venise

  • R comme rouge

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    "L'art se doit de perturber et de séduire", c'est Jan Fabre qui l'annonce à l'entrée de l'expo Het Vlot/The Raft. On n'est pas loin du "plaire et émouvoir" de ce cher Horace et de son élève Boileau. 

    expo,ostende,art

    De la laine rouge - beaucoup beaucoup de laine rouge - deux canots et trois vieilles clés, il n'en fallait pas plus à Chiharu Shiota pour plaire à l'Adrienne - et aussi un peu l'émouvoir, à cause des trois vieilles clés qui ressemblent étonnamment à celle "de la porte de derrière" que grand-mère Adrienne tenait bien serrée dans le creux de la main, en entrant ou en sortant de chez elle. 

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    Symbolique du parcours de vie, des lieux de vie, de la mémoire... et en plus ça ressemble à une toile d'araignée?

    Bien sûr que ça parle à l'Adrienne cool 

     photos prises à Ostende le 3 novembre dernier 

    la vidéo montre le même genre d'installation à la Biennale de Venise en 2015

  • Z comme Zigzags

    littérature,venise,italie,france,voyage

    Si vous avez des envies de Venise, mais pas le temps ou l'argent pour y aller, lisez Théophile Gautier: 

    L’humidité y est extrême ; une odeur fade, dans les chaudes journées d’été, s’élève des lagunes et des vases ; tout y est d’une malpropreté infecte. Ces beaux palais de marbre et d’or, que nous venons de décrire, sont salis par le bas d’une étrange manière ; l’antique Bucentaure lui-même, que les Français ont brûlé pour en avoir la dorure, n’était pas, s’il en faut croire les historiens, plus à l’abri de ces dégoûtantes profanations que les autres édifices publics, malgré les croix et les rispetto dont ils sont couverts. À ces palais s’accrochent, comme un pauvre au manteau d’un riche, d’ignobles masures moisies et lézardées qui penchent l’une vers l’autre, et qui, lasses d’être debout, s’épaulent familièrement aux flancs de granit de leurs voisins. Les rues (car il y a des rues à Venise, bien qu’on n’ait pas l’air de le croire) sont étroites et sombres, avec un dallage qui n’a jamais été refait. Des vieux linges et des matelas sèchent aux fenêtres [...] c’est le cadavre d’une ville et rien de plus ; et je ne sais pas pourquoi les faiseurs de libretti et de barcarolles s’obstinent à nous parler de Venise comme d’une ville joyeuse et folle. La chaste épouse de la mer est bien la ville la plus ennuyeuse du monde, ses tableaux et ses palais une fois vus.

    Les gondoles, dont ils font tant de belles descriptions, sont des espèces de fiacres d’eau qui ne valent guère mieux que ceux de terre.

    C’est un cercueil flottant peint en noir avec une dunette fermée au milieu, un morceau de fer hérissé de cinq à six pointes à la proue et qui ne ressemble pas mal aux chevilles d’un manche de violon. Un seul homme fait marcher cette embarcation avec une rame unique qui lui sert en même temps de gouvernail. Quoique l’extérieur n’en soit pas gai, il se passe quelquefois à l’intérieur des scènes aussi réjouissantes que dans les voitures de deuil après un enterrement.

    Les gondoliers sont des marins butors qui mangent des lasagnes et des macaroni, et ne chantent pas du tout de barcarolles.

    Quant aux sérénades sous les balcons, aux fêtes sur l’eau, aux bals masqués, aux imbroglios d’opéra-comique, aux maris et aux tuteurs jaloux, aux duels, aux escalades, aux échelles de soie, aux grandes passions à grands coups de poignard, — cela n’existe pas plus là qu’ailleurs. 

    ***

    texte complet ici 

    Zigzags a paru en 1845 

    la photo a été prise en 2006

  • Stupeur et tremblements vénitiens

    C'est un petit ouvrage d'à peine 58 pages dans sa version italienne qui paraît ce mois-ci en traduction française https://diacritik.com/2016/05/18/roberto-ferrucci-venise-est-lagune-venezia-e-laguna/  

    Venezia non è una città di mare. Venezia è laguna.

    Venise n'est pas une cité de la mer. Venise est lagune.

    I veneziani che escono in barca, si aggirano per le sue fragili e bellissime acque verdi, raramente escono a fendere quelle azzurre dell’alto Adriatico. È questo il paradosso enorme di quell’assurdo dibattito su grandi navi sì, grandi navi no. La laguna non è mare. Anche e soprattutto per questo il resto del mondo sa che la risposta a quel falso dilemma è NO.

