mozart

  • T comme Tarataboum Tsoin Tsoin

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    Les fromages belges? Des fromages belges

    Je ne sais pas combien de producteurs de fromages belges ont participé au concours World Cheese 2017, je sais juste que la Belgique y a remporté 22 médailles. Tarataboum tsoin tsoin. 

    La France et les Pays-Bas 18 médailles. La Suisse 55. L'Italie 109. 

    Et comme dans l'air du catalogue de Don Giovanni, les Espagnols sont gagnants tongue-out 

     

  • G comme garofani

    emile-claus.png

    Il faut pourtant achever cette lettre, me dis-je en voyant arriver le jardinier.

    Il avait enlevé ses sabots sur la terrasse et tenait un pot de fleurs à la main. En contre-jour, son grand tablier bleu semblait transparent. Avec son air furibond et son pot sous le bras, il me faisait penser au personnage d'Antonio, le jardinier du comte Almaviva, qui vient apporter la preuve de la fuite de Chérubin: I garofani! Sauf qu'ici, il ne s'agissait pas d'oeillets, mais de bégonias.

    Une mince ligne de lumière filtrait entre les tentures entrouvertes et je rêvassais, jouant avec un long coupe-papier, au lieu de continuer ma lettre qui aurait dû être un chef-d'oeuvre de demi-vérités et de sous-entendus. Allons, considérons l'intrusion de notre jardinier comme une évasion bienvenue.

    Il n'avait pas son chapeau et avait frotté la terre de ses mains à son tablier. Ses cheveux avaient besoin d'une coupe, ils lui cachaient les oreilles. Ce n'est que quand il est entré dans la maison que j'ai vu son regard, trouble, comme sauvage, plein d'une colère ou d'une rancoeur que je ne lui avais jamais vue auparavant.

    ***

    tableau d'Emile Claus, Le vieux jardinier (1886)

  • U comme un, deux, trois gagnants

    Voilà plus de dix ans que notre radio classique flamande, Klara, s'adonne chaque année au petit jeu du "top 100" des oeuvres musicales "classiques" préférées de son auditoire, qui est prié de voter. 

    Pendant de nombreuses années, Bach a été le numero uno absolu et indétrônable, soutenu par des chorales et chefs de chœur qui incitaient leurs membres à voter en masse pour leur idole. 

    Il semblerait que depuis l'année dernière, leurs efforts soient vains - ou ralentis: en 2016 comme en 2015, c'est le Stabat Mater (1) de Pergolesi qui sort gagnant. Le voici dans une version que j'ai choisie pour trois raisons: c'est une femme qui est chef, l'alto est remplacée par un contre-ténor et enfin, c'est enregistré dans le fief de Berthoise, qui sait si elle n'est pas dans le public kiss...

    En numéro deux, ceci (no comment)

    Et en numéro trois, un chouchou du public international pour des raisons que j'ignore, Carl Orff et ses Carmina Burana. Son passé en général et cette musique-là en particulier, ont pour moi des relents trop troubles pour que je veuille l'écouter. 

    *** 

    Moi chaque année je vote pour l'ami Mozart 

    cool 

    Quatre de ses oeuvres sont au palmarès, le Lacrimosa de son Requiem, l'adagio du concerto pour clarinette, le grand air de la Reine de la nuit et l'air de Cherubino, Voi che sapete... 

     

    avec une toute jeune et excellentissime Frederica von Stade...  
    l'air commence après environ une minute 

    *** 

    (1) et non pas, comme le croit un commentateur américain, sans doute plus amateur de l'arme blanche que du latin, le "stabbed matter" tongue-out

  • V comme voix

    Quand j'ai perdu mon arrière-grand-père, mon grand-père, ma grand-mère, mon père, la première chose que j'ai perdue d'eux, c'est le son de leur voix. 

    Bien sûr, pour les visages il y a les photos: elles ravivent le souvenir, c'est certain. Aurais-je une vision si nette de ma grand-mère si je n'avais pas les photos pour me la rappeler? C'est possible. 

    De même, je me souviens très bien de leur écriture, à tous. Pourtant, pour deux d'entre eux je ne dispose d'aucun document écrit de leur main. Ma mémoire sera donc plus visuelle qu'auditive. 

    Avoir perdu le souvenir de leur voix est une chose que je regrette énormément. 

