gastronomie

  • M comme mec

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    - Qu'est-ce que tu en penses? m'a demandé Jenny. 

    Elle tenait dans sa paume ouverte un bijou en forme d'ananas qu'elle avait épinglé sur son manteau. 

    - Tu crois que ça a de la valeur? 

    Sa question m'embêtait. Que pouvait bien avoir coûté cette petite mosaïque de fausses pierres précieuses? Et quelle valeur sentimentale y attachait-elle? 

    - C'est ton amoureux qui te l'a offert? j'ai dit, pour éluder prudemment sa question. 

    Ses quarante-huit ans ne l'ont pas empêchée de devenir toute rose. 

    - Oui, hier soir... Tu penses que c'est sérieux? Que c'est bon signe? 

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     - Ecoute, j'ai dit, c'est difficile de se faire une idée, comme ça... D'abord, je ne l'ai jamais vu... 

    J'ai tout de suite regretté cette parole imprudente. Et si elle allait vouloir me le présenter? Non, non! Il ne pouvait en être question. 

    - Qu'est-ce qu'il aime, dans la vie? j'ai rapidement enchaîné, me disant qu'elle allait se mettre à parler de lui et oublier ma sotte remarque. 

    - Les Romains! Enfin, la Rome antique, tu vois ce que je veux dire? Il collectionne tout ce qui s'y rapporte, en miniature, évidemment, les empereurs, les monuments, les soldats, tout, quoi! 

    - Ah! j'ai fait. 

    Et c'est tout ce que j'ai réussi à dire. Pas de doute possible, c'était bien lui. 

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    On était attablées à la Casa del Güey (1), à attendre notre pastel de elote. Heureusement, l'amour ne coupait pas l'appétit de Jenny et on pouvait continuer à aller se gaver de pâtisseries mexicaines chaque samedi après-midi. 

    - Et tu le revois quand? je lui ai demandé. 

    C'est là que j'ai senti le problème. Elle a hésité, a baissé la tête. 

    - Tu crois que la broche est un cadeau d'adieu? 

    Comment lui dire sans me trahir que c'est exactement ce qu'il faisait à chaque fois? 

    (1) https://www.youtube.com/watch?v=awCZRIepB8M güey, ce sont les quatre lettres visibles à l'enseigne sur le tableau de Hopper c'est de l'argot mexicain pour mec 

    Les trois photos sont les consignes d'écriture des Plumes d'ici et d'ailleurs, que je remercie!

  • P comme Points

    Depuis hier après-midi, le niveau d'expertise de l'Adrienne en calcul de points WW est passé de "quasiment nul" à "passablement bon". 

    La carissima nipotina, après avoir ces vingt dernières années alterné les bombances et les régimes Atkins - zéro hydrates de carbone/glucides mais lipides et protéines à volonté, en tout cas dans sa version personnelle de la diète - a ces mois-ci le corps qui se rebiffe et refuse de re-maigrir, alors que comme les fois précédentes elle lui interdit pourtant tout sucre lent ou rapide. 

    Une collègue de bureau lui a donc conseillé WW - à la place de la nipotina, l'Adrienne se méfierait, vu que la collègue en question a de nombreux kilos qu'elle cherche à perdre avec cette méthode depuis de nombreuses années, mais soit, quand on est désespéré on ferait n'importe quoi, il n'y a qu'à écouter les conversations le midi autour de la table dans la salle des profs, tout paléo, tout soupes, tout cru, tout cuit, la nourriture fait perdre la boule à plein de gens.

    Comme la nipotina n'a pas internet, c'est l'Adrienne qui lui a fait les recherches nécessaires: les points et les calculs, les listes par aliments et la liste des points que rapportent diverses activités physiques: que de contraintes à suivre et d'additions à faire! 

    A commencer par les savants calculs du nombre de points auxquels on a droit sur une journée: http://www.calculator.net/weight-watchers-points-calculator.html 

    L'Adrienne a fait le test, elle aurait droit à 26 points, c'est-à-dire le matin 50 gr de flocons d'avoine et un yaourt maigre (=7), le midi un peu de viande maigre et 40 gr de quinoa (=11) et le soir un œuf dur et 50 gr de pain 7 céréales (=6). Restent 2 points pour un éventuel "en cas" - au cas où elle aurait encore un peu faim tongue-out 

    Les fruits et légumes sont à ajouter, libres de points. La nipotina a donc décidé de se gaver de bananes et de raisins, qu'elle a achetés par kilos tongue-out 

  • Adrienne a comme un doute

    Après ce "mois belge", se dit l'Adrienne, si je faisais un "mois italien"? 

    Car elle n'aime rien tant que s'imposer des contraintes d'écriture, il y a longtemps que l'alphabet ne lui suffit plus. 

    Alors elle a cogité - elle adore ça, elle n'a que ça à faire, même la nuit tongue-out - et pensé à diverses possibilités, n'écrire que des vers, se concentrer sur une couleur, un autre pays, un thème? 

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    A comme arancini 

    la photo est de l'Adrienne et la recette est ici 

    Les arancini, si on est fan de la série télévisée Montalbano, on se doit tôt ou tard d'y goûter. 

    Comme on peut le lire ici cool 

    Et si on a appris l'italien, on peut écouter l'auteur, Andrea Camilleri, qui lit très bien sa nouvelle: 

    sur les 36 minutes, les dix dernières ne sont que silence: pour connaître le dénouement, il faudra lire le livre ou regarder l'épisode tongue-out

     

     

     

     

  • E comme expert

    Certains se souviendront peut-être en quels termes dithyrambiques l'Adrienne avait décidé que la cafetière italienne était l'ustensile qu'il lui fallait en remplacement de son percolateur? 

