krapoverie

  • 7 aphorismes

    -         Je suis comme le paralytique
    qui a trouvé dans l’immobilité le moyen d’éviter les chutes

    Je suis comme l’escargot
    qui a trouvé dans sa coquille le moyen de se cacher

    -    Pour atteindre l’authenticité,
    il faut que quelque chose craque

    Pour atteindre le nirvana,
    il faut que quelque chose plane

    -    Dans un monde d’arrivistes,
    la règle la meilleure est de ne pas partir

    Dans un monde d’architectes,
    la règle la meilleure et un té

    -    La meilleure preuve qu’il existe une forme d’intelligence extra-terrestre est qu’elle n’a pas essayé de nous contacter

    La meilleure preuve qu’il y a une forme d’intelligence chez les élèves, c’est qu’ils ne lisent que les messages contenant une bonne nouvelle

    -    Si cinquante millions de gens disent une sottise,
    c’est toujours une sottise

    Si cinq cents millions d’Africains n’ont pas accès à internet,
    c'est le marchand de sucre qui va le leur procurer
    (et se sucrer)

    http://www.europe1.fr/high-tech/facebook-veut-connecter-l-afrique-avec-11-000-drones-1905145

    Si 10 % des bébés naissent obèses,
    c’est qu’ils prévoient une famine

    http://www.standaard.be/cnt/dmf20150303_01560708?_section=60682888&utm_source=standaard&utm_medium=newsletter&utm_campaign=ochtendupdate&M_BT=110935810948&adh_i=

    -    Quand le sage montre la Lune,
    l’imbécile regarde le doigt

     Quand le prof montre le tableau,
    l’élève regarde la fenêtre 

     

    ***

    merci à Joe Krapov pour sa consigne:
    u
    tilisez la trame de ces aphorismes pour en construire à votre manière

  • K comme krapoverie

    L’aïeule accroupie sous l’aubépine chantait ses alléluias d’une voix assourdie. C’est à peine si elle bougeait les lèvres. Dans les buissons épineux, un oiseau savourait les dernières baies. La boulangerie d’Edouard répandait ses arômes de petits pains au chocolat.

    krap2.jpg

    Pendant que nous nous aventurions sur la plage à la recherche de coquillages, petits baroudeurs barbouillés de confiture de framboises, Marie-Louise la sauvageonne ne quittait pas sa chambrette.

    krap3.jpg

    Aujourd’hui on trouverait l’info sur notre ordinateur et on découvrirait que cette petite était anorexique. Mais grand-mère ne pouvait que se lamenter quand elle ne touchait ni à sa fameuse bouillabaisse, ni à ses succulentes ratatouilles.

    ***

    Choisir deux photos parmi celles qui illustrent un calendrier collaboratif de 2011 et un autre de 2012, écrire un texte pour illustrer une des deux ou les deux photos choisies et y insérer au moins dix mots comprenant 4 ou 5 voyelles différentes.

    J'en ai utilisé 20. Merci à Joe Krapov!

    accroupie - accueillons - aïeul - alleluia - andouillette - anorexique - assourdie - aubépine - autonomiste - aventurerions - Bakounine - barbouillé - baroudeur - bijouterie - bitumage - boisseau - bougeait - bouillabaisse - boulangerie - brouillage - carabistouilles - coquillage - cueillera - Edouard - élucubrations - embrouillamini - épanouissement - Essaouira - évanouissement - gargouille - giratoire - glaïeul - guignolade - incontournable - innovateur - kaléidoscopique - Marie-Louise - Marioupol - naturologie - oiseau - oiseleur - ordinateur - palindrome - Papouasie - papouille - pointeuse - protubérance - pirouettant - purgatoire - Raspoutine - ratatouille - roucoulerai - saucière - saucissonner - sauvageonne - savourait - soupesait - tambouille - toupie - tyrannosaure - yaourtière 

     

     

  • Adrienne s'amuse

    1415-12 Edouard Levé 06.jpg

    A l’instant précis où une équipe de chercheurs sous la direction du professeur de Gouberville découvrit le dernier nid d’insectes pollinisateurs encore en pleine activité,

    1415-12 Edouard Levé 03.jpg

    le président de la Commission pour la Sauvegarde des Pommiers à Cidre (CSPC) donnait une conférence de presse encore plus accablante que les précédentes. 

