rome

  • P comme passant punique

    Je quitte l'école en marchant d'un pas que je crois être toujours aussi ferme qu'autrefois. Je me trompe: il arrive désormais qu'un autre piéton me rattrape.

    Comme celui-ci, dont je sens le pas derrière moi, qui vient finalement à ma hauteur et décide d'entamer une causette:

    - Bonjour! quel temps, n'est-ce pas?

    Quelques gentils nuages voilent le soleil et le vent fait voleter les jupons.

    - J'aime bien ce temps-là, lui dis-je. Je n'aime pas les fortes chaleurs.

    - Ah! moi si! 

    Puis il ajoute:

    - Je suis Tunisien. Il fait toujours beau en Tunisie. Vous y êtes déjà allée?

    - Ce serait trop chaud pour moi, je crains...

    - Il faudrait y aller, insiste-t-il, c'est magnifique, la mer, la plage, le soleil!

    Il dit encore:

    - Je travaille là-bas, dans le secteur touristique.

    Alors, comme j'ai affaire à un connaisseur, je lui réponds:

    - Moi, si j'allais en Tunisie, ce ne serait pas pour la plage et le soleil, mais pour aller voir les sites antiques.

    Il me regarde comme si j'étais tout à coup passée au chinois ou au lingala.

    - Les sitantiques?

    - Ben oui, des vestiges de l'Antiquité. Il y en a beaucoup en Tunisie, non?

    - ...

    - J'irais visiter la ville de Carthage, par exemple.

    Il est désolé, mais il ne voit pas du tout de quoi je parle.

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    « Ruines de Carthage » par Free On Line Photos. Sous licence No restrictions via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ruines_de_Carthage.jpg#/media/File:Ruines_de_Carthage.jpg

    Les noms des rois de Carthage se mettent à défiler dans ma mémoire et rentrée chez moi, je ne cesse de me demander si on n'enseigne pas ce riche passé aux petits Tunisiens d'aujourd'hui ou si je suis juste tombée sur la "mauvaise tête" de la classe Langue tirée 

  • Les 7 merveilles du monde

    Aujourd'hui, premier mardi des vacances de Pâques, Madame et quelques collègues accompagnent les latinistes de l'école pour une excursion scolaire.

    En bus.

    Neuf heures de bus, si tout va bien.

    C'est dire que la chose a intérêt à en valoir la peine.

    Une de ces "merveilles du monde" auxquelles le guide Michelin donne trois étoiles: Vaut le voyage Rigolant

    Hélas, il semblerait que le monde francophone doive encore découvrir ce lieu...

    http://voyage.michelin.fr/web/destination/Allemagne/site-Parc_archeologique_de_Xanten-B_57

    http://xanten.afg.hs-anhalt.de/desk30.html

     prof,école,élèves,histoire,archéologie,rome

     "Archäologischer Park Xanten DE" by Thomas Römer/OpenStreetMap data. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Arch%C3%A4ologischer_Park_Xanten_DE.png#/media/File:Arch%C3%A4ologischer_Park_Xanten_DE.png

    prof,école,élèves,histoire,archéologie,rome

     http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Harbour_temple.jpg

     

  • M comme mendiants

    Que ce soit à Bruxelles, à Rome ou à Vilnius, ceux qui me tendent la main ou sont agenouillés devant leur sébille me plongent dans la gêne.

    Parfois je m'en défais en leur offrant la moitié de mon casse-croûte. Le plus souvent, je ne sais que faire.

    Un reportage sur les sans-abris m'apporte la réponse. Tous y déclarent que la pire des choses, quand on est à la rue, c'est l'absence du regard des autres. 

    C'est comme si nous n'existions pas, disent-ils. Même quand on nous jette une piécette, nous n'avons droit ni à un mot, ni à un regard. Nous sommes moins que des chiens.

    Je décide de ne plus participer à cette négation de la souffrance humaine. Le premier mendiant bruxellois que je rencontre reçoit un regard souriant. Il m'invective. Je dis gentiment bonjour à un autre. Il se met dans une colère noire et m'injurie. Un mendiant que je suis bien obligée de voir, puisqu'il est installé au milieu des marches qui mènent au Parc de Bruxelles, m'insulte.

    Que ce soit à Bruxelles, à Rome ou à Vilnius, ceux qui me tendent la main ou sont agenouillés devant leur sébille me plongent dans la gêne.

     vie quotidienne,actualité,ça se passe comme ça,bruxelles,rome,vilnius

     

    beauté et laideur
    août 2014

     

  • G comme grande bellezza

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    il chiostro di Bramante

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    il palazzo Altemps

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    Castel Sant'Angelo

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    Terme di Diocleziano - chiostro

  • E comme extrêmement Rome

    Extrêmement files et queues

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     le dimanche matin al Quirinale et l'après-midi à San Pietro

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     Extrêmement cinéma, toutes les salles de classe
    et depuis l'annonce de l'oscar
    toutes les vitrines des libraires
    toutes les émissions à la télé
    toutes les conversations
    "La grande bellezza"

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     Extrêmement a room with a view
    que ce soit à droite

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    ou à gauche

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    Extrêmement cappuccino "fai da te" Cool

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  • D comme droit, devoir ou désir d'oubli

    Ai-je le droit d'oublier le nom de mes anciens élèves? d'oublier quelles études supérieures ils ont entreprises, abandonnées ou réussies? d'oublier s'ils sont encore en couple ou déjà divorcés? parents d'une fille ou d'un garçon? 

    Depuis que j'ai beaucoup de rides et quelques cheveux gris, il me plaît d'exagérer ma vieillesse: elle a bon dos.

    - Tu m'excuseras si je ne me souviens pas de ce que tu as fait comme études, avec l'âge ma mémoire ne s'arrange pas...

    Alors ils me le pardonnent bien volontiers:

    - Ah! mais c'est normal, ça vous fait tout de même une centaine délèves par an, vous ne pouvez pas tout retenir!

    J'ai donc le droit d'oublier.

    ***

    Pour d'autres choses, il me semble que j'ai le devoir d'oublier. Oublier l'offense de celui qui s'en repent. Oublier le mal fait involontairement. Oublier leurs erreurs de jeunesse, leurs maladresses, leurs fautes d'inattention. 