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    dessin de Guillaume Long sur son blog

    Elle s'est donc rendue à Bruxelles dans un magasin spécialisé avec la ferme intention d'en rapporter un précieux exemplaire à la maison. 

    Malheureusement, ces cafetières étaient présentées en divers modèles (du plus classique au plus design), en plusieurs coloris (tons neutres, tons vifs, tons pastels) et bien sûr en différents formats, de sorte que l'Adrienne, après avoir passé une grosse demi-heure à comparer tailles, prix, modèles et couleurs... est ressortie du magasin sans avoir pu se décider. 

    Elle comprend bien, à présent, ce qu'ont dû ressentir ses amis roumains la première fois qu'ils étaient en Belgique, juste après la chute de leur Conducator, et qu'ils ont été confrontés à des hypermarchés où le choix d'un simple yaourt demande l'examen d'un rayonnage de plusieurs mètres sur quatre étages. 

     

  • Y comme Yavuz et yaourt

    - Je m'appelle Yavuz, nous dit-il, et vous pouvez tout me demander. Tout, absolument tout, allez-y, ne vous gênez pas, j'essaierai de répondre au mieux à toutes vos questions. 

    Mais personne n'a osé lui demander ce qu'il pensait de son grand timonier, ni de l'autre, qui s'était enfui aux USA, ni de ce soi-disant putsch, ni de ce qu'il adviendrait de tous ces gens ayant été démis de leurs fonctions - et se trouvant donc sans revenus - ni où étaient détenus ces milliers qui ne cessaient de se faire arrêter, ni comment ils étaient traités. 

    D'ailleurs, il était guide touristique, pas devin... 

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    celui-ci n'est pas Yavuz mais un autre bon patriote tongue-out 

    *** 

    Alors nous avons parlé de géographie et de climat, de culture et de gastronomie. 

    - Je vous recommande de goûter à notre ayran, a-t-il dit. C'est une boisson à base de yaourt, c'est servi frais et légèrement salé, tout à fait excellent par ces températures! 

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     le yaourt et l'eau, constamment brassés, forment un mélange mousseux et très désaltérant.

  • U comme un, deux, trois... bouchons!

    Il en a déjà été question: le choix de Lyon comme destination de vacances, c'était d'abord pour en finir avec sa mauvaise réputation de ville-à-bouchon sur l'autoroute des vacances. 

    Le bouchon pour la colline de Fourvière, cauchemar des vacanciers en route vers le sud, a donc été emplacé par d'autres bouchons lyonnais: quelques adresses de nos deux guides culinaires préférés. 

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    le plafond art déco du Poêlon d'or, rue des Remparts d'Ainay 

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    la façade à guignol du café-restaurant Le Soleil 

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    rue Duviard, La Famille: l'entrée 

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    et le plat principal

  • D comme délices bretonnes

    Trois fois, je n'ai pu résister à l'envie de prendre en photo la jolie assiette qu'on nous apportait. C'est qu'on mange bien, en Bretagne. De bons produits, bien cuisinés et souvent aussi joliment présentés.

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    28 juillet

    les amuse-bouche à la Clarté

    alors qu'on n'avait même pas pris d'apéritif

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    27 juillet

    les crevettes en entrée à Perros-Guirec

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    28 juillet

    les moules en entrée à La Clarté

    ***

    Et tout ça dans des petits menus d'à peine 20 €

    Qui dit mieux?

    Sourire

     

    Ah! si! 

    il y a mieux!

    les galettes bretonnes que ma mère a dégustées à la fest-noz

    bretagne,gastronomie,voyage

  • Le 7e jour

    L'homme ne vit pas que de pain.

    La preuve?

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    il lui faut des merveilleux

    (pour Célestine)

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    des gaufrettes fourrées à la crème

    (pour ma grand-mère Adrienne)

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    les bonnes choses de chez Dandoy

    (pour Françoise et les siens)

    ***

    Voilà ma participation au jeu de Ma'

    Projet 52 - semaine 6 - thème: le pain

    http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/31227714.html

    photos prises à Bruxelles le week-end dernier 

  • P comme pistolet

    Un arbre qui se dénude,
    un nid de pies
    abandonné jusqu'à la saison prochaine, 
    un ciel sans nuages,
    promesse d'une claire journée d'automne...

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    Qu'est-ce qui fait courir l'Adrienne
    en ce dimanche de novembre
    dès sept heures du matin?

    (et courir est à prendre au sens littéral)

    Rigolant

    Ceci!

      9 nov 14 (2) - kopie.JPG

    Comme c'était la toute première fois
    depuis plus de huit ans
    qu'elle allait manger des pistolets (1)

    (sauf ces beaux dimanches matins où elle se réveille chez des amis)

    elle n'a su que choisir

    Langue tirée

      

    (1) pour les non Belges qui me lisent:
    le pistolet est ce petit pain rond et blanc
    qui doit être 'cuit sur la pierre' (op steen gebakken)
    comme le précise mon boulanger,
    avec une croûte craquante
    et une mie à la fois fine, douce et ferme.

    C'est dans cette même boulangerie
    que mon père est allé fidèlement
    chaque dimanche matin
    tout au long de sa vie d'homme marié
    c'est-à-dire 50 ans.

    Et pendant ces 50 ans
    le nom du boulanger
    n'a changé qu'une seule fois.

  • U comme une fois (la Belgique)

    Selon le Huffington Post, il y aurait treize bonnes raisons culinaires de venir dans notre petite Belgique.

    Vous pouvez les découvrir ici:

    http://www.huffingtonpost.com/2014/01/21/belgian-cuisine-food_n_4617498.html?ncid=edlinkusaolp00000009

    Mon propre trio gagnant, c'est chocolat (bien sûr), crevettes grises et chicons au gratin.

