question

  • H comme heure

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    Ce soir l'Adrienne retourne en pays wallon pour y assister une deuxième fois à un atelier d'écriture. 

    Il y a quinze jours, chacun devait piocher une question dans le sachet qui faisait le tour de la table: "De quoi tu as peur?", "Qu'est-ce que tu attends?", "A quoi tu penses?", "Qu'est-ce qu'il y a?"... et avait trois minutes pour y répondre. 

    Pour l'Adrienne, c'était "Quelle heure est-il?" 

    C'est une question que je me pose rarement parce que je vis sans montre. La question que je me pose plutôt, c'est: quelle heure serait-il? J'aime deviner et vérifier que mon "horloge interne" fonctionne bien. Il y a toujours un clocher d'église, une enseigne de pharmacien, un fronton de gare ou tout autre moyen de le savoir. Alors on est puérilement content d'avoir visé juste. 

    trouwfeest Helena 27-05-2017 (11).JPG

    Sauf parfois la nuit, quand on n'a pas envie d'ouvrir les yeux et qu'on se demande: Quelle heure serait-il? qu'on soulève péniblement les paupières pour vérifier le réveil et qu'on aimerait s'être trompé. 

    ***

    photo 1: été 2017, une montre suisse cool 

    photo 2: mai 2017, une canicule belge (et la tour de la gare de Gand)

     

  • Question existentielle

    Mais qu'est-ce que j'irais y faire? s'exclame l'Adrienne en lisant l'injonction qui lui est faite par Brussels Airlines: 

    "Madame Adrienne, envolez-vous vers l’Afrique en Business Class et cumulez le double de Miles !" 

    Qu'est-ce que j'irais y faire, se demande-t-elle une seconde fois, je ne trouve déjà pas le temps d'aller passer un second week-end à la mer!  

    Chère Mme Adrienne,

    Ne manquez pas cette occasion de cumuler le double de Miles sur nos vols vers quelques-unes des destinations les plus surprenantes de l'Afrique, tout en profitant du confort et du service hors-pair de notre Business Class.

    Cumulez le double de Miles de prime en Business Class sur tous nos vols entre Bruxelles et :

    • Accra
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    Pour bénéficier de cette offre exceptionnelle, enregistrez-vous ici avant le 30 juin 2017, réservez votre vol Brussels Airlines en Business Class et voyagez entre le 1er mai et le 30 juin 2017. 

    Et puis, si le voyage est à faire entre le premier mai et le 30 juin 2017, l'Adrienne est désolée, mais elle n'a pas de congés. 

    Enfin, si c'est une photo comme celle-ci qui doit appuyer l'argument de vente, l'Adrienne est re-désolée. En néerlandais, ça s'appelle "een afknapper", le truc, le détail, la chose qui te fait définitivement renoncer.

    brussels airlines.jpg

    Ne cherchez pas, il n'y a pas de traduction française pour "afknapper", mais je pense que vous aurez compris tongue-out

  • Question (pas) existentielle

    question,art,souvenir

    La question n'est pas vraiment existentielle, pourtant elle occupe l'Adrienne depuis l'adolescence. 

    Au départ, elle se la posait uniquement pour la littérature, en particulier pour la poésie : qu'est-ce qui fait qu'une oeuvre appartient à l'ART avec un grand A? 

    La question s'est posée aussi pendant ses études: pourquoi le roman policier, par exemple, est-il "un genre mineur"? Ou la BD? 

    question,art,souvenir

    Même questionnement pour ce qui entrera ou non dans le panthéon des arts picturaux. A fortiori en ce qui concerne l'art contemporain. 

    Dans les années 80-90, l'Homme et l'Adrienne ont eu un artiste pour voisin. Un de ceux qui sont déjà dans les musées et qui ont droit à des expos à l'étranger. C'était donc le moment - a pensé cette naïve Adrienne - de discuter de ce qui fait la spécificité de l'art. Des critères d'évaluation, en quelque sorte. 

    Malheureusement, cette question a beaucoup fâché l'artiste et l'Adrienne est restée sur sa faim. 

    question,art,souvenir

    Alors en voyant ce billet chez Tania le 26 novembre dernier, toute cette conversation lui est revenue. Ainsi que l'incompréhensible fâcherie qui s'en est suivie. 

    De sorte que l'Adrienne a depuis ce jour lointain une autre question sans réponse: pourquoi un artiste refuse-t-il de discuter sur ce sujet? et pire: pourquoi cette question le met-elle en colère? 