    1415-12 Edouard Levé 02.jpg

    Aussitôt, les journalistes ne surent plus à qui téléphoner d’abord, sauf ceux qui avaient perdu ou cassé leur dernier modèle de portable (c’est de plus en plus fragile ces petites choses)

    1415-12 Edouard Levé 01.jpg

    Le seul problème qui se posa, fut de déterminer qui il fallait récompenser pour cette découverte si importante pour l’humanité en général et le Calvados en particulier, car plusieurs personnes la revendiquèrent haut la main.
    (la dame qui applaudit est une stagiaire limbourgeoise qui n'avait pas compris la question)

    1415-12 Edouard Levé 04.jpg

    Ce n’est qu’après avoir décerné le ruban, la médaille et une attestation fiscale à un dénommé Rambault, qui avait sans doute profité de sa haute taille et de son coffre puissant pour lever la main plus haut et crier plus fort que les autres,

    1415-12 Edouard Levé 05.jpg

    qu’on se rendit compte de l’injustice commise.

     ***

    les photos sont d'Edouard Levé
    et disponibles sur le net
    il n'y a qu'à chercher
    Cool
    http://www.paris-art.com/interview-artiste/%C3%A9douard-leve/leve-edouard/31.html

    http://www.paris-art.com/marche-art/Edouard%20Lev%C3%A9/Lev%C3%A9-Edouard/3815.html

  • Z comme zélatrice

    Petit précis de vocabulaire à usage mondain

    par une zélée zélatrice de Philippe Delerm

    *** 

    1. On ne vous fait pas fuir au moins ?

    Petite phrase à l’usage du couple qui fuit lâchement les lieux, profitant de votre arrivée inopinée.

    Insister légèrement encore pour qu’ils restent : cela permettra de les voir se contorsionner en excuses bidon : on allait partir de toute façon – la gamine est fatiguée – demain c’est l’école – on a encore une longue route à faire…

     

     2. C’est pas vrai !

    Exclamation qui veut dire exactement le contraire de ce qu’elle semble exprimer.

    L’utiliser pour montrer à quel point on admire l’invraisemblance du propos.

    L’accompagner d’un minimum de théâtralité : yeux grand ouverts, bouche en O majuscule, main sur le cœur.

    - Oh ! elle a osé faire ça ? C’est pas vrai !

     

    3. Ça va refroidir

    Politesse de la maîtresse de maison qui incite à commencer le repas sans elle.

    Se récrier que non, que c’est bien chaud et qu’on l’attend.

    Rajouter à son énervement de cuisinière des grands soirs en refusant de goûter la moindre bouchée avant qu’elle paraisse à table.

    C’est une question de savoir-vivre.

    On vous a fait le même coup cent fois.

     

    4. Voilà, tu la connais l’histoire

    Façon de terminer le récit du malheur des autres.

    Toujours raconté avec la délectation de celui/celle qui croit que ça ne lui arrivera jamais. Qui croit que ça ne peut tout simplement pas lui arriver.

    - Voilà, tu la connais l’histoire. C’est pour ça qu’ils ne se parlent plus depuis trente ans, son père et lui.

     

    5. Il faut le voir sur scène

    Expression de la supériorité absolue de l’élu « qui a vu sur scène » sur le commun des mortels « qui a vu à la télé ».

    Le tout déguisé en conseil : « Il faut le voir sur scène », qu’on susurre en posant une main sur l’avant-bras de l’interlocuteur, en se penchant légèrement vers lui, sur le ton de la confidence intime.

    Note : A ne pas confondre avec « Moi, je l’ai vu sur scène ! En 1967 ! A Bobino ! » qui est trop ouvertement vantard, surtout si l’artiste est mort depuis plus de quarante ans.

