vie quotidienne

  • Adrienne est un âne

    La bonne personne qui t'en parle au bon moment, et hop! tu es repartie pour un tour, alors que tu t'étais juré qu'on ne t'y prendrait plus. 

    "Een ezel stoot zich geen tweemaal aan dezelfde steen", dit le proverbe en néerlandais, "un âne ne se cogne pas deux fois à la même pierre", autrement dit: si tu te laisses prendre deux fois, tu es plus bête qu'un âne. 

    Il y a quelques années, je m'étais engagée dans une action "panier de légumes bio", pour un prix fixe le fermier bio du coin proposait un petit assortiment. Les inconvénients étaient nombreux - pas de choix, parfois c'est trop ou trop peu ou pas intéressant ou pas ce qui était annoncé ou pas de la fort belle qualité - bref au bout d'un an j'avais décroché et juré que (etc. voir plus haut) 

    Il y a un mois, sous l'impulsion d'une gentille ancienne élève, je me suis réengagée pour un nouveau panier bio. 

    Autre fournisseur et mêmes désagréments mais au prix fort: j'avais cinq petites pièces pour 13,50 €, c'est-à-dire le double de ce que ces mêmes légumes, même en bio, m'auraient coûté au supermarché. 

    expert,vie quotidienne,élève

    vous voulez que je vous dise? 

    c'est du BROL!

  • X c'est l'inconnu

    Il a fallu enlever la plinthe sous la cuisinière, 

    retirer le lave-vaisselle de là où on avait eu tant de mal à l'introduire sans faire de dégâts, 

    arracher une planche sous le meuble de la cuisine,  

    DSCI4607.JPG

    pour qu'enfin un premier mystère soit résolu: 

    oui, il y a bel et bien une citerne d'eau de pluie sous la cuisine, 

    un truc rond en béton, 

    qui contenait autant de boue que d'eau. 

    DSCI4609.JPG

    et pendant qu'on y était, on a résolu tous les autres mystères 

    de l'écoulement des eaux usées 

    et compris pourquoi il y a cette odeur-là 

    dans la maison 

    tongue-out 

    Il reste quatre mois à Monsieur l'Entrepreneur 

    pour faire le reste du travail.

  • Y comme Yaka

    Le Belge, dit le journal de mercredi matin, on le sait, "a une brique dans le ventre". Mais ce qu'une nouvelle enquête vient de révéler, c'est qu'en plus de vouloir à toute force être propriétaire de son logement, il va en moyenne, dans le courant de sa vie, y faire quatre fois des travaux de rénovation. 

    Voilà, se dit l'Adrienne: tout s'explique! 

    En effet, chez elle aussi de nouveaux travaux sont en chantier, alors qu'elle croyait en avoir fini avec "tout ça". 

    *** 

    C'était sans compter sur la commune et ses projets d'aménagement. 

    En octobre, l'Adrienne et ses voisins ont reçu une longue lettre avec un tas de documents agrafés. Un rapide coup d’œil a permis de conclure que ça signifiait "travaux coûteux et dommages collatéraux garantis". 

    *** 

    Les uns après les autres, l'Adrienne et ses voisins reçoivent la visite d'un expert qui vient évaluer quelles mesures seront nécessaires. 

    Un type bien gentil qui vous dit sans sourciller: 

    - Yaka... 

    Par exemple, dans trois maisons il a dit: 

    - Pour séparer l'acheminement de l'eau de pluie des eaux usées, yaka démolir le carrelage. 

    maison,vie quotidienne,ça se passe comme ça

    chez l'Adrienne, en plus de quelques travaux à l'intérieur, YAKA refaire les sentiers, refaire un trou dans le mur et creuser tout le long de la maison pour amener l'eau de pluie jusqu'à l'autre rue... 

    c'est précisément là que depuis 2013 ont été plantés le figuier, l'hortensia grimpant, le romarin, la sauge, des fleurs à bulbe et quelques vivaces...

     

  • C comme coiffeur de stars

    Les successeurs de Francis, coiffeur philosophe, ouvrent un autre monde à l'Adrienne quand elle décide qu'il est temps d'aller faire raccourcir ses tifs.

    foot.jpg

    source de la photo et article 

    Pendant que Gentille Coiffeuse manie les ciseaux, l'Homme sculpte des têtes de stars du ballon rond. De mini-stars du ballon rond: Wout, sept ans et son frère Jasper, dix ans. Crâne rasé et mini-touffette fièrement dressée sur le front de Wout, nuque et oreilles bien dégagées, longue et large mèche tombant sur le côté du front de Jasper. 

    - Vous n'auriez pas une perruque Jean-Marie Pfaff? demande leur maman. 

    foot pfaff.jpg

    source 

    - C'est pour le carnaval? demande le coiffeur. 

    - Non, c'est pour Jasper, qui doit faire un exposé en classe. Il voulait parler du football mais je lui ai conseillé de choisir Jean-Marie Pfaff. J'ai trouvé plein de choses sur lui, alors il pourra facilement parler trois minutes. 

    coiffeur,vie quotidienne,école

    pour les enfants d'aujourd'hui, la perruque aux boucles blondes ferait plutôt penser à Fellaini qu'à un footballeur d'il y a trente ans... mais que voulez-vous, quand les mères s'occupent de décider du sujet et de la préparation des exposés...

