la monnaie

  • C comme Ça devait arriver un jour!

    C'est pendant le premier entracte, en se rendant aux toilettes, que l'Adrienne tout à coup est apostrophée par un:

    - Ah! tu es là aussi!

    Auquel elle a répondu par un simple "Oui" tout en poursuivant son chemin. Puis elle est descendue à la librairie, a feuilleté les quelques rares bouquins qui s'y vendent encore - les CD et DVD ont mangé presque tout l'espace - et est retournée à sa place terminer le livre de Jeanne Benameur qu'elle avait commencé avant le début du spectacle.

    Entre-temps, lui aussi avait regagné sa place au premier rang du parterre, mais restait debout, tourné vers la salle et la scrutant du regard pour essayer de découvrir où elle était assise. Elle a rentré la tête dans les épaules, s'est penchée un peu vers la droite pour se cacher derrière le dos d'un couple qui avait eu la bonne idée de se lever pour converser avec une connaissance.

    Quand la musique a repris, les mots racontaient leur histoire, crudel, ingrato, inganno, infedele, sdegnata, traditore, abbandonata... comme à peu près tout le répertoire des opéras.

    Pendant le deuxième entracte, il s'est de nouveau levé pour observer la salle et l'Adrienne s'est tassée encore un peu plus sur son siège. Les gens autour d'elle ont commencé à la regarder bizarrement Langue tirée

    A la fin de la représentation, elle est sortie pendant les applaudissements, pour être sûre de ne pas le rencontrer aux vestiaires.

    Dans son carnet, elle a soigneusement noté quelle formule d'abonnement elle ne devait surtout pas prendre, à la saison prochaine, si elle ne veut pas se retrouver chaque fois confrontée à l'homme-de-sa-vie.

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    http://www.lamonnaie.be/fr/opera/425/Alcina

     

     

     

  • Bruxelles ma belle

    Bruxelles ma belle, fin décembre, c'était voir la première neige tomber 

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     pendant qu'on prend un repas dans un restau qu'on a pour soi seul

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     parce que tout le monde faisait la queue juste à côté, à la rue Neuve

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     puis avoir tout seul pour soi un ascenseur pour 45 personnes

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     parce que tout le monde faisait la queue pour des frites, des gaufres, des merveilleux...

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     ou devant la crèche (où il y a pourtant moins à voir que derrière Langue tirée)

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     ou pour la patinoire 

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    Bruxelles ma belle, fin décembre, c'était refaire les mêmes photos prises dix fois déjà

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    ne pas pouvoir en prendre à l'expo Meunier alors en faire une au musée Fin de siècle, où c'est encore permis

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    Constantin Meunier, Les Travailleurs de la mer/Werkers aan de zeewering, 1898

    marcher le nez en l'air

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    et voir des façades belles comme des peintures

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    Bruxelles ma belle, enfin, c'est attraper le vertige à la Monnaie, pour 35 euros

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    Bruxelles ma belle
    ça faisait trop longtemps que je n'y étais plus allée

    Bisou

  • K comme Ketje

    Arriver à Bruxelles en plein Zinnekeparade. Sous une pluie battante et un vent qui arrache le capuchon de l'imperméable. Ne pas avoir de main libre pour se couvrir de nouveau la tête.

    Traîner une valise sur le pavé inégal de la Grand-Place noire de monde. Se perdre dans les ruelles au milieu de la foule massée autour des groupes de la parade. Ne pas trouver la rue de l'hôtel où on a réservé en toute dernière minute. Se dire qu'il aurait mieux valu faire l'aller-retour en voiture, comme prévu initialement, quelle que soit la fatigue.

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    au coin de la rue de l'Etuve, vers 17.00 h.

    Se rendre compte que c'est peut-être une des dernières fois qu'on va à l'opéra, vu qu'on a résilié son abonnement pourtant si chèrement acquis. L'argent est aussi le nerf de la guerre entre la maison (sa plomberie, son électricité, son nouveau toit) et la culture.

    Etre contente d'être là, dans cette ville toujours un peu folle, toujours un peu bon enfant.

    Demander la route à un homme. Qui sort son plan de ville et envoie la voyageuse à gauche alors qu'elle devrait aller à droite. Supposer que c'est son côté féminin qui lui a fait commettre cette erreur. Tourner en rond sous la pluie. S'adresser à une femme flic. Se demander comment son collègue a fait pour deviner le nom de l'hôtel.

    S'installer enfin dans une chambre avec vue. Sur le mur d'en face et le toit plat du premier étage.

    La connexion wifi est si lente que l'ordi se lasse d'attendre. La pluie a cessé; les trottoirs sèchent. 

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     introduction au spectacle, grand foyer, vers 19.30 h.

    Voir un Rigoletto qui vaut le déplacement. Se dire qu'à la saison prochaine, on prendra peut-être de temps en temps une place au poulailler. Même s'il faudra faire l'investissement d'une longue-vue.

    Rester jusqu'aux derniers applaudissements, vu qu'on n'a ni train, ni voiture à prendre. Ne presque pas se tromper de route pour rentrer à l'hôtel.

    Se sentir plus Daninos que jamais quand les lampes se rallument spontanément toutes les cinq à six minutes alors qu'on a bien éteint à tous les interrupteurs.

    Constater que les autres voyageurs aiment prendre des bains de minuit. Se dire qu'ils apprécieront sans doute tout autant le bain de leur voisine à six heures du matin.

