paris

  • Wagon de train pour Paris

    DSCI5728.JPG

    L'Homme est d'Ostende et vient d'une famille où on appelle "poisson frais" uniquement celui qui a été pêché dans la nuit d'avant. Par les petits bateaux qui sortent en mer le soir et rentrent avec leur pêche à l'aube. 

    Tout le reste n'est pas digne de se retrouver sur leur table, c'est juste bon pour ces malheureux qui vivent à l'intérieur du pays. Ceux-là ne savent pas ce que c'est, du poisson frais. 

    L'Homme n'a fait qu'une exception: c'est quand un "restaurant de la mer" s'est ouvert à Louvain. L'Homme et l'Adrienne avaient vingt et un ans et la bourse plate, mais chaque événement se devait d'être fêté par un repas aux odeurs exclusivement maritimes, chez l'Ami Michel. 

    Si un jour vous allez à Paris, dit l'Ami Michel, il faut aller chez l'Ami Louis. C'est en son honneur que j'ai appelé mon resto l'Ami Michel. Il faut y aller pour l'ambiance et pour le foie gras. 

    Alors ils y sont allés. 

    Ils ont vu la petite salle vieillotte. Les chaises inconfortables. Les prix prohibitifs. Le personnel de salle, uniquement masculin et à leurs yeux de vingt ans, des papys. 

    Ils ont vu entrer, petit à petit, les autres clients. Ils ont vu que comparés aux belles dames en manteaux de fourrure, aux hommes apparemment célèbres et fortunés, eux deux faisaient tache. Comme le disait l'Homme à cette époque, "c'est nous qui devrions être enquêteurs Michelin ou Gault&Millau, on n'en a ni l'âge ni le look". 

    Ils ont vu avec ébahissement comment les papys en veste blanche lançaient de loin et avec une infaillible dextérité les lourds manteaux de vison sur les rayonnages placés au-dessus de la tête des dîneurs, tout le long du mur. 

    Ils ont été impressionnés par la façon dont le maître d'hôtel a quasiment choisi le menu à leur place: une assiette de foie gras pour deux, de l'agneau, des fraises des bois, alors que l'Homme et l'Adrienne prétendaient ne pas avoir envie de dessert. Vous imaginez ce que ça coûte, une coupelle de fraises des bois, dans un tel lieu parisien, en plein hiver? Surtout pour des gens qui ont des fraises des bois dans la nature près de chez eux... 

    Bref, pour ce qui est du foie gras, l'Ami Michel avait raison: l'assiette prévue à l'époque pour une personne comptait onze belles tranches, que l'Homme et l'Adrienne se sont partagées équitablement. 

    Comme c'était il y a plus de trente ans, l'Adrienne a été fort surprise de voir que l'établissement fonctionnait toujours, même si aujourd'hui la ration de foie gras pour une personne se limite à deux tranches. Tout le reste, semble-t-il, est resté pareil: clientèle huppée, prix à tomber à la renverse, visons volant vers les patères... 

    https://www.simonsays.fr/l-ami-louis-est-il-le-plus-mauvais-bistrot-au-monde-suite

    La photo ci-dessus est un détail d'une des photos de murs parisiens (Sébastien Jacquet)

     

  • U comme un arbre, un lieu

    lakévio72.jpg

    - Tu ne peux pas te tromper, avait-il dit, il n'y en a qu'un! 

    C'est donc là qu'il l'attendait, à l'entrée du parc, au soleil de cette belle matinée de fin avril. 

    Sous l'arbre dans toute la splendeur de sa floraison blanche. 

    Cet arbre-là, dont le parc ne possédait qu'un seul exemplaire. 

    Voilà pourquoi il lui avait bien dit: Tu ne peux pas te tromper! 

    Et elle, que faisait-elle pendant tout ce temps? Pourquoi n'arrivait-elle pas? Avait-elle changé d'avis au dernier moment? 

    Il n'avait pourtant pas menti, sur sa page de profil: ni sur son âge, ni sur sa taille, ni sur sa profession. Ni évidemment sur le lien principal qui s'était tout de suite créé entre eux deux: sa passion pour la botanique, qu'elle partageait. 

    Alors au fait, oui: et elle, que faisait-elle pendant tout ce temps? 

    D'abord, elle avait dû faire une recherche, le davidia involucratafranchement ça ne lui évoquait rien de connu. Elle avait peut-être un peu exagéré, lors de leurs échanges, sur sa connaissance des arbres, mais tout le monde ne le faisait-il pas, pour amorcer le poisson? 

    Finalement, cette histoire s'était terminée à son avantage. 

    - Il n'y en a qu'un, vraiment? Oui, si tu veux, un au parc Monceau, un au Luxembourg et un au Jardin des plantes.

    Et tout en marchant d'un bon pas vers le jardin du Luxembourg, elle se demandait ce qui serait le mieux: avouer rapidement ses lacunes en botanique ou essayer de les combler avant qu'il ne s'en rende compte...  

    *** 

    tableau et consignes chez Lakévio
    que je remercie!

