peinture

  • D comme dernier défi

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    Il a ajusté la partie supérieure d'une roulotte de romanichels à la barge qu'il utilise le plus souvent pour aller sur la rivière. A cause de cette roulotte, il est impossible de voir ce qu'il trafique à l'intérieur, et ça intrigue beaucoup les paysans, les pêcheurs et les gens du village. On le soupçonne d'y emmener des dames, une ou même deux à la fois, pourquoi pas, et qu'on imagine très peu vêtues, puisqu'il a toujours le prétexte de sa peinture, de son art. 

    Ce en quoi on ne se trompe pas. 

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    Ce jour-là précisément Aline est à bord, vêtue cependant, de sa plus jolie robe et de son chapeau neuf. Il l'emmène déjeuner à Chatou, chez le père Fournaise avec ses amis les canotiers. Aline a tenu à emporter son chien et fait des mines que l'ami Gustave semble trouver à son goût. 

    On l'aime bien, Gustave, c'est lui qui règle la note... 

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    L'a-t-il peinte, son Aline! Aline en lectrice, assise en tailleur dans l'ombre bleue du salon, Aline au bain, soulevant légèrement sa jambe de statue, Aline au jardin, moment de farniente parmi les papillons, les mésanges et les fleurs, Aline dans le champ de blé, avec le village en arrière-plan, Aline lui faisant un baiser d'au revoir, la bouche en coeur au bout de ses jolis doigts... 

    Il se dit qu'il finira sans doute par l'épouser. Il a cinquante ans passés et leur petit Pierre bientôt cinq. 

    *** 

    Dernier défi des Plumes d'ici et d'ailleurs
    jours 18 (Claude Monet, La barque atelier, 1874), 19 (Renoir, Le déjeuner des canotiers, 1871) et 31 (logorallye avec les mots des objets présents sur la photo: lectrice, statue, mésange, bleue, tirelire, au revoir, village, tailleur, farniente)

  • Adrienne à Amsterdam

    Vous le savez déjà, l'Adrienne a passé une semaine à Amsterdam. 

    Elle y a dépensé plus d'argent en musées qu'en nourriture: le billet d'entrée coûte plus cher qu'un plat du jour. 

    Un musée par jour donc, pas d'overdose, et chaque fois un endroit qui puisse intéresser également Monsieur Neveu. 

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    Découverte d'un peintre que je ne connaissais pas, le Bruxellois Colijn de Coter (né entre 1450/55 et décédé entre 1522/32), huile sur panneau, Bewening van Christus.   

    Monsieur Neveu n'a été que fort peu impressionné par les Rembrandt, Vermeer, Van Dijck, Jordaens. Par contre, en bon petit Français, il s'est extasié devant cette toile-ci tongue-out. De même qu'il trouvait nulles les sculptures dans le jardin du musée et qu'il a complètement changé d'avis quand je lui ai dit qu'elles étaient de Dubuffet. 

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    Comprenne qui pourra, au Rijksmuseum on peut photographier toutes les œuvres grandioses exposées, mais le lendemain, au musée Van Gogh, les photos sont interdites. Je le déplore. La photo ci-dessus a été prise au Rijksmuseum, c'est un "jeune" Van Gogh qui, à peine arrivé à Paris, peint la butte de Montmartre dans un style encore très classique, naturaliste. 

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    Le troisième jour, nous l'avons passé entièrement au Tropenmuseum et nous en sommes partis à regret. La riche collection permanente, les expos temporaires, tout nous a intéressés. La photo ci-dessus représente un "tablier de danse" porté par les femmes du nord de la Papouasie, autour du lac Sentani. Ces motifs peints sur les écorces d'arbre ont inspiré des artistes européens comme Henri Matisse et Joan Miró. En voici un autre exemple: 

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    Par contre, le lendemain au musée de l'Hermitage, nous nous sommes juste contentés d'y prendre un repas. Payer 17,50 € par personne et par expo nous semblait prohibitif, surtout que Monsieur Neveu ne montrait que peu d'intérêt pour le dernier des Romanov ou pour les Hollandais du 17e siècle. 

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    Que peut-on conclure en voyant cette photo d'un plat principal au café-restaurant du musée de l'Hermitage? 
    1.qu'il est normal que le billet d'entrée coûte plus cher que le plat, vu la taille du saumon et les quantités de légumes qui l'accompagnent 
    2.qu'on peut facilement passer huit jours en Hollande sans prendre un gramme 

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    Par contre, la visite des établissements du diamantaire Gassan sont gratuites (sur réservation) et dans la langue de votre choix. 

    La visite se termine évidemment par d'alléchantes vitrines devant lesquelles Monsieur Neveu a eu bien du mal à résister à l'achat d'une montre. 

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    Touchante visite - en tout cas pour l'Adrienne - de la maison où a vécu Rembrandt de 1639 à 1658. Ce coin de cuisine a rappelé des souvenirs à l'Adrienne, dont la chère grand-mère a eu le même genre de "pompsteen" avant que le grand-père ne décide qu'il était temps d'avoir une cuisine "moderne", c'est-à-dire un affreux évier en inox au lieu du vaste bac en pierre naturelle... 