     

    6. Ça devrait toujours rester comme ça

    Petite phrase qui s’accompagne d’un léger soupir plein de faux regrets et qu’on ponctuera d’un grand sourire feint, tout en rendant à la mère – avec une joie qu’on s’efforce de dissimuler – le bébé braillard qui vient de faire un gros caca dans sa couche.  

     

    7. J’ai horreur de cette phrase

    Propos de personne cultivée face à l’inculture manifeste.

    Rejet de l’autre et de son manque de vocabulaire ou de naissance. Ou des deux.

    Parce que, bien sûr, « c’est juste une question d’éducation ». Et qu'on est du bon côté de la barrière.

     

    8. Du côté de mon mari

    Façon subtile de renier des liens de parenté.

    - Je croyais que vous étiez famille ?

    - Oh ! c’est un cousin éloigné, du côté de mon mari.

    D’un geste vague de la main, ce détail qui n’est pas anodin permet de clore la conversation sur un sujet peu reluisant dont on n’a pas envie de parler.

     

    9. Ça a été ?

    Accueille les clients au sortir de la cabine d’essayage. Signifie généralement qu’on les y a vus entrer avec des vêtements peu appropriés à leur âge ou à leur corpulence.

    Leur proposer tout de même, mais sans enthousiasme exagéré:

    - Vous voulez que je vous apporte la taille au dessus ?

     

    10. C’est maintenant qu’il faut en profiter

    Des soldes, des enfants en bas âge, du temps qu’il fait, de la retraite.

    Phrase à adapter à l’âge de l’interlocuteur et à la saison.

     De toute façon elle reste sans conséquence. Surtout utile quand on désire prendre congé.

     

    ***

    Et voilà!

    Faudra tout de même que je finisse par trouver ce livre.

    Cool

     Que Philippe Delerm me pardonne de le pasticher sans l'avoir lu.

     

    parodie,pastiche,jeu, krapoverie, krapov

     http://www.lecerclepoints.com/livre-ma-grand-mere-avait-les-memes-philippe-delerm-9782757825082.htm#page

  • P comme Pascal Perrat

    Il y a Elle et il y a Lui.

    Elle, toujours affairée, toujours une « loque à poussières » entre les mains ou un seau d’eau pour laver les vitres. Pas le temps de rigoler. L’envie lui en est passée depuis l’âge de quatorze ans.

    Lui, toujours affable, toujours vêtu d’un « cache-poussière » gris dont il ferme soigneusement tous les boutons. Toujours une casquette sur la tête, même à table. C’est peut-être parce qu’il en vend. Ou pour cacher sa calvitie. Il fait beaucoup rire la petite en lui disant « Pas op ! mijn haar ligt in een melksausje ».

    - Comment est-ce possible, demande-t-elle, puisque des cheveux, tu n’en as pas ?

    Parfois elle demande :

    - C’est quoi, « een melksausje » ?

    Parce que de sauce au lait, on n’en mange jamais. Pas même chez l’autre grand-mère, qui fait si bien la cuisine.

    Une semaine sur deux, il y a donc aussi la petite. Qui n’oublie jamais de me saluer, ni en arrivant, ni en partant, « Bonjour, Jules ! », « Au revoir, Jules ! ». Qui s’inquiète de ma santé, « Tu n’as pas trop froid, Jules ? », de mon appétit « Tu n’as pas faim, Jules ? ».

    Pour le reste, elle est aussi taiseuse que moi. Aussi petite mangeuse que moi, à picorer dans son assiette, même le mercredi, quand c’est le jour des frites. Mais moi je suis déjà très vieux et elle n’a pas cinq ans. Je pense qu’elle s’ennuie, comme moi.

     

    Elle aussi tourne en rond dans son bocal.