  • Le bilan du 20

    Sur le bureau d'Adrienne, à portée de main (gauche), il y a

    le petit Robert

    tous les dictionnaires traducteurs

    des tas de paperasses qu'elle ne peut se résoudre à jeter

    la notice explicative reçue avec la première boîte de pralines Neuhaus

    une latte de 50 cm qu'elle utilise depuis l'école primaire (et sur laquelle, vers l'âge de 14 ou 15 ans, elle a gravé MAKE PEACE NOT WAR)

    le sac gris dans lequel elle transporte son ordinateur, chaque fois que le nomadisme hivernal la prend

    pipo maart 2013 - kopie.JPG

    et c'est là que le chat roux
    qui peut vraiment tout se permettre depuis qu'il est borgne
    vient faire ses siestes
    à portée de main (gauche)

    ***

    mais le nomadisme, c'est fini
    demain c'est le printemps
    Cool

    ***

    et ce soir, un autre bilan!
    ce soir, l'Adrienne fait un rapide aller-retour à la Monnaie
    pour y apprendre quelles sont les oeuvres au programme de la saison prochaine

    Bisou

    car s'il lui reste une dernière folie ce sera bien celle-là

    chat,la monnaie,bruxelles,hiver
    un autre rouquin
    Langue tirée
    détail du décor de Lucrezia Borgia
    photo prise après la représentation au Cirque Royal

  • F comme femme fatale

    Ce soir, l'Adrienne sera au Cirque Royal pour y assister à une production de la Monnaie, Lucrezia Borgia.

    Petit reportage dans les coulisses de la Monnaie où on s'active pour préparer le spectacle: http://www.lamonnaie.be/fr/mymm/related/event/241/media/1603/Les%20coulisses%20de%20Lucrezia%20Borgia/

    Aucun rapport, bien sûr, avec la journée de la femme... quoique!

    C'est peut-être une occasion de faire la fête (F comme... Cool)

  • B comme Bruxelles et B comme Benoit

    Vendredi dernier, j'ai eu l'occasion - que dis-je? la chance! - de pouvoir assister à la pré-générale du prochain opéra de la Monnaie: La Dispute, une création contemporaine d'après la pièce de Marivaux. La musique est du Belge Benoît Mernier et la mise en scène de Karl-Ernst et Ursel Herrmann, garantie de beauté visuelle, de rêve et de poésie. L'orchestre est dirigé par Patrick Davin, à qui j'ai même entendu parler néerlandais avec les musiciens Sourire

    http://www.lamonnaie.be/fr/opera/242/

    Le public admis à cette pré-générale était un mélange extra: de jeunes lycéens ayant "travaillé sur" Marivaux, comme on dit dans notre jargon, et qui découvraient les lieux, des mamma maghrébines qui ont dû être fort choquées par tout ce "libertinage" montré sur scène, des petits groupes de handicapés ou de personnes (très) âgées à peine mobiles, et un tirage au sort d'"Amis de la Monnaie" qui avaient émis le désir d'être là.

    Tout ce petit monde a donc assisté à une représentation en continu (pas de pause-pipi!) et on n'a entendu ni bavardage ni GSM (ni ronflements, ajouterai-je pour les esprits mal tournés parmi vous, si si je commence à vous connaître Langue tirée), seulement les quelques toux apparemment inévitables dès qu'on rassemble des gens pour un spectacle musical.

    Et nous avons reçu la totale, le plaisir de la musique, le charme de la mise en scène, l'actualité de Beaumarchais: il y avait de quoi régaler les yeux, les oreilles et l'esprit!

    Ah! quel beau moment j'ai passé là!

    ***

    Pas de photo... j'avais mon appareil mais je n'ai pas osé l'utiliser, il faut garder tout le mystère de la représentation jusqu'à la première, qui aura lieu après-demain Cool


  • O comme opéra

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    la Monnaie
    hiver 2012-2013
    Bisou
    j'aime j'aime Bruxelles

  • Le bilan du 20

    - Bientôt les vacances?
    - Alors, ce sont les vacances?
    - Et ces vacances, comment ça se passe?
    - Ce sont déjà de nouveau les vacances?

    Telle est la vie du prof et la quasi unique entrée en matière de ses interlocuteurs, surtout si eux-mêmes sont des femmes au foyer ou des messieurs à la retraite.

    En effet, j'ai eu quinze jours de vacances. Mais à quoi les ai-je utilisés? Comment est-il possible que les jours soient passés sans que j'aie terminé la longue liste des choses à faire?

    Je n'ai pas fait le grand nettoyage des armoires.
    Je n'ai pas fait le grand nettoyage des chambres du haut.
    Je n'ai pas dégivré le frigo.
    Je n'ai pas étudié mon italien.
    Je n'ai pas étudié mon espagnol.
    Je n'ai pas nettoyé le garage.
    Je n'ai pas mis de l'ordre dans le bureau: mais j'ai photographié les couchers de soleil.

    prof,la monnaie,bruxelles,vie quotidienne,jardin,amitié

    J'ai tondu la pelouse: c'est déjà à refaire.
    J'ai nettoyé les corniches: je n'ose pas aller regarder ce qui s'y trouve à nouveau.
    J'ai cassé du petit bois: il en reste de gros tas.
    J'ai taillé les rosiers: il faudrait aussi arracher les orties.
    J'ai passé trois jours à gratter la mousse de la terrasse et de l'allée du garage: ce n'est pas terminé.

    prof,la monnaie,bruxelles,vie quotidienne,jardin,amitié

    J'ai cassé des noix, un bac entier.
    J'ai pensé à mon grand-père et pris la burette à huile: les poignées de porte ne grincent plus.
    J'ai corrigé quatre paquets de copies.
    J'ai préparé des cours pour le troisième trimestre.