    Et en numéro quatre, le waterzooi :-)

    Après, je quitte la liste pour retourner dans les recettes de ma grand-mère, lapin à la bière, tarte au riz, chou blanc aux lardons Cool

    Bon appétit!

  • G comme gastronomie

    "L'Ardèche a donc longtemps été un pays pauvre, pauvre surtout dans ses montagnes, et comme dans tous les pays qui ont vécu la pauvreté, on connaît, c'est sociologique, une nourriture de base. En Limousin, c'était la châtaigne, et en Irlande, c'était la patate. Eh bien l'Ardèche, doublement pauvre, a eu droit aux deux."

    Le guide du routard Ardèche Drôme 2012-2013, page 32

    La soupe de châtaignes: quand le populaire se met à la gastronomie, on arrive au meilleur. Le meilleur, c'est la soupe de châtaignes. Goûtez-la. Goûtez-la un soir d'hiver, quand le vent souffle sur le Mézenc, dans une maison au toit de lauzes. Deux oignons, de l'huile des Vans, des châtaignes sèches, trois bouillons, le coup de main, et c'est toute la chaleur des dieux qui vous prend le corps.

    La mique: c'est une boulette de pomme de terre cuite à l'eau, mélangée avec de la tomme et de la crème, et cuite au four. Succulent! ça a le goût d'un oeuf pondu chaud par un ange.

    idem, page 33

    ***

    Quand nous étions petits, mon frère et moi, et que nous allions manger le dimanche midi chez monsieur et madame Laporte - laquelle avait toujours sa petite laine, je me demande comment elle aurait survécu dans un autre climat que celui du sud de l'Ardèche - nous aimions surtout la poêlée ardéchoise. Mon père essayait d'en faire aussi chez nous, de retour en Belgique, oignons émincés, huile d'olive, pommes de terre coupées en rondelles et bonnes herbes du bois de Païolive, mais le résultat n'était, au mieux, qu'approchant Bisou

    Je me souviens que la première fois que l'homme-de-ma-vie était venu manger chez nous, nous avions opté pour un menu ardéchois, tranches de gigot et poêlée ardéchoise, mais l'Homme n'avait pas trouvé ça top top... Le gigot, il le préférait entier cuit au four et la poêlée, ce n'était finalement que des patates...

    On ne lui en a plus jamais fait Langue tirée

    C'est vrai que chez lui, c'étaient langoustines à la nage, croquettes aux crevettes, sole à l'ostendaise, turbot sauce mousseline, rôti de boeuf en croûte et gâteau moka à la crème au beurre.

    Moi je lui avais fait une tarte au riz Cool

  • N comme nourritures

    "A Combray, les célèbres déjeuners du dimanche composés d'aliments les plus divers sont les fruits du hasard ou de la fantaisie de Françoise, la cuisinière prodigue (...). Les cardons à la moelle, le gigot de 7 heures, les abricots ou le gâteau aux amandes (...). Dans chaque plat, on devine la douceur du temps de l'enfance (...)"

    Michel Erman, Les 100 mots de Proust, PUF Que sais-je? n°3989, pages  88-89

    ***

    On ne dira jamais assez de bien des Françoise qui nous nourrissent

    Sourire

  • Stupeur et tremblements gastronomiques

    - Je vais prendre la sole meunière...
    - On n'a plus de grande sole, mais on a des solettes. Sinon, il y a le bar.
    - Oui, j'ai vu. Mais pour le bar, vous demandez un supplément de 3€.
    - ...
    - Alors donnez-moi les solettes.

    On apporte deux petits poissons plats dont la peau a soigneusement été ôtée. Mais il en reste des traces sombres et gélatineuses prouvant bien qu'il ne s'agit pas d'une sole. Les arêtes aussi ont été enlevées. Ces petits filets n'ont pas non plus la texture ferme ni la saveur fine de la sole.

    - Tout va bien? ça vous goûte, Madame? (1)
    - Vous êtes sûr que c'est de la sole?

    Madame s'efforce de dire cela le plus gentiment possible mais la réponse fuse, sèche et arrogante:

    - Je vous ai dit qu'il n'y avait plus de grande sole, que ce seraient des solettes et que sinon il y avait le bar!
    - Ah... vous appelez ça des solettes...

    Madame baisse le nez vers son assiette comme si un ultime examen allait tout à coup révéler la présence de soles.

    - D'ailleurs vous devriez savoir qu'une grande sole coûte facilement 25€! (2)
    - Bon, bon, alors appelons ça des solettes.

    Je me demande s'ils en ont parfois, se dit Madame un peu plus tard en sortant de là et en voyant le tableau noir installé sur le trottoir, mentionnant en grandes lettres le menu avec la sole meunière...

    Mais soit, elle en a vu d'autres... http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2010/04/25/u-comme-un-ver-ca-va.html

    ***

    (1) à cet emploi du verbe 'goûter' le lecteur attentif aura repéré le Belge Clin d'œil

    (2) c'était le prix du menu, avec une petite entrée et un dessert.

  • H comme heureux

    L'article qui a pulvérisé les records de consultation en ligne le mois dernier est celui qui a comme titre "La nourriture qui te rend heureux".

    D'ailleurs moi aussi j'ai fait monter l'audimat en cliquant sur le lien: qui n'a pas envie d'être heureux?

    Après, comme dirait un de mes élèves blasé de naissance et que rien n'étonne plus (comme je le plains, pauvre garçon, mais ceci est une autre histoire), après, disais-je, vous ne serez pas surpris par la liste des aliments qui doivent nous apporter du bonheur:

    1.le maquereau ou le hareng, poissons gras bourrés d'oméga-3 donc excellents pour le moral, c'est le professeur Matthew F. Muldoon qui le dit (1).

