V

  • V comme village

     jeu,fiction,plumes

    Il s'étonne qu'au village où ils habitaient autrefois tous les deux, rien n'ait changé en dix ans: il y a même encore le boulanger, le boucher, le marchand de journaux où il achetait ses billets de loto. L'horloge de l'église marque bientôt midi et pris d'une idée subite, il s'arrête et pousse la porte de la petite boucherie d'Yvan, qui s'est un peu adapté au goût du jour et offre quelques plats préparés, en plus des biftecks, des saucisses et des côtes de porc. 

    Encore deux kilomètres. Il ne se demande même pas comment il sera reçu, remonte l'allée, sonne à la porte. 

    - Tu n'as pas changé, lui dit-il dès qu'elle entrouvre la porte, et il voit bien que ça lui fait plaisir. 

    - Je t'ai apporté du vol-au-vent, lui dit-il encore, une fois qu'elle l'a tout à fait laissé entrer. Il n'y a qu'à le réchauffer. 

    - Toi non plus tu n'as pas changé, lui dit-elle alors. 

    *** 

    écrit pour les Plumes d'ici et d'ailleurs
    consignes 6: 
    Vous êtes à la cuisine, vous préparez le repas et en effectuant les gestes habituels vous pensez à vos invités ou à la famille qui sera réunie.

    Vous êtes à un repas en famille ou entre amis et tout à coup en début de repas ou au dessert l’un des invités se lève et prend la parole.
    Dans les deux cas vous intégrez les personnages que vous avez créés.

     

  • V comme Véronique

    Elle marche vite en longeant le mur. Dans les deux mains serrées sur sa poitrine, elle tient un mouchoir roulé en boule et un objet de forme allongée, protégé par un sachet plastique de récupération. 

    Un des soldats l'arrête. C'est une jeune femme. Elle paraît déguisée, cet affreux casque contraste avec ses sourcils épilés, ses yeux soigneusement maquillés. A sa ceinture est accrochée une arme lourde qu'on a du mal à imaginer dans ses mains aux ongles longs et manucurés. 

    Mais ce n'est pas un déguisement et l'arme n'est pas un jouet. 

    Elle arrête la petite. C'est la routine. 

    - Et ça, c'est quoi? demande-t-elle en désignant l'objet. 

    Elle le prend. Le sort de son plastique fripé. L'examine sans états d'âme. 

    La petite garde la tête baissée. Ne jamais croiser le regard de ces gens-là. Sous le bord de son foulard, on aperçoit de longs cils de femme et un petit nez enfantin. Elle n'a pas douze ans. 

    - C'est un cadeau pour ma grand-mère, dit-elle sans regarder la femme soldat. 

    Et dans un souffle elle ajoute: 

    - C'est un cadre pour y mettre une photo. C'est moi qui l'ai fait à l'école. 

    La femme déchiffre la phrase calligraphiée qui entoure l'espace réservé à la photo: "Mon cœur est en mille morceaux

    - C'est ce que je devrais faire aussi avec ton cadre, dit-elle d'un air dégoûté. 

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    photo prise d'une photo de Véronique Vercheval 

    voir son travail 

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    texte écrit à l'atelier d'écriture - la photo était au choix, seuls étaient imposés le thème du mur et la phrase "Mon cœur est en mille morceaux"

  • V comme vertige

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    Si elle s'était dispensée de prendre une mauvaise photo de la pancarte prévenant pour les dangers de l'escalade  

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    si elle avait continué à grimper au lieu d'essayer de faire le meilleur cliché de l'escalier à vis 

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    si elle ne s'était pas amusée à photographier une vitre sale sous prétexte qu'on peut y voir le parc et les bâtiments de son école,  

    il y aurait ici même une quatrième photo 

    prouvant que l'Adrienne 

    a vaincu son vertige légendaire 

    et est arrivée tout en haut de la tour. 

    Oui mais voilà 

    arrivée en haut 

    il y a eu deux problèmes: 

    d'abord l'appareil photo 

    a indiqué laconiquement: 

    "changer les piles" 

    Or, de piles en réserve, 

    l'Adrienne n'en a point. 

    Ensuite 

    il lui a été complètement 

    absolument 

    impossible d'admirer le panorama 

    et c'est les jambes flageolantes 

    qu'elle a redescendu 

    toutes les marches. 

    La pancarte disait donc vrai: 

    "is niet aangeraden voor personen met hoogtevrees

    ce qui veut dire: 

    "n'est pas conseillé aux personnes ayant le vertige"

     

  • V comme voyage

    Demain matin, un ami s'envole pour Moscou, où il montera à bord du Transsibérien: c'est un voyage qu'il rêve de faire depuis longtemps et pour s'y préparer, il a suivi plusieurs années de russe. 

    Il sera accompagné de son fils aîné. Il n'a pas réservé d'hôtels: il compte sur son éloquence et l'hospitalité des gens. 

