les joies de l'internet

  • 20 choses toutes plus utiles les unes que les autres...

    Vous vous souvenez que l'Adrienne a passé quinze jours sans téléphone et sans internet?

    Le premier jour, elle a tourné comme un ours en cage, ne réussissant pas à se concentrer sur autre chose que sur son manque, en véritable accro qu'elle est.

    Le deuxième jour, elle a décidé de mettre cette panne à profit pour faire oeuvre utile.

    C'est ainsi qu'elle a établi la "liste des choses à faire quand on est privé d'internet".

    La voici:

    1.ranger le bureau (LOL ça s'appelle un marronnier Cool)
    2.faire un tri au grenier
    3.brûler ses lettres d'amour
    4.casser du petit bois
    5.terminer l'Art français de la guerre
    6.réviser un peu d'italien
    7.classer ses photos
    8.cirer les meubles
    9.relire le cours d'espagnol
    10.commencer un tricot
    11.balayer les feuilles mortes
    12.nettoyer les corniches
    13.faire du vélo d'appartement
    14.brouetter le reste de bois du fond du jardin
    15.écrire un roman
    16.se faire une tarte au chocolat
    17.(re)lire A l'ombre des jeunes filles en fleur
    18.nettoyer le congélateur
    19.faire une sieste
    20.rédiger son testament

    Devinez combien de choses elle a pu barrer de sa liste, en fin de parcours...

  • C comme citation

    "Alle verdriet kun je verdragen als je het kunt onderbrengen in een verhaal, als je er een verhaal over kunt vertellen." (1) est une citation de la philosophe Hannah Arendt, née la même année que ma grand-mère Adrienne (2). 

    Voilà, me dis-je en la lisant au hasard de mes "navigations" sur le Net, voilà exactement le but premier de l'écriture de ce blog.

    Il me rend la vie supportable Cool

    Parce que de l'autre côté de l'écran et du clavier, il y a vous qui me lisez, vous qui me répondez.

    Je vous dis merci.

    Aujourd'hui je me sens comme celui qui chante son merci à qui lui a offert quatre bouts de bois, un feu de joie, quatre bouts de pain, un grand festin ou un sourire Bisou (3)

    Merci à tous.

    L'Adrienne, vraiment, est une privilégiée.

    ***

    (1) je traduirais par: "Tout chagrin est supportable si on peut le faire entrer dans une histoire, si on peut le raconter"

    (2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Hannah_Arendt

    (3) http://www.youtube.com/watch?v=3GA0ue9F79o

  • X c'est l'inconnu

    En principe, c'est à partir d'aujourd'hui que je peux de nouveau jouir d'une connexion internet chez moi.

    Je me demande si la quinzaine passée me vaudra une réduction sur le prix de la facture...

    ***

    J'ai hâte de vous retrouver tous, de répondre à vos commentaires et d'aller sur votre blog.

    Merci d'avoir continué à réagir!

    les joies de l'internet

    et merci à Zigmund pour ce logo

  • T comme tout va très bien!

    L'Adrienne, vous le savez, ne se déplace plus qu'en sandales crades.

    Vous savez également qu'elle se promène dans sa ville un oreiller sous le bras.

    Ce que vous ne savez pas, c'est que cette téléphonophobique est privée de téléphone depuis le 15 ou le 16 novembre (elle ne le sait plus très bien). Si vous l'appelez sur son fixe, vous arrivez chez une dame qui habite un autre village et qui s'appelle Leona. Essayez et vous verrez, Leona a déjà l'habitude de recevoir des appels pour l'Adrienne mais s'en accommode fort bien. Prévenir Belgacom? Mais pourquoi donc? (1)

    Ce que vous avez peut-être deviné, c'est que l'Adrienne est aussi privée d'internet. Depuis le 15 ou le 16 novembre, il lui semble que c'était un vendredi, et sa vie de nomade ne l'aide pas à améliorer sa perception déjà fort perturbée, en temps normal, des jours de la semaine (2)

    Ce billet-ci, par exemple, elle est retournée dans son bureau à l'école, un soir tard, pour l'écrire en toute discrétion.

    Elle vient d'apprendre qu'elle disposera à nouveau d'une connexion le 27 novembre à 16.30 h. (3) soit quinze jours après avoir signalé le problème.

    Mais à part ça, tout va très bien Cool Elle réussit déjà à se mettre une goutte dans l'oeil dans devoir se coucher par terre derrière son bureau.

    ***

    (1) aussi, l'Adrienne trouverait formidable qu'un grand nombre de gens appellent Leona et lui fassent un brin de causette Langue tirée

    (2) l'Adrienne, c'est le genre de personne qui se pose la question tous les matins, et souvent deux ou trois fois le reste du temps, "Mais quel jour sommes-nous, aujourd'hui?" 

    (3) admirable de précision et d'efficacité, n'est-ce pas? (sifflement admiratif)

  • Stupeur et tremblements de gagnante

    Une ancienne élève qui tient aujourd'hui un magasin d'opticienne me demande de lui trouver un joli slogan pour son commerce. Ce que je lui offre bien volontiers.

    Ensuite elle décide d'en faire un concours sur fb.

    Voilà que je peux gagner un bon d'achat de 500 € si mon slogan obtient le plus de suffrages.

    C'est le moment où l'Adrienne en moi baisse les bras...

    Non, je ne participe plus, je ne vais même pas cliquer sur le bouton "j'aime" et voter pour mon propre slogan ni rameuter mes "amis" pour le faire.

    ***

    Je reçois un gentil mail personnalisé de la part de Brussels Airlines. Il paraît que j'ai gagné un voyage à New-York. "Cool!" comme disait mon Français de neveu avant même de connaître un vrai mot d'anglais.

    Puis je découvre que pour gagner vraiment ce billet d'avion, il faudrait que je "like" sur leur page fb.

    Vous avez deviné la suite: ça a cessé de m'intéresser. Et pourtant, des amis qui sont allés à New-York et en ont rapporté de magnifiques photos m'ont donné envie de découvrir cette ville.

    Ce sera une des nombreuses choses à faire dans ma prochaine vie.

    Il faudra qu'elle soit longue et prospère Langue tirée

    ***

    Le "réseau social" n'était déjà pas formidablement intéressant, mais j'ai l'impression qu'il devient de plus en plus le lieu de toute la publicité. Le moindre commerçant comme les plus grosses entreprises, chacun y a sa page que les "amis" sont invités à "aimer" en échange de cadeaux divers ou d'affaires en or.

    Je me demande jusqu'à quand je resterai membre de cette baraque...

    L'autre jour, j'y félicitais une ancienne élève pour la naissance de son deuxième bébé. J'avais raté le moment idoine pour le faire, un mois auparavant. J'avais pourtant pu suivre toute l'évolution de sa grossesse, photos à l'appui.

    "Comment est-ce possible!" m'écrit-elle en réponse à mes congratulations, "tout un mois sans aller sur fb!?"

