piano

  • B comme Bösendorfer

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    Madame ne comprend pas les nombreux collègues qui tiennent à tout prix à mettre beaucoup de kilomètres entre l'école et leur lieu d'habitation. Ou ceux qui vont expressément faire leurs courses dans la ville d'à côté, pour ne pas rencontrer d'élèves ou de parents d'élèves entre les rayons du supermarché. 

    Pour sa part, ce genre de rencontre lui fait toujours plaisir. 

    Ainsi, dernièrement, au secrétariat de l'académie de musique: 

    - Bonjour! je pourrais avoir la clé du local 217? 
    - Prenez plutôt celle du 219, dit Nora (qui détestait le français, la pauvre, les langues, ce n'était vraiment pas son truc), il y a un Bösendorfer! 

    Voilà comment Madame se la pète à tapoter les touches d'un instrument de luxe, alors qu'elle est tout juste capable de pianoter Boerendans (Rustic Dance) 

    Merci Nora cool

     

  • T comme Take it easy!

    Il y a de ces titres dans le nouveau bouquin de l'Adrienne qui la font bien rigoler. Celui-ci, par exemple: 

    Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point cet 'easy' est relatif tongue-out 

    Il y a l'annulaire droit qui refuse parfois de se soulever comme l'index et enfonce une touche qui n'aurait pas dû l'être 

    Il y a les yeux qui doivent suivre à la fois la partition et les doigts sur le clavier 

    Il y a le rythme qui ne peut ni s'accélérer (dans les passages qu'on maîtrise bien) ni ralentir (dans les autres tongue-out

    Bref, ce n'est pas demain que l'Adrienne jouera la Marche turque 

    *** 

    - Quand est-ce je pourrai jouer ces morceaux-là? a-t-elle demandé à sa prof en lui montrant les partitions reçues en cadeau de Noël de sa carissima nipotina, "Sixteen enjoyable pieces for Grade 1 pianists". 

    - Oh! dans quatre ans, à peu près!  

    musique,piano

    http://www.ackermanmusic.co.uk/grade-1-piano-solos-16-enjoyable-pieces.html

  • G comme Gymnopédie

    L'Adrienne ne sait pas combien d'années il faudra 

    mais voilà un morceau qu'elle aimerait savoir jouer un jour...

    Trois minutes de bonheur avec Aldo Ciccolini: 

    La Gymnopédie numéro 1 d'Eric Satie (1888) 

    "lent et douloureux" 

    sans doute aussi lent et douloureux à apprendre pour quelqu'un qui a le niveau zéro tongue-out 

    http://www.pianofacile.com/partie-pratique/satie-gymnop%C3%A9die-n-1/

  • Le bilan du 20

    Ce n'est pas bien, je sais, ce n'est pas bien. 

    Voilà trois semaines que je n'ai plus touché le piano. 

    Trois semaines que je ne suis plus allée au cours de solfège. 

    Et trois semaines que j'écris mes petits mots d'excuses à ma prof de piano et de solfège. 

    Ce n'est pas bien, je sais, ce n'est pas bien. 

     

  • Première chose à faire...

    Le 14 septembre, l'Adrienne a eu son premier cours de piano. C'est-à-dire un quart d'heure de temps pour essayer d'expliquer pourquoi il s'est passé presque cinquante ans entre le moment où elle a eu envie d'apprendre la musique et la réalisation de ce désir.

    Un quart d'heure à rester assise sur un tabouret de piano sans oser poser un doigt sur le clavier, comme si l'instrument tout à coup faisait peur. Car il faisait véritablement peur.

    Un quart d'heure à se sentir pas du tout à sa place.

    La prof à la fin du "cours" s'est écriée: "Ohlala! va falloir couper ça!"

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    Elle parlait des ongles de l'Adrienne. S'il y a une chose qu'elle a de qualité, ce sont ses ongles. Solides, longs et très utiles. Pour arracher les mauvaises herbes entre les dalles, peler les oranges, enfiler une aiguille, ramasser un bout de papier tombé par terre.

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    La première chose que l'Adrienne a faite en rentrant chez elle, c'est "couper tout ça". Le réduire de plus de la moitié. Puis elle a joué do-ré-mi-fa-sol à cinq doigts, d'avant en arrière et d'arrière en avant. Tous les jours de la semaine. Et la première ligne d'Au clair de la lune.