    C'est assez facile à faire, contrairement à ce que pensent de nombreuses personnes:

    - Vous vous souvenez sûrement de moi, Madame! Avec toutes les bêtises que j'ai faites!

    Et bien non. Je peux très bien me souvenir de l'enfant sage et avoir complètement oublié le garnement. Il n'y a pas de règle pour cet oubli-là, pas de loi, ou alors de très mystérieuses relations de cause à effet.

    ***

    Mais surtout, il y a tant de choses pour lesquelles j'ai le désir d'oublier. Oublier les blessures d'enfance. Oublier les mots qui font mal. Oublier.

    Il n'y a rien de plus difficile.

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    mais quand je suis à Rome
    il y a une chose que je n'oublie jamais
    c'est d'entrer au Panthéon
    et d'y prendre cette photo-là
    Bisou

     Le droit d'oublier
    est le sujet de la semaine
    aux Impromptus littéraires
    (mais je n'ai pas envoyé ma participation)

  • B comme balade romaine

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    Dimanche après-midi
    monter vers le Gianicolo
    par la via Garibaldi

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    Arriver en haut
    et avoir une vue sur Rome

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    Se balader
    parmi les joggers
    et les promeneurs de chiens

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     La pluie a cessé
    le soleil se montre
    et les premières fleurs aussi

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    Avoir envie
    de prendre en photo
    tous les arbres

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     toutes les échappées sur la ville 

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     et tous les marbres "recyclés"

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    Puis se perdre un peu
    dans les méandres de l'énorme parc
    et arriver à la villa Pamphili

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    ses magnolias

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    et ses citronniers sous emballage

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     Revenir par la via Aurelia Antica
    et manquer se faire écraser cinq fois
    avant de retrouver la Porta San Pancrazio
    et un arrêt de bus.

     

  • Adrienne est en vacances

    En ce dimanche 2 mars, l'Adrienne a prévu d'aller au palazzo Quirinale pour y voir l'expo "La memoria ritrovata, tesori recuperati dall'Arma dei carabinieri" (osez encore dire que vous ne comprenez pas l'italien Clin d'œil) et au palazzo Barberini pour le dernier jour de l'expo sur le peintre Antoniazzo Romano.

    Comment ça, vous ne connaissez pas ce monsieur?

    Et bien l'Adrienne non plus Langue tirée

    ***

    l'expo au palazzo Quirinale : http://www.quirinale.it/qrnw/statico/artecultura/mostre/2014_tesori/tesorihome.htm

    l'expo au palazzo Barberini: http://www.romeguide.it/mostre/antoniazzoromano/antoniazzoromano.html

  • Question existentielle

    Quand reverrai-je...

    Quand reverrai-je, hélas, de mon petit Paris
    Briller la tour Eiffel, et en quelle saison
    Reverrai-je l'Italie et ses horizons
    Qui me sont source de bonheur jamais tarie?

    Plus me plaît un séjour à New-York ou à Rome,
    Le Colisée, l'arc de Titus et le Forum
    Que d'avoir du marbre ou de la soie sur mes murs;

    Plus les voyages en des pays proches ou lointains,
    Big Apple, Bali, Vésuve ou Mont Palatin,
    Que des meubles design et de riches tentures.

    merci Joachim Bisou

  • 22, c'est Bruxelles!

    Vous le savez, on établit des listes de tout et n'importe quoi, les dix lieux à voir ou à ne pas voir, des femmes les mieux ou les moins bien habillées, des animaux ou des langues en voie de disparition, des restaurants où manger, des livres à lire ou des films à voir... il faudra un jour que je fasse la liste des listes.

    La semaine dernière, un magazine en ligne donnait la liste des villes où la qualité de vie est la meilleure. J'ai trouvé ici un bon équivalent en français http://www.urbanews.fr/2012/12/04/27251-qualite-de-vie-vienne-est-toujours-la-meilleure-ville-pour-y-vivre-bagdad-est-la-pire/#.UMW8WKywe0I

    Vous aurez vu dans le titre que Bagdad est la lanterne rouge, il ne fallait pas dépenser des sous en enquêtes pour arriver à cette conclusion, mais soit.

    Pour ce qui est d'aller vivre dans les villes gagnantes, on a intérêt à parler l'allemand: Vienne, Zürich, Munich, Düsseldorf, Frankfurt et Berne sont dans le top 10.

    Tout ça pour vous dire que Bruxelles ma belle est au numéro 22, Paris est 29e et Rome 52e mais qu'elles sont au top trois de mon coeur Cool

    Des autres je ne peux pas parler: je ne les connais pas.

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    Bruxelles en décembre 2011

  • D comme défi

     

    Silence !

    « Silence ! » nous dit-on dans une bonne demi-douzaine de langues, au moins une fois toutes les cinq minutes.

    « Chut ! » font les gardiens postés aux quatre coins de la salle.

    Mais le murmure de la foule ne s’éteint jamais.

    ***

    Il faut croire qu’à la chapelle Sixtine personne, vraiment personne n’est muet d’admiration.

    texte écrit pour le défi 218, désolée pour ceux qui le liront deux fois

  • M comme mendiants

    Ils sont partout, ils sont nombreux et ils sont très divers, les mendiants de Rome.

    On en trouve dans toutes les positions, comme cette grande femme noire que je croisais plusieurs fois par jour rue Gioberti, à côté de la gare Termini, et qui passe ses journées couchée de tout son long sur le trottoir, avec deux ou trois bouteilles d'un litre de bière à côté d'elle.

    Plus loin dans la rue, à l'entrée du supermarché, un vieil homme pieds nus assis sur un casier en plastique rouge. Il a deux valises pour ses affaires et un tapis pour la nuit. Quand je passais le matin, il dormait encore. Le reste du temps, il fumait, le regard au loin.

    Ils ont toutes les couleurs de l'univers et tous les âges de la vie.

    Parfois même, ils assurent un intérim, comme cet homme dans le couloir du métro qui tenait une pancarte rédigée entièrement au féminin... (1)

    A San Pietro, ils sont à genoux, les mains croisées entourées d'un chapelet et leur sébile est enveloppée d'images pieuses.

    Ce sont probablement les places les plus chères... Derrière moi, une femme se penche vers un jeune mendiant qui semble abîmé dans la prière:

    - Buona sera, lui dit-elle en laissant tomber une lourde pièce dans son gobelet orné de photos de saintes religieuses et de padre Pio. And God bless you!

