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  • V comme vandale

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    Nous logions dans Amsterdam Noord. On pouvait lire toutes sortes d'affichettes collées ici et là, portant la signature Huisstijl Noord

    Celle de la photo dit: On m'appelle un vandale, mais sait-on ce que c'est que d'habiter au Noord

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    A notre arrivée, toute une équipe était à l'ouvrage sur un énorme mur pas loin de l'embarcadère pour le ferry qui traverse l'IJ entre la gare centrale et les entrepôts NDSM

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    En repartant dimanche matin, nous avons pu admirer l'oeuvre terminée. 

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    On voit que c'est un travail de groupe, où chacun a son propre style 

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    certains ont même pignon sur rue, si j'ose dire tongue-out 

    voyage,amsterdam,art,peinture

    Les musées sont très chers à Amsterdam, mais l'art de rue est provisoirement gratuit: merci les vandales cool

     

     

  • V comme vieux

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    La maison basse était bien cachée par d'épaisses haie mais lui, il voyait tout ce qui se passait. Il voyait et sans être vu, il entendait. 

    Il entendait passer la gamine et son petit frère au babil incessant. Il les hélait, eux s'approchaient du portillon, mi-apeurés par le vieux bonhomme aux petits yeux inquisiteurs, mi-excités par la curiosité. 

    Il s'en amusait et attisait tour à tour leur envie et leur crainte d'oser.

    Venez, venez, disait-il, je vais vous montrer quelque chose que vous n'avez encore jamais vu.

    Et chaque fois c'était vrai, c'était du jamais vu. Même le petit frère, pris par la crainte d'horribles représailles, tenait sa langue.

    D'autres fois, quand ils pensaient être devenus bons amis et qu'ils s'approchaient spontanément du portillon en criant "Oscar! Oscar!", il leur lançait d'horribles imprécations qui les faisaient s'enfuir à toutes jambes, la gamine tenant bien serrée la main du petit frère qui trébuchait sur les cailloux.

    Le vieil homme, assis devant sa maison basse bien cachée derrière d'épaisses haies, a toujours gardé son mystère et nourri les cauchemars des deux enfants.  

    *** 

    photo et consignes chez Lakévio, que je remercie!

  • V comme vierge

    Vergine santa: le texte est de l'Italien Pétrarque, la musique du Flamand Cyprien de Rore (1515 ou 1516-1565). Oui, l'Europe existait bien avant 1957 et les échanges culturels aussi cool

    Le Vergine sont une série de onze poèmes qui terminent Le Canzoniere de Francesco Petrarca (14e siècle)

    Ils ont été mis en musique par Cyprien de Rore et publiés à Venise en 1548 sous le titre « Musica di Cipriano de Rore sopra le stanze del Petrarca in laude della Madonna » 

    J'aime tout particulièrement la musique de la Renaissance... 

    Un autre exemple de cette musique ici, trois minutes et sept secondes de bonheur kiss

  • V comme vieux machins

    L'autre jour, l'Adrienne et sa Tantine sont allées faire le plein de nostalgie heureuse dans la maison qui était autrefois la chapellerie familiale. 

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    La pièce de séjour leur a semblé plus petite qu'autrefois, et plus encombrée, alors qu'il n'y a trois fois rien là où avant elle contenait aisément le grand bureau avec son antique téléphone, la table pour douze personnes, le gros poêle à charbon, des armoires contre tous les murs et deux fauteuils dans le coin télé. 

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    Dans le couloir, les boiseries grises ont reçu une couche de peinture blanche. Tous les interrupteurs sont restés d'époque, c'est-à-dire de gros machins ronds et noirs, que les nouveaux occupants se sont amusés à peindre en vert ou en orange. 

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    Dans le magasin, le mobilier et les rayonnages ont disparu mais le grand miroir en pied est resté. C'est ici, dit la Tantine au jeune homme qui prend les commandes, que l'Adrienne a appris à marcher. 

    Ce qu'il y a de bien avec la Tantine, c'est qu'on peut parler avec elle du papa de l'Adrienne. A la maison, dit-elle, j'ai quelques vieux disques à lui. Il y en a un avec son nom écrit sur la pochette. De Ray Ventura, C'est au marché aux puces. 

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    source de la photo et info ici

    L'Adrienne n'a jamais entendu cette chanson et ne sait même pas que son père a eu des disques. Une petite recherche internet lui a fait découvrir le site ci-dessus et bien sûr les paroles. Mais aucune vidéo qui permette de l'écouter. 

    Dommage, l'Adrienne adore ce genre de vieux machins cool

     

  • V comme voyage

    C'est un hôtel qui ne paie pas de mine dans un quartier qui lui ressemble. Mais les gens y sont gentils et le rapport qualité-prix absolument imbattable. 

    Devant la machine à café, dans l'attente d'un cappuccino, un homme demande à l'Adrienne d'où elle vient. Il semble trouver amusant qu'elle lui réponde "From Belgium!" mais il est vrai qu'elle en riait la première. 

    - We are from Greece, dit-il en désignant son groupe de mecs attablés autour d'une montagne de croissants et de petits pains. 

