hiver

  • Premier sourire

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    Le premier sourire du matin, la première voix humaine, un bonjour, quelques mots, c'est souvent en route pour l'école, quand le petit monsieur à longue barbe grise fume sa pipe sur le pas de sa porte. 

    Quand de loin déjà elle lui voit faire les quelques pas qui le séparent du trottoir, Madame sait qu'elle devra prendre le temps d'un moment d'arrêt: c'est qu'il a une communication à faire. 

    L'autre mercredi, c'était pour annoncer que les "pierdemuilies" étaient arrivés en ville pour la kermesse d'hiver. 

    Vendredi dernier, pour informer du changement d'heure et rappeler qu'il faudra reculer les aiguilles des montres, à trois heures du matin. 

    Madame a une très forte sympathie pour ce petit bonhomme aux vêtements troués et quand sa porte reste close pendant deux ou trois jours, elle s'en inquiète. 

    Puisse-t-il passer encore longtemps d'une kermesse à une autre, avec ou sans changement d'heure. 

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    source de l'image ici 

    le photo en haut de page date du 27 octobre 

    "pierdemuilie" est dialectal et signifie manège, carrousel 
    (littéralement: moulin à chevaux, à cause du mouvement rotatif, sans doute)

  • G comme grisaille grandiose

    Tout amoureux de Paname le sait, il ne faut pas s'attendre à y trouver des petits moutons et des petites fleurs, surtout si on y va début janvier cool

    On attend le bus place de la République. L'homme qui sort du métro allume fébrilement une cigarette.  

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    On descend à l'Hôtel de Ville, où le manège finit d'être briqué. 

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    On est heureuse d'apercevoir les tours de Notre-Dame, au loin. On se demande si les joggeurs prennent le temps d'admirer ou s'ils regardent juste leurs pieds, les passants, les obstacles et la circulation.   

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    On passe à côté de la Tour Saint-Jacques, un de nos monuments préférés à Paris. On aimerait que les "révolutionnaires" aient été un peu plus respectueux des beautés de leur ville.  

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    On traverse le Louvre, où la mode des selfies semble plus vivace que jamais. On aimerait photographier ce jeune homme qui se filme sur 360° d'un air béat. Ou cette jeune fille qui ramène sans cesse ses longs cheveux noirs sur sa droite alors que le vent les souffle à gauche...  

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    Sur l'esplanade, les queues pour l'entrée du musée s'allongent rapidement, comme le constate l'homme en anorak bleu. 

    voyage, paris, hiver

    A la Concorde, l'obélisque est bien dressé, la grande roue tourne doucement et seuls les touristes ne sont pas pressés. 

    voyage, paris, hiver

    On traverse le village de Noël en plein démontage et on arrive au but de la promenade, le Petit Palais. 

    voyage,paris,hiver

  • E comme Eiffel

    Même si on comprend les artistes opposés à cette "odieuse colonne de tôle boulonnée", on ne peut s'empêcher de la photographier dès qu'elle paraît à l'horizon. 

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    "mercantile", "inutile et monstrueuse", "barbare", 
    vue depuis le Louvre 

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    "gigantesque cheminée d'usine
    vue depuis le jardin des Tuileries  

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    "cette horreur" vue depuis la Concorde 

    à Paris, Sttellla, 27 mars 2010, La Chapelle, MONS from slowbizz on Vimeo.

  • D comme déambulations parisiennes

    Sur le boulevard Haussmann, les grands magasins ont encore leurs vitrines de Noël: 

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    au Printemps, beaucoup d'automates et de féerie, 

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    aux Galeries Lafayette, des ours blancs dans des décors blancs. 

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    Par contre, aux Champs-Elysées, c'est fini de rigoler, comme on peut le lire ici: même si les affiches indiquent que le village de Noël durerait jusqu'au 8 janvier, tout est arrêté depuis le 2... On démonte dans la morosité et la patinoire est en train de fondre doucement.