  • G comme grisaille grandiose

    Tout amoureux de Paname le sait, il ne faut pas s'attendre à y trouver des petits moutons et des petites fleurs, surtout si on y va début janvier cool

    On attend le bus place de la République. L'homme qui sort du métro allume fébrilement une cigarette.  

    2017-01-04 (1).JPG

    On descend à l'Hôtel de Ville, où le manège finit d'être briqué. 

    2017-01-04 (3).JPG

    On est heureuse d'apercevoir les tours de Notre-Dame, au loin. On se demande si les joggeurs prennent le temps d'admirer ou s'ils regardent juste leurs pieds, les passants, les obstacles et la circulation.   

    2017-01-04 (4).JPG

    On passe à côté de la Tour Saint-Jacques, un de nos monuments préférés à Paris. On aimerait que les "révolutionnaires" aient été un peu plus respectueux des beautés de leur ville.  

    2017-01-04 (6).JPG

    On traverse le Louvre, où la mode des selfies semble plus vivace que jamais. On aimerait photographier ce jeune homme qui se filme sur 360° d'un air béat. Ou cette jeune fille qui ramène sans cesse ses longs cheveux noirs sur sa droite alors que le vent les souffle à gauche...  

    2017-01-04 (7).JPG

    Sur l'esplanade, les queues pour l'entrée du musée s'allongent rapidement, comme le constate l'homme en anorak bleu. 

    voyage, paris, hiver

    A la Concorde, l'obélisque est bien dressé, la grande roue tourne doucement et seuls les touristes ne sont pas pressés. 

    voyage, paris, hiver

    On traverse le village de Noël en plein démontage et on arrive au but de la promenade, le Petit Palais. 

    voyage,paris,hiver

  • F comme Fiat 509

    fiat 509.jpg

    Fiat 509 peinte aux couleurs de celle de Gaston Lagaffe  

    salon de l'auto de Bruxelles en 2006 

    auteur et source de la photo 

    2017-01-05 (87).JPG

    Gaston, sa Fiat 509 et l'agent Longtarin 

    photos prises à Beaubourg le 5 janvier 2017 

    2017-01-05 (88).JPG

     

  • E comme élucubrations

    - Mais qu'est-ce que tu es encore allé crafouiller! vernifla sa tendre moitié, qui avait cessé de courouler au bout de trois mois de mariage.  

    - Et toi? se mit-il aussitôt à hurlir. Ça te fait jouir de me cagnasser les c... à tout bout de champ?  

    - Je berçois, essaya posément le conseiller conjugal, qu'entre vous deux tout est sujet à vichtailler. Or je suppose que, comme tout un chacun, vous préféreriez violoner plutôt que vous crascatuer comme des malpropres?  

    - Ah ça! pirpura-t-elle, pour ce qui est de violoner, avec lui, faudra repasser!  

    Et elle se mit à rire à gorge trochoyée tellement elle se trouvait loloyante et l'esprit d'à propos.  

    - Il faudrait cependant essayer d'hurspender les hostilités, sisselissait le conseiller conjugal de sa voix la plus épurlante, au lieu de vous écriper pour la moindre vétille...  

    - Mais qu'est-ce qu'il a à scrafougner, çui-là!?  

    - Tu l'as dit! groudit la tendre moitié. Y peut pas parler comme tout le monde?  

    - Et bien, flagit le conseiller conjugal, voilà qui est de bon augure, vous êtes enfin d'accord sur quelque chose! 

    *** 

    jeu,les joies d'internet

    L.H.O.O.Q.
    (Beaubourg, jeudi 5 janvier 2007)

    merci à Emma qui proposait ce petit jeu 
    il fallait utiliser 

    crafouiller, vernifler, courouler, hurlir, cagnasser, berçoire, violoner, vichtailler, crascatuer, pirpurer, trochoire, loloyer, hurspender, sisselir, épurler, écriper, scrafougner, groudir, flagir

     

  • 20 miracles de la nature (2)

    2017-01-04 (16).JPG

    "ceci n'est pas un arbre" 

    *** 

    à moins que ce soit une punition divine 

    du genre de celle qu'a subie la femme de Loth 

    pauvre vieille femme obligée de fuir 

    changée en statue de sel pour avoir osé regarder en arrière vers la ville qu'elle doit quitter de toute urgence en y laissant ses filles aînées 

    dont elle sait que malgré leur innocence elles ne seront pas épargnées par la colère divine 

    Bref 

    ceci n'est pas un arbre 

    quoiqu'il en ait toutes les apparences 

    et d'ailleurs la photographe ne s'en est aperçue qu'en prenant la photo: 

    c'est une statue 

    de bronze 

    d'un arbre qui a désobéi 

    probablement

     

  • P comme Petit Palais

     Il est bien joli, le petit Palais, avec son jardin d'hiver 

    2017-01-04 (22).JPG

    et gratuit, en plus! 