    C'est sûr que c'est étrange, vu le nombre de prix mirobolants qu'on peut y gagner tous les jours Rigolant

  • Adrienne et l'autocensure

    L'Adrienne estime qu'elle a assez parlé de ses petits malheurs. Des millions de gens sur cette planète vivent sans chauffage central et sans eau chaude. Et sans blog, en plus Langue tirée

    L'Adrienne ne veut plus parler de sa petite santé. Un orteil en compote, ça fait mal et c'est handicapant, mais ça finit par guérir. Il y a des maux dont on ne guérit pas.

    L'Adrienne ne devrait plus vous parler de l'homme-de-sa-vie: elle ne voudrait pas donner l'impression de lui régler ses comptes. Toute idée de "vengeance" lui est étrangère.

    L'Adrienne envisage de faire disparaître les billets où elle parle de sa mère. Il serait bien temps de lui pardonner et d'appliquer la bonne philosophie de la grand-mère dont elle porte le nom: "Il faut la prendre comme elle est. Elle n'y peut rien si elle est comme ça".

    L'Adrienne n'a plus trop envie de parler de l'école, où pour cinquante minutes de bonheur d'enseigner il y en a cinquante autres à essayer de réparer des dégâts causés par certains collègues. Il faut très peu de mauvais enseignants pour faire d'énormes dégâts.

    L'Adrienne prend bonne note de tous les sujets qui fâchent. Comme elle a un besoin maladif de consensus et d'harmonie autour d'elle, elle se dit qu'il vaut mieux les éviter. Non, elle n'en publiera même pas la longue liste, et pourtant c'est tentant Innocent

    ***

    Alors voilà, à force de s'autocensurer, l'Adrienne n'aura bientôt plus rien à vous raconter Cool

  • Stupeur et tremblements d'internaute

    C'est un dimanche que l'Adrienne a commencé à chercher des maisons. En quelques clics on accède aux offres, aux adresses, aux prix et aux aguichantes photos.

    Le dimanche suivant, après sa visite à la banque, elle a continué à écumer cette vaste mer immobilière de façon encore plus ciblée, en y incluant sa fourchette de prix.

    Huit jours plus tard, l'Adrienne constate avec stupeur (et tremblements) qu'elle ne peut plus aller sur "la toile" (1) sans qu'une bannière publicitaire ne s'affiche pour lui offrir des maisons à vendre, précisément dans la ville où elle en cherche une et aux prix qu'elle a indiqués... mais sur un autre site.

    "Uw privacy staat te koop" (2) titrait le journal jeudi dernier. Avec quatre liens vers autant d'articles au titre significatif: "Nous savons qui vous êtes", "Nous savons ce que vous cherchez", "Nous savons ce que vous aimez", "Nous savons ce que vous achetez".

    C'est clairement vrai...

    ***

    (1) sur ce blog-ci et sur la plupart des autres, soit dans une bannière en haut de page, soit en encadré entre le billet et les commentaires, soit dans une des colonnes... rares sont ceux qui sont exempts de publicité et cette publicité est apparemment de mieux en mieux "ciblée" et "personnalisée"

    (2) "Votre vie privée est à vendre". Pour ceux qui lisent le néerlandais: http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20121017_00338984&_section=60682888&utm_source=standaard&utm_medium=newsletter&utm_campaign=ochtendupdate

     

  • I comme inspiration chez Lali (9)

    Lali 277.jpg

    Quand on annonça à Miss Betty Books que bientôt tous les livres papier seraient remplacés par de petits écrans plats, pas une de ses dix mille feuilles ne tressaillit:

    - Pff! fit-elle en tournant d’un seul mouvement du pouce gauche la page qu’elle venait de terminer, ce qui lui permettait de garder la main droite sur le prochain livre qu’elle avait déjà sélectionné.

    Voilà tout l’effet que cette nouvelle lui produisit.

    Un jour, il y a bien longtemps, on lui avait dit aussi que les coiffures à la Marie-Antoinette étaient passées de mode et que plus personne ne portait de robes à panier ni de gants montants:

    - Pff! avait-elle fait aussi cette fois-là, en tournant la page de son livre.

    écrit pour Lali (277) sur une illustration de Levi Hastings

  • K comme keyword activity

    Vous cherchez du foin à vendre?

    Vous arrivez chez Adrienne!

    Un déguisement de fourmi?

    Des crémeux à la vanille?

    Des fleurs pour un enterrement?

    Un moteur hors bord?

    Un landau princier?

    Vous voulez savoir quel nerf passe dans l'aine ou refaire complètement votre garage?

    Vous arrivez chez Adrienne.

    ***

    Rien de plus amusant que cette fonctionnalité dans les statistiques qui permet de voir comment certains internautes arrivent sur ce blog: par le biais de demandes pour des choses dont, autant qu'il m'en souvienne, je n'ai jamais parlé ici...

    D'où mon étonnement... amusé!

    Il y a même eu quelqu'un qui espérait trouver la réponse à cette question-ci:

    "A quoi sert d'être aimable?"

    Bisou

     

     

  • I comme inspiration chez Lali (8)

    RHUDE-Steven-1.jpgSteven Rhude

    Elle était couchée en travers du lit comme un chien dans sa niche. Les nouvelles dans le journal, semblables aux champignons vénéneux, lui servaient de ciel de lit, tel un écran géant sur lequel elle projetait ses plus sombres pensées.
    Désormais, elle aurait toujours « le coeur à marée basse ».

    toutes les références chez Lali: http://lalitoutsimplement.com/en-vos-mots-264/#comments

    j'en ai fait un exercice sur les comparaisons :-)

  • I comme inspiration chez Lali (6)

    SLATER.jpg

    Doucement, la dame bleue pénétra dans la chambre du Hollandais. Cet homme l'intriguait, avec sa blondeur, ses grands rires, son grand nez, ses manières brusques.

    Dans la pénombre, un croissant de lune lui permit de voir le banc. Trois mégots de ses éternelles Van Nelle, qu'il ne fumait jamais qu'à moitié, étaient écrasées dans un cendrier beaucoup trop petit. A côté, un livre était posé. La photo de la couverture fit bondir son coeur: c'était lui! C'était bien lui! avec sa raie sur le côté, ses mèches claires un peu trop longues qui lui cachaient les oreilles et la nuque, ses joues toujours un peu râpeuses... Elle eut envie d'y poser les lèvres.

    En feuilletant le livre, elle découvrit avec regret qu'il était écrit dans une langue qui lui était totalement inconnue. Serait-elle donc venue pour rien? Tous ces risques, les avait-elle pris pour rien?

    tableau de Miriam Slater pris chez Lali dans sa rubrique "En vos mots" n°247
    http://lali.toutsimplement.be/index.php?s=en+vos+mots+247

  • K comme keyword activity

    Une fonctionnalité me permet de voir par quels mots de recherche on arrive sur mon blog.