    Et puis, il a envie de vivre sa dose d'aventures. 

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    En 2012, Sylvain Tesson a fait un même genre de voyage russe: parti de Moscou, il refait le trajet de la retraite napoléonienne après le désastre de 1812. Une sorte de célébration du bicentenaire qu'il voit comme un hommage aux soldats. On peut voir ici le reportage photo qu'en a fait Thomas Goisque, qui faisait partie du trio de voyageurs dans leur moto avec side-car. 

    Quand on lit son image de la France, on comprend mieux pourquoi il a toujours envie d'être sur la route: 

    "(...) ses régulations, des charcutiers poujadistes, des socialistes sans gêne, des géraniums en pot et des ronds-points ruraux. La France, petit paradis peuplé de gens qui se pensent en enfer, administré par des pères-la-vertu occupés à brider les habitants du parc humain (...)" 

    Sylvain Tesson, Berezina, p.25, éd. Guérin, janvier 2015 

    voyage,france,russie,lire,lecture,lecteur,littérature

    source wikipedia commons 

    Il y avait ce tableau de Edouard Bernard Swebach, exposé au musée des Beaux-Arts de Besançon. On y voyait un cuirassier assis sur la croupe de son cheval couché. L'homme avait l'air désespéré. Il regardait ses bottes. Il savait qu'il n'irait pas plus loin. Dans son dos, une colonne de malheureux traînant, à l'horizon. Mais c'était le cheval qui frappait. Il reposait sur le verglas. Il était mourant - peut-être déjà mort. Sa tête était couchée délicatement sur la neige. Son corps était une réprobation: "Pourquoi m'avez-vous conduit ici? Vous autres, Hommes, avez failli, car aucune de vos guerres n'est celle des bêtes." (...) Sur ces trois cent mille bêtes [des chevaux], deux cent mille moururent pendant les six mois de campagne. (p. 153) 

    S'il y a une innocence fauchée par la guerre, c'est bien celle des animaux (p.152)

    ***  

    source photo, info et extrait à lire ici, sur le site de la maison d'édition

  • V comme vandale

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    Nous logions dans Amsterdam Noord. On pouvait lire toutes sortes d'affichettes collées ici et là, portant la signature Huisstijl Noord

    Celle de la photo dit: On m'appelle un vandale, mais sait-on ce que c'est que d'habiter au Noord

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    A notre arrivée, toute une équipe était à l'ouvrage sur un énorme mur pas loin de l'embarcadère pour le ferry qui traverse l'IJ entre la gare centrale et les entrepôts NDSM

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    En repartant dimanche matin, nous avons pu admirer l'oeuvre terminée. 

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    On voit que c'est un travail de groupe, où chacun a son propre style 

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    certains ont même pignon sur rue, si j'ose dire tongue-out 

    voyage,amsterdam,art,peinture

    Les musées sont très chers à Amsterdam, mais l'art de rue est provisoirement gratuit: merci les vandales cool

     

     

  • V comme vieux

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    La maison basse était bien cachée par d'épaisses haie mais lui, il voyait tout ce qui se passait. Il voyait et sans être vu, il entendait. 

    Il entendait passer la gamine et son petit frère au babil incessant. Il les hélait, eux s'approchaient du portillon, mi-apeurés par le vieux bonhomme aux petits yeux inquisiteurs, mi-excités par la curiosité. 

    Il s'en amusait et attisait tour à tour leur envie et leur crainte d'oser.

    Venez, venez, disait-il, je vais vous montrer quelque chose que vous n'avez encore jamais vu.

    Et chaque fois c'était vrai, c'était du jamais vu. Même le petit frère, pris par la crainte d'horribles représailles, tenait sa langue.

    D'autres fois, quand ils pensaient être devenus bons amis et qu'ils s'approchaient spontanément du portillon en criant "Oscar! Oscar!", il leur lançait d'horribles imprécations qui les faisaient s'enfuir à toutes jambes, la gamine tenant bien serrée la main du petit frère qui trébuchait sur les cailloux.

    Le vieil homme, assis devant sa maison basse bien cachée derrière d'épaisses haies, a toujours gardé son mystère et nourri les cauchemars des deux enfants.  

    *** 

    photo et consignes chez Lakévio, que je remercie!

  • V comme vierge

    Vergine santa: le texte est de l'Italien Pétrarque, la musique du Flamand Cyprien de Rore (1515 ou 1516-1565). Oui, l'Europe existait bien avant 1957 et les échanges culturels aussi cool

    Le Vergine sont une série de onze poèmes qui terminent Le Canzoniere de Francesco Petrarca (14e siècle)

    Ils ont été mis en musique par Cyprien de Rore et publiés à Venise en 1548 sous le titre « Musica di Cipriano de Rore sopra le stanze del Petrarca in laude della Madonna » 

    J'aime tout particulièrement la musique de la Renaissance... 