    Il précise qu'ils sont là pour le match du soir. L'Adrienne a failli demander si c'était pour le Panathinaikos - la seule équipe grecque qu'elle connaisse de nom - heureusement elle s'est retenue et a appris que c'était pour leur équipe nationale contre les Diables Rouges. 

    Elle s'est demandé à quoi ils allaient remplir leur journée en attendant 20.45 h. et surtout dans quel état ils allaient rentrer à l'hôtel... 

    A l'heure où vous lirez ce billet, la réponse à cette question sera connue, ainsi que le résultat du match: https://www.rtbf.be/sport/football/diablesrouges/detail_le-calendrier-des-diables-rouges-en-route-pour-le-mondial-2018?id=9415791 

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  • V comme vertical

    On ne pense pas assez aux escaliers. 

    Rien n’était plus beau dans les maisons anciennes que les escaliers. Rien n’est pus laid, plus froid, plus hostile, plus mesquin, dans les immeubles d’aujourd’hui. 

    On devrait apprendre à vivre davantage dans les escaliers. Mais comment ? 

    Georges Perec, Espèces d'espaces, 1974 

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    Chaque fois qu'en cours de route grand-mère Adrienne voyait qu'un escalier menait à la porte d'entrée d'une habitation, soit que le relief du terrain obligeait à situer les pièces de séjour à l'étage, soit par choix des propriétaires, elle ne manquait pas d'asséner que "pour habiter là, on ne pouvait pas avoir eu d'infarctus", et quelqu'un d'autre dans la voiture ajoutait "ni s'être cassé une jambe". 

    L'escalier, c'est ce qui lui faisait peur. Celui de sa maison était raide, aux marches étroites, descendre de sa chambre à coucher était une affaire qui prenait un certain temps et beaucoup de précautions, surtout à cause de l'énorme pot de chambre qu'elle tenait d'une main et des mules à petit talon qu'elle avait aux pieds. 

    "Tiens-toi bien à la rampe!" nous criait-elle chaque fois qu'elle nous voyait sur des marches et bien sûr ça nous faisait rire et on y rajoutait quelques acrobaties, parce que les jeunes c'est comme ça, on se croit invulnérable. 

    Son autre escalier, celui du grenier, était encore pire: il n'y avait même pas de rampe; arrivé presque en haut, il fallait soulever la lourde trappe et l'attacher par une corde à un clou dans le mur. Quand on redescendait, les bras chargés d'échalotes ou de haricots secs, il aurait fallu deux autres mains pour détacher la trappe et la laisser doucement retomber sur nos têtes. C'est bien pour ça qu'on l'accompagnait, c'était toute une expédition dans la poussière des vieux trésors, dans l'ombre de meubles vermoulus éclairés par une petite tabatière, et la trappe nous donnait l'impression de pouvoir faire une chose utile. On se disait que grand-mère avait peur et avait besoin de notre aide pour aller chercher des pommes au grenier. 

    jeu,françois bon,souvenirs d'enfance

    photos de l'escalier d'Adrienne fraîchement vernis en octobre 2013 

    atelier d'hiver 2016-17 chez François Bon - consigne 5 sur "la verticalité de l'habitat"

    Georges Perec, Espèces d'espaces (1974), est en lecture complète ici

  • V comme vorbesc româneste

    L’Adrienne s’est acheté un Assimil® pour bien préparer le voyage et a potassé ses rudiments de « roumain sans peine », soir après soir.

    Les problèmes commencent dès la leçon numéro 1 : vorbesc româneste, je parle le roumain. L’accent circonflexe sur le a indique qu’il faut le prononcer « du fond de la gorge, comme un i sourd » explique-t-on à la page V de l’introduction. Jamais l’Adrienne n’a réussi à bien le dire, ne sachant ni comment ni où le former exactement.

    Bref, au bout d’une semaine de labeur, elle sait demander « ce mai faci » (prononcer tché maille fatch, comment vas-tu?) et répondre « foarte bine, mulțumesc » (prononcer faux Arte biné moult sous mesque, très bien merci), elle sait conjuguer avoir et être au présent, compter jusqu’à vingt et sortir quelques formules toutes faites.

    Elle se rend bien compte que ça ne l’avancera pas beaucoup dans la vraie vie roumaine mais au moins elle sait dire merci… et j'ai soif : Mi-e sete ! 

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    le voici, édition 1989 

    cool 

    la petite phrase "vorbesc româneste" a finalement été fort utile à l'Adrienne, mais à la forme négative "nu vorbesc româneste", le jour où trois garçons sont entrés dans son mobile home (pendant que l'Homme était parti faire pipi dans la nature) et qu'ils voulaient lui acheter le jean qu'elle portait! 

     

  • V comme voix (bis)

    Il y a ce petit chapitre chez Philippe Delerm qui redit exactement ce que je voulais exprimer dans le billet du mois dernier à propos de la voix de ceux que nous avons aimés et qui ne sont plus là. Leur voix et le souvenir qu'on a de leur voix... 