    Aussi, l'extrait ci-dessous me "parle" fort: 

    Il fut un temps où je conservais certains messages de mon grand-père, qui m’appelait de Tokyo, sur le répondeur de mon téléphone fixe parisien. La capacité d’enregistrement étant limitée, je faisais régulièrement le tri pour ne conserver que les messages les plus précieux. Les messages téléphoniques sont on ne peut plus privés, parce qu’ils portent une adresse personnelle, et que le nom de l’émetteur et du destinataire sont souvent prononcés. Je conservais ces messages, et sa voix qui m’interpellait. Mais lorsque, après son départ définitif, j’ai voulu réécouter ses messages comme un ultime recours, tous avaient disparu. J’avais dû les effacer à un moment, en pensant que… en pensant quoi ? 

    Ryoko Sekiguchi, La voix sombre, POL, 2015 

    souvenir,père

    Bizarrement, je me souviens mieux de la voix de José van Dam,
    qui ne chante pourtant plus depuis 2010 tongue-out 

    (rien à voir avec cette photo prise à Ostende en décembre 2015) 

     l'opéra entier ici avec Lucia Popp, Frederica von Stade, Gundula Janowitz... et notre José national sous la direction de Georg Solti en 1980.

  • 20 questions loufoques (2)

    11. Quels mots trouver pour faire l'éloge de la paresse ? 

    Rien ne sert de courir, il faut dormir à point. 

    12. Citez le dernier livre que vous avez lu et le dernier film que vous avez vu, en mêlant les mots de façon à produire deux titres originaux. 

     J'ai la mémoire qui flanche... 

    13. La question 13 vous fait-elle peur ? Pourquoi ? Imaginez une question qui flanque la trouille. 

    Je ne suis pas superstitieuse, je marche sous les échelles et j'aime tous les chats - même noirs - et toutes les araignées - même du matin tongue-out 

    Question qui me flanque régulièrement la trouille: Quoi! on est dimanche midi et le frigo est vide???

    14. De quelle couleur devrait être la prochaine déclaration d'impôt ? 

    Limpide... 

    15. Racontez-moi une loufoquerie que vous auriez aimé faire si vous aviez osé. 

    Aller à l'école avec sur la tête le chapeau boule de mon arrière-grand-père... un jour, j'oserai, je le sens tongue-out 

    16. Quelle musique entendez-vous en ce moment ? (ou aimeriez-vous entendre) 

    Mozart, sonate n°11 en fa majeur, KV 331 

    17. Citez un homme dont le prénom est Alain et une femme dont le prénom est Danielle. 

    Cousin Alain: "à trois ans, on voit déjà à la façon dont l'enfant tient une raquette de tennis s'il sera bon ou pas"
    Danielle la femme de Jacques: "mon fils n'a que huit ans et il est déjà en CM2"
    (malheureusement pour Danielle, l'Adrienne ne savait que très vaguement à quel âge un enfant se retrouve normalement en CM2) 

    18. Monsieur et madame "ça m'gratte quand je dors à cause des couvertures" ont une fille ? Quel est son prénom? 

    Ils ont hésité entre Moltonelle et Flanelle mais se sont finalement décidés pour Couette 

    19. Trouvez-vous que ce questionnaire est trop long ? Quelle question avez-vous préférée ? 

    Joker! je devrais aller voir les 10 premières pour faire un bon choix  

    20. Fermez les yeux et tapez 10 lettres sur votre clavier. Qu'est-ce que ça donne ? 

    cccclf, ,vd  (et encore, je manquais d'inspiration!) 

    ***

    Ce questionnaire est la suite du billet du 20 octobre et est l'oeuvre d'Obni 
    http://www.obni.net/questionnaire/questionnaire 

    jeu,vive internet,musique,mozart

    je préfère garder les yeux ouverts pour voir les incroyables couleurs du ciel 

    cool 

    et les anciennes cheminées d'usine!

  • Question existentielle

    Une des choses indispensables dans le métier de prof, c'est de se retrouver le plus souvent possible dans le rôle de l'élève. 

    Ainsi, le cours de solfège me confronte sans cesse à la question numéro 1 de l'élève: "Mais à quoi ça sert de savoir ça?" 