    2017-01-04 (24).JPG

    On peut s'y promener à travers les collections de peintures et les expos temporaires, y boire un café, y manger, y photographier 

    2017-01-04 (26).JPG

    mais qui a piqué les cordes de la harpe Louis XVI?  

    2017-01-04 (25).JPG

    Rarement vu un instrument de musique plus inutile 

    tongue-out

  • O comme oiseaux parisiens

    Quelqu'un pourra sûrement m'expliquer la contradiction suivante: quand je suis à Paris, je me dis que j'aimerais y passer six mois ou un an, pour tout voir, tout connaître, et en même temps dès le deuxième jour je pars à la recherche d'arbres et de nature. 

    C'est ainsi que j'ai rencontré une vieille connaissance qui philosophait sur un banc des Tuileries 

    2017-01-04 (17).JPG

    admiré le vol d'une mouette 

    2017-01-04 (18).JPG

    souri aux pigeons en réunion à Beaubourg 

    2017-01-05 (98).JPG

    et photographié les arbres tourmentés du canal Saint-Martin cool 

    2017-01-06 (12).JPG

     

  • L comme Lagaffe

    C'était un grand bonus de trouver à Beaubourg, après la visite de l'expo Magritte, un espace consacré à Franquin, l'autre grand monsieur de la BD belge, et à une de ses créations que j'affectionne tout particulièrement, Gaston Lagaffe. 

    2017-01-05 (79).JPG

    Le voici, dans toute l'innocence de sa jeunesse, en 1957: il s'est fait tout beau pour venir se présenter à la rédaction du journal Spirou  

    2017-01-05 (82).JPG

    Ses mèches sont moins longues et il fume encore des cigarettes, 
    comme de nombreux autres héros de BD à l'époque. 
    Et comme Franquin lui-même. 

    Je n'ai pas compris comment faisaient les autres visiteurs pour garder leur sérieux: en relisant des planches que pourtant je connais par cœur, je ne pouvais m'empêcher de rire. 

    D'ailleurs, c'est simple, chez Gaston tout me fait rire et tout m'attendrit: ses inventions à la fois géniales et débiles, qui suscitent l'énervement et l'exaspération de ses collègues, de ses supérieurs, de l'agent Longtarin, et font rater toute tentative de signature de contrat avec monsieur De Mesmaeker...   

    2017-01-05 (80).JPG

    ici encore une planche des débuts, avec Fantasio comme chef de bureau 

    2017-01-05 (81).JPG

    à qui succédera Léon Prunelle et ses merveilleux Rogntudjuuu!!! 

    2017-01-05 (85).JPG

    Jidéhem (Jean De Mesmaeker), collaborateur de Franquin, trouvait que le personnage ressemblait à son père, alors on l'a appelé monsieur De Mesmaeker... Une photo de famille prise au mariage de Jidéhem est là pour témoigner de cette ressemblance physique tongue-out 

    J'allais presque oublier une autre source inépuisable de comique, en tout cas pour mon frère et moi, les combinaisons culinaires très hardies. Il me semble que tout a commencé avec une tartine de confiture restée coincée dans une machine à écrire et qu'au lieu de s'excuser pour sa maladresse ou d'expliquer pourquoi il mettait de la confiture avec des sardines, il a dit: 

    - Meuh non, c'est de la gelée de groseilles!

    2017-01-05 (92).JPG

     ah! génial Gaston! je ris encore en écrivant ce billet! 
    je crois que je vais vous en garder un peu pour le mois prochain cool 

    Petite expo visible jusqu'au 10 avril!

  • J comme Jacquemart-André

    Une deuxième raison qui a incité l'Adrienne à son séjour parisien, c'est l'expo Rembrandt intime au musée Jacquemart-André. 

    2017-01-03 (1).JPG

    Malheureusement, les photos des chefs-d'oeuvre du grand maître hollandais étaient interdites, il faudra donc se contenter de cliquer sur le lien ci-dessus (un clic sur "galerie photos" permet de voir 7 des oeuvres exposées), la vidéo ci-dessous... ou aller les chercher sur internet tongue-out 

    2017-01-03 (2).JPG

  • H comme Hergé

    L'expo Hergé au Grand Palais était une des trois raisons qui ont poussé l'Adrienne à réserver une place dans le TGV pour Paris en ce début de janvier. 

    2017-01-04 (84).JPG

    Et franchement, elle valait le déplacement. 

    D'abord, parce qu'on y découvre un aspect peu connu de Georges Remi: sa carrière de graphiste et de concepteur d'affiches ou de logos publicitaires. 

    2017-01-04 (60).JPG

    voyage,paris,belge,belgique,bd,peinture,art

    Ensuite, parce que de nombreuses esquisses permettent d'admirer ses talents de dessinateur. C'est tout à fait impressionnant! 

    2017-01-04 (53).JPG

    esquisses pour le "mauvais" de Tintin au pays de l'or noir 

    voyage,paris,belge,belgique,bd,peinture,art

    mauvaise photo d'un crayonné où Milou résiste à la tentation 

    Bien sûr, elle permet aussi de retracer toute sa carrière, la naissance et l'évolution de tous ses personnages de bandes dessinées, sa rencontre décisive avec Tchang et son souci croissant de perfectionnisme jusque dans les moindres détails. 