    En voici un extrait: 

    La voix qu'on cherche à retrouver en nous de ceux que nous avons aimés. Jamais leur voix dans l'absolu: seulement liée à certaines phrases, parfois les plus banales, mais dont la musique revenait souvent. Parfois cette douloureuse injustice d'entendre des voix qui nous étaient presque indifférentes, et l'impossibilité de redonner musique à celles que nous aimions le plus. 

    Philippe Delerm, Les eaux troubles du mojito et autres belles raisons d'habiter sur terre, éd. du Seuil, 2015, p.103

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  • V comme voix

    Quand j'ai perdu mon arrière-grand-père, mon grand-père, ma grand-mère, mon père, la première chose que j'ai perdue d'eux, c'est le son de leur voix. 

    Bien sûr, pour les visages il y a les photos: elles ravivent le souvenir, c'est certain. Aurais-je une vision si nette de ma grand-mère si je n'avais pas les photos pour me la rappeler? C'est possible. 

    De même, je me souviens très bien de leur écriture, à tous. Pourtant, pour deux d'entre eux je ne dispose d'aucun document écrit de leur main. Ma mémoire sera donc plus visuelle qu'auditive. 

    Avoir perdu le souvenir de leur voix est une chose que je regrette énormément. 

    Aussi, l'extrait ci-dessous me "parle" fort: 

    Il fut un temps où je conservais certains messages de mon grand-père, qui m’appelait de Tokyo, sur le répondeur de mon téléphone fixe parisien. La capacité d’enregistrement étant limitée, je faisais régulièrement le tri pour ne conserver que les messages les plus précieux. Les messages téléphoniques sont on ne peut plus privés, parce qu’ils portent une adresse personnelle, et que le nom de l’émetteur et du destinataire sont souvent prononcés. Je conservais ces messages, et sa voix qui m’interpellait. Mais lorsque, après son départ définitif, j’ai voulu réécouter ses messages comme un ultime recours, tous avaient disparu. J’avais dû les effacer à un moment, en pensant que… en pensant quoi ? 

    Ryoko Sekiguchi, La voix sombre, POL, 2015 

    souvenir,père

    Bizarrement, je me souviens mieux de la voix de José van Dam,
    qui ne chante pourtant plus depuis 2010 tongue-out 

    (rien à voir avec cette photo prise à Ostende en décembre 2015) 

     l'opéra entier ici avec Lucia Popp, Frederica von Stade, Gundula Janowitz... et notre José national sous la direction de Georg Solti en 1980.

  • V comme voyage, voyage

    Dimanche dernier, l'Adrienne est allée au musée du Cinquantenaire pour voir l'expo sur les estampes japonaises: http://www.kmkg-mrah.be/fr/expositions/ukiyo-e

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    c'est la célèbre vague de Hokusai (1760-1849) qui sert d'affiche à l'expo 

    mais on commence par le 18e siècle

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    Suzuki Harunobu (1724-1770), le premier à imprimer plusieurs couleurs (en 1765) 

    la dame en vert a un chat sur les genoux 

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    triptyque de Kubo Shunman (1757-1820)
    avec trois phases du travail des draps de laine (à gauche le foulage) 

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    un de mes préférés de Hokusai 
    surtout pour le point de vue original, à hauteur du faîte, avec dans le bas la ville cachée par les nuages d'où sort un cerf-volant et bien sûr dans le fond, le pic neigeux du mont Fuji 

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    et pour terminer, un aspect de Hokusai qui m'était inconnu 

    mais qui cadre bien avec Halloween qui s'approche 

    yell

     

  • V comme vue

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    Leïla  

    Tu dansais petite fille 
    Danseras-tu mère-grand 
    Dans le tourbillon de la vie 
    Bientôt les hommes reviendront 
    Il faudra bien qu'on te marie 

    Les masques sont silencieux 
    Et la musique est si lointaine 
    Qu’elle semble venir des cieux 
    Chaque jour apporte ses peines 
    Et ses problèmes pernicieux 

    Les brebis s’en vont dans la neige 
    Flocons de laine et ceux d’argent 
    Des soldats passent et que n’ai-je 
    Quelques mots plus encourageants 
    Que puis-je faire que sais-je

    Sais-je où s’en iront tes cheveux
    Crépus comme mer qui moutonne
    Sais-je où s’en iront tes cheveux
    Et tes grands yeux tristes d'automne 
    Tu le sais bien ce que tu veux 

    Leïla ma petite Syrienne 
    Comment ne pas baisser les bras 
    Le fleuve est pareil à ta peine
    Il s’écoule et ne tarit pas 
    Quand donc la paix reviendra

    *** 

    écrit sur le schéma du poème de Guillaume Apollinaire, Marie, in Alcools

    *** 

    pour Lakévio

  • V comme valise avec vue

    La valise a pris le train. Inutile de vérifier le numéro du quai, celui où s'arrêterait le train pour Ostende était peuplé de familles armées de seaux et de pelles en plastique. 

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    - Quelle bonne idée j'ai eue, se dit-elle en voyant l'autoroute où les voitures et camions avançaient au pas. 

    Le train, lui, filait et n'était même pas bondé. Elle a pu rester tranquillement contre la jambe de la voyageuse. 