     

  • B comme brumes du Nord

    Il y a eu de ces jours, fin décembre, où l'Adrienne n'avait pas envie de sortir de chez elle. 

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    Pourtant la beauté se trouve aussi dans les brumes 

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    et les glaces. 

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  • 20 miracles de la nature (1)

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    Quand l'étang est à moitié gelé,
    Saturnin et ses copains  

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     amusent les passants 
    et les enfants 

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    en leur refaisant 
    un numéro de Jésus 

    *** 

    pour le défi du Hibou 

    semaine 51 - miroir

  • Adrienne aime les nuages

    Les couleurs du temps 

    Ciel rose et bleu de janvier 

    Au petit matin 

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     Fins moutonnements 

    Dans le ciel bleu de décembre 

    Beauté de l'hiver 

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    pour le projet photo du hibou

    https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 5 - nuage

  • V comme vue du paradis

    Chaque fois que mon ancien petit groupe de bénévoles organise quelque chose dans ce coin de paradis où je vivais autrefois, je le note soigneusement dans mon agenda et je me dis que je vais y participer. 

    Puis, le moment venu, je n'y vais pas. 

    N'hésitez pas à appeler ça de la peur. De la lâcheté. 

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    Pourtant, ce serait tellement mieux d'aller m'y promener

    au lieu de l'admirer en photo. 

    ***

    Celle-ci date de 2012. 

    Les dernières que j'ai prises sont de l'été 2013... 

     

    https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

    thème: lumière

     
     
  • Stupeur et tremblements

    Ils sont trois petits garçons, trois petits mecs d'à peine cinq ans, qui sortent ce mercredi midi de la maternelle et marchent derrière une maman qui ne se retourne même pas pour voir s'ils la suivent.

    - Tu as vu? TOUTE cette neige! 

    C'est qu'à cinq ans, on a l'émerveillement météorologique facile. On ne peut pas comparer avec les neiges d'antan smile. Se souviennent-ils seulement de celles de l'an dernier? 2016-01-20 (2) - kopie.JPG

    sous le fin grésil, seuls le terrain de sport et les chemins deviennent blancs

    Ils sont émerveillés par cette poussière de flocons qui commence à tomber. C'est à peine s'ils arrivent à recueillir une minuscule poignée de neige sur le capot des voitures stationnées le long du trottoir. Mais ça suffit à leur bonheur. 

    Voir leurs petites mains nues sur le métal gelé me donne froid dans le dos.

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    cette mince pellicule sur la cour suffit aussi au bonheur des "grands"

    Plus loin, en attente sous un porche, un tout petit essaie d'attraper son bonnet que son frère s'amuse à tenir juste assez haut pour qu'il ne l'atteigne pas. 

    - Tu n'as pas froid? dis-je au petit. Tu ne crois pas qu'il devrait le mettre, son bonnet? dis-je au plus grand. 

    C'est à ce genre de remarque, pensais-je en m'éloignant, qu'on reconnaît le prof. 

    Et ça m'énerve tongue-out

    hiver,projet 52,photo,prof,école,élève

    mon sapin de Noël a enfin son habit de fête 

    mais bien sûr, on est encore loin des merveilles de l'hiver 2010 

    hiver,projet 52,photo,prof,école,élève

    il était beau, mon paradis cool 

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma'

    Projet 52 - 2016

    semaine 3 - hiver

     

  • N comme nocturne

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    Pour supporter les soirs d'hiver 

    il suffit de deux bougies 

    et d'un miroir 

    smile

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma'

    Projet 52 - 2016

    semaine 2 - soir

     

  • K comme Kerststukje

    En ces temps de Noël, les petits réalisent des travaux de saison avec des maîtres et des maîtresses obligés de réinventer l'eau chaude, année après année.