    J'ai logé ma carissima nipotina pendant quatre jours.
    Je suis allée chez quelques amis.
    J'ai vu mon frère et son plus jeune fils.

    Nous avons commémoré F***

    J'ai vu la prégénérale d'Orlando à la Monnaie.

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    Alors, bientôt les vacances?
    Langue tirée



  • J comme je fume

    A peu près toute la longueur de la rue de la Loi, voilà le temps qu'il m'a fallu pour racler mes poumons et tousser tout ce qui s'y était accumulé en douze heures à peine.

    Wetstraat.jpg

    photo de la rue de Loi prise par Orlando et libre de droits (Wikimedia Commons)
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Wetstraat.jpg

    Il était dix heures du matin, j'avais passé la nuit chez une amie bruxelloise et je me rendais à pied dans le centre. Ce n'est qu'en vue du parc de Bruxelles que j'ai plus ou moins retrouvé l'usage normal de ma gorge et de ma voix.

    "Fumer ne tue pas", me disent deux ou trois amis fumeurs, car ils connaissent tous quelqu'un qui a vécu très vieux alors qu'il allumait cigarette sur cigarette, tandis qu'une autre de leurs connaissances, m'affirment-ils, est morte d'un cancer du poumon après avoir passé toute sa vie dans un environnement exempt de relents de goudrons et de nicotine.

    C'est bien possible... Mon propre arrière-grand-père a tiré de petites bouffées de sa pipe jusqu'à ses 94 ans.

    Mais moi, il me suffit de passer une nuit chez mon amie A*** , je crache mes poumons et j'ai la voix éraillée, quasiment inutilisable.

    Or ce samedi-là, j'étais en route vers la Monnaie pour y participer à un cours de chant Langue tirée

    *

    ***

    *

    Et il s'agissait justement de chanter un petit bout du rôle de la fameuse cigarettière:

    http://www.youtube.com/watch?v=Dutx8qQ9qfE

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    vers 10.30 h., étage supérieur de la Monnaie, le cours va commencer
    (malgré l'exécrable qualité de la photo, vous pouvez peut-être reconnaître la flèche de la grand-place?)

  • D comme décibels

    Le claquement de talons sur un trottoir, ça vous fait de 70 à 80 décibels.

    Voilà ce que je lis dans le Petit éloge des amoureux du silence, de Jean-Michel Delacomptée (folio à deux euros, vous ne pourrez pas me reprocher de vous recommander des livres chers, n'est-ce pas? Clin d'œil)

    Justement, je suis en train de le lire, assise sur un banc en plein milieu du centre commercial bruxellois City 2, vendredi dernier en début de soirée. Combien de décibels, les centaines de talons qui claquent sur le carrelage? La mode et la saison sont aux bottes, mais de celles qui vous grandissent de plus de cinq centimètres... Combien de décibels, le brouhaha des conversations? les cris des enfants? les musiques qui vous assaillent les tympans en ces lieux de haute consommation?

    "[le fond musical des grandes surfaces] Il s'agit d'un bain de vapeur pour ramollir l'attention de la clientèle, la rendre perméable aux attraits de l'achat. Pour les amoureux du silence, ce fond s'apparente au bruit. Moi, dès qu'il dépasse un certain degré, je m'évade. C'est comme si le magasin tentait de m'attraper dans une épuisette. A son insu, il m'avertit, par cette ambiance faussement festive, que je ne m'appartiens plus. Vite la sortie."

    Petit éloge des amoureux du silence, Jean-Michel Delacomptée, Folio n° 5291, page 37

    Moi aussi, je quitte rapidement les lieux: ce n'est pas un bon endroit pour lire à l'aise. Deux jeunes filles se sont installées à côté de moi et se racontent bien haut et bien fort - il le faut peut-être, avec ces nombreux bruits ambiants - toutes leurs dernières petites nouvelles... mais non, je n'en prendrai pas note Langue tirée.

    D'ailleurs, il est bientôt l'heure: le même soir, je suis à la Monnaie pour Salomé, de Richard Strauss.

    Combien de décibels, me direz-vous, l'orchestre? ou la soprano qui tient le rôle titre? Il est vrai qu'avec Richard Strauss, ça va "assez fort", mais:

    "On écoute la musique, on n'écoute pas le bruit. La musique se détache sur la vie comme le poème sur la blancheur de la page. Elle renferme autant de nuances que la Voie lactée de galaxies. Derrière la musique se devine un monde inépuisable. Derrière le bruit on ne devine rien. Il n'ouvre sur rien. On ne l'écoute pas, on s'y cogne." (idem)

    Vendredi soir, la musique était un bruit qui faisait du bien Cool.

    ***

    Pour ceux que ça intéresserait, le metteur en scène Guy Joosten s'explique ici sur ses choix pour la production de Salomé à la Monnaie: http://www.lamonnaie.be/fr/mymm/article/35/

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    la vue sur Bruxelles enneigée depuis le 7e étage de la Monnaie

    musique,la monnaie,bruxelles


  • B comme Bruxelles et B comme Brendel

    Je l'ai déjà dit, il y a de ces jours où j'aimerais vivre à Bruxelles.

    Comme dimanche et lundi derniers, pour pouvoir assister à la conférence donnée par Alfred Brendel. Son titre seul est déjà alléchant: "Does classical music have to be entirely serious?"

    Poser la question, c'est y répondre Langue tirée

    http://www.bozar.be/webpage_broadcastitem.php?broadc_id=1426

    Depuis qu'il a quitté la scène en 2008, Alfred Brendel parcourt le monde avec cette conférence qu'il illustre bien sûr lui-même au piano. J'aurais aimé y assister, c'est vrai.

