vive la famille

  • Z comme Zoé

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    Aglaé est tout à fait dans son rôle et affiche une mine de circonstance. Avec ses airs de pleureuse antique, son chignon défait, ses yeux gonflés et son nez rougi, on ne voit presque plus qu'elle et Agathe sont sœurs jumelles. 

    Agathe réussit toujours à rester belle, même avec ce masque de douleur: grands yeux mélancoliques, bouche mignonne, petit nez parfait et coiffure impeccable. 

    Comme chaque fois, c'est vers Zoé qu'elle se tourne. L'aînée a son air habituel, sérieux et responsable, le dos droit. On attend qu'elle décide. 

    Mais aujourd'hui elle ne dit rien, le regard au loin, pensive. Alors Agathe lui touche légèrement le pli du coude, pour la rappeler à la réalité: 

    - Zoé... qu'est-ce qu'on fait, pour le cadavre? 

    *** 

    tableau et consignes chez Lakévio

    que je remercie!

  • U comme una giornata particolare

    Le matin tôt, être la fille sur qui on peut compter. Avoir réglé son réveil la veille, sauter du lit, faire le service de réveil au téléphone pour sa mère, se préparer, retéléphoner pour annoncer sa venue dans les cinq minutes et repréciser qu'elle se tienne prête avec la valise en bas de l'appartement, sortir la voiture... 

    Bien sûr, la mère a encore voulu faire deux trois trucs - alors qu'elle se disait "prête depuis six heures!" - et l'Adrienne garée en catastrophe - il n'y a jamais de place en bas de l'appartement, sauf celle pour handicapés - gêne la circulation. Parce que c'est évidemment à ce moment-là que le bus doit passer. 

    Enfin la mère arrive, déclare que l'Adrienne est "vraiment un sac de nerfs", parle toute la route de sa voisine d'à côté, de celle du haut et de celle du bas. Une bonne demi-heure plus tard, elle est à destination, valise, guichet, billets, train... ouf. 

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    Deuxième temps, le retour: être l'Adrienne qui ne rate pas une occasion de faire le mauvais choix à un carrefour ou comme dans ce cas-ci, dans le noir, des travaux, une circulation dense, un territoire inconnu... et hop! un petit "remake" du retour d'Italie, sans carte, sans GPS, l'Adrienne s'est dirigée au pif et a traversé chaque hameau, chaque village, cherchant vainement une indication de lieu qui la remettrait sur la piste. Heureusement, le soleil s'était levé, lui indiquant le nord-est tongue-out 

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    Troisième temps, redevenir Madame, calme, sereine, souriante, heureuse et impatiente de retrouver ses chéris. Même la perspective d'un mercredi après-midi et d'une soirée occupés à des entretiens avec des parents d'élèves, oui même ça, tout est préférable au voiturage d'une mère qui part pour deux semaines chez son fils. 

  • Dernières volontés

    Quand tu seras morte, demande Monsieur Neveu, tu veux être enterrée ou incinérée? Incinérée, répond l'Adrienne. M'enfin! quelle drôle de question, dit Madame Mère. Mais c'est pour savoir quoi faire, dit Monsieur Neveu. Bien sûr, dit l'Adrienne, donc maintenant tu sais, prends-en bonne note pour le jour où. 

    C'est bien, le train, ça laisse le temps à d'intéressantes conversations. 

    A l'aller il s'était déjà enquis d'un autre aspect de la chose: 

    Quand tu seras morte, qui c'est qui hérite? 

    Ma mère, a répondu l'Adrienne. 

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    pluie à hauteur de Rotterdam, 23 juillet

  • V comme vieux machins

    L'autre jour, l'Adrienne et sa Tantine sont allées faire le plein de nostalgie heureuse dans la maison qui était autrefois la chapellerie familiale. 

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    La pièce de séjour leur a semblé plus petite qu'autrefois, et plus encombrée, alors qu'il n'y a trois fois rien là où avant elle contenait aisément le grand bureau avec son antique téléphone, la table pour douze personnes, le gros poêle à charbon, des armoires contre tous les murs et deux fauteuils dans le coin télé. 

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    Dans le couloir, les boiseries grises ont reçu une couche de peinture blanche. Tous les interrupteurs sont restés d'époque, c'est-à-dire de gros machins ronds et noirs, que les nouveaux occupants se sont amusés à peindre en vert ou en orange. 

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    Dans le magasin, le mobilier et les rayonnages ont disparu mais le grand miroir en pied est resté. C'est ici, dit la Tantine au jeune homme qui prend les commandes, que l'Adrienne a appris à marcher. 

    Ce qu'il y a de bien avec la Tantine, c'est qu'on peut parler avec elle du papa de l'Adrienne. A la maison, dit-elle, j'ai quelques vieux disques à lui. Il y en a un avec son nom écrit sur la pochette. De Ray Ventura, C'est au marché aux puces. 

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    source de la photo et info ici

    L'Adrienne n'a jamais entendu cette chanson et ne sait même pas que son père a eu des disques. Une petite recherche internet lui a fait découvrir le site ci-dessus et bien sûr les paroles. Mais aucune vidéo qui permette de l'écouter. 