    Un autre exemple de cette musique ici, trois minutes et sept secondes de bonheur kiss

  • V comme vieux machins

    L'autre jour, l'Adrienne et sa Tantine sont allées faire le plein de nostalgie heureuse dans la maison qui était autrefois la chapellerie familiale. 

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    La pièce de séjour leur a semblé plus petite qu'autrefois, et plus encombrée, alors qu'il n'y a trois fois rien là où avant elle contenait aisément le grand bureau avec son antique téléphone, la table pour douze personnes, le gros poêle à charbon, des armoires contre tous les murs et deux fauteuils dans le coin télé. 

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    Dans le couloir, les boiseries grises ont reçu une couche de peinture blanche. Tous les interrupteurs sont restés d'époque, c'est-à-dire de gros machins ronds et noirs, que les nouveaux occupants se sont amusés à peindre en vert ou en orange. 

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    Dans le magasin, le mobilier et les rayonnages ont disparu mais le grand miroir en pied est resté. C'est ici, dit la Tantine au jeune homme qui prend les commandes, que l'Adrienne a appris à marcher. 

    Ce qu'il y a de bien avec la Tantine, c'est qu'on peut parler avec elle du papa de l'Adrienne. A la maison, dit-elle, j'ai quelques vieux disques à lui. Il y en a un avec son nom écrit sur la pochette. De Ray Ventura, C'est au marché aux puces. 

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    source de la photo et info ici

    L'Adrienne n'a jamais entendu cette chanson et ne sait même pas que son père a eu des disques. Une petite recherche internet lui a fait découvrir le site ci-dessus et bien sûr les paroles. Mais aucune vidéo qui permette de l'écouter. 

    Dommage, l'Adrienne adore ce genre de vieux machins cool

     

  • V comme voyage

    C'est un hôtel qui ne paie pas de mine dans un quartier qui lui ressemble. Mais les gens y sont gentils et le rapport qualité-prix absolument imbattable. 

    Devant la machine à café, dans l'attente d'un cappuccino, un homme demande à l'Adrienne d'où elle vient. Il semble trouver amusant qu'elle lui réponde "From Belgium!" mais il est vrai qu'elle en riait la première. 

    - We are from Greece, dit-il en désignant son groupe de mecs attablés autour d'une montagne de croissants et de petits pains. 

    Il précise qu'ils sont là pour le match du soir. L'Adrienne a failli demander si c'était pour le Panathinaikos - la seule équipe grecque qu'elle connaisse de nom - heureusement elle s'est retenue et a appris que c'était pour leur équipe nationale contre les Diables Rouges. 

    Elle s'est demandé à quoi ils allaient remplir leur journée en attendant 20.45 h. et surtout dans quel état ils allaient rentrer à l'hôtel... 

    A l'heure où vous lirez ce billet, la réponse à cette question sera connue, ainsi que le résultat du match: https://www.rtbf.be/sport/football/diablesrouges/detail_le-calendrier-des-diables-rouges-en-route-pour-le-mondial-2018?id=9415791 

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  • V comme vertical

    On ne pense pas assez aux escaliers. 

    Rien n’était plus beau dans les maisons anciennes que les escaliers. Rien n’est pus laid, plus froid, plus hostile, plus mesquin, dans les immeubles d’aujourd’hui. 

    On devrait apprendre à vivre davantage dans les escaliers. Mais comment ? 

    Georges Perec, Espèces d'espaces, 1974 

    jeu,françois bon,souvenirs d'enfance

    Chaque fois qu'en cours de route grand-mère Adrienne voyait qu'un escalier menait à la porte d'entrée d'une habitation, soit que le relief du terrain obligeait à situer les pièces de séjour à l'étage, soit par choix des propriétaires, elle ne manquait pas d'asséner que "pour habiter là, on ne pouvait pas avoir eu d'infarctus", et quelqu'un d'autre dans la voiture ajoutait "ni s'être cassé une jambe". 

    L'escalier, c'est ce qui lui faisait peur. Celui de sa maison était raide, aux marches étroites, descendre de sa chambre à coucher était une affaire qui prenait un certain temps et beaucoup de précautions, surtout à cause de l'énorme pot de chambre qu'elle tenait d'une main et des mules à petit talon qu'elle avait aux pieds. 

    "Tiens-toi bien à la rampe!" nous criait-elle chaque fois qu'elle nous voyait sur des marches et bien sûr ça nous faisait rire et on y rajoutait quelques acrobaties, parce que les jeunes c'est comme ça, on se croit invulnérable. 