    2017-01-04 (65).JPG

    Hergé et Tchang à Bruxelles en 1931 

    voyage,paris,belge,belgique,bd,peinture,art

    Enfin, parce qu'on y découvre encore un autre aspect méconnu de Georges Remi: son intérêt pour l'art moderne et sa pratique de la peinture à l'huile. Sa modestie seule faisait qu'il se considérait comme "un peintre du dimanche". 

    2017-01-04 (35).JPG

    Bref, vous avez encore jusqu'au 15 janvier pour y courir, si vous êtes dans le coin cool

  • E comme Eiffel

    Même si on comprend les artistes opposés à cette "odieuse colonne de tôle boulonnée", on ne peut s'empêcher de la photographier dès qu'elle paraît à l'horizon. 

    2017-01-04 (10).JPG 

    "mercantile", "inutile et monstrueuse", "barbare", 
    vue depuis le Louvre 

    2017-01-04 (14).JPG

    "gigantesque cheminée d'usine
    vue depuis le jardin des Tuileries  

    2017-01-04 (21).JPG

    "cette horreur" vue depuis la Concorde 

    à Paris, Sttellla, 27 mars 2010, La Chapelle, MONS from slowbizz on Vimeo.

  • D comme déambulations parisiennes

    Sur le boulevard Haussmann, les grands magasins ont encore leurs vitrines de Noël: 

    2017-01-03 (5).JPG

    au Printemps, beaucoup d'automates et de féerie, 

     2017-01-03 (8).JPG

    aux Galeries Lafayette, des ours blancs dans des décors blancs. 

     2017-01-04 (89).JPG

    Par contre, aux Champs-Elysées, c'est fini de rigoler, comme on peut le lire ici: même si les affiches indiquent que le village de Noël durerait jusqu'au 8 janvier, tout est arrêté depuis le 2... On démonte dans la morosité et la patinoire est en train de fondre doucement.

     

  • P comme Paris

    Vous savez à quoi l'Adrienne a passé sa soirée de samedi, au lieu de préparer son billet du lendemain matin? 

    Non? 

    Je vais vous le dire. 

    D'abord, elle a lu qu'une expo sur Magritte allait s'ouvrir au Centre Pompidou. Elle a passé un bon bout de temps à lire tout ce qui la concernait avant de décider qu'elle voulait absolument la voir. 

    Vous devinez la suite... 

    Trouver une date dans le calendrier. 

    Trouver un hôtel pas trop cher du côté de la gare du Nord. 

    Trouver une place dans le TGV. 

    Bref, c'est réglé cool et comme disait l'autre, "Lafayette, nous voici" 

    (je parle de rue et des Galeries, bien entendu)

    paris,expo,art,voyage,peinture,belge,belgique

  • P comme perles de poésie

    Sur le pont Beaurami 

    Il attend son amie 

    Sur le pont Beaumira

    Jamais ne reviendra 

    Mirabeau 

    Rime à beau 

    *** 

    L'élève s'embrouille dans les syllabes 
    Madame s'évade dans les nuages 

    Barimo 
    Maribo 
    Robami 
    Mobari 

    On a ri! 

     

    mirabeau.JPG

    Le pont Mirabeau 
    sous lequel coulent la Seine 
    et les amours d'Apollinaire... 
    source
    de la photo 

     

  • M comme merci!

    De retour en classe, jeudi dernier, après un voyage de quatre jours à Paris, les élèves de Première font le bilan.

    Ceux qui ont - comme Madame les y avait encouragés - osé s'adresser en français à quelques autochtones, que ce soit lors d'un trajet en métro, dans un bar ou un resto, ont reçu trop souvent la réaction suivante:

    - Vous êtes Belges? Vous êtes de Molenbeek?

    Ainsi que quelques rires gras.

    Paris 2012 039 - kopie.JPG

     

  • P comme perpète

    Vous connaissez Madame, vous savez que ses élèves et ses cours ne sont jamais loin, même au coeur des vacances.

    Alors vous comprendrez que quand elle a vu un lien vers une chanson qui a "Paris" dans son titre, elle est allée voir tout de suite. Elle aimerait bien en ajouter une à la petite collection qu'elle fait écouter à ses élèves de cinquième (la Première, en France) en préparation à leur voyage annuel en ce haut lieu de la culture.

    Malheureusement, la jeune chanteuse l'a vite fait déchanter. A part le mot "perpète", qui fournirait à Madame l'occasion de faire un petit rappel de vocabulaire familier et argotique, il y a surtout des "ouh ouh ouh" et des "ah ah ah" dans le texte. Ainsi que quelques "oh oh".

