wagon de train

  • E comme Eupen

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    C'est long, le train jusqu'à Eupen. Surtout si le livre est lu, le casse-croûte avalé, la nuit tombée. On ne peut même plus admirer le paysage. 

    Le jeune homme à côté de l'Adrienne lit Tiens ferme ta couronne pendant que son ami, assis en face, feuillette le Guide bleu Belgique et en lit des passages à haute voix. On comprend qu'ils ont visité Bruges mais on ne voit pas l'intérêt de cette lecture après coup: pour chacune des "curiosités" recommandées, ils se demandent s'ils l'ont vue ou pas... 

    Ils descendent à Liège en emportant soigneusement tous les restes de leur repas, deux pommes, deux poires, du pain bio, un bloc de fromage de Bruges. 

    Eupen. Terminus. Depuis Verviers, il ne reste plus qu'un groupe d'hommes dans le wagon. Ils se quittent en se donnant de viriles accolades accompagnées de fortes tapes dans le dos. 

    Le rituel est amusant à voir mais on se dit qu'il faut être de construction solide, quand on a des amis germano-belges tongue-out

  • W comme wagon de train

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    La veille, l'Adrienne avait omis de lire les petites lettres: le train de 09.23 h. ne roulait que les "giorni festivi" et on était jeudi. 

    Assise sur un des bancs, elle a vu arriver l'homme pressé. Pantalon, chemise blanche, chaussures fermées, pour porter ça par 36° il faut être Italien. 

    - Encore une demi-heure d'attente, dit-il en soupirant. C'est beaucoup trop long! Autant y aller en voiture. 

    - C'est vrai que vous y serez plus vite, mais alors vous aurez le problème du parking... 

    - Oh! un parking, ça se trouve! ce n'est pas un problème! 

    C'est là qu'on se demande pourquoi il avait songé au train. 

    - Non vraiment, je ne vais pas attendre une demi-heure, j'y vais en voiture. Je vous emmène? 

    - J'ai déjà pris mon billet, dit l'Adrienne, comme si ces 3,50 € étaient un argument valable. 

    - Dommage! ça m'aurait fait de la compagnie... on aurait bavardé... 

    L'Adrienne est bien embêtée d'avoir eu une prudente grand-mère qui lui a inculqué de ne jamais suivre un monsieur, quoi qu'il offre tongue-out 

    Il tourne encore un peu en rond sur le quai, ôtant et remettant ses lunettes de soleil, regardant cette entêtée qui préfère perdre une heure au lieu de profiter de l'agrément de son auto et de sa conversation. 

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    Dans le train, l'entêtée a redit des tas de fois: "Che bellezza" 

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    à gauche, à droite, à l'aller et au retour, "che bellezza!" 

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    tout en essayant de prendre des photos tongue-out

     

  • W comme wagon de train

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    A l'aller comme au retour, nous avons pris des tas de trains et le voyage a duré quatre heures et demie. Deux heures de plus que si nous y étions allés en voiture. 

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    Mais que voulez-vous, nous aimons les gares et chacune offre ses petits plaisirs. Monsieur Neveu a profité d'une correspondance pour se photographier dans un photomaton. 

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    A Anvers nous avons admiré la verrière en prenant un cappuccino (voir aussi la première photo) 

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    Et dans la gare centrale d'Amsterdam, nous vous conseillons les toilettes du Grand Café

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    On y aime les perroquets... 

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  • B comme bon voyage

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    Elle passe et repasse dans le couloir, la taille cambrée, ses jolies fesses bien moulées dans une robe blanche. Elle se penche légèrement à une fenêtre ouverte pour faire voleter son foulard rose sur ses épaules nues. Ses élégantes chaussures, blanches aussi, évidemment, la grandissent de douze centimètres: c'est peut-être peu pratique pour voyager, mais c'est absolument indispensable, pense-t-elle, tout comme la blondeur qu'elle a mise dans ses cheveux et l'échancrure de son corsage. 

    Oui, elle a de grands projets. 

    Dans sa main gauche, elle serre le livre qui lui a donné l'idée de ce voyage en Russie: La madone des sleepings

    *** 

    tableau et consignes chez Lakévio, que je remercie!

  • W comme wagon de train

    L'Américaine Edith Wharton a publié en 1908 une sorte de carnets de voyage relatant ses visites touristiques dans la France de 1906, l'année de naissance de grand-mère Adrienne, A motor-flight through France. 

    En voici l'incipit: 

    The motor-car has restored the romance of travel. Freeing us from all the compulsions and contacts of the railway, the bondage to fixed hours and the beaten track, the approach to each town through the area of ugliness and desolation created by the railway itself, it has given us back the wonder, the adventure and the novelty which enlivened the way of our posting grand-parents. 