    C'est fascinant Surpris

    Première constatation, les gens semblent surtout être en quête de photos.
    Ce qui veut donc dire qu'on pille allègrement.
    Parfois des blogueurs mentionnent que leurs photos ne sont pas libres de droit: aucune photo ne l'est, en fait, mais je me demande qui ça retient.

    Ainsi, ceux qui cherchent des photos d'orties, de chat roux, de Bruxelles ou de Venise arrivent chez moi. Pareil pour la ouate thermogène, El Desdichado, Ostende ou Louvain. Jusque-là, rien que de très normal, on trouve effectivement ces choses sur mon blog. Le dernier best-seller (si j'ose dire) étant le sonnet en X de Mallarmé. Mais au top trois de la recherche de photo il y a sans conteste le calendario romano (avec ses prêtres sexy), les fresques de Ghirlandaio (chapelle Tornabuoni) et les gondoles de Venise (de préférence sous un pont).

    La deuxième catégorie (j'aime classer les choses, en tout cas sur mon blog, si pas sur mon bureau Langue tirée) est formée par les écoliers et étudiants apparemment en quête de résumés, d'analyses de texte et autres incipits. Arrivent ainsi chez moi des gens à la recherche d'une "analyse du temps chez Orlanda de Jacqueline Harpman" ou du "résumé du poème de Verlaine L'ombre des arbres". Quelques fois je me suis demandé si ceux qui cherchaient une "rédaction souvenir d'enfance" avaient trouvé parmi mes souvenirs celui qu'il leur fallait...
    C'est bien pour ça que je ne parle quasiment jamais ici des textes que je lis en classe ni des devoirs que je donne, j'aurais bien trop peur qu'un de mes élèves trouve mon blog Embarrassé

    Et puis... et puis il y a tout le reste.

    Les touristes qui cherchent des chocolatiers à Jette, la maison natale de Raphaël à Urbino, les heures de visite du château de Laken...

    Ceux qui s'inquiètent pour la famille: qui est le père de Joachim Du Bellay? comment s'appelle la cousine de Mozart? ("avec qui il sentent très bien", ajoute-t-on)

    Les apprentis bricoleurs, qui veulent "retirer des taches blanches sur les tuiles romaines" (moi je leur ai retiré quatre fautes d'orthographe et de grammaire), "piéger une porte de garage contre le vol" (trois pièges orthographiques dans leur question) ou "des trucs en fer forgé".

    Ceux qui cherchent la potion magique pour faire pousser la pelouse ("pourquoi ma pelouse ne pousse pas bien?") ou les cheveux ("recettes de grand-mère pour faire pousser les cheveux")

    Les herboristes en herbe, à la recherche de photos d'égopode, d'aspérule, de rhodo (ah mon yakushimanum doit fleurir déjà sur mille autres blogs!), de graines de muguet et d'une "herbe sauvage sans feuille et sans racine qui naît au coeur des plantes".

    Les clients de toutes sortes, qui veulent les toilettes de Kennedy (ne me demandez pas comment ça arrive chez moi!), un bureau rangé (LOL), du pastador côte d'or, des filles nues, une femme de ménage qui débarrasse la table (LOL bis), des "spots pour une terrasse extérieure" (!), des "trains hollandais" ou un "passe-temps lucratif"!

    Je passerai pudiquement sur le chapitre de la nudité, je vous dirai simplement que quelqu'un cherchait une "Adrienne à poil" et que les voies googliennes l'ont dirigé sur mon manteau en poil de chameau.

    Bref, je crains fort d'en avoir déçu plus d'un, celui de l'"Adrienne à poil" comme celui de "la nunuche qui a froid" ou du "proverbe du nez qui chatouille".

    Mais si vous, chers lecteurs, avez moitié ri en lisant tout ceci que moi en l'écrivant, je serai une blogueuse comblée Sourire

    Ceci étant dit, bonne fête à toutes les mamans de Belgique... et aux autres, d'où qu'elles soient!

  • I comme inspiration chez Lali (5)

    ZHGIVALYOVA.jpg

    Il lui avait dit:
    - Tu gardes le vélo et tu m’attends là! Je reviens tout de suite.
    Et il s’était engouffré dans le bâtiment.

    Elle ne savait pas au juste ce que c’était que ce rendez-vous “très très important”, mais ce qu’elle savait, c’est que deux heures étaient passées depuis et qu’elle commençait à avoir drôlement froid.

    Elle s’était faite belle, pourtant, avec ses collants noirs et sa minirobe de laine blanche, mais elle aurait mieux fait de prendre sa grosse doudoune…
    Enfin, heureusement qu’il lui avait laissé le journal. OK, c’étaient les pages sportives, mais quand on n’a vraiment rien à faire, c’est mieux ça que rien du tout, n’est-ce pas?
    Et puis, de cette façon, elle n’était pas obligée de voir les rares passants qui la dévisageaient.

    - Un quart d’heure, se dit-elle. Je lui laisse encore un quart d’heure et je rentre chez moi.
    Avec son précieux vélo!

    tableau de Marina Zhgivalyova pris chez Lali dans sa rubrique "En vos mots" n°239.
    http://lali.toutsimplement.be/index.php?s=en+vos+mots+239
     

  • Stupeur et tremblements de blogueuse

    Peut-on demander de l'argent pour ce qu'on publie sur son blog ou sur son site perso?

    Voilà une question que je me pose depuis une quinzaine de jours.

    La première fois que j'ai vu un appel à faire un don en échange du "travail" qu'on fournissait sur son site perso, j'ai été un peu choquée. La personne se plaignait qu'un an de maintenance de son site lui coûtait 172 € et que l'appel aux dons, qui se trouvait dans sa colonne de gauche, n'était pas là juste pour la déco.

    Le premier choc passé, j'ai failli sortir ma carte de crédit, me sentant coupable de "profiter" de billets si généreusement écrits et qui n'avaient reçus en retour de ma part que de simples commentaires... gentils, certes, mais ne permettant pas de mettre du beurre dans les épinards.

    Puis je me suis ravisée, un peu méfiante tout de même devant ce procédé. En effet, n'étions-nous pas tous logés à la même enseigne, tenant un blog ou un site pendant notre temps libre, surtout pour notre plaisir personnel et fort heureux d'y voir venir des lecteurs en nombre? Même si ces lecteurs - je le vois depuis que j'ai installé un compteur - viennent surtout pour s'y servir en résumé de livre, analyse de texte et autres incipits Incertain, sans compter la majeure partie qui vient juste "piquer" une photo.

    De plus, pourquoi aurais-je payé pour des infos compilées d'autres sites et que je trouvais facilement ailleurs, souvent sur des blogs très bien faits et dont peu à peu j'avais appris à connaître et à apprécier le maître ou la maîtresse du lieu?