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    vue sur Rome et sur san Pietro depuis le Monte Mario

    Dernièrement, mon journal proposait un petit test pour voir "si on était un enfant de la ville". Une des cinq questions était: "Vous voyez un mendiant. Lui donnez-vous de l'argent?"

    Si la réponse était "oui", c'est qu'on n'était pas un enfant de la ville...

    Il y a de quoi réfléchir, il me semble. Et pas seulement sur la valeur de ce genre de test!

    ***

    (1) sono povera, sono malata (etc.)

  • J comme japonaiseries et J comme John Staples

    Elles sont trois et très probablement japonaises, à voir le soin extrême qu'elles portent à la blancheur de leur peau: parapluie noir, manches longues, gants. Avec 36°C à l'ombre...

    Elles sont très jeunes et se tiennent par le coude, un vague sourire aux lèvres. Elles marchent à petits pas précieux, comme si elles avaient peur d'utiliser leurs pieds.

    Qu'elles tiennent d'ailleurs toutes les trois un peu en dedans, comme cette poupée que j'avais étant petite et avec laquelle il était interdit de jouer.

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    photo prise piazza Navona, vers les neuf heures du matin
    avec la fontaine de Bernini et Sant'Agnese in Agone
    copyright Adrienne

    ***

    Depuis le palazzo Braschi, on a une belle vue sur cette piazza mais si ce n'était l'occasion unique de voir le Caravaggio de Messine, La résurrection de Lazare, que l'on vient de restaurer à Rome, je ne l'aurais pas visité.

    Dans le coin d'une des pièces en enfilade, un grand portrait en pied de John Staples, riche Irlandais du 18e siècle - mais protestant et membre du Parlement anglais. Il s'est fait immortaliser par le peintre Pompeo Girolamo Batoni, un spécialiste du genre, né à Lucca en 1708 et mort à Rome en 1787, fortune faite grâce aux touristes de l'époque.

    Exactement comme aujourd'hui, sur cette même piazza Navona, on peut se faire croquer le portrait en quelques minutes par d'autres spécialistes du genre...

    Oui, vous l'avez dit, nil novi sub sole Cool

    On peut voir ici le portrait en question: http://www.flickr.com/photos/renzodionigi/4160188091/

    Et ici la preuve que monsieur Batoni faisait du travail en série (voir par exemple les poses identiques ou le chien fidèle levant la tête vers le maître qui s'appuie sur une oeuvre choisie de la Rome antique qu'il est venu visiter: http://www.google.fr/search?hl=fr&biw=1280&bih=707&q=piazza+navona+sant+agnese+agone&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.r_qf.,cf.osb&um=1&ie=UTF-8&tbm=isch&source=og&sa=N&tab=wi&ei=yPEDUOqaJ46AhQea8Mz0Bw#um=1&hl=fr&tbm=isch&sa=1&q=pompeo+girolamo+batoni+portrait&oq=pompeo+girolamo+batoni+portrait&gs_l=img.3...95396.98585.2.100527.9.9.0.0.0.0.146.1198.0j9.9.0...0.0...1c.0hvwMg-1pvI&pbx=1&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.r_qf.,cf.osb&fp=dcb8ad580e0c93a7&biw=1280&bih=707

    rome,italie,voyage,peinture

    le Caravaggio avant restauration, photo de wikipedia commons
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Michelangelo_Caravaggio_006.jpg

  • C comme cappuccino... et C comme copyright

    En quittant la minuscule gare de San Pietro dans la direction du Vatican, vous trouvez à votre droite le Green Bar, juste à côté d'un petit magasin bio.

    Il est 17.00 h., mais vous demandez tout de même un cappuccino. Comme vous l'a affirmé un jour un barista romain, il n'y a pas d'heure pour le cappuccino, si on aime ça.

    Celui-ci est excellent et ne vous coûte qu'un euro. Accrochée à la caisse, une pétition pour dire que le quartier se sent en danger, à cause du flot de voitures qui sort en trombe du tunnel (1) et se déverse dans la rue au péril des habitants. Il y a déjà une vingtaine de signatures.

    Ici, c'est la suburbia, le bar est vide et il n'y a pas le moindre touriste dans le quartier. Mais 50 mètres plus loin, si vous traversez le carrefour, c'est la foule autour de Saint-Pierre, ses marbres, ses colonnades et sa myriade de petits commerces.

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    écrire sous ces photos qu'elle sont à moi et sous copyright, vous croyez que ça arrêtera quelqu'un de venir ici se servir ? (2)

    ***

    (1) galleria Principe Amedeo di Savoia

    (2) c'est pour cette raison, cher Joe Krapov, que très souvent je laisse cette vilaine date sur mes photos: je me dis que ça les rend moins attirantes pour le "copilleur" Clin d'œil

  • V comme vietato!

    A l'entrée du parc de la Villa Celimontana, un grand panneau marque tout ce qui est interdit.

    Sous le mot "VIETATO" on énumère toute une série de choses soigneusement numérotées de 1 à 7

    Par exemple, il est interdit de jouer au ballon; deux gamins disputent âprement une partie de foot.

    Il est interdit aux voitures de circuler dans le parc; j'en ai déjà vu passer deux, très certainement des autorizzati...

    Plus loin, d'autres panneaux et d'autres interdits.

    Près d'une large vasque est affiché qu'il est interdit de donner du pain aux poissons. Je ne suis pas allée voir ce que les deux enfants penchés au bord de l'eau étaient en train de faire.

    Sous les grands pins, près des jeux d'enfants, un homme traîne un poney qui traîne une petite voiture qui traîne deux autres poneys montés par un petit garçon et une petite fille.

    Sur la voiture, un panonceau: il est interdit de donner à manger aux cavallucci.

    Au moins, ça vous a appris un nouveau mot: vous supposez que cavalluccio, petit cheval, mot par lequel on désigne généralement l'hippocampe, veut aussi dire poney.

    Mais vous ne pouvez vous empêcher de penser à l'école et à son règlement... et au danger qu'il y a à énumérer des interdits. Car jamais vous ne pouvez les énumérer tous (1) et si vous interdisez, vous vous obligez à contrôler et à sanctionner, sinon tout interdit reste lettre morte.