    Qui lui a caressé le flanc, de temps en temps, comme promis tongue-out 

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    Il y avait déjà une longue queue pour la navette fluviale et la plage comme la digue étaient bondées. Heureusement, on devait être de l'autre côté et là, il y avait de l'ombre... 

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    La valise n'a pas cessé de s'étonner en voyant que les 30° n'empêchaient nullement les humains de faire du canotage, du pédalo, de la course à pied, du hockey, bref toute une frénésie d'activités...

  • V comme vue

    Dommage pour la vue, tout comme la place Bellecour était rendue invisible par les installations pour l'euro 2016 (le démontage et le déblayage ont duré toute la semaine), la place des Terreaux était privée de ses deux principaux atouts beauté, la fontaine monumentale et les jeux de lignes et d'eau réalisés par Daniel Buren. 

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    quelques affiches explicatives où on retiendra surtout que la fontaine restera invisible plus d'un an encore 

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    derrière les palissades, de grands échafaudages et tout autour de nombreuses voitures garées: impossible de juger de l'effet des "lignes" de Daniel Buren et tous les jeux d'eau sont à l'arrêt 

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    dans la palissade, un petit trou - soigneusement grillagé - permet au contribuable et au touriste de suivre de loin les travaux en cours: on remarque un cheval hennissant de douleur, privé de ses membres 

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    et ça, c'est quoi? se demande le lecteur ahuri. 

    ça, c'est la vue de la fenêtre de la chambre d'hôtel 

    tongue-out 

    le genre de détail qu'on n'apprend jamais dans le descriptif au moment de la location 

    ***

    pour le projet du Hibou 

    semaine 30 - fontaine 

    photos prises à Lyon le 13 juillet 

    ***

    ici chez Daniel Buren, l'aspect que la place devrait avoir... 

     

  • V comme Voglio una casa

    Voglio una casa, la voglio bella / Je veux une maison, je la veux belle
    Piena di luce come una stella / Pleine de lumière comme une étoile
    Piena di sole e di fortuna / Pleine de soleil et de bonheur
    E sopra il tetto spunti la luna / Et par-dessus le toit se lève la lune
    Piena di riso, piena di pianto / Pleine de rires, pleine de pleurs
    Casa ti sogno, ti sogno tanto / Maison de rêve, je te rêve tant
    Dididindi, Dididindi...

    Voglio una casa, per tanta gente / Je veux une maison pour beaucoup de gens
    La voglio solida ed accogliente, / Je la veux solide et accueillante,
    Robusta e calda, semplice e vera / Solide et chaleureuse, simple et vraie
    Per farci musica matina e sera / Pour y faire de la musique soir et matin
    E la poesia abbia il suo letto / Et que la poésie y ait son lit
    Voglio abitare sotto a quel tetto. / Je veux habiter sous ce toit.
    Dididindi, Dididindi...

    Voglio ogni casa, che sia abitata / Je veux que chaque maison soit habitée
    E più nessuno dorma per strada / Que plus personne ne dorme dans la rue
    Come un cane a mendicare / A mendier comme un chien
    Perchè non ha più dove andare / Parce qu'il n'a plus où aller
    Come una bestia trattato a sputi / Traité avec mépris comme une bête
    E mai nessuno, nessuno lo aiuti. / Sans que personne jamais ne l'aide.
    Dididindi, Dididindi...

    Voglio una casa per i ragazzi, / Je veux une maison pour les jeunes
    che non sanno mai dove incontrarsi / Qui ne savent pas où se rencontrer
    e per i vecchi, case capienti / Et pour les vieux, de grandes maisons
    che possano vivere con i parenti / Où ils puissent vivre avec la famille
    case non care, per le famiglie / Des maisons pas chères pour les familles
    e che ci nascano figli e figlie. / Et qu'y naissent des fils et des filles.
    Dididindi, Dididindi...

    source du texte / traduction de l'Adrienne

  • V comme Vilain

    C'est par hasard que j'ai vu le film "Pas son genre" juste après avoir lu une interview de l'auteur du livre, Philippe Vilain.

    Il est donc bien dommage que ce grand défenseur de l'idéal et du style ait laissé passer un "je me suis dite que...", prononcé nota bene par une prof de philo aux propos par ailleurs hautement érudits.

    Si encore cela avait été le fait d'une pauvre petite coiffeuse arrageoise tongue-out 

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    source de l'image RTBF 

     

  • V comme Vends maison de famille

    "Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite" ... Chaque vers était écrit de plus en plus gros, jusqu'au dernier, "IL A FILÉ", qui éclaboussait la feuille comme pour se moquer du lecteur trop lent à qui le bonheur venait d'échapper." 

    François-Guillaume Lorrain, Vends maison de famille, Flammarion 2016, p.12

    La maison normande, qui suinte l'humidité et où toute l'activité se concentre dans le jardin potager et fruitier, c'est le bonheur du père. Chaque week-end, il y emmène son épouse et ses deux enfants, qui ont été embrigadés dès leur plus jeune âge pour réaliser un rêve qui n'est pas le leur: vivre en autarcie.

