Wagon de train

  • W comme wagon de train

    La petite Julie, c'est celle qui un jour a confié à Madame qu'elle n'avait pas les deux euros nécessaires pour payer le bus en vue d'une sortie scolaire avec le prof de géo. C'est celle dont les parents s'étaient tellement endettés, qu'on leur prélevait une grosse part de leur salaire, chaque mois. 

    La petite Julie, avec son corps d'enfant et ses grands yeux sombres, n'est pas devenue sage-femme comme elle en rêvait à 17 ans. Elle a finalement opté pour une embauche immédiate à la SNCB où elle a suivi une formation de conductrice de train. 

    C'est avec fierté qu'elle montre quelles grosses machines elle fait glisser sur leurs rails. J'espère, lui dit Madame, qu'un jour tu seras ma conductrice. Madame est drôlement fière de la petite Julie. 

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    photo prise à Ostende en ce mois d'avril
    cliquer pour voir en grand le slogan sur la locomotive 

    Mais la semaine dernière, c'est sur sa ligne qu'il y a eu un "accident", celui qui est la hantise de tout conducteur de train et qui en a déjà réduit plusieurs à quitter cet emploi: un suicide. 

    La petite Julie sait qu'un jour, peut-être, ce sera elle qui verra sa locomotive lancée à toute vitesse sur un corps humain, que ce sera elle qui voudra freiner et n'y arrivera pas à temps, que ce sera elle la cause involontaire d'un drame pour une famille. Que ce sera elle qui aura des cauchemars la nuit et une énorme appréhension chaque fois qu'elle sera dans sa machine. 

    Au lieu d'éprouver ce plaisir qu'elle a aujourd'hui à filer sur les rails, comme une grande. 

    *** 

    en 2016, les trains belges étaient à l'heure dans 89,2% des cas et la cause numéro 1 des retards est externe à la SNCB: il s'agit de "phénomènes externes au rail, comme des alertes à la bombe, des promeneurs le long des voies ou des heurts de personnes (accidents, suicides)." (source ici)

     

     

  • W comme wagon de train

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    Les trains assourdissants autour de moi hurlaient. 
    Grand, mince, pâle, la crinière impétueuse, 
    Le regard baissé, la bouche voluptueuse 
    Qu'une barbe comme celle du Ché ourlait, 

    Il avait l'air noble et absent d'une statue.
    Moi, je passais, nerveuse et crispée, espérant
    Voir dans son œil, beau regard sombre et conquérant,
    La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

    Jour après jour, cette fugitive beauté 
    Tant de sentiments divers en moi faisait naître, 
    Et mille vains espoirs qu'on ne pouvait m'ôter. 

    Un jour, sur ce quai... Qui sait? ou jamais peut-être! 
    Il m'abordera, demandera où je vais...
    C'est ce que je pensais et mon mal s'aggravait.  

    *** 

    peinture et consignes chez Lakévio, que je remercie! 

    vous aurez reconnu le schéma des rimes de la Passante de Baudelaire cool

  • W comme wagon de train

    Maintenant que son prof de théâtre lui a parlé de Magritte, il est urgent pour monsieur Neveu de se rendre à Bruxelles. On lui avait proposé la visite du musée Magritte lors de son dernier séjour en Belgique, mais il avait poliment décliné. Cette fois, c'est la première chose qu'on fera tongue-out 

    Il ne faut jamais contrarier les vocations, disait mon père.

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    et on en a profité pour lui transmettre le goût du cappuccino cool

  • W comme wagon de train

    Ils étaient huit et remplissaient donc exactement les quatre sièges en duo vis-à-vis de part et d'autre de l'allée. Huit jeunes quadragénaires conquérants, le verbe haut, le smartphone dernier cri en main, le vêtement chic. 

    Ils revenaient d'un congrès organisé par leur firme à Paris: chacun avait encore son badge autour du cou. Ils se montraient les uns aux autres les mêmes photos du Thalys qu'ils auraient dû prendre en direction de Bruxelles et d'Amsterdam, mais qui était arrêté depuis des heures à la frontière française, en direction opposée, à cause d'un incendie dans la locomotive. 