    Mais il y a une quinzaine de jours, ce même site annonçait qu'au bout de 12 mois d'existence, il cesserait toute activité: malgré deux appels aux dons, l'argent récolté ne suffit pas à payer le montant dû pour l'an prochain.

    Le ton du dernier billet est très amer et culpabilisant pour les "utilisateurs" qui, par leur radinerie, obligent la personne à cesser cette activité dont tous ont pourtant "bien profité"...

    Alors oui, stupeur, perplexité... et tremblements, si c'était ce tour-là que prendrait la blogosphère.

  • I comme inspiration (pascale) chez Lali (4)

    fiction,les joies de l'internet,peinture

    Haïku

    Le dos bien calé
    contre mon Jeannot Lapin
    lire avec les doigts

    tableau de Manabu Kubota pris chez Lali dans sa rubrique "Envos mots" n°211
    http://lali.toutsimplement.be/en-vos-mots-24-avril/

  • I comme inspiration chez Lali (3)

    DUCREUX.jpg

     

    Son magazine préféré avait été formel: pour réveiller la libido après 30 ans de mariage, les dessous noirs s’imposaient, ainsi que les jarretelles. Rouges, de préférence.


    Elle fit donc les acquisitions nécessaires.


    Et pour mettre toutes les chances de son côté, elle s’était procuré un exemplaire du Kama Sutra qu’elle feuilletait en l’attendant.


    L’Homme serait bien surpris, en rentrant, de la trouver accroupie sur la moquette verte du salon, au lieu d’être en train de tourner dans ses casseroles, comme tous les autres soirs…


    tableau de Catherine Ducreux pris chez Lali dans sa rubrique "En vos mots" n°235 http://lali.toutsimplement.be/en-vos-mots-235/

  • X comme sonnet en X

    Comme il arrive très souvent, ce n'était pas ce que je cherchais, mais c'est ce que j'ai trouvé: les hasards de la navigation sans eau m'ont amenée au Sonnet en X de Stéphane Mallarmé, appelé aussi Sonnet allégorique de lui-même.

    Il s'agit en effet d'une allégorie de la poésie mais qui est en même temps un exercice de haute voltige puisqu'il a choisi deux rimes extrêmement difficiles, une en "ix" et une en "or".

    Voici la chose:

    Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,
    L’Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,
    Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
    Que ne recueille pas de cinéraire amphore

    Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,
    Aboli bibelot d’inanité sonore,
    (Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
    Avec ce seul objet dont le Néant s’honore.)

    Mais proche la croisée au nord vacante, un or
    Agonise selon peut-être le décor
    Des licornes ruant du feu contre une nixe,

    Elle, défunte nue en le miroir, encor
    Que, dans l’oubli fermé par le cadre, se fixe
    De scintillations sitôt le septuor.

    On trouve facilement ce sonnet sur la Toile, par exemple ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/Sonnet_en_X

    Apparemment, c'est une oeuvre qui est largement étudiée dans les lycées français, vu le nombre de lectures, explications et dissertations offertes sur cette même Toile Langue tirée.

    Mais ce qui m'a semblé intéressant, c'est cet extrait d'une lettre de Mallarmé à propos de ce Sonnet en X:

    "J'extrais ce sonnet, auquel j'avais une fois songé, d'une étude projetée sur la parole : il est inverse, je veux dire que le sens, s'il en a un (mais je me consolerais du contraire grâce à la dose de poésie qu'il renferme, ce me semble) est évoqué par un mirage interne des mots mêmes. En se laissant aller à le murmurer plusieurs fois on éprouve une sensation assez cabalistique. C'est confesser qu'il est peu "plastique" comme tu me le demandes, mais au moins est-ce aussi «blanc et noir» que possible et il me semble se prêter à une eau-forte pleine de Rêve et de Vide. Par exemple, une fenêtre nocturne ouverte, les deux volets attachés ; une chambre avec personne dedans, malgré l’air stable que présentent les volets attachés, et dans une nuit faite d’absence et d’interrogation, sans meuble, sinon l’ébauche plausible de vagues consoles, un cadre, belliqueux et agonisant, de miroir appendu au fond, avec sa réflexion, stellaire et incompréhensible, de la Grande Ourse, qui relie au ciel seul ce logis abandonné du monde."

    Lettre de Stéphane Mallarmé à Cazalis de juillet 1868, citée p. 239 dans S. Mallarmé, Poésies, Nrf Poésie/Gallimard, Paris, 1992.

    ***

    Et après? me direz-vous. Et vous n'avez pas tort Langue tirée

    Car après vint Georges Fourest... Et voici ce que ça donne:

    ..................................
    ...................................
    Nemo (Nihil, cap. oo)
    X x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x (*)
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x
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    x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x

    (*) Si j’ose m’exprimer ainsi !
    (Note de l’auteur)
    Georges Fourest, La négresse blonde, Grasset 2009
    Ah! c'est vraiment pas triste, la poésie! Cool
  • Question de Lorenzo

    "A votre avis, est-ce qu'internet rapproche les gens ou est-ce que, au contraire, ça les éloigne?"

    Voilà la question dont Lorenzo, notre prof d'italien du lundi soir, voulait qu'on débatte.

    Petit à petit, nous nous sommes donc lancés, les uns après les autres, pour apporter nos éléments de réponse... mais aucune ne semblait le satisfaire:

    - Internet, c'est un simple moyen de communication, donc ça sert à ça, à communiquer... me suis-je risquée.
    - Oui, mais est-ce que ça rapproche les gens ou est-ce que ça les éloigne?
    - J'ai des amies qui habitent loin, ça nous permet de rester en contact...
    - Oui, mais... (etc voir plus haut)

    Il n'en démordait pas. Une dame est venue à ma rescousse:

    - Quand mon fils était en Amérique du Sud pour plusieurs mois, dit-elle, grâce à Internet on pouvait se parler et se voir en direct, avec la webcam... c'était bien.
    - Oui, mais est-ce que tu t'es sentie plus proche ou plus loin de lui? insistait Lorenzo
    - Ben... plus près de lui, quand on se parlait...
    - Après ta conversation avec lui, tu te sentais gaie ou triste?
    - Euh... un peu triste, parce qu'il était loin pour longtemps, mais contente de l'avoir vu et entendu et de savoir qu'il allait bien.
    - Donc, est-ce qu'internet rapproche ou éloigne?

    A partir de là, on a fait comme tous les élèves de la terre, on a commencé à gigoter sur nos chaises et à ne plus avoir envie d'ouvrir la bouche: il y avait non seulement le handicap de la langue mais en plus un prof qui avait visiblement envie d'entendre dire ce qui était son opinion personnelle: internet éloigne Langue tirée

    Finalement, une dame courageuse lui a demandé:

    - Mais toi, Lorenzo, ta famille en Italie, tu ne communiques pas avec elle par internet?
    - Si, dit-il, mais c'est à vous que je pose la question!