    ***

    Incipit 205 de Pascal Perrat:
    http://www.entre2lettres.com/exercice-inedit-decriture-creative-poisson-rouge/

    Racontez un repas de famille vu par un poisson rouge depuis son bocal

    J'ai déjà parlé de Jules ici: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2014/05/12/j-comme-jules-8177187.html

    jules.jpg

    image prise sur ce site:

    HTTP://WWW.20MINUTES.FR/PLANETE/777764-BOULES-AQUARIUMS-PRISON-POISSONS-ROUGES

  • J comme je refais du Delerm

    - N'oubliez pas d'éteindre vos portables, dit Madame au moment de distribuer les questions de l'examen. Qu'il n'y ait pas de discussion possible.

    Alors on fouille dans les poches de pantalon, on en sort de rutilants objets à 500 € l'unité, on les tripote en deux ou trois pichenettes et on les remet bien au chaud contre la cuisse.

    Bizarrement, c'est pendant les examens qu'on fait une entorse au règlement qu'on applique toujours si strictement: les portables, à l'école, on ne peut ni les voir, ni les entendre.

    On ne les voit jamais autant que ces jours-ci, surtout dans les classe les plus peuplées, où Madame exige qu'on les pose à terre.

    - Fais attention, dit Madame à un étourdi qui l'a déposé sous sa chaise, quand tu vas te lever tu vas l'écraser.

    Et ça le fait sourire, le bougre.

    ***

    - Moi j'ai bien aimé, disent-ils, les uns après les autres.

    Pendant la conversation qu'on a en particulier avec chacun, pour l'examen oral, on apprend sur eux un tas de choses. En particulier - mais s'en étonnera-t-on? - que leurs idoles sont toutes anglo-saxonnes. Ils écoutent Ed Sheeran ou un certain Smith dont on a déjà oublié le prénom. Téléchargent le texte des chansons, en recherchent le vocabulaire, le connaissent par coeur.

    - Tu devrais te trouver une vedette francophone et faire pareil en français, leur dit Madame.

    C'est vrai, ils l'accordent, ce serait une bonne chose, mais seul Stromae est jugé assez bon.

    - Et Cyprien? demande Madame, qu'est-ce que tu en as pensé?

    - Moi j'ai bien aimé, disent-ils les uns après les autres. J'ai presque tout compris.

    Puis ils ajoutent, et le coeur de Madame accélère un peu sa cadence, mais ça c'est de l'allégresse pure:

    - Je crois bien que je vais encore regarder ses vidéos.

    Alors on remercie youtube d'avoir créé des Norman et des Cyprien.

    Et on félicite l'élève pour ses bonnes résolutions. 

    ***

    Cyprien: https://www.youtube.com/watch?v=RL7grUEo960

    Norman: https://www.youtube.com/watch?v=zt-LbzrS2lI

     

    ***

    Philippe Delerm évoque dans des textes courts les circonstances banales dans lesquelles on utilise ces petites phrases toutes faites. Il en tire une morale, une philosophie. Vous l’imiterez ou pasticherez son style particulier qui consiste à :

    -          Ecrire au présent

    -          Faire des phrases courtes

    -          Utiliser abondamment « On »

    Ma grand-mère avait les mêmes - Il a refait sa vie - Y’a un peu plus, je le laisse - N’oubliez pas d’éteindre vos portables - Moi j’ai bien aimé - C’est le soir que c’est difficile - Je voulais voir ce que c’était - D’abord, merci de prendre ma question - On ne vous fait pas fuir au moins - Je préfère Trouville à Deauville - C’est pas vrai ! - Ca va refroidir - Voilà, tu la connais l’histoire - Faut arrêter ! – Y a pas d’souci - Il faut le voir sur scène - Ca devrait toujours rester comme ça - J’ai horreur de cette phrase - Chez nous, c’est comme ça ! - Du côté de mon mari - Je vais prendre les matches un par un - Ca a été ? - J’ai une contrainte - C’est maintenant qu’il faut en profiter - On était écroulées - Qui lit encore Duhamel ? - Qu’est-ce que vous allez faire aujourd’hui ? - Il pourrait bien neiger - Par contre je veux bien un stylo - On peut le changer - Quel est votre plus gros défaut ?