     

  • Premiers conseils

    Quand on sonne chez l'Adrienne le matin du 26 décembre - et on sonne fort, très fort! mais c'est de sa propre faute, elle n'avait qu'à ne pas écrire "hard bellen" à côté du bouton de la sonnette - elle hésite un moment avant d'ouvrir. 

    - Bonjour, dit le beau pompier en lui tendant un calendrier. 

    DSCI4339.JPG

    Dans lequel il y a quelques pages de conseils et douze photos 

    de camions de pompiers 

    d'échelles de pompiers 

    de casques de pompiers 

    de caserne de pompiers 

    de vestes de pompiers 

    de lances de pompiers 

    ... 

    et aucune photo du beau spécimen de pompier qu'on a devant soi et à qui, sûrement, personne n'ose refuser les quatre euros que coûte son affreux calendrier 

    tongue-out 

    Bonne année!

  • P comme play it (again)

    A l'académie de musique, un examen ne s'appelle plus "examen": il s'appelle "toonmoment", ce qui veut dire "un moment où tu dois montrer ce que tu sais faire". Devant un jury et un public. 

    Même l'Adrienne, qui ne sait encore jouer que de simplissimes petites ritournelles de rien du tout, doit participer à ce genre d'évènement. 

    C'était prévu pour lundi dernier et vous pouvez compter sur l'Adrienne pour s'y être dûment préparée, jour après jour. Jusqu'à chantonner sa musiquette en marchant dans les couloirs de l'école: mi-ré-do, ré-mi-fa-mi-do-mi-ré, mi-fa-sol-sol-ré-do, ré-mi-mi-ré etc. 

    Au point qu'elle a réussi à s'y rendre quasiment sans stress, fredonnant ses mi-ré-do et se répétant des "Advienne que pourra" ou "A l'impossible nul n'est tenu". 

    Mais lundi dernier, la porte était close et l'affaire ajournée: la prof était malade. 

    Espérons que demain soir le jury et le public soient indulgents et que les dix doigts ne fourchent pas tongue-out

    Amen. 

  • M comme medèn ágan

    Quand l'été dernier l'Adrienne a annoncé à l'amie Lutgart qu'elle passerait à un mi-temps dès la rentrée, celle-ci a applaudi en helléniste: 

    - Μηδὲν ἄγαν! 

    "Rien de trop", traduction littérale, ou "Point trop n'en faut", comme dit le proverbe en français, et "Qui trop embrasse mal étreint" (la mère de l'Adrienne ADORE ce proverbe). Bref: garder la juste mesure en toute chose. 

    Car s'il est une étiquette qui colle fâcheusement à l'Adrienne, c'est qu'elle "en fait trop". 

    Or, que lit-elle hier soir dans son magazine préféré? Exactement le même message, mais délivré comme une nouveauté made in Sweden, une panacée scandinave, une sagesse suédoise appelée lagom et qui dit exactement ce que disaient les Anciens: cherchez le juste milieu en toute chose. 

    Point trop n'en faut. 

    DSCI4318.JPG

    Ce n'est pas cette buveuse d'absinthe qui dira le contraire 

    tongue-out 

    tableau de Léon Spilliaert 
    photographié au MSK de Gand
    samedi dernier

     

     

  • H comme harmonium hollandais

    musique,humour,vie quotidienne

    Ils ont bien du mérite, se dit l'Adrienne, les organisateurs de concerts classiques dans ma petite ville. 

    Ils ont bien du mérite aussi les musiciens qui donnent le meilleur d'eux-mêmes et un brin d'humour en plus, devant une cinquantaine de personnes. 

    - L'harmonium, dit-il avant de se mettre à jouer les petites pièces de Leoš Janáček, est un instrument dont on se moque beaucoup chez nous, on l'appelle hallelujah-commode (une commode à alléluia), psalmenpomp (une pompe à psaumes), gereformeerde hometrainer (home trainer réformé) ou cirkelzaag des geloofs (scie circulaire de la foi).  

    A cause, bien sûr, de son utilisation principale dans les églises réformées des Pays-Bas et du fait qu'il faut "pédaler" pour faire sortir du son. 

    Bref, de l'humour hollandais. 

    Si, si, ça existe cool

    C'est même là-bas que l'Adrienne va emmener sa mère et son neveu, l'été prochain. 

  • F comme folie du Friday

    Il n'y a pas tellement d'années que je sais à peu près ce que représente le Thanksgiving américain et quand il est célébré - les Hallmark Christmas movies auront eu au moins ce mérite-là tongue-out 

    Ce qui est neuf, par contre, c'est la notion du Black Friday: pour la première fois cette année j'ai reçu un tas "d'offres promotionnelles" - de la SNCF, d'agences de voyages, de parfumeurs, la liste est longue et étonnamment française - pour m'inciter à dépenser mes sous au lendemain du Thanksgiving. Ou même, dans un grand élan de largesse, pendant les quatre jours de ce week-end prolongé américain. 

