vie quotidienne

  • T comme tirer sur la corde

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    Si tu tires trop sur la corde, elle se rompt. Tout est affaire de mesure, d’équilibre, ni trop ni trop peu. 

    C'est sans doute pour ça que le cappuccino a été inventé - tout son secret réside dans le bon dosage - et les bancs pour se reposer. 

    A ce moment-là sur le quai désert apparaît un homme. Il est jeune, très grand, très maigre. Et très noir. 

    - Vous n'auriez pas un euro pour manger? 

    L'Adrienne a envie de le chasser comme une mouche importune. Un euro pour manger? Ça se mange, les euros? 

    On croit être maître de ses pensées, or on ne l'est pas. Dans la tête de l'Adrienne passent en une fraction de secondes des images d'Afrique - où elle n'a jamais mis les pieds - de mère et de grand-mère là-bas qui espèrent que le gamin a traversé la mer sain et sauf et qu'il est arrivé au pays où coule le miel. 

    - C'est vrai ce que vous dites, un euro pour manger? dit-elle à ce jeune homme, question plus idiote et plus maladroitement formulée encore, et sans aucune excuse de langue ou d'origine. 

    Alors pour ce funambule coincé dans cette gare entre un avant et un après tout aussi incertains l'un que l'autre, elle vide son porte-monnaie. 

    Ne lui faites pas compliment de sa générosité: il ne contenait presque rien. 

    *** 

    texte en retard pour le Défi du samedi

     

     

  • K comme Kaat

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    En traversant le parking à pied, l'Adrienne remarque une coiffure si typique qu'elle la reconnaît tout de suite: elle ne peut appartenir qu'à son ancienne voisine, celle de l'heureux temps d'avant la ville, ses bruits et la fureur de ses camions. 

    Gentille voisine, en cinq ans, a changé de voiture mais se coiffe toujours de la même façon tongue-out 

    A la vitre arrière, un L est affiché: ils sont devenus grands, ses trois gamins, le petit dernier apprend lui aussi à rouler en bagnole, à présent. 

    Bizarrement, l'Adrienne n'a aucun mal à se souvenir tout de suite du prénom des trois garçons mais elle est déjà à mi-chemin de chez elle quand lui reviennent les noms des parents. 

    Kaat! bien sûr, gentille Kaat que l'Adrienne n'a pas osé aborder, le risque d'émotions étant trop élevé. 

    Tant de choses et tant de gens dont elle pensait qu'il serait difficile de vivre sans... elle vit toujours, cependant

    *** 

    photo prise un matin d'avril en 2013

  • X c'est l'inconnu

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    Depuis le début, évidemment, Tobie chien avait eu ses préférences: une belle-sœur particulièrement douée pour le grattage derrière l'oreille, la fille cadette fervente amoureuse des chiens, une amie de la famille qui lui permettait de grimper sur ses genoux, même quand il était devenu grand et qu'il dépassait de partout au risque de tomber d'un côté ou de l'autre.

    Peu à peu, Tobie chien s'est mis à grogner et à montrer les dents à de plus en plus de gens. D'abord à tous ces ennemis potentiels que sont le facteur, le passant, le promeneur. Puis aux familiers qui ne lui avaient jamais montré une affection particulière. Enfin, un à un, à ces quelques privilégiés qui pouvaient lui gratter le ventre.

    Le maître, ça le faisait bien rire, et il se demandait chaque fois avec curiosité quel serait le répudié suivant.

    5

    Je me demande, disait le maître au téléphone chaque fois qu'il invitait l'amie, ce que fera Tobie chien quand il te verra! J'espère qu'il me connaîtra encore, répondait-elle invariablement, s'inquiétant de plus en plus au fil des semaines. Plus de deux mois sans me voir, saura-t-il encore que nous étions amis ou aurai-je droit moi aussi aux grognements et aux canines agressives? Je ne le pense pas, la rassurait-il, avec toi c'est une amitié pour la vie!

    Mais qu'en savait-il? Tobie chien avait mordu la belle-soeur préférée, montré les dents et grogné contre la fille cadette, qu'il aimait tant et qu'il voyait si souvent, bref seule l'amie était encore dans ses bonnes grâces, mais jusqu'à quand?

    Et c'est toujours le cœur battant, l'esprit inquiet, qu'elle gare sa voiture sur leur allée et sonne à leur porte. 

    *** 

    fin de cette histoire pour le Marathon d'écriture 2018 

    photo de janvier 2018 

  • U comme une fois...

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    C'est à une petite fête de famille que ça s'est produit une première fois. Enfants et petits-enfants étaient réunis pour un anniversaire et Tobie chien, allez savoir pourquoi, a grogné et montré les dents. Son maître a supposé qu'il y avait une bonne raison, une solide explication, une parfaite justification... mais sous la pression familiale, il l'a tout de même enfermé dans la grande cage où Tobie chien passe ses nuits et ses quelques moments de solitude pensive et alerte. 