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    Le 21 septembre, au second "cours" de piano, la première chose que la prof a dite, c'est: "Ohlala! mais c'est beaucoup trop long!"
    Il a donc fallu recouper.
    Jusqu'à ce que, dans l'idée de l'Adrienne, il soit devenu totalement impossible de faire plus court
    encore.
    A moins de les ronger.

    Il est aussi devenu totalement impossible d'arracher les mauvaises herbes entre les dalles, de peler une orange, d'enfiler une aiguille ou de ramasser un papier à terre sans le froisser (1).

    Mais c'est sans doute à ce prix qu'on devient artiste

    Langue tirée

     

     c'est vrai qu'avec les longs ongles, ça faisait "tic tic", comme dans le film "The piano", après que le doigt tranché par le mari jaloux avait été remplacé par une pointe de métal.

    ***

    (1) enlever la fine petite peau des noix fraîches, ôter l'étiquette qui colle aux kiwis, attraper un spaghetti pour vérifier sa cuisson...

  • J comme je récidive

    Peut-on aimer à ce point la musique dite "classique" et être incapable de lire une note ou de jouer d'un instrument?

    Non, me suis-je dit, même si le musicologue à qui j'en ai fait la remarque un jour prétend que oui.

    Aussi, après avoir consciencieusement fait démolir le piano (et le gros orteil gauche) j'ai décidé de m'inscrire à un cours de musique en septembre prochain.

    Option piano.

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    les premiers outils de démolition 

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    la responsable des travaux (une experte, elle aussi Langue tirée)

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    signature pyrogravée de monsieur Cannoot

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     petite note de bas de page: les statistiques du blog m'apprennent que, parmi les demandes qui mènent le plus souvent des gens chez moi, figure en bonne place la question suivante:
    "comment se débarrasser d'un piano"
    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/10/19/question-existentielle-comment-se-debarrasser-d-un-piano.html
    J'en profite pour leur dire que j'espère que ça s'est mieux passé pour eux que pour moi!

    Et à tous les autres: prière de lire attentivement la consigne!
    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/10/21/r-comme-revanche.html

    Cool

    Projet 52 - semaine 11 - thème: classique

     http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/31227714.html

    ***

    comment le piano entra dans ma vie:
    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/10/18/p-comme-piano.html

  • E comme Einaudi

    Le billet qui est le plus souvent lu - ou en tout cas cliqué - c'est celui qui a comme titre "Comment se débarrasser d'un piano."

    Faut croire qu'il y a des tas de gens qui en sont réduits comme moi à le casser à la hache et à l'attraper sur l'orteil gauche.

    Le plus drôle, c'est que l'autre jour j'en ai vu un, presque aussi vieux et en mauvais état que celui avec lequel j'ai chauffé la maison pendant une paire de jours, lors d'un hiver sans chauffage. Sauf qu'il était en bois brun au lieu d'être laqué de noir. Et que j'ai failli l'acheter. Il n'avait que quelques touches qui ne donnaient aucun son et ne coûtait que 129 € Cool

    Parce que ce qui est encore plus drôle, c'est que j'ai décidé de prendre des cours de piano à partir de septembre prochain.

    Je me suis dit que je ne pouvais pas continuer à rejeter la faute sur d'autres: ça fera bientôt 50 ans que je me plains d'une vocation frustrée Innocent (http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/07/26/v-comme-vocation.html)

    Samedi dernier, en allant écouter pianoter quelques élèves à l'académie de musique, j'ai même déjà sélectionné deux ou trois morceaux que j'aimerais savoir jouer un jour. Life, de Ludovico Einaudi, par exemple (https://www.youtube.com/watch?v=eAabYRK2cdg). Ou Bittersweet, de Maria Linnemann (https://www.youtube.com/watch?v=SGlkFeJIS7Q).

    Mais en attendant de jouer du Mozart, il faudra passer par la case Thompson, celle qui est réservée aux enfants de quatre ans Langue tirée(https://www.youtube.com/watch?v=3Sg7RPfDgks)

    C'est ma voisine qui va être contente!