    "Pourquoi on doit apprendre ça par cœur?

    l'ordre est si-mi-la-re-sol-do-fa pour les gammes en bémol majeur et le nom de la gamme est celui de l'avant-dernier bémol 

    l'ordre est fa-do-sol-re-la-mi-si pour les gammes en tierce majeure et le nom de la gamme est celui de la note qui suit la dernière tierce 

    Ou quelque chose comme ça... 

     

    si-mi-la.png

    source wikipedia 

    - Pfff!!! soupire l'Adrienne, dimanche midi au téléphone avec sa carissima nipotina, faut encore que j'apprenne mon solfège pour demain... On doit savoir déterminer la tonalité d'un morceau de musique... On doit connaître tout ça par cœur! 

    - Oh! fait-elle, moi j'ai déjà oublié tout ça depuis longtemps! 

    Devrais-je en conclure que ça ne sert à rien, finalement? Ma carissima joue du piano comme une pro... 

    Mozart, Divertimento KV 138, en fa majeur

  • I comme Ivo

    Ivo Pogorelich joue Mozart 

    Sonate pour piano n°11 en fa majeur, KV 331 

    Morceau choisi pour illustrer le thème de la semaine 41 chez le Hibou 

    légèreté 

    jeu,hibou,musique,mozart,photo

    légèreté des graminées et de la lumière automnale 

    jeu,hibou,musique,mozart,photo

    légèreté de la promenade et des nuages 
    légèreté au cœur pour l'amie sur la photo
    qui ces dernières semaines 
    a subi de derniers tests 
    et termine sa cure de chimio 

  • F comme figaro

    Pour ceux qui aiment lire un petit compte-rendu 
    de la visite chez les successeurs du coiffeur-philosophe 
    il faudra revenir en fin de journée 
    quand l'Adrienne se sera fait couper les cheveux

    smile 

    extrait du Mariage de Figaro 

    sous la direction de René Jacobs

    Figaro: Se a caso Madama la notte ti chiama, din! din! in due passi da quella puoi gir.
    Vien poi l’occasione che vuolmi il padrone, don! don! in tre salti lo vado a servir...

    Susanna: Così se il mattino il caro Contino, din! din! e ti manda tre miglia lontan,
    don! don! a mia porta il diavol lo porta, ed ecco in tre salti … 

     Se vuol ballare, signor Contino, il chitarrino Le suonerò.
    Se vuol venire nella mia scuola, la capriola Le insegnerò.
    Saprò... Ma, piano: Meglio ogni arcano, dissimulando, scoprir potrò.

  • O comme observez!

    C'était il y a bien longtemps, l'Adrienne suivait sa première année de cours d'italien.

    - Quelqu'un sait comment on dit "moustache" en italien? demande la prof.

    L'Adrienne lève la main, toute contente:

    - Mustacchi (1)! fait-elle.

    La prof lève un sourcil étonné:

    - Ah non, dit-elle, non non! Tu confonds avec le mot français...

    - C'est dans Mozart! riposte l'Adrienne. C'est dans "Così fan tutte"!

    - C'est possible, dit la prof un peu sèchement, mais en italien, moustache se dit "baffi".

    Non siate ritrosi, occhietti vezzosi,
    Due lampi amorosi vibrate un po quà.
    Felici rendeteci, amate con noi,
    E noi felicissime faremo anche voi.
    Guardate, toccate, il tutto osservate;
    Siam due cari matti,
    siam forti e ben fatti, 
    E come ognun vede,
    sia merto, sia caso,
    Abbiamo bel piede,
    bell'occhio, bel naso,
    Guardate bel piede, osservate bell'occhio,
    Toccate bel naso, il tutto osservate:
    E questi mustacchi chiamare si possono
    Trionfi degli uomini, pennacchi d'amor,
    Trionfi, pennacchi, mustacchi!

    (1) se prononce comme Moustaki, sauf pour l'accent tonique, évidemment  wink 

    ***

    semaine 20 chez Le Hibou

    thème: moustache

  • M comme musique

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    Bon, ça y est! 

    L'Adrienne sait enfin jouer Au clair de la lune... 

    OK, pas encore sans partition: 

    ce n'est pas demain qu'elle jouera Allegri par cœur  

    après l'avoir entendu juste une fois 

    comme l'ami Mozart.