    Les Vénitiens qui sortent en bateau et se déplacent sur leurs merveilleuses et fragiles eaux vertes, vont rarement jusqu'à celles toutes bleues du haut Adriatique. Voilà le paradoxe énorme de cet absurde débat à propos des grands paquebots oui, grands paquebots non. La lagune n'est pas une mer. C'est aussi et surtout pour cette raison que le reste du monde sait que la réponse à ce faux dilemme est NON.

    E forse oggi Venezia è in mano a qualcuno che la vuole trasformare in un grande contenitore commerciale, di consumo. […] Solo se si ritornerà a pensarla e a rispettarla come città di laguna, accettando la sua preziosa e unica fragilità, Venezia potrà continuare a essere la città più bella e amata al mondo.

    Et aujourd'hui peut-être Venise se trouve entre les mains de celui qui veut la transformer en un haut lieu de commerce et de consommation. [...] Ce n'est qu'en la repensant et respectant comme ville lagunaire, en acceptant sa fragilité unique et précieuse, qu'on pourra la garder comme la ville la plus belle et la plus aimée au monde.

    Le polveri sottili che una grande nave rilascia nell’aria sono l’equivalente di quattordicimila automobili circolanti in un giorno. Un ecomostro in movimento che avanza lento verso il bacino di San Marco. […] Centomila tonnellate d’acciaio che solcano le gracili acque della laguna, milioni di chili che fanno sussultare le pietre di Venezia […] ma lasciano apparentemente intatta l’acqua attorno a loro. […] Salvo che poi, eccolo, qualche minuto dopo, l’effetto risucchio e pistone […] senti all’improvviso la terra sotto ai tuoi piedi agitarsi come fosse preda di una mareggiata […] devastanti sul lungo periodo per le rive e le fondamenta di Venezia. 

    Les particules fines émises par un paquebot sont l'équivalent de 14000 voitures circulant une journée. Un monstre écologique en mouvement qui s'avance lentement vers Saint-Marc. [...] Cent mille tonnes d'acier qui rident les eaux fragiles de la lagune, des millions de kilos qui font tressauter les pierres de Venise [...] mais laissent l'eau tout autour en apparence intacte. [...] Sauf qu'après quelques minutes, par l'effet de remous, tu sens tout à coup la terre s'agiter sous tes pieds, comme en proie à une tempête [...] dévastant les rives et les quais (ou fondations) de Venise.

    Les extraits viennent d'ici http://www.michelecatozzi.it/2015/12/28/venezia-e-laguna-un-pamphlet-contro-le-grandi-navi/ (c'est moi qui ai traduit).

    Des photos absolument sidérantes de ces paquebots géants qui frôlent les rives et les quais de Venise: Are these giant cruise ships destroying Venice?

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    photo prise du blog de l'auteur, Roberto Ferrucci: son livre s'inscrit dans la liste des cris d'alarme lancés ici et là.

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    le même triste débat dans un film documentaire allemand de 2012

  • D comme de l'eau! de l'eau!

    Entendu ce colloque entre touristes bien parisiens :

    — Alors, vous partez ?

    — Mais oui… Nous sommes ici depuis quatre jours, c’est plus qu’il n’en faut pour tout voir (sic).

    — Vous vous êtes bien amusés ?

    — Oh ! ça, non ! Je trouve Venise d’un triste !

    — Vraiment ?

    — Oui… on a tout le temps l’air de se promener dans des inondations.

    Alphonse Allais, Venise, in À l’œil, Flammarion, 1921

    ***

    Texte complet ici: http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%80_l%E2%80%99%C5%93il/Venise

    venise,litterature,lecture

    je me demande bien pourquoi, ces derniers temps, il m'est venu des envies de Venise Langue tirée
    (photo prise au printemps de 2006)

  • V comme Venise (6)

    "La seconde gondole, qui avait réglé son allure sur la nôtre, accosta derrière nous au débarcadère de la gare du chemin de fer de Santa Lucia. Sans doute ne nous restait-il plus maintenant qu'à faire demi-tour et à regagner piteusement l'hôtel. Papa avait l'air si désespéré que personne n'osait ouvrir la bouche pour le consoler du désastre. Cependant, maman lui conseilla d'aller se renseigner, pour plus de sûreté, au guichet. Il s'y rendit en traînant les pieds. Trois minutes plus tard, il revenait transfiguré: par chance, à cette époque, les trains étaient rarement à l'heure en Italie. Le nôtre n'était même pas tout à fait formé. Nous avions juste le temps de l'attraper en courant. Nous coltinâmes les bagages et nous ruâmes, encadrant grand-mère qui gémissait et boitillait, vers le quai où le convoi attendait encore sa locomotive. Lorsque toute notre famille se fut affalée sur les sièges du compartiment, j'eus l'impression que nous venions d'échapper, par miracle, à la dernière attaque des bolcheviks. Reprenant sa respiration, maman dit, avec un rien de reproche dans la voix:
    - Comme toujours, Aslan, tu as eu tort de t'inquiéter: à cause de ton impatience, tu n'as même pas vu Venise!"