    Comme au parc de la Villa Celimontana Sourire

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    (1) comme le faisait remarquer un élève en lisant une lettre destinée aux parents et rappelant quelques interdits lors d'une sortie scolaire: "Et la drogue, ce n'est pas interdit?"
    En effet, nous avions omis de mentionner la drogue... nous interdisions uniquement l'alcool et les cigarettes Langue tirée

  • U comme "uniti o divisi"

    Les points communs les plus profonds, on les a parfois avec celui qui a l'air le plus différent de nous.

    Prenez David, à peine 18 ans, natif de Barcelone. En moi, très probablement, il voit le vieux prof à lunettes, qui aime lire (quelle idée!) et visiter des musées (sûrement sombres et poussiéreux). Lui, ce qu'il aime faire à Rome, c'est sortir jusqu'au petit matin dans le quartier du Trastevere et boire juste assez pour se sentir léger et audacieux avec les filles. Il est comme la plupart de mes élèves: il manque de confiance en lui.

    Mais le mercredi matin, Marco nous demande de travailler par paire et il m'associe au jeune garçon. Dans une liste, nous devons choisir quelle citation nous plaît le plus, d'abord séparément, puis comparer et discuter de nos choix respectifs.

    Dans tous les autres duos, Marco avait réussi son coup: les avis étaient partagés et chacun devait essayer de convaincre son partenaire. Chez nous, non: nous avions sélectionné la même phrase et qui plus est, pour les mêmes raisons.

    Noi uomini possiamo essere uniti o divisi dalle parole: sta a noi scegliere. (1)

    Lui comme Catalan, moi comme Flamande, nous pensions tous les deux à notre situation politique et culturelle, à cette poussée nationaliste qui fait considérer à certains que la langue, c'est tout ce qui fait l'identité, que parler celle de l'autre, c'est trahir et que par conséquent nos langues nous divisent au lieu de nous unir dans le dialogue.

    Et le jeune David de conclure avec moi: c'est à nous de décider si nous entrons dans ce jeu (dangereux)... ou pas. Puis tout content il annonce à Marco:

    - Nous avons choisi la même phrase et nous sommes d'accord sur tout!

    ***

    (1) Nous pouvons être unis ou divisés par les mots: c'est à nous de choisir.

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    au cas où certains auraient un doute: non, les musées de Rome ne sont ni sombres, ni poussiéreux Clin d'œil
    (photos prises en descendant l'escalier monumental du palazzo Braschi)
    premier et deuxième étage

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    l'escalier est assez large pour que j'y passe avec ma mazda sans déranger les piétons éventuels de part et d'autre

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    rez-de-chaussée et premier étage

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    et tout en bas veille un Zeus tonnant (le tonnerre a un peu souffert...)

  • 22 choses à faire pour passer le temps dans un aéroport

    Zaventem, premier juillet 2012

    1.au lieu de se précipiter, faire du trajet entre l'entrée et le lieu de l'embarquement une longue promenade de badaud

    2.choisir la plus grande librairie et feuilleter tous les magazines et livres qui vous intéressent; en ressortir tout naturellement avec le dernier numéro du Magazine Littéraire consacré à l'éloge du voyage

    3.s'offrir un cappuccino chez Rouge: il coûte 3,90 € mais les sièges sont moelleux et on vous le sert avec un gros beignet

    4.profiter des soldes pour oser entrer dans les boutiques de luxe; ne rien acheter

    5.pousser le vice jusqu'à essayer "just for the fun" un jean blanc Armani et être heureuse de constater qu'avec votre mètre soixante-cinq, le pantacourt prend des allures de "tu vas aux fraises?" ou "tu as de l'eau dans ta cave?"

    6.chercher une baraquette où on vend des fruits; voilà ce qui vous prendra le plus de temps et ne vous coûtera rien: vous n'en trouverez pas

    7.entrer dans un magasin de chaussures et essayer des modèles de star; faire tomber une pile de boîtes, tout soigneusement remettre en place

    8.observer les gens, source inépuisable d'émerveillement

    9.écouter toutes les langues autour de vous et essayer de les identifier

    10.tenter de joindre votre mère au téléphone; elle n'est pas chez elle et son portable n'est pas allumé, pourtant la veille encore elle vous avait bien redit de noter son nouveau numéro, "comme ça tu pourras me contacter si tu veux"...

    11.essayer de voir le titre ou l'auteur du livre que les gens lisent autour de vous; à ma gauche, The last siege, Constantinople 1453 et à ma droite, Ne vous retournez pas, Maud Tabachnik

    12.vous demander pourquoi l'aéroport préconisait de venir au moins deux heures à l'avance: en ce dimanche après-midi, il fait fort calme

    13.écouter les conversations téléphoniques; difficile de faire autrement, même en se bouchant les oreilles

    14.admirer la vue sur les gros-gros-zavions

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    15.lire; ce qui prend trois fois plus de temps que normalement, à cause des cris d'enfants, des appels répétés pour d'autres vols, des sonneries diverses de téléphone (très en vogue actuellement, la sonnerie qui ressemble à celle qu'émettaient les vieux appareils en bakélite noir dans les films américains des années 40)

    16.penser à vos blogamis en feuilletant le Magazine Littéraire: l'éditorial consacré à Proust vous fait sourire et penser à ceux qui l'ont dévoré avec passion (et même fait le pèlerinage à Combray) et ceux qui ne sont jamais venus au bout du premier volume; page 7 une pub pour les (très onéreux) ateliers d'écriture de la NRF; page 9 un article en clin d'oeil à Nuages, Utopie et uchronie Clin d'œil

    17.méditer un instant sur la citation de Charles Dantzig trouvée en page 29: "Ah, les blogs. Pour l'écrivain, les blogs sont un assèchement de la littérature. Aucun travail de forme."

    18.enlever la veste, enlever l'écharpe, remettre la veste, remettre l'écharpe... (ad libitum): la climatisation est un brin trop fraîche...

    19.balancer entre le dédsir de bouger encore un peu avant les deux heures d'avion et l'envie de rester tranquillement assise avec le permis d'embarquer tout près en main

    20.tant qu'à faire, commencer à s'exercer à parler la langue du pays où on va et se faire de grandes conversations dans la tête

    21.prendre papier et stylo et faire la liste des 22 choses à faire pour passer le temps dans un aéroport

    22.constater que tout à coup tout le monde se lève pour faire la queue; rester encore un peu assise et s'offrir une dernière fois le luxe de se laver abondamment les mains aux toilettes...