    Le rire, c'est bon pour la santé.

    Mais en ce moment, ce qui manque plus encore à ma santé que le rire, c'est du temps de repos.

    Conclusion: je me consolerai en me disant que même si je vivais à Bruxelles, j'aurais été trop épuisée pour pouvoir assister à sa conférence.

    Vivement ce soir qu'on se couche Clin d'œil

    Ah! mais j'y pense, ce soir je vais à Bruxelles... voir Salomé!

  • Première fois au Vlaamse Opera

    Comme vous le savez depuis lundi dernier, je suis allée voir ailleurs Innocent

    J'ai donc pu faire une étude comparative des mérites de La Monnaie et du Vlaamse Opera...

    J'y ai vu un jeune ecclésiastique en soutane. Je croyais que ça n'existait qu'à Rome Langue tirée.
    J'y ai vu un monsieur qui dormait déjà dix minutes avant le lever du rideau et qui ne s'est réveillé qu'à l'entracte. Ce qui ne l'a pas empêché d'applaudir avec force et conviction.
    J'y ai vu des vieilles dames qui minaudaient:

    - Votre épouse me dit que je peux m'asseoir ici, à côté de vous... ça vous va?

    D'autres qui médisaient:

    - Oh je ne pense pas qu'ils iront chez Marcelle. Ils n'y vont que quand ils sont malades.

    J'y ai entendu toutes sortes de banalités mais sans doute l'époque des soldes y était pour quelque chose:

    - Moi mes chaussures je les use, mais elle, non.

    - C'était bleu et blanc, avec des oursons...

    Parfois, tout de même, quelqu'un parlait musique:

    - Rossini, c'est toujours bien!

    - Moi je vais chaque année à Pesaro! Je suis très rossinienne!

    Bref, ça volait très haut Cool

  • rencontre X

    Daniel avait rendez-vous avec Carine à dix-neuf heures au restaurant Hémisphères, derrière la Monnaie.

    Comme à son habitude, il fut ponctuel. La table était réservée, on la lui montra, il s'y installa. Il s'offrit un apéritif. Pourquoi attendre? Et puis, il fallait bien se donner une contenance... et du courage.

    Au bout de vingt longues minutes, il montrait de plus en plus de signes d'impatience, regardait nerveusement la porte chaque fois qu'elle s'ouvrait, n'osait plus toucher à son apéritif qui serait bientôt bu.

    Il finit par sortir son portable:

    - Allô? Carine? C'est Daniel ici hein...
    - ...
    - Oui, j'y suis déjà. Et toi, où es-tu?
    - ...
    - Ah bon! à tout de suite, alors...

    Et il rempocha son portable, l'air mi-rasséréné, mi-agacé.

    Dix minutes plus tard, Carine entra. Il comprit tout de suite que c'était elle, à sa façon de rester plantée là, à attendre qu'un serveur vienne la sauver. Elle avait ces mêmes boucles noires que sur la photo. Mais qu'est-ce qu'elle était grande!

    Le garçon lui désigna le haut des marches et le coin où Daniel était installé. Elle monta. Ils s'embrassèrent sur les deux joues. Carine s'excusa de son retard. Il fit de son mieux pour la mettre à l'aise - l'essentiel était qu'elle fût là, n'est-ce pas? et puis avec tout ce trafic qu'il y avait à l'approche des fêtes... - mais on sentait clairement qu'elle venait de perdre quelques points.

    Ensuite, elle aggrava son cas en lui posant une question qui le fit bondir. Elle essaya de se justifier mais ils n'étaient visiblement pas du même avis:

    - Mais si, dit-il, il y a sur le Net un tas de gens qui veulent avant tout de l'argent! Ce sont ceux qui te demandent dès le premier contact combien tu gagnes.

    ***

    A la table d'à côté, Adrienne finissait sa tajine de kefta de poisson. Il était l'heure d'aller voir Cendrillon à la Monnaie. Elle se demanda ce que ferait Carine ce soir-là, quand sonnerait minuit, et si le prince l'inviterait une deuxième fois...

  • G comme générale

    J'ai eu l'occasion d'assister samedi dernier à une répétition générale de l'opéra qui sera présenté en première ce soir: Cendrillon, de Jules Massenet... et j'en suis sortie enchantée!

    J'ai tout aimé: la mise en scène qui allie beaucoup d'humour à la féerie du conte de fée, tout droit sorti du livre de Charles Perrault illustré par Gustave Doré; la prestation des choristes qui ont de véritables petits rôles types à jouer et à danser; la voix magnifique d'Anne-Catherine Gillet dans le rôle titre...

    Mais j'arrête là mon énumération des beautés de ce spectacle, dès lundi les journalistes spécialisés en parleront mieux que moi.

    Bien sûr, il s'agissait d'une prégénérale, donc ici et là il y a eu une interruption pour régler un détail du décor. Aussi, je me réjouis de pouvoir y retourner le 17 décembre pour voir un spectacle bien huilé et parfait jusque dans ses moindres détails, comme on en a l'habitude à la Monnaie Cool

    Voir un opéra, je considère que c'est un privilège. Le voir deux fois, c'est le nirvana Sourire

    opéra,bruxelles,la monnaie

    l'épisode de l'essayage de la petite pantoufle de verre, par Gustave Doré: "Approchant la pantoufle de son petit pied, il vit qu'elle y entrait sans peine & qu'elle lui était juste comme de cire."