     *** 

    petite note pour ceux qui ont compté jusqu'à sept: oui, il en manque deux: le musée des sciences NEMO et le petit musée archéologique Allard Pierson

    cool

     

     

  • V comme vandale

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    Nous logions dans Amsterdam Noord. On pouvait lire toutes sortes d'affichettes collées ici et là, portant la signature Huisstijl Noord

    Celle de la photo dit: On m'appelle un vandale, mais sait-on ce que c'est que d'habiter au Noord

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    A notre arrivée, toute une équipe était à l'ouvrage sur un énorme mur pas loin de l'embarcadère pour le ferry qui traverse l'IJ entre la gare centrale et les entrepôts NDSM

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    En repartant dimanche matin, nous avons pu admirer l'oeuvre terminée. 

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    On voit que c'est un travail de groupe, où chacun a son propre style 

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    certains ont même pignon sur rue, si j'ose dire tongue-out 

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    Les musées sont très chers à Amsterdam, mais l'art de rue est provisoirement gratuit: merci les vandales cool

     

     

  • M comme mec

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    - Qu'est-ce que tu en penses? m'a demandé Jenny. 

    Elle tenait dans sa paume ouverte un bijou en forme d'ananas qu'elle avait épinglé sur son manteau. 

    - Tu crois que ça a de la valeur? 

    Sa question m'embêtait. Que pouvait bien avoir coûté cette petite mosaïque de fausses pierres précieuses? Et quelle valeur sentimentale y attachait-elle? 

    - C'est ton amoureux qui te l'a offert? j'ai dit, pour éluder prudemment sa question. 

    Ses quarante-huit ans ne l'ont pas empêchée de devenir toute rose. 

    - Oui, hier soir... Tu penses que c'est sérieux? Que c'est bon signe? 

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     - Ecoute, j'ai dit, c'est difficile de se faire une idée, comme ça... D'abord, je ne l'ai jamais vu... 

    J'ai tout de suite regretté cette parole imprudente. Et si elle allait vouloir me le présenter? Non, non! Il ne pouvait en être question. 

    - Qu'est-ce qu'il aime, dans la vie? j'ai rapidement enchaîné, me disant qu'elle allait se mettre à parler de lui et oublier ma sotte remarque. 

    - Les Romains! Enfin, la Rome antique, tu vois ce que je veux dire? Il collectionne tout ce qui s'y rapporte, en miniature, évidemment, les empereurs, les monuments, les soldats, tout, quoi! 

    - Ah! j'ai fait. 

    Et c'est tout ce que j'ai réussi à dire. Pas de doute possible, c'était bien lui. 

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    On était attablées à la Casa del Güey (1), à attendre notre pastel de elote. Heureusement, l'amour ne coupait pas l'appétit de Jenny et on pouvait continuer à aller se gaver de pâtisseries mexicaines chaque samedi après-midi. 

    - Et tu le revois quand? je lui ai demandé. 

    C'est là que j'ai senti le problème. Elle a hésité, a baissé la tête. 

    - Tu crois que la broche est un cadeau d'adieu? 

    Comment lui dire sans me trahir que c'est exactement ce qu'il faisait à chaque fois? 

    (1) https://www.youtube.com/watch?v=awCZRIepB8M güey, ce sont les quatre lettres visibles à l'enseigne sur le tableau de Hopper c'est de l'argot mexicain pour mec 

    Les trois photos sont les consignes d'écriture des Plumes d'ici et d'ailleurs, que je remercie!

  • B comme bon voyage

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    Elle passe et repasse dans le couloir, la taille cambrée, ses jolies fesses bien moulées dans une robe blanche. Elle se penche légèrement à une fenêtre ouverte pour faire voleter son foulard rose sur ses épaules nues. Ses élégantes chaussures, blanches aussi, évidemment, la grandissent de douze centimètres: c'est peut-être peu pratique pour voyager, mais c'est absolument indispensable, pense-t-elle, tout comme la blondeur qu'elle a mise dans ses cheveux et l'échancrure de son corsage. 

    Oui, elle a de grands projets. 

    Dans sa main gauche, elle serre le livre qui lui a donné l'idée de ce voyage en Russie: La madone des sleepings

    *** 

    tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie!

  • J comme Joséphine

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    Elle a laissé la fenêtre de la chambre ouverte et est sortie sans rien emporter. Ni sac, ni portefeuille, ni clé. Rien. 

    Elle a mis une robe d'été confortable, de bonnes chaussures plates et des chaussettes. 

    Elle marche vers l'est, dans ce soleil du matin qui rend les ombres longues et la lumière si blanche. 

    Elle regrette déjà de ne pas avoir pris ses lunettes de soleil mais ne revient pas en arrière. Elle a trop peur de changer d'avis. 