    Dommage, l'Adrienne adore ce genre de vieux machins cool

     

  • J comme Joe, jeu et je me souviens

    Je me souviens qu'avec mon père il y avait du sport à la radio toute l'année. 

    Je me souviens que le premier janvier, quand la famille était réunie pour le nouvel an dans la chapellerie familiale, mon père et son frère étaient collés à la télé devant le saut à ski à Garmisch-Partenkirchen. Je me souviens que je ne comprenais pas ce que ça pouvait avoir de si passionnant ni pourquoi ils faisaient de grands "chut", alors que les noms, la nationalité et les temps étaient affichés à l'écran. 

    Je me souviens que la saison cycliste était une succession de moments forts et de victoires belges: Eddy Merckx, Lucien Van Impe, Freddy Maertens, Roger De Vlaeminck et tant d'autres gagnaient à peu près toutes les courses. 

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    mon père à 13 ans 

    Je me souviens de cet été où nous avons par hasard croisé une étape du tour de France et où ma mère, cette dame si respectable, si comme-il-faut, si digne, s'est égosillée à hurler des encouragements au passage d'Eddy Merckx. Je me souviens que grand-mère Adrienne trouvait qu'il gagnait trop de courses et qu'il aurait mieux fait d'en laisser pour les autres. 

    Je me souviens de l'admiration de mon père pour une toute jeune gymnaste roumaine qui nous a tous stupéfiés l'été 1976. Je me souviens que j'avais peur à chaque seconde qu'elle se rompe le cou mais son pied se posait toujours aussi miraculeusement que gracieusement sur la poutre. Je me souviens qu'elle savait absolument tout faire à la perfection et voltigeait avec la même souriante facilité sur le tapis ou aux barres asymétriques. 

     

    Je me souviens que sa passion prédominante était le football, probablement parce que c'était le sport dans lequel il avait atteint le meilleur niveau, capitaine de son équipe qu'il a menée au championnat. 

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    Je me souviens que mon frère n'avait aucune motivation pour les études mais qu'il connaissait parfaitement par cœur les noms, dates de naissance, taille, poids et curriculum sportif de tous les footballeurs des équipes belges, grâce à ses figurines et albums Panini. 

    Je me souviens qu'il me soumettait ses figurines en me demandant de désigner quels footballeurs je trouvais les plus beaux. Je me souviens que de guerre lasse, j'ai désigné un joueur du RWDM qui avait de beaux cheveux blonds tongue-out

    Je me souviens que mon père appréciait Paul Van Himst

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    Paul Van Himst, à l'âge de 21 ans, source de la photo ici 

    Je me souviens qu'un été on est allé voir les matchs de tennis à Westende - Jacky Brichant était venu y soutenir un tournoi en jouant quelques matchs avec des jeunes - et que je n'ai jamais réussi à comprendre les règles de ce sport ni surtout le bizarre comptage des points. 

    Je me souviens que pour moi depuis toujours, le sport est une chose qui se pratique mais qui n'offre aucun intérêt à la vue ni à l'ouïe. 

    *** 

    consigne du jeu
    "Je me souviens du sport, d'athlètes et d'événements sportifs" 
    chez Joe Krapov

  • O comme oncle

    La petite a une Tantine de vingt ans qu’elle aime beaucoup. 

    Ce dimanche, elle est accompagnée d’un grand maigre aux yeux bleus. 

    - C’est ton oncle, annonce-t-elle joyeusement. 

    La petite ne comprend pas comment elle peut tout à coup avoir un oncle de plus. Elle ne dit rien et l’observe en gardant les mains derrière le dos. Il se baisse pour l’embrasser. 

    - C’est mon fiancé, explique Tantine. 

    Le nouvel oncle est plein de bonne volonté. 

    - Tu viens avec nous au Memling ?  

    Elle ne sait pas ce que c’est, le Memling, mais elle voit tant de gentillesse dans les yeux bleus qu’elle décide d’accorder sa confiance. 

    Ils s’asseyent tous les trois autour d’une des petites tables de bois sombre, dans le coin près du comptoir. 

    - Tu veux un coca ? 

    A bientôt cinq ans, elle ne connaît pas ce breuvage mais elle fait oui de la tête. 

    - Avec une paille ? 

    L’oncle n’a décidément que de bonnes idées. Elle lui sourit. 

    La boisson a une couleur et une odeur bizarres pour quelqu’un qui n’a bu que de l’eau plate et de la limonade jaune-qui-pique. Elle la déguste à petites gorgées espacées pour montrer qu’elle est une enfant bien élevée. 

    Elle s’ennuie et la chaise de paille s’imprime douloureusement dans ses cuisses. Pour passer le temps, elle admire la collection de porte-clés accrochée au-dessus du comptoir et suçote sa paille qui fait tout à coup des gargouillis incongrus, attirant l’attention des deux amoureux. Que va penser l’oncle, qu’elle est mal élevée, plus jamais il ne lui demandera de l’accompagner, elle fera honte à sa Tantine… 

    - Tu veux encore un coca ? demande-t-il gentiment en voyant la bouteille vide. 