    Un des petits-enfants lui avait-il tiré la queue ou l'oreille? Marché sur une patte? S'était-il senti agressé? Les enfants criaient leur innocence, non! NON! Ils n'avaient rien fait! RIEN! Et les adultes, comme d'habitude à ce genre de réunion festive, n'avaient rien vu, rien soupçonné, trop occupés par les verres et les assiettes à remplir et à vider, les conversations diverses à mener, les allers et retours à la cuisine et à s'extasier sur la petite dernière encore au berceau. 

    *** 

    écrit pour le Marathon d'écriture 2018 

    photo de juillet 2011 

    Tobie chien n'a pas encore sa taille adulte

  • T comme Tobie chien

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    Quand Tobie chien est arrivé chez eux, il aimait tout le monde: son maître, l'épouse du maître, les quatre enfants du maître, les beaux-enfants, les petits-enfants, les amis de passage, les voisins, les promeneurs du dimanche et même le facteur.

    Il saluait tout le monde de joyeux jappements et de gambades incontrôlées, heureux d'être là et d'annoncer à tous son allégresse.

    Puis son maître l'a emmené au dressage. Oh! Rien de bien méchant! Il lui a appris à obéir au doigt et à l’œil – à la voix, plutôt – assis, couché, attends, pas touche, viens... Tobie chien a tout appris avec facilité et bonheur. Son maître était visiblement content et fier de lui, alors lui aussi. Il s'asseyait, se couchait, attendait, rapportait, l'arrière-train tout frétillant de plaisir et d'impatience contenue. Il se promenait sans tirer sur sa laisse, ne sautait plus sur les gens pour leur lécher la figure, refusait les friandises les plus alléchantes aussi longtemps que le maître n'avait pas donné son assentiment.

    Un modèle de chien.

    2

    Le maître étant un grand sportif, Tobie chien se fait un devoir de l'imiter: ils font ensemble leur jogging du soir, à travers prés et bois, rentrent crasseux et très satisfaits l'un de l'autre. A tous ses visiteurs et familiers, le maître fait palper avec fierté la fine musculature de Tobie chien, en ajoutant chaque fois les mots "pas un gramme de graisse! Rien que du muscle!" et les visiteurs s'extasient comme il se doit. Au bout de quelques mois, Tobie chien avait sa taille adulte et ne se souvenait pas qu'il était né ailleurs: il avait trouvé son royaume. 

    *** 

    écrit pour le Marathon d'écriture 2018 

    photo d'avril 2012 

    Tobie chien reste assis à la demande

  • G comme grand nettoyage

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    Quand l'Adrienne est venue s'installer dans sa petite maison en ville, il y a quatre ans, elle a décidé d'être très vigilante sur l'ordre et la propreté. Fini, le bureau encombré de paperasses. Fini, le grenier rempli de trucs dont on n'a apparemment pas l'utilité, puisqu'on peut les y laisser vingt ans sans y toucher. Fini le livre perdu parce qu'on ne sait plus à qui on l'a prêté. 

    Or, vous qui connaissez l'Adrienne, vous savez ce qu'il en est cool 

    Le grand atlas routier Michelin Italie a mystérieusement disparu, le grenier se remplit même de boites vides, en vue du prochain déménagement, on n'est jamais assez prévoyant tongue-out et le bureau est ce qu'il a toujours été. 

    Ce n'est pourtant pas faute d'avoir été initiée, dès son plus jeune âge, à l'ordre et à la propreté: la mère de l'Adrienne n'a pas eu besoin de ce genre de posters pour être convaincue qu'on ne mettait jamais assez tôt la loque à poussières dans les mains d'une fille. 

    Mais il faut croire que comme pour la soupe, le dégoût de ce qui a été durement imposé lui est resté... à cette sacrée tête de mule! 

    *** 

    L'image est d'une amie italienne sur fb 

    Pour l'âge de 2 à 3 ans, on dit que l'enfant peut ranger ses jouets, mettre la table (apparecchiare), enlever les poussières (spolverare) et mettre les vêtements sales dans le panier à linge. 

    A six-sept ans, il peut balayer (spazzare), vider le lave-vaisselle, plier les serviettes éponge, préparer une salade, ranger les chaussettes. 

  • Questions de Pascal Perrat

    amitié,les joies d'internet,jeu,vie quotidienne

    La semaine dernière, 

    combien de fois avez-vous « liké » sur les réseaux? 

    combien de vidéos avez-vous regardées sur les réseaux? 

    combien de temps avez-vous passé sur Facebook? 

    combien d’articles y avez-vous lus? 

    combien de drôleries y avez-vous envoyées ou renvoyées?  

    combien de vidéos avez-vous regardées sur YouTube et autres? 

    combien de contenus avez-vous partagés? 

    combien de tweets avez-vous publiés ou lus? 

    nous demande Pascal Perrat, pour nous confronter ensuite à cette question-ci: pendant ce même laps de temps, combien avez-vous écrit de pages concourant à nourrir votre projet d’écriture ?  

    *** 

    Toute fière, l'Adrienne peut annoncer qu'elle n'a commis qu'un seul péché, elle a regardé des tas de vidéos sur youtube, mais c'est la faute à Joe Krapov tongue-out 

    De toute façon, son seul projet d'écriture est son blog. 

    Et deux ou trois blogamis qui offrent des petits jeux cool Merci à eux!