    La maîtresse de Wannes avait une belle idée: une petite chose tout à fait réalisable pour les doigts malhabiles et en même temps très jolie. Une petite chose qui ne coûterait pas trop cher en fournitures - c'est un aspect de plus en plus important - et qui trouverait sûrement sa place dans tous les foyers, même chez ceux qui croient en d'autres paradis... ou en aucun.

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    Et puis allez savoir ce qui s'est passé...

    Wannes a-t-il déposé son trésor pour récupérer un ballon? ramasser un dernier marron? sortir de sa poche un vieux bonbon?

     

  • J comme jour et nuit

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    L'étoile du matin... 

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    et celles du soir 

    laughing

    pour le projet 52 de Ma' - thème: étoile

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

     

  • F comme fleurs de décembre

    Décembre, mois des fleurs!

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    Dans le parc, les rosiers pourtant sévèrement taillés en vue de l'hiver, refleurissent...

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    Dans le jardin de l'Adrienne, les campanules refont des pousses à clochettes bleues...

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    et les anémones, supposées rester à l'abri du gel jusqu'au printemps prochain, sont déjà là.

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    Ah! et ça?

    ce sont les iris bulbeux plantés fin octobre.

     

    Frimaire se confond avec Floréal. 

    surprised

  • D comme désirs d'hiver

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    Plaisirs d'hiver 

    Désirs d'hiver 

    A Bruxelles pour Noël

    Avec les gants, l'écharpe et le bonnet...

    ***

    pour le projet 52 de Ma' - thème: gants et écharpes

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

  • Première neige

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    Elle est arrivée le 21 novembre 

    et repartie tout aussitôt... 

    Chaque année le premier flocon 

    cause le même émerveillement 

    smile  

    Chaque année le premier flocon 

    me rappelle ma grand-mère Adrienne 

    qui se hâtait de saisir 

    brosse et balai 

    pour dégager le trottoir. 

    smile 

    Ce n'était pas devant sa porte 

    qu'une veille dame glisserait 

    et se casserait la cheville

    ou la hanche. 

    smile

  • Première chaleur

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    soleil d'hiver, premiers rayons 

    un peu de chaleur pour le projet 52 de Ma

    photo souvenir

    cinq ans déjà

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    aujourd'hui ils vivent comme ça:

    projet 52,chat,hiver

    l'Adrienne réveillonne avec sa nipotina et ses chats Langue tirée

    http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/31227714.html

  • Dernière lettre

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    photo de l'hiver 2010-2011

    Le jardin est une scintillante symphonie de blanc, une aquarelle où se détachent les mésanges et les merles gloutons. Ils se disputent avec ténacité un kilo de graisse de bœuf. Ils ont conscience que leur vie en dépend.

    La fourgonnette rouge vif remonte l'allée sinueuse, en fait le tour dans un crissement de pneus et de freins, s'arrête pile devant la boîte aux lettres rouillée. Bruit de portière qui claque.

    En l'espace de quelques secondes, le silence est revenu. Muanza sort prendre le courrier et le chien en profite pour aller jusqu'à la rue, provoquant au passage un nouvel envol autour de la mangeoire aux oiseaux.

    Le journal, deux enveloppes. Muanza a un frisson au cœur en voyant celle qui est bleutée avec trois grands timbres aux couleurs vives. Lagos, Nigeria, cette ville immense composée d’îles qu’aucun pont ne relie. Il lui semble entendre les rythmes yoruba. Et le rire de Theresa.

    Theresa, la belle parenthèse dans le fardeau des premiers mois d’errance. Theresa et sa façon d'enrouler son pagne. Theresa qui se coiffe à petits coups secs ou se peint les ongles des doigts de pied en grenat. Theresa qui se penche vers lui pour lui tendre un bol de fufu. Le parfum de Theresa, la sueur de Theresa. Et ses caprices de jeune et jolie femme.