    L'automobile a rendu aux voyages leur romantisme. 
    Elle nous a libérés des contraintes et des contacts (des promiscuités) du chemin de fer, de la soumission aux horaires et aux tracés fixes, de l'accès aux villes par des endroits d'une laideur et d'une désolation créées par la voie ferrée elle-même, elle nous a rendu le merveilleux, l'aventure et la nouveauté qui rendaient le voyage en malle-poste de nos grands-parents si réjouissant. 

    (traduction de l'Adrienne)

    On peut lire le texte entier ici

    Quand on lit Madame de Sévigné ou d'autres, on n'a pas l'impression que les voyages en malle-poste étaient si merveilleux ou romantiques, bien au contraire. Ils ont par exemple définitivement dézingué la santé du petit Amadeo, trimbalé par papa Mozart d'un coin de l'Europe à l'autre. Bref, il y aurait beaucoup de choses à dire sur le snobisme de madame Wharton et de son mari, découvrant la France dans leur automobile 1906 avec chauffeur. 

    L'Adrienne, sa mère et son neveu iront à Amsterdam en train. Avec les horaires et les tracés contraignant et toute cette vilaine promiscuité tongue-out 

    voyage,wagon de train,littérature,lecture,lire,lecteur

    auto-collant avec ce vieux slogan qui aurait plu à Edith Wharton

  • W comme wagon de train

    wagon de train

    C'est au moment où le train ralentit à grand fracas, que sur le quai une voix monocorde et nasillarde crachote dans le micro pour dire à quelles voies on trouvera les correspondances. 

    Le train n'est pas encore à l'arrêt, les portes pas encore ouvertes: on n'entend rien... et on a exactement deux minutes pour attraper le suivant.  

    On sort le plus vite possible, on galope en portant la valise, on descend des tas de marches, on en remonte d'autres, comme par hasard il n'y a jamais d'escalators dans les environs - sauf ceux en panne - et on se demande comment on fera quand on aura encore dix ou vingt ans de plus. 

    Mais peut-être voyagera-t-on enfin par téléportation? 

    tongue-out

    *** 

    vu que c'est arrivé dernièrement en gare de Gand, j'ai remis cette photo de mai 2014

    petit ajout après le commentaire de Berthoise: 

  • W comme wagon de train

    La petite Julie, c'est celle qui un jour a confié à Madame qu'elle n'avait pas les deux euros nécessaires pour payer le bus en vue d'une sortie scolaire avec le prof de géo. C'est celle dont les parents s'étaient tellement endettés, qu'on leur prélevait une grosse part de leur salaire, chaque mois. 

    La petite Julie, avec son corps d'enfant et ses grands yeux sombres, n'est pas devenue sage-femme comme elle en rêvait à 17 ans. Elle a finalement opté pour une embauche immédiate à la SNCB où elle a suivi une formation de conductrice de train. 

    C'est avec fierté qu'elle montre quelles grosses machines elle fait glisser sur leurs rails. J'espère, lui dit Madame, qu'un jour tu seras ma conductrice. Madame est drôlement fière de la petite Julie. 

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    photo prise à Ostende en ce mois d'avril
    cliquer pour voir en grand le slogan sur la locomotive 

    Mais la semaine dernière, c'est sur sa ligne qu'il y a eu un "accident", celui qui est la hantise de tout conducteur de train et qui en a déjà réduit plusieurs à quitter cet emploi: un suicide. 

    La petite Julie sait qu'un jour, peut-être, ce sera elle qui verra sa locomotive lancée à toute vitesse sur un corps humain, que ce sera elle qui voudra freiner et n'y arrivera pas à temps, que ce sera elle la cause involontaire d'un drame pour une famille. Que ce sera elle qui aura des cauchemars la nuit et une énorme appréhension chaque fois qu'elle sera dans sa machine. 

    Au lieu d'éprouver ce plaisir qu'elle a aujourd'hui à filer sur les rails, comme une grande. 

    *** 

    en 2016, les trains belges étaient à l'heure dans 89,2% des cas et la cause numéro 1 des retards est externe à la SNCB: il s'agit de "phénomènes externes au rail, comme des alertes à la bombe, des promeneurs le long des voies ou des heurts de personnes (accidents, suicides)." (source ici)

     

     

  • W comme wagon de train

    Ils étaient huit et remplissaient donc exactement les quatre sièges en duo vis-à-vis de part et d'autre de l'allée. Huit jeunes quadragénaires conquérants, le verbe haut, le smartphone dernier cri en main, le vêtement chic. 