  • Première fois

    père,vie quotidienne,ça se passe comme ça

    Dans la famille de L'Homme, tuer sa nourriture n'a jamais causé d'états d'âme: canards, poulets, faisans, lapins, lièvres, cochons, agneaux passaient à la casserole, sans avoir, assurait-on, eu le temps de s'en rendre compte. 

    L'Adrienne se satisfaisait de cette assertion mais détournait la tête. 

    Aux grandes occasions, c'était l'Homme aussi qui plongeait les homards et les crabes la tête la première dans le court-bouillon. 

    Depuis que l'Adrienne fête Noël et/ou Nouvel An avec sa carissima nipotina, elle se trouve devant ce dilemme: la nipotina ne conçoit pas ces fêtes sans homard et l'Adrienne ne se voit pas tuer elle-même sa nourriture. 

    Pendant quelques années, elle les a commandés chez un traiteur. Ça n'a pas trop changé la donne: en contemplant la bête couchée dans son assiette, l'Adrienne se disait que très probablement sa mort aurait été plus douce - c'est-à-dire plus prompte - si elle avait eu le courage de s'en occuper elle-même. 

    Comme cette année, pour la première fois. 

    - C'était une bien brave bête, disait son père en se léchant les doigts. 

    *** 

    photo de l'été 2004 

     

     

  • U comme ultime ultimatum

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    Ce n'est pas l'agent n°15, c'est Xavier, mais c'est tout comme, vu qu'il est l'agent de quartier de Madame. 

    Dans la seconde moitié de décembre, il a déposé ce joli carton dans sa boîte aux lettres: 

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    Grâce à la longue pratique des hiéroglyphes de ses élèves, Madame a rapidement réussi à déchiffrer "Zou het mogelijk zijn uw haag [...] in te korten? Buurtbewoners [...] beklagen zich over de beperkte zichtbaarheid bij het uitrijden [...] Dank u." (1)

    Alors elle a pris son téléphone (oui, oui! l'événement de l'année!) et elle a dit à Xavier: 

    - Mais qu'est-ce que tu veux que je coupe encore à ma haie? Je l'ai taillée à l'automne, elle n'a pas repoussé depuis! Et de toute façon dès janvier elle va disparaître à cause des travaux! 

    - Je sais, je sais, sauf que pour les travaux, ce ne sera qu'en mars... 

    - Ah bon? Pourtant on a reçu une lettre... 

    - Enfin, pour ta haie, ne t'inquiète pas, tu coupes ici et là un truc qui dépasse et tout sera dit... 

    C'est à des moments comme ceux-là que Madame est bien contente d'avoir des anciens élèves flics. 

    Son agent de quartier, par exemple cool 

    - J'aimerais tout de même savoir, a-t-elle dit encore, qui sont ces gens qui se plaignent... 

    Alors là, Xavier ça l'a bien fait rigoler: 

    - Des gens qui ont une voiture avec un long, très long nez tongue-out 

    C'est le mot qu'il a dit, "een zeer lange neus", un très long nez. 

    *** 

    ici source de la photo montrant l'agent 15 des albums de Quick et Flupke (Hergé) 

    (1) Pourriez-vous tailler votre haie? Des gens se sont plaints dans le voisinage à cause de la visibilité limitée 

  • Quadrature du cercle

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    Cette année, dit l'Adrienne à sa carissima nipotina, je n'ai pas trop le courage d'aller au grenier chercher les décorations de Noël... Ni le courage, ni l'envie. 

    La nipotina venait justement de trouver l'endroit où elles étaient "zo gezellig": en plus de la déco déjà si abondante en temps normal, photos, animaux empaillés, vieilleries diverses, les propriétaires avaient réussi à rajouter des guirlandes, des lampions, des boules multicolores, des couronnes de faux houx, des mini pères Noël faisant du ski entre les bougies sur les tables... 

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    Surtout, poursuit l'Adrienne, que je suis particulièrement frileuse cet hiver et que pour aller au grenier, je dois ouvrir la trappe au plafond de la salle de bains... et hop! toute la chaleur va s'en aller d'un coup! 

    Mais l'Adrienne voyait bien ce que la nipotina pensait de toutes ces mauvaises raisons... Pas de déco? Pas de sapin? Impensable! C'est l'occasion où on oublie qu'on est écolo: il faut le vrai sapin, des tas de bougies, du brillant, du rutilant, du clinquant. On repensera à la planète après les fêtes. 

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    Bon, a conclu l'Adrienne, j'irai au grenier dimanche, dès que je suis rentrée. 

    Ainsi fut dit, ainsi fut fait. 

    Reste à transbahuter un petit sapin. A lui trouver une place. 

    Tu le planteras dans ton jardin, après, a dit la nipotina. 

    Je me demande bien où! a pensé l'Adrienne, mais elle s'est tue. 

    *** 

    photos 1 et 2 prises samedi soir dans le resto favori de la nipotina 

    photo 3 un sapin à l'hôtel de ville d'Ostende, sous la plaque commémorative de la visite du shah d'Iran

     

  • N comme neige

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    La deuxième neige de la saison - oui ça démarre fort - c'était dimanche dernier. L'Adrienne est montée à l'étage pour avoir une meilleure vue et allez comprendre pourquoi, ça l'a fait couiner de plaisir. Encore plus fort que la première fois... 