    Non, la fenêtre restera ouverte, son sac et toutes ses affaires à l'intérieur, elle marche. Tout le reste n'a plus d'importance. 

    La route sera longue. 

    *** 

    tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie

  • D comme Danielle

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    Il y a des jours où Danielle change de coiffure et laisse ses cheveux libres, au lieu de les serrer dans un chignon. 

    Des jours où elle tourne le dos aux autres et se colle à la vitre avec un livre. 

    Des jours où elle garde ses lunettes noires, même à l'intérieur d'une rame de métro. 

    Des jours où elle dit à sa gentille collègue, en riant un peu trop fort, qu'elle s'est encore malencontreusement cogné le coin de l’œil à sa table de nuit.  

    *** 

    consignes et tableau chez Lakévio
    que je remercie!

  • O comme Oakoak

    L'artiste de street art Oakoak a eu "carte blanche" pour s'amuser autour de la place Sainte-Catherine et comme j'aime énormément ce genre d'humour pictural, je me dis qu'il faudra retourner à Bruxelles, un de ces jours... cool 

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    source de la photo et article ici avec un diaporama de nombreuses autres photos
    (Photos : EdA Mathieu Golinvaux)

  • M comme mort à Venise

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    Elle le savait, que ce n'était pas une bonne idée de revenir sur les lieux des amours mortes, et même si elle ne l'avait pas su, tant de gens le lui avaient dit et répété...

    Mais c'était sa façon à elle d'enterrer le passé, de tourner la page.

    Alors elle a choisi la même ville, le même bar sous les arcades, le même siège.

    La seule chose différente, c'est qu'à l'époque elle ne buvait pas de café, alors qu'aujourd'hui elle dégustait avec plaisir un cappuccino. Ou même deux.

    N'était-ce pas la meilleure preuve de sa guérison?

    ***

    tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie!

     

  • G comme garofani

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    Il faut pourtant achever cette lettre, me dis-je en voyant arriver le jardinier.

    Il avait enlevé ses sabots sur la terrasse et tenait un pot de fleurs à la main. En contre-jour, son grand tablier bleu semblait transparent. Avec son air furibond et son pot sous le bras, il me faisait penser au personnage d'Antonio, le jardinier du comte Almaviva, qui vient apporter la preuve de la fuite de Chérubin: I garofani! Sauf qu'ici, il ne s'agissait pas d'oeillets, mais de bégonias.

    Une mince ligne de lumière filtrait entre les tentures entrouvertes et je rêvassais, jouant avec un long coupe-papier, au lieu de continuer ma lettre qui aurait dû être un chef-d'oeuvre de demi-vérités et de sous-entendus. Allons, considérons l'intrusion de notre jardinier comme une évasion bienvenue.

    Il n'avait pas son chapeau et avait frotté la terre de ses mains à son tablier. Ses cheveux avaient besoin d'une coupe, ils lui cachaient les oreilles. Ce n'est que quand il est entré dans la maison que j'ai vu son regard, trouble, comme sauvage, plein d'une colère ou d'une rancoeur que je ne lui avais jamais vue auparavant.

    ***

    tableau d'Emile Claus, Le vieux jardinier (1886)

  • F comme fuite du temps

    jeu,fiction,peinture

    Ça s'est passé là-bas, dans la grande prairie aux pissenlits. Il portait son pull orange.

    Le mois de mai offrait ses premiers beaux jours. Ils s'étaient roulé dans l'herbe puis tout à coup il lui a demandé: «Alors, dis-moi, qu'est-ce qui s'est passé en fin de compte?».

    Les yeux à moitié cachés par le bonnet qu'elle portait malgré le beau soleil de mai, elle le fixait sans répondre. Pouvait-elle lui faire confiance? Il était si jeune! 

    Il s'amusait à arracher tous les pissenlits à sa portée, ne s'inquiétant pas de leur jus laiteux. Le soir, il s'étonnerait d'avoir les mains couvertes de taches brunâtres.

    Le soir, il aurait déjà tout oublié.

    Elle regardait leurs jambes trop blanches, leurs pieds nus et toute cette apparente innocence du monde. «Viens, finit-elle par dire, l'herbe devient humide, on va remonter la colline.»



    ***

    tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie!

  • R comme Rik

    Rik Wouters a peint, sculpté, dessiné des centaines de fois son épouse Nel, j'en parlais le 16 avril. Il a aussi réalisé des autoportraits qui montrent bien l'évolution du jeune et solide gars de 20 ans 

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    autoportrait de 1906 

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    à l'homme de 30 ans, détruit par la guerre et la maladie 

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    Rik à la blouse bleue, 1914

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    autoportrait au chapeau vert, 1915

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    autoportrait au bandeau noir, 1915 

     *** 

    Son biographe, Eric Min, écrit que le cancer de la mâchoire dont souffrait Rik Wouters est dû au fait qu'il a travaillé avec des produits nocifs dans des endroits trop confinés. Les logements successifs du couple étaient de modestes petites maisons, Rik ne disposait pas d'un véritable atelier. 