    Malgré le froid de janvier, il ressent une violente zébrure de chaleur, comme une secousse. Il rentre prestement, le chien sur les talons. Déchire l'enveloppe d'un coup sec, déplie le fragile feuillet bleu, lit les mots de Theresa, son langage coloré d'expressions en yoruba et son anglais bancal.

    Theresa qui l’appelle chéri, lui dit sa douleur, ses regrets, le vide, le temps qui passe… Qui ne comprend pas pourquoi il ne lui écrit jamais, qui lui fait presque une scène. Qui ne sait pas qu’il y a Rosemonde. Et une autre encore, au Niger.

    Parce que c’est aussi ça, pour Muanza, la résilience (1).

    Plus tard, il cache soigneusement la lettre entre ses T-shirts propres. Il ne faudrait pas que Pierre ou Marie la trouvent. Ils ne comprendraient pas. L’Europe, ce n’est pas l’Afrique, se dit-il.

     ***

    (1) capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité (définition de Boris Cyrulnik)

    ***

    Le texte combine deux consignes

    les mots du dernier défi du samedi

    Espace - Bruit - Frisson – Rythme - Couleurs- Langage- Caprice - Lire - Déchirer - Pont

    et les mots des plumes d'Asphodèle

    temps, lire, ténacité, tour (nom masculin), regrets, déchirer, malgré, silence, bancal, résilience, pourquoi, aquarelle, fardeau, parenthèse, vide, rire, envol, vie, conscience,  cœur, douleur, scintiller et symphonie, scène, sinueux

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  • B comme B***, paradis perdu

    L’hiver, l’horizon n’est pas caché par le feuillage du petit bois de peupliers. En ouvrant les rideaux, Marie découvre avec ravissement une nature parfaitement blanche dans un ciel bleu lumineux. Même l’abri de jardin a des airs de cabane en montagne. Oui, vivre ici, c’est l’Éden. D’ailleurs elle le dit à tout le monde, c’est son paradis.

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    Pour Pierre, la nouvelle année commence mal : fatigue accumulée ou vilain virus, le rythme épuisant au travail avant les fêtes a toujours raison de sa santé. Mais il ne s’en plaint que pour la forme : ça lui permet d’installer un créneau horaire marqué « repos total » et de transcender la maladie à l’aide des remèdes « de cheval » hérités de son père. Chez eux, la fièvre se soigne avec de petits remontants genre lait de poule dont on bannit très vite les œufs et le lait pour ne plus garder que le whisky.  Ou les grogs dans lesquels la proportion de rhum et d’eau chaude s’inverse rapidement au profit du rhum. 

    Muanza, heureusement, ne connaît jamais la moindre panne de santé. Ce jour-là, sans doute pour compenser l’inertie de Pierre, il a décidé de se rendre utile. Epousseter les étagères de livres, grimper l’échelle du grenier en tenant à bout de bras l’immense saumonnière  qui ne sert qu’une fois par an, brosser la neige accumulée devant la porte… il est d’autant plus infatigable qu’il sait que ses jours sont comptés, au B***.

    ***

    écrit pour Les plumes d'Asphodèle n°39

    http://leslecturesdasphodele.wordpress.com/2014/12/29/les-plumes-39-resultats-de-la-collecte-pour-monter-calendrier-refait-jusqua-fin-avril/

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     Horizon, nature, ciel, échelle, fatigue, grimper, cabane, rideau, créneau, Éden, montagne, étagère, fièvre, transcender, panne, épuiser, œufs, cheval, ravissement, remontant, rythme.

     

  • M comme merle

    Le merle - Théophile Gautier (Emaux et Camées)

    Un oiseau siffle dans les branches
    Et sautille gai, plein d'espoir,
    Sur les herbes, de givre blanches,
    En bottes jaunes, en frac noir.

    C'est un merle, chanteur crédule,
    Ignorant du calendrier,
    Qui rêve soleil, et module
    L'hymne d'avril en février.