    Ils revenaient d'un congrès organisé par leur firme à Paris: chacun avait encore son badge autour du cou. Ils se montraient les uns aux autres les mêmes photos du Thalys qu'ils auraient dû prendre en direction de Bruxelles et d'Amsterdam, mais qui était arrêté depuis des heures à la frontière française, en direction opposée, à cause d'un incendie dans la locomotive. 

    C'était à qui raconterait l'anecdote la plus forte, la plus spectaculaire, à propos des voyages en train en général et des Thalys en particulier. Ils en faisaient profiter tout le wagon, à condition bien sûr de comprendre le néerlandais. 

    Ils avaient ce sentiment de supériorité du nanti face au démuni quand ils se gaussaient de leurs collègues hollandais qui, eux, n'avaient pas eu la chance de voir leur billet pour Amsterdam échangé contre celui pour Lille. Il est vrai que ça ne les aurait pas beaucoup avancés. 

    Ils vérifiaient sur leur smartphone comment ils rentreraient chez eux. En taxi, bien sûr. En taxi de Lille à Bruxelles, pour l'un, Gand pour deux autres, Anvers, Malines... Chacun donnait l'impression que des centaines d'euros pour le trajet en taxi, c'était "peanuts". 

    - On sera chez nous ce soir, quoi qu'il arrive, a conclu fermement un monsieur à lunettes. 

    Dans son coin, l'Adrienne se garde d'intervenir et de leur suggérer de poursuivre leur voyage en train. Il y en a, à Lille, qui les feraient tout aussi sûrement rentrer chez eux le même soir... 

     *** 

    C'était le vendredi 6 janvier, voir ici: 5 heures d'arrêt pour 130 passagers qui se plaignent surtout du manque d'information 

    Nouveau problème la semaine d'après: 180 voyageurs ont passé une douzaine d'heures - toute la nuit - dans un thalys qui allait de Bruxelles à Paris et a dû s'arrêter près d'Arras à cause d'une chute d'arbre: rien à boire ni à manger, plus d'électricité, de lumière, de chauffage, de courant pour recharger les batteries du portable ou de l'ordi

    source de l'article

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    source de l'image

  • W comme wagon de train

    Si même à nos petits de professionnelle  

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    qui sont presque tous musulmans 

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    on fait faire des décos et des cartes de Noël 

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    quel train devrais-je prendre pour y échapper?

  • E comme envoi

    Ballade en octosyllabes 

    tongue-out 

    Madame en route vers la gare 
    Pense à eux tous, Alex, Oskar, 
    Si eux ne pensent plus à elle, 
    Patricia, Klara, Michaël: 
    Qu'est-ce qu'ils font, comment ils vont, 
    Latifa, Ellen et Simon? 

    Sont-ils satisfaits de leur choix, 
    Lisa, Ruben, Sofie, François? 
    Ils descendent du train de Gand, 
    Nabil, Araz, Noura, Laurent, 
    Crient "Bonjour, Madame! ça va?" 
    Joris, Fehmy, Tim, Vanessa. 

    C'est plus légère qu'elle part 
    Avec Sara, Viktor, Omar. 
    Il suffit de si peu de choses, 
    D'un sourire de Jan ou Roos. 
    Et pendant que Madame lit 
    Elle voit Sam et Beverly. 

    Envoi 

    Gentils élèves qui passez 
    De vous je n'ai jamais assez! 

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    gare de Gand (Gent Sint-Pieters) le 11 novembre 2016 

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    gare d'Ostende: les nouveaux quais sont "en planches" et je les ai 

    photographiés pour le projet du Hibou 

    semaine 49 - mobilier urbain

  • W comme wagon de train

    Au niveau de décibels, on croirait qu'il y en a un plein wagon. En réalité, ils ne sont que six, trois filles et trois garçons. 

    Ils ont treize ans, quatorze tout au plus: c'est l'âge bruyant. Ça rigole beaucoup, pour tout et pour rien, surtout pour rien. Ça ne parle pas, ça pousse des cris, se chamaille, se taquine, hurle de rire en se donnant des tapes. C'est leur façon de dire au sexe opposé: "Est-ce que tu me vois?"

    On essaie de se replonger dans sa lecture mais on a du mal. On ne peut s'empêcher de sourire en pensant à ces élèves qui disent, année après année:

    "Je ferais bien prof, mais jamais de la vie à des gamins de 12 à 15 ans!" 

    Car dès qu'ils ont un an de plus, ils préfèrent oublier qu'ils ont été pareils.