    *** 

    photo 1: Marcel Broothaers, Sculpture morte, Beaubourg 

    photo 2: planche de Franquin pour Gaston Lagaffe, expo Beaubourg 

    photo 3: mur peint pas loin de Beaubourg, écho parfait à l'expo Magritte: Ceci n'est pas un graffiti 

  • Question existentielle

    Il semblerait qu'aucun auteur n'échappe à la question "pourquoi écrire?". 

    Voici une réponse: 

    "(...) et c'est pour ça justement qu'on se lance dans un livre, car les humains sont ainsi faits qu'ils cherchent toujours à mettre leurs émotions en mots..."

    Anny Duperey, Les chats de hasard, éd. Retrouvées, 2012, p. 41 

    Je remplacerais tout de même son "toujours" par "souvent" (1) parce qu'il y a aussi des tas de gens qui ne veulent pas mettre leurs émotions en mots ou qui n'y arrivent pas. 

    2016-11 (8).JPG

    mon "chat de hasard", finissant de manger le quart d'une boite de 85 grammes 

    ***

    (1) ou alors je dirais "la plupart des humains" et je laisserais tomber le "toujours" (Never say never tongue-out) 

  • Question existentielle

    Une des choses indispensables dans le métier de prof, c'est de se retrouver le plus souvent possible dans le rôle de l'élève. 

    Ainsi, le cours de solfège me confronte sans cesse à la question numéro 1 de l'élève: "Mais à quoi ça sert de savoir ça?" 

    "Pourquoi on doit apprendre ça par cœur?

    l'ordre est si-mi-la-re-sol-do-fa pour les gammes en bémol majeur et le nom de la gamme est celui de l'avant-dernier bémol 

    l'ordre est fa-do-sol-re-la-mi-si pour les gammes en tierce majeure et le nom de la gamme est celui de la note qui suit la dernière tierce 

    Ou quelque chose comme ça... 

     

    si-mi-la.png

    source wikipedia 

    - Pfff!!! soupire l'Adrienne, dimanche midi au téléphone avec sa carissima nipotina, faut encore que j'apprenne mon solfège pour demain... On doit savoir déterminer la tonalité d'un morceau de musique... On doit connaître tout ça par cœur! 

    - Oh! fait-elle, moi j'ai déjà oublié tout ça depuis longtemps! 

    Devrais-je en conclure que ça ne sert à rien, finalement? Ma carissima joue du piano comme une pro... 

    Mozart, Divertimento KV 138, en fa majeur

  • J comme (in)justice

    "Un homme, un Monégasque, pas un de ces étrangers errants qu'on rencontre par légions sur ces côtes, un mari, dans un moment de colère, tua sa femme." 

    Ainsi commence la nouvelle de Maupassant, Le condamné à mort.

    "Un homme, un brave père de famille de ma ville, époux soumis et employé modèle, dans un moment de désespoir, tua sa femme."

    Ainsi pourrait commencer la chronique judiciaire du procès dont je parlais hier.

    Dix ans après, les questions restent.

    Dans quelle mesure cet homme était-il coupable et dans quelle mesure était-il victime? Jusqu'à quel point peut-on tenir compte des circonstances qui ont mené au crime? Faut-il prendre en compte le fait qu'il n'y avait aucun risque de récidive, qu'il ne représentait pas de danger pour la société? S'est-on laissé attendrir par sa honte, ses regrets, ses aveux... et ses larmes pendant le témoignage de ses filles?

    Lors du procès, j'ai été pleinement satisfaite de l'heureuse issue - pour lui, pour ses filles. Issue pour laquelle j'avais mis tout mon poids dans la balance.

    Ensuite, en le rencontrant par hasard en ville faisant son marché, j'ai chaque fois eu comme un choc. Une gêne.

    Cet homme, finalement, avait tout de même tué.

  • Question existentielle

    La question existentielle du mois est:

    êtes-vous bricoleur?

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    la prise de la salle de bains

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    la peinture

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    le bouton et la tuyauterie du radiateur

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    il y a du boulot dans la chambre de Marilyn!

  • Questions existentielles

    Hier soir, Madame lit rapidement la presse en ligne et n'y découvre que des questions.