    Pourtant il vente, il pleut à verse ;
    L'Arve jaunit le Rhône bleu,
    Et le salon, tendu de perse,
    Tient tous ses hôtes près du feu.

    Les monts sur l'épaule ont l'hermine,
    Comme des magistrats siégeant.
    Leur blanc tribunal examine
    Un cas d'hiver se prolongeant.

    Lustrant son aile qu'il essuie,
    L'oiseau persiste en sa chanson,
    Malgré neige, brouillard et pluie,
    Il croit à la jeune saison.

    Il gronde l'aube paresseuse
    De rester au lit si longtemps
    Et, gourmandant la fleur frileuse,
    Met en demeure le printemps.

    Il voit le jour derrière l'ombre,
    Tel un croyant, dans le saint lieu,
    L'autel désert, sous la nef sombre,
    Avec sa foi voit toujours Dieu.

    A la nature il se confie,
    Car son instinct pressent la loi.
    Qui rit de ta philosophie,
    Beau merle, est moins sage que toi !

    Merle blanc 

    Le prof de maths a 55 ans, des verres épais comme des fonds de bouteille et une réputation d’ours.

    - Chaque fois qu’on a un test de maths, dit Stijn, le premier de la classe, je stresse comme un fou.
    - Mais pourquoi donc ?

    Ce n’est pas toujours rationnel, à quoi tient la réputation d’un prof, d’où elle lui vient et s’il la mérite vraiment. Dans le cas du collègue de maths, ses grands coups de gueule le font passer pour un rustre sans cœur – ce qu’il est loin d’être – mais le plus bizarre de tout, c’est qu’il a une réputation d’alcoolique, alors qu’il ne boit que des canettes de coca light.

    Puis, tôt ou tard un sourire légèrement moqueur apparaît sur toutes les lèvres quand quelqu’un dit : « En zijn duivenkot ! »

    Parce qu’il est colombophile. Donc ringard.

    Jusqu’à ce quelqu’un lance :

    - L’oncle de ma copine, il est aussi colombophile, et il vend les œufs de ses meilleurs pigeons à 1500 euros pièce !

    Au  silence qui suit, on sent tout le respect dû à l’argent, parmi ces jeunes qui font des études d’économie.

    - Bon, dit Madame, à moitié rassurée sur la vision qu’ils ont de son collègue. Il se fait tard. Si on allait manger ?

    Le pigeonneau, se dit-elle en fermant à clé la porte de sa classe, c’est tout de même excellent. Avec des petits pois et du gratin dauphinois.

     poesie,litterature,printemps,hiver,défi

     écrit pour le Défi du samedi 285, Les aventures d'un pigeon voyageur

  • B comme bottillons

    Le 20 novembre l'Adrienne a chaussé ses bottillons rouges

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    pour se rendre à l'hôtel de ville 

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    et s'inscrire dans sa nouvelle commune

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    La chose s'est faite en moins de cinq minutes

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    et l'Adrienne en est ressortie toute guillerette.

    ***

    Le même soir, la première neige est tombée... à gros flocons!

    La haie et les hortensias étaient encore tout blancs le lendemain matin et l'Adrienne est allée à pied à l'école en chantant Langue tirée

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  • X c'est l'inconnu

    Cette histoire écrite dans la magie de cet hiver-là...

    Cette histoire écrite dans la magie de cet hiver-là, je ne sais pas si je vais l’envoyer à un éditeur.

    Souviens-toi. Souviens-toi de ce froid intense, de cette neige tombée abondamment, semaine après semaine. Nous ne sortions plus guère. Pourquoi l’aurions-nous fait, d’ailleurs ? Nous préférions rester le plus longtemps possible ensemble au coin du feu. J’écrivais. Je te faisais la lecture. Tu approuvais, tu commentais. Tu avais comme toujours une si juste vision des choses…

    Mais cette histoire-là, non vraiment je ne sais pas si je vais l’envoyer à mon éditeur.

    Tu n’es plus là pour me lire.