  • B comme bouts rimés

    Sizains zinzins

    Jonas
    - Faut mouiller sa chemise !
    - Dans l’eau de la Tamise ?
    Crie-t-il à perdre haleine
    En voyant la baleine.

    Robinson
    - Tout ce que je convoite
    C’est un bon ouvre-boîtes,
    Pour les pâtés et mousses
    Et le pot de houmous.

    Perle Lama
    - Fondante, la bécasse !
    - Je te la dédicace ?
    - Tu es bien trop gentille !
    - On l’est tous, aux Antilles.

    Jef de Bruxelles
    - Arrête ! ça chatouille !
    - C’est des carabistouilles…
    - Mets-y un peu la forme !
    - Moi ? Non ! je suis hors normes.

    Steve Waring
    - Où sont vos azalées ?
    - Tout le long des allées !
    Il faut bien qu’ils se mouillent
    Au milieu des grenouilles.

    Georges
    - Entre dans la cabine.
    - Oh ! le chien ! ces babines !!!
    - C’est pas demain la veille
    qu’j’aurai cette merveille…

    Gaston
    - L’est fichu, le delco !
    - C’est un très vieux tacot…
    - Ya un truc qui l’entrave…
    - L’est tout à fait pourrave !

    Jacques
    - Bar des Sports : le pastis
    Aujourd’hui est gratis !
    V’nez là ma p’tite dame
    J’vous f’rai voir Amsterdan !

    Odette
    - Où va cette nacelle ?
    - A Illiers, chez Marcel.
    Celle de la vitrine
    Sera pour Catherine.
     

    Renaud
    - Les vagues océanes
    émeuvent Jos et Anne.
    Même sans rien fumer
    Ils sont tout allumés.

    ***

    « bouts rimés » à la manière des « Papous dans la tête »

    1)  trouver un mot qui rime avec  chacun des mots suivants  : chemise, convoite, bécasse, chatouilles, azalée, cabine, delco, pastis, nacelle, océane. Ecrire un texte avec les 20 mots obtenus.

    2) on recommence avec : Haleine, mousse, gentille, forme, mouille, vitrine, entrave, fumer, dame, veille. Et le texte avec les 20 mots.

    Le seul problème, c'est que je ne sais pas du tout comment c'est, à la manière des « Papous dans la tête »...

    C'est donc à la manière de l'Adrienne Langue tirée

  • U comme l'union fait la force

    La dame assise en face de moi a les cheveux de ce blond cendré qu’on ne trouve que dans les fioles des coiffeurs d’autrefois. Ou au rayon des prothèses capillaires. Elle est plongée dans sa lecture.

    J’écoute le chant furieux du vent et de la pluie contre la vitre et je me demande quels dégâts je vais encore trouver dans la remise. Il me semble que j’ai oublié de fermer la porte après avoir rentré la tondeuse, hier après-midi. Je n’ai pas toujours été un vieux con, mais ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui je me sens très vieux. Et très con.

    Surtout quand je vois la route sombre que prend notre politique. Notre économie. Notre système social. Le bonheur national brut, ce n’est pas une notion qui préoccupe beaucoup nos dirigeants.

    La dame s’en balance. Elle lit Le ravissement des innocents et ça m’a tout l’air de la ravir.

    Parfois je me demande où en sera le royaume de Belgique dans dix ou vingt ans. Survivra-t-il à l’emprise des pressions de toutes sortes ? Verra-t-on son éclatement ? Suis-je l’exception ou la majorité silencieuse croit-elle encore que l’union fait la force ?

    - Madame ? Madame ! Votre billet, s’il vous plaît !

    La lectrice lève une tête ahurie, fouille son sac, le vide de tout son bordel, peine perdue, son billet de train est entre les pages de son livre. Je le lui signale le plus gentiment que je peux. Ça doit être le reste d’une éducation catholique et de dix ans de scoutisme.