    Elle secoue la tête « Non, non, merci ! ». 

     

    C’est ainsi que dimanche après dimanche, son cœur se gonfle d’amour. Semaine après semaine, c’est un privilège de s’ennuyer sur une chaise de paille à siroter une boisson bizarre. À observer une immuable collection de porte-clés, pendant que l’oncle et Tantine parlent de choses qu’elle ne comprend pas. 

    C’est si bon. Jusqu’au jour où sa mère voit ce bonheur et lui dit : 

    - Oh ! il ne faut surtout pas te faire des illusions et croire que c’est parce qu’ils t’aiment bien, qu’ils t’emmènent avec eux. 

    vive la famille,

    la Tantine en robe de mariée, l'oncle au second rang et la petite en robe bleue 

  • K comme Krapoverie

    La journée avance et le bus avec les grands-parents n'est toujours pas en vue. Ernest n'a plus un radis et il ne reste quasiment rien du petit pécule de Bernadette. Vont-ils pouvoir planter leur tente quelque part dans les environs? C'est douteux! Ils ont déjà eu l'occasion de remarquer que rien - ou presque - n'est gratuit à Lourdes. 

    - On pourrait essayer les maisons religieuses, propose Bernadette, jamais à court de bonnes idées. Séparément, bien sûr! parce que ça m'étonnerait que les bonnes sœurs acceptent de nous loger ensemble. 

    Où trouve-t-elle encore la force de rire, se demande Ernest, qui devient plus sombre d'heure en heure, lui qui n'était déjà pas franchement gai pendant le voyage. 

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    Ils finissent par trouver une congrégation posant pour la photo souvenir comme un jeu de quilles, en quinconce et d'une symétrie tirée au cordeau. 

    - On dirait ma grand-tante Gudule et ses copines, s'esclaffe Bernadette. Celle qui est chez les bonnes sœurs à Lokeren. Attends-moi là, je vais me renseigner. 

    Malheureusement, ce n'étaient pas des Flamandes, mais des Polonaises. 

    - Tant pis, dit Bernadette, retournons dans le centre... 

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     C'est là qu'ils tombent enfin sur le groupe de touristes belges avec le grand-père, la grand-mère, le chauffeur du bus et un tas d'inconnus: tout le monde pose gravement devant un des autels extérieurs. 

    - Qu'est-ce que je suis contente de vous voir, tous les deux! s'écrie Bernadette en se jetant au cou de son grand-père et de sa grand-mère. Venez que je vous présente Ernest.  

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    C'est ainsi qu'Ernest, en prenant congé des grands-parents de Bernadette trois jours plus tard, a appris une petite phrase essentielle pour la suite des événements le concernant: 

    - Il faut vraiment que j'y aille, dit-il en remerciant une dernière fois le grand-père. Mes affaires m'attendent! 

    - Ah! s'exclame le grand-père, vous avez bien raison, mon garçon: les affaires, c'est comme les brouettes! Quand on ne les pousse pas, elles s'arrêtent! 

    - Merci, je m'en souviendrai, dit Ernest. 

    ***

    c'est avec cette photo chez Joe Krapov que tout a commencé 

    cool 

    le premier épisode est ici 

    toutes les autres photos proviennent des archives de mes grands-parents

  • G comme guerre

    Chaque fois que mon père remontait de la cave de mes grands-parents, il ne manquait pas de dire: 

    - Il y a là de quoi soutenir un siège! 

    Sur les étagères, grand-mère Adrienne avait des bocaux de haricots verts, des bouteilles de sauce tomate, des petits pois en conserves, des sardines à l'huile, des pilchards... et j'oublie sûrement des tas de choses. 

    Il est vrai qu'elle ne cessait de nous l'annoncer, la guerre, chaque fois qu'au journal télévisé elle voyait des politiciens se chamailler, chaque fois qu'ils élevaient la voix, c'est-à-dire à peu près tous les jours: 

    - 't Gaat nog oorlog worden! (1) 

    Alors les autres adultes se moquaient d'elle, de ses kilos de café et de sucre planqués dans une grande armoire à l'étage. Et quand elle leur rappelait l'aveuglement de Chamberlain et de Daladier, en 1938, ils riaient de plus belle. 

    Ma chère petite grand-mère... 

    Aussi ai-je bien pensé à elle en voyant ceci, chez ma nipotina

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    la table, côté gauche  

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    la table, côté droit 

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    le salon 

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    la cuisine 

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    et tout ça pour un chat qui ne veut plus se nourrir... 

    *** 

    pour le projet du Hibou 

    semaine 45 - guerre 

    ***

    (1) on va encore avoir une guerre!

     

  • K comme Krapoverie

    Ernest et Bernadette ont vainement fait deux fois le tour des lieux de dévotion à pied, le vélo à la main, scrutant la foule pour essayer d'y retrouver deux visages connus. 