    Comme les héros tragiques de la littérature, c'est au moment où la consécration artistique et une large reconnaissance de son talent arrivent, que la guerre éclate, qu'il est mobilisé, puis enfermé dans un camp à Zeist, et qu'il tombe malade. D'un mal qu'on ne peut guérir mais pour lequel on le fait encore longuement souffrir, par exemple en l'opérant sans anesthésie, et qui de plus lui fait perdre la vue. 

    J'ai été émue de voir qu'à Zeist, où des amis parviennent à lui procurer du papier, des pinceaux, des couleurs, il peint l'unique arbre du paysage du camp 

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    Le grand sapin, vue du camp de Zeist (1915)

  • N comme Nel

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    Quand il la voit pour la première fois, il a vingt ans. C'est un grand Flamand blond aux yeux bleus, un solide gaillard, à peine sorti de l'atelier de menuiserie de son père pour perfectionner son art à Bruxelles. 

    Elle est une petite brune de 16 ans, une francophone de Schaarbeek. Hélène, qu'il appellera Nel et qui sera la femme de sa vie. Ils se marient trois ans plus tard, en 1905, et seule la guerre les séparera. La guerre, puis la mort de Rik, en 1916. 

    Ils ont donc droit à une dizaine d'années ensemble, comme mon grand-père et la petite Yvonne. Pour Rik et Nel, ce sont dix intenses années de production artistique et de vie de couple fusionnelle. 

    C'est Nel qu'il peint, dessine, sculpte. Nel avec sa "plus jolie robe" - celle qui est à rayures rouges et blanches - ou Nel nue. Nel en pleine activité ménagère - à son repassage, par exemple - ou au repos, lisant le journal. Nel en souriante santé ou alitée et malade. 

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    fusain de 1912, Nu au fauteuil d'osier 

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    aquarelle et encre de Chine, 1915, Le mouillage du linge 

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    Nel au chapeau rouge (1909)  

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    Nel en blouse blanche (La femme en blanc) 

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    Femme en noir lisant le journal (1912) 

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    La malade au châle blanc (1912) 

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    Malade au lit (aquarelle sans date) 

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    trois fois Nel en sculpture 

    vous avez jusqu'au 2 juillet pour y aller cool

     

  • M comme Masereel

    A travers toute son oeuvre, Frans Masereel a fait preuve d'un regard critique sur son époque et d'un indéfectible pacifisme. Son engagement est aussi celui d'un homme qui a toujours voulu rester positif: il montre de la confiance en l'avenir du genre humain, malgré tout. 

    Le Mu.ZEE d'Ostende lui consacre une expo qui a comme titre "la résistance en images"

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    Je vous montre d'abord cette gravure sur bois, "Le voyageur" (1922) parce qu'elle symbolise bien ce qu'il a beaucoup fait dans sa vie, voyager pour aller voir ailleurs par lui-même comment les choses s'y passent ou pour se mettre en sécurité, vu ses activités antinazies. 

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    "Amerika" (1922)
    Il fait deux voyages en URSS  

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    Char et église, 1935-36

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    Moscou, maisons anciennes et nouveaux buildings, 1935 

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    Ouvriers de chemin de fer en Russie, 1935-36, qui me font penser aux 'moujiks' dans le Général Dourakine, de la comtesse de Ségur wink 

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    Le Front populaire, 1936 

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    illustration pour le texte de Jules Laforgue (cliquer pour voir en grand) 

    L'expo se termine sur la grande fresque qu'il a réalisée pour l'Exposition universelle à Paris (1937) dans laquelle il exprime - un peu à la manière des affiches russes - sa foi en l'avenir: "La famille en lecture" le fait entrer dans la compagnie de ceux qui croient que l'art, la culture, la connaissance sont indispensables au genre humain, donc aussi à l'ouvrier. 

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    partie centrale du tableau

     

  • L comme Léon

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    La vie de Léon Spilliaert, né en 1881, donc 21 ans après James Ensor, présente tout de même pas mal de similitudes avec celle du grand maître qui le précède. Lui aussi naît à Ostende dans une famille de commerçants. Son père crée et vend des parfums pour lesquels dès l'enfance le petit Léon crée et dessine de jolies étiquettes et publicités. 

    Dans leur ville natale, tous deux ont fréquenté la même école, qui s'en enorgueillit aujourd'hui par une belle plaque de cuivre apposée à côté de l'entrée principale. Non, je ne l'ai pas photographiée tongue-out 

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    Parmi les documents écrits, cette lettre de nouvel an permet d'admirer sa belle calligraphie. On comprend que le papa lui confie la rédaction de ses étiquettes de parfums cool 

    En 1900, le jeune homme de 19 ans peut accompagner son père à l'Exposition universelle, à Paris. Il y reçoit sa première belle grande boîte de pastels. 