    Ce n'est pourtant pas que le paysage en ville soit si joli. Ni la vue sur son jardinet si magique. 

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    Quand elle a repris ses esprits, elle a saisi son téléphone pour appeler sa mère. 

    - Tu ferais bien de rester au chaud chez toi, tu as vu la neige qu'il y a? Et partout! sur les trottoirs, sur la route... 

    Mais il en faut d'autres à la mère de l'Adrienne pour qu'elle rate sa messe dominicale: 

    - Je mettrai mes bottes, répond-elle, comme si le cuir et les hauts talons allaient l'empêcher de glisser ou de tomber. 

    Tomber et se casser quelque chose est pourtant sa peur numéro un. 

    *** 

    Lundi matin, nouvelles chutes de neige et même vue depuis le premier étage, mais avec une file de camions et d'autos, qui ne réussissent pas à sortir de l'entonnoir. 

    L'Adrienne ne couine ni ne téléphone. Elle sort son gros caban de l'armoire et envisage le port de bottes en caoutchouc. 

    Puis elle s'est souvenue que ce jour-là elle allait devoir poser le pied sur les pédales d'un piano à queue cool 

     

     

  • 7 fois rien

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    Le règlement de la salle des jeunes du quartier 
    entre parfaitement dans le propos d'hier: 

    Tu refermes ce que tu as ouvert 

    Tu remets en place ce que tu as pris 

    Tu rends ce que tu as emprunté 

    Tu nettoies ce que tu as sali 

    Tu éteins ce que tu as allumé 

    Tu jettes ce que tu as vidé 

    *** 

    Mais je n'arrive pas à 7 

    me direz-vous 

    et vous avez raison: 

    c'est pourquoi j'envisage 

    de supprimer cette rubrique. 

    Le seul problème est
    que je ne sais pas par quoi la remplacer 

    undecided

  • E comme électricité

    L'Adrienne a été élevée comme ça: on ferme toujours soigneusement les portes et on éteint les lampes dès qu'on quitte une pièce. 

    Aussi ces temps-ci, alors qu'elle passe ses soirées à regarder des Christmas movies sur son ordi, elle remarque que dans chacun de ces films, absolument tous, quand un personnage rentre chez lui, il y trouve déjà toutes les lampes allumées. Y compris, Christmas movies oblige, les illuminations de Noël. Of course.

    Et bien l'Adrienne, ces orgies électriques, ça la choque. 

    *** 

     

    liste non exhaustive des choses bizarres dans ces full movies que Hallmark et compagnie produisent à la chaîne: 

    1.c'est l'hiver et il y a de la neige, mais l'héroïne porte une robe courte sans manches et d'élégants escarpins à talons aiguille 

    2.les protagonistes ont la peau blanche mais toujours un copain, une amie, un chef, un associé à la peau noire 

    3.comme par hasard, le noir tombe amoureux d'une noire, la blanche d'un blanc, idem pour l'asiatique ou le latino occasionnels (West Side Story était donc vraiment révolutionnaire)

    4.il n'y a pas plus de cinq domaines professionnels possibles pour les héros: c'est soit les hautes et froides sphères de la finance/de la justice, soit les bons sentiments du milieu hospitalier ou scolaire, soit la créativité artistique ou culinaire 

    5.les femmes gardent leur soutien-gorge pour dormir 

    6.Noël est tellement magique que la neige tombe toujours à point, même en Californie (du moment qu'on est dans la nuit du 24 au 25 décembre) 

    7.Noël est tellement magique qu'on n'est pas supposé s'étonner qu'une femme ayant donné son bébé en adoption en Californie le retrouve avocat à Boston mais momentanément dans un village du Montana où elle s'est réfugiée et où elle a sauvé l'héroïne d'un accident de voiture - l'héroïne bien sûr a fortuitement fait la connaissance de l'avocat de Boston et c'est le love at first sight 

    (bien sûr la dame fait du bénévolat et bien sûr la bonne oeuvre où elle officie généreusement va devoir fermer faute de moyens et bien sûr l'héroïne (parfois le héros, faut être juste) est riche à millions, bref la magie de Noël est infinie) 

    scénario transposable à l'infini aussi 

    *** 

    Vous suivez toujours ou vous vous êtes endormi? 

    Vous comprenez maintenant les vertus thérapeutiques de ce genre de films, le soir à l'heure du coucher? 

    *** 

    Et pour 54 minutes de That's entertainment, c'est ici: 

  • Z comme zomerhuis

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    Quand elle monte dans le train, elle dépose son sac à main, son écharpe, son smartphone, sa veste, son sac à dos, son livre. 

    Herman Koch, Zomerhuis met zwembad, note l'Adrienne, qui aime toujours voir ce que les autres lisent. 

    Elle prend son smartphone, se met à tapoter l'écran et donne des coups de fil. 