    Si vous écoutez deux minutes, vous entendrez la soprano 

    cool 

    et si un jour l'Adrienne joue Mozart 

    vous serez les premiers avertis 

    bien sûr!

    tongue-out

  • J comme Jubilate!

    003 - kopie (2).JPG

    Gelukzak

    signifie veinard, veinarde.

    Il se compose du mot geluk

    - qui veut dire bonheur -

    et de zak

    qui désigne le sac.

    ***

    C'est celui que l'Adrienne utilise quotidiennement, 

    ce qui fait dire à sa mère:

    - Mais tu n'as vraiment rien de plus beau comme sac!?

    ***

    Si, bien sûr, l'Adrienne a de jolis sacs en cuir.

    Mais celui-ci est tellement plus... jubilatoire!

    ***

    pour le projet 52 de Ma' - thème: sac

     http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

     quel bonheur de vivre sur ce coin-ci de notre terre

  • M comme Mozart

    parce que Mozart console de tout

    et que c'est tout simplement beau

    ***

    Pour ceux qui auraient le temps de l'écouter en entier

  • M comme Monnaie et Mozart

    Ce soir j'oublie mes corrections pendant trois heures trente.

    Je serai à la Monnaie pour voir Così fan tutte.

    Quel bonheur Langue tirée

    http://www.lamonnaie.be/fr/mymm/related/event/251/media/1754/Michael%20Haneke%20sur%20Cosi%20fan%20tutte/

    Bon week-end à tous!

  • B comme Bis repetita placent

     A night at the Opera (bis)

    - Voilà, dit Stokkie, c’est ici. Je vais vous donner vos billets. On se retrouve dehors, devant l’entrée, après le spectacle.

    Alors nous sommes entrées. Une à une. La salle de concert était plutôt impressionnante : c’était grand, immensément grand, et très moderne. Ici et là, des gens étaient déjà installés, tout endimanchés, les dames permanentées et couvertes de bijoux.

    - Dis donc, tu as vu ? fait Lutgart en m’enfonçant son coude dans les côtes. Il aurait tout de même pu nous prévenir, Stokkie ! De quoi on a l’air avec notre jean et notre T-shirt ?

    C’était la fin des années 70. Nous avions 17 ans et rêvions d’un monde juste. Peace and love, jeans qui s’effilochent, cheveux en bataille, ponchos péruviens et gros sacs de toile. A l’opéra de Berlin.

    - Ouais, rigole Isabella, je te parie qu’elle a un sac en croco, la mémé là-bas.

    Nous étions à cet âge impitoyable où tout fait rire, même et surtout les regards de plus en plus courroucés qui se tournaient vers nous pour nous intimer à plus de retenue.

    Notre groupe avait été dispersé aux quatre coins de l’immense salle, au hasard de la distribution des billets, séparant les inséparables.

    - Regarde, s’exclame Lutgart, Katrien est là-bas !
    - Ohé ! Katrien ! Tu nous vois ? On est ici !

    On se levait, on se faisait de grands saluts, on essayait de crier en chuchotant,  on poussait de petits cris joyeux chaque fois qu’on repérait une copine. Mais on avait fini par y renoncer : le lieu et le public ne semblaient pas se prêter à la rigolade et aux scènes de paquebot en partance pour la traversée de l’Atlantique.

    En bas, dans une sorte de trou, des musiciens en tenue de soirée étaient venus prendre place et de plus en plus de sons discordants envahissaient l’espace. Puis les violons ont joué une petite phrase un peu plus musicale et tout s’est tu. Un monsieur à cheveux blancs et queue-de-pie s’est faufilé entre les pupitres et la foule a applaudi à ses saluts. Il a levé une baguette et dès qu’il l’a agitée, la lumière s’est éteinte et la musique a empli l’espace pour quelques minutes... à l’issue desquelles, à notre grand étonnement, nous étions les seules à applaudir.

    Enfin, le rideau s’est levé. Sur la scène, un homme chantait alors qu’il était poursuivi par une sorte de dragon de carnaval : « Zu Hilfe ! Zu Hilfe ! ». J’ai essayé de suivre l’histoire.