    C'était à qui raconterait l'anecdote la plus forte, la plus spectaculaire, à propos des voyages en train en général et des Thalys en particulier. Ils en faisaient profiter tout le wagon, à condition bien sûr de comprendre le néerlandais. 

    Ils avaient ce sentiment de supériorité du nanti face au démuni quand ils se gaussaient de leurs collègues hollandais qui, eux, n'avaient pas eu la chance de voir leur billet pour Amsterdam échangé contre celui pour Lille. Il est vrai que ça ne les aurait pas beaucoup avancés. 

    Ils vérifiaient sur leur smartphone comment ils rentreraient chez eux. En taxi, bien sûr. En taxi de Lille à Bruxelles, pour l'un, Gand pour deux autres, Anvers, Malines... Chacun donnait l'impression que des centaines d'euros pour le trajet en taxi, c'était "peanuts". 

    - On sera chez nous ce soir, quoi qu'il arrive, a conclu fermement un monsieur à lunettes. 

    Dans son coin, l'Adrienne se garde d'intervenir et de leur suggérer de poursuivre leur voyage en train. Il y en a, à Lille, qui les feraient tout aussi sûrement rentrer chez eux le même soir... 

     *** 

    C'était le vendredi 6 janvier, voir ici: 5 heures d'arrêt pour 130 passagers qui se plaignent surtout du manque d'information 

    Nouveau problème la semaine d'après: 180 voyageurs ont passé une douzaine d'heures - toute la nuit - dans un thalys qui allait de Bruxelles à Paris et a dû s'arrêter près d'Arras à cause d'une chute d'arbre: rien à boire ni à manger, plus d'électricité, de lumière, de chauffage, de courant pour recharger les batteries du portable ou de l'ordi

    source de l'article

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    source de l'image

  • W comme wagon de train

    Si même à nos petits de professionnelle  

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    qui sont presque tous musulmans 

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    on fait faire des décos et des cartes de Noël 

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    quel train devrais-je prendre pour y échapper?

  • W comme wagon de train

    Au niveau de décibels, on croirait qu'il y en a un plein wagon. En réalité, ils ne sont que six, trois filles et trois garçons. 

    Ils ont treize ans, quatorze tout au plus: c'est l'âge bruyant. Ça rigole beaucoup, pour tout et pour rien, surtout pour rien. Ça ne parle pas, ça pousse des cris, se chamaille, se taquine, hurle de rire en se donnant des tapes. C'est leur façon de dire au sexe opposé: "Est-ce que tu me vois?"

    On essaie de se replonger dans sa lecture mais on a du mal. On ne peut s'empêcher de sourire en pensant à ces élèves qui disent, année après année:

    "Je ferais bien prof, mais jamais de la vie à des gamins de 12 à 15 ans!" 

    Car dès qu'ils ont un an de plus, ils préfèrent oublier qu'ils ont été pareils.

    Comme nous tous tongue-out  

    prof,école,élève,wagon de train

    gare de Gand, 11 novembre 2016 

  • W comme wonder

    "De wonderen zijn de wereld nog niet uit" (1) 

    s'est dit l'Adrienne 

    quand après une troisième injonction en douze mois 

    elle a fini par recevoir cette réponse: 

    "Les armoires de cuisine seront livrées et installées le 10 novembre" 

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    (1) parfois un miracle arrive 

    (et les "trous" dans la cuisine vont finir par se remplir) 

    alleluia 

    cool

  • W comme what else?

    Quoi de plus beau 

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    que des arbres et de l'eau 

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    du bleu et du vert 

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    des nuages dans le ciel 

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    et deux yeux pour les contempler 

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    photos prises à Namur 

    les 3 et 4 septembre derniers 

    pour le projet du Hibou 

    semaine 39 - verdure

  • W comme wagon de train

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    Jeudi matin, la valise et moi, on descend du train. 