    Étonnant, oui. J'ai trouvé étonnant que cette mode nous soit parvenue comme ça, d'un coup, PAF! tout le monde s'y est mis. 

    friday.jpg

    article et source de la photo 

    Les Américains, dit l'article, ont battu tous les records en dépensant pour ce Black Friday 2016 la somme de 5,3 milliards de dollars, soit 18% de plus que l'an dernier. En majeure partie pour des cadeaux de Noël.  

    Comme des drones ou des télés 4K 

    tongue-out

  • T comme troisième fois

    - La troisième fois, faudra me payer un verre (1)! s'écrie-t-il joyeusement en me croisant devant une tête de gondole où je suis en train de me demander si je vais me l'offrir, cette mousse-au-chocolat-bio-en-promotion.

    Je le regarde d'un air éberlué et interrogateur.

    - On s'est déjà croisés tout à l'heure, insiste-t-il, vous ne vous souvenez pas?

    Où et quand l'aurais-je vu? Il a une tête qui ne me rappelle aucun souvenir.

    - Ou alors c'était peut-être votre sœur, fait-il en rigolant.

    Ça m'étonnerait, je n'en ai pas.

    - C'était bien vous, à la Kapellestraat?

    Je connais mal les noms des rues ostendaises mais je ne crois pas y être passée aujourd'hui en revenant de la bibliothèque.

    - Dans ce magasin où on vend toutes sortes d'huiles d'olive?

    Je peux enfin lui répondre avec certitude que non, je ne suis pas passée par la Kapellestraat et ne suis entrée dans aucun magasin.

    - Non? Alors, je vous assure que vous avez un sosie! Un vrai sosie! (2) 

    *** 

    (1) "De derde keer, trakteren!" s'exclame généralement celui qui vous rencontre pour la deuxième fois en peu de temps. 

    (2) je n'ai pas voulu demander si nos manteaux aussi étaient sosies, parce que ma tête, il n'avait pas vraiment eu le temps de la voir...

    vie quotidienne,flandre,flamand

    à Ostende, l'Adrienne avait juste le temps de faire une course, entre deux tentatives pour nourrir le chat Pipo 

    vie quotidienne,flandre,flamand

    ici on voit bien comme il est maigre

  • E comme experte

    Il serait temps que je me décide, s'est dit l'Adrienne au bout de trois semaines de réflexion. 

    Alors elle a saisi son téléphone. 

    - Allô! c'est toi, Michel?
    - Non, c'est Daniel. 
    - Bonjour Daniel! Dis-moi, vous faites les amortisseurs? 
    - Ah non, désolé, on faisait mais on ne fait plus... 

    Alors elle a repris son téléphone. 

    - Bonjour. Je suis bien chez Mazda? Oui, c'est l'Adrienne et sa Mazda3. Il me faudrait de nouveaux amortisseurs. Je pourrais passer un de ces jours? Ah bon? Si vous le dites... Désolée, toutes mes excuses! 

    Puis elle a repris son téléphone. 

    - Allô! c'est Daniel? 
    - Non c'est Michel. 
    - Bonjour, Michel. Daniel t'a dit que je viens de téléphoner pour des amortisseurs? En fait, c'est de nouveaux pneus que j'ai besoin... 

    *** 

    Alors après ça, comment voulez-vous qu'un garagiste prenne encore l'Adrienne au sérieux? 

    tongue-out 

    581 - kopie - Pipo.JPG

    la Mazda
    et le chat 
    à l'automne 2011 

    cool

  • U comme une fois...

    Une fois, juste une fois, l'Adrienne est allée à l'académie, a demandé la clé du local 217 et s'est installée à ce piano: 

    DSCI3988.JPG

    le beau piano à queue du local 217 

    Une fois, juste une fois et pendant une heure entière, elle s'est amusée à jouer tous ses petits morceaux simplets - sur lesquels pourtant ses doigts trébuchent encore - et quand au bout de l'heure elle a rendu à la secrétaire la clé du local numéro 217, elle avait sur la figure un grand, tout grand sourire de bonheur qui ne l'a plus quittée de la journée laughing 

    Quelle différence de 'toucher' avec ce piano qu'elle a chez elle et qui a besoin d'une prise de courant pour fonctionner! 

    musique,photo,hibou,vie quotidienne

    et le piano-qui-marche-à-l'électricité cool 

    *** 

    pour le projet du Hibou 

    semaine 43 - électricité

     

  • F comme Francis, successeurs

    - Le temps commence à se rafraîchir, n'est-ce pas?

    - Oui, un peu, mais c'est normal, on est tout de même déjà en octobre!

    - C'est vrai, vous avez raison... mais j'espère qu'il ne va pas se mettre à pleuvoir! 

    - Ah bon? vous n'avez pas de jardin, vous? il fait tout sec! 

    - Oui, mais quand il commence à pleuvoir, ça ne s'arrête plus et c'est mauvais pour le commerce... 

    - Mauvais pour le commerce? Comment ça? 