    Alors on en a eu marre pour de bon et on n'a plus rien dit.

    Le débat est toujours ouvert Clin d'œil

  • O comme orthographe

    Reçu hier soir:

    Cher Clιent;

    Depuis la mise en place de la nouvelle version de nos sites, vous êtes nombreux solliciter notre assistance technique.
    En conséquence, nous ne sommes pas mesure de vous joindre par téléphone.

    Nous avons déja identifié certains dysfonctionnements sur votre cσmptε, nous mettons tout en ouvre pour les corriger.
    Vous devez donc suivre ces étapes pour corrigé votre cσmptε:

    - Cliquez ici et connectez-vous sur votre cσmptε.
    - Renseingez votre numéro de téléphone actuel.
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    Si vous ne fait pas cela l'accεs cσmptε sera automatiquement bloquer et toutes vos transaction serons annulés.

    Vous disposez d'un délai de 48h pour corrigé votre cσmptε.

    Votre conseiiller Marie Pierre Humen.

    Vous voyez ce que je veux dire?

    Le phishing est un piège.

    Mais le véritable piège, c'est l'orthographe Langue tirée

  • I comme inspiration chez Lali (2)

    larsson.jpg

    Elle se leva, posa son tricot sur le siège et laissa rouler sur le tapis la pelote rose layette. Tout la lassait si vite, ces dernières semaines ! Son livre non plus ne l’intéressait pas. Elle ne savait même plus où elle en était restée et serait sans doute obligée de le reprendre depuis le début le jour où elle voudrait en poursuivre la lecture.

    La seule chose qui l’intéressait se trouvait là, dans le secret de son secrétaire. Pour la centième fois depuis trois jours, elle l’ouvrit sans bruit, fit pivoter une petite languette de bois d’apparence tout à fait anodine et en sortit son plus précieux trésor qu’elle déplia avec fébrilité et relut avidement, alors qu’elle en connaissait par cœur le contenu.

    Zhennan et la retraite de Lng Sơn, l’Annam, le Tonkin, qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire ! Avant que l’année 1885 se termine, leur bébé serait là : verrait-il jamais son père ?

    tableau de Carl Larsson pris chez Lali, rubrique "En vos mots" n°124
    http://lali.toutsimplement.be/en-vos-mots-124/

  • X comme xénélasie

    Tout récemment, j'ai appris un nouveau mot: la xénélasie Langue tirée

    C'était le 17 janvier sur le blog d'Hurluberlu (http://hurluberlulu.wordpress.com/2012/01/17/xenelasie-n-f/), un des soixante à septante - on est en Belgique ici, chers lecteurs, je ne vous traduis plus, vous avez sûrement quelques rudiments - un des soixante à septante blogs, disais-je, auxquels je suis abonnée.

    Ceux parmi vous qui ont fait un peu de grec ancien décrypteront le "xenon" ou "xenos", l'étrange, l'étranger et "elaunein", conduire, diriger. Ce qui me fait penser à cet euphémisme auquel nos politiciens ont souvent recours: "reconduire les étrangers à la frontière". Alors qu'il s'agit d'expulser. De rejeter.

    ***

    Ce nouveau mot m'a aussi fait découvrir quelques ressources lexicographiques en ligne. Leur nombre augmente, ce qui veut dire qu'il faut faire le tri pour trouver la qualité parmi la quantité.

    "Interdiction faite aux étrangers du séjour d'une Ville. C'étoit une des Lois de Lycurgue. La Xénélasie étoit particulière aux Lacédémoniens." dit la quatrième édition du dictionnaire de l'Académie.

    Et le Littré de 1880 ajoute: "Une des plus célèbres lois attribuées à Lycurgue, un usage du moins dont on ne peut nier l'existence, était celui de la xénélasie ou bannissement des étrangers (LÉVESQUE Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. III, p. 376)".

    "La xénélasie (en grec ancien ξενηλασία / xenēlasia) est une pratique spartiate consistant à expulser de manière régulière les étrangers de son territoire. Elle ne semble pas avoir été beaucoup imitée par les autres Grecs.", précise Wikipédia. Incontournable Wikipédia, quoi qu'on en dise...

    "Droit pour un État belligérant d'expulser les nationaux de l'ennemi" dit le Grand Robert dans son édition de 1985.

    Etc.

    ***

    Et je me dis qu'internet est tout de même une bien belle chose Cool

    Le seul problème, c'est que la xénélasie m'amène chez les Spartiates, puis chez Xénophon et sa République des Lacédémoniens... mais ça me fera peut-être des billets en X pour les mois prochains Clin d'œil

    les joies de l'internet

    photo de Wikipedia Commons




  • P omme pigeon

    C'était un beau soir de novembre, il faisait chaud comme (rarement) en été. J'ouvre ma boîte à mail:

    Bonsoir , Je tiens dans un premier temps à m’excuser pour cette intrusion dans votre vie même si j’avoue que cela est très important pour moi. Je suis Madame Catherine Pigeon, née le 12 mai 1951 à Provins en France. Je souffre d’un Cancer à la Gorge depuis maintenant plus de 3 ans et demi et là malheureusement, mon médecin traitant vient de m’informer que je suis en pleine phase terminale et que mes jours sont comptés du fait de mon état de santé assez dégradé.

    Je suis veuve et je n’ai pas eu d’enfant ce que je commence à regretter amèrement. Au fait, la raison pour laquelle je vous contacte est que je souhaite faire Don d’une partie de mes biens vu que je n’ai personne qui pourrait en hériter. J’ai presque vendu toutes mes affaires dont une entreprise d’exportation de bois et d’hévéa et une Sidérurgie en Afrique où je vis depuis maintenant plus de 48 ans. Une grosse partie de tous ces fonds récoltés a été versée auprès de différentes associations à caractères humanitaires un peu partout dans le monde mais surtout ici en Afrique.

    Pour ce qui est du reste de la somme qui s’élève exactement à 7.000.000 € présentement sur un Compte Personnel Bloqué, mon dernier souhait serait de vous en faire Don afin que vous puissiez investir dans votre secteur d’activité et surtout dans l’humanitaire. Je suis tout à fait consciente de ce que je compte faire et je crois malgré le fait que nous ne nous connaissons pas, que vous saurez faire bon usage de cette somme.

    Je vous prie donc de bien vouloir accepter ce legs sans toutefois ne rien vous demander en retour si ce n’est de toujours penser qu’à faire le bien autour de vous, ce que je n’ai pas su faire durant mon existence. Ceci dit, étant rassuré d’être tombé sur une personne Responsable et surtout de Bonne Foi, je vous demanderais de bien vouloir me recontacter au plus vite afin de vous donner plus d’explications sur les motifs de mon geste et sur le déroulement des choses.Merci et je suis a l entente de vos nouvelles Chaleureusement

    ***

    N'est pas Pigeon celui qui le prétend Langue tirée

  • O comme objectivation

    Dès qu’il eut connaissance de la consigne d'écriture, l’ordi prit la parole :

    - Cet objet, ça ne peut être que moi ! fit-il d’un ton péremptoire. Ne suis-je pas son premier geste du matin, son dernier geste du soir ? N’est-ce pas avec moi qu’elle passe le plus de temps ? Elle mange avec moi, prend son thé à mon clavier, l’éclabousse parfois un peu. Non, ceci est absolument hors concours : vous verrez bien, c’est de moi qu’elle parlera !