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    Vendredi matin, le temps est comme on l'aime  

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    et il y a ce qu'il faut de vent. 

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    A dix heures, les sauveteurs vont prendre leur poste. 

    wagon de train,ostende,mer

    Et Léon attend de la visite cool 

    *** 

    photos prises à Ostende le vendredi 26 août

  • W comme wagon de train

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    Lundi 11 juillet, vers l'heure de midi,  

    sur le quai du TGV à l'aéroport Charles-de-Gaulle, 

    pas âme qui vive 

    et les sièges sont interdits d'accès... 

    *** 

    Ambiance bizarre 

    où on ne voit que du métal et du béton 

  • W comme WHY?

    Il y en a qui le font dans l'obscurité des salles de cinéma.
    Parfois même au restaurant.
    Ou au bureau.

    Ils sont nombreux à le faire l'été sur la plage ou dans les dunes.
    Ou sur l'herbe.
    Même dans la boue lors d'un festival de plein air.

    La plupart le font chez eux, évidemment.
    Quelquefois chez les autres.
    Ou dans une chambre d'hôtel.

    Il paraît que c'est bon pour la santé.
    Alors on aurait tort de s'en priver.
    Bien sûr.

    D'ailleurs, moi qui suis chauffeur de taxi, vous pensez bien si j'en ai déjà vu qui le faisaient! 

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    Mais ce que je n'ai pas compris avec ce client-ci, c'est pourquoi il les a enlevées juste avant d'aller se jeter dans cette caillasse!

    ***

    image et consigne chez Lakévio!

    ***

    Dans l'avion,
    dans de nombreux lieux de prière,
    en classe...

    Il y a tant d'endroits où on le fait:

    enlever ses chaussures!

    cool

     

     

  • W comme what a relief!

    Le train de l'Adrienne - tout comme celui de Madame - était sur le point de dérailler.

    Avoir les batteries à plat à cinq heures du soir, parfois même déjà à la pause de midi, avoir besoin de dormir le samedi - alors qu'il faudrait faire le ménage, le jardin, les courses, la lessive, l'administration - et stresser tout le dimanche parce que le lendemain, c'est solfège et piano, et qu'on n'a pas trouvé dix minutes pour s'exercer... il y a un moment où il faut admettre que ce n'est pas normal.

    Alors avant que la locomotive rende l'âme et soit juste bonne au rebut, des mesures s'imposaient.

    Taillant dans le vif, l'Adrienne a décidé d'arrêter le piano et Madame, ne voulant pas être en reste, va passer en mode mi-temps.

    On ne verra donc jamais d'oranger sur le sol irlandais ni démolir Pachelbel en "versión muy fácil y corta" tongue-out  

     

  • W comme wablieft?

    Je suppose que c'est volontaire,  

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    ces orthographes fantaisistes,  

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    mais je n'en ai pas saisi le but...

    ***

    la bourse = beurs

    théâtre = schouwburg 

    théâtre de la Bourse = Beursschouwburg

    ***

    c'est sans doute de l'humour bruxellois flamand

    tongue-out 

     

  • W comme windstoot

    Seule sur la digue 
    Seule quand tombe la nuit 
    Seule avec le vent 

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    Léon Spilliaert, De Windstoot, 1904 
    photo prise au Mu.Zee d'Ostende, la ville de Spilliaert.

     

    L'oeil n'est attiré 
    Que par cette tache blanche 
    Nature innocente 

    ***

    De windstoot, c'est ce coup de vent fripon qui soulève les jupons 

    tongue-out

  • Wagon de train-train quotidien

    Hier 

    collègue blonde et collègue brune 

    avec qui j'étais en formation mardi et mercredi 

    étaient malades 

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    Madame était bien seulette dans son bureau 

    ***

    Hier 

    le ciel était bleu  

    et même si février est court 

    on a des envies pressantes de verdure 

    et de nids d'oiseaux 

    habités 

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    Hier 

    on est allés au restaurant 

     pour mettre un joli point final

    au séjour belge de monsieur neveu 

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    Pour le Projet 52 de Ma' 

    Projet 52 - 2016 

    semaine 8 - hier 

  • W comme WARZONE

    Après les chats,

    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2015/12/23/stupeur-et-tremblements-de-niveau-10-8533277.html#comments

    les coups de fil...  

