jardinage

  • F comme fin

    Le matin du 19 mars, elle a libéré un mètre carré du potager. Entre les derniers poireaux et les choux de Bruxelles, elle a semé deux rangs de radis ronds et de laitue à couper, comme il le lui avait demandé la veille: 

    - Demain, avait-il dit comme chaque année à la même époque, demain c'est la Saint-Joseph. N'oublie pas de semer de la salade et des radis. 

    Ce travail fait, elle a soigneusement nettoyé ses outils et les a rangés avec ses bottes, dans la cabane. 

    A la maison, elle a replié le linge sec, repassé une dizaine de chemises et refait le pli des pantalons. Ciré et fait reluire des chaussures. Elle sait combien tout ça est important pour lui. 

    Pour le repas du soir, comme on était vendredi, elle avait prévu du poisson. Elle ferait une purée et des épinards. Avec un beurre blanc ou une sauce mousseline. Une bouteille de riesling était au frigo depuis le matin. 

    Ce soir-là, il est rentré tard, comme d'habitude. Il s'est mis à table après un rapide baiser et a ouvert son journal. 

    Il a quand même fini par s'apercevoir qu'il mangeait seul. Alors il a dit: 

    - Tu viens? 
    - Non. 
    - Tu fais quoi? 
    - Je pars. 

    fiction

    les cotylédons de radis sont vrais, 
    le texte est une fiction tongue-out 

    La consigne était: 

    Placer un mini-dialogue dans un texte narratif 

     

  • R comme repos

    L'amie Anne affirme son bonheur de jardinière 

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    et me le fait partager 

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    au milieu des fleurs, des fruits, 

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    et des légumes. 

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    Ici aussi, le chat invite à suivre son exemple 

    cool 

    *** 

    Pour le projet du Hibou 

    semaine 34 - légume

     

  • V comme Vends maison de famille

    "Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite" ... Chaque vers était écrit de plus en plus gros, jusqu'au dernier, "IL A FILÉ", qui éclaboussait la feuille comme pour se moquer du lecteur trop lent à qui le bonheur venait d'échapper." 

    François-Guillaume Lorrain, Vends maison de famille, Flammarion 2016, p.12

    La maison normande, qui suinte l'humidité et où toute l'activité se concentre dans le jardin potager et fruitier, c'est le bonheur du père. Chaque week-end, il y emmène son épouse et ses deux enfants, qui ont été embrigadés dès leur plus jeune âge pour réaliser un rêve qui n'est pas le leur: vivre en autarcie.

    Le dimanche soir, on rentre à Paris épuisés, la voiture chargée de fruits et de légumes. On finira par élever aussi des poules, des moutons. Qu'il faudra tuer. C'est un travail d'homme, même si l'homme n'est encore qu'un enfant. 

    Un enfant isolé qui, au fil des week-ends et des vacances à travailler sous la dure férule d'un père exigeant, peu aimant, aux colères et aux punitions terribles, rêve d'une autre vie, rêve d'avoir le temps d'aller voir un film au cinéma, de lire un livre, d'avoir un moment de liberté. 

    "Oui, je voulais bazarder cette maison. J'avais mes raisons. Autrement dit: des souvenirs. Le mercredi à treize heures, mon père venait me cueillir à la sortie du collège et je m'affalais sur la banquette arrière, fait comme un rat. Au loin, mes camarades s'en allaient jouer au foot, flirter avec les filles, profiter de l'après-midi. J'étais le rat des villes qu'on kidnappe pour l'emmener à la campagne. Sans doute cela ne lui effleurait-il pas l'esprit que j'en étais malheureux." (p.23)

    Quand l'histoire commence, le narrateur est adulte et vit à l'étranger, le plus loin possible de cette maison de campagne que sa mère a gardée et continue à entretenir seule depuis la mort du père.

    "C'était moi, bien sûr, qui aurais dû m'atteler à cette tâche. Mais depuis plus de deux décennies, je croisais au large, loin de la France, toujours en pointillé. J'étais le bon à rien. A peine arrivé et déjà prêt à repartir, tout juste capable, pour la soulager, de scier une grosse branche ou de porter quelques bûches." (p.11)

    Jusqu'au jour où elle fait une chute et se casse le col du fémur: elle sait que son fils voudra vendre la maison et lui envoie un album photo. 

    Au fil des pages de cet album, le narrateur va découvrir d'autres facettes que ce qu'il a gardé en mémoire depuis l'enfance. Et au-delà des souvenirs pénibles, il va comprendre certaines choses concernant les motivations de son père et son attitude envers sa famille.

    Le livre réussit donc ce double défi: faire resurgir un passé douloureux sans tomber dans l'amertume et les rancœurs. 

    Je le recommande smile 

    Je pense que chacun est comme le narrateur "un adulte irradié par son enfance" et que ce qui est valable pour lui (ou moi) l'est pour tous: "La pile enfouie en moi continuait à émettre ses ondes radioactives."  

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    source de la photo: 

    http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=49336&levelCode=litterature 

    *** 

    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 17 - jardinage

  • Premières

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    Du groseillier planté l'an dernier
    l'Adrienne a dégusté les premières groseilles
    vers la mi-juin.