    Ouh ouh ouh 
    Paris, Paris 
    Paris, Paris 
    Ouh ouh ouh 
    Paris, Paris 
    Ouh ouh ouh Ah ah 
    (Ah ah ah...) 
    Ah ah ah.... 
    Ouh ouh ouh Ah ah 
    Oh oh

    http://www.paroles.net/emilie-simon/paroles-paris-j-ai-pris-perpete

    Les élèves de Madame croiraient qu'elle se moque d'eux.

    Ce qui serait vraiment la pire chose.

    Cool

     paris,chanson,prof,école,élèves

    La belle, il est vrai, a d'autres atouts que ses dons littéraires et linguistiques

    http://www.trackmusik.fr/media/e/emilie-simon/mue

  • 22! la revoilà!

    bricabook181.jpg

    © Marion Pluss

    http://www.bricabook.fr/2015/06/atelier-decriture-181e-une-photo-quelques-mots/

    Elle ne lâchait pas la rampe et montait tranquillement les marches en s'arrêtant de temps en temps pour reprendre son souffle.

    Voilà bien longtemps qu'elle n'avait plus pris le métro, qui pourtant la fascinait depuis ses dix ans. A l'époque, il y avait encore des poinçonneurs.

    Arrivée presque en haut, elle s'arrêta et respira calmement l'air de Paris.

    Alors elle dit bien fort, un fin sourire aux lèvres : 

    - Doukipudonktan?

    Et repensant avec émotion à son tonton Gabriel, elle ajouta plus bas:

    - J'ai vieilli. Maintenant c'est vraiment le cas de le dire. J'ai vieilli.

  • F comme fleuve

     bricabook179.jpg

     http://www.bricabook.fr/2015/06/atelier-decriture-179e/

    Il a ce pouvoir, le fleuve, de refléter nos sentiments. 

    D'être "l'onde si lasse" de celui qui le regarde alors qu'il souffre d'un chagrin d'amour.

    De refléter nos pensées.

    La Seine, ainsi que moi, laissait son flot vermeil 
    Suivre nonchalamment sa pente, et le soleil 
    Faisait évaporer à la fois sur les grèves 
    L'eau du fleuve en brouillards et ma pensée en rêves !

    De nous refléter.

    Des fois au printemps elle s’arrête
    et vous regarde comme un miroir
    et elle pleure si vous pleurez
    ou sourit pour vous consoler
    et toujours elle éclate de rire
    quand arrive le soleil d’été

    ***

    écrit pour Leiloona
    que je remercie
    ainsi que Guillaume Apollinaire, Victor Hugo et Jacques Prévert

    Cool

  • Z comme Zadelhoff

     littérature,poésie,traduction

    photo prise au Jardin des Tuileries le 26 novembre 2011
    pour l'anniversaire de ma mère

    Voor Bart Van Loo

    Parijs

    ik zag een vrouw in de Jardin des Tuileries
    het was een vrouw uit een ander ver land
    zoiets zie je direct zoiets zie je al van ver
    toen ze langzaam in mijn richting liep
    vroeg ik me af wat ik van haar linkerbeen vond
    het sleepte een beetje en gaf aan haar lopen
    een mooi ontregelend ritme toen ze vlakbij
    was leek het even of dat linkerbeen het
    rechterbeen voortduwde ze had een mooi gezicht
    die vrouw uit dat verre onbekende land

    A Bart Van Loo

    Paris

    je vis une femme au Jardin des Tuileries
    c'était une femme d'un autre pays lointain
    c'est une chose qui se voit de suite qui se voit de loin
    quand lentement elle marcha vers moi
    je me demandai que penser de sa jambe gauche
    qui traînait un peu et donnait à sa démarche
    un beau rythme déréglé quand tout près
    elle fut on aurait dit que cette jambe gauche
    poussait la jambe droite elle avait un beau visage
    cette femme de ce pays lointain inconnu

    poème du Néerlandais Willem van Zadelhoff (né à Arnhem en 1958) trouvé sur le blog de Bart Van Loo, à qui il est dédié, et que j'ai traduit en français

    http://bartvanloo.blogspot.be/2009/07/de-vakantie-begint-met-willem-van.html

     littérature,poésie,traduction,mère,paris

    jardin des Tuileries, 26 novembre 2011

  • F comme Félix-Faure

    cabas.jpg

     

    écrit pour Bric-a-book 116

    http://www.bricabook.fr/2014/03/une-photo-quelques-mots-116e-atelier-decriture/?utm_source=feedly&utm_reader=feedly&utm_medium=rss&utm_campaign=une-photo-quelques-mots-116e-atelier-decriture

    Tous les mercredis, elle sort de la station Félix-Faure à la même heure. Elle marche très mal, avec ses jambes gonflées. Elle porte hiver comme été les mêmes chaussures usées. Les seules, dit-elle, dans lesquelles ses pieds veulent encore rentrer.

    - Sinon, il faudra que je vienne en pantoufles!

    Il y a longtemps que ses cheveux n’ont plus vu de coiffeur. Quand ils deviennent trop longs, elle les recoupe un peu elle-même. La beauté, l’élégance, sont des notions qui lui semblent étrangères. Il y a des taches sur son manteau.