    - Ben oui, quand il pleut, les gens ne sortent pas de chez eux. Ou quand il fait froid... 

    *** 

    Vous l'avez compris, amis lecteurs: 

    les conversations avec les successeurs de Francis sont beaucoup moins philosophiques 
    mais au moins on y apprend pourquoi depuis deux mois 
    il ne pleut plus sur ma ville 
    (sauf une nuit, pour ne pas gêner le commerce) 

    francis,vie quotidienne,automne

     

  • D comme detecting dogs

    Devant la maison de tante Fé passent tous les malheurs du monde - et les bonheurs aussi, peut-on espérer. 

    Parfois, dans le soir qui tombe, le bureau se trouve tout à coup baigné de lumière bleue, quand passe une voiture de police. De lumière orange, quand passe une ambulance. 

    Parfois une visiteuse sursaute et s'effraye en entendant les sirènes. 

    - Ce n'est rien, dit l'Adrienne. Nous sommes sur la route de la clinique. 

    Ce sont des choses auxquelles on s'habitue, même si on ne peut s'empêcher de penser à ceux qui sont dans cette ambulance et de se demander si un jour ils rentreront chez eux. On ne peut s'empêcher de penser à cette ambulance qui, un soir de novembre, il y aura bientôt huit ans, a fait un aller simple avec un père qu'on aimait. 

    - On s'habitue! dit la voisine d'en face. Mais ça nous a tout de même pris huit ans. 

    Puis un jour on aperçoit une "nouveauté": une fourgonnette blanche est stationnée devant une maison. Sur ses flancs, on lit en grosses lettres noires "Detecting dogs unit". 

    Et on se demande ce qu'il y a à détecter. 

    Le lendemain, le surlendemain, la fourgonnette est toujours là. On finit même par apercevoir le "detecting dog": un beau berger malinois se frotte câlinement contre la jambe de son accompagnateur qui se penche pour lui caresser la tête et lui gratter le cou. 

    - Tout va bien, se dit l'Adrienne. Il l'aime, son "detecting dog". 

    Car ce qu'elle désire par-dessus tout, c'est que règne l'harmonie smile

    maison,vie quotidienne,père,chien

    source de la photo et info ici

     

     

  • U comme un, deux, trois... un inventaire à la Prévert

    Un ordi  
    deux boites à mail  
    trois commentaires 
    quatre réponses 
    un soleil qui se lève 
    des autos dans la rue 

    un café 

    une douzaine de blogs à visiter 
    un volet qu'on relève à côté. 
    une maison qui tremble 
    six camions sont passés 
    une porte avec son paillasson
    un petit garçon crie 

    un autre café 

    un piano sur lequel on pianote 
    la fleur rouge qui fleurit depuis mai 
    deux amoureux qui passent 
    un facteur une chaise trois enveloppes 
    un voisin revient du marché 
    une araignée 
    une tendinite 
    une souris remisée dans un tiroir 

    un autre café 


    une fille indigne deux passantes trois vélos 
    un téléphone 
    deux messages une tante Jeanne 
    une Mater dolorosa trois cousins sportifs deux chats maigres 
    un talon d'Achille 
    un canapé pour la lecture 
    un buffet de grand-mère deux buffets de grand-mère 
    un tiroir plein de couverts 
    une vaisselle faite une maison rangée 
    une pelote de laine deux épingles de sûreté  
    un jour de félicité

    cinq ou six cafés 

    un petit garçon qui entre à l'école en riant 
    un petit garçon qui sort de l'école en pleurant 
    une assiette de pâtes 
    deux mandarines 
    cinq noix 
    un paysage avec beaucoup d'herbe verte dedans
    dix vaches qui n'en finissent pas de brouter 
    un taureau trop jeune 
    deux belles figues sur le figuier et une salade à la feta 
    un soleil qui se couche déjà 
    un grand verre d'eau 
    un vin blanc sec 
    une tablette de chocolat 
    deux séries italiennes 
    une nuit trente-deux positions 

    et...

    encore deux cafés.

    (passer la journée à la maison, quand on ne travaille plus qu'à mi-temps, à la façon de l'Inventaire de Jacques Prévert, in Paroles, 1946)

  • R comme ritardando

    - Là, me dit la prof, sur les trois dernières mesures il est marqué rit. , ça veut dire ritardando. Il faut que le rythme devienne de plus en plus lent. 

    De plus en plus lent, c'est aussi ce que devient mon ordi, pourtant un jeunot d'à peine trois ans. Il a besoin de six minutes entre l'allumage et l'apparition de l'écran de la messagerie, trois autres pour ouvrir le blog, et encore trois minutes pour écrire un commentaire... 

    Bref, heureusement que je travaille à mi-temps tongue-out 

    Ritardando aussi notre été 2016, avec tout de même (et enfin) des températures respirables autour des 21°. Je vous laisse imaginer les chaleurs qu'on a eues en classe quand il faisait 35° dehors et que le soleil entrait à flots par toutes les vitres cool 

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    7 heures du matin, une nappe de brume flotte au-dessus de la prairie 

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    quatre heures de l'après-midi

  • 7 fois 7

    C'est finalement une tout autre cafetière italienne que l'Adrienne s'est offerte fin mai dernier, à l’occasion de son anniversaire. 