    J'adore ces réponses 

    cool

  • W comme wagon de train

    - Je vois que vous parlez l'espagnol aussi, sourit l'Adrienne en tendant son billet au contrôleur qui vient d'essayer quatre langues pour expliquer à un couple de voyageurs sud-américains que ce train, oui il va à Bruges, mais après avoir fait un long détour et s'être arrêté à chaque gare. 

    - Oui, répond-il, un petit peu. Et un peu de kosovar aussi.

    - Bravo, s'émerveille sincèrement l'Adrienne.

    Et il rit dans sa jeune barbe assortie au galon orange de son képi.

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    Je me demande, se dit l'Adrienne en reprenant la lecture de Pierre Michon, qui lui a appris le kosovar. Vu qu'au Kosovo on parle l'albanais ou le serbe.

    Mais que ça n'empêche personne d'admirer le plurilinguisme de nos contrôleurs de train.

  • We comme We wish you

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    L'Adrienne a reçu un devoir de saison

    cool

    Il lui reste trois semaines pour s'entraîner

  • W comme wagon de train

    Dimanche dernier:

    08.00 h.: il est installé avec un sac plein de canettes de Jupiler (Mannen weten waarom, les hommes savent pourquoi, dit la pub). La première (?) du jour est posée sur la tablette devant lui, décapsulée.

    08.05 h.: un couple âgé monte et me demande si ce train est bien celui qui va à Bruxelles. La gare est petite et il n'y a que deux lignes, c'est dur de se tromper... mais moi aussi je préfère demander quand j'ai un doute Clin d'œil

    08.10 h.: une indécise parcourt les trois wagons dans les deux sens avant de décider où elle déposera son postérieur vêtu de soie et de cachemire. Il n'y a pas encore dix personnes.

    08.15 h.: une jeune femme blonde accompagne son père et ses deux valises jusqu'à la porte du train. Tiens, c'est Ann, une ancienne élève! Son père va prendre l'avion à Zaventem.

    08.20 h.: fin de la quiétude: deux dames vont se plaindre pendant une heure, bien haut, bien fort, de leur conjoint qui leur laisse tout le boulot, des collègues qui leur jouent de sales tours, de leur hiérarchie aveugle et incompétente, de leurs bonnes et de leurs mauvaises copines, des amours des uns et des autres, des déboires avec la famille proche et lointaine, des problèmes de santé de quelques connaissances de connaissances...

    Bref, un dimanche ordinaire dans un train ordinaire.

    De trein is altijd een beetje reizen, dit la pub, prendre le train c'est toujours un peu comme partir en voyage, surtout dans l'humain Langue tirée

     wagon de train,bruxelles

     09.30 h.: les profs comment à se masser devant les portes qui pourtant ne s'ouvriront qu'à dix heures

    Langue tirée

  • W comme wagon de train

    "Het leest als een trein", dit-on en néerlandais, pour signifier qu'on a du mal à s'arracher à sa lecture et qu'on a filé à toute vitesse dans un livre comme le train dans un paysage.

    C'est ce qui m'est arrivé avec Les nuits de laitue, reçu vendredi par la poste et commencé le soir même. Malgré la fatigue qui m'avait anéantie - la journée ne s'était pas bien passée, c'est le moins qu'on puisse dire - j'ai pris le livre en main et je ne l'ai lâché qu'après l'avoir terminé. Alors qu'il fait tout de même 223 pages.

    Pourtant, ce n'est pas qu'il y ait un suspense insoutenable. Juste une envie de savoir le fin mot de l'histoire. Ce qui donne surtout ce coup de coeur, à mon avis, c'est la fraîcheur et l'originalité du ton et du style, le tout teinté d'une fine émotion et d'un peu d'humour.