    Nos enfants peuvent-ils encore jouer dehors? Qui a assassiné Julien Lahaut? Que faut-il aller voir à Pukkelpop? A quoi s'attendre pour le match contre la Bosnie? Que faire si le destinataire ne va pas chercher votre lettre recommandée? Pourquoi la pilule pour les hommes n'existe toujours pas? Est-ce qu'une bonne retraite sera bientôt réservée aux 'happy few'? Quelles sont les meilleures destinations pour cet automne? Peut-on utiliser les écochèques pour les fournitures scolaires?

    Mais pour demain, Madame a une question existentielle à résoudre qui lui a été soumise par sa directrice:

    Tu prends toutes les classes de 4 h. de français en sixième? (= la Terminale) Ou tu veux celles des langues modernes en 5e (= la Première) et en 6e?

    Et ça, c'est un vrai dilemme.

    De plus, dans un cas comme dans l'autre, Madame n'aura plus ses chéris qui font les maths fortes et qu'elle a si bien "élevés" l'an dernier.

     actualité,prof,école,élèves

    Bref, Madame a besoin d'un gourou

    Langue tirée

     

  • Question existentielle

    POURQUOI

    est-ce que je ne comprends rien

    - mais alors plus rien du tout - 

    à ce qui se passe en Europe

    et dans le monde?

    ***

    POURQUOI

    est-ce que la lecture

    de nombreux journaux, blogs et magazines

    ne m'aide pas du tout?

    ***

    POURQUOI

    est-ce que tout ça

    me rend tellement triste?

     

  • Question d'un champion

    Le veille de l'examen de FLE en "Terminale sciences et maths fortes" (1), Madame reçoit cette étrange requête:

    Chere madame

    J'ai une question qui est un peu bizarre... Est-ce que je peux faire un truc de magie pour mon examen oral? Je sais faire une histoire avec des cartes et comme ça parler de mes projets pour l'avenir.

     Mes meilleures salutations

    K***

    Devinez ce que Madame a répondu Langue tirée

    ***

    (1) tant mieux si vous comprenez à peu près à quoi ça correspond dans le système scolaire flamand, wallon, français, suisse ou canadien Cool

  • Question pour un champion

    "Combien y a-t-il de fortes femmes à Westende?"

    Voilà la question-pour-un-champion que se posait récemment quelqu'un... et que ça a mené jusqu'à mon blog!

    Intriguée, je fais à l'ami g**gl* la même demande.

    Et à mon grand étonnement, à la page 4 des résultats, j'arrive à ceci:

    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/04/27/wagon-de-train.html#comments

    Un billet "wagon de train" qui date d'avril 2012. Je vois avec émotion que Jaku était encore parmi nous.

    ***

    Sinon, pour une raison que je ne m'explique pas, les mots clés qu'on introduit dans les moteurs de recherche sont généralement "censurés", ces derniers temps (keywords unavailable)

    C'est un peu frustrant.

    Cependant, on voit à quels billets ils mènent.

    Ce qui permet de conclure que le top du top reste toujours ma tirade du pied (faut croire que ce genre de pastiche est beaucoup demandé par des profs, ça fait trois ans que ça a un "succès fou" Avare sans que ça ne me rapporte rien, pas même un commentaire, ça se trouve ici: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/10/22/22-ou-la-tirade-du-pied.html) et la question de savoir comment se débarrasser d'un piano (ah! j'ai dû en décevoir, des gens, avec ma réponse!) 

     bottillons (2).JPG

     

     

  • Question existentielle

    - Serait-ce inné ou est-ce que ça s'acquiert par l'éducation? demande l'Adrienne à sa carissima nipotina au bout de trois jours pendant lesquels les Irlandais rencontrés se sont tous montrés plus affables, gentils, prévenants et serviables les uns que les autres.

    Jeunes et vieux, hommes et femmes, dans la rue et dans les pubs, aux guichets et au restaurant, chacun dit bonjour, sourit et est d'un abord facile. Dans chaque salle, les gardiens de musées vous engagent à leur poser toutes vos questions, les serveurs et serveuses palabrent longuement avec la nipotina pour être sûrs de ne rien lui donner auquel elle soit allergique, sans montrer le moindre signe d'énervement.

    - C'est inné, répond la nipotina, qui croit que tout est écrit là-haut.

    Puis elle concède - serait-ce l'effet de la courtoisie ambiante?

    - Peut-être que l'éducation joue un rôle aussi.

    Ierland4 050 - kopie.JPG

  • 22! l'immortalité nous guette!

