre au guichet, à Grignan. On n'a pas eu l'occasion de téléphoner, pendant les heures de bureau, et même au-delà, on était au travail.

    Complet

    Par conséquent, tout est déjà complet. Il paraît même que les concerts lectures auxquels on voulait se rendre "ont été pris d'assaut" dès l'ouverture des réservations. Tant mieux pour les organisateurs, et on comprend mieux à présent pourquoi le festival peut se permettre des prix aussi élevés. Le public est là.

    Consolation

    Qu'à cela ne tienne. On a deux choses pour se consoler. D'abord, on a pris soin d'emporter le volume des Lettres choisies de la Marquise, dans l'édition de Roger Duchêne. C'est très peu pratique à lire, parce que les nombreuses notes ne se trouvent pas en bas de page, mais en fin de volume. Et c'est très incomplet, les plus fameuses ne s'y trouvent pas. Monsieur Duchêne a dû considérer que chacun les connaît déjà.

    Conversation

    Ensuite, on a la conversation de la dame du Bed&Breakfast. Où l'on apprend que la Marquise elle-même a logé dans la chambre qu'on occupe. Pas moins de deux nuits, s'il vous plaît! 

    Se non è vero, è ben trovato Cool

    chambre.jpg

     et vous, qu'en pensez-vous?
    è vero o è ben trovato? 

  • Adrienne voyage

    "Merci, saint Christophe!", disait ma grand-mère Adrienne, qui avait la piété intéressée et superstitieuse.

    Saint Christophe devait protéger nos voyages et sainte Claire prévoir du beau temps: on peut dire qu'hier ils n'ont pas chômé... et qu'ils ne sont pas rancuniers, vu que je n'ai pas pensé à les invoquer!

    Pourtant, quand mon pneu avant droit a éclaté à 2 kilomètres de la sortie vers Vienne, alors que je faisais presque 140 à l'heure, j'ai réussi à passer de la bande de gauche à celle d'arrêt d'urgence - où je n'ai pas été emboutie - et pour ce qui est du beau temps, n'en parlons pas, sainte Claire aussi fait du zèle.

    Bref, merci, saint Christophe!

    Evidemment, ça m'a coûté cher en temps, en dépannage et en nouveau pneu. Si vous connaissez un saint efficace pour ces choses-là, faites-moi signe.

    Sinon, il me reste sainte Rita pour les causes perdues et les cas désespérés Langue tirée

    St Antoine puni.JPG

    saint Antoine,
    pour les objets perdus,
    c'est celui qui avait le plus de boulot
    Cool

    et contre qui - parfois - elle était fâchée

     

     

  • Z comme zalig

    "Un sentiment délicieux", voilà ce que donne le dictionnaire traducteur pour "een zalig gevoel".

    J'en suis bien désolée: 'délicieux' ne traduit pas le sens complet de 'zalig' ni ses connotations.

    'Zalig', c'est bienheureux, béat. Et délicieux en plus Langue tirée

    Trois mots en un pour signifier l'état dans lequel je me trouve en cette veille de vacances.

    En route ce soir pour le jardin des délices et de la béatitude bienheureuse, pas loin de Grignan et de la Marquise.

    Promis, je vous enverrai des lettres Cool

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    https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_de_Rabutin-Chantal,_marquise_de_S%C3%A9vign%C3%A9#/media/File:Marquise_de_S%C3%A9vign%C3%A9.jpg