    ***

    L'interview avec le metteur en scène, Laurent Pelly: http://www.lamonnaie.be/fr/mymm/article/30/

    Tous les renseignements ici: http://www.lamonnaie.be/fr/opera/146/&utm_source=La+Monnaie&utm_medium=email&utm_campaign=D%C3%A9cembre+%C3%A0+la+Monnaie+!

    Pour ceux qui voudraient relire le conte dans la version de Perrault: http://fr.wikisource.org/wiki/Cendrillon_%28Perrault%29

    Enfin, quelques morceaux d'anthologie:

    - une publicité Chevrolet de 1936, A coach for Cinderella http://www.youtube.com/watch?v=rMDh5Ln5J_0 et une de 1937, A ride for Cinderella http://www.youtube.com/watch?v=ssvsVIHkGC0

    - un court métrage de Méliès http://video.google.com/videoplay?docid=3563531842208195735

    - et pour ceux qui comme moi aiment Tex Avery, voici son dessin animé Swing shift Cinderella: http://www.dailymotion.com/video/x3sxba_tex-avery-mgm-1945-swing-shift-cind_fun

    opéra,bruxelles,la monnaie

    l'affiche de l'année de création: 1899

  • Z comme Zedda

    - Maestro Zedda è presente questa sera! annonce fièrement le directeur de ce cycle de conférences philologiques auxquelles j'étais allée à Pesaro.

    Maestro Zedda, mais qui est ce monsieur? me demandai-je...

    Ce soir-là, il s'agissait de philologie musicale et de la question de "la version authentique" du Barbier de Séville de Rossini. Un des problèmes étant, par exemple, que Rossini lui-même a produit de nombreuses variantes ou adapté livret et partition aux circonstances. Comme tant d'autres compositeurs, me direz-vous.

    J'appris que maestro Zedda est l'auteur de la première édition critique du manuscrit de Rossini, publié en 1968. Vous comprendrez donc qu'il n'est plus tout jeune. J'appris aussi que c'est son édition qui a été mise en scène par Jean-Pierre Ponnelle en 1969 et - tenez-vous bien - que c'est cette mise en scène de Ponnelle qu'on joue encore aujourd'hui à la Scala de Milan. Je plains les Milanais comme j'ai plaint les Véronais à qui on sert du Zeffirelli depuis quarante ans... Mais sans doute qu'il n'y a que des touristes de passage et que les amateurs d'opéra et de créativité viennent à la Monnaie Langue tirée

    Rentrée chez moi, j'ai fait mes recherches avec mon ami g**gl*. Maestro Alberto Zedda est spécialiste de Rossini, lié à l'académie rossinienne de Pesaro et né en 1928. Mais apparemment toujours actif. Ci-dessous, un lien vers un article fort élogieux pour une de ses prestations au Vlaamse Opera en décembre dernier:

    http://www.rtbf.be/culture/scenes/%C2%AB-ssemiramide-%C2%BB-voix-ravageuses-decor-ravage-zedda-super-maestro/

    Faudra-t-il que je prenne aussi un abonnement au Vlaamse Opera?

    Clin d'œil

    "Begin maar te sparen"(1), aurait dit ma grand-mère Adrienne...

    Et justement, pour la saison à venir, il y a un opéra de Rossini au programme, Il viaggio a Reims, avec au pupitre maestro Alberto Zedda!

    http://vlaamseopera.be/nl#!/seizoen-2011-2012/il-viaggio-a-reims?mode=overlay

    ***

    (1) commence par épargner

  • E comme expert

    Quand Mozart a composé la musique de l'opéra La finta giardiniera, il n'a que 18 ans. Pourtant, c'est une oeuvre vraie et profonde, bien au-delà de tout ce qui se faisait à l'époque, que ce soit dans le domaine de l'opera seria ou de l'opera buffa.

    "On ne peut pas, dit Benoît Jacquemin dans son introduction à la représentation donnée à la Monnaie, parler d'oeuvre de jeunesse: d'accord, Mozart n'a que 18 ans, mais c'est déjà son 10e opéra."

    Un peu plus tard, il ajoutera encore ce deuxième argument:

    "Pour quelqu'un qui a commencé à composer à l'âge de 6 ans, on ne peut pas qualifier d'oeuvre de jeunesse ce qu'il a écrit à 18!"

    ***

    Moi, me dis-je, le dos bien calé dans le fauteuil de velours rouge, à six ans, je savais juste écrire "confiture de fraises De Betuwe".

    A condition d'avoir le pot sous les yeux, sur la table du goûter chez mes grands-parents.

    ***

    Un petit aperçu de cette production: http://www.youtube.com/watch?v=Fs6EuFIB9_U

    Toutes les infos sur le site de La Monnaie http://www.lamonnaie.be/fr/opera/49/La-Finta-Giardiniera

  • T comme tournoiement

    Regardez attentivement ce piano:

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    J'étais installée au milieu du premier rang, le nez à hauteur du podium: pendant toute la durée du récital de Stéphane Degout, à la Monnaie, cet instrument m'a caché la vue sur le tourneur de pages qui était assis à côté de la pianiste, Hélène Lucas.

    Le tourneur de pages, un brun ténébreux resté hélas anonyme, "bel piede, bell'occhio, bel naso", n'était visible que pendant les infimes secondes où il devait se lever pour tourner de sa belle main une feuille de la partition de piano.

    Ce qui fait que j'ai particulièrement apprécié le poème Tournoiement, mis en musique par Camille Saint-Saëns, et dont le rythme était si rapide que mon bell'occhio, bel naso devait constamment se lever Cool.

    "Je tourne, je tourne, je tourne", disait très justement le poète par la voix de Stéphane Degout... "comme à l'instant où l'on trépasse", "mes pieds ne touchent plus le sol, je monte au firmament nocturne" etc. etc.