    Tout l'enthousiasme de ce monsieur n'arrive pas à me rassurer: je n'ai pas envie d'être immortelle. Vous si?

    https://www.youtube.com/watch?v=KGD-7M7iYzs

    cycle de conférences qui datent déjà de 2012
    Sur la courbe il n'est pas prévu qu'on continue à s'entretuer
    un peu partout dans le monde

  • Question existentielle

    Pourquoi

    les livres n'ont-ils pas tous

    le même format?

    ***

    Ils seraient tellement plus pratiques à ranger

    et le résultat final

    serait infiniment plus esthétique

    boeken (1) - kopie.JPG

    les boîtes de livres ne seraient pas des puzzles

    boeken (4) - kopie.JPG

    et ça ferait moins désordre

  • U comme une devinette

    Oostende 2014 aug (2) - kopie.JPG

    où sommes-nous?

    Raversyde (60) - kopie.JPG

    Cool

  • Pourquoi écrire?

    J'ai enfin trouvé la vraie réponse, et c'est Mahigan Lepage qui l'a formulée. En lisant le passage ci-dessous, j'ai eu mon aha-erlebnis du jour. Que dis-je, du jour? Du mois, de l'année, de la décennie!

    Cool

    Il raconte comment, de sa Gaspésie natale, il est venu à l'écriture, puis conclut en élargissant le propos (c'est moi qui souligne la phrase clé):

    "Vous n’avez pas grandi dans les Appalaches. Vous n’êtes probablement pas fils ou fille de hippies. Vous n’avez peut-être pas souffert d’isolement. Mais il se trouve peut-être un autre endroit du monde où ça a coincé. Vous pouvez venir d’une grande ville, d’une petite ville, d’une banlieue, d’un village. Le monde, ses espaces, ses temps, ses rapports, le monde ne vous est-il jamais apparu comme immensément insatisfaisant, révoltant, en contradiction complète avec vos élans, vos impulsions ? Ne vous êtes-vous jamais sentis empêchés dans vos mouvements et vos désirs ?

    C’est la source noire de l’art. On n’écrit pas pour faire beau, pour avoir du succès, pour se divertir et donner du divertissement, ou je ne sais quoi encore. On écrit parce qu’il y a ce conflit avec le monde. Individuellement, on a besoin d’espace, or le monde nous refuse cet espace. Il nous isole, nous police, nous entrave ou nous relègue. Cela peut prendre diverses formes. Pour moi, ça a pris la forme concrète de la distance géographique, dans la profondeur de la campagne et de la forêt."

    http://mahigan.ca/spip.php?article312

    écrire,littérature

    pour moi, ça a pris la forme de mon quelque part
    Clin d'œil

     

  • Question existentielle

    Qu’attendez-vous?

     http://interludephilo.wordpress.com/2014/02/07/quattendez-vous/

     

    Je n’attends rien : carpe diem !

  • Question existentielle

    Qu’avez-vous compris récemment?

    Peut-être que le tout, dans la vie, est de comprendre certaines choses.

    Peut-être même que, sur ce point, l’on pourrait s’aider.

    Dernièrement, chacun de nous a compris quelque chose.

    Pourquoi ne pas le dire?

     http://interludephilo.wordpress.com/2014/02/02/quavez-vous-compris-recemment/

    Récemment, j’ai compris qu’une année entière ne suffira pas pour mettre en ordre ma nouvelle maison ni pour déménager de l’ancienne.

  • Question existentielle

    Pourquoi y a-t-il tant de gens, et si peu de rencontres?

    Ce petit thème de méditation attend de vous une réponse brève, de forme libre…

    http://interludephilo.wordpress.com/2012/03/05/pourquoi-y-a-t-il-tant-de-gens-et-si-peu-de-rencontres/

    Sur les 25 000 habitants de ma petite ville, il y a ceux que je rencontre en faisant mes courses. En allant à la bibliothèque. A un événement culturel, sportif ou folklorique.

    Il y a ceux que je vois à l’école. Une génération après l’autre. Leurs parents que je rencontre aux entretiens, aux fêtes et autres activités. Ou sur le parking de l’école. A la caisse du supermarché.

    Il y a ceux chez qui je vais pour me faire soigner, contrôler mes dents, acheter des fleurs, changer les pneus de ma bagnole. Ceux à qui je demande des conseils de bricolage.

    Il y a ceux qui sont venus faire un travail chez moi. Plombier, carreleur, menuisier, plafonneur, couvreur. Ceux qui ont installé l’électricité ou le téléphone.

    J’en rencontre même alors que je suis en vacances en Slovénie ou entre deux trains dans une gare parisienne.