    - C'est bien joli tout ça, soupire Bernadette, mais j'aimerais enfin tomber sur mes grands-parents et rentrer en bus avec eux! Je n'ai pas envie de refaire tout le voyage du retour à bicyclette! 

    - Ni moi, dit Ernest. J'ai les fesses en charpie. Et mes affaires m'attendent... 

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    Pendant qu'Ernest et Bernadette tournicotaient entre la grotte et l'esplanade de la cathédrale, les grands-parents posaient tranquillement devant le bus qui avait amené sa petite colonie de Belges à une des étapes obligées du voyage à Lourdes, le cirque de Gavarnie. Le grand-père tenait fièrement sa toute nouvelle canne de randonneur, munie d'une pointe en fer. Elle ne lui servirait qu'à monter les trois marches du café des Pèlerins, où il avait repéré qu'on servait de la Stella. 

    Mais n'anticipons pas... 

     

    ***

    tout a commencé avec cette photo:

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    photo, consigne et texte chez Joe Krapov, que je remercie! 

    les autres photos proviennent des archives de mes grands-parents

  • 7 octobre

    Une, puis deux petites flammes éclairent la table du salon où elle a étalé des chutes de tissu, des broderies et des rubans de soie. Sur le guéridon de marbre vert, le café de sa mère a fini de refroidir. 

    Elle reprend en main la poupée Thérèse, celle qui a une robe rouge à pois blancs, des chaussettes blanches dans ses chaussures noires à bride et un ruban rouge dans ses longs cheveux bouclés. La jupe est froncée et le petit col blanc s'ouvre par trois minuscules boutons. Avec ses gants blancs, elle respire l'élégance dominicale d'autrefois. 

    Dans la pièce sombre, on n'entend que le cliquetis des aiguilles à tricoter et le tic tac de l'horloge. Le petit frère dort dans son parc. Assise sans bouger dans le grand fauteuil rêche, la petite ne desserre pas les dents. Elle reste là sans parler, c'est à peine si on la voit respirer ou cligner des yeux. Elle attend. On ne sait pas trop quoi. La fin de la panne d'électricité? La fin de cette triste journée d'octobre? Le retour du père, ce héros sans gloire dont la présence lui manque tellement? 

    Elle tient son gros nounours serré contre elle en regardant fixement le fauteuil d'en face, dans lequel est assise sa mère. Nounours tout râpé à qui elle a mis, maintenant qu'on est en automne, un bonnet de laine à pompon et un maillot rayé avec la petite culotte assortie. Elle ne sait pas que ce sont des vêtements qu'elle a portés elle-même à ses dix-huit mois. 

    On est le 7 octobre et elle a 7 ans. 

    Demain - mais ça personne encore ne le sait - demain elle sera dans une grande clinique sous d'aveuglantes lumières blanches. 

    souvenir d'enfance,vive la famille,père

  • B comme beau temps pour une balade!

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    - Pour finir les vacances en beauté, avait dit papa, on va passer le dernier week-end dans les Cornouailles. 

    - Nous irons visiter le château de Tintagel, avait ajouté maman, comme si on avait besoin d'un argument supplémentaire pour être d'accord de partir en week-end. 

    On est partis vendredi soir tous les cinq, avec la caravane. Papa dit que c'est bien, la caravane, qu'on est plus libre et qu'on a tout le confort comme chez soi. Alors il regarde maman et maman regarde ailleurs. 

    - Vous voyez cet endroit magnifique? a dit papa en se garant sur une aire de pique-nique. Voilà ce qu'on n'a pas, quand on est à l'hôtel! 

    Il a de nouveau regardé maman qui a regardé ailleurs. 

    On s'est installés pour la nuit. La table et les bancs étaient en bois et un peu verts de mousse mais ce n'est pas grave, on a mis nos cirés, on a mangé nos sandwiches et on s'est couchés. 

    Il faisait encore noir quand papa nous a réveillés. 

    - On va faire un jeu de nuit comme chez les scouts? j'ai demandé, mais il n'a pas répondu. 
    - Mettez vos bottes et vos cirés, a dit maman. 

    Papa nous a portés jusque sur la table de pique-nique, il a même porté maman. On était là tous les cinq, debout sur la table, papa regardait le ciel sur sa gauche, maman sur sa droite, mon frère ne savait pas où regarder et s'agrippait à la ceinture de papa. Moi je regardais ma petite soeur, qui continuait à bâiller et à dormir, avec le foulard de maman qui glissait de ses cheveux. 

    Derrière nous, les roues de la voiture et de la caravane étaient déjà sous l'eau. 

    - C'est vrai, a dit maman, que tout ça, à l'hôtel, on ne l'aurait pas eu. 

    Mais je n'ai pas bien compris si en disant ça, elle donnait raison à papa. 