    2.les noix, 30 grammes par jour pour nous aider à fabriquer de la sérotonine. Ce sont des chercheurs espagnols qui l'ont dit (2).

    3.le chocolat, of course, tout le monde le dit!

    4.la cannelle, pour son influence sur le taux de glucides (3)

    5.les légumineuses, pour le magnésium, autre porte ouverte qu'on enfonce régulièrement...

    ***

    Alors, vous mangez quoi, ce soir?

    Je me ferais bien des brownies au chocolat et aux noix, si je les parfume à la cannelle j'atteins un taux de bonheur de 3/5 Rigolant

    ***

    (1) Comment, vous ne connaissez pas le professeur Matthew F. Muldoon?
    Ben moi non plus Langue tirée

    (2) voilà qui ne m'étonne pas, l'amie espagnole grignote des amandes quand elle a un petit creux et s'en porte très bien!

    (3) ne me demandez pas qui l'a dit!

  • W comme waffles

    Les aficionados du wagon de train voudront bien me pardonner de faire exception aujourd'hui en l'honneur de la fête des francophones de Belgique Cool

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    Placardée à la fenêtre d'une des nombreuses boutiques de dentelles non loin du Manneken, cette affichette demande aux passants de ne pas s'arrêter devant la vitrine pour déguster la gaufre qu'ils viennent d'acheter juste à côté.

    Pendant que je m'interroge sur les motifs qui ont bien pu pousser la dame du magasin, debout dans l'embrasure de sa porte ouverte, l'air revêche et le regard suspicieux: pourquoi interdire aux mangeurs de gaufre d'admirer les blouses, les nappes et les napperons? serait-ce de peur qu'ils salissent la vitre?

    ***

    Et pourtant, et pourtant... qu'y a-t-il de plus joli à voir qu'une belle jeunesse se bagarrant avec une gaufre de Bruxelles bien chaude, croustillante à l'extérieur, fondante à l'intérieur et voilée juste comme il faut de sucre glace?

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    photo publiée avec l'aimable autorisation de la principale intéressée et de sa famille
    Bisou

  • 7 céréales

    - Ton pain, me demande un jour l'ami G*** à brûle-pourpoint, avec quelle sorte de farine tu le fais?
    - Bin... de la farine neuf céréales, lui dis-je.

    Il échange un regard avec sa femme:

    - Tu avais raison, lui fait-il.
    - Bien sûr, répond-elle, je le sais bien que j'avais raison.

    Mon étonnement va grandissant: mais de quoi parlent-ils?

    - Tu vois, me dit-il, de la farine neuf céréales, ce n'est pas possible.
    - Ah?
    - Parce que de céréales, il n'y en a que sept.

    Ils se mettent alors à énumérer en comptant sur les doigts:

    - Le blé, le seigle, l'avoine, l'orge, le millet, ...
    - L'épeautre, dis-je. Et le sarrasin.

    Parce que tout à coup il me venait une grande envie de Bretagne Sourire

    Voilà qui nous en faisait déjà sept.

    - Et le riz, dis-je, ce n'est pas une céréale? Ou le maïs?

    Ils étaient un peu embêtés parce qu'ils se souvenaient avoir appris ce chiffre comme un ukaze, "il y a sept céréales", et voilà que je les faisais douter...

    Alors je n'ai plus rien dit. Je n'ai parlé ni du sorgho, ni du quinoa, ni de toutes ces autres petites graines d'origines diverses. Lesquelles avaient droit à l'appellation céréale?

    Rentrée chez moi, j'apprends dans mon dictionnaire Robert que les céréales sont des graminées. Wikipedia précise qu'en principe on ne parle de céréale au sens strict que s'il s'agit de poacées (ou graminées).

    Le Larousse en ligne en donne huit: "Les céréales sont pour la plupart des graminées cultivées : blé, riz, maïs, orge, avoine, seigle, millet, sorgho"

    Et ma farine neuf céréales, que contient-elle? Je vais vous le dire Langue tirée

    1.du blé (froment) 2.du seigle 3.de l'épeautre 4.du maïs 5.du riz 6.de l'orge 7.du millet 8.du sarrasin mais aussi du soja ainsi que des graines de tournesol et de sésame...

    Ce qui me permet de nous mettre tous d'accord: l'appellation "9 céréales" est tout à fait fantaisiste Cool

  • G comme gelati

    Demain je quitte Rome, il est donc plus que temps de parler de glaces...

    Le gelato italien se porte bien, paraît-il: tout d'abord, parce qu'il s'enrichit chaque année de nouveaux goûts, comme celui qui a la saveur du pain, le parfum du safran ou qui allie la framboise et le romarin, la mûre et la lavande. Sans compter toutes les glaces salées, au fromage de chèvre, au parmesan, à l'artichaut.

    Ensuite, par le nombre toujours croissant des gelaterie et de leur chiffre d'affaire: elles seraient 36 000 pour un business de 2,5 milliards d'euro, soit une augmentation de 7 % par an.

    Enfin, la variété des goûts offerts - au niveau national - dépasserait les six cents...

    Moi, devant le comptoir frigo de la gelateria artigianale du coin, il y a déjà tant de choses que j'aime qu'il faudrait que je reste six semaines Cool

    Nocciola, stracciatella, fior di latte, mascarpone? Melon, papaye, abricot? Pêche, figues, chocolat noir?

    http://www.gelato.it/petrini/index1.htm

    "Nella capitale Mauro Petrini presenta, invece il cioccolato in tutte le sue declinazioni: da quelli di origine unica ai cioccolati speziati, dal peperoncino all’anice stellato, sino al gusto Bombay, con pepe rosa, zenzero e chiodi di garofano. Accanto a questi i gelati al liquore e l’ultima trovata: il gelato “vin santo e cantucci” in vetrina accanto al gelato croccante, ossia torrone e mandorle, e al gusto meringa. “A Roma - fa sapere Petrini - i gusti tipici sono lo zabaione e la crema, e proprio la crema, insieme al cioccolato e alla nocciola, è il gusto più amato e consumato”."