    Le dimanche soir, on rentre à Paris épuisés, la voiture chargée de fruits et de légumes. On finira par élever aussi des poules, des moutons. Qu'il faudra tuer. C'est un travail d'homme, même si l'homme n'est encore qu'un enfant. 

    Un enfant isolé qui, au fil des week-ends et des vacances à travailler sous la dure férule d'un père exigeant, peu aimant, aux colères et aux punitions terribles, rêve d'une autre vie, rêve d'avoir le temps d'aller voir un film au cinéma, de lire un livre, d'avoir un moment de liberté. 

    "Oui, je voulais bazarder cette maison. J'avais mes raisons. Autrement dit: des souvenirs. Le mercredi à treize heures, mon père venait me cueillir à la sortie du collège et je m'affalais sur la banquette arrière, fait comme un rat. Au loin, mes camarades s'en allaient jouer au foot, flirter avec les filles, profiter de l'après-midi. J'étais le rat des villes qu'on kidnappe pour l'emmener à la campagne. Sans doute cela ne lui effleurait-il pas l'esprit que j'en étais malheureux." (p.23)

    Quand l'histoire commence, le narrateur est adulte et vit à l'étranger, le plus loin possible de cette maison de campagne que sa mère a gardée et continue à entretenir seule depuis la mort du père.

    "C'était moi, bien sûr, qui aurais dû m'atteler à cette tâche. Mais depuis plus de deux décennies, je croisais au large, loin de la France, toujours en pointillé. J'étais le bon à rien. A peine arrivé et déjà prêt à repartir, tout juste capable, pour la soulager, de scier une grosse branche ou de porter quelques bûches." (p.11)

    Jusqu'au jour où elle fait une chute et se casse le col du fémur: elle sait que son fils voudra vendre la maison et lui envoie un album photo. 

    Au fil des pages de cet album, le narrateur va découvrir d'autres facettes que ce qu'il a gardé en mémoire depuis l'enfance. Et au-delà des souvenirs pénibles, il va comprendre certaines choses concernant les motivations de son père et son attitude envers sa famille.

    Le livre réussit donc ce double défi: faire resurgir un passé douloureux sans tomber dans l'amertume et les rancœurs. 

    Je le recommande smile 

    Je pense que chacun est comme le narrateur "un adulte irradié par son enfance" et que ce qui est valable pour lui (ou moi) l'est pour tous: "La pile enfouie en moi continuait à émettre ses ondes radioactives."  

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    source de la photo: 

    http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=49336&levelCode=litterature 

    *** 

    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 17 - jardinage

  • V comme voyager

    Le parcours prévu par Daniel Buren à Bozar est une sorte de voyage dans l'art contemporain et ses œuvres maîtresses: étape par étape, il nous fait découvrir celles qu'il a "étoilées". 

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    On est à Venise avec Claude Monet, Le Grand Canal. (1908) 

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    On est Icare avec Matisse (1947)

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    On est dans le train avec Sophie Calle (2007)

    Prenez soin de vous - portrait d'Alice Lenay

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 12 - voyager 

  • V comme vendredi

    Les états d'esprit du vendredi: 

    Fatigue : s'accumule 

    Humeur : assez joyeuse, pour fêter le départ du Neveu, nous allons au restaurant 

    Estomac : je me suis offert des framboises portugaises au petit déjeuner, ce qui est absolument contraire à mes principes tongue-out 

    Condition physique : faudrait que je reprenne la gym, la piscine et les courses dans les bois... mais ici il n'y a pas de bois 

    Esprit : je voudrais avoir le temps de lire (j'ai prolongé déjà de trois fois trois semaines l'unique livre emprunté à la bibliothèque) 

    Boulot : j'ai été absente deux jours pour une formation, il s'est bizarrement accumulé 

    Culture : il faut que j'apprenne à jouer un allegretto de Czerny pour lundi 

    Penser à : téléphoner au plombier pour lui rappeler ses promesses du mois dernier (arf trop drôle) 

    Avis perso : parfois une petite conversation fait un quasi-miracle 

    Message perso : cher Googlebot, pourquoi passez-vous deux cents fois sur mon blog certains jours? 

    Élèves : j'ai l'impression qu'ils ont déjà de nouveau besoin de vacances ! (ils m'ont dit hier que c'est la faute de l'école s'ils sont fatigués: l'école les oblige à se lever tôt) 

    Amitiés : trouver une date pour fêter l'anniversaire de ma plus vieille amie 

    Sorties : vous savez ce que c'est un quizz? on en organise un à l'école ce week-end 

    Divers : quand aurai-je le temps de réfléchir à ce que je vais faire pendant les vacances de Pâques cool ? 

    Courses : le frigo est vide 

    Envie de : petits lutins qui fassent mes corrections 

    Pic : à la villa Maritza, à Ostende, un homme tire la langue depuis 131 ans 

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    Les états d'esprit du vendredi sont un exercice de style lancé par Fedora et The Postman que j'ai trouvé chez Ma'. La règle est simple : on répond aux questions dans l'ordre le vendredi. Ceux qui veulent participer doivent ensuite laisser un petit commentaire sur les 2 blogs des gentils instigateurs.