    Son écran brillait de fierté. Mais il n’avait qu’à peine commencé sa péroraison qu’un à un tous les livres de la bibliothèque se mirent à protester. D’abord un chuchotis méprisant, puis une houle profonde venue du tréfonds de leur rancœur – car il était bien vrai qu’à cause de cet ordi elle avait de moins en moins le temps de s’occuper d’eux .

    Celui qui se savait être l’un de ses préférés déclara noblement :

    - Tu n’es que du vent ! Nous, elle nous emporte partout où elle va. Toi, sans tous ces fils qui te relient à ces murs, tu n’es rien. C’est l’un de nous qu’elle met dans son sac. C’est nous qui lui faisons aimer les voyages en train. C’est nous qui la faisons rire, trembler, rêver… et oublier tous ses soucis. C’est nous qu’elle a choisis avec amour, un par un, et parfois dix d’un coup. C’est nous qui sommes sa folie et sa sagesse.

    - Ah ! ce frisson amoureux, susurra « L’écriture ou la vie », quand elle ouvre notre porte, passe la main sur notre dos, nous prend dans sa paume, nous caresse de ses doigts…

    - Moi aussi elle me caresse ! objecta l’ordinateur.

    - Ne me fais pas rire, rétorqua « Le premier homme », elle a les ongles si longs et si durs que certaines lettres de ton clavier sont déjà complètement effacées ! Nous, elle nous respecte. Pas un coin écorné, pas une tranche cassée, pas une tache ! Ah ! ce n’est pas sur nous qu’elle laisserait tomber sa tartine de fromage blanc !

    Il y eut quelques rires parmi les rangées bien serrées des livres lus et même dans les deux piles de ceux qui attendaient encore cet heureux jour.

    - Ouais, fit le numérique, elle vous aime tant qu’elle vous prête et qu’après elle ne sait même plus à qui, hahahahaha !

    Cette discussion n’était pas passée inaperçue à la cuisine, où la théière bouillonnait d’importance et d’énervement, suivie par la sonnerie de plus en plus impérieuse du micro-ondes. A côté, au salon, le canapé gémissait et le gros plaid pleurnichait :

    - Moi aussi elle m’aime ! Elle me l’a encore dit l’autre soir !

    Puis il se rendit compte qu’il y avait bien dix jours qu’elle ne l’avait plus réchauffé de son corps. Tout ça à cause de ce fichu ordi, il fallait se rendre à l’évidence : il lui faisait oublier tout le reste, le micro-ondes qui sonnait, la théière qui refroidissait, le canapé qui gémissait…

    Dans la bibliothèque, on ravala ses rires, on arrêta les chuchotis : l’ordi avait gagné, d'ailleurs elle détachait ses fils un à un et le posait délicatement dans sa valise pour Malaga.

    Mais du fond de son sac, Laura Esquivel rigolait doucement : dans l’avion pour Malaga, le gagnant serait « Como agua para chocolate ».

    lecture,lecteur,littérature,les joies de l'internet

    Aéroport de Malaga, 31 décembre 2011, assise sur un banc, je lis Como agua para chocolate en attendant qu'I*** vienne me chercher...


  • M comme mathématiques

    Il est Hollandais, il est jeune, il aime les maths et la physique, il a un blog... et il aime les pâtes. La conjonction de tout ça lui a valu, le 10 janvier dernier, un article dans le New York Times: http://www.nytimes.com/2012/01/10/science/pasta-inspires-scientists-to-use-their-noodle.html?_r=1&ref=science

    De quoi s'agit-il?

    En s'amusant avec le logiciel Mathematica, il a eu l'idée de voir s'il pouvait réaliser les équations du modèle géométrique de diverses sortes de pâtes. Ainsi fut dit, ainsi fut fait...

    Voilà ce que ça donne pour ses préférées, les gemelli:

    ParametricPlot3D[Evaluate[RotationMatrix[0.7 z, {0, 0, 1}].{Sin[x]/(1 + Cos[x]^2), (Cos[x] Sin[x])/(1 + Cos[x]^2), z}], {x, 0.2 Pi, 1.8 Pi }, {z, -2,18}, Mesh -> None, Axes -> None, Boxed -> False, PlotStyle -> Hue[0.118],Lighting -> "Neutral", ImageSize -> {500}, PlotPoints -> 50]

    Vous voulez les voir toutes, photos à l'appui? C'est ici: http://shuisman.com/?p=1314

    Mais à quoi ça sert? me direz-vous.

    A rien.

    C'est de la poésie pure Langue tirée

    pastaplot.png

    (photo reprise de son blog avec l'autorisation de l'auteur qui a même eu l'extrême gentillesse de m'envoyer par mail des photos de toute sa série de "pâtes mathématiques"... La vita - virtuale - è bella Sourire)

  • I comme inspiration chez Lali (1)

     manet.jpg

    Berthe s’était installée confortablement à l’endroit le plus stratégique, s’était emparée en entrant d’un des journaux offerts à la lecture des consommateurs et le tenait maintenant bien déployé devant elle… mais son regard allait au-delà et ne perdait rien de ce qui se passait à l’autre bout de la terrasse, du côté de la charmille.

    La saison était déjà bien avancée et les rhododendrons commençaient leur magnifique floraison, mais il faisait encore un peu frais pour une longue station à l’extérieur. Aussi commanda-t-elle un thé brûlant, redressa son écharpe, ferma bien son col et ne quitta même pas ses gants pour déguster les petits chocolats offerts avec le thé.

    Un thé que d’ailleurs très vite elle oublia de boire, tant elle était absorbée tout entière par la scène du plus haut comique qu’il lui fut jamais donné de voir :  ah ! elle avait bien fait de venir ! Elle avait parfois du mal à se retenir d’éclater de rire et fut bien heureuse que derrière son journal déplié nul ne pouvait entrevoir son sourire ironique.

    Quel beau sujet de tableau cela ferait ! Elle avait hâte de s’y mettre !

    Tableau d'Édouard Manet pris chez Lali de sa rubrique "En vos mots" n°87
    http://lali.toutsimplement.be/en-vos-mots-87/

  • rencontre X

    Daniel avait rendez-vous avec Carine à dix-neuf heures au restaurant Hémisphères, derrière la Monnaie.

