nordique

  • K comme Krapu

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    Eva-Lena a trente-neuf ans, un mari, trois enfants, et sa vie se trouve à un point mort au moment où, par un malheureux concours de circonstances, elle se retrouve enfermée dans le cagibi de la photocopieuse, un vendredi soir. 

    Elle n'en sera "sauvée" que le lundi matin, de sorte qu'elle a eu de très nombreuses heures pour réfléchir à son passé, son présent et son avenir. 

    Voilà pour le pitch

    info et photo sur le site de l'éditeur 

    lire, lecture, lecteur, nordique

    deuxième lecture pour le challenge chez Margotte. 

    Au début, ça m'a très fort fait penser au Lièvre de Vatanen, peut-être à cause des oreilles sur la photo de couverture, ou parce que l'auteur est née en Finlande, mais il me semblait retrouver des similitudes dans la situation burlesque d'Eva-Lena et celle de Vatanen ainsi que des ressemblances de ton, d'atmosphère. 

    J'ai juste failli arrêter de lire en me rendant compte que le portrait d'Eva-Lena comme prof ressemblait un peu trop au mien: celle qui vient déjà pendant les vacances préparer sa classe, celle pour qui aucun manuel n'est assez bon et qui préfère fabriquer tout son matériel elle-même, celle qui pense tout le temps à l'école, à ses élèves, à ses cours, s'interroge tout le temps sur ses méthodes, ses évaluations, le bien-être de ses élèves. Et qui a tout le temps le nez dans ses copies, méritant ainsi les sarcasmes de son mari: pourquoi faire toutes ces heures supplémentaires sans être payée? 

    Or, je ne voulais surtout pas lui ressembler! 

    Heureusement, les ressemblances n'allaient pas plus loin tongue-out et j'ai suivi avec attention (et espoir tongue-out) l'introspection forcée de l'héroïne qui arrive aux bonnes conclusions: "J'ai fait partie des personnes les plus prétentieuses qui soient" (p.239) cherchant la perfection dans un tas de domaines - elle est par exemple un as du planning, de l'organisation, du ménage et de la traque anti-poussière - et en a oublié ce qui compte réellement.  

    "Quand je sortirai d'ici, j'aurai à nouveau le choix. D'innombrables options s'offriront à moi. 
    Maintenant, il faut que je note les choses que je ne veux pas rater à l'avenir. Et les choses dont je peux me passer." (p.256) 

    Elle ne gardera qu'un seul principe, finalement: l'amour. De soi et des autres. Le plaisir. 

  • Première participation

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    Un des gros problèmes de l'Adrienne, c'est de se lancer dans des tas de trucs et d'avoir du mal à les mener à bien. 

    Faut qu'elle apprenne à se limiter. 

    Faudrait... 

    Mais bon, elle s'est engagée dans un challenge chez Margotte

    Il y avait le choix entre Poucette (un à trois livres), Petite sirène (trois à cinq livres) et Reine des neiges (plus de cinq livres). Je vous laisse deviner à quoi l'Adrienne s'est engagée tongue-out 

    Bref, ceci explique pourquoi aujourd'hui elle va vous parler d'un livre qui l'a barbée. 

    Oui, barbée. 

    Et pourtant - une fois de plus - elle s'était laissé embobiner par l'alléchante quatrième de couverture, qui promettait un voyage en Italie, la découverte d’œuvres d'art (Giotto, Brunelleschi, Raphaël...) et de l'amour. 

    Est-ce que tout ça ne s'y trouverait donc pas, vous demandez-vous. 

    Si, si. Quatre cent quinze pages. 415. Pour seulement deux personnages, une jeune fille de 17 ans, un jeune homme à peine plus âgé, féru d'art et préparant une série d'articles sur le thème de la crucifixion en peinture. 

    Elle tombe amoureuse de lui et pour avoir une bonne raison de s'attacher à ses pas de musée en église, se fait expliquer - en long et en large - la grosse trentaine d’œuvres qui formeront l'objet de ses articles.

    Comme il s'agit de crucifixions et qu'on suppose que les (jeunes) lecteurs d'aujourd'hui ne connaissent pas l'histoire sainte, on reçoit au fil des pages de longs cours de catéchisme. David, Salomon, Jésus, Marie, les apôtres, l'Ancien et le Nouveau Testament, les fêtes chrétiennes, tout est aussi minutieusement expliqué que les trente quatre peintures et sculptures. 

    Ouf! Même l'Adrienne - qui pourtant on le sait aime l'Italie, ses peintres, ses musées - n'est pas arrivée à lire jusqu'au bout. 

    Peut-être parce qu'elle connaît son catéchisme. 

    Ou peut-être parce que l'intrigue amoureuse est quasi nulle. Nul le suspense. Nulle l'évolution des personnages. 

    Bref, n'en parlons plus. 

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    BjØrn Sortland, La minute de vérité, roman d'art et d'amour, traduit du norvégien par Françoise, Marina et Tom Heide, Bayard, 2015