  • V comme vue du paradis

    Chaque fois que mon ancien petit groupe de bénévoles organise quelque chose dans ce coin de paradis où je vivais autrefois, je le note soigneusement dans mon agenda et je me dis que je vais y participer. 

    Puis, le moment venu, je n'y vais pas. 

    N'hésitez pas à appeler ça de la peur. De la lâcheté. 

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    Pourtant, ce serait tellement mieux d'aller m'y promener

    au lieu de l'admirer en photo. 

    ***

    Celle-ci date de 2012. 

    Les dernières que j'ai prises sont de l'été 2013... 

     

    https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

    thème: lumière

     
     
  • V comme vue sur mer

    Venir à Ostende pour la vue sur mer et la regarder au travers de l'appareil photo... et de la vitre tongue-out

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    midi

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    après-midi

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    soir

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    et matin

    laughing

     

  • V comme vue

    Comme il y a des "chambres avec vue", il y a des écoles avec vue.

    La mienne, par exemple, qui a une situation privilégiée, au milieu d'un grand parc.

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    Et trois magnifiques platanes dans la cour de récré.

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    Un mur recouvert de vigne vierge, ici dans sa beauté d'octobre.

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    Et le ciel, qu'on peut voir de partout...

    sauf dans cette école où j'ai fait un intérim, il y a bien longtemps, et dont la classe de 4e latine n'avait même pas de fenêtre.

    J'y ai tout de même tenu le coup quatre mois

    tongue-out

    mais je préfère ma classe actuelle

    au deuxième étage sans ascenseur

    avec la vue magnifique sur les collines

    de là où j'habitais avant.

  • V comme vacances

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    © maman Baobab

    http://www.bricabook.fr/2015/10/atelier-ecriture-193/

    Cet été-là à Dinard
    Y avait Jules, y avait Bernard,
    Ismaël et Léonard.

    Jules était le plus ignare,
    Ismaël un combinard
    Prêt pour tous les traquenards.

    Valérie aimait Bernard,
    Pourtant un vrai snobinard
    Sous ses petits airs mignards.

    Margot aimait Léonard
    Qui nageait comme un canard.
    C'était lui le grand veinard:

    Beau-père est dans le pinard
    "beurre dans les épinards"
    C'est fini d'être un zonard!

     ***

    ceci est une fiction
    (en vers de sept pieds ou devrais-je dire panards)
    inspirée des amours de vacances
    de quelqu'un de mes connaissances

    Cool

    Merci à Leiloona!

  • V comme vision d'avenir

    Pour moi, l'école, c'est avant tout ceci:

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    des gens

    Mais il y en a qui disent que bientôt ce ne sera plus que cela:

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    des machines

    ***

    pour le projet 52 de Ma' - thème: école

     http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

  • V comme voleur

    Marcus a arrêté son cheval à l'ombre d'un bosquet qui pépie de chants d'oiseaux. En sautant à terre, il voit que le chien est toujours là. Il n'a servi à rien de galoper, cette bête l'a suivi malgré tout. Il flatte la tête de son cheval. Son cou, tout son corps est en sueur. Il l'attache à un arbre. L’animal commence tout de suite à manger quelques feuilles des branches les plus basses d’un châtaignier. De temps en temps, il s'arrête, l'oreille tendue, nerveux, tout le corps parcouru de frissons.

    La veille encore, Marcus peignait un tableau dont il pensait qu'il serait son chef-d’œuvre. Finies les petites scènes de famille, terminés les portraits de notables et d'enfançons au grand col de dentelle de Malines. Il s'était mis à la création, mûrement réfléchie et préparée par de nombreuses études et esquisses, d'une vaste fresque mythologique. Il avait dépensé une petite fortune pour acquérir les panneaux de tilleul nécessaires à sa réalisation.

    Il se souvient de l’arrivée de l'Italien, voilà à peine deux mois. Il ne s'est pas tout de suite méfié, il avait même cru qu'ils pourraient s'échanger leurs arts, apprendre l'un de l'autre. Mais c'est lui qui a tout donné et l'Italien qui a tout pris. Marcus ne s'en était pas tout de suite rendu compte. Il sait, à présent, que c'est grâce à lui que le Florentin a acquis la maîtrise de la peinture à l'huile, des enduits, des vernis, des fins glacis qui captent la lumière...

    C'est la veille seulement qu'il a tout compris. Le rose aux joues de la duchesse, son trouble, ses émois, ses regards à la dérobée n'étaient plus pour lui.

    Il ne sait pas laquelle des deux trahisons lui cause le plus de douleur.

    Solidement attachés aux flancs de son cheval, les panneaux, les esquisses, les précieuses eaux-fortes.