    Un tourneur de pages qui vous fait spontanément chanter Mozart, déclamer Louise Labé (ô beaux yeux bruns, ô regards détournés) et citer John Keats (A thing of beauty is a joy for ever), ne mériterait-il pas de voir son nom figurer au programme?

    Clin d'œil

    ***

    Pour les fondus de Mozart, le bell'occhio bel naso est ici http://www.youtube.com/watch?v=oM8t723X8ow

    Quant à Stéphane Degout, on peut l'écouter là, au numéro 9, Mélodies Persanes: http://www.qobuz.com/album/melodies-francaises/0822189017897

     


  • K comme Kat'a Kabanovà

    J'ai eu la chance de pouvoir assister à la prégénérale de Kat'a Kabanovà à la Monnaie.

    J'ai eu la chance de pouvoir me mettre bien au milieu du quatrième rang du parterre, sans personne devant sauf le chef d'orhestre et son assistant, sans personne non plus sur de nombreuses rangées derrière moi. Pas de chuchotements, pas de toux, pas de pastilles ou autres bonbons qu'on sort de leur emballage (frch frch).

    J'ai eu la chance d'être entourée de deux vieux messieurs qui n'arrêtaient pas de dire à leur compagne quelle heure il était. En effet, moi je me promène généralement sans montre. A ma droite j'avais l'heure en français, à ma gauche en néerlandais. La prégénérale commençait avec un peu de retard et vous aurez sans doute remarqué comme moi que les gens âgés sont les plus impatients (et les plus prompts à resquiller dans les files d'attente, mais ne nous éloignons pas du sujet)

    - Vous allez voir ici un premier vrai filage de la pièce, nous dit Peter De Caluwe, en costume trois pièces et cravate romantique.

    Puis le spectacle commence. Grandiose!

    J'ai vu le même opéra il y a quelques années déjà, mais cette mise en scène d'Andrea Breth et la direction musicale de Leo Hussain effacent jusqu'au souvenir du précédent...

    Grandiose, véhément et juste.

    Quel beau cadeau!

    Quelle chance j'ai eue de voir ça!

     

    Brussel 003 - Kat'a.JPG

    Tous les renseignements ici: http://www.lamonnaie.be/fr/opera/37/K%C3%A1ta-Kabanov%C3%A1, on la joue une dernière fois demain dimanche...

  • F comme Flamande

    - Vous êtes Française? me demande une gentille dame venue écouter comme moi Philippe Boesmans à la Monnaie et avec qui je papotais depuis quelques minutes.

    - Je suis Flamande... Je ne sais pas si je peux encore dire ça tout haut?

    Vraiment, je le disais avec un brin d'appréhension.

    - Mais oui bien sûr, me dit-elle. Ici on est entre gens intelligents.

    Ah! le beau grand sourire que je lui ai fait, à cette dame, pour la remercier de cette magnifique petite phrase!

    monnaie.jpg

    photo prise par Marine lors d'un séjour ici

  • Bilan d'une soirée à la Monnaie

    "Un rideau rouge qui s’écarte sur un tableau de cour aux couleurs délirantes, un bain musical qui éclabousse de ses trilles colorés et ironiques : nous voilà plongés dans un des spectacles lyriques les plus fascinants de ces dernières années, une comédie clownesque tragique inspirée de Gombrowicz, un conte de fées à l’envers, celui d’une princesse « moche et molichonne » (très relatifs tout ça) que le prince (pas charmant) n’épousera pas. Et cette Yvonne (sorte de Théorème pasolinien), par sa présence étrange, quasi muette, son refus des (in)convenances d’une cour déliquescente, renvoie chacun à ses propres laideurs et perversions inavouées… Son élimination est donc programmée. Et si les noyaux de cerise ne suffisent pas à la faire trébucher, les arêtes de la perche feront leur office."

    L'article entier est ici: http://archives.lesoir.be/opera--yvonne-princesse-de-bourgogne--a-la-monnaie_t-20100910-01203X.html?query=boesmans&firstHit=0&by=10&sort=datedesc&when=-1&queryor=boesmans&pos=0&all=368&nav=1

    Je ne pourrais pas mieux dire... et ne peux résister à l'envie de citer un deuxième extrait du même article:

    "Fidèle à sa manière, le compositeur, plus raffiné et virtuose que jamais, frôle les références stylistiques du passé (et les siennes !), pastiches, citations ou réminiscences à peine esquissées dans une fragmentation jouissive, mais balisée de bribes de leitmotive, de Strauss à Massenet, de Berg à Offenbach, de la danse du XVIIe à la romance du XIXe, les dégringolades perlées, les brusques accélérations, les « évanouissements » du tissu sonore, ses perversions tonales, ses jeux de clavier… Et le tout, miraculeusement, se perçoit dans la continuité la plus fluide, la plus accessible."

    Bref, un régal!

  • Y comme Yvonne

    YVONNE, PRINCESSE DE BOURGOGNE DE BOESMANS

    La Monnaie ouvre sa saison 2010-2011 avec « Yvonne, princesse de Bourgogne », le nouvel et cinquième opéra de Philippe Boesmans. Entre tragédie et grotesque, cette oeuvre, adaptée de la pièce de Witold Gombrowicz, traite du désir et du dégoût qu'inspirent la différence ou l'anormalité et fustige les conventions de la bourgeoisie. Poursuivant sa collaboration avec Luc Bondy qui signe ici le livret et la mise en scène, Philippe Boesmans propose une partition subtile et chatoyante. Patrick Davin dirige l'Orchestre symphonique de la Monnaie. 