    Henri Troyat, Le fils du satrape, Grasset 1998, pages 18-19

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    au fil du Canal Grande, sept heures du soir: ponte dell'Accademia

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    Je n'ai pas pris de photo de la gare de Santa Lucia (elle manque de charme) par contre j'ai photographié un des nombreux paquebots de luxe (surtout grecs) qui défilent tous les jours dans la lagune:

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    photo prise vers 07.30 h.
    Au même moment et au même endroit, un autre genre de bateau vient ramasser le linge sale des hôtels:

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  • V comme Venise (5)

    "Au jour dit, à l'heure dite, nous embarquâmes dans deux gondoles commandées pour nous par le concierge de l'hôtel. En mettant le pied dans le bateau, papa avait l'air soucieux d'un général à la veille d'une bataille. Je pris place avec lui, maman et grand-mère dans le premier de ces esquifs à la silhouette élégante et funèbre, mon frère, ma soeur et Mlle Boileau s'installant dans le second. Et la lente glissade commença, dans un silence religieux, entre les orgueilleuses façades des palais vénitiens, échelonnés de part et d'autre du Grand Canal."

    Henri Troyat, Le fils du satrape, Grasset 1998, page 15.

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    vue sur le Canal Grande et le palazzo Cavalli Franchetti

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    Canal Grande, vue sur le ponte dell'Accademia

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    Canal Grande, palazzi et vaporetti

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    que l'on regarde à gauche ou à droite Clin d'œil

  • V comme Venise (4)

    "- On n'a pas le droit, quand on est à Venise, de s'en aller sans l'avoir visitée! soupirait maman. Une telle occasion ne se retrouvera peut-être jamais! Il suffirait de changer la date des billets...
    - Je sais quelques mots d'italien, précisa Mlle Boileau. Si vous voulez, monsieur, je peux très bien aller discuter à la gare, tâcher d'arranger les choses...
    Mais "monsieur" fut intraitable. Ayant épuisé tous ses arguments, maman se résigna. Pourtant, elle suggéra qu'à titre de "compensation" nous nous rendions à la gare non dans un de ces canots à moteur rapides et bruyants, qui fendent l'eau avec insolence, mais dans une idyllique gondole. Papa sourit avec mansuétude, sous sa courte moustache, à cette manifestation d'un romantisme désuet chez son épouse. Mais elle avait un si joli regard qu'il céda:
    - Seulement, dit-il, je crois que nous sommes trop nombreux et que nous avons trop de bagages pour une seule gondole. Nous en prendrons deux, par précaution."

    Henri Troyat, Le fils du satrape, Grasset 1998, pages 14-15.

     

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    la maison des gondoliers est en bois et de nombreux chapeaux y sont accrochés; des gondoles sont en attente de réparation

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    à 07.30 h., le trafic est déjà intense mais les gondoles sont encore au repos

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    pour aller à la gare en gondole par le canal Grande, on passe sous le ponte Rialto Cool

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    et quand on voit les vaporetti qui accostent d'une rive à l'autre, les gondoles qui promènent les touristes, les nombreux canots à moteur de toutes les tailles, les taxis qui filent en tous sens, on se demande comment il est possible qu'il n'y ait pas davantage d'"accidents de canaux" Langue tirée

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    comme ici, à l'embarcadère de san Zaccaria

  • V comme Venise (3)

    "Maman aurait souhaité profiter de notre séjour à Venise pour visiter les galeries d'art, les églises, rêver sur la place Saint-Marc et devant le pont des Soupirs. Mais papa lui expliqua que nous étions tenus par des dates impératives et que, le but final de notre voyage étant la France, nous ne pouvions nous permettre de musarder en cours de route. Bref, il n'était pas question de défaire les valises, ni même de mettre le nez dehors."

    Henri Troyat, Le fils du satrape, Grasset 1998, page 11

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    le meilleur moment pour rêver place Saint-Marc, c'est à sept heures du matin Clin d'œil

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    C'est aussi le seul moment de la journée où la piazza est toute proprette, les balayeurs terminant de ramasser les détritus de la nuit et de la veille. Comme ici, sous les arcades du palazzo ducale, où le nettoyage matinal vient d'être fait...

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    Par contre, au pont des Soupirs c'est la désillusion assurée pour les âmes romantiques (et pour les autres aussi, à mon avis) car il a été transformé en pont l'Oréal et c'est à peine si on peut encore le distinguer entre les panneaux publicitaires géants...