    Ça permet à l'Adrienne de savoir non seulement ce qu'elle lit, mais aussi de connaître sa vie, sa situation familiale et professionnelle, ses amitiés et inimitiés, ses projets pour le week-end. 

    La vie privée est décidément un concept totalement dépassé, se dit l'Adrienne en essayant de ne plus entendre ces pans de vie jetés à voix haute dans le compartiment. 

    Et voilà un livre qui n'est pas près d'être lu...

     

  • H comme hortensia

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    Une douzaine de grands hortensias, voilà ce qui est condamné à disparaître, si l'Adrienne ne se décide pas à les replanter ailleurs. 

    Quatre ans déjà qu'elle habite dans cette maison et qu'elle sait qu'un jour il y aura des travaux dans la rue, que le jardinet de ce côté-là de la maison est condamné à disparaître, à devenir trottoir et piste cyclable. 

    En octobre, une lettre est arrivée pour dire que les travaux commencent en 2018 et que toutes les plantations qui n'auront pas été récupérées seront irrémédiablement perdues. 

    Par bonheur, l'Adrienne a pu compter sur des bras et des muscles masculins pour déterrer cinq hortensias, qu'elle a aussitôt replantés. 

    Et les sept autres? 

    (soupir) 

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  • D comme dés

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    C'était la fête au "kringwinkel" (1) alors comme l'Adrienne a beaucoup de sympathie pour ce projet, elle y est passée faire le tour des rayons: livres mis au rebut, vêtements, services de table, meubles de récupération, il y a de quoi monter un ménage, y compris les cadres pour décorer les murs et les lustres des années cinquante. 

    Parmi les faux tapis d'Orient, il y avait ce carré jaune soleil made in ikea. Idéal pour réchauffer la salle de bains, s'est dit l'Adrienne, surtout après avoir vu le prix. 

    A la caisse, comme ce jour-là c'était la fête, la dame a gentiment proposé de lancer les dés: selon le chiffre obtenu, on recevait un certain pourcentage de rabais, 10, 20 ou 30%. 

    L'Adrienne, qui avait déjà la somme exacte en main, a dit noblement: 

    - Non, non, ça va! Je vais payer le prix qui est marqué! 

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    Vous en connaissez beaucoup, des magasins où quand vous déboursez deux euros on vous remercie comme si vous étiez une généreuse bienfaitrice? 

    En rentrant chez elle le sourire aux lèvres, l'Adrienne s'est dit qu'elle ferait un billet H comme happy (ou H comme Hampen, qui est le nom du tapis) mais comme vous voyez elle n'a pas pu attendre plus longtemps tongue-out 

    *** 

    (1) en cliquant sur le lien vous aurez toutes les explications et si vous cliquez en haut à droite sur 'FR', il y a même une fenêtre qui s'ouvre en français cool

  • Premier sourire

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    Le premier sourire du matin, la première voix humaine, un bonjour, quelques mots, c'est souvent en route pour l'école, quand le petit monsieur à longue barbe grise fume sa pipe sur le pas de sa porte. 

    Quand de loin déjà elle lui voit faire les quelques pas qui le séparent du trottoir, Madame sait qu'elle devra prendre le temps d'un moment d'arrêt: c'est qu'il a une communication à faire. 

    L'autre mercredi, c'était pour annoncer que les "pierdemuilies" étaient arrivés en ville pour la kermesse d'hiver. 

    Vendredi dernier, pour informer du changement d'heure et rappeler qu'il faudra reculer les aiguilles des montres, à trois heures du matin. 

    Madame a une très forte sympathie pour ce petit bonhomme aux vêtements troués et quand sa porte reste close pendant deux ou trois jours, elle s'en inquiète. 

    Puisse-t-il passer encore longtemps d'une kermesse à une autre, avec ou sans changement d'heure. 

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    source de l'image ici 

    le photo en haut de page date du 27 octobre 

    "pierdemuilie" est dialectal et signifie manège, carrousel 
    (littéralement: moulin à chevaux, à cause du mouvement rotatif, sans doute)

  • U comme una giornata particolare

    Le matin tôt, être la fille sur qui on peut compter. Avoir réglé son réveil la veille, sauter du lit, faire le service de réveil au téléphone pour sa mère, se préparer, retéléphoner pour annoncer sa venue dans les cinq minutes et repréciser qu'elle se tienne prête avec la valise en bas de l'appartement, sortir la voiture... 

    Bien sûr, la mère a encore voulu faire deux trois trucs - alors qu'elle se disait "prête depuis six heures!" - et l'Adrienne garée en catastrophe - il n'y a jamais de place en bas de l'appartement, sauf celle pour handicapés - gêne la circulation. Parce que c'est évidemment à ce moment-là que le bus doit passer. 

    Enfin la mère arrive, déclare que l'Adrienne est "vraiment un sac de nerfs", parle toute la route de sa voisine d'à côté, de celle du haut et de celle du bas. Une bonne demi-heure plus tard, elle est à destination, valise, guichet, billets, train... ouf. 