    N’empêche, soit j’arrête de lire les nouvelles, soit je termine ma vie, vieux, râleur et suicidaire.

    krapoverie, fiction, wagon de train, jeu

    photo prise à Bruxelles
    le 21 juillet 2013

    ***

    Merci à Joe Krapov!
    Puisqu'il fallait s'en tenir à un maximum de 15,
    je n'ai utilisé que les titres que j'ai numérotés et mis en rouge
    Rigolant

     

    Ecrire un texte dans lequel on retrouvera entre dix et quinze (pas plus) de ces titres de romans récents

    1.Blond cendré – 2.Chant furieux – 3.Dans la remise - Dans le grand cercle du monde - Il est de retour – 4.Je n'ai pas toujours été un vieux con - Joseph Lafon - Joyland - La maison de Schéhérazade - La malédiction du bandit moustachu - La mémoire au cœur – 5.La route sombre – 6.Le bonheur national brut - Le cargo assassiné - Le cercle des femmes - Le liseur du 6h27 - 7.Le ravissement des innocents - Le règne du vivant – 8.Le Royaume – 9.L'emprise - L'enfant des marges – Les indomptées - Les singuliers - Les Suprêmes – 10.L'exception - L'homme de la montagne - 11.Madame - Mr. Gwyn - Nos disparus - Pas pleurer – 12.Peine perduePour quelques milliards et une roupie – Price - Prières pour celles qui furent volées - Retour à Little Wing - Trente-six chandelles - Tristesse de la terre  -Trois mille chevaux-vapeur – 13.Une éducation catholique – 14.Vieux, râleur et suicidaire

  • K comme krapoveries

    Bref, je sais pas dire non
    (titre de l'épisode 32 de Bref)

    Bref, je sais pas dire non. C'est surtout dangereux quand je vais voir ma mère. Comme samedi dernier. 

    J'arrive à neuf heures et demie (elle se lève tard) après avoir fait toutes mes courses et être rentrée chez moi les déposer. J'ai encore une longue liste de choses à faire, la semaine a été très chargée en conseils de classes, et demain j'ai de la visite.

    - Ah! tu es enfin là, qu'elle me dit. 

    Ce qui est sa plus belle façon de me montrer son contentement de me voir. Surtout que 5 minutes plus tôt, j'aurais été à sa porte. Comme d'habitude, elle ajoute:

    - Mais tu n'as de nouveau pas le temps de rester longtemps, je suppose?

    Pas le temps d'enlever mon manteau ni de boire un verre d'eau, il faut que j'allume l'ordi pour voir si le four à micro-ondes qu'elle a décidé de s'acheter (sur les conseils de sa voisine) n'est pas moins cher ailleurs. Malheureusement, elle n'a pas noté le nom du modèle. Je cherche une aiguille dans une botte de foin et miracle, je finis par la trouver. Après je dois encore téléphoner au magasin, emballer le four défectueux, le porter jusqu'à la voiture, la conduire au magasin, rapporter le nouvel achat. Qui pèse 17 kilos, sans son emballage. Une boîte énorme, que j'arrive à peine à soulever. Comme c'est samedi et jour de marché, la voiture est deux rues plus loin.

    Bref.

    Quand nous sommes de retour à l'appartement, deux heures plus tard, elle me dit la phrase pour la deuxième fois:

    - Mais tu n'as de nouveau pas le temps de rester longtemps, sans doute?

    A quoi je lui réponds gentiment que ça fait tout de même déjà deux heures que je suis avec elle.

    Parce qu'au magasin, elle a vu des télés. Sa voisine lui a fait peur que sa vieille télé cathodique va lui "imploser" au visage et incendier son appartement alors elle veut s'en acheter une à écran plat.

    Je rallume l'ordi, introduis les données: dimensions maximales (l'appareil doit pouvoir entrer dans la même armoire que le précédent mais avoir un écran de 32 inch), LED, 100 Hertz... Encore un coup de fil au magasin pour divers renseignements complémentaires. A midi dix, tout était réglé.