    Le chanteur a fini par s’écrouler par terre, alors que le monstre de carton pâte ne l’avait même pas touché. Puis sont arrivées trois fortes dames armées de lances avec lesquelles elles faisaient mine de frapper le dragon : il s’est immobilisé, la gueule ouverte et la langue pendante. Les dames semblaient se disputer âprement – au lieu de porter secours au malheureux que leurs cris ne réveillaient pas – puis ont disparu aussi vite qu’elles étaient venues… pour laisser la place à un autre personnage carnavalesque déguisé en gros oiseau…

    Mais à partir de là, je n’ai plus rien compris à l’histoire : cette dame scintillante qui vocalisait si merveilleusement, était-elle bonne ou méchante ? Et cette sorte de druide sans faucille, de quel côté était-il ? Pourquoi y avait-il tout à coup trois portes sur la scène ? Qui donc criait « Zurück ! » ? Que faisait là cette malheureuse jeune fille ? Pourquoi son père la laissait-il aux mains de cette brute qui voulait la violer ?

    Quand nous nous sommes retrouvées dehors après le spectacle, nous étions toutes d’accord : le Jesus Christ Superstar qu’on avait vu l’année d’avant à Londres, c’était tout de même largement supérieur à ÇA !

    ÇA ! dont on ne savait même pas comment ça s’appelait ni qui en avait composé la musique.

    ***

    Et pourtant… qui eut cru qu’à peine cinq ans plus tard j’en connaîtrais par cœur plusieurs arias et chanterais avec jubilation :

    Ein Mädchen oder Weibchen
    wünscht Papageno sich !
    O so ein sanftes Täubchen
    wär’ Seligkeit für mich!

    ***

    A la demande des dames de Lu si..., j'ai retravaillé ma première version pour la rendre plus "personnelle" mais je ne sais pas ce que vous en pensez, je préfère toujours la première, que vous trouverez ici: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/07/01/premiere-fois-a-l-opera.html

    J'ai fini par écrire cinq versions de ce texte, travail des plus frustrants, surtout si on ne comprend pas le pourquoi de certaines remarques...

    Finalement, aucune version n'a été retenue.

    Mais rassurez-vous, si "bis repetita placent" vous savez aussi que "ter non licet": je m'en tiendrai donc à ces deux versions et vous épargne les autres Langue tirée

    Mais vous, laquelle trouvez-vous meilleure?

    ***

    Si vous voulez voir une Reine de la Nuit déguisée en éponge, c'est à 26'46": http://www.youtube.com/watch?v=JHMFAjSSIPQ&feature=related

     

  • Première fois à l'opéra

     A night at the Opera!

    Quand elle avait pénétré dans cette salle de concert avec ses compagnes de classe, elles avaient tout de même été un peu impressionnées. C’était grand, immensément grand, et très moderne. Ici et là, des gens étaient déjà installés, tout endimanchés, les dames permanentées et couvertes de bijoux.

    Les gamines en voulaient un peu au prof qui organisait ce voyage scolaire : pourquoi ne les avait-il pas prévenues ? Avec leur T-shirt extra large et leur jean râpé, leur gros pull et leur sac de toile, elles se faisaient remarquer autant que par leurs chuchotis et leurs rires. Des regards de plus en plus courroucés se tournaient vers elles, les intimant à plus de retenue.

    Le groupe avait été dispersé aux quatre coins de l’immense salle. Alors elles se levaient et se faisaient de grands saluts en poussant de petits cris joyeux chaque fois qu’elles repéraient des copines. Elles avaient rapidement dû y renoncer : le lieu et le public ne semblaient pas se prêter à la rigolade et aux effusions.

    En bas, dans une sorte de trou, des musiciens en tenue de soirée étaient venus prendre place et de plus en plus de sons discordants envahissaient l’espace. Puis les violons se sont mis à jouer une petite phrase un peu plus musicale et tout s'est tu. Un monsieur à cheveux blancs et queue-de-pie a pris place devant eux et la foule a applaudi à ses saluts. Il a levé une baguette et dès qu’il l’a agitée, la lumière s’est éteinte et la musique a empli l’espace pour quelques minutes... à l’issue desquelles, à leur grand étonnement, elles étaient les seules à applaudir.

    Enfin, le rideau s'est levé. Sur la scène, un homme chantait alors qu’il était poursuivi par une sorte de dragon de carnaval : « Zu Hilfe ! Zu Hilfe ! ». Elle a essayé de suivre l’histoire.