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    Deuxième temps, le retour: être l'Adrienne qui ne rate pas une occasion de faire le mauvais choix à un carrefour ou comme dans ce cas-ci, dans le noir, des travaux, une circulation dense, un territoire inconnu... et hop! un petit "remake" du retour d'Italie, sans carte, sans GPS, l'Adrienne s'est dirigée au pif et a traversé chaque hameau, chaque village, cherchant vainement une indication de lieu qui la remettrait sur la piste. Heureusement, le soleil s'était levé, lui indiquant le nord-est tongue-out 

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    Troisième temps, redevenir Madame, calme, sereine, souriante, heureuse et impatiente de retrouver ses chéris. Même la perspective d'un mercredi après-midi et d'une soirée occupés à des entretiens avec des parents d'élèves, oui même ça, tout est préférable au voiturage d'une mère qui part pour deux semaines chez son fils. 

  • G comme geitenwollensokken

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    Geitenwollensokken (1) c'est le mot par lequel on désigne - pour les dénigrer ou s'en moquer - ces gens qui ont été jeunes à l'époque du flower power et qui en ont gardé quelque chose d'écolo et de non conformiste. Même quand on les désigne par "wereldverbeteraars" (2) c'est aussi à connotation négative. 

    La petite chorale où l'Adrienne pousse la chansonnette, une fois par mois, se compose presque exclusivement de "geitenwollensokken". 

    Ils sont retraités pour la plupart et s'habillent comme à l'époque où ils étaient étudiants. Les T-shirts "save the planet" ou "save the Arctic" ont succédé aux "Atoomenergie? nee, bedankt!" (3) ou "Geen kernraketten!" (4) causes pour lesquelles beau-frère et belle-sœur numéro 4 sont si souvent descendus dans la rue, un peu partout dans le pays, fin des années 70. 

    Aussi l'Adrienne ne s'y sent-elle pas dépaysée, avec son vieux jean élimé et ses sandales en simili-plastique tongue-out

     ***

    (1) ceux-qui-portent-des chaussettes-en-poil-de-chèvre 

    (2) ceux-qui-veulent-rendre-ce-monde-meilleur 

    (3) énergie atomique? non merci!

    (4) pas de missiles nucléaires

    *** 

    on peut cliquer sur l'image pour l'ouvrir en grand 
    source ici 

    La blogueuse hollandaise définit trois types de 'geitenwollensokken', le militant, toujours donneur de leçons, toujours sur les barricades, et qui se fâche facilement; le suiveur, qui ne sait pas trop pourquoi il est là et qui est toujours d'accord avec tout le monde; le gentil idéaliste, qui marche au consensus et à la bonne humeur, et qui apporte des idées ou des solutions pratiques.

  • C comme casque d'or

    Voisine Casque d'Or est une pimpante petite vieille dame qui fait ses courses et son ménage en souliers vernis, balaie devant sa porte en élégant tailleur rose bonbon et semble toujours sortir de chez son coiffeur. 

    Le contraste ne peut pas être plus grand avec l'Adrienne, son vieux jean noir qui s'effiloche, ses sandales plates et ce peigne qu'elle a encore oublié de se passer dans les cheveux le matin. 

    Chaque fois qu'elles se voient, elles se font le même genre de conversation, à commencer par la météo et l'état de plus en plus lamentable du trottoir et de la rue, avec la date sans cesse remise pour les travaux annoncés - aujourd'hui il est question de janvier prochain. 

    carport 2017-07 (3).JPG

    - Mais cette chose-là, que vous avez fait mettre dans votre jardin, c'est quoi, au juste? 

    - ... ? 

    - J'en parlais avec ma voisine, elle ne savait pas non plus à quoi ça pouvait servir... 

    - Ah! vous voulez parler du carport

    Carport 2017-07 (2).JPG

    le carport, en cours de construction 

    elle m'a bien fait rire avec sa question smile 

    je lui avais pourtant annoncé ce projet, mais bon, il y a plusieurs mois déjà, elle l'aura oublié

     

     

  • R comme rouge

    Il est à sa porte à heures plus ou moins fixes, pour fumer une pipe. Hiver comme été, et bien que vivant seul, il fume sur le seuil, laissant la porte entrebâillée. L'hiver, en vieux pull bleu troué, et en ces jours de canicule, en maillot de corps. 

    On se salue, de loin. On échange un ou deux mots, pas plus. L'Adrienne est toujours pressée. 

    Hier, dès qu'il la voit venir, il franchit les quelques mètres de son jardinet pour arriver jusqu'au trottoir: 

    - J'ai pris un coup de soleil! s'exclame-t-il en montrant la peau nue sous la longue barbe grise. 

    - Ah! fait l'Adrienne compatissante, faut faire attention, ces jours-ci! C'est dangereux. 

    Puis il se retourne pour montrer son dos. Il a la nuque d'un rouge presque violet. L'Adrienne est très impressionnée et le lui dit. 

    - J'ai enlevé un peu de mauvaises herbes dans mon jardin, explique-t-il. Pourtant, j'avais mis de la crème solaire! 

    Depuis, l'Adrienne s'inquiète pour lui, et pour tous ces autres "petits vieux" de son quartier, la vieille dame toute cassée qui fait ses courses avec son antique vélo, celle qui marche avec une béquille d'un côté et un grand chien blanc de l'autre, celui qui a déjà été opéré deux fois à la gorge, celle qui porte avec fierté ses presque nonante ans... il fait beaucoup trop chaud, dehors et dedans, depuis trop longtemps.