    Comme nous tous tongue-out  

    prof,école,élève,wagon de train

    gare de Gand, 11 novembre 2016 

  • I comme incipit

    "L'aventure que je vais vous raconter par le menu ne ressemble pas mal au rêve d'un homme éveillé. J'en suis encore ébloui et étourdi tout ensemble, et la légère trépidation du wagon-lit vibrera très probablement jusqu'à demain matin dans ma colonne vertébrale. Il y a exactement treize jours que je quittais les bords de l'Oise pour aller prendre le train rapide de l'Orient à la gare de Strasbourg; et dans ces treize jours, c'est-à-dire en moins de temps qu'il n'en fallait à Mme de Sévigné pour aller de Paris à Grignan, je suis allé à Constantinople, je m'y suis promené, instruit et diverti, et j'en suis revenu sans fatigue, prêt à repartir demain si l'on veut, par la même voiture, pour Madrid ou Saint-Pétersbourg. Et notez que nous avons fait une halte de vingt-quatre heures dans cette France orientale qui s'appelle la Roumanie, assisté à l'inauguration d'un palais d'été dans les Carpathes, pris le thé avec un roi et une reine et banqueté somptueusement chez le Pignon de Bucarest. On dit avec raison que notre temps est fertile en miracles; je n'ai rien vu de plus étonnant que cette odyssée dont la poussière estompe encore mon chapeau."

    Edmond About, De Pontoise à Stamboul, éd. Hachette, 1884 

    Quel bonheur de lecture que cette plongée dans l'Europe de la fin du 19e siècle et ce voyage de rêve - voyage dont je rêve - prendre l'Orient-Express pour faire le trajet jusqu'à Istanbul... 

    Dans ces quelques lignes de l'incipit, il y a déjà (presque) tous les éléments du récit: l'émerveillement devant la rapidité et le confort du voyage, la découverte d'Istanbul et une foule de choses aussi sur les contrées traversées, à la fois si différentes et si pareilles à aujourd'hui. 

    Le voyage inaugural de l'Orient-Express a lieu en octobre 1883: la Turquie est encore l'empire ottoman, en Roumanie règne le roi Carol Ier, qui fête l'inauguration de son château de Sinaïa lors du passage du train dans la région, la Hongrie fait partie de l'empire austro-hongrois, la Bulgarie se libère difficilement de cinq siècles d'emprise turque...

    Edmond About semble bien informé sur tout ce qu'il nous relate et il ne manque pas d'humour. 

    Bref, je crois bien que j'en reparlerai cool 

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    source et info ici 

    La Compagnie des Wagons-Lits est fondée par le Belge Georges Nagelmackers (né à Liège en 1845) qui en a eu l'idée et a tout mis en oeuvre pour la réaliser.

  • W comme wagon de train

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    Jeudi matin, la valise et moi, on descend du train. 

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    Vendredi matin, le temps est comme on l'aime  

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    et il y a ce qu'il faut de vent. 

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    A dix heures, les sauveteurs vont prendre leur poste. 

    wagon de train,ostende,mer

    Et Léon attend de la visite cool 

    *** 

    photos prises à Ostende le vendredi 26 août

  • V comme valise avec vue

    La valise a pris le train. Inutile de vérifier le numéro du quai, celui où s'arrêterait le train pour Ostende était peuplé de familles armées de seaux et de pelles en plastique. 

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    - Quelle bonne idée j'ai eue, se dit-elle en voyant l'autoroute où les voitures et camions avançaient au pas. 

    Le train, lui, filait et n'était même pas bondé. Elle a pu rester tranquillement contre la jambe de la voyageuse. 

    Qui lui a caressé le flanc, de temps en temps, comme promis tongue-out 

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    Il y avait déjà une longue queue pour la navette fluviale et la plage comme la digue étaient bondées. Heureusement, on devait être de l'autre côté et là, il y avait de l'ombre... 

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    La valise n'a pas cessé de s'étonner en voyant que les 30° n'empêchaient nullement les humains de faire du canotage, du pédalo, de la course à pied, du hockey, bref toute une frénésie d'activités...

  • W comme wagon de train

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    Lundi 11 juillet, vers l'heure de midi,  

    sur le quai du TGV à l'aéroport Charles-de-Gaulle, 

    pas âme qui vive 

    et les sièges sont interdits d'accès... 

    *** 

    Ambiance bizarre 

    où on ne voit que du métal et du béton 

  • W comme wagon de train

    - Je vois que vous parlez l'espagnol aussi, sourit l'Adrienne en tendant son billet au contrôleur qui vient d'essayer quatre langues pour expliquer à un couple de voyageurs sud-américains que ce train, oui il va à Bruges, mais après avoir fait un long détour et s'être arrêté à chaque gare. 

    - Oui, répond-il, un petit peu. Et un peu de kosovar aussi.

    - Bravo, s'émerveille sincèrement l'Adrienne.

    Et il rit dans sa jeune barbe assortie au galon orange de son képi.