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    et tout ça pour avoir A room with a view Cool

  • R comme rions-en (si possible)

    - Regardez! s'écrie toute contente Paula-la-Polonaise, en arrivant au cours un matin. Regardez le beau sac que je me suis acheté en venant ici! Vingt euros!

    Elle sort un grand fourre-tout beige d'un sac en plastique. Les yeux brillants, les mains fébriles, le sourire aux lèvres: ça doit être ça, la shoppingmania Clin d'œil

    - C'est du vrai cuir?

    ça, c'est moi et mes questions idiotes Langue tirée

    - M'en f...! répond Paula. Cuir ou plastique, je le trouve beau. Et je m'en f... si c'est un sac volé, ajoute-t-elle d'un ton de défi, alors que personne ne lui demande rien. Je l'ai vu, il m'a plu, il n'était qu'à vingt euros et je l'ai acheté, voilà!

    Dix minutes plus tard, la même Paula dira des choses terribles sur tous ces étrangers qui viennent dérégler l'économie européenne.

    - Nous les Polonais, dit-elle en élevant la voix, nous allons jusqu'en Irlande pour travailler dans le bâtiment, parce que les Irlandais, ils ne veulent pas faire ce travail!

    Je n'ai pas voulu lui répondre que c'était surtout une question de coût de la main-d'oeuvre, et que tous ces braves travailleurs polonais, en Belgique aussi, avaient été mis au travail par des firmes qui évitaient ainsi de payer tout ce que normalement il faut payer comme charges sociales etc. etc.

    Et hier? qu'a-t-elle fait hier, veut savoir Marco après la pause.

    - Hier? J'ai fait du shopping. Je me suis acheté deux paires de chaussures et une robe. Regardez!

    Et elle lève une jambe pour montrer un pied chaussé d'une sandale à talon vertigineux.

    Je n'ai pas voulu non plus lui demander si c'était en faisant le maçon en Irlande que son père pouvait lui permettre d'assouvir sa shoppingmania à Rome...

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    Personnellement, je n'ai pas été tentée par des sacs, des robes ou des chaussures, mais par ce bel athlète pour mon jardin Langue tirée
    je pourrais l'attifer comme notre Manneken Pis et aujourd'hui, pour notre fête nationale, lui faire tenir un drapeau tricolore
    (photo prise dans les musées du Vatican)

  • Le bilan du 20

    20 heures de cours d'italien répartis sur cinq jours

    20 cappuccino, douze au petit déjeuner et huit "entre les heures"

    20 billets sur Rome, quatorze déjà publiés en comptant celui-ci, six encore à venir

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    et 20 photos prises sur le Monte Mario
    (rapport avec la lecture d'Alexis Curvers, Tempo di Roma, voir ici: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2011/12/28/c-comme-curvers.html)

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    mais rassurez-vous, je ne vous en mettrai ici que trois Clin d'œil

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    "ce patelin qu'on aperçoit dans le fond", c'est Rome Cool

     

     

  • Question existentielle: fait-on pitié à être seule à table?

    C'était le titre d'un article publié par le magazine Knack en mai dernier. Une journaliste avait enquêté et payé de sa personne en faisant le test elle-même: s'attabler seule dans un restaurant. (1)

    Pour se donner du courage, elle avait commencé par un self et emporté assez de gadgets électroniques pour avoir l'air très occupée. A son grand étonnement, personne ne l'avait regardée comme une bête curieuse.

    Alors elle s'était enhardie et de fil en aiguille était allée seule dans un "vrai" restaurant... pour constater qu'il y avait d'autres personnes seules à table et que ça n'avait en fait rien de "zielig", contrairement à ce que tout un chacun semble croire.

    J'y pensais alors que je m'apprêtais à déguster mon premier repas romain. J'avais été accueillie comme si j'étais une invitée de marque et comme je refusais de prendre un dessert, on m'a apporté toute une assiette de cantucci. Le lendemain, on me reconnaissait, on ne me donnait même plus la carte et on me demandait ce qui me ferait plaisir: une belle tagliata de boeuf avec des funghi porcini? Parfait!

    Puis j'ai changé de quartier. Pour environ le même résultat.

    J'avais presque terminé ma bagarre avec une pomme quand le serveur, n'en pouvant plus de curiosité, s'approche d'un air décidé et me dit:

    - Vous êtes à Rome pour une convention, Madame?
    - Une convention?

    Je lui fais bêtement écho; il me surprend avec cette question et j'ai les doigts un peu poisseux (c'est une pomme fort juteuse Cool) (2)

    - Oui... pour la Commission européenne, peut-être?

    J'ai été désolée de le décevoir, et même s'il aurait été facile de lui faire croire n'importe quoi, j'ai ri en lui disant:

    - Non, non! je ne suis que touriste!

    Alors dites-moi: "zielig"?

    Ce qui serait "zielig", ce serait de rester chez soi sous prétexte qu'on n'a personne pour nous accompagner.

    ***

    (1) Dans le titre et dans l'article, on utilisait le mot "zielig" qui se traduit par "seul et triste et malheureux à faire pitié" (à rapprocher de l'expression en français: comme une âme en peine)

    (2) j'ai du mal à réfléchir quand j'ai les doigts poisseux Langue tirée

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    il sera bien temps d'être seule et zielig quand je serai morte Langue tirée
    (photo prise aux musées du Vatican)

  • P comme ponctuel

    Le premier jour, Cristina m'annonce:

    - Aujourd'hui nous ne commencerons pas à l'heure parce que je dois tester le niveau des nouveaux étudiants...

    D'accord, je peux la comprendre, mais les nouveaux n'ont-ils pas fait comme moi et ne sont-ils pas arrivés bien à l'avance afin que cette sélection puisse se faire avant le cours? Ils sont tous là dans la cour intérieure du palazzo, personne ne parlant à personne, un peu perdus, en attente... et pour la plupart d'entre eux l'évaluation sera vite faite: ils savent à peine dire "Ciao!"

    Par contre la pause commence à l'heure Langue tirée

    Après la pause, changement de prof mais pas changement dans la ponctualité.