    Fraîcheur et originalité, tout d'abord par le choix des personnages, tous plus "fêlés" les uns que les autres. Il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil aux nombreux résumés qu'on en trouve en ligne, à commencer par la présentation des éditions Zulma elles-mêmes (lien ci-dessous).

    Emotion, dans les rapports humains et les aléas de la vie intime de chacun. En dire plus à ce propos, ce serait déflorer le livre. Tout ça assaisonné d'une pointe d'humour, qui fait parfaitement glisser des choses qui pourraient sembler fort tristes si on en faisait un résumé tout sec, depuis le mari absent de Mariana jusqu'à l'Alzeimher de monsieur Taniguchi, ainsi qu'un ou deux morts. Personnellement, j'ai surtout ri quand il s'agit des chiens de Teresa.

    "Profitant de l'absence de sa maîtresse, Ananias avait à peu près complètement déchiqueté le canapé. Mendonça s'était gavé de bourre et était à présent affalé par terre, avec des aigreurs d'estomac, car son régime habituel comprenait bien des tongs en caoutchouc mais pas de mousse, dont on reconnaîtra volontiers qu'elle est parfois indigeste. Il avait même essayé d'avaler la fermeture de la housse du canapé, sans toutefois y parvenir - ce n'était plus la forme de jadis."

    Vanessa Barbara, Les nuits de laitue, éd. Zulma, 2015, p.141-142

    Quant à la question de savoir quel est le sens du titre, un premier élément de réponse est fourni à la page 79:

    "[...] ses dernières heures auraient un arrière-goût de laitue, exactement comme ses nuits d'insomnie [...]

    La tisane de laitue, c'est un remède de grand-mère qui aurait dû délivrer Otto de son problème d'insomnie, mais il n'a été efficace qu'une seule fois, cette nuit cruciale où son épouse Ada y avait ajouté au moins trois comprimés de somnifères finement écrasés...

    Je n'en dirai pas plus. Si vous voulez savoir en quoi cette nuit-là était cruciale, il faudra lire le livre.

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    http://www.zulma.fr/livre-les-nuits-de-laitue-572119.html

    merci à Masse critique

    et aux éditions Zulma

  • W comme what else?

    Quand le téléphone sonne, l'Adrienne se demande si elle va décrocher ou pas. Si elle décroche, vous avez de la chance. Souvenez-vous qu'elle est téléphonophobique. Souvent elle ne décroche pas.

    *** 

    C'est l'amie de Bruxelles. Elles bavardent. L'amie a perdu son frère récemment. L'Adrienne l'invite chez elle.

    ***

    C'est la jeune collègue de FLE. Il y a des points du programme sur lesquels elles doivent se mettre d'accord. L'Adrienne l'invite chez elle.

    ***

    C'est l'amie K***. Elle est revenue de ses vacances à Aix-en-Provence. Elle a des tas de choses à raconter. l'Adrienne l'invite chez elle.

    ***

    Vous voulez que je vous dise?

    L'Adrienne ne sait plus quoi inventer pour ne pas devoir ranger son bureau

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    une partie du désordre de 2012, dans la maison d'avant

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    la phobie du téléphone
    j'en ai déjà parlé dès le début de ce blog

    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2008/07/24/t-comme-telephonophobique.html 

  • W comme William

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    © Marion Pluss

    http://www.bricabook.fr/2015/07/ecriture-185e-une-photo-quelques-mots/

    Il lui remonte un peu la manche de son pull pour pouvoir bien lui tenir la main. Les tricots de grand-mère sont toujours trop grands.

    Lui, il porte des vêtements achetés tout faits dans les magasins. Ils ont de jolies couleurs. Mais grand-mère dit que ce n'est pas la même qualité que ces rudes laines grises ou beige qu'elle détricote et retricote au fil des ans.

    Le pull de William est doux et chaud comme la paume de sa main.