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    Je me demande, se dit l'Adrienne en reprenant la lecture de Pierre Michon, qui lui a appris le kosovar. Vu qu'au Kosovo on parle l'albanais ou le serbe.

    Mais que ça n'empêche personne d'admirer le plurilinguisme de nos contrôleurs de train.

  • W comme wagon de train

    Dimanche dernier:

    08.00 h.: il est installé avec un sac plein de canettes de Jupiler (Mannen weten waarom, les hommes savent pourquoi, dit la pub). La première (?) du jour est posée sur la tablette devant lui, décapsulée.

    08.05 h.: un couple âgé monte et me demande si ce train est bien celui qui va à Bruxelles. La gare est petite et il n'y a que deux lignes, c'est dur de se tromper... mais moi aussi je préfère demander quand j'ai un doute Clin d'œil

    08.10 h.: une indécise parcourt les trois wagons dans les deux sens avant de décider où elle déposera son postérieur vêtu de soie et de cachemire. Il n'y a pas encore dix personnes.

    08.15 h.: une jeune femme blonde accompagne son père et ses deux valises jusqu'à la porte du train. Tiens, c'est Ann, une ancienne élève! Son père va prendre l'avion à Zaventem.

    08.20 h.: fin de la quiétude: deux dames vont se plaindre pendant une heure, bien haut, bien fort, de leur conjoint qui leur laisse tout le boulot, des collègues qui leur jouent de sales tours, de leur hiérarchie aveugle et incompétente, de leurs bonnes et de leurs mauvaises copines, des amours des uns et des autres, des déboires avec la famille proche et lointaine, des problèmes de santé de quelques connaissances de connaissances...

    Bref, un dimanche ordinaire dans un train ordinaire.

    De trein is altijd een beetje reizen, dit la pub, prendre le train c'est toujours un peu comme partir en voyage, surtout dans l'humain Langue tirée

     wagon de train,bruxelles

     09.30 h.: les profs comment à se masser devant les portes qui pourtant ne s'ouvriront qu'à dix heures

    Langue tirée

  • K comme Kundera

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     face à l'insoutenable légèreté de l'être, la lourdeur du sac à dos, avec cet ordi qu'on tient à emporter partout où on va...

    Dans le train, lire enfin ce roman de Kundera dont tant de gens disent du bien.

    Avoir besoin d'une heure pour arriver à la page 88.

    Laisser tomber la lecture. Ne pas réussir à se passionner pour Tomas, pour Tereza, pour le récit recommencé des rêves récurrents de Tereza.

    Pourtant, c'est vrai, y trouver de temps en temps de jolies phrases:

    "Si la Révolution française devait éternellement se répéter, l'historiographie française serait moins fière de Robespierre."

    Milan Kundera, L'inbsoutenable légèreté de l'être, Folio, 1990, page 13.

    ***

    L'incipit, page 13:

    "L'éternel retour est une idée mystérieuse et, avec elle, Nietzsche a mis bien des philosophes dans l'embarras: penser qu'un jour tout se répétera comme nous l'avons déjà vécu et que même cette répétition se répétera encore indéfiniment! Que veut dire ce mythe loufoque?"

  • W comme wagon de train

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    Sous la gare de Bruxelles Nord, les quais du métro

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    m'ont fascinée pendant les deux ou trois minutes d'attente

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    par le changement incessant des couleurs de l'éclairage

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    et j'ai donc passé deux ou trois minutes à essayer de comprendre

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    - mais en vain -
    Langue tirée

    selon quel principe chromatique ce changement se faisait

     

  • W comme wagon de train

    Par la fenêtre du train, en ce beau samedi soir de fin mai, je vois des gens dans leur jardin qui font une parlote avec le voisin. Entre eux il y a une petite haie bien taillée ou un grillage.

    Ça me rappelle mes huit ans et le jardinet de ma grand-mère. Dans celui d'à côté, séparé par un grillage plus haut que moi, il y avait Anneke, la petite-fille des voisins. Nous jouions "ensemble" chacune de notre côté du grillage, entre le rosier de ma grand-mère et la clématite de mon grand-père.

    ***

    Quarante ans plus tard, je sonne à la porte de la maison de ma grand-mère. Elle est à vendre et je voudrais la revoir. La dame qui vient m'ouvrir est belle, jeune et blonde aux yeux bleus. Quarante ans ont passé mais je la reconnais tout de suite: c'est Anneke.

    ***

    De wagon de train en jardinets, de ce siècle au précédent, aucun bond n'est trop grand pour la mémoire Cool

    Et quels qu'en soient les méandres, elle me ramène toujours chez Adrienne.