    Son autre escalier, celui du grenier, était encore pire: il n'y avait même pas de rampe; arrivé presque en haut, il fallait soulever la lourde trappe et l'attacher par une corde à un clou dans le mur. Quand on redescendait, les bras chargés d'échalotes ou de haricots secs, il aurait fallu deux autres mains pour détacher la trappe et la laisser doucement retomber sur nos têtes. C'est bien pour ça qu'on l'accompagnait, c'était toute une expédition dans la poussière des vieux trésors, dans l'ombre de meubles vermoulus éclairés par une petite tabatière, et la trappe nous donnait l'impression de pouvoir faire une chose utile. On se disait que grand-mère avait peur et avait besoin de notre aide pour aller chercher des pommes au grenier. 

    jeu,françois bon,souvenirs d'enfance

    photos de l'escalier d'Adrienne fraîchement vernis en octobre 2013 

    atelier d'hiver 2016-17 chez François Bon - consigne 5 sur "la verticalité de l'habitat"

    Georges Perec, Espèces d'espaces (1974), est en lecture complète ici

  • V comme vorbesc româneste

    L’Adrienne s’est acheté un Assimil® pour bien préparer le voyage et a potassé ses rudiments de « roumain sans peine », soir après soir.

    Les problèmes commencent dès la leçon numéro 1 : vorbesc româneste, je parle le roumain. L’accent circonflexe sur le a indique qu’il faut le prononcer « du fond de la gorge, comme un i sourd » explique-t-on à la page V de l’introduction. Jamais l’Adrienne n’a réussi à bien le dire, ne sachant ni comment ni où le former exactement.

    Bref, au bout d’une semaine de labeur, elle sait demander « ce mai faci » (prononcer tché maille fatch, comment vas-tu?) et répondre « foarte bine, mulțumesc » (prononcer faux Arte biné moult sous mesque, très bien merci), elle sait conjuguer avoir et être au présent, compter jusqu’à vingt et sortir quelques formules toutes faites.

    Elle se rend bien compte que ça ne l’avancera pas beaucoup dans la vraie vie roumaine mais au moins elle sait dire merci… et j'ai soif : Mi-e sete ! 

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    le voici, édition 1989 

    cool 

    la petite phrase "vorbesc româneste" a finalement été fort utile à l'Adrienne, mais à la forme négative "nu vorbesc româneste", le jour où trois garçons sont entrés dans son mobile home (pendant que l'Homme était parti faire pipi dans la nature) et qu'ils voulaient lui acheter le jean qu'elle portait! 

     

  • V comme voix (bis)

    Il y a ce petit chapitre chez Philippe Delerm qui redit exactement ce que je voulais exprimer dans le billet du mois dernier à propos de la voix de ceux que nous avons aimés et qui ne sont plus là. Leur voix et le souvenir qu'on a de leur voix... 

    En voici un extrait: 

    La voix qu'on cherche à retrouver en nous de ceux que nous avons aimés. Jamais leur voix dans l'absolu: seulement liée à certaines phrases, parfois les plus banales, mais dont la musique revenait souvent. Parfois cette douloureuse injustice d'entendre des voix qui nous étaient presque indifférentes, et l'impossibilité de redonner musique à celles que nous aimions le plus. 

    Philippe Delerm, Les eaux troubles du mojito et autres belles raisons d'habiter sur terre, éd. du Seuil, 2015, p.103

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  • V comme voix

    Quand j'ai perdu mon arrière-grand-père, mon grand-père, ma grand-mère, mon père, la première chose que j'ai perdue d'eux, c'est le son de leur voix. 

    Bien sûr, pour les visages il y a les photos: elles ravivent le souvenir, c'est certain. Aurais-je une vision si nette de ma grand-mère si je n'avais pas les photos pour me la rappeler? C'est possible. 

    De même, je me souviens très bien de leur écriture, à tous. Pourtant, pour deux d'entre eux je ne dispose d'aucun document écrit de leur main. Ma mémoire sera donc plus visuelle qu'auditive. 

    Avoir perdu le souvenir de leur voix est une chose que je regrette énormément. 

    Aussi, l'extrait ci-dessous me "parle" fort: 

    Il fut un temps où je conservais certains messages de mon grand-père, qui m’appelait de Tokyo, sur le répondeur de mon téléphone fixe parisien. La capacité d’enregistrement étant limitée, je faisais régulièrement le tri pour ne conserver que les messages les plus précieux. Les messages téléphoniques sont on ne peut plus privés, parce qu’ils portent une adresse personnelle, et que le nom de l’émetteur et du destinataire sont souvent prononcés. Je conservais ces messages, et sa voix qui m’interpellait. Mais lorsque, après son départ définitif, j’ai voulu réécouter ses messages comme un ultime recours, tous avaient disparu. J’avais dû les effacer à un moment, en pensant que… en pensant quoi ? 

    Ryoko Sekiguchi, La voix sombre, POL, 2015 

    souvenir,père

    Bizarrement, je me souviens mieux de la voix de José van Dam,
    qui ne chante pourtant plus depuis 2010 tongue-out 

    (rien à voir avec cette photo prise à Ostende en décembre 2015) 

     l'opéra entier ici avec Lucia Popp, Frederica von Stade, Gundula Janowitz... et notre José national sous la direction de Georg Solti en 1980.