    Comme à son habitude, il fut ponctuel. La table était réservée, on la lui montra, il s'y installa. Il s'offrit un apéritif. Pourquoi attendre? Et puis, il fallait bien se donner une contenance... et du courage.

    Au bout de vingt longues minutes, il montrait de plus en plus de signes d'impatience, regardait nerveusement la porte chaque fois qu'elle s'ouvrait, n'osait plus toucher à son apéritif qui serait bientôt bu.

    Il finit par sortir son portable:

    - Allô? Carine? C'est Daniel ici hein...
    - ...
    - Oui, j'y suis déjà. Et toi, où es-tu?
    - ...
    - Ah bon! à tout de suite, alors...

    Et il rempocha son portable, l'air mi-rasséréné, mi-agacé.

    Dix minutes plus tard, Carine entra. Il comprit tout de suite que c'était elle, à sa façon de rester plantée là, à attendre qu'un serveur vienne la sauver. Elle avait ces mêmes boucles noires que sur la photo. Mais qu'est-ce qu'elle était grande!

    Le garçon lui désigna le haut des marches et le coin où Daniel était installé. Elle monta. Ils s'embrassèrent sur les deux joues. Carine s'excusa de son retard. Il fit de son mieux pour la mettre à l'aise - l'essentiel était qu'elle fût là, n'est-ce pas? et puis avec tout ce trafic qu'il y avait à l'approche des fêtes... - mais on sentait clairement qu'elle venait de perdre quelques points.

    Ensuite, elle aggrava son cas en lui posant une question qui le fit bondir. Elle essaya de se justifier mais ils n'étaient visiblement pas du même avis:

    - Mais si, dit-il, il y a sur le Net un tas de gens qui veulent avant tout de l'argent! Ce sont ceux qui te demandent dès le premier contact combien tu gagnes.

    ***

    A la table d'à côté, Adrienne finissait sa tajine de kefta de poisson. Il était l'heure d'aller voir Cendrillon à la Monnaie. Elle se demanda ce que ferait Carine ce soir-là, quand sonnerait minuit, et si le prince l'inviterait une deuxième fois...

  • Question existentielle d'hypermnésique

    Pour ceux qui ont l'envie d'écrire, les occasions sur le Net ne manquent pas. Comme je suis toujours à la recherche d'idées intéressantes, j'avais tout de suite été attirée par l'annonce suivante vue sur le site News Book le 19 octobre dernier: du 3 au 17 novembre : exercice d’écriture d’une dizaine de lignes sur le thème « Quelle est votre madeleine de Proust ? » http://newsbook.fr/concours-proust/

    J'ai pris bonne note de l'événement et j'ai immédiatement commencé à y réfléchir. Une dizaine de lignes, ce n'était vraiment pas la mer à boire, je trouverais bien le temps, pensais-je, de jeter quelque chose sur le papier (virtuel).

    Finalement, je n'ai rien écrit du tout: je n'ai pas réussi à mettre le doigt sur ce qui était - pour moi - le déclencheur de la mémoire, pour la simple raison qu'il n'y en a pas un, mais une multiplicité apparemment infinie.

    Jusqu'à présent, chaque consigne d'écriture, que ce soit au Défi du samedi ou ailleurs, a été prétexte à dévider de l'autobiographique. Et ça m'embête, de ne pas pouvoir sortir de là. Pourtant, j'ai tout essayé: mais même en pastichant Voyelles de Rimbaud, je parle encore de ma grand-mère Adrienne.

    Peut-être devrais-je consulter Langue tirée

    Cet été, dans un vain espoir de guérison, j'ai participé à un stage d'écriture fictionnelle. Je ne vous dis pas le mal que j'ai eu, vous avez pu lire mes écrits ici, signés du mot "fiction". En fait, c'est de la fiction "fabriquée" avec une mosaïque de souvenirs, car ce sont les seules idées qui me viennent. Quand je m'en suis confessée à notre meneur de jeu il m'a absoute en me disant: "Ça ne fait rien, toi seule sais que c'est autobiographique, le lecteur ne le sait pas."

    Ça ne m'a pas vraiment convaincue... Incertain

    Alors en novembre, je me suis acheté le livre d'Eva Kavian, Ecrire et faire écrire. Manuel pratique d'écriture. (éd. De Boeck Duculot, 2010). En le feuilletant, je tombe sur le mot "burette", que je n'avais plus utilisé depuis 1987. Si vous ne connaissez pas la suite, je suppose que vous la devinez... http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2011/11/25/u-comme-universelle-panacee.html

    Finalement, mercredi dernier, dans une ultime tentative d'échapper à ma fatalité Rigolant, je me suis inscrite sur un nouveau site d'écriture. Vu qu'à chaque consigne il faut se projeter dans un autre temps et un autre lieu, j'espère bien cette fois arriver à écrire de la fiction...

    ***

    Et vous, quelle est votre madeleine de Proust?

     

  • Stupeurs et tremblements en statistiques

    Vous en aviez sûrement déjà l'intuition mais des statistiques britanniques le confirment: l'internet, les nouveaux médias, les sites sociaux ne servent pas qu'à retrouver des copains d'avant.

    Voyez plutôt:

    Credit Sesame, a personal finance tool and website, conducted a survey of 50 ex-burglars in the UK. Nearly 80% of them said they had used Facebook, Twitter and Foursquare to target which properties to rob. Another 73% said they used Google Street View to scope out neighborhoods ahead of time.

    http://mashable.com/2011/11/01/social-theivery-infographic/

    L'enquête est ici: http://www.crimestoppers-uk.org/media-centre/news-releases/2011/4-out-of-5-ex-burglars-believe-thieves-are-targeting-your-home-using-social-media-522425

    Il serait intéressant de savoir si les cambrioleurs qui sont passés par mon village avaient vérifié l'état des lieux avec Google street view, tranquillement installés derrière leur ordinateur, sans plus à avoir de rondes à effectuer et avoir à risquer de se faire repérer pendant les repérages, et s'ils avaient choisi précisément cette-nuit-là où les habitants avaient indiqué sur fb qu'ils participeraient à une soirée ou seraient partis pour le week-end à la mer...

    On n'arrête pas le progrès, aurait dit mon père Langue tirée

  • R comme réponse

    Les "tag", ça connaît des saisons, me semble-t-il, comme les noix. En tout cas il en est tombé pas mal ces dernières semaines.
     