     

  • W comme wagon de train

    C'est le 27 mars 2008 que le premier wagonnet a été rattaché à ce blog et envoyé sur les rails.

    Le wagonnet d'aujourd'hui est le 2458e Sourire

    Merci à ceux qui me lisent, merci à ceux qui laissent un commentaire.

     

    blog

    certains y sont montés
    d'autres en sont descendus
    Langue tirée

    Et pour ceux qui en redemandent, voici ce morceau d'anthologie,
    ce premier balbutiement:
    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2008/03/27/on-est-alles-voir-l-expo-sur-l-europe.html

     

  • W comme wagon de train

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    © Thiophene_Guy.

     

    http://ecrire-and-co.fr/patchwork-de-plumes-jeu-n-2/

    merci Débora!

    ***

    Il s’appelle Traian en l’honneur de l’empereur romain qui a fait de son pays une enclave latine dans un océan slave.

    Prénom choisi et voulu par sa mère, qui pourtant l’appelle uniquement Puiu, poussin.

    Même quand elle monte dans son train bondé, qu'il doit faire preuve d'autorité dans la chasse aux resquilleurs et que du haut de son mètre quatre-vingt-dix, il porte crânement le béret, le sifflet et la lourde sacoche.

    - Ne m’appelle pas comme ça, Mămică
    - Et pourquoi pas, mon Puiu ?

  • T comme transports

    Etre en manque de lecture alors qu'on est "en voyage", c'est tout simplement abominable, même si ce n'est que pour une journée et à seulement une soixantaine de kilomètres de son domicile.

    Si le lieu de "villégiature" s'appelle Bruxelles, le mal est vite réparé. De toute façon, le chemin de la gare mène par la galerie de la Reine où la librairie Tropismes fait de l'oeil à la passante, qu'elle soit ou non abondamment pourvue en littérature (et dépourvue de place où la ranger). 

    On a donc poussé la porte de ce lieu de perdition tout en se faisant la leçon: un seul ouvrage, de petit format, promis juré.

    Et on en ressort avec deux petits formats, dont un titre qui fait dire au caissier d'un air narquois plein de sous-entendus grivois:

    - Bons transports!

    Ce qu'on ne comprend que quinze jours plus tard, à la lecture de la nouvelle d'Emmanuel Carrère, L'usage du "Monde".

    Pour ceux d'entre vous qui aimeraient comprendre le clin d'oeil assez gras du vendeur, voici cette nouvelle:
    http://medias.lemonde.fr/medias/pdf_obj/nouvelle2.pdf

     

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    http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-2/Transports-amoureux

    après votre lecture de la nouvelle, rendez-vous ici:
    http://www.lemonde.fr/festival/article/2014/06/19/quand-emmanuel-carrere-imagine-un-jeu-erotique_4441272_4415198.html

    Bizarrement, le vendeur-caissier n'a fait aucune remarque à propos de l'autre ouvrage acheté ce jour-là:

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    http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-2/Petit-eloge-du-temps-comme-il-va

    Le seul à faire une remarque a été Monsieur Neveu:

    - Grozdanovitch? ce n'est pas un Français, ça!
    - Mais si, il est Français.
    - Avec un nom pareil?

    On voit bien qu'il n'a pas été élevé avec Fernand Raynaud, pauvre petit Langue tirée

    "Moi, j’aime pas les étrangers parce que moi, je suis Français et je suis fier d’être Français ! Mon nom à moi, c’est Koularkerstensky du côté de ma mère et Piazzano Venditti, du côté d’un copain à mon père !"

    (vers 0'50" dans l'excellent sketch "Le douanier" 
    https://www.youtube.com/watch?v=ppzQ-dsdquI)

  • W comme wagon de train

    Il est assis, seul au bout d’un banc. C'est un quai de gare sombre et plein de courants d’air, comme tous les quais de gare, surtout en janvier. Ses bagages autour de lui et son accoutrement semblent indiquer qu'il part en expédition dans le grand Nord: épaisses bottes fourrées, énorme doudoune à capuchon bien serré sur un bonnet qui lui cache à moitié les yeux, moufles comme des gants de boxe. L’air de l’homme qui part au loin affronter une tâche héroïque, surhumaine, répugnante peut-être et qui l’accomplira le visage impassible.

    Pourtant, il semble inquiet et se retourne constamment pour voir l'heure ou le tableau d'affichage des départs. Comme on est dimanche, les gens sont moins pressés et il y a plus d'enfants. Certains somnolent en suçant leur pouce, d'autres jouent à des courses poursuites dans la salle d'attente ou font peur à leur maman en allant trop près des rails. Parmi les mères et les grands-mères, il s’en trouve toujours à évoquer des expériences à vous faire dresser les cheveux sur la tête. Au loin, la ville gronde de rumeurs diverses, celles de la circulation et celles des légendes urbaines. 