    - Tu veux bien te marier avec moi?

    Elle réfléchit très vite. Elle aime mieux Xavier. Mais si Xavier ne la demande jamais en mariage, elle n'aura jamais de bébés. Ce serait trop affreux.

    - Oui, je veux bien, dit-elle.

    C'est ainsi qu'elle s'est retrouvée fiancée et rassurée sur son avenir, à l'âge de quatre ans.

     

  • W comme wagon de train

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    Sous la gare de Bruxelles Nord, les quais du métro

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    m'ont fascinée pendant les deux ou trois minutes d'attente

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    par le changement incessant des couleurs de l'éclairage

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    et j'ai donc passé deux ou trois minutes à essayer de comprendre

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    - mais en vain -
    Langue tirée

    selon quel principe chromatique ce changement se faisait

     

  • W comme wagon de train

    Par la fenêtre du train, en ce beau samedi soir de fin mai, je vois des gens dans leur jardin qui font une parlote avec le voisin. Entre eux il y a une petite haie bien taillée ou un grillage.

    Ça me rappelle mes huit ans et le jardinet de ma grand-mère. Dans celui d'à côté, séparé par un grillage plus haut que moi, il y avait Anneke, la petite-fille des voisins. Nous jouions "ensemble" chacune de notre côté du grillage, entre le rosier de ma grand-mère et la clématite de mon grand-père.

    ***

    Quarante ans plus tard, je sonne à la porte de la maison de ma grand-mère. Elle est à vendre et je voudrais la revoir. La dame qui vient m'ouvrir est belle, jeune et blonde aux yeux bleus. Quarante ans ont passé mais je la reconnais tout de suite: c'est Anneke.

    ***

    De wagon de train en jardinets, de ce siècle au précédent, aucun bond n'est trop grand pour la mémoire Cool

    Et quels qu'en soient les méandres, elle me ramène toujours chez Adrienne.

     

  • W comme Woodstock

    Les trains n'y passent pas - d'ailleurs, s'il fallait voyager en Irlande avec le chemin de fer, il faudrait le plus souvent remonter sur Dublin pour se rendre d'une ville à l'autre.

    Les trains n'y passent pas, c'est un endroit retiré, un havre de beauté.

    Woodstock gardens.

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    Le château est une ruine grillagée interdite d'accès - on nous prévient qu'elle est irrécupérable et peut s'écrouler à tout moment - mais le parc est en voie de réaménagement pour qu'il retrouve son ancienne splendeur.

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     la fontaine au milieu d'immenses rhododendrons

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    l'allée vers le jardin clos

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    continue au-delà

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    un jeudi d'avril, le tea-room est malheureusement fermé

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    et la magnifique roseraie n'est encore que promesse

     

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    Mais si un jour vous êtes dans le coin, gravissez ces quelques marches, quelle que soit la saison...

     

     

  • W comme wagon de train

    C'est le 27 mars 2008 que le premier wagonnet a été rattaché à ce blog et envoyé sur les rails.

    Le wagonnet d'aujourd'hui est le 2458e Sourire

    Merci à ceux qui me lisent, merci à ceux qui laissent un commentaire.

     

    blog

    certains y sont montés
    d'autres en sont descendus
    Langue tirée

    Et pour ceux qui en redemandent, voici ce morceau d'anthologie,
    ce premier balbutiement:
    http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2008/03/27/on-est-alles-voir-l-expo-sur-l-europe.html

     

  • W comme wagon de train

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    © Thiophene_Guy.

     

    http://ecrire-and-co.fr/patchwork-de-plumes-jeu-n-2/

    merci Débora!

    ***

    Il s’appelle Traian en l’honneur de l’empereur romain qui a fait de son pays une enclave latine dans un océan slave.

    Prénom choisi et voulu par sa mère, qui pourtant l’appelle uniquement Puiu, poussin.

    Même quand elle monte dans son train bondé, qu'il doit faire preuve d'autorité dans la chasse aux resquilleurs et que du haut de son mètre quatre-vingt-dix, il porte crânement le béret, le sifflet et la lourde sacoche.