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    J'y ai surtout admiré cette oeuvre que je n'avais pas encore vue, oeuvre fragile - de l'encre sur du papier - représentant une "Dame avec voile" (1903).

    Avis aux amateurs: beaucoup de ses oeuvres se trouvent en photo sur wikipedia commons.  

  • K comme Kapellestraat

    C'est en retournant vers le parking que j'ai remarqué cette oeuvre du Porto-ricain Alexis Diaz, devant laquelle des tas de gens passaient sans la regarder, la Kapellestraat étant une rue piétonnière à vocation uniquement commerçante.

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    Ce curieux mélange de terre et de ciel, de vie et de mort, de références bibliques et de symboles, est pourtant placé à hauteur des yeux. 

    En face du casino, dans le bassin, le duo Schellekens et Peleman a installé son "inflatable refugee", qui a déjà pas mal voyagé, comme on peut le voir ici

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    A côté d'oeuvres en rapport avec les problèmes de notre temps - et de tous les temps - il y a celles qui se veulent purement esthétiques, comme celle-ci, qui n'était toujours pas achevée lundi, deux jours après l'ouverture 

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    Son concepteur est le Brugeois Stefaan De Croock, designer de formation. L'oeuvre est constituée de bois de récupération, vieilles planches, portes, parties de meubles mis au rebut. 

    Bref, entre les peintures de l'an dernier et celles de 2017, il y a encore de quoi remplir quelques séjours ostendais cool

    Et l'inachevé de l'autre jour? Lundi il était bel et bien terminé: 

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  • J comme James

    Au Mu.ZEE d'Ostende, la nouvelle aile consacrée aux deux "enfants du pays", James Ensor et Léon Spilliaert, vaut vraiment la visite. 

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    Voici maître James, âgé de 66 ans, contemplant la mer depuis la terrasse du Kursaal, en 1926. 

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    Sa "Grande Marine", dont Verhaeren, dans sa monographie sur James Ensor publiée en 1908, disait ceci: "l'horizon déchiqueté de lueurs saumonées et de nuages violets multiplie le ton et fait songer à quelque énorme oiseau de flamme qu'on déplumerait, au bord de l'espace. La mer fut pour l'oeil d'Ensor une admirable éducatrice. Rien de plus ténu et de plus frêle que la coloration d'une vague avec ses infinies désinences, avec sa mobilité lumineuse et myriadairement changeante." 

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    Parmi les documents écrits, ce feuillet sur lequel il s'est amusé - avec pas mal de dérision - à répondre au fameux questionnaire de Proust. Vous pouvez ouvrir la photo pour la voir en plus grand si vous cliquez dessus. 

    Enfin, on y apprend aussi davantage sur le sérieux qu'il mettait à son travail de compositeur et la fierté qu'il en retirait. On peut y écouter "La gamme d'amour" musique de ballet pour lequel il a dessiné les décors, les costumes et écrit la musique ainsi que le scénario. 

    Sacré bonhomme tongue-out 

    et après-demain, L comme Léon!

  • G comme grand, grand, grand

    Hier matin, certains artistes mettaient encore la dernière main à leur fresque murale.  

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    ici, un des membres du trio Hell'O Collective 

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    Pourtant, à 13.00 h. le bourgmestre était déjà présent, Achturenplein, pour l'ouverture officielle. 

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    j'aime bien les petits personnages de Jaune 

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    l'oeuvre de l'Argentin Francisco Bosoletti me paraît condamnée à une courte vie, vu son emplacement sur un immeuble en construction... 

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    le Mercator est tout beau sous le soleil 

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    le parc est tout beau sous les jets d'eau 

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    et à neuf heures du matin, la plage s'apprêtait pour les touristes

  • 7 fois Emile (5)

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    Emile Verhaeren, extrait du tableau de Theo Van Rysselberghe, La lecture (1903), date à laquelle notre Emile est l'heureux époux de Marthe depuis 12 ans. 
    Tableau à voir au musée de Gand (MSK) 

    Voici quinze ans déjà que nous pensons d'accord

    Voici quinze ans déjà que nous pensons d'accord ;
    Que notre ardeur claire et belle vainc l'habitude,
    Mégère à lourde voix, dont les lentes mains rudes
    Usent l'amour le plus tenace et le plus fort. 

    Je te regarde, et tous les jours je te découvre, 
    Tant est intime ou ta douceur ou ta fierté : 
    Le temps, certe, obscurcit les yeux de ta beauté, 
    Mais exalte ton cœur dont le fond d'or s'entr'ouvre. 

    Tu te laisses naïvement approfondir,
    Et ton âme, toujours, paraît fraîche et nouvelle ;
    Les mâts au clair, comme une ardente caravelle,
    Notre bonheur parcourt les mers de nos désirs. 

    C'est en nous seuls que nous ancrons notre croyance,
    A la franchise nue et la simple bonté ;
    Nous agissons et nous vivons dans la clarté
    D'une joyeuse et translucide confiance.