    ***

    écrit pour

    http://mandrine6.wordpress.com/2013/04/27/la-magie-des-mots-n11/#comments

    l'incipit "Cette histoire écrite dans la magie de cet hiver-là" était imposé

  • Der de der!

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    On était à la mi-mars mais si je voulais rentrer l'auto au garage, il fallait encore une fois déblayer de la neige.
    Admirez, en haut de la photo, l'ustensile ad hoc et la première bande dégagée.
    Et en bas, les traces de mes pas.

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    Un beau soleil printanier mettait du coeur à l'ouvrage et faisait disparaître les dernières traces de neige, là où la pelle était passée. Le plus gros du travail était fait et l'auto, qui attendait trois kilomètres plus loin, devait probablement déjà sentir l'écurie...

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    Bientôt, il ne restait plus que quelques mètres carrés. Il était temps, parce que le dos faisait mal.

    ***

    C'est alors que le ciel s'assombrit

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    et que tout un nuages de gros flocons anéantit les efforts fournis.

    Non, le 13 mars, ce n'était pas la der de der... loin s'en faut!
    Mais j'ai été têtue: je n'ai plus voulu reprendre la pelle en main
    Langue tirée

    ***

    C'est en pensant à ça que je me réjouis à l'idée d'habiter en ville, l'hiver prochain, où je n'aurai que le trottoir à déblayer Sourire

     

  • X c'est l'inconnu

    Depuis que le hasard des voies aériennes une veille de Noël l’avait fait arriver au royaume de Belgique – pays qu’il aurait été incapable de situer correctement sur une carte jusqu’à ce qu’il en voie une à Anvers dans le bureau des douanes, jaunie, racornie et visiblement d’un âge plus que vénérable – depuis le 24 décembre, donc, Muanza subissait le froid et la grisaille de l’hiver.

    Le gel qui l’avait saisi à sa descente d’avion, le vent glacial qui lui piquait la peau, il avait du mal à s’y habituer. Au bout de trois semaines, il en était déjà à abhorrer cette saison froide et inhospitalière. Fort heureusement, il n’avait pas encore été malade, même quand chacun, dans son étage du Petit-Château, toussait et crachotait, subissait les petites fièvres grippales et les gros rhumes carabinés.

    Pays inconnu, hiver inconnu, et un jour de janvier, l’émotion intense de sa première neige. Muanza riait comme un enfant, voulait courir, toucher, palper, tournoyer avec les flocons, les bras levés dans un geste théâtral d’abandon. Il s’émerveillait de ce qui représentait une énigme de plus. Les abords un peu tristes du Petit-Château étaient métamorphosés, la circulation moins dense, les sons adoucis, les arbres féeriques et le noyer planté à l’arrière du bâtiment était plus majestueux que jamais.

    fiction,bruxelles,belgique,désir d'histoires
    noisetiers et frênes, janvier 2013

    Atuahene avait déjà assisté à cette féerie fin novembre et prenait des airs blasés. Les plaisirs de la neige, c’était pour les enfants. Il ne quitta pas son écran et ses films porno. Tamerlan préférait de toute façon les flammes d’un bon feu et Xian ne voulut pas lui confier sa précieuse petite fille, préférant la garder au chaud dans son lit que la laisser sortir faire un bonhomme de neige.

    Mais on eut beaucoup de mal à empêcher ce fou de Kendu d’aller danser sur sa corniche…

     

    fiction, Bruxelles, Belgique, désir d'histoires
    écrit pour Désir d'histoires n°96
    http://desirdhistoires.wordpress.com/2013/03/26/des-mots-une-histoire-96/
    les mots imposés étaient
    vénérable – noyer (arbre) – grisaille – théâtral – royaume – malade – arriver – énigme – abhorrer

     


  • U comme usant

    Dimanche matin, un titre de journal attire mon attention:

    Les Belges fuient massivement à l'étranger!