    - L’avantage, c’est que je peux m’asseoir sur n’importe quel banc sans faire attention aux cacas de pigeons.

    Alors elle rit et on voit qu'il lui manque des dents.

    Tous les mercredis, elle s’installe au square Violet. Elle est toujours la première et choisit son banc avec vue sur la glissoire. Elle passe l’après-midi à regarder jouer les petits-enfants des autres. Elle ne repart qu’au moment où tout ce petit monde retourne dans les appartements trop petits aux bruits trop forts et aux cloisons trop minces.

    - Au revoir madame Sakaba ! fait la petite Emilienne Kendjou quand sa mère la remet dans la poussette.

    Sakaba, c’est le nom que les enfants lui ont donné. Parce qu’elle a toujours un sac et un cabas.

     ***

    pour voir une photo du square et de son public:
    http://ismenecledjo.com/douce-france-2/#!prettyPhoto[gal]/8/

  • Question existentielle

    Quand reverrai-je...

    Quand reverrai-je, hélas, de mon petit Paris
    Briller la tour Eiffel, et en quelle saison
    Reverrai-je l'Italie et ses horizons
    Qui me sont source de bonheur jamais tarie?

    Plus me plaît un séjour à New-York ou à Rome,
    Le Colisée, l'arc de Titus et le Forum
    Que d'avoir du marbre ou de la soie sur mes murs;

    Plus les voyages en des pays proches ou lointains,
    Big Apple, Bali, Vésuve ou Mont Palatin,
    Que des meubles design et de riches tentures.

    merci Joachim Bisou

  • 22, c'est Bruxelles!

    Vous le savez, on établit des listes de tout et n'importe quoi, les dix lieux à voir ou à ne pas voir, des femmes les mieux ou les moins bien habillées, des animaux ou des langues en voie de disparition, des restaurants où manger, des livres à lire ou des films à voir... il faudra un jour que je fasse la liste des listes.

    La semaine dernière, un magazine en ligne donnait la liste des villes où la qualité de vie est la meilleure. J'ai trouvé ici un bon équivalent en français http://www.urbanews.fr/2012/12/04/27251-qualite-de-vie-vienne-est-toujours-la-meilleure-ville-pour-y-vivre-bagdad-est-la-pire/#.UMW8WKywe0I

    Vous aurez vu dans le titre que Bagdad est la lanterne rouge, il ne fallait pas dépenser des sous en enquêtes pour arriver à cette conclusion, mais soit.

    Pour ce qui est d'aller vivre dans les villes gagnantes, on a intérêt à parler l'allemand: Vienne, Zürich, Munich, Düsseldorf, Frankfurt et Berne sont dans le top 10.

    Tout ça pour vous dire que Bruxelles ma belle est au numéro 22, Paris est 29e et Rome 52e mais qu'elles sont au top trois de mon coeur Cool

    Des autres je ne peux pas parler: je ne les connais pas.

    001 - kopie dec 2011.JPG

    Bruxelles en décembre 2011

  • Adrienne Parisienne

    Adrienne a passé le week-end de sa fête nationale (21 juillet) à Paris.

    Elle a pu y observer qu'un jogging matinal n'est pas une bonne idée: les parcs n'ouvrent généralement pas leurs portes avant neuf heures ou neuf heures et demie, ce qui oblige à ne respirer que des vapeurs d'essence et de mazout:

    Paris 2012 010 - kopie.JPG

    ici l'entrée - bien close - du parc Montsouris

    Paris 2012 025 - kopie.JPG

    Elle a pu y observer que le Musée de la Vie romantique, tout en étant un endroit absolument charmant, fleuri et calme, n'a que peu d'effets positifs sur sa gardienne-chef, qui réussit l'exploit de ne jamais relever les coins de sa bouche. Sans doute n'aime-t-elle pas la musique de Chopin qu'on y passe en boucle...

    Paris 2012 035 - kopie.JPG

    Elle a pu y observer qu'en divers endroits de la capitale française, sous les pavés, c'est toujours la plage...

    Paris 2012 042 - kopie.JPG

    qu'une petite chenille verte s'était perdue dans l'opulente chevelure de Dalida...

    Paris 2012 044 - kopie.JPG

    que les raisins de Montmartre sont trop verts Clin d'œil

    Paris 2012 051 - kopie.JPG

    et que dans les cimetières on ne sait plus quoi inventer pour se démarquer du commun des mortels Langue tirée

    ***

    Encore un grand merci à Caro!

     

  • Derniers endroits préservés

    Même dans une ville comme Paris, on peut trouver encore quelques endroits qui ont été comme miraculeusement préservés.

    Paris 2012 004 - kopie.JPG

    Voyez par exemple cette petite maison recouverte de lierre, un peu perdue entre les grands immeubles, avec au loin les tours de la Défense... De la rue, il est impossible de la voir: elle est cachée par un bâtiment.