    Dans la capitale, Mauro Petrini présente le chocolat dans toutes ses déclinaisons: de ceux d'origine jusqu'aux épicés, depuis le piment jusqu'à l'anis étoilé ou au goût Bombay, au poivre rose, gingembre et clou de girofle. A côté d'eux, les glaces à la liqueur et la dernière invention: la glace au "vin santo e cantucci" (biscuits aux amandes) à côté de la glace croquante, au nougat et aux amandes, et celle au parfum de meringue.
    "A Rome, dit Petrini, les parfums typiques sont le sabayon et la crème, et justement la crème, avec le chocolat et la noisette, sont les parfums les plus appréciés et les plus consommés."

    http://www.winenews.it/i-capolavori-dell-agroalimentare-d-italia/27461/gelato-passione-ditalia-tanti-nuovi-gusti-dal-formaggio-caprino-al-parmigiano-reggiano-dal-vino-al-carciofo-per-una-moda-che-non-passa-mai-a-primavera-7-di-vendite-sul-2011-nelle-36000-gelaterie-del-belpaese

    Alors, qu'est-ce que je vous mets?

    Cool

  • C comme Californie

    Vu que nous sommes "the fourth of July", voilà une nouvelle qui tombe à pic: depuis dimanche dernier, la Californie n'a plus le droit de produire ni de commercialiser le foie gras et les Californiens qui seront pris en flagrant délit de dégustation de cette spécialité française risquent une amende de 1000 $

    L'unique éleveur de bêtes-à-foie-gras de l'Etat de Californie me fait penser à la brave dame qui gavait ses canards mulards dans un village du Sud-Ouest, car il tient le même discours qu'elle: non, un gavage bien fait ne fait pas mal à la bête...

    Pour avoir un avis sur la question, faudrait que je puisse interviewer le canard.

    J'aurais aussi pu appeler ce billet "C comme copillage": en cherchant un article en français sur la question, j'ai constaté que divers sites de journaux et magazines proposaient le même texte, parfois à un ou deux détails près... En voici juste trois exemples parmi d'autres: 

    http://www.lepoint.fr/societe/fin-du-foie-gras-en-californie-la-mort-du-reve-americain-du-fermier-gonzalez-17-06-2012-1474328_23.php

    http://www.lapresse.ca/vivre/cuisine/201206/19/01-4536530-quand-la-fin-du-foie-gras-tue-le-reve-americain.php

    http://www.france-amerique.com/articles/2012/06/18/foie_gras_interdit_en_californie_la_mort_du_reve_americain_du_fermier_gonzalez.html

    Mais le plus beau de tout, dans cet Etat si soucieux de bien-être animal, c'est que la peine de mort n'y est toujours pas abolie pour l'humain.

    Je serais bien curieuse de savoir ce que donnera un referendum à ce sujet en novembre prochain...

  • 22, v'là le printemps!

    Tout a commencé le 11 mars. C'était un dimanche des familles, le soleil brillait, la campagne environnante nous attirait irrésistiblement avec son ciel bleu, ses chants d'oiseaux et ses petites fleurs. Nous avons fait une bonne quinzaine de kilomètres à travers bois et champs en trimbalant tout un barda de manteaux, d'écharpes et de bonnets devenus tout à coup entièrement hors saison. Nous avons mangé à la terrasse et pris un coup de soleil. Qui donc, en Belgique, prévoirait sa crème facteur 50 le 11 mars?

    La semaine suivante, les premiers garçons en bermudas ont fait leur apparition dans la cour de l'école. A côté de quelques frileuses traînant encore un dernier rhume hivernal, plusieurs filles montraient la quasi intégralité de leurs jambes et de leurs décolletés. On sentait que dans le bureau de la direction et au secrétariat, on allait ressortir la page du règlement interdisant de montrer toute cette peau nue, aussi ravissante et juvénile soit-elle.

    Enfin, en faisant mes courses samedi dernier, je n'ai pu résiter à la tentation de "primevériser" le menu de la semaine. Ce qui fait que ces jours-ci, il n'y a dans mon assiette que des tomates mozzarella et basilic, de l'agneau grillé, du caviar d'aubergines et de la bresaola con rucola e parmeggiano.

    La vie est trop courte pour manger triste Cool

    printemps,école,élèves,gastronomie,nature

  • H comme Hémisphères

    Ils étaient quatre et fort bruyants dès leur entrée en scène. Deux hommes, deux femmes.

    Ils se sont précipités dans le coin où on peut manger assis dans des fauteuils de velours rouge autour d'une table basse. Ils s'y sont laissé choir sans élégance.

    - C'est comme ça qu'ils mangent, là-bas, a dit une femme, tout fort.

    Là-bas?

    Ils ont commandé des apéritifs. Ce qui n'était pas une mince affaire: un des hommes voulait une chose qui n'était pas sur la carte et ça devenait comique comme l'histoire des croissants chez Fernand Raynaud, il fallait juste remplacer "avec deux croissants" par:

    - Donnez-moi un Ricard.

    Il avait sans doute regardé trop de pub à la télé car il était partisan du "sinon rien" et a eu beaucoup de mal à se décider pour autre chose.

    Puis ils ont étudié la carte pendant un bon quart d'heure, la commentant longuement entre eux, se demandant s'ils commenceraient par du humus libanais ou des somosa indiens. Leurs discours pré-gastronomiques ont parcouru l'Afrique du Nord et la route de la soie, traversé les hauteurs du Népal et les ouragans des Caraïbes.