     

    Si peu de rencontres, vraiment ?

    Langue tirée

  • Question existentielle

    Qu’est-ce qui n’existe pas?

    Ce petit thème de méditation attend de vous une réponse brève, de forme libre…

    http://interludephilo.wordpress.com/2012/03/05/quest-ce-qui-nexiste-pas/

    Il y en a qui disent que le progrès n’existe pas : tout va plus mal qu’avant, disent-ils.

    Il y en a qui disent que Dieu n’existe pas : je ne l’ai jamais rencontré, disent-ils.

    Il y en a qui disent que l’amour n’existe pas : ce n’est qu’une question de chimie, disent-ils.

     

    Il y en a même qui disent que la Belgique n’existe pas...

  • Question existentielle

    Crois-tu qu'il soit possible d'avoir le mal de mer dans une tasse de thé ?

    - Crois-tu qu'il soit possible d'avoir le mal de mer dans une tasse de thé ? me demande-t-elle avec son air de souris inquiète.
    - Thé de Chine ou de Ceylan ? lui dis-je.
    - De Chine, je crois.
    Je vérifie d’un rapide coup d’œil sur l’emballage.
    - En effet, lui dis-je. Alors tu n’as rien à craindre.
    - Ah ! Tant mieux ! s’écrie-t-elle. Je suis très sujette au mal de mer.

    Ça ne m’étonne pas d’elle. Elle est si sensible. Quand sa belle chatte tigrée attendait des petits, c’est elle qui avait des nausées. Elle a le vertige quand les enfants des voisins font de la balançoire. Je suis obligé de vérifier qu’il n’y a aucune scène d’ascenseur dans les films qu’elle regarde, sous peine de lui voir faire une crise de claustrophobie.

     

    Et depuis qu’on a dû lui amputer les deux jambes, elle a tout le temps mal aux pieds.

    ***

    écrit pour les Impromptus littéraires
    de la semaine du 9 au 15 décembre 
    http://www.impromptuslitteraires.fr/dotclear/index.php?2013/12/09/12986-semaine-du-9-decembre-au-15-decembre-2013 

  • Quelles sont les choses dont tu es fier/fière?

    En vue de l'examen oral, j'avais demandé à mes élèves de Terminale de réfléchir à la question suivante: Quelles sont les choses dont tu es fier (fière)?

    L'examen oral est un tête-à-tête qui permet cette sorte de conversation. De plus, c'est une réflexion qui est intéressante, ne serait-ce que parce qu'elle va dans le sens contraire de ce qu'on fait habituellement. Comme me le disait une élève:

    - J'ai dû vraiment beaucoup réfléchir pour trouver des choses dont je suis fière! Généralement, je réfléchis à ce que j'ai mal fait.

    Le comble, c'est que précisément cette élève-là est quelqu'un de très bien sur le plan humain, fort douée pour les études en général et particulièrement douée en musique, elle a déjà réussi le concours d'entrée au Conservatoire.

    Alors bien sûr j'ai entendu un tas de jolies choses, sur de belles amitiés qui durent, de beaux parcours scolaires, des concours de toutes sortes où on s'est distingué, de grandes performances sportives, etc. jusqu'à celle qui a sauvé sa petite soeur de la noyade.

    Puis il y a les petits comiques, que ce soit volontaire ou non de leur part:

    - Moi je suis fier de bien savoir jouer à la Playstation3! Chaque fois que je perds, je recommence jusqu'à ce que je gagne: ça montre bien que je suis quelqu'un de persévérant!

    - Moi je suis fier d'avoir passé deux nuits blanches successives! La première parce que je devais me lever à trois heures pour aller à mon job de vacances et la deuxième pour aller à la fête d'un ami. Puis de là je suis de nouveau directement allé à mon travail!

    - Je suis fier d'avoir lu un livre de 250 pages! C'est le plus gros livre que j'aie jamais lu!

    - Je suis fier de ne pas avoir peur en avion. Parce que mon père il a peur de prendre l'avion.

    Je ne sais pas si c'est un pur effet de hasard mais vous l'aurez remarqué comme moi: les petits comiques, ce sont toujours les garçons de la classe. C'est d'ailleurs pour ça qu'on les aime. Comme ce dernier qui m'a dit:

    - Moi je suis fier d'être un type modeste.

     

     

  • N comme nuit noire

    Pourquoi, se demandait l'Adrienne dans la nuit de dimanche à lundi, oui pourquoi appelle-t-on en français "nuit blanche" ces heures qu'on passe à chercher infructueusement le sommeil?