    Ta force est d'être frêle et pure infiniment ;
    De traverser, le cœur en feu, tous chemins sombres,
    Et d'avoir conservé, malgré la brume ou l'ombre,
    Tous les rayons de l'aube en ton âme d'enfant. 

    in Les heures d'après midi (1905)

  • B comme borderline

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    Quand elle est venue s'installer dans la maison d'à côté, elle a tout de suite entrepris de grands travaux. La grange a été transformée en immense séjour avec atelier à l'étage et dans la fermette basse où le vieil Oscar avait vécu jusqu'à ses 96 ans elle a aménagé une cuisine et une salle de bains. 

    Dans le grand jardin déjà fort touffu depuis que le vieil Oscar ne l'entretenait plus, elle a planté des sapins pour qu'ils fassent vite un écran total l'hiver comme l'été: ses voisins, même depuis leur étage, ne verraient bientôt plus du tout sa maison. Du côté de la rue, elle a fait ériger un mur de parpaings en béton gris, haut de plus de deux mètres. 

    De son atelier, elle avait une vue sur toute la campagne et les quelques maisons environnantes. Mais de la sienne on ne voyait rien. Rien qu'un mur et une masse de conifères. Pourtant, elle se sentait toujours épiée et avait avec sa plus proche voisine des relations en dents de scie. 

    - Moi, disait-elle à chaque fois qu'elles se voyaient, je suis une artiste. J'ai une âme d'artiste! 

    La voisine ne savait pas trop ce que ça voulait dire, mais opinait de la tête. Elle supposait que l'âme d'artiste expliquait les accoutrements bizarres, les cheveux longs mal peignés retenus par des foulards multicolores, les tas de bijoux et bagues de pacotille, les sautes d'humeur et la douzaine de chats. 

    - Il faudra venir prendre le café chez moi, dit-elle un jour, comme ça vous verrez la maison, comme elle a changé! 

    La voisine n'aimait ni "l'âme d'artiste", ni ses chats, ni ses travaux entrepris sans le moindre permis de bâtir. Mais elle y est allée, la curiosité a été la plus forte. 

    Et elle a vu ce qu'elle voulait voir.

    Elle a vu les rénovations, les beaux espaces, les chats qui entrent et sortent, celle qui allaite ses petits au creux d'un fauteuil où elle avait apparemment mis bas, ceux qui sautent sur la table et lapent le lait prévu pour le café, reniflent les tasses.

    Elle n'a pas vu la dame qui avait tellement besoin qu'on l'aime et la rassure.  

     *** 

    aquarelle et consigne ici, chez Lakévio, que je remercie!

  • Y comme Ysabelle

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    A l'âge de seize ans, elle a décidé de prendre fermement en main le reste de sa vie. 

    D'abord, elle a changé la première lettre de son prénom: Isabelle était trop commun. Elle voulait se singulariser. 

    Elle a commencé à l'écrire avec un Y. 

    Quelques recherches généalogiques lui ont permis de trouver une lignée de bonne noblesse terrienne dont le nom de famille présentait une similitude avec le sien. Il était juste plus long. Beaucoup plus long. 

    Elle a testé sur quelques amies le roman qu'elle se brodait. Son allure, son chic, son joli chignon blond, ses robes bien coupées, ses manières un peu précieuses, tout était étudié pour accréditer la thèse d'une Tess d'Urberville du 20e siècle. Contrairement à l'héroïne de Thomas Hardy, elle saurait bien mener sa barque. 

    Quatre ans plus tard, elle est prête pour la scène finale, décisive, quand tout à coup elle est prise d'un doute. C'est comme un étourdissement qui l'oblige à poser son léger bagage et à s'asseoir sur le perron. 

    Tout à coup, elle ne sait plus si elle fait le bon choix.  

    *** 

    tableau et consigne (passée depuis longtemps) chez Lakévio

  • E comme écrire un mur

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    Il y a le mur qui sépare 

    et le mur qui protège 

    Il y a le mur qui interdit 

    et celui qui réunit 

    Des murs où on exprime sa haine 

    et ceux où on peint la beauté 

    Mais jamais ce n'est le mur 

    qu'il faut incriminer ou admirer. 

    ***

    merci à Lakévio pour l'image et la consigne

  • W comme wagon de train

    Maintenant que son prof de théâtre lui a parlé de Magritte, il est urgent pour monsieur Neveu de se rendre à Bruxelles. On lui avait proposé la visite du musée Magritte lors de son dernier séjour en Belgique, mais il avait poliment décliné. Cette fois, c'est la première chose qu'on fera tongue-out 

    Il ne faut jamais contrarier les vocations, disait mon père.

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    et on en a profité pour lui transmettre le goût du cappuccino cool

  • K comme Kodiak

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    Lui, c'est mon frère Kodiak. Moi c'est Kirkouk. Parce que 2011, c'est l'année du K

    En nous voyant, tout le monde s'exclame: Oh! comme ils sont mignons! Et comme ils ont l'air de bien s'entendre! 

    L'air, oui, mais l'air ne fait pas la chanson. 