  • V comme voyage, voyage

    Dimanche dernier, l'Adrienne est allée au musée du Cinquantenaire pour voir l'expo sur les estampes japonaises: http://www.kmkg-mrah.be/fr/expositions/ukiyo-e

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    c'est la célèbre vague de Hokusai (1760-1849) qui sert d'affiche à l'expo 

    mais on commence par le 18e siècle

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    Suzuki Harunobu (1724-1770), le premier à imprimer plusieurs couleurs (en 1765) 

    la dame en vert a un chat sur les genoux 

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    triptyque de Kubo Shunman (1757-1820)
    avec trois phases du travail des draps de laine (à gauche le foulage) 

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    un de mes préférés de Hokusai 
    surtout pour le point de vue original, à hauteur du faîte, avec dans le bas la ville cachée par les nuages d'où sort un cerf-volant et bien sûr dans le fond, le pic neigeux du mont Fuji 

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    et pour terminer, un aspect de Hokusai qui m'était inconnu 

    mais qui cadre bien avec Halloween qui s'approche 

    yell

     

  • V comme vue

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    Leïla  

    Tu dansais petite fille 
    Danseras-tu mère-grand 
    Dans le tourbillon de la vie 
    Bientôt les hommes reviendront 
    Il faudra bien qu'on te marie 

    Les masques sont silencieux 
    Et la musique est si lointaine 
    Qu’elle semble venir des cieux 
    Chaque jour apporte ses peines 
    Et ses problèmes pernicieux 

    Les brebis s’en vont dans la neige 
    Flocons de laine et ceux d’argent 
    Des soldats passent et que n’ai-je 
    Quelques mots plus encourageants 
    Que puis-je faire que sais-je

    Sais-je où s’en iront tes cheveux
    Crépus comme mer qui moutonne
    Sais-je où s’en iront tes cheveux
    Et tes grands yeux tristes d'automne 
    Tu le sais bien ce que tu veux 

    Leïla ma petite Syrienne 
    Comment ne pas baisser les bras 
    Le fleuve est pareil à ta peine
    Il s’écoule et ne tarit pas 
    Quand donc la paix reviendra

    *** 

    écrit sur le schéma du poème de Guillaume Apollinaire, Marie, in Alcools

    *** 

    pour Lakévio

  • V comme valise avec vue

    La valise a pris le train. Inutile de vérifier le numéro du quai, celui où s'arrêterait le train pour Ostende était peuplé de familles armées de seaux et de pelles en plastique. 

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    - Quelle bonne idée j'ai eue, se dit-elle en voyant l'autoroute où les voitures et camions avançaient au pas. 

    Le train, lui, filait et n'était même pas bondé. Elle a pu rester tranquillement contre la jambe de la voyageuse. 

    Qui lui a caressé le flanc, de temps en temps, comme promis tongue-out 

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    Il y avait déjà une longue queue pour la navette fluviale et la plage comme la digue étaient bondées. Heureusement, on devait être de l'autre côté et là, il y avait de l'ombre... 

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    La valise n'a pas cessé de s'étonner en voyant que les 30° n'empêchaient nullement les humains de faire du canotage, du pédalo, de la course à pied, du hockey, bref toute une frénésie d'activités...

  • V comme vue

    Dommage pour la vue, tout comme la place Bellecour était rendue invisible par les installations pour l'euro 2016 (le démontage et le déblayage ont duré toute la semaine), la place des Terreaux était privée de ses deux principaux atouts beauté, la fontaine monumentale et les jeux de lignes et d'eau réalisés par Daniel Buren. 

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    quelques affiches explicatives où on retiendra surtout que la fontaine restera invisible plus d'un an encore 

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    derrière les palissades, de grands échafaudages et tout autour de nombreuses voitures garées: impossible de juger de l'effet des "lignes" de Daniel Buren et tous les jeux d'eau sont à l'arrêt 

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    dans la palissade, un petit trou - soigneusement grillagé - permet au contribuable et au touriste de suivre de loin les travaux en cours: on remarque un cheval hennissant de douleur, privé de ses membres 

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    et ça, c'est quoi? se demande le lecteur ahuri. 

    ça, c'est la vue de la fenêtre de la chambre d'hôtel 

    tongue-out 

    le genre de détail qu'on n'apprend jamais dans le descriptif au moment de la location 

    ***

    pour le projet du Hibou 

    semaine 30 - fontaine 

    photos prises à Lyon le 13 juillet 

    ***

    ici chez Daniel Buren, l'aspect que la place devrait avoir... 

     

  • V comme Voglio una casa

    Voglio una casa, la voglio bella / Je veux une maison, je la veux belle
    Piena di luce come una stella / Pleine de lumière comme une étoile
    Piena di sole e di fortuna / Pleine de soleil et de bonheur
    E sopra il tetto spunti la luna / Et par-dessus le toit se lève la lune
    Piena di riso, piena di pianto / Pleine de rires, pleine de pleurs
    Casa ti sogno, ti sogno tanto / Maison de rêve, je te rêve tant
    Dididindi, Dididindi...