    Serait-ce par antiphrase?

    Car il n'y a rien de blanc à ces longues heures qu'on passe dans l'obscurité à broyer du noir.

  • Question existentielle

    Il faudra que quelqu'un m'explique la contradiction:

    Bruxelles aout 2012 021 - kopie.JPG

    "Y a pas plus simple" titre un des trente ouvrages disposés sur ce présentoir de la Fnac...

    Ah oui vraiment?

    Alors pourquoi y consacrer tout ce papier?

    ***

    Déjà que je ne lis pas le mode d'emploi de mon appareil photo Langue tirée qu'irais-je faire de coûteux bouquins - gros et pesants comme des annuaires de téléphone - qui tenteraient de m'apprendre comment utiliser un iPad ou un iPhone?

    Je préfère admirer en silence ceux qui savent Cool
    Ma grand-mère Adrienne appelait ça "stelen met de ogen" (voler avec les yeux): c'est-à-dire apprendre en observant les autres...

  • Question existentielle: fait-on pitié à être seule à table?

    C'était le titre d'un article publié par le magazine Knack en mai dernier. Une journaliste avait enquêté et payé de sa personne en faisant le test elle-même: s'attabler seule dans un restaurant. (1)

    Pour se donner du courage, elle avait commencé par un self et emporté assez de gadgets électroniques pour avoir l'air très occupée. A son grand étonnement, personne ne l'avait regardée comme une bête curieuse.

    Alors elle s'était enhardie et de fil en aiguille était allée seule dans un "vrai" restaurant... pour constater qu'il y avait d'autres personnes seules à table et que ça n'avait en fait rien de "zielig", contrairement à ce que tout un chacun semble croire.

    J'y pensais alors que je m'apprêtais à déguster mon premier repas romain. J'avais été accueillie comme si j'étais une invitée de marque et comme je refusais de prendre un dessert, on m'a apporté toute une assiette de cantucci. Le lendemain, on me reconnaissait, on ne me donnait même plus la carte et on me demandait ce qui me ferait plaisir: une belle tagliata de boeuf avec des funghi porcini? Parfait!

    Puis j'ai changé de quartier. Pour environ le même résultat.

    J'avais presque terminé ma bagarre avec une pomme quand le serveur, n'en pouvant plus de curiosité, s'approche d'un air décidé et me dit:

    - Vous êtes à Rome pour une convention, Madame?
    - Une convention?

    Je lui fais bêtement écho; il me surprend avec cette question et j'ai les doigts un peu poisseux (c'est une pomme fort juteuse Cool) (2)

    - Oui... pour la Commission européenne, peut-être?

    J'ai été désolée de le décevoir, et même s'il aurait été facile de lui faire croire n'importe quoi, j'ai ri en lui disant:

    - Non, non! je ne suis que touriste!

    Alors dites-moi: "zielig"?

    Ce qui serait "zielig", ce serait de rester chez soi sous prétexte qu'on n'a personne pour nous accompagner.

    ***

    (1) Dans le titre et dans l'article, on utilisait le mot "zielig" qui se traduit par "seul et triste et malheureux à faire pitié" (à rapprocher de l'expression en français: comme une âme en peine)

    (2) j'ai du mal à réfléchir quand j'ai les doigts poisseux Langue tirée

    venerdì 026 - kopie.JPG

    il sera bien temps d'être seule et zielig quand je serai morte Langue tirée
    (photo prise aux musées du Vatican)

  • Questions existentielles

    Je vous le demande tout bonnement:

    Y a-t-il une limite d'âge pour commencer un nouveau sport?

    Ou est-on vraiment vieux le jour où on déclare à tort et à travers "ce c'est plus de mon âge" (1)

    Voilà une des questions que je me pose ces jours-ci, étant libérée de mes cours d'italien et d'espagnol et ayant par conséquent du temps de reste un jour sur deux, pendant que sèchent les maillots de bain et les serviettes.

    Ou au contraire cette envie indique-t-elle qu'on est en pleine midlife crisis?

    Comme ces quadragénaires qui décident tout à coup de s'offrir une grosse moto... J'en ai eu trois exemples parmi mes collègues. Ce qui a fait dire à l'épouse de l'un d'entre eux qu'elle préférait ça à une maîtresse.(2)

    Mais vous pensez bien que ce n'est pas la moto qui m'intéresse...