    Si les gens nous observaient un peu plus attentivement, ils verraient bien qui prend toute la place. Et qui risque de tomber à côté du coussin. Qui garde l'os sous le menton. Et qui n'a rien. Qui dort comme un bienheureux. Et qui sert d'oreiller sans réussir à fermer l’œil. Qui a le ventre rond, et qui les os saillants. 

    Oh! comme c'est trop chou! gazouillait encore la visiteuse de cet après-midi. Quel dommage de les séparer! 

    Et bien moi je vous le dis franchement: séparez-nous, ne vous gênez surtout pas! Le plus tôt sera le mieux! 

    Sinon je vais finir par faire un malheur... 

    *** 

     photo et consignes chez Lakévio

  • 7 fois Emile (3)

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    Portrait d'Emile Verhaeren par son ami Theo Van Rysselberghe 
    source 

    Au passant d’un soir 

    Dites, quel est le pas 
    Des mille pas qui vont et passent 
    Sur les grand’routes de l’espace, 
    Dites, quel est le pas 
    Qui doucement, un soir, devant ma porte basse 
    S’arrêtera? 

    Elle est humble, ma porte, 
    Et pauvre, ma maison. 
    Mais ces choses n’importent. 

    Je regarde rentrer chez moi tout l’horizon 
    A chaque heure du jour, en ouvrant ma fenêtre; 
    Et la lumière et l’ombre et le vent des saisons 
    Sont la joie et la force et l’élan de mon être. 

    Si je n’ai plus en moi cette angoisse de Dieu 
    Qui fit mourir les saints et les martyrs dans Rome, 
    Mon coeur, qui n’a changé que de liens et de vœux, 
    Eprouve en lui l’amour et l’angoisse de l’homme. 

    Dites, quel est le pas 
    Des mille pas qui vont et passent 
    Sur les grand’routes de l’espace, 
    Dites, quel est le pas 
    Qui doucement, un soir, devant ma porte basse 
    S’arrêtera? 

    Je saisirai les mains, dans mes deux mains tendues, 
    A cet homme qui s’en viendra 
    Du bout du monde, avec son pas; 
    Et devant l’ombre et ses cent flammes suspendues 
    Là-haut, au firmament, 

    Nous nous tairons longtemps 
    Laissant agir le bienveillant silence 
    Pour apaiser l’émoi et la double cadence 
    De nos deux cœurs battants. 

    Il n’importe d’où qu’il me vienne 
    S’il est quelqu’un qui aime et croit 
    Et qu’il élève et qu’il soutienne 
    La même ardeur qui monte en moi. 

    Alors combien tous deux nous serons émus d’être 
    Ardents et fraternels, l’un pour l’autre, soudain, 
    Et combien nos deux cœurs seront fiers d’être humains 
    Et clairs et confiants sans encor se connaître! 

    [...] 

    Et maintenant 
    Que nous voici à la fenêtre 
    Devant le firmament, 
    Ayant appris à nous connaître 
    Et nous aimant, 
    Nous regardons, dites, avec quelle attirance, 
    L’univers qui nous parle à travers son silence. 

    Nous l’entendons aussi se confesser à nous 
    Avec ses astres et ses forêts et ses montagnes 
    Et sa brise qui va et vient par les campagnes 
    Frôler en même temps et la rose et le houx. 

    Nous écoutons jaser la source à travers l’herbe 
    Et les souples rameaux chanter autour des fleurs; 
    Nous comprenons leur hymne et surprenons leur verbe 
    Et notre amour s’emplit de nouvelles ardeurs. 

    Nous nous changeons l’un l’autre, à nous sentir ensemble 
    Vivre et brûler d’un feu intensément humain, 
    Et dans notre être où l’avenir espère et tremble, 
    Nous ébauchons le cœur de l’homme de demain. 

    Dites, quel est le pas 
    Des mille pas qui vont et passent 
    Sur les grand’routes de l’espace, 
    Dites, quel est le pas 
    Qui doucement, un soir, devant ma porte 
    S’arrêtera ? 

    Emile Verhaeren, in Les flammes hautes (1917)

  • E comme élucubrations

    - Mais qu'est-ce que tu es encore allé crafouiller! vernifla sa tendre moitié, qui avait cessé de courouler au bout de trois mois de mariage.  

    - Et toi? se mit-il aussitôt à hurlir. Ça te fait jouir de me cagnasser les c... à tout bout de champ?  

    - Je berçois, essaya posément le conseiller conjugal, qu'entre vous deux tout est sujet à vichtailler. Or je suppose que, comme tout un chacun, vous préféreriez violoner plutôt que vous crascatuer comme des malpropres?  

    - Ah ça! pirpura-t-elle, pour ce qui est de violoner, avec lui, faudra repasser!  

    Et elle se mit à rire à gorge trochoyée tellement elle se trouvait loloyante et l'esprit d'à propos.  