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    Remarquez l'embout à gauche: la vapeur qu'il produit doit métamorphoser le lait en une mousse légère pour le cappuccino. Voilà ce qui a définitivement fait pencher la balance en faveur de cet article-ci, à peine plus cher que la Bialetti dont on parlait hier et pour lequel le choix du format, du modèle, de la couleur... ne se posait pas. 

    ***

    Contrairement à ses habitudes, l'Adrienne s'est astreinte à lire de bout en bout le mode d'emploi - qui heureusement n'est pas très épais - puis à suivre scrupuleusement toutes les étapes de la fabrication de la mousse de lait: la notice recommande le lait demi-écrémé bien froid, on dose la bonne quantité (100 ml), on attend que les lampes rouge et verte s'allument, on évacue un premier jet de vapeur jusqu'à ce qu'il n'en sorte plus d'eau, on introduit l'embout dans le lait etc. etc.

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    Hélas, ça foire à tous les coups. 

    D'abord on ne comprend pas pourquoi le lait ne se change pas en mousse. Au contraire, il se met à bouillir et à gicler sur la nouvelle machine, les murs et tout le reste, y compris sur l'Adrienne. 

    *** 

    Puis on finit par résoudre le mystère: les 100 ml de départ ont doublé de volume tout en restant liquides, d'où on peut conclure que de cet embout, il ne sort pas que de la vapeur, mais aussi de l'eau. 

    Bref, ce n'est pas demain que l'Adrienne pourra offrir un cappuccino à sa mère, à qui elle avait annoncé toute fière: 

    - Dès que je réussis à faire un vrai cappuccino, je t'invite! 

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    Sur les sept fois sept tentatives, voici le seul qui donne un peu l'illusion de ressembler à un cappuccino, mais c'est surtout grâce à son cacao tongue-out

     

     

  • E comme expert

    Certains se souviendront peut-être en quels termes dithyrambiques l'Adrienne avait décidé que la cafetière italienne était l'ustensile qu'il lui fallait en remplacement de son percolateur? 

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    dessin de Guillaume Long sur son blog

    Elle s'est donc rendue à Bruxelles dans un magasin spécialisé avec la ferme intention d'en rapporter un précieux exemplaire à la maison. 

    Malheureusement, ces cafetières étaient présentées en divers modèles (du plus classique au plus design), en plusieurs coloris (tons neutres, tons vifs, tons pastels) et bien sûr en différents formats, de sorte que l'Adrienne, après avoir passé une grosse demi-heure à comparer tailles, prix, modèles et couleurs... est ressortie du magasin sans avoir pu se décider. 

    Elle comprend bien, à présent, ce qu'ont dû ressentir ses amis roumains la première fois qu'ils étaient en Belgique, juste après la chute de leur Conducator, et qu'ils ont été confrontés à des hypermarchés où le choix d'un simple yaourt demande l'examen d'un rayonnage de plusieurs mètres sur quatre étages. 

     

  • M comme Mateiu

    Le temps des vacances, on se sent toujours obligée de faire un peu de rangement mais cette année-ci une sorte de miracle a eu lieu: on s'est attaquée à trois grandes boites de "souvenirs" qui traînaient depuis trois ans dans le salon et on a réussi à en jeter la majeure partie. 

    Evidemment, on est de nouveau tombée sur quelques trucs qu'on ne peut ni jeter, ni donner, comme cet énorme livre de Mateiu Caragiale

    mateiu caragiale.JPG

    Il s'agit d'une édition bilingue roumain-français de poèmes de Mateiu Caragiale, reçue en cadeau de mes amis roumains lors de notre première rencontre, l'été qui a suivi la chute du conducator. 
    Comme cet épais bouquin fait 34 cm sur 24, il n'entre dans aucune des boîtes de la bibliothèque... 

    ***

    Bref, les trois grandes boîtes se trouvent réduites à un demi-carton, c'est une véritable prouesse, du jamais vu sur la planète Adrienne.

     

  • Première!

    C'est Mathilde (Le monde de Mathilde) qui m'en a donné l'idée, en annonçant sur son blog que le petit figuier en pot qu'elle cultive à la terrasse de son appartement portait fièrement huit figues!

    Alors je me suis dit que le mien, qui a sans doute un an ou deux de plus et connaît l'opulence gastronomique de la pleine terre, pourrait me faire la même surprise...

    C'est en cherchant longuement et en soulevant feuille après feuille que j'ai fini par la découvrir: ma première figue tongue-out 

    Lyon 2016 229.JPG

    L'événement est d'une importance si considérable que pour une fois, je vous permets de cliquer sur la photo pour qu'elle s'affiche en format géant

    cool

  • D comme déguster

    1. 

    C'est un verre à pied en simple verre blanc, celui qui porte bonheur quand on le casse, comme a dit ma tante le jour où elle en a laissé tomber un chez ma mère en l'aidant à la vaisselle. 