    Ce que je voudrais réussir à faire, dans mes vieux jours Langue tirée, c'est courir cinq kilomètres. Pour pouvoir participer au cross de l'école, en septembre prochain.

    Est-ce bien raisonnable?

    Sûrement non. Je n'ai jamais couru de ma vie. J'ai un dos dont les vertèbres tiennent ensemble par la force de l'habitude - et parfois il y en a une qui tente de s'échapper...

    Cependant, depuis dix jours, je m'entraîne.

    Et vous savez quoi? C'est addictif!

    Me voilà bien Clin d'œil

    ***

    (1) notez que je précise "à tort et à travers", il ne s'agit pas de la question de savoir si je vais me promener en ville en mini-jupe ni de faire un bébé après 50 ans Langue tirée

    (2) jusqu'au jour où il s'est cassé la figure dans un tournant et qu'un camion lui a passé dessus

  • Question existentielle: fille ou garçon?

    Fille ou garçon?

    Si c'est un garçon, je le garde. Si c'est une fille, je ne la garde pas.

    Non, il ne s'agit pas ici du sort réservé à de nombreux foetus chinois, indiens ou autres... mais voilà ce que je me disais en découvrant les bébés chats de mama Moussa.

    Comme habituellement la jeune femelle chasse la plus âgée, je ne voudrais pas que ce sort cruel incombe à cette pauvre mama Moussa dans ses vieux jours: où irait-elle, à l'âge qu'elle a? Douze ou treize ans, ça me semble assez vénérable pour avoir le droit de finir ses jours tranquille, dorlotée par son fiston Pipo avec qui elle ne diffère que d'un an.

    Il fut un temps où j'étais experte dans la détection, dès la naissance, de ces deux minuscules têtes d'épingle à peine visibles mais qui faisaient toute la différence car elles permettaient de déclarer quel chaton était un futur matou.

    Or cette fois-ci, j'ai tourné et retourné les deux petites bêtes plus de dix fois sur le ventre pour observer la chose... pas de petites têtes d'épingle à voir.

    Qu'allais-je en faire, si c'étaient deux filles?

    D'abord les débaptiser Langue tirée

    Les mener chez le vétérinaire pour les euthanasier? En théorie, ça peut marcher, mais en pratique, c'est infiniment plus difficile, surtout que je me promène avec eux dans mes poches et qu'ils commencent à bien me connaître

    zeta jones mei 2012 (2) - kopie.JPG

    là Zeta&Jones n'ont que quatre jours et entrent à deux dans la même poche Cool

    zeta jones mei 2012 (6) - kopie.JPG

    ici Zeta est âgée de 20 jours et il leur faut chacun une poche 

    Bon, voilà, vous avez compris, je pense Clin d'œil

    Solution numéro deux: les garder quand même? Ce n'est pas vraiment une option, voir plus haut le problème de territorialité chez les femelles.

    Solution numéro trois: les proposer à l'adoption? Oui, mais à qui?

    Et puis hier, en mettant leurs photos sur fb (of all places!), j'ai eu dans la minute un tas de "j'aime" et de réactions délirantes.

    - Ils sont à adopter, ai-je alors écrit.

    Et j'ai déjà deux anciennes élèves qui sont candidates à l'adoption...

    Mais bon, affaire à suivre: je ne serai tranquille que quand la chose sera faite.

  • Question existentielle

    Bonjour madame,

    c'est peut-être une question un peu bizarre, mais je voudrais savoir si c'est un devoir qu'on va utiliser dans la classe, comme lire en haut ou je ne sais pas, parce que je veux écrire quelque chose près de mon coeur et je ne suis pas sûre que je veux que tout le monde sait tout.

    Voilà livré tel quel le premier paragraphe d'un message reçu vendredi dernier d'une de mes élèves de 5e (la Première, en France).

    Je veux écrire quelque chose près de mon coeur... (1)

    C'est bien joli, n'est-ce pas? Vivement lundi et la rentrée, me suis-je dit Cool

    En même temps, ça nous rappelle la question numéro un de tout écrivant: pourquoi est-ce que j'écris? donc qu'est-ce que je choisis d'écrire? et dans quelle mesure vais-je me dévoiler?

    Puis quand elle ajoute:

    Je ne suis pas sûre que je veux que tout le monde sait tout... (2)

    apparaît la deuxième question, tout aussi inévitable que la première: pour qui est-ce que j'écris? puis-je sélectionner mes lecteurs?