    Un nouvel exode? C'est la guerre? C'est la peur du séparatisme? La crainte du fisc?

    Non.

    C'est tout simplement la énième variation sur le même thème: le froid, la neige, l'hiver qui dure depuis trop longtemps et les gens qui en ont marre... Alors, paraît-il, ils prennent d'assaut les agences de voyages et bouclent vite vite leurs valises pour des destinations plus ensoleillées. Parmi les favorites, la Turquie, l'Egypte, les îles Canaries. Des avions supplémentaires ont dû être affrétés et tout affiche complet.

    http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20130323_00515458&_section=60682888&utm_source=standaard&utm_medium=newsletter&utm_campaign=ochtendupdate

    Mais moi je sais bien que ça ne peut pas durer et vous verrez, encore une semaine de froid exceptionnel, de neige et de blizzard et après nous aurons des vacances de Pâques avec terrasses fleuries, parasols et sandalettes...

    Je m'en suis acheté une paire. Rouges Cool

    hiver,printemps,actualité

  • Le bilan du 20

    Sur le bureau d'Adrienne, à portée de main (gauche), il y a

    le petit Robert

    tous les dictionnaires traducteurs

    des tas de paperasses qu'elle ne peut se résoudre à jeter

    la notice explicative reçue avec la première boîte de pralines Neuhaus

    une latte de 50 cm qu'elle utilise depuis l'école primaire (et sur laquelle, vers l'âge de 14 ou 15 ans, elle a gravé MAKE PEACE NOT WAR)

    le sac gris dans lequel elle transporte son ordinateur, chaque fois que le nomadisme hivernal la prend

    pipo maart 2013 - kopie.JPG

    et c'est là que le chat roux
    qui peut vraiment tout se permettre depuis qu'il est borgne
    vient faire ses siestes
    à portée de main (gauche)

    ***

    mais le nomadisme, c'est fini
    demain c'est le printemps
    Cool

    ***

    et ce soir, un autre bilan!
    ce soir, l'Adrienne fait un rapide aller-retour à la Monnaie
    pour y apprendre quelles sont les oeuvres au programme de la saison prochaine

    Bisou

    car s'il lui reste une dernière folie ce sera bien celle-là

    chat,la monnaie,bruxelles,hiver
    un autre rouquin
    Langue tirée
    détail du décor de Lucrezia Borgia
    photo prise après la représentation au Cirque Royal

  • P comme peur

    Quand elle était petite, elle aimait beaucoup les chiffres.

    Ceux qu’on récite avec fierté dans les tables de multiplication, six fois sept quarante-deux...

    Ceux qu’on chantonne Un, deux, trois, nous irons au bois.

    Ceux qu’on danse à la corde, 1,2,3,4,5,6,7, Violette à bicyclette.

    Ceux qu’on décompte pour désigner le joueur, Un petit cochon pendu au plafond…

    Ceux qu’on frappe joyeusement du pied en marchant, Un kilomètre à pied, ça use les souliers.

    Mais aujourd’hui, ça a bien changé.

    Elle a peur de lire le thermomètre. Peur d’y voir un zéro ou un chiffre en-dessous de zéro. Car il ne fait plus que dix degrés dans la maison, et quatre dans la salle de bains.

    Elle a peur de lire les résultats de l’analyse de sang. Peur d’y voir des nombres trop élevés ou trop bas. Car ce n’est jamais le moment de tomber malade, et aujourd’hui moins que jamais.

    Elle a peur de lire son courrier. Peur d’y voir les montants à payer. Car elle craint de ne plus y arriver, un jour ou l’autre.

     

    Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept,
    Adrienne a fait des dettes !

    écrit pour le défi 237
    thème: la peur des nombres

  • 7 signes qui ne trompent pas...

    Dans la prairie en face, les deux petits chevaux se font la course et batifolent.

    Dans les branches devant ma fenêtre, deux mésanges se disputent une troisième.