    Le chanteur a fini par s’écrouler par terre, alors que le monstre de carton pâte ne l’avait même pas touché. Puis sont arrivées trois fortes dames armées de lances dont elles faisaient semblant de frapper le dragon : il s’est immobilisé, la gueule ouverte et la langue pendante. Les dames semblaient se disputer âprement – au lieu de porter secours au malheureux que leurs cris ne réveillaient pas – puis ont disparu aussi vite qu’elles étaient venues. Est arrivé alors un autre personnage carnavalesque déguisé en gros oiseau…

    Mais à partir de là, elle n'a plus rien compris à l’histoire : cette dame scintillante qui vocalisait si merveilleusement, était-elle bonne ou méchante ? Et cette sorte de druide sans faucille, de quel côté était-il ? Pourquoi y avait-il tout à coup trois portes sur la scène ? Qui donc criait « Zurück ! » ? Que faisait là cette malheureuse jeune fille ? Pourquoi son père la laissait-il aux mains de cette brute qui voulait la violer ?

    Quand elles se sont retrouvées dehors après le spectacle, elles étaient toutes d’accord : le Jesus Christ Superstar qu’elles avaient vu l’année d’avant à Londres, c’était tout de même largement supérieur à ÇA !

    Ça, dont elles ne savaient même pas comment ça s’appelait ni qui en avait composé la musique.

    ***

    Et pourtant… qui eut cru qu’à peine cinq ans plus tard elle en connaîtrait par cœur plusieurs arias et chanterait avec jubilation :

    Ein Mädchen oder Weibchen
    wünscht Papageno sich !
    O so ein sanftes Täubchen
    wär’ Seligkeit für mich!

    ***

    on peut voir et écouter cet air de Papageno ici: http://www.youtube.com/watch?v=ElZcW4olcyA

    ceux qui désirent faire l'expérience totale peuvent aller voir et écouter ici, c'est sous la direction de Riccardo Muti à Salzboug:http://www.youtube.com/watch?v=JHMFAjSSIPQ&feature=related (le monstre de carton pâte apparaît à 07'30" et les trois dames ) Salzbourg oblige! - sont déguisées en Tyroliennes Langue tirée)

    texte non retenu écrit pour Lu si... n°3

  • M comme Mozart

    Quitter la maison vers les sept heures du matin avec la tête pleine des soucis qui vous attendent à l'école. Avoir mal dormi, trop peu surtout, et un mal de tête qui vous empêche de voir clair.

    Pourtant, la campagne est si belle, au lever du jour...

    Mais dès le premier tournant, une musique s'élève, divine - n'ayons pas peur des mots Cool - et ces merveilleux sons qui sortent de votre autoradio vous réconcilient avec le monde, la vie, le travail et ses soucis.

    Votre tête fait déjà moins mal, vous redressez le dos, vous souriez.

    Voilà bien longtemps que vous vous dites que vous étiez la toute première à avoir eu l'idée d'écrire Ma vie avec Mozart, mais que malheureusement, un certain Eric-Emmanuel l'a concrétisée avant vous Langue tirée

    ***

    Ce matin-là, mon ami Mozart, par le biais de radio Klara, m'envoyait son message de douceur, d'harmonie et de beauté. Il s'agissait de sa Gran Partita (KV 361) que vous pouvez entendre ici dans une excellente version de Frans Brüggen: http://www.youtube.com/watch?v=RrLplgSCkO0

  • T comme Test de la page 99

    Je sais, j'ai dit le mois passé que je trouvais ça tout à fait arbitraire (ah bon? j'ai dit idiot? OK) et pourtant je fais une deuxième tentative.

    T comme Tandem de Tentative de Test Clin d'œil

    Je voudrais te rejoindre dans l'idéal d'un art simple, accessible, qui charme d'abord, bouleverse ensuite. Comme toi, je crois que la science, le métier, l'érudition, la virtuosité technique doivent disparaître sous l'apparence d'un naturel aimable. Il nous faut plaire avant tout, mais plaire sans complaire, en fuyant les recettes éprouvées, en refusant de flatter les émotions convenues, en élevant, pas en abaissant. Plaire, c'est-à-dire intéresser, intriguer, soutenir l'attention, donner du plaisir, procurer des émotions, du rire aux larmes en passant par les frissons, emmener loin, ailleurs...