    - Tu m'accompagnes au magasin?

    Je mourais de faim, six heures déjà que je n'avais plus rien mangé. Mais elle voulait sa télé tout de suite.

    Bref, je sais pas dire non.

    ***

    merci à Joe Krapov
    http://krapoveries.canalblog.com/archives/2014/10/12/30751236.html

     

     

    photo prise à Rome en mars 2014
    le téléviseur de ma mère date des années 2000

    krapoverie,jeu,mère,vive la famille

    "La télévision a influencé le comportement linguistique des Italiens à tous les niveaux du système linguistique, a profondément modifié, plus que tout autre 'mass media', la façon dont depuis des siècles étaient utilisés les nombreux dialectes et la langue nationale du pays." Tullio De Mauro, linguiste et homme d'Etat.

  • J comme je cède

    À céder : lit des années 30 en bois peint de couleur claire, très bon état avant d’avoir été réduit en cendres. S’adresser à GPT1Kble

    À céder : lettres d’amour très bien tournées et sans aucune faute d’orthographe ; ont déjà démontré leur efficacité. S’adresser à LHOOQ

    À céder : photos d’une vie à deux ; prix spécial pour les amnésiques. S’adresser à CKC

    À céder : lunettes invisibles permettant de voir les défauts des gens ; prendre une option, la personne qui les porte ne veut pas encore s’en défaire. S’adresser à m’R-par-fête

    À céder : voyage de rêve à Bali, 3 semaines tous frais payés, réservation réglée pour le 5 au 27 juillet 2007. S’adresser à CKdo

    À céder : matériel d’aquarelliste contre outils de plomberie et/ou d’électricité. S’adresser à Cmal1

     

    À céder : connaissances et savoir-faire devenus inutiles mais pouvant encore servir à d’autres. Liste disponible sur demande. S’adresser à coQ5pa  

    ***

    Merci à Joe Krapov
    http://krapoveries.canalblog.com/archives/2014/11/08/30918285.html

     bretagne-france-belgique.jpg

  • Que faire des enfants pendant les vacances?

    Chère Maman, cher Papa

    Au pays de Plonk et Replonk, on s’amuse bien, comme le dit notre chanson « Que l’été soit doux et ensoleillé, que l’on s’amuse bien ! »

    On fait un tas d'activités!
    On chasse sans chien (Sachons chasser, dit monsieur Plonk)

    plonk4 - kopie (5).jpg

    On joue à la statue (le gagnant est celui qui attire un pigeon)

     plonk4 - kopie (6).jpg

    On construit des pyramides belges (c'est avec des pommes)

    plonk4 - kopie (3).jpg

    On résout des problèmes rigolos (Monsieur et Madame Plonk ont six filles et chaque fille a un frère : combien ont-ils d’enfants ? combien de kilos de frites belges peut-on faire avec ces pommes de terre hollandaises? )

    plonk4 - kopie (4).jpg

    On cherche des araignées au plafond (ça fait beaucoup rire madame Plonk)

     plonk3 - kopie.jpg

    On fait des bulles

     plonk3 - kopie (3).jpg

    On joue à vache-vache (c'est trop drôle!)

     plonk3 - kopie (2).jpg

    On apprend le code de la route 

     plonk2 - kopie.jpg

    Mais tout de même, je voudrais bien savoir pourquoi Monsieur Plonk a une serpilière rose sur la tête?

    plonk4 - kopie (2).jpg

    Pourquoi Madame Plonk arrose les nénuphars dans l’étang ?

    plonk4 - kopie.jpg

    Et pourquoi, en haut du phare, il y a un casque de viking avec des skis dedans?

    krapoverie,jeu,fiction,les joies d'internet,lettre,amitié

    Bisous

    Adrien

    P-S: à la pétanque, c'est moi qui lance les boules le plus haut! 

    krapoverie,jeu,fiction,les joies d'internet,lettre,amitié