    ça se passe comme ça,vie quotidienne

    la clématite de l'Adrienne a envahi le trottoir... 

     

     

  • 20 miracles de la nature (7)

    Sur la terrasse du café du coin, en face du supermarché, affalé sur son siège, jambes écartées, il était attablé tout seul devant sa bière, à dix heures du matin. 

    L'homme, ce miracle de la nature. 

    Sur son T-shirt noir il était marqué en grandes lettres blanches: 

    Un homme comme moi, ça se mérite! 

    homme.png

    Pour ceux d'entre vous que ça intéresserait, d'autres modèles à la demande ici 

    homme2.jpg

    homme3.jpg

    homme4.jpg

  • K comme kesketakivapa?

    DIALOGUE ENTRE MON PAPA ET SA VOITURE

    (enregistré le 11 janvier 1998 à 7 heures du matin)

    Glaglagla
    Alors alors alors

    Hein bon euh hein bon

    Ploc ploc

    Non mais dis donc là ho dis donc Savapasspassécommsavapasspassécomm

    Glouglou

    Abon

    Bidule truc bougie machin
    Alorskesketakivapa
    Kesketakesketakesketa
    Kesketaketaketactactatatata-a-ta-a-a-vroum

    Amaitoudmêmmêmmêm !

    Tchouf tchouf ploc ploc tchouf tchouf ploc ploc

     

    poème de Marie-Hortense LACROIX, qu'on trouve sur de nombreux sites à vocation scolaire et que Madame lit avec plaisir pour ses grands ados tongue-out

    ***

    - kesketakivapa?

    - J'ai "journée portes ouvertes" même si je ne travaille qu'à mi-temps...

    - Abon

    - Depuis le matin jusqu'à cinq heures du soir...

    - Non mais dis donc là ho dis donc!

    (hé oui, je ne me sens ni glouglou ni vroumvroum)

     

     

  • E comme experte

    Voilà bien longtemps - trois ans, au fait - que l'Adrienne se dit qu'il faudrait changer la poignée de la porte qu'elle utilise le plus. Elle n'est pas d'origine et tout à fait brinquebalante, bref, après avoir vu au fil des mois et des ans de si nombreuses publicités pour des poignées de portes, l'Adrienne a cru pouvoir en conclure qu'opérer ce petit changement était jeu d'enfant. 

    DSCI4679.JPG

    l'ancienne et la nouvelle, réunies pour la photo 

    DSCI4680.JPG

    la porte, dans son état actuel, trois semaines après l'échec de l'opération... 

    (heureusement, il y a une autre porte pour aller du salon vers le couloir) 

    tongue-out 

    experte,ca se passe comme ca,vie quotidienne,maison

    photo prise à l'expo Gaston Lagaffe à Beaubourg en janvier dernier

  • Adrienne est un âne

    La bonne personne qui t'en parle au bon moment, et hop! tu es repartie pour un tour, alors que tu t'étais juré qu'on ne t'y prendrait plus. 

    "Een ezel stoot zich geen tweemaal aan dezelfde steen", dit le proverbe en néerlandais, "un âne ne se cogne pas deux fois à la même pierre", autrement dit: si tu te laisses prendre deux fois, tu es plus bête qu'un âne. 

    Il y a quelques années, je m'étais engagée dans une action "panier de légumes bio", pour un prix fixe le fermier bio du coin proposait un petit assortiment. Les inconvénients étaient nombreux - pas de choix, parfois c'est trop ou trop peu ou pas intéressant ou pas ce qui était annoncé ou pas de la fort belle qualité - bref au bout d'un an j'avais décroché et juré que (etc. voir plus haut) 

    Il y a un mois, sous l'impulsion d'une gentille ancienne élève, je me suis réengagée pour un nouveau panier bio. 

    Autre fournisseur et mêmes désagréments mais au prix fort: j'avais cinq petites pièces pour 13,50 €, c'est-à-dire le double de ce que ces mêmes légumes, même en bio, m'auraient coûté au supermarché. 

    expert,vie quotidienne,élève

    vous voulez que je vous dise? 

    c'est du BROL!

  • X c'est l'inconnu

    Il a fallu enlever la plinthe sous la cuisinière, 

    retirer le lave-vaisselle de là où on avait eu tant de mal à l'introduire sans faire de dégâts, 

    arracher une planche sous le meuble de la cuisine,  

    DSCI4607.JPG

    pour qu'enfin un premier mystère soit résolu: 

    oui, il y a bel et bien une citerne d'eau de pluie sous la cuisine, 

    un truc rond en béton, 

    qui contenait autant de boue que d'eau. 

    DSCI4609.JPG

    et pendant qu'on y était, on a résolu tous les autres mystères 

    de l'écoulement des eaux usées 

    et compris pourquoi il y a cette odeur-là 

    dans la maison 

    tongue-out 

    Il reste quatre mois à Monsieur l'Entrepreneur 

    pour faire le reste du travail.