    Le lendemain, le surlendemain, toute la semaine, même jeu:

    - C'est l'heure, affirme Marco alors que la montre marque déjà 09.37 h., nous allons commencer.

    Puis il disparaît: il doit encore aller faire des photocopies, ou prendre un lecteur CD, ou aller chercher une chaise. Mais le mal n'est pas si grand: autour de la table, notre langue commune pour les échanges d'impressions - depuis la Russie et le Kazakhstan jusqu'aux Etats-Unis et au Brésil - c'est l'italien.

    ***

    Dans le couloir, ce cadre est accroché. Il dit ironiquement que l'Européen idéal devrait être...

    Roma juillet 2012 009 - kopie.JPG

    mais moi je dirais: ponctuel comme un Italien Cool

    ***

    Mon amie MC, qui est Wallonne, ne serait pas d'accord: ce qu'elle voit dans mon désir de ponctualité, c'est "que je suis Flamande"...

    Ainsi, on est toujours l'étrange étranger de quelqu'un, même de son plus proche voisin!

    Langue tirée

  • O comme omnem orbem obsident...

    Elles sont partout.

    Elles sont des centaines, des milliers.

    A chaque coin de rue, sur les toits, près des portails. Que le bâtiment soit officiel, privé, commercial ou religieux.

    Elles sont toujours dirigées vers vous qui passez innocemment.

    Certains disent qu'elles leur donnent un sentiment de sécurité.

    Moi elles me font l'effet contraire.

    Je me sens surveillée, épiée, elles me mettent mal à l'aise: je me demande qui surveille qui...

    Y a-t-il vraiment des gens qui doivent passer le plus clair de leurs jours devant des écrans ou ces caméras ne sont-elles là que pour tromper le monde?

    Filment-elles vraiment? et si oui, que fait-on de ces images? combien de temps sont-elles conservées?

    Je n'ai que des questions et aucune réponse.

    Mais une chose est sûre: quelle que soit leur utilité, quel que soit leur usage, ceux qui ont vendu et installé ces appareils ont fait de bonnes affaires...

    http://roma.goturismo.it/turismo/lazio/roma/comune/web_cam/diretta/telecamera/foto/immagini/webcam.htm

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    juste deux exemples, pris dans la même rue, de maisons voisines

  • N comme neuf

    Neuf mètres: c'est le diamètre de l'ouverture dans la coupole du Panthéon (1), merveille unique de l'architecture romaine, surtout si l'on sait combien de siècles il a fallu avant qu'on soit à nouveau capables de réaliser un tel exploit... et si l'on pense aux moyens techniques de l'époque!

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    magie de cet oeil qui laisse entrer la lumière du soleil, permettant ainsi de "lire l'heure"
    mercredi 4 juillet un peu avant 17.00 h.

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    samedi 7 juillet un peu après 09.00 h.
    le carrelage sent bon l'eau savonneuse

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    j'aime en faire le tour, y entrer et m'y asseoir un moment en me démontant le cou pour ne voir que la coupole parce que les "arrangements" baroques (?) apportés par l'église me font mal aux yeux
    (même si c'est grâce à cette récupération qu'il a pu être conservé)

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    et chaque fois que je suis à Rome je le photographie de tous les côtés Bisou

    c'est un de ces lieux qui m'émeuvent

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    (1) neuf mètres, disait l'affichage à l'intérieur du Panthéon; 8,7 mètres, dit wikipédia... http://fr.wikipedia.org/wiki/Panth%C3%A9on_%28Rome%29

  • K comme Kazachstan

    Natalyia est à Rome depuis longtemps mais en dehors de son trajet de métro quotidien, elle est perdue.

    Le vendredi, jour de la grève du métro et des bus, elle me demande si elle peut m'accompagner à pied. Elle a peur de se perdre.

    Chaque matin, à la question du prof: "Qu'avez-vous fait hier après les cours?" elle répond la même chose: "Rien de spécial. Je suis retournée à la maison."

    Elle loge chez des amis italiens.

    - Pourquoi tu t'exprimes si peu en classe? je lui demande pendant qu'on fait nos cinq kilomètres à pied.
    - Tous ces sujets ne m'intéressent pas, dit-elle. La culture, la musique, le cinéma, les livres...

    Je n'ai pas insisté. Ce jour-là, nous avions parlé de l'immigration, elle n'avait pas ouvert la bouche non plus et pourtant la discussion avait été rude. La Russe Irina et la Polonaise Paula s'étaient exprimées très violemment contre tous ces immigrés qui avaient, selon elles, envahi l'Europe.

    - Je suis allée à Londres, dit Irina, et l'Angleterre n'est plus l'Angleterre!

    Ce qui m'a semblé un peu risible. D'abord parce qu'à l'âge qu'elle a - pas 25 ans - avec quelle Angleterre peut-elle comparer? Et si celle qu'elle a vue ne correspondait pas à l'idée qu'elle s'en faisait, ne serait-ce pas plutôt dû aux clichés qu'elle avait en tête? Qu'a-t-elle donc vu, à Londres, sinon une ville cosmopolite?

    Mais le plus comique, c'est qu'Irina elle-même veut émigrer: elle brigue un poste de professeur dans une université européenne.

    Elle apportera donc une touche slave dans la belle (mono)culture du pays où elle s'établira Langue tirée

    ***

    Alors avec Natalyia, sur le chemin du retour, nous avons parlé des steppes et du pétrole de son pays, le Kazakhstan. Où elle aimerait devenir prof d'italien.

    Mais sans la culture, les livres, la musique, le cinéma... et toutes ces choses qui ne l'intéressent pas Cool

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Kazakhstan

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    la Feltrinelli sur le Largo Torre Argentina, où vendredi après-midi entre 15.00 et 17.00 h j'ai lu Io e te, un chouette petit livre de Niccolò Ammaniti, le dos bien calé dans un bon fauteuil à dossier droit Sourire http://www.lepoint.fr/cinema/bertolucci-fidele-a-ammaniti-24-05-2012-1464781_35.php

  • J comme Jour 4

    Le quatrième jour, tu as trouvé tous tes repères: un bar où prendre un excellent cappuccino, un resto sympa où manger plein de fruits et de bons légumes pour pas cher, une supérette à côté de chez toi; tu t'y retrouves dans les trajets avec les lignes de bus, tu n'as presque plus besoin de ton plan de Rome, tu commences à bien connaître les autres cursistes - même si tu as toujours beaucoup de mal à comprendre l'italien avec l'accent anglo-saxon de Zach ou avec l'accent croate de Maya - mais voilà qu'on t'apporte un formulaire d'évaluation, te rappelant ainsi que tu t'en vas le lendemain.