    Sur un quai de gare, le temps a un cours différent. Il stagne. On regarde s'avancer les aiguilles de la grosse montre, on écoute les annonces de changements de voies, toujours inquiet de ne pas comprendre ni entendre quand ça concernera celle où on se trouve. Le dimanche, les attentes sont encore plus longues. Quand la voix nasillarde pleine de crépitements divers commence une annonce pour la voie numéro 15, un train s’arrête à grands fracas, crissements, chuintements et soupirs de monstre métallique. On n’entend plus que lui et on ne sait pas si on doit ramasser ses affaires en hâte et dévaler des escaliers en bousculant des mères avec leurs poussettes et leurs caddies ou rester tranquillement assis.

    Dimanche midi à Bruxelles-Midi. Le marché se termine. Le compartiment envahi de buée sent les poireaux, les sacs sont rebondis comme les ventres et les enfants, si bruns soient-ils, travaillent du pouce sur de minuscules jeux électroniques.

     wagon de train,fiction,bruxelles

    photo prise à Bruxelles en février 2012
    et qui n'a rien à voir avec le texte
    je vous l'accorde

    Langue tirée

  • D comme débarquement

    bricabook149.jpg

    © Julien Ribot

     http://www.bricabook.fr/2014/12/atelier-decriture-une-photo-quelques-mots-149e/

    Il était seul sur le quai, ce matin-là, attendant le 10.13 h. pour rentrer chez lui après deux jours de fêtes bien arrosées entre copains.

    Sur le quai d’en face, quand le train s’est arrêté, il en est sorti un flot de voyageurs pressés, des hommes mais surtout des femmes, presque tous munis d’une grosse valise qui semblait bien légère malgré sa taille, à voir avec quelle facilité chacun la soulevait pour la déposer à terre en quittant le wagon. Des gens pressés, très pressés, qui se bousculaient sans aménité, au risque de faire tomber quelqu’un sur la voie.

    - Ce n’est encore rien, se dit-il, en comparaison de ce qui se passera tout à l’heure.

    Les mains dans les poches, le sourire aux lèvres, il les regardait défiler et avait presque pitié d’eux.

     

    C’était le premier jour de l’enfer des soldes.

  • D comme déclaration

    Il prenait comme moi le 18h45 mais je ne le savais pas. Jusqu’à cette chaude journée d’avril où le hasard m'a fait monter dans le même wagon. Je venais juste de hisser à grand-peine mon sac de voyage dans le filet quand je l’ai vu qui me regardait en souriant. La première idée qui m’est venue, c’est que je devais être rouge et échevelée et que peut-être j’avais des auréoles de transpiration sous les bras.

    - Tu peux venir t’asseoir ici, si tu veux, m’a-t-il dit en me désignant la banquette en face de lui.

    J’ai jeté un coup d’œil désespéré à mon gros sac plein de livres et de linge sale.

    - Tu peux le laisser là, a-t-il ajouté, tu le prendras quand on descend, ça ne gêne personne.

    Depuis ce jour-là, nous avons fait route ensemble chaque samedi. J’apprenais à mieux le connaître même si c’était surtout lui qui posait les questions. Quatre ans de plus que moi, ça compte quand on n’en a que dix-huit : il était déjà en premier doctorat alors que moi je n’avais encore rien prouvé. Il me paraissait toujours aussi inaccessible qu'à mes quatorze ans.

    J’aimais son humour, ses yeux bleus, son nez busqué, son surpoids, sa canine un peu de travers, j’aimais tout.

    Toute la semaine je dessinais son profil sur mes notes de cours et le samedi je l’admirais dans le wagon de train.

    Il n’en a jamais rien su.

    ***

    écrit pour les Impromptus littéraires

    Il fallait commencer par

    "il/elle prenait comme moi le 18h45".

  • U comme l'union fait la force

    La dame assise en face de moi a les cheveux de ce blond cendré qu’on ne trouve que dans les fioles des coiffeurs d’autrefois. Ou au rayon des prothèses capillaires. Elle est plongée dans sa lecture.

    J’écoute le chant furieux du vent et de la pluie contre la vitre et je me demande quels dégâts je vais encore trouver dans la remise. Il me semble que j’ai oublié de fermer la porte après avoir rentré la tondeuse, hier après-midi. Je n’ai pas toujours été un vieux con, mais ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui je me sens très vieux. Et très con.

    Surtout quand je vois la route sombre que prend notre politique. Notre économie. Notre système social. Le bonheur national brut, ce n’est pas une notion qui préoccupe beaucoup nos dirigeants.