  • Y comme Yaka

    Le Belge, dit le journal de mercredi matin, on le sait, "a une brique dans le ventre". Mais ce qu'une nouvelle enquête vient de révéler, c'est qu'en plus de vouloir à toute force être propriétaire de son logement, il va en moyenne, dans le courant de sa vie, y faire quatre fois des travaux de rénovation. 

    Voilà, se dit l'Adrienne: tout s'explique! 

    En effet, chez elle aussi de nouveaux travaux sont en chantier, alors qu'elle croyait en avoir fini avec "tout ça". 

    *** 

    C'était sans compter sur la commune et ses projets d'aménagement. 

    En octobre, l'Adrienne et ses voisins ont reçu une longue lettre avec un tas de documents agrafés. Un rapide coup d’œil a permis de conclure que ça signifiait "travaux coûteux et dommages collatéraux garantis". 

    *** 

    Les uns après les autres, l'Adrienne et ses voisins reçoivent la visite d'un expert qui vient évaluer quelles mesures seront nécessaires. 

    Un type bien gentil qui vous dit sans sourciller: 

    - Yaka... 

    Par exemple, dans trois maisons il a dit: 

    - Pour séparer l'acheminement de l'eau de pluie des eaux usées, yaka démolir le carrelage. 

    maison,vie quotidienne,ça se passe comme ça

    chez l'Adrienne, en plus de quelques travaux à l'intérieur, YAKA refaire les sentiers, refaire un trou dans le mur et creuser tout le long de la maison pour amener l'eau de pluie jusqu'à l'autre rue... 

    c'est précisément là que depuis 2013 ont été plantés le figuier, l'hortensia grimpant, le romarin, la sauge, des fleurs à bulbe et quelques vivaces...

     

  • C comme coiffeur de stars

    Les successeurs de Francis, coiffeur philosophe, ouvrent un autre monde à l'Adrienne quand elle décide qu'il est temps d'aller faire raccourcir ses tifs.

    foot.jpg

    source de la photo et article 

    Pendant que Gentille Coiffeuse manie les ciseaux, l'Homme sculpte des têtes de stars du ballon rond. De mini-stars du ballon rond: Wout, sept ans et son frère Jasper, dix ans. Crâne rasé et mini-touffette fièrement dressée sur le front de Wout, nuque et oreilles bien dégagées, longue et large mèche tombant sur le côté du front de Jasper. 

    - Vous n'auriez pas une perruque Jean-Marie Pfaff? demande leur maman. 

    foot pfaff.jpg

    source 

    - C'est pour le carnaval? demande le coiffeur. 

    - Non, c'est pour Jasper, qui doit faire un exposé en classe. Il voulait parler du football mais je lui ai conseillé de choisir Jean-Marie Pfaff. J'ai trouvé plein de choses sur lui, alors il pourra facilement parler trois minutes. 

    coiffeur,vie quotidienne,école

    pour les enfants d'aujourd'hui, la perruque aux boucles blondes ferait plutôt penser à Fellaini qu'à un footballeur d'il y a trente ans... mais que voulez-vous, quand les mères s'occupent de décider du sujet et de la préparation des exposés...

     

  • Premiers conseils

    Quand on sonne chez l'Adrienne le matin du 26 décembre - et on sonne fort, très fort! mais c'est de sa propre faute, elle n'avait qu'à ne pas écrire "hard bellen" à côté du bouton de la sonnette - elle hésite un moment avant d'ouvrir. 

    - Bonjour, dit le beau pompier en lui tendant un calendrier. 

    DSCI4339.JPG

    Dans lequel il y a quelques pages de conseils et douze photos 

    de camions de pompiers 

    d'échelles de pompiers 

    de casques de pompiers 

    de caserne de pompiers 

    de vestes de pompiers 

    de lances de pompiers 

    ... 

    et aucune photo du beau spécimen de pompier qu'on a devant soi et à qui, sûrement, personne n'ose refuser les quatre euros que coûte son affreux calendrier 

    tongue-out 

    Bonne année!

  • P comme play it (again)

    A l'académie de musique, un examen ne s'appelle plus "examen": il s'appelle "toonmoment", ce qui veut dire "un moment où tu dois montrer ce que tu sais faire". Devant un jury et un public. 

    Même l'Adrienne, qui ne sait encore jouer que de simplissimes petites ritournelles de rien du tout, doit participer à ce genre d'évènement. 

    C'était prévu pour lundi dernier et vous pouvez compter sur l'Adrienne pour s'y être dûment préparée, jour après jour. Jusqu'à chantonner sa musiquette en marchant dans les couloirs de l'école: mi-ré-do, ré-mi-fa-mi-do-mi-ré, mi-fa-sol-sol-ré-do, ré-mi-mi-ré etc. 

    Au point qu'elle a réussi à s'y rendre quasiment sans stress, fredonnant ses mi-ré-do et se répétant des "Advienne que pourra" ou "A l'impossible nul n'est tenu". 

    Mais lundi dernier, la porte était close et l'affaire ajournée: la prof était malade. 

    Espérons que demain soir le jury et le public soient indulgents et que les dix doigts ne fourchent pas tongue-out

    Amen.