    Alors à la dernière question: "Qu'as-tu pensé de ce cours?" tu réponds: "J'aimerais bien rester tout un mois... au moins!"

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    vendredi soir, pont Vittorio Emanuele II

  • I comme I Bersaglieri

    La scène se passe en 1905.

    Le clairon sonne le réveil mais les portes des chambrées sont fermées à clé: i bersaglieri doivent sortir dans la cour pour l'appel du matin en se laissant glisser le long de cordes qu'ils jettent par les fenêtres.

    Ensuite, après qu'ils ont rapidement avalé leur petit déjeuner (qui était liquide... soupe ou café? allez savoir) le documentaire nous les montre en train de faire leur gym matinale. Habillés de pied en cap avec la calotte et sa "floche" comme on dit chez nous, ils font toutes sortes d'acrobaties, y compris le saut à la perche.

    Autre spécialité: monter et démonter le campement en un temps record. C'est d'un comique inouï de les voir se démener avec le casque à longues plumes noires sur la tête et leur jaquette à boutons dorés.

    Au combat, bien évidemment, ils sont toujours en première ligne. C'est ce que dit le film. Armés d'un long fusil (modèle 1905, je vous le rappelle) et coiffés de leurs plumes, ils montent à l'assaut d'une colline ou la dévalent en courant, précédés de leur officier qui brandit un sabre (et a de jolies moustaches).

    En 1905, ils ont l'armement de pointe: la mitraillette. Quatre chevaux sont nécessaires pour le transport de ces fleurs de la modernité qu'il faut encore monter sur place. Ce qui prend un peu plus de temps que d'établir et de replier le campement.

    "Cuore e gambe d'acciaio", la troupe défile devant quelques villageois dans un paysage désolé.

    Retour dans le camp pour un flash mob avant la lettre: couchés sur le sol, ils forment avec leur corps les deux mots: I BERSAGLIERI.

    Pour former le I il faut trois hommes.

    ***

    Ce petit film de 1905 (de la Cineteca di Bologna) est projeté dans le cadre d'une exposition dans le monument à Vittorio Emanuele II

    Tout sur I Bersaglieri ici, sonnerie au clairon comprise: http://www.bersaglieri.net/default.aspx?s=1&l=1

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    de la terrasse, magnifique vue sur Rome (avec au loin la coupole de Saint-Pierre)

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    le mercato di Traiano

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    et jusqu'au Colisée...

  • H comme hargneux

    J'ai déjà assez répété ici la gentillesse des Romains pour que plus personne n'en doute. Dès que vous remettez les pieds pour la deuxième fois dans un endroit, on vous y reçoit comme si vous étiez la reine d'Angleterre (pourtant vous n'avez pas de chapeau Langue tirée) et le garçon qui vous voit vous bagarrer avec une pomme et un couteau vous apporte immédiatement un instrument plus adéquat (vous vous demandez d'ailleurs d'où il le sort, il est long, fin, parfait pour trancher et épépiner).

    Bref, ils sont d'une courtoisie sans faille et pleins de prévenance.

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    Cependant, je dois à la vérité de faire une exception: les bus. Leurs chauffeurs et leurs utilisateurs.

    D'accord, ils sont plus que bondés - on se demande parfois comment on va faire pour "absorber" encore les deux ou trois personnes qui veulent monter - d'accord, il y fait un caldo da morire - 37° le matin Clin d'œil - d'accord, la circulation est folle et le pavé de Rome, en très mauvais état, vous secoue et vous jette les uns sur les autres...

    Mais est-ce une raison pour que le chauffeur aboie de ne pas vous appuyer contre sa porte de verre?

    Est-ce une raison pour ne plus jamais céder sa précieuse place assise aux gens visiblement très âgés?

    Est-ce une raison pour se coller à vous du haut en bas et respirer vos cheveux?

    ***

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    stazione Termini: le bus à côté du nôtre est déjà plus qu'à moitié plein, il sera bondé au moment du départ et dès l'arrêt suivant des tas de gens devront encore s'y ajouter

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    en théorie, il peut contenir une centaine de personnes debout ...

    ***

    - L'ho preso! L'ho preso! (1) chantonne un petit garçon en se précipitant sur le seul siège libre. 

    La mémé octogénaire (2), le vieux grand-père, une femme et son bébé... ils n'ont qu'à rester debout et s'accrocher à une barre. Personne ne dispute sa place au gamin triomphant.

    ***

    Vendredi, c'était la grève des transports publics: les bus ne roulaient pas, le métro s'est arrêté. Vous avez donc fait cinq kilomètres à pied pour aller au cours.

    - Ils font la grève un vendredi sur deux, dit Cristina, notre prof de la première heure.

    Puis elle nous explique qu'ils sont toujours sous le même contrat qu'il y a des années, avec le même salaire inchangé, et que pour beaucoup d'entre eux la situation est devenue fort précaire.

    Alors je me dis que c'est sans doute pour ça, qu'ils sont si hargneux...

    ***

    (1) Je l'ai pris! (il parlait du siège libre, bien sûr, un posto libero Clin d'œil)

    (2) mais sans doute considère-t-il, tout comme ma mère, qu'à quatre-vingts ans, on n'est pas vieux!

  • G comme gelati

    Demain je quitte Rome, il est donc plus que temps de parler de glaces...

    Le gelato italien se porte bien, paraît-il: tout d'abord, parce qu'il s'enrichit chaque année de nouveaux goûts, comme celui qui a la saveur du pain, le parfum du safran ou qui allie la framboise et le romarin, la mûre et la lavande. Sans compter toutes les glaces salées, au fromage de chèvre, au parmesan, à l'artichaut.

    Ensuite, par le nombre toujours croissant des gelaterie et de leur chiffre d'affaire: elles seraient 36 000 pour un business de 2,5 milliards d'euro, soit une augmentation de 7 % par an.

    Enfin, la variété des goûts offerts - au niveau national - dépasserait les six cents...