    Il paraît qu’à Urbino aussi on aime la peinture flamande.

     fiction,peinture

    Urbino, palazzo, juillet 2011

  • V comme volutes

    La fête nationale, c'est aussi la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule

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    et ses volutes de fer forgé qui protègent son trésor

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     ou ceux du bois et de la pierre

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     à l'intérieur comme à l'extérieur

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    Mais la fête nationale c'est surtout

    V comme vive la liberté

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    V comme Vrijheidsplaats

    Cool

  • V comme vive la famille

    Que fait-on des vieilles photos de famille? des bébés nus sur des peaux de moutons, des communiantes aux mains jointes sur un missel, des soldats en uniforme, des couples qui posent gravement à l'occasion de leur mariage? 

    Que fait-on de ces vieilles photos entassées pêle-mêle dans une ancienne boîte à gâteaux en fer blanc? Souvent on ne sait plus qui elles représentent.

    Tantine voulait jeter celles qu'elle avait trouvées chez sa mère, ma mère voulait faire subir le même sort à celles de grand-mère Adrienne.

    Deux fois je me suis trouvée là à point nommé pour les récupérer. C'est mon principal héritage Cool

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    les grands-parents paternels de mon père
    photo du début des années 1920

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     Knokke-le-Zoute, 1927
    la petite Yvonne est enceinte de mon père

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    grand-mère Adrienne prétendait qu'elle n'avait que 6 ans sur cette photo où elle pose entre son père et sa mère; dans ce cas, elle a été prise en 1912  

    ***

    Projet 52 de Ma' - thème: héritage

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

  • V comme verdure

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    photo prise à Bruxelles
    au Cercle Royal Gaulois

    Pour ceux qui voudraient en savoir plus

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Verdure_%28tapisserie%29

    Cette tapisserie n'entre pas à proprement parler dans la catégorie des "verdures", puisqu'elle comporte des personnages, mais elle m'y a fait penser, par l'importance de son décor végétal de ce bleu vert si typique

    et qui entre donc parfaitement dans le Projet 52 de Ma'
    dont le thème cette semaine est précisément

    vert / bleu

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052-2015

  • V comme Verviers

    Extraits d'“Une enfance vierviétoise” d'Edmée de Xhavée, trouvés chez Colo:
     
    C'est le chapitre “La magie du cinéma” que Colo a choisi (http://espacesinstants.blogspot.com.es/2015/04/lenfance-dedmee.html) 

      Le mercredi après-midi, ma mère nous emmenait au cinéma. C'était le summum dans l'échelle des plaisirs du côté de sa famille.

    (…) Elle avait sa collection d'autographes et parfois nous pouvions la regarder ensemble, religieusement. J'aimais particulièrement les photos de Jean Marais, oh combien enjolivées d'une longue et élégante dédicace personnelle où il l'appelait par son prénom et lui demandait des nouvelles de son chien! De là à le considérer comme un oncle lointain, il n'y avait qu'un pas!

     Op woensdag namiddag nam mijn moeder ons mee naar de film. In haar familie was het de topper in de schaal der geneugten. (...) Ze had een verzameling handtekeningen en soms mochten we er samen naar kijken, ingetogen. Ik hield vooral van de foto's van Jean Marais, oh wat waren ze nog mooier door zijn lange en elegante opdracht waarin hij ze bij de voornaam noemde en vroeg hoe haar hondje het stelde! Vandaar dat de stap vlug gezet was om hem te beschouwen als een soort oom!

     Ma mère était disciplinée et implacable pour certaines choses, comme l'heure des repas, le fait qu'on n'ouvrait pas la porte ni ne répondait au téléphone pendant cette heure inviolable, etc...Mais elle s'abandonnait volontiers à une tranquille anarchie pour d'autres aspects de la vie. C'est ainsi que le départ pour le cinéma était un moment flottant dans le temps. L'horaire exact de ce départ était...quand elle était prête. (…)
     
      Mijn moeder was gedisciplineerd en onverbiddellijk voor een aantal dingen, zoals het onschendbaar uur van de maaltijden, tijdens dewelke men aan niemand de deur opende of geen telefoon opnam, enz. Maar voor andere zaken gaf ze zich gewillig over aan een rustige anarchie. Zo was het vertrek naar de film een schommelend moment. Het juiste vertrekuur was... als ze er klaar voor was. (…)
    Verviers, rue du Collège

    (Note de Colo: “L' anarchie horaire” de sa mère faisait qu'ils arrivaient souvent au milieu, ou aux trois quarts du film. Ils regardaient donc les annonces, les nouvelles, bref y restaient jusqu'à ce qu'ils aient vu le film en entier, avec des pauses, des entractes )

      Enfin le grand film commençait. Jamais nous n'avons été déçus. Ma mère, qui avait aimé le cinéma bien avant nous, nous avait exercé l’œil aux trucages. Nous étions fiers de reconnaître les découpages, décors, mannequins, faux indiens (“Des Américains avec des fausses dents”, expliquait-elle). Nous savions que Tarzan ne se battait pas avec un vrai lion, mais plutôt avec “une peau de lion descente de lit”. Que Samson retenait un mur de carton-pâte. Que Doris Day faisait semblant de conduire – et c'était tant mieux car elle n'arrêtait pas de parler et ne regardait pas la route bien qu'elle tourne son volant de gauche à droite avec un rythme de métronome. (…)

      Eindelijk begon de film. Nooit waren we ontgoocheld. Mijn moeder, die al zoveel langer dan ons van cinema hield, had ons oog alert gemaakt voor trucages. We waren trots als we het draaiboek, de decors, de poppen, de nepindianen herkenden ("Amerikanen met een vals gebit", legde ze uit). We wisten dat Tarzan niet vocht met een echte leeuw, maar met een "tapijtje van leeuwenvel". Dat Samson een kartonnen muur ondersteunde. Dat Doris Day deed alsof ze met de auto reed – en dat was maar best ook, want ze stopte niet met praten en keek niet naar de weg terwijl ze het stuur met de regelmaat van een klok naar links en naar rechts draaide. (...)