    D'abord celui du portrait chinois. Il me vient d'Elisabeth
     
    Un écrivain : Albert Camus. Non, Jorge Semprun. Attendez, Georges Perec, aussi!
    Un aliment : le pain aux noix (pour déguster le saint-marcellin coulant avec Elisabeth)
    Un supplice : devoir choisir une seule réponse alors qu'il y a tellement d'autres choses que je voudrais nommer
    Un animal : éléphant, chien, chat, coccinelle, mésange, je les aime (presque) tous, même les vers de terre (très utiles, les vers de terre, et tellement pathétiques quand je les vois égarés sur le tarmac, que je les prends délicatement entre deux doigts pour les reposer dans l'herbe)      
    Une couleur : bleu parme (c'est la couleur que j'aurais voulue pour ma chambre à coucher quand j'avais 14 ans mais ma mère me l'a interdit, elle a choisi un papier peint roccoco. C'est peut-être pour ça que depuis que j'ai des murs à moi - enfin, à moitié à moi - je les laisse tout blancs)
    Une pièce (d'un château, d'une maison, d'un immeuble...) : la bibliothèque? mais avec une piscine à côté
    Une profession : prof (je ne sais rien faire d'autre Langue tirée)
    Un objet : mon ordinateur
    Une chanson : il faut vraiment choisir entre Brel et Brassens? (oui je sais je date terriblement)
    Un défaut : têtue et paresseuse (une paresseuse très contrariée dans son vice mais on va voir ce qu'on va voir le jour où elle prendra sa retraite hahaha elle va s'en payer une tranche, sur son lit de mort!)
     
    ***
     
    Ensuite il y a eu le tag de Berthoise

    Quel est mon plus gros défaut...

    ben comme j'ai dit ci-dessus: je procrastine beaucoup trop ce que je n'aime pas faire - procrastiner est un mot qui sert à enjoliver la paresse -  et au cas où ce ne serait pas un défaut assez grave: je suis têtue, il faut de solides arguments pour me faire changer d'avis

     
    Ce que je pense d'une personne ayant mes traits de caractère...

    LOL je n'en ai encore jamais rencontré! je le jure!
    Mais j'exhorte mes élèves à ne pas procrastiner Clin d'œil


    Si j'ai déjà vécu un amour interdit...
     

    Non je suis quelqu'un de très rangé (ce n'est pas ce qu'on croirait en voyant mon bureau, je sais) mais j'ai une imagination débordante, depuis toute petite je me raconte des histoires qui sont de véritables romans et je me fais des films dans ma tête


    Ce que je vois dans mon avenir...


    Rien. Je n'ai pas la moindre idée du lieu où je vivrai dans un, deux ou cinq ans, ni du nombre d'années de travail qui me restent à faire, ni des moyens dont je disposerai pour occuper mon temps après que j'aurai pris ma retraite. Je ne sais pas quels livres je pourrai encore lire, quels pays je visiterai, de quel reste de santé je jouirai encore à ce moment-là ... je ne sais rien.
    Je verrai bien! Carpe diem Cool


    A quelle occasion j'ai eu mon dernier fou rire...

    Au moment où j'écris ce billet, mes derniers fous rires du jour sont d'origine "scolaire".

    Le matin, il y a d'abord eu ce collègue d'électricité, un vieux monsieur à moustaches, qui a mimé comment réagit un de ses gars de professionnelle quand il lui demande de remettre un devoir: plongée dans le cartable, recherche fiévreuse, papiers en pagaille... alors que l'élève, le prof et les copains savent tous que c'est un cinéma dont personne n'est dupe: le gars (appelons-le Kevin) "oublie" toujours ses devoirs. Finalement le prof dit: "ça va Kevin, tu peux t'arrêter de chercher, tu me le donneras demain"

    A la pause, une prof qui a travaillé dix ans dans le privé a raconté qu'un jour tout le bureau a vu tomber un slip par la jambe du pantalon de leur chef. Le matin en enfilant son pantalon il n'avait pas remarqué que son slip sale de la veille se trouvait encore à l'intérieur du vêtement... "Il y a comme un truc qui me gêne, là, à hauteur du genou..." disait-il précisément en se levant de sa chaise...

    A midi, la collègue de musique a fait tomber un petit pois dans son décolleté. Elle l'a cherché quelques secondes puis a déclaré: "Oh ça ne fait rien, il finira bien par ressortir"... et on a beaucoup ri en repensant à l'histoire du slip Langue tirée


  • Question existentielle posée par Céline

    Chère Céline

    Généralement, je ne me souviens pas où, quand ni comment j'ai fait la connaissance de mes blogamis, mais pour toi il me semble bien que c'était chez Martin Winckler, que tu avais écrit quelque chose, que j'étais allée sur ton blog et que j'y avais laissé un commentaire.

    Tu me corrigeras si je me trompe Sourire

    Tu remarqueras au passage que je me permets de te tutoyer et je te prierai de faire de même: depuis que je visite des blogs, il me semble que c'est de mise partout. Je profiterai d'ailleurs de cette occasion pour proposer le tutoiement à Walrus aussi, qu'en pensez-vous, cher ami?

    Sur ton blog, tu m'as posé la question suivante (c'est moi qui souligne):

    Ce blog est pour moi un mystère. S'installer tous les matins devant son écran, envoyer un message sur l'humeur du jour, il faut une bonne dose de ténacité ! Alors quel est le moteur ?
    J'ai pensé à un pari entre copains (si je tiens, je gagne mon poids en chocolat noir 70 %). J'ai aussi imaginé une oeuvre caritative (l'argent récolté par le blog envoyé aux enfants congolais belges). Bien sûr, il y a le merveilleux du blog, qui ouvre vers tout le monde, et personne en particulier (quoique, certains lecteurs semblent être très proches). Enfin, l'addiction, contre laquelle vous me mettiez en garde lors de notre premier échange ...
    Alors ? http://jutiere.blogspot.com/2011/11/entretien-avec-adrienne.html

    Quel est le moteur?

    Et bien franchement, je me le demande aussi Langue tirée

    Je t'ai envoyé le lien vers ma réponse à Coumarine qui faisait une enquête sur les blogs en préparation d'un livre qu'elle a publié depuis. Chacun peut la lire ici http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2010/07/04/c-comme-coumarine.html

    Tu auras vu que j'y insiste sur l'anonymat que j'ai toujours recherché, donc tu as déjà pu barrer la première des possibilités: pas de pari entre copains, ce qui est bien dommage d'ailleurs parce que je ne refuserais pas de gagner mon poids en chocolat noir. Des pralines de chez Neuhaus, de préférence, l'occasion m'a été donnée dernièrement d'y goûter et je referais l'expérience avec joie Bisou

    Donc si certains lecteurs te semblent proches, c'est à force de venir ici... il n'y a que deux amies de longue date qui ont reçu les coordonnées et si elles les ont reçues, c'est parce qu'elles habitent très loin (bise à vous deux Bisou). Comme je le disais aussi à Coumarine, j'ai déjà souvent eu envie de rencontrer des blogamis mais je n'en ai encore rencontré que deux.

    Ta deuxième idée me plairait bien aussi mais malheureusement je ne sais pas comment faire pour gagner de l'argent en tenant un blog...

    Alors quel est le moteur?

    Je crois qu'il y en a plus d'un... mais nous continuerons cet entretien demain, si tu veux bien, parce qu'il me semble que ce billet devient fort long!

    Amicalement

    Adrienne