    Moi, devant le comptoir frigo de la gelateria artigianale du coin, il y a déjà tant de choses que j'aime qu'il faudrait que je reste six semaines Cool

    Nocciola, stracciatella, fior di latte, mascarpone? Melon, papaye, abricot? Pêche, figues, chocolat noir?

    http://www.gelato.it/petrini/index1.htm

    "Nella capitale Mauro Petrini presenta, invece il cioccolato in tutte le sue declinazioni: da quelli di origine unica ai cioccolati speziati, dal peperoncino all’anice stellato, sino al gusto Bombay, con pepe rosa, zenzero e chiodi di garofano. Accanto a questi i gelati al liquore e l’ultima trovata: il gelato “vin santo e cantucci” in vetrina accanto al gelato croccante, ossia torrone e mandorle, e al gusto meringa. “A Roma - fa sapere Petrini - i gusti tipici sono lo zabaione e la crema, e proprio la crema, insieme al cioccolato e alla nocciola, è il gusto più amato e consumato”."

    Dans la capitale, Mauro Petrini présente le chocolat dans toutes ses déclinaisons: de ceux d'origine jusqu'aux épicés, depuis le piment jusqu'à l'anis étoilé ou au goût Bombay, au poivre rose, gingembre et clou de girofle. A côté d'eux, les glaces à la liqueur et la dernière invention: la glace au "vin santo e cantucci" (biscuits aux amandes) à côté de la glace croquante, au nougat et aux amandes, et celle au parfum de meringue.
    "A Rome, dit Petrini, les parfums typiques sont le sabayon et la crème, et justement la crème, avec le chocolat et la noisette, sont les parfums les plus appréciés et les plus consommés."

    http://www.winenews.it/i-capolavori-dell-agroalimentare-d-italia/27461/gelato-passione-ditalia-tanti-nuovi-gusti-dal-formaggio-caprino-al-parmigiano-reggiano-dal-vino-al-carciofo-per-una-moda-che-non-passa-mai-a-primavera-7-di-vendite-sul-2011-nelle-36000-gelaterie-del-belpaese

    Alors, qu'est-ce que je vous mets?

    Cool

  • 7 comme sette, sette conigliette

    "Sette, sette conigliette..." (1) chante une petite fille en sautillant.

    Quartier San Lorenzo, mardi soir sur la terre. Ici, on est loin du centre touristique et des boutiques de luxe. Ici, on y accède en traversant d'abord le royaume des cartons et des odeurs d'urine.

    Le voyage dans la Rome d'un Moravia de 2012 (2) commence de l'autre côté de la stazione Termini où tout le long du chemin de fer se sont établis en grappes tous les réfugiés et autres précaires de Rome. Il y a d'abord une zone "sous-continent indien", avec ses magasins de saris. Puis celle de l'Afrique noire, dépôt de faux sacs Vuitton compris. (3) Après une rangée d'appartements tristounets, on peut voir un coin avec des tentes et partout des détritus. Et partout des petits groupes d'hommes qui discutent. Et partout l'odeur.

    Mais si on s'engage dans la rue parallèle, on pénètre dans un de ces quartiers où les gens semblent tous se connaître et se saluer par leur prénom et où les petites filles chantent des filastrocche (4) en sautillant. Ici il ne vient pas de touristes, on le sent aux regards qu'on reçoit: "Qui c'est, celle-là? Elle s'est perdue, ou quoi?"

    En retournant vers le centre, on passe par un petit jardin public. Jeux d'enfants dans un coin, grands chiens s'ébattant librement entre les arbres, avec force aboiements. Les quelques bancs qui disposent encore de leurs lattes de bois sont occupés par des hommes de tout âge en qui on reconnaît de loin la misère qui les a jetés là.

    Il est six heures, dans les restaurants du centre c'est le moment de l'aperitivo, sorte de "happy hour" pendant laquelle l'achat d'un verre vous permet de manger à volonté au buffet. Ici, les hommes sommeillent allongés sur des bancs usés qui n'ont même plus une trace de peinture. Et dans la pelouse redevenue sable et poussière, les chiens ont creusé des trous. Deux d'entre eux viennent baver sur mon carnet de notes puis retournent gambader. Trois hibiscus bleus sont en train de mourir de soif.

    Toute la vie humaine est concentrée sur la petite aire des jeux d'enfants; les petits s'amusent à des glissades, les plus grands jouent au ballon pendant que tout autour les mères et les grands-mères surveillent en papotant.

    De l'autre côté, bien séparés par des grillages, les hommes du Circolo Bocciofilo (5) tapent le carton sous la pergola.

    C'était un mardi soir sur la terre. On a retrouvé le monde des touristes aux sons d'une cithare dont un homme jouait à la terrasse d'une pizzeria, espérant sans doute gagner trois francs six sous. Et je devais penser au Roma de Fellini.

     ***

    (1) Sept petits lapins (conigletta est en fait le mot féminin, on l'utilise auss pour les Bunny)

    (2) Alberto Moravia, dans son recueil de nouvelles Racconti Romani, met en scène le petit peuple de la Rome de la première moitié des années cinquante

    (3) Le monde arabe et la Chine se retrouvent plus près du centre, comme j'ai pu le constater en rentrant à l'hôtel

    (4) la filastrocca est une sorte de comptine

    (5) une association d'amateurs de jeux de boules

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    les murailles le long du chemin de fer sont comme une frontière entre deux mondes

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    comme on peut le constater, le stationnement est interdit Langue tirée

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    Huit heures du soir: derrière la muraille, le vacarme des trains qui passent

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    retour vers le centre: j'ai baptisé ces vestiges Finis terrae... turisticae Cool

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    vous voyez la pub de l'hôtel Radisson?

  • E comme experte

    Rentrer comme une grande dans le palazzo situé au numéro 16 de la via Catullo.

    Se faire héler par le portier qui jusque-là fumait tranquillement sa cigarette à l'ombre de l'autre côté de la rue.

    Lui expliquer pleine d'assurance que vous venez pour un corso d'italiano.

    L'entendre vous répondre que dans ce cas-là, il dottore X vous attend sans aucun doute au premier étage.

    Vous rendre compte à ce moment-là que vous deviez être au numéro 16 d'une autre rue pas loin qui porte aussi le nom d'un poète latin Cool

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