    Puis quand le garçon est venu prendre les commandes, un homme a dit:

    - Est-ce qu'il y a moyen d'avoir une côte de boeuf?

    ***

    Le site du restaurant Hémisphères: http://www.hemispheres-resto.be/index.html

    Pour les croissants de Fernand Raynaud, c'est ici: http://www.youtube.com/watch?v=hhV9kzF5bzs

  • U comme uno

    Le vendredi soir, c'est "dîner de gala", à l'hôtel. En tout cas, c'est ce qui était affiché et annoncé.

    Drôle de jour, me dis-je, pourquoi le vendredi soir? Mais je comprends le lendemain matin en voyant l'effervescence qui règne dès 6.30 h. et les montagnes de valises qui s'accumulent à l'entrée: pour beaucoup, c'est leur dernière soirée.

    "Dîner de gala", ça veut dire qu'il y a une petite bougie sur la table et qu'on reçoit deux "primi" au lieu d'un seul. De plus, je lis sur le menu qu'il y aura un buffet de desserts. Formidable Clin d'œil

    On a donc eu des moules (huit, exactement, je les ai bien comptées, comme Clément Marot ses quinze jours de Saint-Marry en l'église Saint-Pris), des strigoli con scampi et zucchini avec leur sauce rouge habituelle mais dans laquelle il y avait cette fois, vrai de vrai, quelques petits morceaux de crevette rose et même ici et là un petit dé de courgette (ah, vous ne me croyez pas? j'aurais dû prendre une photo!) et en plat principal du poisson con contorni e verdurine freschi, c'est-à-dire deux tranches d'oignon. (Hélas pour ma crédibilité, pas de photo de ça non plus)

    Puis arrive le buffet de desserts: une macédoine de fruits, des petits (petits petits) pots de crème et un grand gâteau qu'une serveuse était en train de découper en petits losanges.

    - Je voudrais de la macédoine et un petit pot de crème, dis-je au garçon.
    - E l'uno o l'altro, me répond-il sans rire.

    Pesaro 2011 002 - kopie.JPG

    à Pesaro, Le Globe, dans un petit parc face à la mer

  • N comme nouilles

    Dans mon enfance, on ne mangeait pas de pâtes. La mode italienne n'était pas encore arrivée dans nos assiettes. Il y avait parfois des vermicelles dans la soupe, ou de ces petites nouilles en forme de lettres - je n'aimais pas la soupe mais j'aimais déjà l'alphabet Clin d'œil. Les macaronis, ma grand-mère les préparait en dessert, avec de la cassonade brune. Jusqu'à ce que mon frère et moi lui fassions découvrir les spaghetti à la bolognaise.

    La semaine dernière, dans mon petit hôtel avec pension complète, c'était des pâtes deux fois par jour. La forme variait, donc les appellations aussi, mais la sauce était immuablement rouge tomate.

    Vous remarquerez que je n'ai pas écrit "aux tomates".

    Premier jour: Sedanini alle canocchie. Les 'canocchie' sont probablement des animaux en voie de disparition: je n'ai pas eu l'occasion de voir à quoi ils ressemblaient.

    Appellations variées mais goût toujours identique, même la fois où c'était pomodoro e basilico, vu qu'il n'y avait pas un gramme de feuille de basilic dans la sauce rouge tomate. Puis il y a eu les 'tortelli', qui étaient une sorte de ravioli, des 'strigoli', des 'farfalline' au saumon... mais où était le saumon? Le jour d'avant, l'énoncé était plus honnête: spaghetti al profumo di granchio car en effet, de crabe il n'y avait que le parfum... à condition d'avoir le nez imaginatif!

    Mezze penne, gnocchi sardi, mezze maniche... tout le catalogue du fournisseur y est passé.

    Et le seul jour où je n'ai pas mangé à l'hôtel, devinez ce que j'ai eu?

    Des pâtes.

    All'amatriciana Langue tirée

    Pesaro 2011 037 - kopie.JPG

    c'était là, le dernier jour, à Urbino, sous la tonnelle chez Franco

  • O comme Oye

    Il y a de ces restaurants où l'énoncé du plat prend plus de place que les mets dans votre assiette. Je ne vous apprends rien, probablement, et vous avez peut-être aussi salivé en lisant "La canette de Bresse rôtie, son verjus à la cassonade et aux oranges, servie avec des tagliatelles de courgettes et de poivrons et sa cuisse confite aux céréales caramélisées" ou "la poularde élevée au lait, en cuisson lente à la vapeur de romarin, servie avec un pasticcio de courgettes, broccolis et pignons de pins, sauce aux épices, et sa cuisse confite servie avec la polenta rôtie aux copeaux de jambon de Parme" pour constater que le tout tenait très bien dans un disque de 20 cm de diamètre.

    Bref, ces nourritures plus spirituelles que réelles font qu'une de mes cousines, après avoir dégusté (aidée d'une loupe) cinq plats de cet acabit, était allée assouvir sa faim dans une friterie. Son mari n'aime pas la lecture mais affectionne le steak-frites-mayonaise.

    ***

    Il y a aussi de ces restaurants où l'énoncé du plat prend des allures de poème en prose: tout y est servi sous forme de fleur, nuage, écume, copeaux, pétales, étoiles et autres frissons poétiques. Généralement, on y donne la préférence aux diminutifs: les fèves deviennent des févettes et l'agneau un agnelet.