    Je vous le demande: croyez-vous que la page 99 soit plus concluante que l'incipit, s'il s'agit de vous donner une idée si le livre est dans vos cordes et si vous avez envie de le lire?

    Voici l'incipit:

    C'est lui qui a commencé notre correspondance.

    Un jour, pendant l'année de mes quinze ans, il m'a envoyé une musique. Elle a modifié ma vie. Sans elle, je serais mort.

    Depuis, je lui écris souvent, petits mots griffonnés au coin d'une table pendant l'élaboration d'un livre, ou longues missives rédigées la nuit lorsqu'un ciel dépourvu d'étoiles pèse au-dessus de la ville orangée.

    Quand ça lui chante, il me répond, lors d'un concert, dans le hall d'un aéroport, au coin d'une rue, toujours surprenant, toujours fulgurant.

    Eric-Emmanuel Schmitt, Ma vie avec Mozart, Albin Michel 2005

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  • O comme opéra

    Quand je dis que j'ai appris l'italien grâce à l'opéra, je fais généralement sourire les gens. Ils croient à un trait d'humour.

    Pourtant, c'est vrai.

    C'est souvent grâce à l'opéra que je trouve le mot exact sans devoir le chercher.

    J'étais à Pesaro, via Rossini, où la vue d'une jolie robe rouge en solde m'a décidée à entrer dans un magasin. Elle était juste à ma taille mais il y avait des épingles dans l'ourlet. Grâce à Barberina, dans les Noces de Figaro, j'ai pu tout de suite sortir le mot 'spilla' à la vendeuse Clin d'œil

    http://www.youtube.com/watch?v=pYHwyGDyXxg&feature=related

    Parfois cependant l'opéra peut m'induire en erreur. Comme le jour où j'ai utilisé le mot 'mustacchi', appris dans Cosi fan tutte. Mais aujourd'hui on dit 'baffi' Rigolant

    http://www.youtube.com/watch?v=Pr2LBjN7K10

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  • E comme expert

    Quand Mozart a composé la musique de l'opéra La finta giardiniera, il n'a que 18 ans. Pourtant, c'est une oeuvre vraie et profonde, bien au-delà de tout ce qui se faisait à l'époque, que ce soit dans le domaine de l'opera seria ou de l'opera buffa.

    "On ne peut pas, dit Benoît Jacquemin dans son introduction à la représentation donnée à la Monnaie, parler d'oeuvre de jeunesse: d'accord, Mozart n'a que 18 ans, mais c'est déjà son 10e opéra."

    Un peu plus tard, il ajoutera encore ce deuxième argument:

    "Pour quelqu'un qui a commencé à composer à l'âge de 6 ans, on ne peut pas qualifier d'oeuvre de jeunesse ce qu'il a écrit à 18!"

    ***

    Moi, me dis-je, le dos bien calé dans le fauteuil de velours rouge, à six ans, je savais juste écrire "confiture de fraises De Betuwe".

    A condition d'avoir le pot sous les yeux, sur la table du goûter chez mes grands-parents.

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    Un petit aperçu de cette production: http://www.youtube.com/watch?v=Fs6EuFIB9_U

    Toutes les infos sur le site de La Monnaie http://www.lamonnaie.be/fr/opera/49/La-Finta-Giardiniera

  • T comme tournoiement

    Regardez attentivement ce piano:

    februari 2011 010 - kopie.JPG

    J'étais installée au milieu du premier rang, le nez à hauteur du podium: pendant toute la durée du récital de Stéphane Degout, à la Monnaie, cet instrument m'a caché la vue sur le tourneur de pages qui était assis à côté de la pianiste, Hélène Lucas.

    Le tourneur de pages, un brun ténébreux resté hélas anonyme, "bel piede, bell'occhio, bel naso", n'était visible que pendant les infimes secondes où il devait se lever pour tourner de sa belle main une feuille de la partition de piano.

    Ce qui fait que j'ai particulièrement apprécié le poème Tournoiement, mis en musique par Camille Saint-Saëns, et dont le rythme était si rapide que mon bell'occhio, bel naso devait constamment se lever Cool.