    ***

    écrit pour le tableau chez Lakévio 

  • Derniers témoins

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    Ici et là 

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    entre deux blocs de béton et de verre 

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    subsistent les derniers témoins 

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    de la Belle-Epoque 

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    "A Ostende, nous dit le guide de la promenade maritime de dimanche soir, dès qu'un bâtiment a plus de 30 ans, on commence à se dire qu'il vaudrait mieux l’abattre pour construire du neuf!"

    Hélas, je sais bien qu'il a raison, j'avais un beau-frère roi de la brique et du béton... Il se vantait chaque fois qu'il avait reçu un permis de construire sur un bout de dunes...  

    "Imaginez, ajoute-t-il en nous montrant une photo du front de mer vers 1910, que nous ayons gardé ces bâtiments-là? D'accord, c'est bien joli, mais combien de gens on aurait pu loger? Avec des plafonds à quatre mètres de hauteur! Et sans le confort d'aujourd'hui!"

    Bref, le guide et mon beau-frère, ils étaient du même avis... 

     

  • Dernière fois!

    C'est bien la dernière fois, se dit l'Adrienne à la fin d'une journée particulièrement tendue, que j'emmène ma mère en vacances!

    Le lendemain, avec la suite dans les idées qu'on lui connaît, elle proposait déjà une destination pour l'été suivant.

    - Oh mais! a dit sa mère, on ne doit pas attendre jusqu'à l'an prochain! On peut y aller au mois d'août!

    vive la famille, voyage, ça se passe comme ça

    l'infatigable mère de l'Adrienne dans les traboules

    vive la famille, voyage, ça se passe comme ça

    entre le musée des Tissus et celui des Arts décoratifs

    vive la famille, voyage, ça se passe comme ça

    lisant scrupuleusement chaque écriteau
    (ici au musée gallo-romain de Fourvière)

    vive la famille, voyage, ça se passe comme ça

    montant et descendant des tas d'escaliers
    (ici en revenant d'une visite à la Croix-Rousse)

  • Y comme y a pas que Marcel

    Deux fois par an, sur la route des Ardennes, en passant devant un lieu qui affiche "le pont romain", nous avions droit à la même anecdote:

    - Marcel, votre femme! lançait mon grand-père, faisant les questions et les réponses comme un véritable stand up comedian.
    - Et bien quoi, ma femme?
    - Mais elle n'est pas avec nous!

    L'anecdote datait du début des années 1960: grand-oncle Marcel, son épouse et sa petite fille étaient sur cette même route des Ardennes, avec mes grands-parents et un couple d'amis, dans deux voitures. Après un arrêt pour admirer "le pont romain", grand-oncle Marcel était reparti sans se rendre compte que son épouse et sa fille n'étaient pas dans la voiture. Jusqu'à ce que l'ami le lui signale. Ils étaient déjà loin, il a fallu faire demi-tour...

    C'était toujours ma grand-mère qui donnait la conclusion de l'histoire:

    - Alors j'ai demandé à Elisa ce qu'elle aurait fait si Marcel avait tardé plus longtemps. "Oh! j'aurais pris un taxi pour rentrer à la maison!"

    Grand-tante Elisa, ne faisant confiance ni aux banques, ni au dessous des matelas, emportait toujours toute sa fortune dans son sac à main. Il y avait de quoi payer un taxi pour faire deux fois le tour de la terre.

    ***

    J'ai toujours trouvé cette anecdote assez incroyable, bien que vraie. Et voilà que je lis ceci: http://www.ladepeche.fr/article/2016/07/19/2387269-oublie-femme-aire-autoroute-pres-viaduc-millau.html 

    ***

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    le pont romain

    source: Jean-Pol GRANDMONT 

    https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=175763

  • Premier soir

    Pour son premier soir en Belgique, monsieur neveu portait un bermuda bleu vif et une marinière rouge et blanc.

    - C'est pour mieux ressembler au drapeau français? lui demande l'Adrienne.

    - Tout à fait! répond monsieur neveu, qui semble jouer constamment au jeu du "ni oui ni non".

    Et il ajoute:

    - Je suis content que tu l'aies remarqué! Parce que vous ici en Belgique, vous avez mis plein de drapeaux, mais nous en France, on est beaucoup moins chauvins!

    ***

    Ce qu'il peut être comique, ce gamin tongue-out 

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    Il passe une semaine de vacances chez ma mère, qui est fervente supporter des Diables rouges: ça risque de faire quelques étincelles.

    C'est ce soir qu'il faudrait être une mouche - ou placer un micro dans l'appartement: sûrement que ça en vaudra la peine...

  • K comme krak

    L'Adrienne était tranquillement occupée à son bureau

    quand tout à coup

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    Krak! Dzinng!

     

    La corde qui retenait

    le cadre des ancêtres

    accroché à son clou

    venait de céder

    dans la pièce d'à côté...

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    La famille tout entière

    s'est retrouvée par terre

    dans mille bris de verre...

    ***

    Comme l'Adrienne n'est pas superstitieuse, elle ne croit pas que cela aura des conséquences négatives pour les deux personnes encore vivantes figurant sur la photo parmi les arrière-grands-parents, les grands-oncles et les petits-cousins cool

     

  • Y comme Y a de la joie!