    Voglio una casa, per tanta gente / Je veux une maison pour beaucoup de gens
    La voglio solida ed accogliente, / Je la veux solide et accueillante,
    Robusta e calda, semplice e vera / Solide et chaleureuse, simple et vraie
    Per farci musica matina e sera / Pour y faire de la musique soir et matin
    E la poesia abbia il suo letto / Et que la poésie y ait son lit
    Voglio abitare sotto a quel tetto. / Je veux habiter sous ce toit.
    Dididindi, Dididindi...

    Voglio ogni casa, che sia abitata / Je veux que chaque maison soit habitée
    E più nessuno dorma per strada / Que plus personne ne dorme dans la rue
    Come un cane a mendicare / A mendier comme un chien
    Perchè non ha più dove andare / Parce qu'il n'a plus où aller
    Come una bestia trattato a sputi / Traité avec mépris comme une bête
    E mai nessuno, nessuno lo aiuti. / Sans que personne jamais ne l'aide.
    Dididindi, Dididindi...

    Voglio una casa per i ragazzi, / Je veux une maison pour les jeunes
    che non sanno mai dove incontrarsi / Qui ne savent pas où se rencontrer
    e per i vecchi, case capienti / Et pour les vieux, de grandes maisons
    che possano vivere con i parenti / Où ils puissent vivre avec la famille
    case non care, per le famiglie / Des maisons pas chères pour les familles
    e che ci nascano figli e figlie. / Et qu'y naissent des fils et des filles.
    Dididindi, Dididindi...

    source du texte / traduction de l'Adrienne

  • V comme Vilain

    C'est par hasard que j'ai vu le film "Pas son genre" juste après avoir lu une interview de l'auteur du livre, Philippe Vilain.

    Il est donc bien dommage que ce grand défenseur de l'idéal et du style ait laissé passer un "je me suis dite que...", prononcé nota bene par une prof de philo aux propos par ailleurs hautement érudits.

    Si encore cela avait été le fait d'une pauvre petite coiffeuse arrageoise tongue-out 

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    source de l'image RTBF 

     

  • V comme Vends maison de famille

    "Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite" ... Chaque vers était écrit de plus en plus gros, jusqu'au dernier, "IL A FILÉ", qui éclaboussait la feuille comme pour se moquer du lecteur trop lent à qui le bonheur venait d'échapper." 

    François-Guillaume Lorrain, Vends maison de famille, Flammarion 2016, p.12

    La maison normande, qui suinte l'humidité et où toute l'activité se concentre dans le jardin potager et fruitier, c'est le bonheur du père. Chaque week-end, il y emmène son épouse et ses deux enfants, qui ont été embrigadés dès leur plus jeune âge pour réaliser un rêve qui n'est pas le leur: vivre en autarcie.

    Le dimanche soir, on rentre à Paris épuisés, la voiture chargée de fruits et de légumes. On finira par élever aussi des poules, des moutons. Qu'il faudra tuer. C'est un travail d'homme, même si l'homme n'est encore qu'un enfant. 

    Un enfant isolé qui, au fil des week-ends et des vacances à travailler sous la dure férule d'un père exigeant, peu aimant, aux colères et aux punitions terribles, rêve d'une autre vie, rêve d'avoir le temps d'aller voir un film au cinéma, de lire un livre, d'avoir un moment de liberté. 

    "Oui, je voulais bazarder cette maison. J'avais mes raisons. Autrement dit: des souvenirs. Le mercredi à treize heures, mon père venait me cueillir à la sortie du collège et je m'affalais sur la banquette arrière, fait comme un rat. Au loin, mes camarades s'en allaient jouer au foot, flirter avec les filles, profiter de l'après-midi. J'étais le rat des villes qu'on kidnappe pour l'emmener à la campagne. Sans doute cela ne lui effleurait-il pas l'esprit que j'en étais malheureux." (p.23)

    Quand l'histoire commence, le narrateur est adulte et vit à l'étranger, le plus loin possible de cette maison de campagne que sa mère a gardée et continue à entretenir seule depuis la mort du père.

    "C'était moi, bien sûr, qui aurais dû m'atteler à cette tâche. Mais depuis plus de deux décennies, je croisais au large, loin de la France, toujours en pointillé. J'étais le bon à rien. A peine arrivé et déjà prêt à repartir, tout juste capable, pour la soulager, de scier une grosse branche ou de porter quelques bûches." (p.11)

    Jusqu'au jour où elle fait une chute et se casse le col du fémur: elle sait que son fils voudra vendre la maison et lui envoie un album photo. 

    Au fil des pages de cet album, le narrateur va découvrir d'autres facettes que ce qu'il a gardé en mémoire depuis l'enfance. Et au-delà des souvenirs pénibles, il va comprendre certaines choses concernant les motivations de son père et son attitude envers sa famille.