    La dame s’en balance. Elle lit Le ravissement des innocents et ça m’a tout l’air de la ravir.

    Parfois je me demande où en sera le royaume de Belgique dans dix ou vingt ans. Survivra-t-il à l’emprise des pressions de toutes sortes ? Verra-t-on son éclatement ? Suis-je l’exception ou la majorité silencieuse croit-elle encore que l’union fait la force ?

    - Madame ? Madame ! Votre billet, s’il vous plaît !

    La lectrice lève une tête ahurie, fouille son sac, le vide de tout son bordel, peine perdue, son billet de train est entre les pages de son livre. Je le lui signale le plus gentiment que je peux. Ça doit être le reste d’une éducation catholique et de dix ans de scoutisme.

    N’empêche, soit j’arrête de lire les nouvelles, soit je termine ma vie, vieux, râleur et suicidaire.

    krapoverie, fiction, wagon de train, jeu

    photo prise à Bruxelles
    le 21 juillet 2013

    ***

    Merci à Joe Krapov!
    Puisqu'il fallait s'en tenir à un maximum de 15,
    je n'ai utilisé que les titres que j'ai numérotés et mis en rouge
    Rigolant

     

    Ecrire un texte dans lequel on retrouvera entre dix et quinze (pas plus) de ces titres de romans récents

    1.Blond cendré – 2.Chant furieux – 3.Dans la remise - Dans le grand cercle du monde - Il est de retour – 4.Je n'ai pas toujours été un vieux con - Joseph Lafon - Joyland - La maison de Schéhérazade - La malédiction du bandit moustachu - La mémoire au cœur – 5.La route sombre – 6.Le bonheur national brut - Le cargo assassiné - Le cercle des femmes - Le liseur du 6h27 - 7.Le ravissement des innocents - Le règne du vivant – 8.Le Royaume – 9.L'emprise - L'enfant des marges – Les indomptées - Les singuliers - Les Suprêmes – 10.L'exception - L'homme de la montagne - 11.Madame - Mr. Gwyn - Nos disparus - Pas pleurer – 12.Peine perduePour quelques milliards et une roupie – Price - Prières pour celles qui furent volées - Retour à Little Wing - Trente-six chandelles - Tristesse de la terre  -Trois mille chevaux-vapeur – 13.Une éducation catholique – 14.Vieux, râleur et suicidaire

  • W comme wagon de train

    001 - kopie.JPG

    Ce jour-là les quais étaient déserts

     002 - kopie.JPG

    des deux côtés...

    Very strange, isn't it?

     

  • W comme wagon de train

    Il n'y avait plus qu'une seule porte ouverte, quand l'Adrienne et sa mère sont arrivées sur le quai, hors d'haleine. Le contrôleur a donné le coup de sifflet dès qu'elles étaient dans le wagon.

    Elles ont même réussi à trouver chacune encore une place assise. L'Adrienne s'est affalée à côté d'une très jeune femme qui avait besoin d'un siège et demi et tenait une grosse valise rouge à ses pieds.

    - Je suis désolée, mais elle est trop lourde et trop grande pour que je la mette ici au-dessus.

    - Ne vous inquiétez pas, dit l'Adrienne. On est tous dans le même cas, trop fourbus après un voyage en avion pour encore soulever nos valises.

    - Votre voyage a été fort long, sans doute?

    - Pas tant que ça, dit l'Adrienne, mais ça a été une rude journée tout de même! Et pour vous?

    - Je reviens de Chine. Douze heures de vol.

    L'Adrienne a admiré et compati comme il se devait.

    Vilnius 2014 77 - kopie.JPG

    c'est ainsi que de gare en gare, l'Adrienne et sa mère sont finalement rentrées chez elles après une semaine à Vilnius
    Cool

    Vilnius 2014 76 - kopie.JPG

  • W comme wagon de train

    Prendre le train dans une ville d'étudiants.

    Sourire en voyant que le look bohème existe encore, ne serait-ce qu'en cet exemplaire unique qu'on a envie de photographier. Se retenir. Le photographier des yeux.

    Pantalon informe de couleur moutarde (écrasée), veste qui a vécu des jours meilleurs (et de trop nombreux jours depuis), vieilles baskets (mais tellement confortables), gros sac de jute en bandoulière, écharpe tricotée par bobonne avec des restes de laine, chevelure qu'on ne confie à aucun coiffeur.

    Oui, sourire.

    Et se dire: "Ce jeune homme, c'est moi!"

    Même si on est un femme de plus de cinquante ans.

    Même si ce jour-là, on a fait des efforts vestimentaires (journée portes ouvertes, soirée à l'opéra, visite de fête des mères obligent).

    Oui, ce jeune homme, c'est moi. Sourire