    ***

    On est bien sérieux quand on a 17 ans... parfois Clin d'œil

    http://www.youtube.com/watch?v=Ddp1eujPLd8
    Julien chante Arthur

    ***

    (1) j'espère que vous lui pardonnerez cette tournure "peu française" et que vous l'aurez comprise. En néerlandais, nous avons l'expression 'het ligt mij nauw aan het hart', littéralement 'c'est très près de mon coeur', expression qui signifie 'cela m'est très cher' ou 'j'y tiens beaucoup'; elle veut dire qu'elle a envie d'écrire quelque chose d'un peu intime. http://taaladvies.net/taal/advies/vraag/1069/

    (2) j'espère que vous lui pardonnerez aussi l'absence du subjonctif, dont nous ne parlerons 'à fond' que l'an prochain

     

  • Question de Lorenzo

    "A votre avis, est-ce qu'internet rapproche les gens ou est-ce que, au contraire, ça les éloigne?"

    Voilà la question dont Lorenzo, notre prof d'italien du lundi soir, voulait qu'on débatte.

    Petit à petit, nous nous sommes donc lancés, les uns après les autres, pour apporter nos éléments de réponse... mais aucune ne semblait le satisfaire:

    - Internet, c'est un simple moyen de communication, donc ça sert à ça, à communiquer... me suis-je risquée.
    - Oui, mais est-ce que ça rapproche les gens ou est-ce que ça les éloigne?
    - J'ai des amies qui habitent loin, ça nous permet de rester en contact...
    - Oui, mais... (etc voir plus haut)

    Il n'en démordait pas. Une dame est venue à ma rescousse:

    - Quand mon fils était en Amérique du Sud pour plusieurs mois, dit-elle, grâce à Internet on pouvait se parler et se voir en direct, avec la webcam... c'était bien.
    - Oui, mais est-ce que tu t'es sentie plus proche ou plus loin de lui? insistait Lorenzo
    - Ben... plus près de lui, quand on se parlait...
    - Après ta conversation avec lui, tu te sentais gaie ou triste?
    - Euh... un peu triste, parce qu'il était loin pour longtemps, mais contente de l'avoir vu et entendu et de savoir qu'il allait bien.
    - Donc, est-ce qu'internet rapproche ou éloigne?

    A partir de là, on a fait comme tous les élèves de la terre, on a commencé à gigoter sur nos chaises et à ne plus avoir envie d'ouvrir la bouche: il y avait non seulement le handicap de la langue mais en plus un prof qui avait visiblement envie d'entendre dire ce qui était son opinion personnelle: internet éloigne Langue tirée

    Finalement, une dame courageuse lui a demandé:

    - Mais toi, Lorenzo, ta famille en Italie, tu ne communiques pas avec elle par internet?
    - Si, dit-il, mais c'est à vous que je pose la question!

    Alors on en a eu marre pour de bon et on n'a plus rien dit.

    Le débat est toujours ouvert Clin d'œil

  • Question existentielle: à quoi sert d'être cultivé?

    La question était posée par L'Express en décembre dernier (http://www.lexpress.fr/culture/livre/etre-cultive-a-quoi-ca-sert_1061072.html ) à l'occasion de la parution du livre de Normand Baillargeon, Liliane est au lycée. Avec comme sous-titre: Est-il indispensable d'être cultivé?

    La question est parfaitement idiote: on peut vivre sans culture, c'est sûr, mais personnellement, beaucoup de choses m'intéressent. Tout en me rendant parfaitement compte que le savoir est infini et le mien très très réduit. Mais l'un n'empêche pas l'autre.

    Par contre, quand il s'agit de mon boulot de prof, il faut que je me pose la question. Pour mes élèves, le français est une langue étrangère. Avec quels auteurs, avec quels textes, vais-je leur faire faire connaissance? Quelle part de "la culture française" faut-il que je leur transmette?

    Puis, quand ces choix sont faits, il faut que je les leur "vende". La question "à quoi ça sert?" n'est jamais loin. J'essaie généralement de la prévenir en leur expliquant ce qui a motivé mes choix: pourquoi parler de l'origine du français? pourquoi lire l'Ode à Cassandre ou le Dormeur du val? pourquoi Montaigne, Voltaire, Montesquieu, Hugo?

    Mais ce qui me rendrait vraiment heureuse, c'est d'arriver à 'allumer ce feu' chez le plus grand nombre. Vous savez, ce feu dont parle Aristophane:

    "Former les hommes, ce n'est pas remplir un vase, c'est allumer un feu"