    Ce n'était pas la querelle des Anciens et des Modernes, ce n'était pas la Guerre des Roses, ce n'était pas les Leliaards contre les Clauwaards. 

    C'était les Romantiques contre les Comiques. 

    Grand-père chantonnait "ma Tonkiki- ma Tonkiki- ma Tonkinoise", un texte pour lequel Maurice Chevalier se ferait lyncher aujourd'hui. Il donnait de la voix pour dire à la Marquise que "Tout va très bien, tout va très bien". Il esquissait un pas de danse fripon avec Madelon qui vient nous servir à boire et dont on frôle le jupon. 

    Grand-mère préférait les roucoulements de Tino Rossi et ça rendait grand-père assez jaloux. Il s'amusait à ridiculiser le Tino en imitant sa pauvre petite-voix-de-rien-du-tout qui traîne sur les voyelles finales en susurrant  "Marinellaaaa, reste encore dans mes braaaaas..." (1) 

    Puis un refrain inspirait des idées à grand-père, il entourait grand-mère de ses bras, l'arrachait à ses casseroles et la faisait doucement tanguer sur André Claveau, "ne me laisse pas seul sans ton amour". 

    Alors mini-Adrienne était tout heureuse et se disait que si leur idylle avait si bien résisté au temps, c'était peut-être une chose possible pour elle aussi, un jour... 

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    Le sujet de Mil-et-une n°22 
    mot imposé: idylle 

    (1) L'estocade serait donnée un jour par petit frère qui en ferait "Marie Thumas, des carottes et des petits pois...". 

  • C comme conversation

    - Et toi? pas de nouvelles? tu n'as rien à me raconter?

    - Ben si... mon ordinateur a rendu l'âme...

    Ici, vous pensez à quelques réactions possibles, par exemple:

    - Ah bon! depuis quand?

    - Et qu'est-ce que tu vas faire?

    - Tu crois que tu pourras le faire réparer?

    - ...

    Vous pensez même à celle-là, qui pourtant est de l'ordre de l'improbable:  

    - Si tu veux, tu peux utiliser le mien...

    Rien de tout cela:

    - Ah oui? c'est arrivé il n'y a pas longtemps à B*** aussi, alors un de ses copains - tu le sais, il a un tas de copains - un de ses copains lui a dit de chercher "Au bon coin" (et patati et patata, toute l'histoire de l'ordi de mon frère, depuis la panne jusqu'à l'achat du nouvel appareil, plus quelques incises et parenthèses)

    ***

    Le comble, c'est qu'à la première occasion
    - c'est-à-dire au moins une fois par semaine -
    elle me dit:

    "Toi, tu ne me racontes jamais rien!"

     

    vive la famille

    septembre 2013

    une des premières choses qu'on a déménagées: 
    la table de camping et l'ordi

     

  • Z comme zélatrice

    A la mi-avril, mon frère était en Belgique avec sa femme et son fils cadet.
    Nous avons - évidemment - parlé de mon père. 

    Et c'est avec une grande fierté - que dis-je? fierté? orgueil de race, comme l'écrirait Delly - que nous avons exhibé, mon frère et moi, notre auriculaire. 

    Là, en plein restaurant. 
    Entre l'entrée et le plat principal. 

    Pour montrer que nous avions hérité du bon patrimoine génétique. 

     DSC00109 - kopie.JPG

    Nous avons, tout comme mon père,
    et nous en sommes grandement fiers, 
    les auriculaires de travers 

    cool

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 17 - patrimoine 

  • D comme donne-moi la main

    - Donne-moi la main!  

    Depuis mes cinq ans, combien de fois ai-je dit cette petite phrase?

    - Donne-moi la main! Reste sur le trottoir! 

    Nous revenions de l'école. J'étais le tracteur, lui la remorque qui se faisait de plus en plus lourde, de plus en plus capricieuse. 

    - Donne-moi la main! Ne va pas trop loin! 

    Nous étions à la côte et tout à coup je ne le voyais plus, caché par une vague. Je savais tout juste nager et lui pas encore. 

    - Donne-moi la main pour traverser! 

    Il filait sans regarder ni à droite ni à gauche et moi j'étais responsable. 

    Il faut croire qu'il y a un ange gardien spécialisé dans les petits frères.

     miletune1.jpg

    photo de Plume d'Ambre

    https://amillemains.wordpress.com/2016/02/01/atelier-n1/

  • Y comme Yeah yeah yeah!

    jukebox.JPG

    https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Museum_Terug_in_de_Tijd#/media/File:AMI_Stereophonic_jukebox.JPG

    http://miletune.over-blog.com/2015/11/sujet-semaine-49.html

    - Tu viens avec nous au Memling? demande l'Oncle, le nouveau, celui qui est tout maigre et a ses cheveux blonds enroulés en saucisse au-dessus du crâne.

    Au Memling? la petite ne sait pas de quoi il s'agit - est-ce loin? iront-ils en voiture? qu'est-ce qu'on va y faire? - mais elle met sa main confiante dans celle de l'Oncle, et les voilà partis, la Tantine dans sa robe turquoise avec la jupe bouffante, et l'Oncle, avec sa saucisse sur la tête.