    "Je tourne, je tourne, je tourne", disait très justement le poète par la voix de Stéphane Degout... "comme à l'instant où l'on trépasse", "mes pieds ne touchent plus le sol, je monte au firmament nocturne" etc. etc.

    Un tourneur de pages qui vous fait spontanément chanter Mozart, déclamer Louise Labé (ô beaux yeux bruns, ô regards détournés) et citer John Keats (A thing of beauty is a joy for ever), ne mériterait-il pas de voir son nom figurer au programme?

    Clin d'œil

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    Pour les fondus de Mozart, le bell'occhio bel naso est ici http://www.youtube.com/watch?v=oM8t723X8ow

    Quant à Stéphane Degout, on peut l'écouter là, au numéro 9, Mélodies Persanes: http://www.qobuz.com/album/melodies-francaises/0822189017897

     


  • L comme lettres et lecture

    Il faut absolument que je lise la correspondance de Mozart, me dis-je un matin au volant de ma voiture.

    Ce trajet que je fais vers l'école est toujours un moment propice aux cogitations et aux résolutions de toutes sortes - quand je ne suis pas en train d'agresser verbalement les autres usagers de la route...

    Ainsi donc, ce matin-là j'ai ressenti le besoin pressant de lire les lettres de Mozart.

    Le même soir, en allant visiter mes blogs amis, j'arrive chez Lucie (le clavier bien tempéré) qui donne justement ses "douze titres essentiels". Parmi les trois "éternels" figure la correspondance de notre idole ;-)

    En effet, j'aurais pu classer ce billet sous le titre H comme le hasard n'existe pas...

    Le volume dont Lucie dispose a comme titre les Lettres des jours ordinaires et il a été publié chez Fayard. J'en prends bonne note. Mais il ne s'agit pas de la correspondance complète, m'écrit Lucie.

    Alors moi qui évidemment veux la totale, le tout ou rien, le fin fond des choses et l'exhaustivité, je me renseigne sur mon google préféré et voilà ce que j'y trouve:

    "Une vaste entreprise éditoriale, commencée en France en 1986 par les éditions Flammarion, s'achève, avec la publication du 7ème tome de la correspondance de Mozart. Au total, près de trois mille pages qui composent la chronique au jour le jour de la vie et l'oeuvre d'un génie précoce de la musique occidentale dans l'Europe de son temps."

    Copyright © Noël Blandin / La République des Lettres, vendredi 15 janvier 1999
    Url: http://www.republique-des-lettres.fr/664-mozart.php

    Voilà, vous avez bien lu: sept tomes et près de trois mille pages.

    Mais moi je ne suis pas encore satisfaite. Ces lettres, je les voudrais toutes dans leur langue d'origine.

    Est-ce que ça existe?

  • N comme Le Nozze di Figaro

    Il ne s'est pas trop foulé pour cet opéra, monsieur Lorenzo da Ponte! Il faut croire que Beaumarchais avait fait du beau travail... Juste un petit extrait de la première scène de l'acte I pour que vous puissiez en juger vous-même:

    FIGARO       
    Ma non capisco
    perché tanto ti spiace
    la più comoda stanza del palazzo.
    SUSANNA Perch'io son la Susanna, e tu sei pazzo. FIGARO
    Grazie; non tanti elogi! Guarda un poco
    se potriasi star meglio in altro loco.
    Se a caso madama
    la notte ti chiama,
    din din; in due passi
    da quella puoi gir.
    Vien poi l'occasione
    che vuolmi il padrone,
    don, don; in tre salti
    lo vado a servir.
    SUSANNA
    Così se il mattino
    il caro Contino,
    din din; e ti manda
    tre miglia lontan,
    don don; a mia porta
    il diavol lo porta,
    ed ecco in tre salti ...
    Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, ou La folle Journée Figaro Tu prends de l’humeur contre la chambre du château la plus commode, et qui tient le milieu des deux appartements. La nuit, si madame est incommodée, elle sonnera de son côté ; zeste, en deux pas tu es chez elle. Monseigneur veut-il quelque chose : il n’a qu’à tinter du sien ; crac, en trois sauts me voilà rendu. Suzanne Fort bien ! Mais quand il aura tinté le matin, pour te donner quelque bonne et longue commission, zeste, en deux pas, il est à ma porte, et crac, en trois sauts...

    Tous à la Monnaie en juin 2009!