    La vente des billets a débuté le samedi 19 juin.

    9, 10, 12, 14, 15, 17, 18, 19 & 21 septembre 2010
    La Monnaie

    Plus d'infos

     

    AUTOUR D'YVONNE

    Des rendez-vous à ne pas manquer !

    JOURNEE PHILIPPE BOESMANS - 11.09.2010
    Une journée consacrée à Philippe Boesmans au cours de laquelle compositeurs, directeurs d'opéra, chefs d'orchestre, metteurs en scène, chanteurs ou musiciens partageront leurs expériences de travail et feront part de leurs réflexions sur l'oeuvre du compositeur.
    Programme complet disponible dès le 23 août.

    CONCERT CHAMBRES D'À CÔTÉ - 11.09.2010
    Pour clore cette journée, Philippe Boesmans présentera, dans le cadre du Klarafestival, sa création « Chambres d'à côté » dédiée au jeune quatuor à cordes Tana. Trois oeuvres instrumentales du compositeur compléteront le programme de ce concert inédit.
    Réservations dès le 28 août.

    SATELLITES
    Meet the Artists - Inside the Music - A Stage with a View
    Trois rendez-vous pour prolonger l'expérience de l'opéra : une rencontre avec les artistes, une analyse de la partition, ou une plongée dans l'univers de Gombrowicz.
    Programme complet disponible dès le 23 août.

     

    Voilà pour le premier opéra que je verrai à la Monnaie la saison prochaine :-)

    Les articles ci-dessus viennent du mail qu'on reçoit sur simple demande (voir le site de La Monnaie, www.lamonnaie.be)

  • M comme Massenet et Monnaie

    Samedi dernier la Monnaie ouvrait ses portes dès 14.00 h. pour la Journée européenne de l'opéra (European Opera days) dont le thème ici à Bruxelles était l'Espagne et Don Quichotte, puisque en ce moment c'est cet opéra de Massenet qui est à l'affiche.

    J'ai donc eu le bonheur d'entendre un acteur espagnol, Pedro Cabanas, lire quelques pages de l'oeuvre de Cervantes.

    La Monnaie ressemblait - comme souvent d'ailleurs - à une ruche en pleine effervescence, et c'était très bien, très festif, très décontracté.

    Le soir, j'ai vu un Don Quichotte particulièrement touchant, d'autant plus que ce sont les adieux de notre gloire nationale, José Van Dam, dans le rôle de l'homme de la Mancha.

    Toutes les infos et d'autres très belles activités prévues dans les prochains jours, ici: http://www.lamonnaie.be/demunt-1.0/programma/productie.jsp?id=11000

    Je vous le recommande, et tout particulièrement ceci qui aura lieu demain:

    A STAGE WITH A VIEW – 16.05.2010 11:00

    Jorge Semprún
    , grande figure emblématique de la littérature espagnole et française, est invité à commenter les thèmes présents dans le Quijote de Cervantès dans une perspective contemporaine. L’acteur Pedro Cabanas lira des fragments du chef d’œuvre de Cervantès et la pianiste Inge Spinette jouera des arrangements pour piano de la partition de l’opéra.

  • Y comme Yvonne

    En janvier et en mars 2009 je vous parlais déjà du nouvel opéra de Philippe Boesmans, Yvonne, princesse de Bourgogne, qu'on venait de créer à l'opéra Garnier.

    Grande fut ma joie de voir qu'il serait au programme de la Monnaie dès la saison prochaine! Ne serait-ce que pour le prénom du personnage du titre ;-) il faut absolument que je le voie!

    "Comédie tragique en quatre actes et en musique sur un livret de Luc Bondy et Marie-Louise Bischofberger d'après la pièce éponyme de Witold Gombrowicz." nous explique-t-on sur le site de la Monnaie.

    On pourra le voir du 9 au 21 septembre prochain.

    Tout le programme de la saison 2010-2011 à la Monnaie ici: http://new.lamonnaie.be/fr/81/Pr%C3%A9sentation-de-la-saison-2010-2011
    et sur Yvonne, princesse de Bourgogne ici: http://new.lamonnaie.be/fr/opera/28/Yvonne-princesse-de-Bourgogne
    mais je suis sûre que j'en reparlerai!

  • J comme j'en rajoute une couche

    IPHIGÉNIE     A mes gémissements le ciel est sourd, hélas!

    Toutes mes excuses aux personnes qui étaient assises autour de moi dimanche dernier à la Monnaie, mais en entendant cette phrase-là chantée par Nadia Michael je n'ai pas pu m'empêcher de rire.

    D'ailleurs j'en ris encore aujourd'hui en l'écrivant... merci, Nadia!

  • I comme Iphigénie

    J'ai été absolument emballée par les deux opéras de Gluck présentés le même jour à la Monnaie dimanche dernier.

    voir le site http://www.demunt.be/demunt-1.0/programma/productionType.jsp?seizoen=2009&productionTypeID=9&language=FR

    Après une impeccable Iphigénie en Aulide (avec Véronique Gens dans le rôle titre), nous arrivions en Tauride.

    Malheureusement, il y a un certain nombre de lettres et de sons qu'Iphigénie en Tauride est incapable de prononcer correctement. J'avais l'impression qu'elle chantait avec un "dentier" de boxeur dans la bouche, quelque chose en tout cas qui l'empêchait de former des i ou des s, par exemple.