    ***

    La suite de l'histoire, je l'ai déjà racontée ici:

    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2014/04/24/t-comme-tantine-8166532.html

  • Z comme zéro

    On s'illusionne. 
    On ne demande pas mieux.

    Bien sûr qu'on s'illusionne. 
    Depuis l'âge de cinq ans.
    On s'illusionne le plus longtemps possible.

    Puis un jour elle dit une chose terrible. 
    Une de ces choses terribles dont elle a le secret. 
    Une de ces choses qui font très mal.

    Et on comprend qu'on s'illusionnait.

    Une fois de plus.

    181 - kopie.JPG 

  • N comme nationalisme

    D'abord, il y a mon père. Qui s'est trouvé une épouse à sa convenance dans un de ces milieux typiques de ma petite ville pendant les années cinquante: éducation familiale flamande, éducation scolaire francophone. 

    Puis il y a ma tante. Qui à peine âgée de seize ans a rencontré l'homme de sa vie dans cette même petite ville, mais dans un milieu familial et culturel à cent pour cent flamand, alors qu'elle-même poursuivait sa scolarité en français.

    Enfin, il y a mon oncle. Qui à l'âge de trente-cinq ans s'est enfin décidé pour le mariage, après avoir écumé les endroits huppés de la côte d'Azur et de Knokke-le-Zoute. Où il a fini par trouver une Wallonne fraîchement rentrée de dix ans de Congo.

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    Je n'avais pas quatre ans quand elle est entrée dans ma vie et je l'ai tout de suite adorée. Je crois qu'elle s'ennuyait beaucoup et que s'occuper de moi la distrayait.

    Tout dans sa maison respirait l'exotisme. Tout me fascinait. Le tigre en peluche presque aussi grand que moi, la selle de chameau au coussin de cuir rouge, les tables basses en forme de plateau, les tissus africains aux couleurs vives.

    Alors que voulez-vous que je réponde, quand depuis mes douze ans on me demande si je suis Flamande?

    C'est quoi, être Flamande?

  • V comme vive la famille

    Que fait-on des vieilles photos de famille? des bébés nus sur des peaux de moutons, des communiantes aux mains jointes sur un missel, des soldats en uniforme, des couples qui posent gravement à l'occasion de leur mariage? 

    Que fait-on de ces vieilles photos entassées pêle-mêle dans une ancienne boîte à gâteaux en fer blanc? Souvent on ne sait plus qui elles représentent.

    Tantine voulait jeter celles qu'elle avait trouvées chez sa mère, ma mère voulait faire subir le même sort à celles de grand-mère Adrienne.

    Deux fois je me suis trouvée là à point nommé pour les récupérer. C'est mon principal héritage Cool

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    les grands-parents paternels de mon père
    photo du début des années 1920

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     Knokke-le-Zoute, 1927
    la petite Yvonne est enceinte de mon père

    Adrienne1.jpg - kopie.jpg

    grand-mère Adrienne prétendait qu'elle n'avait que 6 ans sur cette photo où elle pose entre son père et sa mère; dans ce cas, elle a été prise en 1912  

    ***

    Projet 52 de Ma' - thème: héritage

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

  • H comme honte

    - Tu sais, me dit-elle, M*** m'a demandé où tu habitais, mais je ne le lui ai pas dit.

    - ...?

    - Je suis restée évasive. C'est en bas de la rue ***, je lui ai dit.

    - ...?

    - Elle a insisté, elle voulait savoir où exactement, mais j'ai chaque fois répondu: c'est en bas de la rue.

    - Tu as bien fait, ai-je fini par répondre.

    Lâchement.

    ***

    Depuis, je ne cesse d'y penser: elle a donc tellement honte de l'humble maisonnette où je vis aujourd'hui?

  • Le bilan du 20

    Mercredi

    Trois heures passées à regarder des photos.

    Une à une, attentivement.

    Trois heures à émettre des remarques élogieuses.

    Des 'oh!' et des 'ah!'

    Trois heures passées chez une amie qui a un Ipad.

    Et qui est trois fois grand-mère.

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    mon père à Knokke en 1933 entre son frère et sa soeur

    Vendredi

    Une centaine de petites lunettes spéciales pour éclipse, commandées et payées par l'école, seront distribuées aux profs - dont moi - qui les ont "réservées" pour leurs élèves... mais la météo annonce une avant-midi grise et brumeuse.

    Lors de la dernière éclipse - en août 1999 - les lunettes spéciales étaient encore offertes par un tas de marques, journaux ou commerces.

    Ces derniers jours, des mamans inquiètes écumaient les magasins et les opticiens dans l'espoir d'en trouver pour leurs enfants et sont souvent revenues bredouilles.

    Beaucoup de gens, c'est sûr, seront contents si le ciel est bien voilé ce matin.

    Edit vers 16.00 h.