    - Ne m’appelle pas comme ça, Mămică
    - Et pourquoi pas, mon Puiu ?

  • W comme wagon de train

    Il est assis, seul au bout d’un banc. C'est un quai de gare sombre et plein de courants d’air, comme tous les quais de gare, surtout en janvier. Ses bagages autour de lui et son accoutrement semblent indiquer qu'il part en expédition dans le grand Nord: épaisses bottes fourrées, énorme doudoune à capuchon bien serré sur un bonnet qui lui cache à moitié les yeux, moufles comme des gants de boxe. L’air de l’homme qui part au loin affronter une tâche héroïque, surhumaine, répugnante peut-être et qui l’accomplira le visage impassible.

    Pourtant, il semble inquiet et se retourne constamment pour voir l'heure ou le tableau d'affichage des départs. Comme on est dimanche, les gens sont moins pressés et il y a plus d'enfants. Certains somnolent en suçant leur pouce, d'autres jouent à des courses poursuites dans la salle d'attente ou font peur à leur maman en allant trop près des rails. Parmi les mères et les grands-mères, il s’en trouve toujours à évoquer des expériences à vous faire dresser les cheveux sur la tête. Au loin, la ville gronde de rumeurs diverses, celles de la circulation et celles des légendes urbaines. 

    Sur un quai de gare, le temps a un cours différent. Il stagne. On regarde s'avancer les aiguilles de la grosse montre, on écoute les annonces de changements de voies, toujours inquiet de ne pas comprendre ni entendre quand ça concernera celle où on se trouve. Le dimanche, les attentes sont encore plus longues. Quand la voix nasillarde pleine de crépitements divers commence une annonce pour la voie numéro 15, un train s’arrête à grands fracas, crissements, chuintements et soupirs de monstre métallique. On n’entend plus que lui et on ne sait pas si on doit ramasser ses affaires en hâte et dévaler des escaliers en bousculant des mères avec leurs poussettes et leurs caddies ou rester tranquillement assis.

    Dimanche midi à Bruxelles-Midi. Le marché se termine. Le compartiment envahi de buée sent les poireaux, les sacs sont rebondis comme les ventres et les enfants, si bruns soient-ils, travaillent du pouce sur de minuscules jeux électroniques.

     wagon de train,fiction,bruxelles

    photo prise à Bruxelles en février 2012
    et qui n'a rien à voir avec le texte
    je vous l'accorde

    Langue tirée

  • Wagon de train pour l'enfance

    "Il ne s'est rien passé dans mon enfance", écrit-il à la page 35.

    "Le passé n'existe pas", ajoute-t-il à la page 88.

    Pourtant, c'est le sujet de son premier roman.

     parfumdhc.jpg

    Une fois qu'on a dépassé les deux ou trois clichés qui ont échappé à une relecture attentive du 'tapuscrit' (1), on est séduit par des images plus originales (2), beaucoup d'humour et souvent une belle pointe d'émotion.

    Bref, dès la deuxième page, j'étais "vendue", comme on dit dans nos Flandres.

    Parce qu'on se reconnaît et que les enfances, finalement, se ressemblent toutes.

    Assis à l'arrière du véhicule familial, on "ne supporte pas qu'une Mercedes ou une BMW nous dépasse." (p.47).

    Le jour de la première communion, on a peur de mal se débrouiller entre la main gauche et la droite, et on attend "les effets secondaires" (p.64) que produira l'hostie. On est déçu par ce truc qui "n'a aucun goût" et qui "colle aux dents" (p.64).