    Il est d'un format assez petit: petit pied, rondeur très légère, petite ouverture sur le dessus. 

    Le bord est fin. C'est important. 

     

    2. 

    Tout est est important: le pied pour faire valser le fond de vin qu'on va déguster, le verre fin et parfaitement transparent, pour admirer la robe à la lumière, l'ouverture pas trop grande, exactement à la mesure de la narine qu'on va y introduire pour humer ses parfums. 

     

    3. 

    Sur son galbe léger, le nom en petites lettres blanches du viticulteur qui l'a offert après la dégustation. Il porte fièrement le logo des vignerons indépendants comme un gage de qualité. De ceux qui disent le nom de l'homme qui fabrique ses fûts à la main, vous expliquent de A à Z comment ils maîtrisent la fermentation malolactique et qui dorment à côté de leurs cuves pour mieux les contrôler aux moments délicats. 

    DSCI3279 (2).JPG

    4. 
    Le logo des vignerons indépendants représente un personnage stylisé portant sur son épaule gauche une cuve de vin. 
    Ce qui ne correspond plus à aucune réalité d'aujourd'hui. 
    D'autant plus qu'après trois ou quatre générations de viticulteurs de père en fils, ce sont maintenant deux jeunes femmes qui se trouvent à la tête de l'entreprise familiale. 

     

    5.

    Le pied est solide même si le bord supérieur est très fin. Le verre peut aller au lave-vaisselle. Cependant, après l'avoir soigneusement rincé à l'eau claire, on préfère l'essuyer à un torchon propre qu'on vient de sortir de l'armoire et dont on "casse" d'abord un peu la raideur.

    Avant d'y verser du vin, on hume le verre pour s'assurer qu'aucune odeur étrangère ne viendra interférer avec la dégustation. C'est qu'on prend ces choses-là très au sérieux. 

     

    6. 

    Sur le galbe du verre, à l'endroit le plus large, il y a de légères stries, dues aux frottements. Car dans le secret de l'armoire, derrière la vitre opaque, les verres se touchent, se frôlent, se caressent, se griffent. 

     

    7. 

    Depuis leur dernier déménagement, les verres sont bousculés: ils s'entrechoquent à chaque passage d'un poids lourd. Ils émettent de plaintives musiques cristallines. Ils sont pris de soubresauts et manquent tomber de leur étagère. 

     

    8. 

    Finies les belles dégustations bien orchestrées: les grands crus, les beaux cépages, les années prestigieuses, les gloires du terroir ont été remplacés par la modeste bouteille de supermarché. 

    Plus besoin de faire valser et goûter, le bouchon est remplacé par la capsule à vis métallique. 

     

    9. 

    Sur la table de travail, dans ce fouillis inextricable de papiers et de livres, juste à droite de l'ordinateur, il y a parfois un verre à pied légèrement galbé. On le remplit peu et on le déguste à petites gorgées espacées, en essayant de bien avoir le goût du vin. Comme le préconise Colette. 

    Si c'est du blanc, on fait en sorte que les rayons du soleil ne viennent pas le réchauffer. 

    Parfois on est tellement pris par le travail qu'on oublie complètement le verre à pied dans lequel le lendemain se trouve toujours un fond de vin. 

    DSCI3280.JPG

     ***

    Quatorze fois vers le même objet – à la manière de Francis Ponge.

    http://www.tierslivre.net/WIPagcb/FICHES_IMPRIM/PONGE_oeillet.pdf 

    et pour le projet du Hibou

    semaine 27 - robe

  • K comme krak

    L'Adrienne était tranquillement occupée à son bureau

    quand tout à coup

    krak.jpg

    Krak! Dzinng!

     

    La corde qui retenait

    le cadre des ancêtres

    accroché à son clou

    venait de céder

    dans la pièce d'à côté...

    famille 001 (2).JPG

    La famille tout entière

    s'est retrouvée par terre

    dans mille bris de verre...

    ***

    Comme l'Adrienne n'est pas superstitieuse, elle ne croit pas que cela aura des conséquences négatives pour les deux personnes encore vivantes figurant sur la photo parmi les arrière-grands-parents, les grands-oncles et les petits-cousins cool

     

  • G comme glace

    Dehors, il fait une chaleur moite. On espère trouver un peu de fraîcheur dans la pénombre du salon, mais c'est tout le contraire. Il y fait étouffant.

    L'Adrienne est un peu en avance, comme d'habitude. Elle a largement le temps d'admirer la vitrine abondamment ornée de tous les attributs rouge-jaune-noir des supporters des Diables rouges.

    La coiffeuse termine le brushing d'une dame et son collègue vient d'accueillir un homme dans la trentaine florissante. Toute leur conversation roulera sur ce qu'on appelle chez nous "l'enterrement de sa vie de garçon".

    Les trois femmes du salon se taisent. Le coiffeur fait subir à son client un véritable interrogatoire pour connaître tous les détails de l'événement. Puis ces messieurs évoquent les "bachelor party" auxquelles ils ont assisté ou, plus fort encore, dont ils ont entendu parler. Par moments le sèche-cheveux fait tant de bruit qu'un détail échappe à l'auditoire féminin. On ne sait pas s'il faut s'en réjouir ou le regretter.