    - Il faudrait cependant essayer d'hurspender les hostilités, sisselissait le conseiller conjugal de sa voix la plus épurlante, au lieu de vous écriper pour la moindre vétille...  

    - Mais qu'est-ce qu'il a à scrafougner, çui-là!?  

    - Tu l'as dit! groudit la tendre moitié. Y peut pas parler comme tout le monde?  

    - Et bien, flagit le conseiller conjugal, voilà qui est de bon augure, vous êtes enfin d'accord sur quelque chose! 

    *** 

    jeu,les joies d'internet

    L.H.O.O.Q.
    (Beaubourg, jeudi 5 janvier 2007)

    merci à Emma qui proposait ce petit jeu 
    il fallait utiliser 

    crafouiller, vernifler, courouler, hurlir, cagnasser, berçoire, violoner, vichtailler, crascatuer, pirpurer, trochoire, loloyer, hurspender, sisselir, épurler, écriper, scrafougner, groudir, flagir

     

  • N comme naïve

    Elle s'affale dans le fauteuil où il est installé depuis qu'il est rentré du travail. 

    - Je suis fourbue! dit-elle dans un souffle. 

    Il pose une main sur ses cuisses, sans lever les yeux de sa lecture. 

    - Je me demande bien de quoi, répond-il. 

    Alors elle se tait. 

    C'est ce qu'elle a toujours le mieux su faire. 

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     tableau et consigne chez Lakévio que je remercie

  • K comme Knocke ou Knokke

    D'abord, il y a eu ce tableau, au Petit Palais: 

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    Il est de la main de Camille Pissarro et s'intitule Le village de Knocke. 

    - Tiens, se dit l'Adrienne, Pissarro est allé à Knokke en 1894? Et sur quelle hauteur s'est-il perché pour avoir ce point de vue sur le village? Écrivait-on réellement "Knocke" avec un c à l'époque ou est-ce une erreur? 

    Bref, un tas d'interrogations devant ce joli tableau qui sent si peu la mer et les mondanités d'aujourd'hui. 

    La réponse à la première question est oui: en juillet 1894, Théo Van Rysselberghe est à Knokke et Pissarro vient l'y rejoindre. On peut lire dans sa biographie qu'une maladie des yeux l'empêchait de peindre en extérieur: c'est pourquoi, il le faisait de la fenêtre de sa chambre. 

    La troisième question a trouvé sa réponse dès le lendemain, à l'expo Hergé: 

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    Sur cette affiche publicitaire réalisée par Georges Remi entre les deux guerres on remarque la même graphie avec le c au lieu du k actuel. 

    C'est l'époque où le père de l'Adrienne, d'abord dans le ventre de sa mère, puis tout bébé et petit enfant, découvrait les plaisirs de la plage. 

    Il y a même dans les archives familiales une photo unique de la petite Ivonne dans ce genre de maillot de bain tongue-out

    De la grand-mère Adrienne aussi, d'ailleurs... 

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    Sur la plage de Knokke, entre la petite Ivonne et son mari, leur premier-né; 
    le père de l'Adrienne est encore au stade préparatif... 

     

  • J comme Jacquemart-André

    Une deuxième raison qui a incité l'Adrienne à son séjour parisien, c'est l'expo Rembrandt intime au musée Jacquemart-André. 

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    Malheureusement, les photos des chefs-d'oeuvre du grand maître hollandais étaient interdites, il faudra donc se contenter de cliquer sur le lien ci-dessus (un clic sur "galerie photos" permet de voir 7 des oeuvres exposées), la vidéo ci-dessous... ou aller les chercher sur internet tongue-out 

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  • H comme Hergé

    L'expo Hergé au Grand Palais était une des trois raisons qui ont poussé l'Adrienne à réserver une place dans le TGV pour Paris en ce début de janvier. 

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    Et franchement, elle valait le déplacement. 

    D'abord, parce qu'on y découvre un aspect peu connu de Georges Remi: sa carrière de graphiste et de concepteur d'affiches ou de logos publicitaires. 

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    Ensuite, parce que de nombreuses esquisses permettent d'admirer ses talents de dessinateur. C'est tout à fait impressionnant! 

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    esquisses pour le "mauvais" de Tintin au pays de l'or noir 

    voyage,paris,belge,belgique,bd,peinture,art

    mauvaise photo d'un crayonné où Milou résiste à la tentation 

    Bien sûr, elle permet aussi de retracer toute sa carrière, la naissance et l'évolution de tous ses personnages de bandes dessinées, sa rencontre décisive avec Tchang et son souci croissant de perfectionnisme jusque dans les moindres détails. 

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    Hergé et Tchang à Bruxelles en 1931 

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    Enfin, parce qu'on y découvre encore un autre aspect méconnu de Georges Remi: son intérêt pour l'art moderne et sa pratique de la peinture à l'huile. Sa modestie seule faisait qu'il se considérait comme "un peintre du dimanche". 

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    Bref, vous avez encore jusqu'au 15 janvier pour y courir, si vous êtes dans le coin cool