    On est complètement ignare dans tout ce qui touche à la sexualité et on ne dispose que de trois méthodes pour acquérir quelque connaissance sur le sujet: "le bouche-à-oreille, les parents et les livres" (p.74)

    Orgueil et décence: il m'apparaît impossible d'en parler avec mes copains qui du haut de leurs trois poils pubiens me raconteront probablement des âneries.
    Les parents? Plutôt être écartelé en place de Grève par quatre percherons devant une foule édentée que leur poser une seule question. (...)
    Reste le livre. Un jour, mes parents ont laissé traîner une encyclopédie du sexe, éditée chez Larousse. J'ai fondu sur l'appât et j'ai commencé à compulser la somme. Tel un archéologue, je questionnais chaque image à la recherche du chaînon manquant. J'ai trouvé des réponses à des questions que je ne me posais pas, des questions que je ne pensais même pas possible d'être formulées.

    Nicolas Delesalle, Un parfum d'herbe coupée, Préludes, 2014, p.74-75.

    Quelques belles pages sur ses profs - sa mère était prof de russe, donc il sait que ce métier, c'est faire du "jeu d'acteur" (p.101) "debout sur l'estrade, sous les feux d'une rampe invisible, pour toute une vie" (p.102) alors que les élèves "ne font que passer."

    D'autres belles pages sur la découverte de la lecture.

    Pendant longtemps, je n'ai pas lu. (...) Mes soeurs dévoraient tous les livres de la bibliothèque rose, puis verte, dont leurs étagères étaient remplies. Moi, je dévorais mes Délice-Choc et je courais la tête vide dans le jardin, autour de la maison, avec mon chien Raspoutine, aussi érudits l'un que l'autre, tous les deux ahanants, à la recherche d'un exploit, d'une aventure, d'une balle ou d'un bâton.

    Nicolas Delesalle, Un parfum d'herbe coupée, Préludes, 2014, p.89.

    Enfance des années 80, pas tellement différente de la mienne, finalement, qui s'est pourtant déroulée bien avant: un père qui s'attaque à ses travaux de jardinage comme s'il s'agissait d'ouvrir une piste "dans la forêt primaire du bassin du Congo" (p.118), la télé qu'on regarde en famille une fois par semaine. Et la grande peur, un soir qu'on entend les parents se disputer comme ils ne l'ont jamais fait avant.

    Le livre s'ouvre sur l'enterrement de la grand-mère et de temps en temps l'auteur s'adresse à la petite-fille qu'il n'a pas encore et qui, tout comme lui sait si peu de choses sur l'enfance de ses grands-parents, ne saura rien de la sienne non plus...

    Sauf ce qu'il en écrit ici.

    *** 

    (1) un ventilateur antédiluvien, un canapé en cuir élimé, un petit vieux sec comme une trique...

    (2) ma grand-mère, une petite ortie brune d'origine sicilienne (p.11)

    ***

    Merci à Babelio et aux éditions Préludes
    qui m'ont offert ce livre.

    C'est toujours gênant d'avoir à dire des choses désagréables sur un cadeau.
    Mais cette fois-ci, je fais un billet.

    Langue tirée

    Parce que j'ai beaucoup ri
    et j'ai été émue

  • Wagon de train pour Ostende

    nov 2014 (3) - kopie2.JPG

    photo prise à Ostende le 22 novembre 2014

    ***

    - C'est ici, dit la nipotina, que tu devrais t'acheter un petit studio: tu ne te ferais jamais flasher puisque tu serais déjà en train de ralentir pour te garer.

    L'Adrienne sourit.

    - Regarde, dit-elle encore, l'arrêt du tram est juste à côté, et il y en a un toutes les dix minutes!

    L'Adrienne sourit. 

    - Et puis, ajoute-t-elle, la vue sur la mer est magnifique! C'est ici qu'elle est la plus belle!

    L'Adrienne sourit.

    - Tu as vu? Il y a les dunes, à côté du bloc d'appartements! Et ce n'est pas aussi couru que le centre, où il y a vraiment trop de monde...

    L'Adrienne a l'impression que sa carissima aimerait la voir s'acheter un petit pied-à-terre ostendais.

    Pas vous?

    Langue tirée

     nov 2014 (4) - kopie.JPG

    photo prise à Ostende
    le samedi 22 novembre 2014
    vers 10.00 h. du matin