    Il y a ceux qui tiennent à vous fournir tous les pedigrees: le canard vient de Challans, l'agneau de Pauillac, le boeuf est du Wagyu de Kobe et le homard a nagé dans l'Oosterschelde. Qui vous confient le nom des producteurs de leurs légumes, des affineurs de leurs fromages et du meunier qui a moulu la farine de leurs pains.

    Il y a ceux qui affectionnent la touche d'exotisme, vous obligeant soit à tapoter discrètement votre encyclopédie numérique, soit à demander une foule d'explications au maître d'hôtel, soit à attendre la surprise: que seront ces "graines de nigel"? ce "poivre chiloé" sera-t-il très fort? comment dois-je me représenter ce "rouleau de foie gras façon maki"?

    ***

    Et puis il y a ceux qui cumulent: les diminutifs, les pedigrees, la poésie, l'exotisme... et des croûtons malins en prime. Doublement malins:

    Une jeune poulette de ferme rôtie, gratin d'oignons 'paille' à la carbonara, croûtons malins embeurrés d'une rémoulade de céleri-rave

    Un tartare de tomate romaine au piment doux à l'huile d'olive, Explorateur en mousse crémeuse, croûtons malins de pain de campagne grillé

    et même des fruits fous:

    Dans une barrette au chocolat noir Araguani, les fruits rouges en délire: déclinés en une mousse légère et rafraîchis d'un sorbet aux framboises

    http://www.forgesdupontdoye.com/le-restaurant.php

     ***

    Essayez donc, à l'heure du dîner, quand on vous posera la question: "Chéri(e), qu'est-ce qu'on mange, ce soir?" et tenez-moi au courant du résultat Sourire

     

    envoyé aux Impromptus littéraires pour le thème "Frisson":
    mes frissons à moi sont poético-gastronomiques

  • H comme hypocondrie

    Je mange des concombres. Presque tous les jours et avec la peau. Du boeuf anglais. Du poisson au mercure. De la viande aux antibiotiques. Des fromages au lait cru.

    Mes pommes de terre ne sont pas encore transgéniques mais contiennent sûrement - comme tous les autres végétaux - des résidus d'herbicides, d'insecticides, de fongicides... Tout comme le pain que je mange et l'eau que je bois.

    Il y a vingt ans, le vent de Tchernobyl a soufflé sur mes épinards bio. Je les ai dégustés sans états d'âme. Ainsi que les salades, le persil, la ciboulette... Les vents d'aujourd'hui nous apporteraient-ils des relents moins insalubres?

    - Il faut bien mourir de quelque chose, disait mon père quand ma mère lui vantait les qualités anti-cancer des betteraves rouges, un légume qu'il détestait.

    Bien lire les étiquettes. Bannir tous les produits contenant des glutamates, des édulcorants, des colorants de synthèse, des addiditifs. Autrement dit: tout cuisiner soi-même.

    - Mais tu ne sais donc pas, s'était écrié avec dégoût l'homme-de-ma-vie en voyant dans son assiette la jolie petite caille bien dodue et bien dorée que je lui avais préparée avec amour, mais tu ne sais donc pas que ces bêtes sont élevées dans leurs propres excréments?

    Je n'ai jamais pu vérifier ses sources mais je ne lui ai plus jamais préparé de cailles.

    La pollution, elle est d'abord dans nos têtes. Ainsi ma belle-mère ostendaise faisait la moue devant tout poisson d'eau douce ("ça vit dans une eau sale") et n'avait confiance que dans le poisson de mer ("la mer, c'est propre").

    Mundus vult decipi, ergo decipiatur, comme dirait BDW

    Mais ça, c'est une autre histoire...

  • R comme rouge

    Sous prétexte d'entretenir un peu mon italien - toutes les excuses sont bonnes pour procrastiner - je vais régulièrement sur le site de Liborio Butera. Alors avec sa permission, je vous fais part de cette bonne nouvelle en ce premier jour du printemps:

    E’ il rosso il colore salva-vita!

    C'est le rouge qui nous sauvera la vie, voilà ce qu'une généticienne milanaise et un prof grenoblois ont découvert après l'avoir testé sur des souris puis sur des humains.

    La molécule "miraculeuse" concernée, c'est l'anthocyanine, dont il me semble que les effets bénéfiques étaient déjà connus - voir les 26800 entrées sur G**gl*, depuis les plus scientifiques jusqu'aux plus platement raccoleuses.

    L'anthocyanine devrait nous protéger de l'infarctus, du cancer et de l'obésité, bref de tout ce qui nous fait le plus peur aujourd'hui...

    Elle est présente dans les fruits et légumes de couleur rouge (sauf dans la tomate, comme le déplore l'article en italien) et dans le vin rouge. A nous donc les cerises et le radicchio!

    Elle se retrouve également dans les fruits et légumes "bleus", comme l'aubergine. 

    Alors aujourd'hui premier jour du printemps, ce "panier" de fruits et légumes me donne déjà des envies d'été!

    Mais patience... D'abord les asperges (blanches Clin d'œil of course!)

    Chaque chose en son temps, n'est-ce pas?

    ***

    Il rosso ci salverà la vita. Questa è l’opinione della dottoressa Chiara Tonelli, docente di genetica presso l’Università degli Studi di Milano, che sta seguendo una serie di esperimenti sui topi per poi passare all’uomo, in collaborazione con l’Università di Grenoble e dello IEO, diretto dal professor Veronesi, per studiare il massimo sfruttamento della molecola miracolosa, ovvero l’antocianina contenuta in prevalenza nei cibi di colore rosso. Dal vino alle ciliegie, fino alle arance, al mais (rosso), al radicchio e a tutti gli altri, le antocianine contenute aiutano a proteggere il cuore dall’infarto, oltre che avere capacità antiossidanti e un importante ruolo di protezione nei confronti di numerose patologie che vanno dal cancro all’obesità. Purtroppo da escludere dall’elenco dei cibi magici sono i pomodori che non le contengono (ma in compenso sono ricchi di licopene che è un potente antiossidante), mentre sono da includere anche tutti quei cibi che hanno colore che va dal rosso al blu, come per esempio le melanzane.

    http://www.liboriobutera.com/

  • U comme uniformité (dont un jour naquit l'ennui...)