     

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    nous avons tout de même réussi à voir les phases principales de l'événement

    Cool

    photo prise dans ma ville à 10.38 h.

     

     

  • P comme peindre la mer

    Nous étions samedi à cette expo ostendaise, ce "salut d'honneur" à Jan Hoet et à la mer (1).

    Monsieur Neveu a des goûts très "classiques", ce qui est parfaitement normal à son âge. Il aime qu'un tableau représente quelque chose de réaliste et de reconnaissable et qu'il soit peint avec un minimum d'académisme. Son amour de la peinture s'arrête par conséquent aux impressionnistes.

    Il était tout juste d'accord pour trouver joli un tableautin représentant un canot de pêcheurs

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    Johan Barthold Jongkind
    Vissersboot op het strand, 1861 
    (musée d'Otterlo)

    Nous avons beaucoup rigolé en voyant l'oeuvre du Roumain Belu-Simion Fainaru: ce n'était pas une peinture mais un verre d'eau dans lequel il y avait un oeuf (cuit dur, je suppose). Sur la mini-surface d'eau flottait un minuscule bateau fait d'un peu de cire (ça ressemblait au dentier de mon arrière-grand-père), d'un cure-dents pour le mât et d'un triangle de papier pour la voile. On peut le voir ici: http://sofievandevelde.be/artists

     fainaru.jpg

    Après avoir scrupuleusement visité chaque recoin du musée que monsieur Neveu a trouvé joyeusement labyrinthique, nous étions tout de même d'accord que l'oeuvre qui nous plaisait le plus était absolument moderne. Il s'agissait l'une peinture de Thierry De Cordier, une mer très belle, comme palpable, sensuelle, et à la fois très menaçante, que je n'ai pas photographiée mais qu'on trouve en suivant ce lien: 
    http://www.xavierhufkens.com/artists/thierry-de-cordier

     de zee.jpg

    MER DU NORD, Étude n°1, 2011
    Oil paint and enamel on canvas
    120 × 150 cm | 47 ¼ × 59 inches

    (1) http://www.muzee.be/fr/muzee/t204250/la-mer-salut-d-honneur-jan-hoet

  • N comme neveu

    Hier l'Adrienne a dû faire le guide à Bruxelles pour sa mère et son neveu. Ils voulaient voir le musée de l'automobile, au Cinquantenaire.

    Monsieur Neveu a pris le métro pour la première fois de sa vie, non sans appréhension Langue tirée

    Pendant que sa mère et son neveu discutaient comme des pro - ils sont tous les deux fous d'automobiles - l'Adrienne prenait des photos.

    Le seul problème c'est que, comme elle n'y connaît rien, si elle n'a pas noté les noms des marques, elle ne s'en souvient pas.

    Voici donc quelques belles inconnues

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  • I comme illuminations

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    - Ah! tu as oublié d'enlever ta guirlande lumineuse! me dit ma Tantine.

    On était à la mi-janvier et cela suppose que la déco de Noël ait disparu de la maison.

    - Euh..., dis-je, en fait je comptais la laisser encore tout le mois, j'aime cette lumière douce, je l'allume tous les matins...

    Elle n'a pas insisté, pas commenté, mais il y a des silences qui en disent long Langue tirée

    ***

    Bientôt nous serons la mi-février. Et vous savez quoi?

    Ma guirlande lumineuse est toujours là.

    Je l'enlèverai za Pâques... ou za la Trinité!

    https://www.youtube.com/watch?v=5Bi_V9z6H7Y

  • F comme finalement

    Finalement, je n'ai pas pu me résoudre à l'abandonner.

    Pourtant "on" me disait:

    - à quoi bon?

    - ce vieux truc?

    - et ça ne marche même plus!

    - tu n'as pas la place!

    - et pour en faire quoi?

    - mais c'est affreux, laisse ça!

    - c'est tout rouillé! 

    - le bois est tout abîmé!

    Mais c'était plus fort que moi.

    La toute dernière fois que j'étais dans l'ancienne maison, je l'ai vue là, toute seule, abandonnée, j'ai pris mon tournevis, je l'ai démontée, je l'ai transportée à grand-peine jusqu'à ma voiture et je l'ai installée dans mon nouveau chez-moi.

    Et vous savez quoi?

    J'étais toute contente.

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    abandonner la vieille singernaaimasjien de ma grand-mère
    c'était lui manquer de foi

    c'est à cause de - ou grâce à? - cette machine à coudre que mes grands-parents ne se sont pas jetés sur les routes de l'exode, en mai 1940.

    - Jamais! disait Adrienne, jamais je n'abandonnerai ma nouvelle Singer aux Allemands!
    (c'est pourtant de là qu'elle venait Langue tirée)
    Alors toute la famille, le père, la mère, Adrienne, son mari et leur petite fille,
    toute la famille est restée auprès de la machine à coudre.

    Rigolant

     

    F comme fidélité

    ***

    et pour ceux qui lisent le néerlandais:

    http://www.dbnl.org/tekst/osta002gedi02_01/osta002gedi02_01_0103.php