    Le livre réussit donc ce double défi: faire resurgir un passé douloureux sans tomber dans l'amertume et les rancœurs. 

    Je le recommande smile 

    Je pense que chacun est comme le narrateur "un adulte irradié par son enfance" et que ce qui est valable pour lui (ou moi) l'est pour tous: "La pile enfouie en moi continuait à émettre ses ondes radioactives."  

    livre,lecture,lecteur,hibou,souvenir d'enfance,maison

    source de la photo: 

    http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=49336&levelCode=litterature 

    *** 

    pour le projet Hibou

     https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

     thème 17 - jardinage

  • V comme voyager

    Le parcours prévu par Daniel Buren à Bozar est une sorte de voyage dans l'art contemporain et ses œuvres maîtresses: étape par étape, il nous fait découvrir celles qu'il a "étoilées". 

    2016-03-12 Daniel Buren (12) - kopie.JPG

    On est à Venise avec Claude Monet, Le Grand Canal. (1908) 

    2016-03-12 Daniel Buren (8) - kopie.JPG

    On est Icare avec Matisse (1947)

    2016-03-12 Daniel Buren (20) - kopie.JPG

    On est dans le train avec Sophie Calle (2007)

    Prenez soin de vous - portrait d'Alice Lenay

    ***

    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 12 - voyager 

  • V comme vendredi

    Les états d'esprit du vendredi: 

    Fatigue : s'accumule 

    Humeur : assez joyeuse, pour fêter le départ du Neveu, nous allons au restaurant 

    Estomac : je me suis offert des framboises portugaises au petit déjeuner, ce qui est absolument contraire à mes principes tongue-out 

    Condition physique : faudrait que je reprenne la gym, la piscine et les courses dans les bois... mais ici il n'y a pas de bois 

    Esprit : je voudrais avoir le temps de lire (j'ai prolongé déjà de trois fois trois semaines l'unique livre emprunté à la bibliothèque) 

    Boulot : j'ai été absente deux jours pour une formation, il s'est bizarrement accumulé 

    Culture : il faut que j'apprenne à jouer un allegretto de Czerny pour lundi 

    Penser à : téléphoner au plombier pour lui rappeler ses promesses du mois dernier (arf trop drôle) 

    Avis perso : parfois une petite conversation fait un quasi-miracle 

    Message perso : cher Googlebot, pourquoi passez-vous deux cents fois sur mon blog certains jours? 

    Élèves : j'ai l'impression qu'ils ont déjà de nouveau besoin de vacances ! (ils m'ont dit hier que c'est la faute de l'école s'ils sont fatigués: l'école les oblige à se lever tôt) 

    Amitiés : trouver une date pour fêter l'anniversaire de ma plus vieille amie 

    Sorties : vous savez ce que c'est un quizz? on en organise un à l'école ce week-end 

    Divers : quand aurai-je le temps de réfléchir à ce que je vais faire pendant les vacances de Pâques cool ? 

    Courses : le frigo est vide 

    Envie de : petits lutins qui fassent mes corrections 

    Pic : à la villa Maritza, à Ostende, un homme tire la langue depuis 131 ans 

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    Les états d'esprit du vendredi sont un exercice de style lancé par Fedora et The Postman que j'ai trouvé chez Ma'. La règle est simple : on répond aux questions dans l'ordre le vendredi. Ceux qui veulent participer doivent ensuite laisser un petit commentaire sur les 2 blogs des gentils instigateurs.

  • V comme vue du paradis

    Chaque fois que mon ancien petit groupe de bénévoles organise quelque chose dans ce coin de paradis où je vivais autrefois, je le note soigneusement dans mon agenda et je me dis que je vais y participer. 

    Puis, le moment venu, je n'y vais pas. 

    N'hésitez pas à appeler ça de la peur. De la lâcheté. 

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    Pourtant, ce serait tellement mieux d'aller m'y promener

    au lieu de l'admirer en photo. 

    ***

    Celle-ci date de 2012. 

    Les dernières que j'ai prises sont de l'été 2013... 

     

    https://hibou756.wordpress.com/portfolio/52hibou-2016-suj...

    thème: lumière

     
     
  • V comme vue sur mer

    Venir à Ostende pour la vue sur mer et la regarder au travers de l'appareil photo... et de la vitre tongue-out

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    midi

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    après-midi

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    soir

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    et matin

    laughing

     

  • V comme vue

    Comme il y a des "chambres avec vue", il y a des écoles avec vue.

    La mienne, par exemple, qui a une situation privilégiée, au milieu d'un grand parc.

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    Et trois magnifiques platanes dans la cour de récré.

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    Un mur recouvert de vigne vierge, ici dans sa beauté d'octobre.

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    Et le ciel, qu'on peut voir de partout...

    sauf dans cette école où j'ai fait un intérim, il y a bien longtemps, et dont la classe de 4e latine n'avait même pas de fenêtre.