    Heureusement, au moment où entre une jeune femme avec sa petite fille qui n'a pas trois ans, ces messieurs sont juste passés au sujet suivant.

    - Vous allez faire couper ces jolies bouclettes? demande l'Adrienne à la maman, au moment de passer à la caisse.

    - Oh non! juste un peu raccourcir! on veut des cheveux longs!

    Parce que même si on n'a pas trois ans, on se doit d'être belle et féminine.

    DSCI3265 - Copie.JPG

    voilà pour gballand
    à défaut d'un avant/après
    une vue sur un des miroirs du salon
    où cette fois-ci on a délaissé la philosophie...

  • D comme débile

    Le chocolat, tous les aficionados vous le diront, est excellent pour la mémoire. 

    Aussi, l'Adrienne ne manque pas de s'en offrir une plaquette, de temps en temps. Du noir sucré à la stévia, pour mettre toutes les chances de son côté. 

    Comme on en vend dans son supermarché préféré, il n'y a rien de plus facile: la plaquette passe du rayon dans le caddie et de la caisse au sac à provisions.  

    Dans le fond duquel l'Adrienne l'oublie.

    stevia.jpg

    source image 

    écrit pour le défi du samedi: j'ai la mémoire qui flanche

  • C comme chaussures

    Avant le voyage à Paris, Madame a demandé à ses élèves de réfléchir à un bon thème pour un mini-reportage photo que chacun présenterait au retour.

    Le but est d'éviter de voir 25 fois les mêmes monuments et d'inciter à un regard plus attentif aux détails.

    Opération plus que réussie avec la classe de sciences-humaines dans laquelle certains se sont montrés particulièrement critiques.

    Ainsi Larissa a choisi de nous éduquer en matière de chaussures. Le titre de son mini-reportage est : Les chaussures bizarres vues à Paris.

    Madame y a appris qu'on ne porte pas de chaussures rouges avec un pantalon rouge, que les épaisses semelles blanches sont du dernier plouc et que des modèles "sport" avec des semelles compensées sont l'horreur ultime.

    Quand elles ont vu le regard navré de Madame pour ses pauvres sandales de marche - tellement inélégantes - Larissa et ses copines l'ont rassurée:

    - Chacun porte ce qu'il veut: les vêtements sont le reflet de la personnalité!

    ***

    Au cours suivant, avec ses Terminale, Madame n'a pu s'empêcher de partager son étonnement et ses toutes fraîches expertises.

    - Le vintage, c'est très bien aussi, a dit Simon en conclusion.

    Et chacun a sagement opiné.

    Il est vrai que ce jour-là, Madame portait un pull et un pantalon datant de 1985.

    toms camila.jpg

    Le lendemain, une bride des sandales plates a lâché - probablement suite à un grave choc affectif - et Madame a mis ses sneakers de chez Toms.

    Vous avez vu ses épaisses semelles blanches?

     

  • W comme what a relief!

    Le train de l'Adrienne - tout comme celui de Madame - était sur le point de dérailler.

    Avoir les batteries à plat à cinq heures du soir, parfois même déjà à la pause de midi, avoir besoin de dormir le samedi - alors qu'il faudrait faire le ménage, le jardin, les courses, la lessive, l'administration - et stresser tout le dimanche parce que le lendemain, c'est solfège et piano, et qu'on n'a pas trouvé dix minutes pour s'exercer... il y a un moment où il faut admettre que ce n'est pas normal.

    Alors avant que la locomotive rende l'âme et soit juste bonne au rebut, des mesures s'imposaient.

    Taillant dans le vif, l'Adrienne a décidé d'arrêter le piano et Madame, ne voulant pas être en reste, va passer en mode mi-temps.

    On ne verra donc jamais d'oranger sur le sol irlandais ni démolir Pachelbel en "versión muy fácil y corta" tongue-out  

     

  • C comme conversation

    - Et toi? pas de nouvelles? tu n'as rien à me raconter?

    - Ben si... mon ordinateur a rendu l'âme...

    Ici, vous pensez à quelques réactions possibles, par exemple:

    - Ah bon! depuis quand?

    - Et qu'est-ce que tu vas faire?

    - Tu crois que tu pourras le faire réparer?

    - ...

    Vous pensez même à celle-là, qui pourtant est de l'ordre de l'improbable:  

    - Si tu veux, tu peux utiliser le mien...

    Rien de tout cela:

    - Ah oui? c'est arrivé il n'y a pas longtemps à B*** aussi, alors un de ses copains - tu le sais, il a un tas de copains - un de ses copains lui a dit de chercher "Au bon coin" (et patati et patata, toute l'histoire de l'ordi de mon frère, depuis la panne jusqu'à l'achat du nouvel appareil, plus quelques incises et parenthèses)

    ***

    Le comble, c'est qu'à la première occasion
    - c'est-à-dire au moins une fois par semaine -
    elle me dit:

    "Toi, tu ne me racontes jamais rien!"