     

    piano,musique

     feu le piano

  • R comme revanche du piano

    L'idée de faire "exploser" un piano n'a pas tout de suite plu à l'Adrienne, loin s'en faut. Elle avait failli se laisser convaincre une première fois puis avait reculé devant le "sacrilège" d'une telle opération.

    Il lui a fallu encore un an ou deux pour se faire à l'idée... et quelques tractations supplémentaires.

    Quand elles se sont bien mises d'accord sur toutes les modalités, l'amie espagnole et elle, l'Adrienne a acquiescé: tout serait scrupuleusement récupéré et orienté vers une nouvelle forme de vie, de l'écrou le plus minuscule transformé en bijou jusqu'au bois débité en petites bûches. L'amie espagnole se réservait "la harpe" qu'elle conserverait entière pour sa belle sonorité.

    Les travaux ont commencé un samedi après-midi - car on vivait à l'heure espagnole.

    Le piano, qui trônait depuis six ans au milieu du garage, avait fini par y servir d'étagère: on y trouvait la boîte avec les semences pour le potager, les bouteilles d'engrais pour plantes en pot, le papier, le carton et le plastique pour le tri sélectif. Bien rangées autour des pédales, les bottes de jardinage et quelques boîtes où les chats aiment dormir.

    Après l'opération de déblayage, l'amie a sorti ses outils: dévisser par ici, desserrer par là, le samedi soir le clavier avait disparu et le piano avait le ventre ouvert.

    Dimanche peu après midi, pour la suite des travaux, l'amie espagnole appelle l'Adrienne:

    - Viens donc! viens donc te défouler un bon coup!

    Et cette idiote d'Adrienne reçoit un marteau, on lui montre où elle doit frapper... ce qu'elle fait sans se poser de questions (1).

    L'explosion a eu lieu quand le piano s'est écroulé sur l'Adrienne qui a juste eu le temps d'éviter que ses deux genoux soient broyés.

    C'est le gros orteil gauche qui a tout pris.

    - Juste revanche de sa part, se dit l'Adrienne en se tournant et en se retournant dans son lit cette nuit-là.

    Le médecin lui avait laissé le choix:

    - Soit on vous enlève l'ongle chirurgicalement et ça va durer deux ans avant d'en avoir un tout nouveau. Soit vous gardez l'ongle mais alors vous souffrirez énormément pendant une vingtaine d'heures et vous aurez l'orteil gonflé pendant deux mois.

    L'Adrienne a supporté les vingt heures de douleur en les décomptant une à une: il ne sera pas dit que le piano se vengera d'elle pendant encore deux ans! (2)

    ***

    (1) comme quoi la preuve est faite que blogueuse est synonyme de décérébrée Langue tirée ceci en clin d'oeil à un blog qui parlait de ça récemment

    (2) une ou deux photos seraient à leur place ici mais je manque de courage

  • Question existentielle: comment se débarrasser d'un piano?

    L'Adrienne et l'Homme vécurent trois ans dans la maison qu'ils louaient en ville.

    Chaque semaine, l'Adrienne époussetait soigneusement le piano. Dont le noir brillant se recouvrait instantanément de fines particules poussiéreuses. Chaque fois qu'elle passait devant, elle soulevait le couvercle et effleurait quelques touches. Elle y jouait "J'ai du bon tabac" et ça la faisait rire. Elle admira encore plus les virtuoses qu'elle voyait parfois à la télévision.

    Puis il fallut déménager. Six hommes grands et forts vinrent à grand peine à bout de ce piano alors qu'il eût été si simple de le revendre là d'où il venait.

    - Je reprendrai peut-être des cours de piano plus tard, dit l'Homme-de-sa-vie, quand j'aurai le temps.

    L'Adrienne fit semblant d'y croire et continua d'épousseter le piano qui occupait désormais tout un mur de leur maison à la campagne.

    Mais le mur s'avéra humide et le piano fut bientôt complètement désaccordé. Il n'intéressait plus que les petits enfants des amis, qui pouvaient taper dessus quand ils commençaient à s'ennuyer des conversations des grandes personnes. L'Adrienne fit d'attendrissantes photos de bambins de deux ans qui bavaient sur les touches.