    Nous voici au début de la pièce; vous pouvez vous amuser à compter combien de fois elle a des s (ou des z, c'est pareil) à dire... et n'oubliez pas les liaisons (lol):

    Cette nuit... j'ai revu le palais de mon père,
    J'allais jouir de ses embrassements;
    J'oubliais, en ces doux moments,
    Ses anciennes rigueurs et quinze ans de misère...
    La terre tremble sous mes pas
    Le soleil indigné fuit ces lieux qu'il abhorre,
    Le feu brille dans l'air et la foudre en éclats
    Tombe sur le palais, l'embrase et le dévore!
    Du milieu des débris fumants
    Sort une voix plaintive et tendre:
    Jusqu'au fond de mon cœur elle se fait entendre;
    Je vole à ces tristes accents...
    A mes yeux aussitôt se présente mon père
    Sanglant, percé de coups, et d'un spectre inhumain
    Fuyant la rage meurtrière...
    Ce spectre affreux, c'était ma mère!
    Elle m'arme d'un glaive et disparait soudain:
    Je veux fuir... on me crie: "Arrête ! c'est Oreste !"
    Je vois un malheureux et je lui tends la main.
    Je veux le secourir; un ascendant funeste
    Forçait à mon bras à lui percer le sein!

     
     

  • M comme la Mongolie à la Monnaie

    Samedi soir à la Monnaie j'ai vu l'opéra Semele de Haendel. Ou plutôt l'oratorio Semele monté comme un opéra. Qui plus est, monté par un artiste - un performer, est le vocable le plus adéquat vu les oeuvres de Zhang Huan - artiste chinois qui, dans ses interviews, aimait à affirmer tout de suite qu'il ne connaissait rien au baroque et rien à l'opéra.

    En lisant ça, tout de même, je lève un sourcil.

    Puis d'autres articles ont surtout fait état des frais engagés pour faire venir de Chine à Bruxelles le temple chinois qui devait servir de décor.

    Je lève l'autre sourcil  ^ ^

    Et puis je vais voir. Et je suis comblée. Tout colle parfaitement, tout est à sa place, je peux vraiment l'affirmer pour chaque élément de la mise en scène. La symbolique est claire et évidente. Le temple forme un décor non seulement adéquat mais en plus d'une grande perfection esthétique. L'éclairage est admirable. 

    Les passions des dieux de l'Olympe ou celles des simples mortels, qu'ils soient paysans chinois ou jeunes cadres dynamiques, ce sont les mêmes. Eros et thanatos. Pouvoir. Désir d'immortalité.

    Mais rassurez-vous, je ne vais pas remplir des pages. Allez voir sur le site de la Monnaie, c'est ici: http://www.lamonnaie.be/demunt-1.0/programma/productie.jsp?id=10756&seizoen=2009&language=FR

    Et allez voir cette Semele de Mongolie, c'est gratuit. Alors si j'entends le mot élitiste... je me fâche ;-) http://www.lamonnaie.be/demunt-1.0/overdemunt/index.jsp?pageID=1991&language=FR

     

  • R comme Rusalka

    Ce mois-ci, j'ai vu Rusalka à la Monnaie dans une mise en scène de Stefan Herheim.

    De Rusalka, je ne connaissais que vaguement l'histoire (genre Petite Sirène de Hans Christian Andersen) et le fameux air à la lune qu'on trouve en différentes versions sur Youtube. Une mise en scène complètement éloignée du conte de fées ne m'indispose donc pas.

    Mais en fait, malgré l'originalité du point de vue de Herheim, tous les éléments du conte sont présents - même l'élément aquatique! Et surtout, tout se tient: "ça colle".

    Le décor contribue aussi largement au plaisir visuel: le bar qui nous plonge dans l'univers du voyeurisme à la Edward Hopper, la maison à l'avant-plan qui semble tout droit sortie d'une des rues de Saint-Josse, la bouche de métro, l'église en briques rouges, le saule pleureur...

    Lisez cette critique: http://www.lalibre.be/culture/musique/article/465784/rusalka-retour-a-la-case-trottoir.html et aussi celle-ci http://www.lesoir.be/culture/scenes/opera-la-monnaie-cree-rusalka-2008-12-08-671807.shtml

    hopper_nighthawks

    Edward Hopper. 1942. Nighthawks

  • F comme flânerie festive

    Deux jours à Bruxelles qui me font l'effet de bonnes petites vacances.

    Flâner dans une ou deux rues commerçantes pour un peu de lèche-vitrines. Du noir, un peu de rouge et de violet, voilà tout ce que l'on nous propose en cette période de l'année.

    Filer à une ou deux expositions, samedi les très belles photos de Guy Focant qui montrent les "Cent merveilles de Wallonie" (voir http://www.agenda.be/fr/Event/186085/cent-merveilles-de-wallonie.rvb) et dimanche une excellente exposition "Océanie, signes de rites, symboles d'autorité" à l'espace ING (voir http://www.ing.be/about/showdoc.jsp?docid=326919_FR&menopt=iso%7Cexo&lang=fr)

    Film "Bienvenue chez les Ch'tis" à l'Actor's Studio, 45 places dans la salle 3, huit spectateurs à la séance de 15.30 h, tout le monde l'a déjà vu, semble-t-il, mais ça n'empêche pas la dame à côté de moi de rire à grand bruit du début à la fin.

    Fin repas au bar à huîtres "Eb en Vloed", près de la place Sainte-Catherine, petit menu à 25 euros avec un carpaccio de Saint-Jacques parfumé à la truffe, un filet de biche et un dessert au chocolat.

    Finale festive à la Monnaie avec une formidable représentation de l'opéra de Dvořák, Rusalka (voir http://www.lamonnaie.be/demunt-1.0/index.jsp?language=FR)

    rusalka