    Celles tout au moins que lui ont laissées
    les oiseaux, l'oïdium, les pucerons et les fourmis

    Langue tirée

     

    Comme vous pouvez le constater
    ce n'est pas le but de faire des confitures.

  • M comme mulch

    Voilà une paire de semaines - oui, deux exactement - qu'il fait sec et ensoleillé. L'Adrienne et supercollègue-ancienne-élève commencent à sentir les titillements dans les doigts (verts). C'est le moment de sortir pour la première fois la tondeuse à gazon, se sont-elles dit.

    L'Adrienne et supercollègue-ancienne-élève sont bien d'accord: la première fois, on y va de gaieté de coeur, et au fil des tontes, ça devient la corvée numéro un du week-end. L'Adrienne tient à jour ses statistiques de tonte et le but du jeu est, année après année, de réduire leur nombre au minimum.

    Dix-sept tontes en 2007, quinze en 2008, treize en 2009, onze en 2010, à cette allure-là il n'en faudrait bientôt plus qu'une seule Langue tirée 
    Malheureusement, à partir de là le chiffre est resté stable.

    Cette année, c'est mal parti pour le record, d'abord parce que la première tonte n'a encore jamais eu lieu si tôt, et ensuite parce que l'Adrienne a eu l'excellente idée de ne pas ramasser l'herbe coupée. Elle appelle ça la technique du mulching. Mais si elle est honnête, elle avouera que c'est surtout la technique de la paresseuse.

     jardin,jardinage

    voilà un bout de pelouse et un bout de potager
    avec encore un peu de mâche, de navets et de chicorée de Chioggia

    jardin,jardinage

    et voilà le "mulch"

     Cool 

    la question du pour ou contre vous intéresse?
    une réponse ici:
    http://www.jardipartage.fr/une-tondeuse-mulching-ou-avec-bac-de-ramassage/
    e
    t une véritable étude de la question ici:
    http://cthgx.be/Mulching.pdf

  • J comme jardin

    Nous étions au jardin à l'ombre du cerisier.

    - Tu veux un verre de vin de sureau?

    Pendant qu'elle va chercher la bouteille, les glaçons, les verres à pied, je sors mon appareil photo. Clic! Un somptueux dahlia rose foncé. Le poirier dont les branches trop lourdes touchent la terre. Les roses trémières. La terrasse ombragée.

    Anne Windal 2014 (9) - kopie.JPG

    Nous nous asseyons. Nous levons nos verres à l'amitié et à la paix des coeurs. Nous avons traversé quelques turbulences, toutes les deux. Elle m'explique avec de jolis gestes qu'elle trouve la sérénité et la satisfaction dans le jardinage. 

    C'est cette photo-là que j'aurais voulu prendre. Mais je n'ai pas osé l'interrompre.

    ***

    texte inspiré par une consigne de Daniel Simon
    http://je-suis-un-lieu-commun-journal-de-daniel-simon.com/
    que je remercie!

  • Premières récoltes

    Les petits bonheurs du potager, ce sont les premières récoltes

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    24 juillet, la première tomate
    (2cm et une poussière, l'Adrienne n'est pas une scientifique)

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    une petite poignée de fraises des bois, tous les deux jours

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    des haricots verts pour l'Adrienne et des choux pour les chenilles, les limaces et toute la faune des jardins

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    la suite de la récolte, provisoirement sans mildiou

    ***

    Vous savez quoi?

    L'Adrienne est contente!

  • 22 mars

    22 mars, la Saint-Joseph est passée, tout bon jardinier de nos régions a ses planches prêtes et fait ses premiers semis et plantations.

    Et moi? j'en suis encore à faire la liste des légumes qui viendront agrémenter mes menus de la saison prochaine. Pour moi, le plaisir du jardinage commence sur le papier - je fais un joli petit plan de mes futures cultures - et au magasin de semences. Dans le rêve, en fait. Le virtuel.

    Ma liste pour cette année ne diffère pas tellement des années précédentes. Savourons déjà la poésie des mots ;-) et voyageons de Liège à Milan...

    1.arroche blonde
    2.betterave rouge
    3.broccoli, ou plutôt broccoletto
    4.céleri blanc
    5.cerfeuil, ciboulette, estragon, persil, toutes les bonnes herbes
    6.chicorée di Chioggia
    7.choux de Bruxelles
    8.choux raves
    9.courgette
    10.échalote cuisse de poulet
    11.épinards
    12.fève des marais
    13.haricot vert nain
    14.laitue frisée d'Amérique et gotte jaune d'or
    15.mâche de Cambrai
    16.navet de Milan
    17.oignon blanc
    18.petits pois Kalife
    19.poireaux de Liège
    20.radis de deux ou trois sortes
    21.roquette
    22.tétragone

    Et bien voilà, j'en suis à 22 sans problème.
    Hmmm je me régale déjà et tout est encore à faire ;-)

    Reste à espérer que cette année les deux Houdini des voisins ne s'échappent pas de leur clapier!