    J'y ai tout de même tenu le coup quatre mois

    tongue-out

    mais je préfère ma classe actuelle

    au deuxième étage sans ascenseur

    avec la vue magnifique sur les collines

    de là où j'habitais avant.

  • V comme vacances

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    © maman Baobab

    http://www.bricabook.fr/2015/10/atelier-ecriture-193/

    Cet été-là à Dinard
    Y avait Jules, y avait Bernard,
    Ismaël et Léonard.

    Jules était le plus ignare,
    Ismaël un combinard
    Prêt pour tous les traquenards.

    Valérie aimait Bernard,
    Pourtant un vrai snobinard
    Sous ses petits airs mignards.

    Margot aimait Léonard
    Qui nageait comme un canard.
    C'était lui le grand veinard:

    Beau-père est dans le pinard
    "beurre dans les épinards"
    C'est fini d'être un zonard!

     ***

    ceci est une fiction
    (en vers de sept pieds ou devrais-je dire panards)
    inspirée des amours de vacances
    de quelqu'un de mes connaissances

    Cool

    Merci à Leiloona!

  • V comme vision d'avenir

    Pour moi, l'école, c'est avant tout ceci:

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    des gens

    Mais il y en a qui disent que bientôt ce ne sera plus que cela:

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    des machines

    ***

    pour le projet 52 de Ma' - thème: école

     http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

  • V comme voleur

    Marcus a arrêté son cheval à l'ombre d'un bosquet qui pépie de chants d'oiseaux. En sautant à terre, il voit que le chien est toujours là. Il n'a servi à rien de galoper, cette bête l'a suivi malgré tout. Il flatte la tête de son cheval. Son cou, tout son corps est en sueur. Il l'attache à un arbre. L’animal commence tout de suite à manger quelques feuilles des branches les plus basses d’un châtaignier. De temps en temps, il s'arrête, l'oreille tendue, nerveux, tout le corps parcouru de frissons.

    La veille encore, Marcus peignait un tableau dont il pensait qu'il serait son chef-d’œuvre. Finies les petites scènes de famille, terminés les portraits de notables et d'enfançons au grand col de dentelle de Malines. Il s'était mis à la création, mûrement réfléchie et préparée par de nombreuses études et esquisses, d'une vaste fresque mythologique. Il avait dépensé une petite fortune pour acquérir les panneaux de tilleul nécessaires à sa réalisation.

    Il se souvient de l’arrivée de l'Italien, voilà à peine deux mois. Il ne s'est pas tout de suite méfié, il avait même cru qu'ils pourraient s'échanger leurs arts, apprendre l'un de l'autre. Mais c'est lui qui a tout donné et l'Italien qui a tout pris. Marcus ne s'en était pas tout de suite rendu compte. Il sait, à présent, que c'est grâce à lui que le Florentin a acquis la maîtrise de la peinture à l'huile, des enduits, des vernis, des fins glacis qui captent la lumière...

    C'est la veille seulement qu'il a tout compris. Le rose aux joues de la duchesse, son trouble, ses émois, ses regards à la dérobée n'étaient plus pour lui.

    Il ne sait pas laquelle des deux trahisons lui cause le plus de douleur.

    Solidement attachés aux flancs de son cheval, les panneaux, les esquisses, les précieuses eaux-fortes.

    Il paraît qu’à Urbino aussi on aime la peinture flamande.

     fiction,peinture

    Urbino, palazzo, juillet 2011

  • V comme volutes

    La fête nationale, c'est aussi la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule

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    et ses volutes de fer forgé qui protègent son trésor

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     ou ceux du bois et de la pierre

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     à l'intérieur comme à l'extérieur

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    Mais la fête nationale c'est surtout

    V comme vive la liberté

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    V comme Vrijheidsplaats

    Cool

  • V comme vive la famille

    Que fait-on des vieilles photos de famille? des bébés nus sur des peaux de moutons, des communiantes aux mains jointes sur un missel, des soldats en uniforme, des couples qui posent gravement à l'occasion de leur mariage? 

    Que fait-on de ces vieilles photos entassées pêle-mêle dans une ancienne boîte à gâteaux en fer blanc? Souvent on ne sait plus qui elles représentent.

    Tantine voulait jeter celles qu'elle avait trouvées chez sa mère, ma mère voulait faire subir le même sort à celles de grand-mère Adrienne.

    Deux fois je me suis trouvée là à point nommé pour les récupérer. C'est mon principal héritage Cool

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    les grands-parents paternels de mon père
    photo du début des années 1920

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     Knokke-le-Zoute, 1927
    la petite Yvonne est enceinte de mon père

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    grand-mère Adrienne prétendait qu'elle n'avait que 6 ans sur cette photo où elle pose entre son père et sa mère; dans ce cas, elle a été prise en 1912  

    ***

    Projet 52 de Ma' - thème: héritage

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052