     
     
      La fin du grand film nous amenait ainsi à un nouvel entracte, plus court – occasion d'analyser le film et de comparer nos subtilités quant à la meilleure interprétation – et le début de complément de choix, avec le mourant de la fin en pleine santé. Le coupable encore nimbé d'innocence, la future jeune épousée en train de jouer à la marelle. Qu'importait. Nous étions contents de savoir, déjà, à quoi nous en tenir à leur sujet! Et nous espérions que ma mère ne se souviendrait plus exactement du moment auquel nous étions entrés. Mais c'était peine perdue et sa rigueur incorruptible nous rappelait à la réalité: elle remettait ses lunettes dans leur étui qui faisait un petit clac oh combien fatal, chuchotait: “C'est ici qu'on était”, et nous nous en allions.
     
      Het einde van de film bracht ons tot een nieuwe en veel kortere pauze – een gelegenheid tot filmanalyse en vergelijking van onze gevoeligheden over de beste vertolkingen – en het begin bijkomende keuzes, met de stervende van de eindscene nog vol leven. De schuldige nog in een waas van onschuld, de toekomstige bruid nog aan het hinkelen. Dat was niet erg. We waren blij op voorhand te weten wat ons te wachten stond over hen! En we hoopten dat onze moeder zich niet meer precies zou herinneren op welk moment we gestart waren. Maar het was tevergeefs en haar onverzettelijke gestrengheid riep ons tot de orde: ze plaatste haar bril terug in het doosje dat bij het sluiten een noodlottig klikkend geluid maakte, ze fluisterde: “Hier waren we er”, en we vertrokken.

     ***

    merci à toi, Colo

    qui m'as procuré le plaisir de traduire

    Cool

    et comme tu peux le voir

    j'ai aussi repris tes illustrations

  • V comme vieux du stade

    Les vieux du stade, c’est d’abord Roger et Simonne, qui tiennent la cantine chaque quinzaine.

    C’est Eloi, l’entraîneur des minimes, fidèle au poste le dimanche matin depuis quarante ans.

    C’est Albert, qui chouchoute la pelouse toute l’année durant, répare, ressème, trace et retrace les lignes.

    C’est Lucien et André. Sous prétexte qu’ils sont là pour chaque match, c’est eux qui se chargent de ramasser les papiers gras, les canettes, tout ce qui traîne.

    C’est Mariette, qui nettoie bénévolement les douches et les toilettes depuis trente-cinq ans. Après avoir applaudi, crié et chanté avec les autres, dans la tribune « debout », celle des vrais supporters.

    Elle était déjà là pour son père, son frère, son mari, son fils. Aujourd’hui pour son petit-fils.

     

    Toute une vie en bleu et blanc.

    ***

    texte écrit pour illustrer la photo de Mil-et-une
    sauf que nous ne sommes pas à Bellac
    Langue tirée

     miletune8.jpg

    http://miletune.over-blog.com/2015/02/sujet-semaine-8.html

     

  • V comme voyager

    Voyager "pour ralentir le temps", voilà une belle réponse à la question du pourquoi.

    De fait, chacun a pu le constater, lorsque nous partons et abandonnons nos habitudes sédentaires, le temps s'allonge inespérément. La raison en est, selon moi, que lorsque nous sommes confrontés à une foule de choses nouvelles, nous retombons dans une sorte d'innocence perceptive qui entrave la niveleuse conceptualisation, laquelle oblitère les détails inutiles à l'action. Lorsque nous nous extirpons de nos cadres coutumiers, notre regard et tout notre entendement s'arrêtent sur la disparité inscrite à la surface des choses et l'émerveillement peut de nouveau faire brèche dans la carapace de notre fonctionnement utilitariste.

    Denis Grozdanovitch, Petit éloge du temps comme il va, Folio 2014, page 100.

    Vous me répondrez que le temps a une fâcheuse tendance au ralentissement pendant nos moments d'attente et à l'accélération quand on s'amuse.

    Mais il est vrai aussi que si nous "abandonnons nos habitudes sédentaires" il prend un cours différent. Il ne faut d'ailleurs pas aller bien loin pour l'éprouver. 

    Une simple promenade au parc suffit Cool

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     du soleil et des ombres

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     de vrais faux sous-bois

    et la touchante poésie de l'arbre mort

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     photos prises près de chez moi
    dimanche dernier (22 février)

    une demi-heure a suffi
    pour ralentir le temps