    Il fallut trouver encore deux autres fois des volontaires pour déménager l'encombrant instrument. Ceux-ci, on le comprend, se faisaient de plus en plus rares: l'âge, les problèmes de dos, les expériences précédentes, tout ça rendait prudent.

    Puis ce fut l'Homme-de-sa-vie qui partit.

    Il emporta quelques bricoles, ordinateur, téléphone avec imprimante, appareils photos, collection de disques et de CD, cave à vin... mais laissa le piano.

    - Quand est-ce que tu viens chercher ton piano? demandait l'Adrienne chaque fois qu'elle le voyait ou répondait à un de ses messages.
    - Je vais régler ça, disait-il.

    Les mois puis les années passèrent sans rien régler: ni une camionnette de déménagement, ni quelques amis musclés, ni une vente sur un des nombreux sites de seconde main... rien ne débarrassa l'Adrienne du piano que quelques mains (et bras forts) avaient poussé jusque dans le garage d'où l'Homme aurait pu l'enlever plus aisément.

    On finit par le proposer gratuitement au premier intéressé, du moment qu'il venait le chercher à domicile... Rien n'y fit.

    L'Adrienne l'offrit à diverses actions caritatives qui n'en voulurent pas. Trop lourd, trop loin, trop difficile à manipuler. Pourtant elle s'était prise à rêver d'une seconde vie pour ce piano qui ferait la joie d'enfants de Palestine. Elle le voyait déjà s'embarquer au port d'Anvers avec tous les autres instruments récoltés dans tout le pays... C'était trop beau!

    Alors, quand elle conta cette histoire à l'amie espagnole, celle-ci y vit tout de suites d'énormes potentialités:

    - On va le faire exploser, ton piano, lui dit-elle dans un élan enthousiaste.

    (à suivre)

  • P comme piano

    Nous étions au début des années 80 et c'étaient les vacances d'été. Les dix derniers mois, l'Adrienne avait enfin gagné un premier vrai salaire et dès le mois de septembre l'école qui l'employait lui renouvelait son engagement et lui offrait même un horaire presque complet.

    Tout était bien. Pas encore de quoi se payer un petit voyage, mais ça viendrait. Chaque chose en son temps, comme disait sa grand-mère.

    - Il me faut un piano! annonça l'Homme un samedi matin. J'ai demandé conseil à GP et il va m'accompagner pour en choisir un bon.

    L'Adrienne ne douta pas un seul instant que les conseils de l'ami GP fussent judicieux, vu qu'il était un brillant pianiste et claveciniste. Par contre, elle émit quelques doutes prudents sur la nécessité d'un si gros achat et sur le coût total de l'opération.

    - Il me faut un piano, répéta l'Homme, en septembre je vais prendre des cours.

    Comment l'Adrienne, qui souffrait depuis l'âge de huit ans d'un rêve musicien brisé, aurait-elle pu mettre un frein à celui de l'Homme qu'elle aimait? Elle applaudit, félicita et encouragea. (1)

    L'Homme et l'ami GP allèrent donc chez le meilleur vendeur de pianos du pays et en revinrent très satisfaits d'eux-mêmes et de l'instrument de leur choix. Bien sûr, pour une telle qualité sonore et esthétique, il avait fallu mettre le prix, "mais ça gardait sa valeur".

    L'instrument arriva dans le courant de la semaine suivante, hissé, poussé, porté par deux hommes forts disposant de tout l'outillage nécessaire pour le faire passer de leur camion dans la maison. C'était grand, lourd, massif et d'un noir brillant. Le croirez-vous, l'Adrienne ne pensa pas mélodies ni sonates, elle pensa poussières à enlever et déménagements futurs...

    Il dut aussi venir un accordeur, évidemment, avant que l'Homme puisse poser les doigts sur les touches.

    Septembre arriva ainsi que les premiers cours de piano.

    L'Homme fut mortifié de voir la facilité avec laquelle des enfants d'à peine dix ans apprenaient leurs gammes et décréta qu'il avait "les doigts raides".

    Il abandonna le piano et prit un abonnement au magazine Diapason.

    (à suivre...)

    ***

    (1) pour ceux qui auraient raté cet épisode, c'est ici: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/07/26/v-comme-vocation.html