  • V comme Venise (2)

    "Notre première escale devait être Venise. Lorsque nous embarquâmes vers cette destination mirifique, ma mère avait un visage illuminé de bonheur. Dans la tragédie de l'exil, il lui semblait que l'Europe victorieuse nous souriait enfin. J'avais sept ans et demi à l'époque et je me souviens de son exaltation quand, blottis sur un "vaporetto", nous découvrîmes la Cité des Doges."

    Henri Troyat, Le fils du satrape, Grasset 1998, pages 10-11

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    Canal Grande, un vaporetto bondé passe devant le palazzo Cavalli Franchetti

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    assise à l'avant dans le vaporetto de la ligne 42, ma mère tombe sous le charme de Venise, elle aussi Cool

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    le vaporetto de la ligne 41 approche de San Marco

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    la mer était un peu agitée Innocent dit la photographe en guise d'excuse pour le flou de la photo

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    et voilà, on ralentit pour l'arrêt à l'embarcadère de San Zaccaria

  • V comme Venise (1)

    "Habitué à recevoir des couples en voyage de noces, des amants clandestins, des esthètes écumeurs de musées, des touristes pour qui le fin du fin est de visiter le plus de monuments possible en un minimum de temps, le concierge de ce grand hôtel de Venise, que mon père avait choisi sur la recommandation d'un porteur de bagages, dut être désagréablement surpris en voyant débarquer, au mois de mars 1920, dans le hall somptueux du palace, la famille Tarassof au complet, avec ses visages anxieux, ses vêtements défraîchis et ses valises de pauvres aux couvercles consolidés par des ficelles."

    Ainsi commence Le fils du satrape, d'Henri Troyat, et en lisant cet incipit je me demandais dans quelle catégorie je devais nous mettre, ma mère et moi, qui avons passé cinq jours à Venise à la fin du mois d'août: nous n'avons visité aucun musée, sauf Ca'Rezzonico parce que je voulais revoir les petits tableaux de Pietro Longhi, ne sommes entrées dans aucune église, sauf ma mère qui tenait à dépenser des sous pour allumer une fausse bougie.

    Par contre, nous avons passé deux de nos cinq journées à la Biennale d'art moderne Langue tirée

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    Ca'Rezzonico, depuis le vaporetto

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    le rio di san Barnabà longe Ca'Rezzonico

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    Ca'Rezzonico, depuis le palazzo Malipiero

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    ma mère, assise dans le jardin, Ca'Rezzonico

  • C comme calligraphie chinoise

    En ce début d'année scolaire, mon journal se penche sur l'avenir de la calligraphie chinoise.

    J'apprends ainsi que le ministère chinois de l'Education Nationale s'émeut de la mauvaise influence du langage SMS: les jeunes chattent par clavier interposé et perdent leur dextérité aux pinceaux.

    Dès lors, le ministère imposera au minimum une séance de calligraphie hebdomadaire dans les écoles primaires et offrira cette matière en option dans toutes les écoles secondaires.

    Chaque trait, chaque point, dit l'article, porte un nom et doit être exécuté dans un ordre bien précis.

    http://knack.rnews.be/nl/actualiteit/nieuws/ondertussen/chinese-kalligrafie-lijdt-onder-digitale-tijdperk/article-1195090524731.htm?nb-handled=true&utm_medium=Email&utm_source=Newsletter-28-08-2011

    Tout cela est évidemment très beau, mais je suppose qu'on veut aussi leur enseigner les TICE, l'anglais et un tas de choses toutes plus "utiles" les unes que les autres, et bien évidemment qu'on veut le leur enseigner le plus tôt possible...

    Comme l'écrivait Michel Serres déjà en 1998, tout doit se faire à l'école, où donc, par saturation, cela devient irréalisable.

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    trots = orgueil

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    Les sept péchés capitaux, peintures murales dans le pavillon de la Belgique à la Biennale de Venise, 2011

     

  • Première pensée intelligente du mois de septembre

    La première pensée intelligente du mois de septembre est de Pierre Bergounioux, Chasseur à la manque, Le Promeneur, Gallimard, coll. Le cabinet des lettrés:

    "J'essaie de comprendre. Les êtres et les choses, quand ils sont là, on n'y pense pas. Il faut les perdre. Alors ils ne sont plus que par nous et c'est en leur absence qu'ils nous livrent ce qu'on n'a pas vu [...]" (p.16)

    N'est-ce pas que voilà une bien belle pensée intelligente et assez tristement vraie, quoi qu'on fasse?
    Je l'ai trouvée sur le site de Jean-Claude Bourdais, http://www.jcbourdais.net , alors que, bien évidemment, je cherchais tout autre chose Clin d'œil


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    Cependant, moi, à sept heures du matin, j'apprécie tout particulièrement l'absence de touristes et l'absence de chaleur Clin d'œil