    Paris 2012 020 - kopie.JPG

    Ou voyez cet autre exemple du "Pour vivre heureux, vivons caché": toute petite maison branlante et grande verrière, quartier de Montparnasse...

    Paris 2012 021 - kopie.JPG

    ainsi que d'autres, du même acabit, en enfilade derrière quelques arbres... On semble être loin des grands boulevards, pourtant ils sont juste à côté!

    Merci à Caro de m'avoir fait découvrir ces dernières petites merveilles parisiennes Bisou

  • L comme Lettre

    Nous venons, écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, amateurs passionnés de la beauté jusqu'ici intacte de Paris, protester de toutes nos forces, de toute notre indignation, au nom du goût français méconnu, au nom de l'art et de l'histoire française menacés, contre l'érection, en plein cœur de notre capitale, de l'inutile et monstrueuse tour Eiffel que la malignité publique, souvent empreinte de bon sens et d'esprit de justice a déjà baptisée du nom de Tour de Babel.
    Sans tomber dans l'exaltation du chauvinisme, nous avons le droit de proclamer bien haut que Paris est la ville sans rivale dans le monde. Au dessus de ses rues, de ses boulevards élargis le long de ses quais admirables, au milieu de ses magnifiques promenades, surgissent les plus nobles monuments que le genre humain ait enfantés.
    L'âme de la France, créatrice de chefs-d'œuvre, resplendit parmi cette floraison auguste de pierres. L'Italie, l'Allemagne, les Flandres, si fières, à juste titre, de leurs héritages artistiques, ne possèdent rien qui soit comparable, aux nôtres et, de tous les coins de l'univers, Paris s'attire la curiosité et l'admiration.
    Allons-nous donc laisser profaner tout cela ?
    La ville de Paris va-t-elle donc s'associer plus longtemps aux baroques, aux mercantiles imaginations d'un constructeur de machines, pour s'enlaidir irréparablement et se déshonorer ?
    Car la tour Eiffel, dont la commerciale Amérique ne voudrait pas c'est, n'en doutez pas, le déshonneur de Paris ! Chacun le sait, chacun le dit, chacun s'en afflige profondément, et nous ne sommes qu'un faible écho de l'opinion universelle et légitimement alarmée.
    Enfin, lorsque les étrangers viendront visiter notre Exposition, ils s'écrieront étonnés : " Quoi ! C'est cette horreur que les Français ont trouvée pour nous donner une idée de leur goût si vanté ? " Ils auraient raison de se moquer de nous, parce que le Paris des gothiques sublimes, le Paris de Jean Goujon, de Germain Pilon, de Puget de Rude de Barye, etc. sera devenu le Paris de M. Eiffel.
    II suffit d'ailleurs, pour se rendre compte de ce que nous avançons, de se figurer une tour vertigineusement ridicule, dominant Paris, ainsi qu'une noire et gigantesque cheminée d'usine, écrasant de sa masse barbare : Notre-Dame la Sainte-Chapelle, la tour Saint-Jacques, le Louvre, le dôme des Invalides, l'Arc de triomphe, tous nos monuments humiliés, toutes nos architectures rapetissées, qui disparaîtront dans ce rêve stupéfiant. Et pendant vingt ans, nous verrons s'allonger sur la ville entière, frémissante encore du génie de tant de siècles, comme une tache d'encre, l'ombre odieuse de l'odieuse colonne de tôle boulonnée.
    C'est à vous qui aimez tant Paris, qui l'avez tant embelli, qui l'avez tant de fois protégé contre les dévastations administratives et le vandalisme des entreprises industrielles, qu'appartient l'honneur de le défendre une fois de plus.
    Nous nous remettons à vous du soin de plaider la cause de Paris, sachant que vous y dépenserez toute l'énergie, toute l'éloquence que doit inspirer à un artiste tel que vous l'amour de ce qui est beau, de ce qui est grand, de ce qui est juste... Et si notre cri d'alarme n'est pas entendu, si nos raisons ne sont pas écoutées, si Paris s'obstine dans l'idée de déshonorer Paris, nous aurons du moins, vous et nous, fait entendre une protestation qui honore.

    Lettre ouverte adressée à Monsieur Alphand, Directeur général des travaux de l’exposition, signée par Victorien Sardou, Alexandre Dumas, François Coppée, Leconte de Lisle, Guy de Maupassant, Sully Prudhomme, etc., publiée dans "  Le Temps " le 4 février 1887.

    ***

    Il me semble que je ne pouvais rien trouver de plus approprié en ce 14 juillet, d'autant plus que le week-end prochain, je serai à Paris Cool

  • Première minute

    Ne me demandez pas pourquoi ça porte ce nom-là, pour moi très souvent les voies du marketing sont impénétrables:

    PREMIERE MINUTE: Billet non échangeable, non remboursable.

    Première minute, peut-être parce qu'il faut être rapide si on veut profiter des places les plus économiques?

    Première minute, parce que dès que le train s'ébranle on se rend compte que ces places pas chères sont celles où on est installé dans le sens contraire à la marche?