    Sur la droite, les bourgeons du groseillier à fleurs laissent apparaître quelques pointes de rose.

    Là-bas, le saule est couvert de chatons d'un joli gris duveteux.

    Les premières pousses d'orties et d'égopodes commencent à se montrer.

    Les perce-neige seront bientôt défleuris.

    La jardinière ressent mille petits fourmillements Langue tirée

    Pas de doute possible: le printemps est là!

    nature, jardin, printemps
    et on nous promet de la nouvelle neige pour la semaine prochaine Langue tirée

  • Stupeur et tremblements hormonaux

    Il faisait si froid, il y avait tant de neige, le printemps semblait encore si éloigné - et mama Moussa est si vieille, pensai-je à tort une fois de plus - bref en janvier je n'avais pas encore recommencé à lui donner sa pilule.

    Alors en février, Loverboy (1) était de retour.

    Mama Moussa était si "krols" qu'elle faisait des câlins à un cache-pot en cuivre.

    Et Pipo Rossi croyait devoir braver le froid de la nuit pour tenir ce chanteur de charme félin à bonne distance.

    pipo feb 2013 - kopie.JPG
    Conclusion: même si ça n'en a pas l'air, le printemps est dans l'air

    (1) http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/02/14/l-comme-loverboy.html

  • Adrienne parle à ses morts

    Merci à toi, belle-maman, pour ce bonnet en laine d'Islande que tu m'avais offert en retour d'un voyage. La laine d'Islande, assurément, doit être plus chaude que celle qui pousse sur le dos de moutons sudistes... C'est en tout cas ce dont tu étais persuadée Langue tirée
    Je ne l'avais plus porté depuis au moins dix ou quinze ans, mais ces derniers quinze jours, il m'a bien servi.

    hiver,vive la famille

     
    Merci à toi, grand-tante Simone, de m'avoir légué cette dizaine de petites cuillers.
    J'en utilise une chaque matin au petit déjeuner. Elles sont venues
    bien à point en cette période où je n'avais ni le temps ni le courage de faire la vaisselle.

    hiver,vive la famille

     
    Merci à toi, grand-père, de m'avoir raconté comment petit enfant tu devais marcher tous les jours quatre ou cinq kilomètres pour te rendre à l'école. En sabots.
    Cette pensée me réconforte et m'interdit les jérémiades quand je dois faire pareil dans le froid et la neige de janvier: pour moi, ça ne durera qu'une quinzaine de jours. Et j'ai de bonnes bottines.

    hiver,vive la famille

     non, pas de photo des bottines
    Cool
    juste le ruisseau gelé
     
    Merci à toi, papa, de m'avoir enseigné dès mon plus jeune âge ce que tu appelais "la relativité des choses d'ici-bas" et fait comprendre si tôt qu'il y a toujours pire et qu'on n'a pas le droit de se plaindre.

    ***
    Ah! ça fait un bien fou, de parler à de si gentils morts
    Innocent
  • Dernière neige?

    En la voyant tomber, un jour à gros flocons, un autre en fin rideau blanc, je me suis prise à rêver que c'était la dernière neige que je voyais ici et que l'hiver prochain, je serais dans "ma" petite maison en ville.

    Oui, c'est bien joli tout ça

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    à condition de pouvoir rester tranquillement chez soi au chaud.

    D'ailleurs cette année-ci on en a tant eu que même les élèves en ont marre de se lancer des boules de neige

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    et préfèrent rentrer pour se coller aux radiateurs.

    Sur mon chemin vers l'arrêt du bus au village, je salue en passant mon ami le poney

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    mais la dernière fois il avait pris son air résigné et n'a plus bougé une patte, speculoos ou pas.

    Et quand le chat Pipo, qui a tellement la bougeotte, a disparu sous plus de quinze centimètres de neige

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    je me suit dit que si je le revoyais vivant je l'appellerais François Paradis Langue tirée