    Chaque année en janvier je me régale - et mes élèves aussi ;-) - avec le thème "gastronomie": ça permet de revoir plein de vocabulaire utile mais surtout ça permet de parler bouffe... et tout le monde aime ça!

    Dans mes différentes classes, ils sont plusieurs à avoir des parents ou grands-parents venus d'ailleurs. Une chance à saisir, vraiment, pour que les élèves et moi-même fassions connaissance avec d'autres traditions gastronomiques que la nôtre.

    Cette année par exemple, je pouvais mettre la Biélorussie, le Kosovo, la Bosnie, le Maroc et l'Iran au programme des réjouissances culinaires. Alléchant programme, qui me permettra bientôt d'ouvrir mon propre restaurant Hémisphères (lol)

    Nous réaliserions donc des petites vidéos culinaires pour présenter la meilleure recette de notre terroir!

    Alors toute guillerette j'ai proposé l'idée à mes classes.

    Mais devinez quoi?

    Mon Kosovar et mon Iranienne n'aiment que le steak frites.
    Le plat préféré de ma Bosniaque et de mes Marocains ce sont les pâtes, les pizzas... et les frites.
    Et ma Biélorusse... euh... aussi.
    La cuisine biélorusse, me dit-elle, c'est beaucoup trop long et trop compliqué à faire.

    Mes jeunes, ils ne finissent pas de m'étonner Bisou

     

  • J comme jour de fête

    Aujourd'hui dimanche je réunis autour de ma table mes amis du cours d'italien. L'ancien cours d'italien, le bon, celui où on parlait italien, celui où on a tout appris Cool

    J*** apporte des bulles pour l'apéritif, je ferai des amuse-gueule, A*** apporte une soupe et un dessert, Y*** apporte une spécialité de grillade de boeuf, je ferai une polenta et des légumes de saison, P*** apporte le vin et j'aurai du fromage pour finir la bouteille de rouge... M*** n'apporte rien mais nous l'accueillerons avec le même enthousiasme que les autres LOL

    Puis on mettra nos bottes et on ira faire un petit tour de la réserve naturelle.

    Ah le beau dimanche! Quel jour de fête!

    kerst 2008 004.JPG

    saumon fumé, concombre et mascarpone - mousse de betteraves rouges - courgette au chorizo et grissini
    la photo est de Noël 2008

  • C comme Chartier

    Le bouillon Chartier, dit le Routard, est "toujours bourré de fidèles, de petits vieux du quartier, d'étudiants et de touristes" et "on n'y vient pas tant pour la cuisine, tout juste honnête, que pour se dire qu'on a mangé au moins une fois dans ce lieu mythique." (p.336 édition 2010)

    Et c'est avec deux petites phrases pareilles qu'on attrape la touriste de passage dans les galeries (moi) et qu'on remplit un restaurant minable.

    Mais j'anticipe.

    J'arrive vers 18.00 h. et je me décide à entrer parce que l'établissement est plus qu'à moitié vide: je ne devrai donc pas "supporter le bruit assourdissant des 325 places, 16 serveurs et 1200 couverts par jour" comme me prévient mon Routard. Et surtout parce que le menu affiché dehors propose des plats à des prix défiant toute concurrence. L'heure, l'endroit et la blanquette de veau me conviennent, j'entre.

    Une dame m'accueille et m'installe prestement à une table où se trouvent déjà deux jeunes Allemandes. Je peux prendre commande auprès de mon serveur n° 21 dès qu'il a fini de faire le joli coeur avec mes voisines, les poussant à s'acheter une bouteille de vin avec leur spaghetti bolognaise alors qu'elles n'en voulaient qu'un verre chacune. Il note ma blanquette de veau au riz et ma bouteille d'eau en m'appelant chérie, ce que je n'apprécie pas du tout. Puis on vient installer encore un monsieur en face de moi.

    C'est là que l'histoire devient amusante, mais je vous la raconterai une autre fois Langue tirée

    Pour ceux qui voudraient voir l'endroit (et lire un tissu de mensonges hahaha) c'est ici http://www.restaurant-chartier.com/www/

     

  • Premier repas thaï

    Le Mam Mam, disait le Routard, est "un joli resto thaï" qui vous accueille dès l'entrée "par les délicates odeurs provenant de la cuisine".

    La cuisine est thaïe mais aussi laotienne. Et c'est vrai, le chef officie derrière le comptoir, on peut le voir et l'entendre.

    "Les plats sont riches en saveurs et réalisés avec raffinement" (p. 104 de l'édition 2010)

    Brussel 004 - mam mam.JPG

    Comme vous pouvez le voir, c'est surtout la présentation qui est raffinée :-)

    "Accueil souriant" et c'est vrai aussi: on est gentil, même avec une dame qui dîne seule un vendredi soir Cool et rien que pour tester cet aspect-là, il faudrait que les chroniqueurs gastronomiques soient des femmes comme moi!

    Sur la carte, on mentionne les temps d'attente. Sans doute utile pour les gens pressés, mais pour moi il aurait mieux valu qu'on me prévienne, comme le fait le Vietnamien de ma petite ville, si le plat est un peu "fort" ou "très piquant".

    J'ai mouillé tous mes mouchoirs de mes larmes à cause de trois fines languettes de piment qui ornaient mon délicieux "canard aux épices du Laos"...

    Petite nature, hahaha!