    Première minute, parce que tout de suite la nausée vous prend, comme quand vous étiez enfant et assise à l'arrière de la voiture familiale qui vous emmenait à Westende?

    Bref, ce billet de première minute réglé samedi dernier me permettra de passer la fête nationale belge à Paris Cool

    http://www.youtube.com/watch?v=QYZXTPa5lUI

  • W comme wagon de train

    - Vous avez un goût très sûr pour vous habiller, lui souffla-t-il en se penchant légèrement vers elle dès qu'ils furent seuls tous les deux dans le salon du petit déjeuner.

    Elle ouvrit des yeux étonnés. Le regarda. Bien sûr, elle avait remarqué qu'il l'observait depuis un bon moment et qu'il la suivait du regard chaque fois qu'elle se levait pour aller chercher une tasse de thé ou un petit pain au chocolat. Alors elle lui dit simplement:

    - Merci.

    - Ce n'est pas dans mes habitudes, lui dit-il, de faire des compliments aux femmes.

    Ele esquissa un petit sourire qu'il prit sans doute pour une marque d'incrédulité.

    - Vraiment je vous assure que mon comportement présent est tout à fait contraire à ma nature. Normalement je garde ces pensées pour moi et jamais je n'aborde une femme inconnue.

    Elle releva les yeux vers lui. Probablement interrogateurs, car il ajouta:

    - Si je fais une exception aujourd'hui, c'est parce que je le pense vraiment. Et je voulais vous le dire. C'est si rare, de nos jours, une femme élégante.

    Elégant, lui l'était certainement, avec sa haute taille, ses cheveux légèrement grisonnants, son costume impeccable, ses mains soignées et sa cravate en soie. Alors pour clore la conversation elle redit une deuxième fois:

    - Merci.

    Et elle le planta là pour se diriger vers la gare.

    ***

    Il y a, paraît-il, des hommes qui ne comprennent pas les femmes.
    Mais il y a , très certainement, des femmes qui ne comprennent pas les hommes Clin d'œil

  • C comme coupole

    028 - kopie.JPG

    J'ai voulu montrer les Galeries Lafayette à ma mère, pour le charme rétro de sa coupole avec la verrière.

    Ma mère n'a pas été fort impressionnée: ça lui rappelait l'Innovation d'avant l'incendie du 22 mai 1967 et lui a remis en mémoire quelques anecdotes.

    Comme ce 22 mai 1967 était un "lundi de kermesse" dans notre ville, beaucoup de gens avaient profité de leur jour de congé pour aller à Bruxelles. Et Bruxelles, ça voulait dire la rue Neuve. La rue Neuve, c'était l'Innovation. Et l'heure de midi, le repas au self: c'est là qu'il y a eu le plus de victimes.

    Le bâtiment d'origine était l'oeuvre de l'architecte Horta, un blogueur en parle ici, je ne vais pas répéter ce qu'il écrit, ceux que ça intéresse iront voir: http://bouillondecultures.blogspot.com/2007/05/22-mai-1967-lincendie-de-linnovation.html

    Alors le samedi 26 novembre, avec la foule au dedans et au dehors des Galeries Lafayette, avec un escalator en panne et les ascenseurs devant lesquels les gens faisaient la queue, les passages étroits entre les stands qui permettent à peine de se croiser, nous nous sommes demandé combien de gens trouveraient à temps les sorties et quitteraient vivants tous ces étages encombrés si un incendie survenait.

    Pour nous frayer un chemin du premier étage jusqu'à la rue, il nous a fallu une dizaine de minutes.

  • Première fois

    Le week-end dernier, à l'occasion de son anniversaire, ma mère a vu Paris pour la première fois.

    Dans le bus 72 qui nous conduisait à l'Hôtel de Ville pour y voir l'expo Sempé, elle a eu un premier aperçu des beautés que nous visiterions de plus près par la suite.

    Pour la toute première fois, elle a vu la tour Eiffel autrement que comme minuscule petite flèche entraperçue depuis le tohu-bohu du périphérique, lors d'un retour de vacances.

    Ce qui l'a le plus étonnée, c'est que ce monument se trouve si près de la Seine. Mais elle ne l'a pas trouvé particulièrement joli. Ce qui a plu à ma mère, ce sont les grands boulevards haussmaniens avec leurs maisons à sept étages (elle ne pouvait s'empêcher de les compter, partout où on passait, mais je crois que souvent elle oubliait l'étage des bonnes Langue tirée)

    Voici donc la tour Eiffel telle que ma mère l'a vue pour la première fois

    012 - kopie.JPG

    le bus roulait, donc une photo sur deux on voit mieux le platane que la tour

    011 - kopie.JPG

    et ce jour-là, la girafe broutait les nuages, comme le dit si joliment notre Maurice Carême

    http://fr.ulike.net/Maurice_Car%C3%AAme

    013 - kopie.JPG

    une dernière photo à un arrêt du bus puis j'ai arrêté mes tentatives: "On ne la verra pas, avec cet arbre devant!", a dit ma mère Langue tirée