     

    vive la famille

    septembre 2013

    une des premières choses qu'on a déménagées: 
    la table de camping et l'ordi

     

  • Adrienne gratte

    L'Adrienne est têtue, c'est là son moindre défaut.

    Il y a deux ans, elle a acquis une maison que les propriétaires précédents avaient entièrement peinte en beige. A l'extérieur comme à l'intérieur: cuisine beige, des murs au plafond, et vinyl beige cachant le carrelage, salon beige avec moquette beige, bureau beige, couloir beige, portes beige...

    Depuis deux ans, l'Adrienne s'acharne à gratter pour retrouver le bleu des faïences:

    augustus 2013 (8) - kopie.JPG

    la situation en août 2013

     augustus 2013 (7) - kopie.JPG

    c'est à peine mieux aujourd'hui: la peinture est tenace

    juni 2013 (16) - kopie.JPG

    sous la moquette, la plage

    cool

    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 18 - peinture

  • Y comme yamamoto kadératé

    Mardi soir, je voyageais paisiblement avec mon fidèle destrier, quand il a exhalé un long soupir.

    Celui qu'on appelle le dernier.

    J'ai tenté de le réanimer.
    Rien n'y a fait.
    Il fallait se rendre à l'évidence.

    C'était devenu un corps sans vie.

     okt 2013 (7a) (2).JPG

    le voici, en des jours meilleurs...

    ***

    J'ai donc sorti de l'écurie 
    un animal plus jeune 

    que je tenais en réserve pour le jour où... 

    - car l'ancien avait déjà montré quelques signes de grosse fatigue - 

    malheureusement il manque de nerf 
    et de souplesse 

    et de bonne volonté. 

    En un mot: il m'énerve. 

    ***

    Le comble, c'est que contrairement aux avis que je donne moi-même - et que j'ai donnés encore tout récemment à Godelieve - j'ai cru améliorer ses performances en téléchargeant Windows 10 (1)...

    ça va prendre une heure et demie de temps, me dit-on par écran interposé. 

    Trois heures plus tard, 18% de cet "upgrade" avait été réalisé. 
    Je l'ai laissé travailler seul et suis allée dormir... 

    ***

    Le lendemain matin, j'ai tout de suite éliminé un tas d'applications inutiles, pensant rendre son fardeau plus léger. 

    Peine perdue. 

    Une heure plus tard: 

    "Alles is bijna gereed" (2) me dit-il, 
    "zet uw PC niet uit" 

    ***

    Je crois que je vais le remettre à l'écurie 
    et m'en acheter un plus fringant
    qui m'obéira au doigt et à l'oeil. 

    smile

    ***

    (1) dans les commentaires, de nombreuses personnes en semblaient satisfaites...

    (2) tout est presque fini, n'éteignez pas votre ordi

     

  • F comme Francis, coiffeur-philosophe

    Il y a de ces moments où il faut se résigner à utiliser un téléphone: trois ou quatre fois par an, pour fixer un rendez-vous avec les successeurs de Francis, coiffeur-philosophe. 

    - Vous savez, précise l'Adrienne après avoir donné son nom, celle qui vous demande de lui couper les cheveux à sec. 

    Ah! oui, elle voit. 

    Il n'y a personne dans la boutique en ce mardi matin et la coiffeuse s'affaire autour de la tête de l'Adrienne. Dans le miroir, on la voit se bagarrer avec les mêmes épis qui énervaient tellement Francis. Elle s'arrête de couper, perplexe. Ça fait beaucoup rire l'Adrienne: 

    - Vous avez un problème avec mes "corniches"? 

    Car c'est ainsi que dans la famille du père on désignait les mèches qui rebiquent à hauteur des oreilles. 

    Cette coiffeuse-ci appartient à une autre école philosophique: elle croit qu'il ne faut pas contrarier la nature et laisse à l'Adrienne ses ponts d'Avignon. 

    On papote. Ou plutôt elle papote. Elle raconte qu'elle est allée visiter la mosquée de la ville. Qu'elle y a été très bien reçue. Que parfois au salon vient une maman voilée avec sa petite fille et que ça lui a valu le commentaire d'une vieille dame, que "ce n'est pas bon pour le commerce". 

    Le téléphone sonne. La coiffeuse décroche, lève les yeux au ciel, essaie un inutile "je te rappellerai, là je suis au travail". Peu après, elle reprend ses ciseaux. 

    - C'était ma mère, dit-elle.

    Ça, on l'avait deviné. Elle a perdu tout son entrain. 

    - Elle me dit: il y a ta photo dans le journal. De la visite de la mosquée. Elle me dit: Et ça, c'est mauvais pour le commerce! 

    ***

    Alors vous savez quoi? 

    L'Adrienne a décidé de l'aimer doublement, sa nouvelle coiffeuse. 

    Pour preuve de son estime, elle l'appellera désormais 

    Francine, coiffeuse-philosophe.

    002 - kopie (2).jpg

    été 1927 
    l'oncle n'a que deux ans et pas encore de "corniches"